Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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Jean Delacroix
Cramé


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MessageSujet: Retour... [1]   Mer 25 Oct - 15:36

27 Septembre 1998


Phalange I : Retour...



La fin de la journée s'annonçait encore chaude. Les rayons du soleil déclinant avaient bien chauffé le pavage du chemin de traverse. Les quelques nuages blancs qui traversaient paresseusement le ciel indiquaient que le vent était au point mort. Une sorte de douce torpeur aurait sûrement pris les passants si les rues n'avaient pas été aussi vides.
En effet, à sa grande surprise Jean-Osten marchait dans une rue quasiment déserte où seuls quelques corps allongés en boule ou des mendiant édentés tendant leurs mains squelettiques dans l'attente d'une ou deux mornilles remplaçaient le flot humain et agité qui avait autrefois circulé dans un grand brouhaha de voix des vendeurs tentant de vendre leurs derniers produits, d'enfants jouant ou de simples cris d'animaux en cage qui attendaient un nouveau propriétaire.
Aujourd'hui nulle trace de tout cela. Les animaux avaient disparus, les enfants ne jouaient plus et les voix s'étaient tuent.
Le chemin débordait d'ordure et de saleté, les devantures des magasins dont la plupart étaient fermés montraient soit des affiches des sorciers recherchés soit des menaces de mort écrites avec du sang et s'adressant à quiconque se dresserait contre le Seigneur des Ténèbres. Les rares vitres qui ne comportaient ni l'un ni l'autre était bien souvent brisées.
Cette image désola au plus profondément de lui-même l'homme dépaysé qui se tenait debout au milieu de tout ce fatras.
En cinq ans, comment la situation avait-elle pu dégénérer ainsi ? Jean en croyait à peine ses yeux. Il passa tristement devant le magasin de baguettes d'Ollivander, fermé lui aussi. Il n'y avait plus rien. Plus rien. En un an Voldemort avait pompé toute l'âme, tout le courage de chaque sorcier, de chaque bâtisse, de chaque millimètre carré de terre que son pas avait foulé.
Maugrey avait raison. Il était temps de faire quelque chose. Peu importe la rancune que pouvait lui avoir Delacroix d'avoir fait échoué sa mission de cinq longues années. Maugrey était un battant. Peu importe le tord qu'il avait fait au jeune homme, peu importes ses erreurs passées. Il fallait redresser la tête et se battre. Se battre derrière l'étendard que dans un dernier sursaut de rage Fol Oeil tentait de brandir très haut au-dessus de sa tête.
Les Forces Spéciales Magique... Tel était le nom qu'il avait été prononcé. Tel serait le nom sous lequel Jean se débattrait contre les forces du mal. Il était hors de question de laisser sa patrie dépérir ainsi à force de guerre et de terreur. Ce cercle vicieux avait cessé. Ce qu'il avait déjà vu lui avait bien assez suffit pour ne pas rajouter plus de souffrances et plus de peines. C'est ainsi devant ce désolant spectacle d'un Chemin de Traverse que Jean-Osten Delacroix prit définitivement sa décision de se battre et mourir pour essayer de ramener le peu de lumières qui restait en ce monde.

Il arriva enfin à la sortie du Chemin de Traverse. A sa droite se trouvait une autre rue toute aussi sinueuse et sinistre que le chemin en lui-même. De l'autre côté une autre rue mais dont l'état était mille fois pire que celui du Chemin de Traverse : l'Allée des Embrumes.
Chaque sorcier et chaque sorcière savait que c'était dans cet endroit que l'on trouvait tout ce qui pouvait touché de près ou de loin à la magie noire et ses composantes. Nuls n'ignoraient non plus que ce fût ici que se réunissaient les meilleurs magouilleurs et les meilleurs dealers de toute l'Angleterre.
Jean regarda derrière lui mais il n'y avait personne. La rue déserte contrastait fortement avec ses souvenirs et il avait l'impression que de nombreux yeux l'épiaient, le sourire aux lèvres et le couteau à la main. Une désagréable impression fondit sur lui et il se précipita d'un pas vif vers la sombre ruelle où débordait la mauvaise odeur de la magie noire...

