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Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Renoncement [18] Dim 24 Fév - 16:57 | |
| Jean tituba en se cognant la cheville sur le rebord du ponton. Jurant entre ses dents, il regarda le Passeur qui s’éloignait déjà, peu désireux de s’attarder en ce si triste endroit. Comme d’habitude un fort vent marin balayait la côte de la petite île sur laquelle se dressaient, tels des Babel, les hautes tours de l’ancienne prison d’Azkaban. Aspirant l’air à pleins poumons, le Comte se mit à longer le bord de mer, les vagues furieuses se fracassaient contre la petite falaise, l’aspergeant d’écume fraîche. Qu’il était bon de se sentir enfin libre après ces dizaines de jours d’incarcération ! Pendant quelques secondes, le vent qui lui fouettait le visage lui fit oublier la raison pour laquelle il était revenu ici. Puis, comme un enfant qui lentement sort de son rêve, le poids qui pesait sur ses épaules sembla augmenter à nouveau alors que se rapprochaient les lourds battants de la sombre demeure. C’était comme si tout à coup, les détraqueurs étaient revenus hanter les lieux et lui aspiraient tout sentiment de joie et d’espoir. En effet, une fois qu’il aurait franchi les portes, il serait à nouveau confronté à son lot de misère quotidien. L’allégresse éphémère qu’il avait ressenti un peu plutôt s’effaça complètement, comme un lointain souvenir d’une vie passée. Les sombres murs de la prison l’accueillirent en son sein, alors que les grilles s’ouvraient dans un funeste crissement. Quand les portes furent clauses, il pénétra dans la petite cour. Il remarqua au premier coup d’œil qu’elle avait manifestement changé d’aspect. A la place de l’herbe rare et brune et des quelques arbustes rachitiques qui se battaient en duel pour un rayon de soleil, s’étendait une pelouse grasse et verte ainsi qu’une balancelle. Malgré sa curiosité de savoir qui avait fait ces aménagements – il soupçonnait que Maugrey n’en était pas responsable – il grimpa les marches de l’escalier qui menait à la pièce dans laquelle il se tenait presque toujours, comme un vieil ermite peureux de la lumière du jour. La grosse porte de bois était fermée. D’un geste machinal Jean tendit son bras droit pour en tourner le pommeau mais il s’aperçut au dernier moment que le prolongement de son bras s’arrêtait peu avant son poignet. Il n’avait pas encore bien intégré l’ablation de son membre et il lui faudrait sûrement du temps pour se conditionner à utiliser l’autre main dans les petits gestes du quotidien. Il ouvrit donc de sa main gauche et poussa la porte. Le battant coulissa en grinçant et Jean entra en prenant soin de bien enfoncer son moignon dans la poche de sa veste. Il retira ses lunettes et scruta la pièce à la recherche de la silhouette avachie de l’ex auror. Il le trouva installé dans son large fauteuil, regardant d’un air morne par la seule fente de la pièce la légère pluie qui tombait. Un sifflement aigu dont le Comte ne parvenait pas à déterminer l’origine emplissait les lieux et lui cassait les oreilles. Jean toussota et attendit que l’œil normal de Maugrey se détourne de sa contemplation pour se fixer sur lui. Jean savait pertinemment que l’œil magique de Maugrey avait détecté sa présence avant même qu’il ne soit rentré dans la pièce mais il voulait être certain d’avoir l’attention entière et complète du vieil homme. Il n’était pas ici dans le but d’une simple visite de courtoisie. Il descendit la marche de palier et se dirigea vers la table dans un coin de la pièce, masquant intentionnellement ses bras sous son long manteau et en se plaçant de profil. Discrètement il fit glisser sa main vers son flanc droit, là où se trouvait désormais la baguette qu’il avait prise au médicomage. - Je ne ferais pas ça si j’étais vous. Déclara Maugrey sans s’émouvoir. La main de Jean arrêta son mouvement mais resta à quelques centimètres à peine de la baguette. Les deux hommes se dévisagèrent, tentant de s’analyser l’un l’autre. Seul le sifflement aigu de tout à l’heure crevait le silence. - Pourquoi cela ? demanda Jean amusé par la perspicacité de son aîné. - Parce que vous seriez mort avant d’avoir pu lever le petit doigt.Sortant ses propres mains de sous son manteau, Maugrey dévoila dans l’une sa baguette pointée sur Jean, dans l’autre un petit appareil ressemblant à un gyroscope. Jean comprit que le sifflement venait de l’objet. C’était un scrutoscope. Il se mettait à siffler chaque fois qu’une personne indigne de la confiance de son propriétaire était proche. Et bien pour l’effet de surprise, c’était raté. L’auror, fidèle à sa maxime, était resté d’une vigilance constante. Phrase qui perdait un peu de son éclat aux yeux du Comte depuis qu’il savait de qui il l’avait reprise. - Vous savez pourquoi je suis là ?Maugrey hocha sa tête couturée. - Effectivement. Tu es venu vengé ta famille, non ?Jean ne put empêcher un rictus nerveux de s’afficher sur ses