Mousson
Quand un ciel tout entier se mettant à gémir,
Les flots soudain couverts de senteurs inouïes,
Craquent les tropiques et d’âcres souvenirs
Que réveille un peuple d’ombres évanouies.
Le Cauchemar hurlant darde son œil unique
Sur le Poète en proie aux spectres grimaçants.
Sous la pluie battante, ces ombres diaboliques
Couvrent l’obscur rêveur de silences lassants.
Les cieux tremblent, crachent leurs lourds et noirs sanglots,
Eclatent soudain et sautent avec fureur.
L’orage lui prêtant d’incroyables noirceurs,
Le flot noir bouillonnant lâche un rire grelot
Et se moquant alors du coureur de néants
Soulève une large vague, creuse l’écume,
Gravant un visage sur les embruns géants
Qui s’évapore au creux des nuées et des brumes.
Et le Poète alors pousse un long hurlement ;
D’affreuses araignées grimpent de toutes parts
Et, grignotant partout les cadavres épars,
Montent vers son cerveau dans d’affreux crissements !
17-18 juin 2008