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Retour... [1]   Mer 25 Oct - 19:42

A l'instar du Chemin de Traverse, l'Allée des Embrumes pullulaient de vie et d'animation. Il semblait que ce qui devait être autrefois caché pouvait désormais être exhibé au grand jour sans que personne ne soit inquiété.
Jean-Osten savait que le trafic de magie noire illégale était monnaie courante lorsqu'il était officiellement au service du ministre, d'ailleurs il avait fait appel à ce réseau plusieurs fois pour le dépanner lors des missions qui lui était confiée. Ce qu'il y avait de bien c'est que le réseau ne laissait pas de trace, il ne connaissait qu'une seule personne qui en fasse partie et celle-ci devait certainement à peine connaître le visage et le nom de son supérieur afin de limiter les dégâts en cas de sévit.
Cependant les temps avait bien changé et le réseau n'avait plus l'air d'être illégal tant il était évident de voir les marchands affichés de très dangereux articles de magie dans leur devanture sans se soucier de rien.
Jean craignit un instant de ne plus retrouver son contact du réseau mais il fut soulager lorsque pensant par une ruelle annexe il aperçut une sombre échoppe que personne ne remarquait tant elle semblait minable. L'homme sourit légèrement : ça au moins ça n'avait pas changé ! Enfin vu de dehors...
Il entra par la porte de devant faisant grincer une vielle sonnette rouillée tandis qu'un panneau lumineux dont la moitié des lettres avaient été arrachées se mit à clignoter : " Joh. ..mon bo.tiqu. d'o..et. en t..t ge.re ".
Un jeune garçon leva la tête du comptoir pour dévisager le nouveau venu. Il était seul. Un silence s'installa avant que le garçonnet ne demande d'un air suffisant :
- S'que vous voulez ?
- Voir John Lemon, ton patron.
Le garçon jucha à nouveau Delacroix du regard comme s'il semblait évaluer ses chances de le mettre dehors mais la charpente de Jean-Osten était beaucoup plus "brute" que celle du maigrelet petit morveux.
Il balança alors sa tête en arrière en direction d'une porte qui devait donner dans l'arrière boutique.
- L'est d'dans. Z'avez intérêt à avoir une sacré bonne raison de v'nir l'voir. L'aime pas être dérangé.
La remarque du gosse amusa Delacroix. Ainsi la boutique n'était pas la seule à ne pas avoir changé.

A l'intérieur de l'arrière boutique il faisait presque totalement noir. Osten sortit sa baguette et une petite lumière se mit à briller au bout de celle-ci faisant rebondir les ombres du capharnaüm qui régnait dans la petite salle exiguë.
Sans hésiter Jean déplaça deux ou trois cartons remplis de choses plus douteuses les unes que les autres. Enfin il révéla un passage dans le mur qu'il emprunta aussitôt.
Arrivé au bout du couloir secret il toqua à une porte en bois massif et attendit.
- Qui est là ? lança soudain une grosse voix d'homme.
- Il fait beau aujourd'hui. répondit le jeune homme.
- Ne me dérangez pas ! Je ne sais pas qui vous êtes !
- Face de citron ouvre-moi !
Jean se mordit la lèvre inférieure. Si le bonhomme n'avait pas changé, ses habitudes devaient être restées les mêmes. Le mot de passe avait dû être changé depuis belle lurette lors de sa dernière visite.
Mais heureusement pour lui il entendit bientôt des bruits de pas pressés et des tintements de clés qui s'entrechoquent. Enfin les verrous sautèrent un par un et la porte s'entrouvrit légèrement.
Un petit oeil marron se glissa par l'entrebâillement de la porte et se colla face au visage de Jean-Osten.
- C'est moi je suis revenu... dit-il en enlevant ses lunettes pour révéler deux yeux rouges comme le sang.
L'oeil sembla s'agrandir un court instant comme s'il était surpris et se rétracta jusqu'à la porte.
- Bein si je m'attendais à ça !
La porte s'ouvrit tout grand révélant un petit bonhomme chauve mais dont la longue barbe pendait sur le ventre en allant dans tous les sens. L'être semblait frétiller sur place comme en proie à une excitation énorme.
- Bein ça ! Dire que je te croyais mort depuis lurette, mon garçon ! Ca fait combien de temps ? Quatre ? Cinq ans ! Bien ça alors ! Je l'aurais pas cru si je t'avais pas en face de mes trois yeux ! s'exclama-t-il en tendant la paume de sa main droite où l'on pouvait voir l'oeil qui était passé par la petite ouverture et qui fixait Jean comme s'il était un objet bizarre.
Delacroix hocha la tête sans répondre tout de suite.
- J'étais occupé... ailleurs.
A son tour le dénommé John Lemon hocha la tête d'un air compatissant mais il s'abstint de poser d'autres questions. Une qualité qui lui avait certainement sauvé la vie plus d'une fois. Tous ses clients n'étaient pas des tendres et il en avait parfaitement conscience.
Il s'écarta soudain de la porte pour laisser le libre passage à Jean. Celui-ci entra et la porte se referma dans un sinistre grincement.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Retour... [1]   Mer 25 Oct - 21:52