lèvres. Encore une fois l’auror avait tord. Il se trompait sur toute la ligne. Mais puisque le face à face le lui permettait il n’allait pas se priver de creuser la question concernant le massacre Delacroix. - Vous y étiez bien. Lorsque les Frères de Sang ont tué tout le monde. Lorsque… Vaan a torturé ma famille. Vous n’avez même pas levé le petit doigt, pire, vous l’avez aidé !Sa voix était devenue atone. Les images des souvenirs que lui avaient fait partager Vaan assaillirent son esprit. Un bain de sang… - Ils étaient les ennemis à l’époque. Maugrey soupira. Tout ce que j’ai pu faire c’est de ne pas salir le nom de ta mère en faisant croire à un règlement de compte du Seigneur des Ténèbres. Et puis, si cela n’avait pas été fait nous serions ennemis depuis le début.- Pour ce que ça change maintenant, répliqua le Comte d’un air cynique. Depuis le début vous m’avez menti, manipulé, trahi comme un vulgaire pantin. Et une fois que je me suis retrouvé en prison, condamné à mort vous n’étiez plus là. Il n’y avait plus personne se tenant derrière mois pour faire bouger les ficelles de mes membres. Etrangement Jean se sentait très calme malgré la situation. Il était presque détaché comme si tout ce qu’il racontait était arrivé à une autre personne et pas à lui. Comme si la baguette braquée sur son corps ne pouvait l’atteindre. Il savait qu’il dominait Maugrey. Pas physiquement non, mais mentalement. Il avait un net ascendant sur l’auror. Après que Vaan ait brisé sa volonté et son corps, le Comte s’était plongé dans le désespoir et la colère. Mais ce n’était pour en émerger que plus fort. Toute trace de peur était partie, envolée comme un papillon de nuit. La mort elle-même lui était indifférente à cet instant précis. Ce n’était pas qu’il n’avait plus rien à perdre, au contraire même, mais simplement que si ça devait arriver, il n’aurait de regret. Un mort n’a pas de regret. Il se remit à marcher, faisant les cent pas entre la table et le mur opposé : - J’ai perdu mes illusions, Maugrey. Vous et vos… Vénitiens, vous ne m’intéressez plus. Je me suis battu pour une cause dont je me contrefous. Le monde peut bien tomber et les portes de l’Enfer s’ouvrir, je n’ai cure de tout cela.- Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Maugrey alors que ses sourcils se fronçaient et que son visage prenait un air de plus en plus soucieux. Jean éclata franchement de rire cette fois-ci : - Ce que je veux dire ? Il porta la main à sa poitrine, là où se trouvait le pendentif en forme de cinq romain et l’arracha violement. Voilà ce que je veux dire.Il jeta l’insigne à ses pieds. L’objet fit quelques tonneaux avant de s’arrêter devant le fauteuil de Maugrey. Celui-ci regarda le pendentif d’un air anéanti, comme si on venait de lui apprendre qu’il allait mourir. Mais il se reprit rapidement : - Tu n’es pas ici pour me tuer ?Le Comte se frappa le front tout en s’esclaffant. - Vous en êtes encore là ? Moi qui pensai que vous aviez compris ! Je me fiche de votre vie misérable et solitaire, enfermé dans votre tour d’ivoire et envoyant vos pions à l’abattoir comme bon vous semble. Faites ce que vous voulez, mais pour moi c’est terminé. Vous ne me reverrez plus, je m’en vais.Alastor Maugrey ouvrit la bouche et la referma deux fois, cherchant ses mots. Le scrutoscope dans sa main sifflait toujours. Visiblement le sorcier s’était attendu à un duel. Son œil normal était plissé et ne laissait qu’une légère fente suspicieuse. Son œil magique, lui, s’agitait dans tous les sens comme en proie à une excitation survoltée. - Tu n’es pas au service du Seigneur des Ténèbres, siffla-t-il enfin entre ses dents tandis que sa baguette s’abaissait légèrement. - Et non ! S’écria Jean en écartant les bras. Surprise ! Ce n’est pas moi mais Seth Street le faux jeton. Mais je vous conseille de ne pas baisser votre baguette devant moi, le fait que je n’ai pas une irrépressible envie de vous tuer ne va pas m’empêcher de le faire si j’en ai l’occasion. Une belle pourriture comme vous mérite autant la mort que Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom. Malgré cette menace, Jean savait parfaitement que dans la situation présente il n’avait aucune chance contre le chef des Vénitiens. Il n’était même pas sûr de pouvoir lancer un sort correctement dans une situation normale, alors dans un duel… Mais cela Maugrey n’avait pas besoin de le savoir. Son visage ne reflétait aucune émotion connue de Jean. Le vieux ne s’attendait certainement pas à ça. Et, oui peut-être finissait-il enfin par comprendre ? Mais cet espoir fut vite brisé lorsqu’il demanda : - C’est pour me dire ça que tu es venu ?Jean soupira. - Non, vous n’êtes qu’un bonus. Je vous l’ai déjà dit, je me fiche bien de vous et de votre bande. Si je suis ici c’est pour récupérer quelqu’un.