La grande maison blanche
Il fut un temps où j’aimais à t’embrasser
Où, alcool, tu glissais au fond de ma gorge
Pour y enfouir les fruits roses de la passion
Il fut un temps où tu étais femme
Il fut un temps où ton visage
Virevoltait dans la poussière des aérogares
Et sur le goudron brûlant des déserts de sable
Il fut un temps où tu étais femme
Il fut un temps où tu étais tango
Quand moi j’étais valse
Quand moi j’étais slow
Il fut un temps où tu étais femme
Il fut un temps où nous aimions
Tous deux couchés
Sur les draps brûlants et moites
Il fut un temps où tu étais femme
Il fut un temps où, senteur acidulée,
Quand j’étais loin, le visage de Mao
Dehors sur les affiches, me glissait tes baisers
Il fut un temps où tu étais femme
Il fut un temps soudain
Où la grande maison blanche
Fut tout à coup muette
Où ta couche était vide
Il fut un temps soudain
Où, fleur, tu te fanas
Il fut un temps soudain
Où je ne t’aimais plus
Et maintenant
Sous le signe de Zodiaque
Entre le lit et le livre
Entre le livre et le lit
Je rimbalde je verlaine et j’éluarde
Et je m’ennuie.
Il fut un temps où j’étais amant
Il fut un temps où tu étais femme…
Mercredi 07 Mai 2008