A l'intérieur il faisait une chaleur d'enfer et Jean-Osten fut bientôt en nage dans son costume mais il n'en rabaissa pas moins son col et préféra même le raffermir comme s'il craignait qu'on se jeta à son cou... Une vieille habitude qu'il avait prise quand il était encore "là-bas".
La pièce était ronde, propre et bien éclairée. Une petite table de camping à quatre places trônait au milieu et des rangées d'armoire et de tiroirs à même le mur tous étiquetés par des mots incompréhensibles. Au fond de la salle, un autre petit bureau sur lequel étaient empilées des affaires complétait le tableau.
- Assis-toi, mon garçon ! Je vais te préparer ta potion comme d'habitude ou tu veux que je te rajoute quelque chose de plus... explosif ?
- Tu as oublié que je n'aime pas ce genre de plantes hallucinogènes ? Tu sais bien que ça me rend... agressif.
Un frisson parcouru Lemon sans qu'il puisse le dissimuler. L'évocation de ce souvenir était assez douloureux pour lui. D'ailleurs c'était ce jour là que Jean et John avaient fait connaissance. Mais mieux ne valait pas y penser...
Il se déplaça en sautillant vers son bureau faisant bouger sa bedaine comme une grosse bouée. Il ramassa plusieurs clés qui traînaillaient et les essaya une par une sur un tiroir encastré au mur d'ou pendouillait de la poignée une petite étiquette rose vif.
Au bout d'un moment lui réussi enfin à ouvrir et tira la boîte vers lui avant de farfouiller dans le fatras d'oeil de vipère, de bézoards et de dizaines d'autres objets que Osten ne put clairement identifié mais qu’il soupçonna fortement d’être légèrement illégaux pour la plupart.
Il laissa échapper un "Ah !" satisfait. Il tenait dans sa main un petit sachet blanc en lin. Il referma le tiroir à clé et rejoignit son visiteur en trois enjambées bondissantes.
- Toujours le même prix.
- Il y en a pour combien de temps ?
- Trois mois comme d'habitude. Je n'ai qu'un sachet parce que je ne pensais pas te revoir mais la prochaine fois j'essaierais de m'en procurer plus.
Osten hocha la tête et laissa échapper la centaine de galions que contenait une bourse qu'il avait glissé dans sa poche. John Lemon lorgna les pièces d'or comme s'il essayait de les compter mentalement puis ouvrit sa paume droite et son "troisième" oeil se fixa sur la montagne dorée. Au bout d'une dizaine de seconde il poussa un soupir et lâcha :
- C'est bon tout est en ordre mon garçon. Et n'oublie pas, je ne te connais pas et on ne s'est jamais vu, compris ?
- Nous nous connaissons ?
Lemon soupira avant de faire un vague geste de la main qui invitait Jean-Osten à sortir. Ce qu'il fit immédiatement. Il ferma la porte et entendit les loquets se verrouiller automatiquement. Ensuite il remis les cartons en place pour camoufler l'entrée secrète et se retrouva enfin dans la boutique ou le jeune garçon lui lança un bref coup d'oeil avant de se replonger dans lecture d'un espèce de vieux grimoire usé qui au vu des illustrations qui couvraient certaines pages devait parler de contes autrement plus horrible que les trois petits cochons ou que le petit Poucet.

Une fois dehors Delacroix s'ébroua pour faire tomber la poussière qui lui collait aux habits lorsqu'il était entré dans la petite boutique. Il rangea soigneusement le petit sac blanc au fond de sa poche et se dirigea à nouveau vers le Chemin de Traverse.
Il avait une dernière chose à récupérer...