- Ael… dit-il d’une voix consternée. - Ah ! Enfin un mot intelligent sortant de votre bouche. Je me demandais comment vous aviez fait pour rester en vie aussi longtemps sans avoir un gramme de jugeote. Le Comte salua grossièrement son ex Commandeur, un peu à la manière dont l’aurait fait Sawyer mais contrairement au clown, il signifiait par là tout le dédain et le mépris qu’il éprouvait à l’égard de l’auror. Il se retourna alors et posa la main sur la poignée. - Adieu, Maugrey. J’espère ne jamais avoir le déplaisir de vous revoir.- Vous allez quitter le pays ? demanda la voix de Maugrey dans son dos. Se retournant à demi, le Comte lança un coup d’œil vers la silhouette du bonhomme. - Oui. Mais il me reste une dernière affaire à régler avant.En effet, tant que Seth Street ne reposerait pas six pieds sous terre, il n’aurait de répit. Joanne devait être sauvée des Ténèbres. Malgré tous ses efforts pour l’écarter de son histoire, il s’était rendu compte trop tard qu’elle s’était jetée dans les griffes de quelqu’un encore moins recommandable que lui. A croire qu’elle le faisait exprès. Il fallait l'éloigner rapidement, elle mais aussi Ael. En plus du danger qui planait sur Joanne en la personne de Seth Street, une autre menace, plus grave encore était sur le point d’arriver, si ce n’était déjà fait. Il avait senti l’odeur des Frères de Sang sur Dread Flint. Cela indiquait que leurs activités étaient entrain de redoubler. Il était tellement perdu dans sa réflexion qu’il faillit rentrer dans quelqu’un. Qu’une personne soit présente à Azkaban était étonnante en soi alors il n’avait pas fait attention. Il se rendit alors compte qu’il s’agissait de la femme aux cheveux rose qu’il avait sauvé (malgré son poids) lors de sa première mission de groupe : Samaëlle Keyne. Il n’avait pas revu la jeune femme depuis plus de quatre mois, la fois où il s’était réveillé dans son appartement sans avoir pensé à reprendre du polynectar pour conserver son identité secrète. D’un geste rapide il replaça ses lunettes sur son nez afin de cacher l’éclat rouge de ses yeux. Une vieille habitude qu’il avait également du mal à abandonner. Il afficha un sourire contrit : - Pardonnez moi, je ne vous avais pas vu, je ne pensais pas trouver quelqu’un ici aujourd’hui. |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Dim 24 Fév - 18:57 | |
| Samaëlle s’était douchée plusieurs fois avant de se départir de son impression de souillure qui l’avait envahie après son combat contre le monstre de la mission 3. Elle avait jeté ses vêtements tâchés et soignée sa main et tout le reste de son corps du mieux qu’elle avait pu, seule dans sa chambre d’Azkaban, refusant d’aller à Ste-Mangouste. Elle avait eu tout le temps de réfléchir à ce qui la préoccupait, peut-être même trop. Des hypothèses se battaient en duels dans son esprit, elle ne savait jamais quoi penser et sa seule compagnie, Maugrey, ne faisait rien pour l’éclairer, il s’enfermait dans son bureau des heures durant, demandant expressément à ne pas être dérangé. Le fait est qu’elle ne pouvait oublier le regard du borgne, qui s’était penché près d’elle, et les yeux de Jean qu’elle avait fixé avec tant d’attention quelques mois plus tôt. Elle avait fait défait les liens qui les unissaient, tantôt condamnant l’équipier 5, tantôt prenant sa défense, qu’il était différent et pas volontaire à cette drôle de transformation. Elle y pensait tellement souvent qu’elle avait parfois l’impression de voir l’un ou l’autre des deux hommes au loin, dans la cour de la prison, ou sur le mur de sa chambre, dansant comme une ombre chinoise. Elle ne crut d’abord pas ses yeux quand elle rencontra le comte Delacroix dans un des couloirs d’Azkaban et faillit passer à côté comme si de rien n’était. Elle sursauta donc lorsque ce dernier, lui adressa la parole. -Pardonnez moi, je ne vous avais pas vu, je ne pensais pas trouver quelqu’un ici aujourd’hui.Ainsi donc il était bien réel, et son geste discret pour remettre ses lunettes et cacher ses yeux ne lui échappa pas. D’un certain côté, cela la rassura de ne pas avoir à affronter ce regard de braise pour le moment. Passé sa surprise, elle prit le parti de lui répondre. -Aujourd’hui, et tout les jours de la semaine. J’habite ici. Par contre, moi je suis étonnée de votre visite.-Je suis venu... dire adieu. J'ai rendu ma démission à Maugrey.La jeune femme frotta sa main bandée, pensive. - C’est pour ça que vous n’étiez pas avec nous lors de la dernière mission ?-Pas exactement. J'étais en prison pour avoir tenté de tuer le directeur des aurors. Une longue histoire...Samaëlle fit les gros yeux, elle ne savait pas si elle devait éclater de rire ou partir en courant. Finalement elle choisit de sourire faiblement. -Je veux bien vous croire, ça n’a pas du être une partie de plaisir.Elle se remémora les geôles du ministère qu’elle avait visité durant l’une de ses années d’étude à Poudlard et les commentaires d’un des gardiens sur les détenus les plus durs à cuire et frissonna. Elle semblait hésiter à lui poser une question. -C'était assez désagréable. Mais le pire est à venir je crains. Il haussa les épaules. J'ai des problèmes familiaux à régler. Cela risque d'être inextricablement plus compliqué.