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Retour... [1]   Jeu 26 Oct - 11:49

Gringotts était la plus célèbre banque de sorcier au monde. Qu'elle se trouva sur le chemin de Traverse n'avait rien d'étonnant mais lorsqu'on voyait son état comparé à l'ensemble de la rue il y avait de quoi en restait sur le cul.
A l’inverse des boutiques dévalisées, brûlées ou fermées, la banque resplendissait toujours de mille feux.
Un noeud se dénoua dans l'estomac de Jean. Ca aussi ça n'avait pas changé ! C'était une bonne nouvelle. Le désespoir n'avait pas autant gagné le monde magique pour que même les Gobelins se mettent eux aussi à avoir peur d'afficher leur opulence.
D'ailleurs il était étrange que le Seigneur des Ténèbres ne fit jamais attaquer la banque...
Enfin, il avait bien tenté une escarmouche mais elle avait échoué quand toutes les autres actions du Seigneur des Ténèbres avait réussie. Ca sentait presque la mascarade. Bizarrement les mangemorts n'avaient pas tenté de combattre lorsque les Aurors étaitent arrivés - afin c'était d'après ce que Maugrey avait dit lors d'une de leur conversation.
Peut-être que dans le dédale de coffre-fort qui constituait les sous terrains se trouvaient des choses plus noirs encore que la nuit et qu'il ne valait mieux ne jamais réveillé et que le Seigneur noir voulait décourager toute personne d'essayer en montrant que même lui n'avait pas réussi à forcer la banque.
Ou bien... Ou bien Voldemort avait-il laissé des objets personnels à l'intérieur même de la banque ? N'était-ce pas sensé être l'endroit le plus sécurisé au monde ? La prison d'Azkaban à côté ne ferait qu'une petite prison locale si la banque devait un jour se reconvertir.
Delacroix chassa ces idées de sa tête. Il n'était pas là pour réfléchir sur des possibilités subjectives mais pour récupérer un objet qui avait dormit à la banque pendant plus de cinquante ans.

A l'intérieur le bâtiment n'avait presque pas changé. La seule chose qui sauta aux yeux d'Osten fut l'affairement et l'empressement redoublés des Gobelins tout autour de lui.
En effet, par ces temps durs les sorciers préféraient mettre à l'abri tout ce qui pouvait avoir un peu de valeur. Et bien sûr Gringotts était l'endroit tout indiqué pour cela.
De l'histoire des sorciers, Gringotts n'avait été violée qu'une fois il y avait sept ou huit ans. Mais comme rien n'avait été volé, la confiance des magiciens était restée et la banque n'avait pas souffert de cette infraction. Jean se souvenait d'avoir travaillé là-dessus mais faute de preuve et de trace l'enquête avait été suspendue. C'était une affaire qui lui était restée au travers de la gorge car c'était aussi la première fois qu'il avait échouée dans une mission que le ministère lui avait confié.

Il patienta une heure à faire la queue devant un guichet bondé de sorciers tous plus pressés les uns que les autres à mettre leurs affaires en lieu sûr. Enfin quand se fut son tour Jean-Osten présenta la petite croix en bois qu'il conservait toujours à son poignet.
Le Gobelin le regarda d'un œil morne - il devait être surpris de voir quelqu'un faire un retrait par les temps qui courraient. Il hocha finalement la tête et appela un autre Gobelin qui conduisit l’ex Auror vers les wagonnets qui menaient aux coffres.

La descente fut longue mais le coeur de Jean-Osten était bien accroché dans sa poitrine. Le wagon tournait et retournait à une allure monstre allant parfois presque jusqu'à faire un looping mais trop rapidement pour que les fesses de Delacroix ne se décroche du siège sur lequel il était assis.
Enfin le bolide ralentit et s'arrêta devant une rangée de porte. Le gobelin resta assis à attendre. Jean-Osten connaissait le chemin.
Il plaça sa clé en forme de croix dans une encoche et il entendit des cliquetis et des vis qui roulaient sur eux-mêmes. Mais rien d’autre ne se passa. Il appliqua sa main sur une encoche prévue à cet effet. Il y eut une petite lumière et d’autres cliquetis et la porte s’effaça.
A l'intérieur des montagnes d'or s'entassait dans tous les coins. Tout cet or n'était pas à lui. C'était le coffre de la famille et il ne savait que trop bien comment les Delacroix avait réussi à amasser tout cet argent.
Malheureusement pour eux, il ne restait du clan Delacroix plus que Jean, sa soeur et leur mère pour se partager le trésor des longues années de services qu'avaient fourni ses pairs pour le gouvernement magique anglais. Ses ancêtres immigrés qui appartenaient à la grande noblesse de France jusqu'au soulèvement du peuple moldu contre la royauté après 1789 avaient disparu aujourd’hui.