- … Il y a un rapport avec la couleur de vos yeux ?Elle avait eu peur d’aller trop loin, elle regarda par dessus son épaule en souriant timidement. - Les Frères de Sang vous ont déjà attaqué..-Ils ont donc un nom… Disons que l’on s’est rencontré et que l’on a papoté, oui..- Que s'est-il passé ? Maugrey n'a rien dit.-J’ai fais la connaissance d’un… Frère de Sang ? Il était borgne avec des manières de séducteur né. Il a faillit m’arracher la main. Elle serra les poings qu’elle avait rangé dans ses poches. Et plus, si affinité. Heureusement, il n’y en a pas eu et il s’est enfui, la langue en moins. Vous le connaissez ?- Assez pour connaître son mauvais goût. Heu, ce n'est pas ce que je voulais dire. Enfin, vous comprenez. Le voir manger pour la première fois a été un choc pour moi aussi. Perdre la langue, lui fera une bonne leçon à tirer. Il a eu pire que moi.- Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ?- Trois fois rien. Juste ça. Il sorti sa main droite, ou ce qu’il en restait et l’exhiba devant lui. Samaëlle eut une violente nausée et porta sa main à sa bouche pour ne pas vomir. Elle voyait décidément beaucoup trop de chair mise à nue ces derniers temps. - Mais… Comment est-ce arrivé, et comment faites-vous pour votre baguette ? Vous devez avoir perdu au moins 40% de vos capacités, jusqu’à ce que vous soyez habitué… Je comprends votre démission. C’est beaucoup trop dangereux.- Non, non. Je suis ambidextre. Je démissionne pour divergence d'opinion avec le grand chef.Elle n’insista pas sur les questions qu’il avait élucidé et décida de changer de sujet. - Vous voulez bien continuer cette conversation en marchant ? Ces couloirs sont affreusement au prise avec les courants d’air. J’aimerais vous poser quelques questions sur les Frères de Sang. Je… j’ai besoin de savoir, pour comprendre mon combat.- Pas de problème. Je n'ai rien à faire jusqu'à demain. Je répondrai dans la mesure du possible.Elle inclina la tête en avant en signe de reconnaissance et lui désigna le chemin qu’ils suivraient d’un geste de la main. Elle inspira profondément et ne dit rien pendant un moment, ils marchèrent en silence, seul le bruit de la pluie tombant apportait une petite touche mélancolique au tableau. Pourtant, Samaëlle n’était pas triste, et quel que soit le danger ou le mystère que représentait Jean Delacroix, elle se sentait moins seule dans l’immensité du pénitencier en marchant à ses côtés. On ne pouvait pas vraiment dire qu'ils se ressemblaient tout les deux, mais quelque chose dans sa façon d'être, lui donnait une impression de déjà vu. - Pour vous, quel est le plus important entre son avenir et sa famille ?La question était sortie toute seule, sans qu’elle y réfléchisse, sans qu’elle s’y attende. Depuis le début, il l’avait intrigué, et maintenant qu’il allait partir elle voulait plus que jamais savoir d’où lui venait cet étonnement. Peut-être son allusion à sa famille qui allait lui rendre la vie impossible l'avait-elle influencée ? Elle qui ne connaissait plus grand chose à ce genre de liens. _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Mer 27 Fév - 22:04 | |
| Il marchait lentement vers la petite cour aménagée tout en discutant avec la jeune femme. Cela lui faisait plaisir de la revoir. Après être resté emprisonné si longtemps, il ne pouvait que se réjouir de partager un moment avec des gens qui ne l'avait pas trahi, tenté de le tuer lui ou un membre de sa famille. Pourtant à mesure que la discussion avançait moins il se sentait à l’aise. Il n’avait pas donné de nouvelles depuis un bon bout de temps et il était normal que la jeune femme soit curieuse, mais le fait de parler de lui et de sa famille lui fit comme un creux à l’estomac. Il était parfaitement conscient qu’il n’avait jamais fait un très bon père, mari, ni frère ou même fils. Doué dès son plus jeune âge il n’en récoltait pas moins les ennuis qui faisait souvent inquiéter sa mère à la santé fragile. Plus tard il avait trahi sa propre jumelle en s'enfuyant sans rien dire. Que dire à propos de sa femme ? Il l’avait mangé. Quant à ses filles il ne les avait plus revus depuis si longtemps déjà qu’il n’était même plus sûr de les reconnaître. Elles devaient avoir tellement grandi ! Alors était-ce judicieux de répondre que pour lui la famille était le point central de son existence alors que dans tous ces rôles essentiels à une vie de famille épanouie il avait lamentablement échoué ? Pourtant il en revenait toujours au même point quoiqu’il fasse : toujours la famille. - Pour les gens qui ont envie de vivre pleinement, on ne peut pas considérer l’avenir sans une famille. A la fin c’est par nos enfants que l’on voit l’avenir. On dit « notre » futur alors que ce futur n’est pas à nous mais à eux. La preuve avec cette organisation, c'est pour des lendemains meilleurs pour les jeunes que nous nous battons. Je ne suis pas un exemple à suivre, j’en ai conscience, mais chacune de mes actions bonnes ou mauvaises pour le futur est tournée vers ma famille. Tout cela dans le but de les protéger. Hélas, j’ai peur d’avoir fait plus de mauvais choix de bons. Dans une famille aussi nombreuse et compliquée que la mienne, il y a toujours des répercussions néfastes pour l’un ou l’autre de ses membres. Mais étonnement je continue et j’essaie de m’améliorer, pour que l’avenir soit meilleur et nous sourit. Il fit une courte pause, perdu dans ses pensées. Une tâche je ne pourrai jamais réussir…Il marcha encore un instant en silence, tout en évitant de regarder la jeune femme dans les yeux puis finit par remarquer sur le ton le plus dégagé possible : - Vous, vous aimez être seule. Vous avez peur d’être blessée, ça se lit dans votre regard.Ce n’était pas une question, juste une simple constatation. Quoiqu’il fasse, le Comte se retrouvait au final toujours seul. Il savait reconnaître les personnes solitaires. Quel qu’en soit la raison, il savait depuis longtemps qu’une personne seule avait toujours une espèce de manque dans le regard, comme si quelque chose d’invisible mais de palpable y avait été arraché. Et cela, peu importait la couleur des yeux. |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Jeu 28 Fév - 21:49 | |
| Son discours était logique, véridique et en même temps chargé d’émotions. On retrouvait bien là le charisme qu’elle avait déjà remarqué chez lui, peut-être ses fonctions politiques l’avaient même amélioré. Mille et une questions lui venaient en tête, et elle se serait empressée de les poser s’il n’avait pas lancé sa dernière remarque. Elle semblait tout à coup avoir reçue une douche froide et ne savait que répondre, mal à l’aise et poussée dans ses retranchements. Finalement, la douce pluie hivernale lui donnait le cafard. L’odeur de l’herbe mouillée vint lui chatouiller agréablement les narines, ils étaient presque arrivés à la cour centrale. Samaëlle enfonça profondément ses mains dans ses poches et fixa le sol devant elle, un pâle sourire triste aux lèvres. - Vous, vous êtes tourné vers les autres, vous pensez à leur bien en priorité, quel que soit les choix, bons ou mauvais, qui en découlent. Alors, il est certain que si vous essayez, encore et encore, vous réussirez à vous améliorer. Je ne suis pas comme ça.Pour la première fois, elle se tourna vers lui et fixa ses lunettes, sans gêne. Elle n’aurait plus jamais peur de cet homme, elle ne le pouvait pas. Il lui inspirait trop de bonne choses, son discours contenait trop de bonnes intentions. Peut-être cela faisait-il trop de trop, mais en lui parlant elle n’avait pas eu l’impression d’être manipulé par un homme fourbe et mauvais. Elle lui sourit gentiment, mais la lueur de tristesse dans ses yeux ne s’effaça pas. - Vous pouvez enlever vos lunettes, vous savez. Il ne fait pas très clair ici, et vous avez de beaux yeux, ne les cachez pas.
Elle rit doucement, cachant sa bouche derrière sa main miraculeusement sortie de sa poche. Elle n’aimait pas qu’on la voit rire, montrer ce genre d’émotion n’était qu’une faiblesse qu’elle ne voulait pas se permettre devant lui. Ils débouchèrent enfin à l’extérieur. La bruine s’était accrue, formant un rideau de pluie. Comme une enfant, Samaëlle alla sous la pluie, les bras écartés et la tête levée vers le ciel, son visage rayonnait. Après avoir pris une petite douche, elle se tourna vers Jean. - Je n’ai pas peur d’être bafouée, je préfère simplement la nature aux humains. Il est beaucoup plus difficile de la perdre ou de la blesser lorsqu’on ne le veut pas.Elle pencha la tête sur le côté et lui tendit la main pour qu’il la rejoigne, qu’il goûte lui aussi à ce bonheur si simple qu’est une intempérie. Elle avait un peu de remords à lui cacher une partie de la vérité après les révélations qu’il lui avait faites mais il avait si bien lu en elle qu’elle ne douta pas qu’il la comprenne. ( tu es un visionnaire  ) _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Sam 1 Mar - 0:32 | |
| La pluie battait sur ses épaules et imprégnait ses cheveux, tandis qu’il s’avançait lentement en direction de la jeune femme postée au milieu de la cour. Le contact de l’eau sur sa peau n’était pas à proprement parler désagréable, il était même plutôt heureux de pouvoir la sentir couler sur son visage après des jours d’enfermement dans une cellule à l’odeur rance ou dans une chambre d’hôpital aseptisée, mais il n’en retirait pas non plus le sentiment de plaisir et de jouissance que semblait ressentir Samaëlle. Il connaissait le métier de la jeune femme et comprenait parfaitement que la nature puisse l’attirer. Quoi de plus beau qu’un coucher de soleil un jour d’été ou une douce averse par une froide nuit d’hiver ? Pourtant, depuis des années, il ne parvenait pas – plus – à s’extasier devant ces merveilles, il se contentait la plupart du temps de les regarder