Les Delacroix avait été en quelque sorte les médiateurs entre les rois de France et les chefs du monde magique d'Europe (à l'époque seul l'Angleterre possédait un gouvernement magique autre que celui qui régissait l'Europe).
Mais lors de la Révolution les peuples moldus se soulevèrent et la démocratie s'instaura en France puis peu à peu partout en Europe. C'est en fait depuis cette date que les sorciers vivent replier sur eux-mêmes sans révéler leur existence au public moldu.
Les derniers magiciens de la cour s'exilèrent en Angleterre où une deuxième chance leur fut accordée par le ministère de la magie.
Les Delacroix avait pu emporté une partie de leur fortune et la loyauté qu'ils vouèrent au gouvernement anglais leur fit rapidement récupérer ce qu'ils avaient perdu.
Cependant cette loyauté aveugle leur coûta cher. Très cher. Durant l'été 1945 à Little Hangleton le couple moldu Jedusor se retrouvèrent assassinés mystérieusement. Le gouvernement envoya un groupe d'Auror enquêter. Parmi eux se trouvait Evangelina et Olga Delacroix. Les rumeurs disent qu'elles avaient trouvé une piste concernant le "meurtre" des Jedusor mais leurs conclusions ne virent jamais le jour car la famille Delacroix fut massacrée peu après. Seule la petite dernière de huit ans qui se trouvait ailleurs se soir là survécut.
Helena, de son nom, fut envoyée en Allemagne vers une lointaine branche de sa famille où elle y fut élevée et choyée jusqu'à ce qu'elle se marie. Jean et sa soeur étaient les rejetons qui avaient suivi cette union.

Pendant cette tragédie l'or était resté là et n'avait pas bougé. Mais ce n'était pas pour l'or que Jean-Osten Delacroix était venu à Gringotts. Non, en tant qu'ex-auror son coffre personnel regorgeait lui aussi d'assez d'or pour lui permettre de vivre décemment.
Il se dirigea vers un coin de la pièce. Là, trônait un énorme paquet enveloppé de draps et bien ficelé. La forme de l'objet évoquait fortement une croix. Le symbole des Delacroix.
Aujourd'hui la famille déchue allait relever la tête et se battre ouvertement contre celui qui l'avait détruite. Voldemort ! Jean n'en avait aucun doute. Trop d'éléments bizarres coordonnaient. La façon dont les Delacroix avait été sauvagement assassinés par Avada Kedavra et la manière dont les corps avaient été négligemment laissés en plan comme si leur mort n’avait aucune importance.
Certes il n'y avait pas eu de Morsmorde se soir là. Elle était apparue pour la première fois 25 ans plus tard en 1970 lors du massacre de la famille Dawson, sorciers dont les origines moldus étaient encore fraîches. Mais les conditions de mort avaient été similaires : un Avada Kedavra d'une phénoménale puissance et les corps délaissés sans qu’on cherchât à cacher leur meurtre.
Le seul élément complètement inexpliqué était le lien qui pouvait exister entre Voldemort et les Jedusor. Pourquoi aurait-il assassiné cette famille et tout fait pour que le secret reste gardé alors qu’il avait laissé trace de sa présence pour tous ces autres meurtres ? Peut-être n’y avait il tout simplement pas d’explication. Qui sait jusqu’où pouvait aller la folie meurtrière du Seigneur des Ténèbres ?

Mais peu importait désormais. Jean-Osten avait pour mission de rétablir l’emblème de sa famille sur la scène magique. Lorsqu'il referma la porte en emportant le lourd objet qui ornait autrefois le blason familial, il savait que sa guerre allait durer plusieurs années, la chance que lui offrait Maugrey en l'invitant à se joindre à lui ne serait pas inutilement gaspillée. Maintenant il lui fallait une couverture. Son nom et son passé lui donnerait accès à un statut rapidement élevé au sein du ministère de la magie pour espionner leurs efforts à contrecarrer les actions du Seigneur des Ténèbres. Ainsi il pourrait informer Maugrey des derniers mouvements connus de Voldemort par l’élite des sorciers (Tout auror savait que les informations confidentielles qu’ils recevaient étaient d’abord filtrée par les politiques avant de leur être délivrée.) et ainsi la censure et les fausses rumeurs ne toucheraient pas le groupe.

Le clan Delacroix était enfin de retour !


Phalange I : Retour...

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