d’un air indifférent. Il était lui-même une aberration de la nature, une tare, et ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise et en décalage avec le reste du monde. Toujours dans sa tête une voix chuchotait doucement qu’il n’avait pas sa place en ce monde. Mais il y était, et par ce simple fait il devait y vivre et s’y faire une place. Il rejoint enfin Samaëlle au milieu de la cour, complètement trempée. L’eau ruisselait dans ses cheveux et formait de petites gouttes qui pendouillait à la pointe de ses mèches roses avant de tomber sur le sol dans un léger « ploc. » La pluie avait collé les vêtements de Samaëlle à sa peau, révélant ses formes et ses courbes généreuses. Le Comte ne put s’empêcher de remarquer qu’il n’y avait aucun excès pondéral notable sur la silhouette de celle-ci. Si les Frères de Sang étaient plus forts qu’ils en avaient l’air, le processus ne semblait pas l’avoir atteint à ce niveau là. Probablement lui faudrait-il se repaître de plusieurs Mangemorts avant d’en voir les effets. A moins que Seth Street suffise a lui tout seul. Il devait être particulièrement goûteux par rapport à Pius. Il se contraignit à chasser rapidement ces pensées de son esprit. Demain. Il s’en occuperait demain. En attendant, il devait profiter du calme avant la tempête. Il ne voulait pas non plus passer sa journée à utiliser de magie. Sa main gauche ne lui assurait plus sa rapidité d’antan, mais à présent qu’il avait l’esprit clair et repris quelques forces, il se sentait assez d’attaque pour jeter un certain sort à éclairs verts sur une certaine personne. Du moins c’est ce qu’il essayait de se convaincre. Il ne devait pas reculer au moment fatidique par crainte de ne pouvoir vaincre. Une nouvelle fois il tenta d’écarter ces pensées. Il se rapprocha encore de Samaëlle et se rendit compte qu’il n’avait rien dit depuis un long moment. De peur d’éterniser ce silence, il répondit précipitamment : - Vous avez sans doute raison.Avant d’ajouter : - Que les arbres ne puissent-ils parler à nos oreilles. Qui sait ce qu’ils nous raconteraient ? Probablement des histoires de terre et de vent. Il frissonna. La pluie commençait à pénétrer sous ses habits. Il posa à nouveau un regard sur Samaëlle avant de prendre sa main toujours tendue. Presque instantanément, une douce chaleur remonta de son bras comme un courant électrique et se répandit dans tout son corps. Il ne comprenait pas bien ce qu’il lui arrivait mais c’était, somme toute, plutôt agréable. Les poils de sa nuque se hérissèrent alors qu’il était comme scotché par le regard de Samaëlle. Avant qu’il ne s’en rende compte, leurs lèvres se rapprochaient déjà. Il sentit sa respiration balayer son cou. Sa peau effleura la sienne et tandis que leurs lèvres se frôlaient. Au prix d’un grand effort de volonté, Jean détourna vivement la tête et se recula de deux pas, tuant dans l’œuf le phénomène avant qu’il ne puisse se concrétiser. - Je… Je suis désolé. Je n’aurai pas dû, c’était déplacé de ma part, bredouilla-t-il encore troublé. Il n’avait ressenti ça qu’une fois auparavant. Cela le ramenait de longues années en arrière, alors qu’il n’était pas encore un politicien, ni même un Frère de Sang. Mais c’était quelque chose qu’il préférait oblitérer définitivement de sa mémoire. (Tu peux dire quelque chose que je ne sache déjà ?) |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Sam 1 Mar - 23:14 | |
| Elle l’avait regardé le rejoindre, il ne disait rien et semblait être perdu dans de sombres pensées. Sa mine soucieuse creusait des rides à l’extrémité de ses yeux et sur son front, lui donnant un air encore plus sérieux que d’habitude. Son élégance et sa stature lui conférait un certain charme, que Samaëlle ne pouvait ignorer. Arrivé près d’elle il saisit sa main, le contact était doux et chaud et rappelait à la jeune femme combien on était seul lorsqu’on refusait tout rapport humain. Une partie d’elle aurait voulu crier et s’échapper, arrêter la progression des deux corps l’un vers l’autre. Des images de son voyage à Brasilia lui revinrent, et la voix qui l’animait se tut tout à coup. Elle n’était plus qu’à ce moment, concentrée et en même temps si désinvolte. Elle ne pouvait détacher son regard des deux pupilles rubis de Jean qui avait enlevé ses lunettes. Presque involontairement, elle colla délicatement son corps contre le sien, leva la tête et respira l’odeur de son cou. Etonnée, elle se rendit compte que leur têtes se rapprochaient peu à peu. Comme sous l’emprise d’un charme, elle ne pouvait se détourner et ses yeux se fermèrent lorsqu’elle sentit le contact de ses lèvres contre les siennes. Elle ne sentait plus la pluie, elle ne sentait plus rien que ce corps et cette peau contre la sienne. Un léger tremblement s’empara d’elle, il y avait tellement longtemps qu’elle n’avait pas goûté à ce plaisir. Il y avait longtemps que personne ne lui avait offert de cette manière son intimité. Elle ne connaissait presque pas cet homme et déjà elle franchissait un stade qu’elle aurait pensé impossible à créer. Lorsque le comte se détourna, cela fit l’effet d’une gifle à Samaëlle qui sortit immédiatement de l’étrange emprise qu’avait sur elle l’homme. Sa déclaration gestuelle n’en était donc pas une, elle s’était fourvoyée à ce point ? Elle n’approchait aucun homme, et le seul qu’elle embrassait, elle se trompait ? Une honte immense lui enflamma les joues, elle ne savait que faire de ses mains qu’elle tordait, l’envie de le toucher maintenant qu’il était inaccessible se faisait pressante. Son malaise fut à son paroxysme lorsqu’elle sentit son ventre se nouer dès que son regard dérivait sur le corps du jeune Delacroix. Tout ces sentiments lui étaient inconnu ou désappris, son trouble augmentait avec l’atmosphère qui s’appesantissait. Elle brisa le silence et voulut s’assurer qu’elle s’était bien trompée, que ça n’avait été qu’un égarement de sa part et qu’ils ne faisaient pas l’énorme bêtise d’arrêter au début de ce qui aurait pu être une explosion de sensations. - Bi...bien sûr que non, on… on en avait envie tout les deux. Mais vous… vous regrettez? Elle hachait les mots, sa gorge nouée ne les laissant filer qu’au compte goutte. Elle planta son regard triste dans le sien. Allait-il l’éconduire ? C’était tant et si peu de choses à la fois, Samaëlle ne savait pas bien ce qui se passait en elle, quelles transformations s’effectuaient, mais elle sentait que tout dépendait de sa réponse. - Oui... C'est une chose qui ne nous mènera à rien.Ca y est, c’était dit. Elle écarquilla les yeux plus grand qu’elle ne l’avait jamais fait, sa bouche resta entrouverte et les tremblements de son corps cessèrent. Tout un monde qui avait mis quelques secondes à se former s’effondrait, aussi vite qu’il était venu au monde. Mais avant que la dernier pilier ne cède, Samaëlle prit une décision qu’elle ne pensait pas avoir le courage de prendre. Elle décida de ne pas avoir de remords. Elle essuya ses yeux avec le revers de sa main, prit un air farouche, fit en deux rapides enjambées la distance qui les séparait, agrippa de sa main droite le col de Jean et le tira à elle assez fort pour qu’il n’ait pas le temps de réagir. La violence de ses gestes s’effaça alors et elle eut le temps de lui sourire avant de refermer les yeux et cette fois-ci de réellement l’embrasser, desserrant légèrement son emprise du col et plaçant avec douceur sa main gauche sur sa nuque. Elle savait qu’il la repousserait, qu’il ne voulait pas de ce contact, et pourtant elle l’embrassait, comme elle n’avait jamais embrassé personne. Bon dieu que c’était bon ! _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Dim 2 Mar - 2:52 | |
| L’intrusion fut si impromptue qu’il se laissa faire pendant un moment, s’abandonnant complètement à cet échange. Sa langue fouailla la bouche de la jeune femme, allant de plus en plus profondément dans sa gorge. Il huma le parfum mélangé à l’odeur de pluie, ses narines frémissantes d’émotions. Malgré les gouttes froides qui s’abattaient sur eux, il sentit une bouffée de chaleur monter de son ventre jusqu’à colorer ses joues. C’était comme si de grands arcs électriques s’abattaient sur lui, son cœur battait la chamade, ses sens étaient décuplés et à fleur de peau. Toutes contraintes semblaient s’être envolées pendant ce court moment d’osmose intense et libérateur. Il se serait sans doute complètement abandonné à la hardiesse de Samaëlle s’il n’avait voulu lui passer la main dans les cheveux. Ce n’est qu’en se rendant compte qu’il ne lui restait plus que le moignon que revinrent son sens de la réalité et le souvenir de pourquoi cette relation était vouée à l’échec. Il n’était pas comme Sawyer qui ne recherchait que des aventures d’une nuit. Or, une nuit c’est tout ce qu’il lui restait. Demain, lorsqu’il aurait amené Ael à l’abri, au même endroit où se trouvaient Elléanna et ses deux autres filles, il devrait affronter Seth Street et contraindre sa soeur de gré ou de force de venir avec lui. Ensuite, il disparaîtrait. Il prenait très au sérieux les menaces de Kyle concernant les deux Traîtres et sur le sort qu’ils voulaient réserver aux descendants de Vaan. Il ne voulait pas entraîner Samaëlle dans ce marasme, il en était hors de question. Doucement, comme à regret, sa langue désinvestit la gorge de Samaëlle et leurs lèvres se séparèrent. Il la regarda encore une seconde puis la repoussa de sa main gauche, dissipant la sensation de leurs corps collés l’un à l’autre. Jean la vit le regarder avec une lueur d’incompréhension et de tristesse dans le regard. Ou bien était-ce de la haine ? Quoique cela pusse être il ne pouvait pas satisfaire son envie. C’était contraire à tout ce qu’il avait dit plutôt concernant la famille et l’avenir. Il n’y avait pas plus simple : pour eux il n’y aurait aucun avenir. - Je suis désolé, parvint-il à articuler d’une voix rauque. Ce n’est pas votre faute. Je vous l’ai dit, demain je serai parti loin d’ici. On me recherche dans tout le pays pour haute trahison et cela n’est que le moindre des dangers que j’encoure. Il n’est nul besoin que vous vous y retrouviez mêlée. A terme, cela vous causera plus de préjudices que d’agréments.C’était la pure et simple vérité. Il tenta d’afficher un pâle sourire désolé mais il avait grande peine à reconstituer son masque de bonhomie qu’il avait pour habitude de prendre. Indéniablement ce simple baiser l’avait ébranlé jusqu’au plus profond de son être. Il n’avait vraiment connu et aimé qu’une seule femme. Bien sûr il y avait les amourettes vécues lorsqu’il était à Poudlard, mais cela n’était que des histoires d’adolescents dont le besoin de répandre leur salive dans la bouche de l’autre était essentiellement hormonal. Franscheska lui manquait terriblement. En plus des dangers, il ne se sentait pas prêt à recommencer. Sa gêne devait être parfaitement visible sur son visage mais il était possible que des deux il n’était peut être pas celui qui l’était le plus. Il lança un dernier regard à Samaëlle, replaça ses lunettes sur son nez et tourna les talons. Il s’interdisait un rare instant de bonheur pour s’épargner, plus tard, un plus grand malheur. |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Renoncement [18] Mar 4 Mar - 21:24 | |
| Du bonheur irradiait de tout les pores de sa peau frissonnante et plus qu’humide. Car au lieu de la repousser comme elle s’y attendait, il lui avait rendu son baiser, et c’était le plus beau présent qu’il pouvait lui faire. Les secondes durèrent une éternité qu’elle n’était pas pressée de voir finir. Elle oublia tout ce qui avait et était elle, elle n’était plus qu’une simple femme entrain de tomber amoureuse. Elle sentait son désir monter, l’envie de ne plus quitter ces bras forts et protecteurs. Il mit fin au baiser avec délicatesse, et rien que cette douceur toucha Samaëlle, en émoi. Elle lui sourit mais le regarda comme si quelque chose dans sa conduite lui échappait. Il se justifia comme il put, elle ne répliqua rien. Elle aurait très bien pu le contredire, lui dire qu’à ses côtés, qu’importait le danger puisqu’ils seraient ensemble, que sa vie était désormais transformée et que le lien qui venait de se créer entre eux était si fort que personne ne pourrait les séparer. Oui, elle aurait pu se jeter à genoux et le supplier de l’emmener avec elle, mais à quoi bon ? Il suffisait de regarder ses yeux si tendres mais si déterminés pour comprendre que c’était fini, que pour lui, ça serait la pire des trahison de céder. Elle baissa les yeux un instant mais les releva bien vite. Il allait partir et peut-être ne se reverraient-ils jamais, il fallait qu’elle puisse imprimer son visage dans sa tête, qu’elle associe ses sensation extraordinaire à son beau minois. Il lui fit une grimace qu’elle identifia comme une tentative de sourire. Elle voulait qu’il se souvienne d’elle, et que cette réminiscence soit belle. Elle combattit du mieux qu’elle put sa tristesse et lui adressa un sourire chaleureux. Ses yeux, pour la première fois, scintillaient et offrait un bel adieu à ce comte perdu. Il la regarda, replaça ses lunettes et lui tourna le dos. Lorsqu’il eut fait quelques pas, Samaëlle l’interpella en criant, comme si sa vie en dépendait : -Jean ! Elle le salua avec un grand signe du bras, elle était rayonnante d’amour. Bonne chance !Il se retourna, lui sourit avant de repartir dans la direction précédemment empruntée. Le sourire de Samaëlle fondit comme une glace au soleil, son bras s’abattit mollement contre son côté. Elle serra dans son poing sa chaîne au nombre romain à s’en faire blanchir les jointures. Elle resta là, plantée sous la pluie, les gouttes se mêlant sans distinction avec ses larmes qui coulaient abondamment. Elle avait essayé jusqu’au bout de lui renvoyer l’image d’une femme forte et compréhensive, mais maintenant qu’il partait, elle pouvait laisser aller son chagrin et ses faiblesses. Il aura été sa plus belle et éphémère rencontre. Malgré sa peine elle n’avait aucun regret à propos cet homme, car il était de ces loups solitaires dont on ne saisit le sens que lorsqu’ils s’en vont et qu’il est trop tard. Il lui avait montré un nouveau ciel dont il était le seul possesseur de la clé, mais peu lui importait. Elle l’avait découvert avant qu’il ne disparaisse dans l’ombre, elle se remémorerait toujours leurs brefs échanges fantastiques. Elle avait beau se dire tout ça, ça ne remplaçait pas la chaleur de son corps et la douceur de sa peau. Son cœur se pinça, elle était si triste. Un bruit éveilla son attention dans un des corridor menant à la cour centrale. Elle ne voulait pas qu’on la voit dans cet état, elle s’enfuit en courant rejoindre sa chambre. Instinctivement, pour se sécher, elle lança un sort allumant un feu dans la cheminée… _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
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