| | | Auteur | Message |
|---|
Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Jagd [12] Dim 17 Juin - 20:50 | |
| Phalange III : Jagd (Chasse) Sariel #1 : Nous renions notre humanité, nous jurons d’oublier la terre qui nous a vu naître, celle qui nous a vu grandir et celle qui nous a vu mourir pour naître grandis. Nous renions notre vie d’antan, nous jurons d’oublier ceux qui nous ont conçu, les amours que nous avons expérimenté et les enfants que nous avons laissé pour naître grandis. Nous renions nos allégeances, nous jurons de briser nos serments, nos vœux et nos promesses pour naître grandis. Nous renions nos noms, nous renions nos vies, nous renions nos maîtres. Nous mourrons et nous naissons car nous sommes les Frères de Sang. Chroniques d'un Frère de Sang - livre I, chapitre 1 [De ce que nous sommes] (1789) D. BélialSariel sentit l’odeur en même temps que ces deux autres Frères qui l’accompagnait. Raguel qui se tenait accroupi à seulement quelques pas de lui déglutit goulûment en se léchant les babines. Ce n’était pas la patience qui caractérisait le plus son Frère aux cheveux blonds : en effet ses yeux trahissait déjà sa gourmandise et son impatience. Sariel ferma son œil unique un moment, reniflant les effluves que l’air apportait à ses narines. Ils étaient quatre… non, cinq. Parfait, se serait simple une fois de plus. Ils avaient attendu des heures, cachés dans sur les toits de ce petit village caché en pleine cambrousse. Aucun d’eux ne savait comment les autres avaient pu prédire que le groupe passerait par là, en fait ils devaient juste attendre et intercepter leurs cibles. Ils ne savaient pas ni qui elles étaient ni ce qu’elles venaient faire là. D’ailleurs Sariel s’en foutait comme d’une guigne. Tout ce qui l’intéressait c’était le bain de sang qui allait en résulter et le battement de son cœur s’accéléra du fait de son excitation croissante. Il rouvrit son œil et jeta un regard de l’autre côté de la rue, sur le toit situé juste en face de lui. Caché dans la pénombre il parvenait néanmoins à distinguer une grosse masse plus sombre que la nuit. Ce colosse s’était Uriel, dit la Montagne. Du haut de ses deux mètres dix, Uriel était de loin le plus puissant en force brute d’entre eux mais aussi et surtout le plus idiot d’entre eux. En effet, la montagne de muscles qu’était son frère n’en égalait que sa déficience intellectuelle. Il était né débile mais les battoirs qui lui servaient de mains s’étaient révélés bien utile à maintes reprises de par le passé. Les sentant s’approcher Sariel se concentra sur l’observation de la rue. Bientôt le groupe passerait par là et c’est à ce moment là que lui et ses frères leur sauterait dessus. « Pas de survivants » avait dit l’autre. Comment s’appelait-il déjà cet homme au teint blafard et aux lèvres serrées ? Bah ! Aucune importance après tout. Il avait faim. Une faim dévorante lui chatouillait les entrailles et c’est tout ce qui importait. Mais avant de se nourrir il ferait souffrir. Oh oui, faire hurler ses victimes c’était tellement bon. Un frisson parcourut tout son corps, il n’y tenait plus. Enfin plusieurs silhouettes se profilèrent à l’horizon émergeant des ténèbres de la nuit. Sariel plissa son œil et observa les visages au loin qui se découpait. Malgré la distance et la noirceur de la nuit il n’avait aucun mal à détailler les traits de chacun des protagonistes qui s’avançaient sur le chemin de pierre. Parmi eux se trouvait trois mâles et deux femelles mais l’odeur colportée par le traître vent lui indiqua qu’au moins l’un d’entre eux était un loup garou. Il scruta la physionomie de chacun avec attention, tachant de déterminer par leur gestuel lequel d’entre eux était-ce. Ce n’était ni la petite femme aux cheveux plaqués sur le front ni la gamine rousse qui se tenait derrière. L’homme qui marchait en tête par contre avait tout du parfait petit loup en cavale : ses robes étaient déchiquetées, de fines cicatrices couraient le long de son visage encadré par des cheveux roux emmêlés. Mais ce qui le trahissait le plus c’était ses yeux. Ils étaient vifs, méfiants, bestiaux et deux grandes cernes venaient les souligner. A son côté un autre habillé en noir, un humain cette fois, et en retrait, quelques pas en arrière un autre loup garou. Sariel sourit intérieurement. Qu’ils approchent encore un peu, juste encore un peu et il activerait la balise de contre transplannage que l’homme de main du Dark Lord lui avait donné. Quand enfin le groupe fut à porter, juste deux étages en dessous d’eux, sa main brisa le tube qui émit un sifflement et il le balança par-dessus le rebord avant de sauter à son tour dans le vide dans un hurlement de joie. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Dim 17 Juin - 21:13 | |
| Raguel #1 : Dans un hurlement de joie Raguel sauta à la suite de son frère du toit de la maison ce qui représentait en gros une chute libre à plus de quinze mètres du sol. Mais pour lui c’était comme enjambé un ruisseau. Un simple jeu d’enfant alors que le sol se rapprochait à une vitesse vertigineuse. Il se réceptionna en fléchissant les genoux dans un lourd « Boum » soulevant la poussière du sentier caillouteux. Il se redressa et se jeta sur la première proie qui passa à sa portée. L’empoignant par le col il la plaqua contre le mur en prenant soin de bien lui enfoncer son autre poing entre les côtés. L’individu gémit, vacilla, mais tint bon. Il chercha à s’emparer de sa baguette mais vif comme l’éclair Raguel intercepta sa main et la tordit. Le sorcier hurla lorsque son membre émit un craquement sourd. Son bras retomba mollement sur son flanc, désarticulé. Il se retourna pour voir où en était ses Frères. La Montagne avait immobilisé la femme aux cheveux plaqués et le garou aux cicatrices et les tenait désormais à bout de bras sans trahir le moindre effort apparent comme s’il ne s’était agit que de vulgaires fétus de paille. Sariel, son frère borgne se dressait au-dessus de l’autre garou, un genou en travers de la gorge. La baguette du sorcier gisait à terre, en trois morceaux. Sariel se tourna vers lui et aboya : « Raguel, la gamine s’est cassée par là. - Et alors ? J’ai choppé ma proie j’ai envie de me la faire tout de suite. Pas envie de courir derrière une morveuse. - L’Homme en noir a dit… » Raguel soupira. « Ouais, ouais, on doit tous les capturer et les interroger avant de les bouffer. » Il ne fallait pas discuter avec les ordres de l’Homme en noir. Lui désobéir c’était comme désobéir au Dark Lord en personne. Il s’élança sur les traces de rousse dans la direction que lui indiquait Sariel. Il était dos au vent, il ne pouvait donc pas la suivre à l’odeur. Il se concentra alors sur les bruits que produisait chacun des pas de la jeune sorcière. Il quitta le chemin de pierre et bifurqua vers la forêt. Au bout de quelques secondes il arriva à distinguer la respiration saccadée de la jeune fille. Elle n’était plus très loin. Peut-être une dizaine de mètres. Il accéléra voulant mettre un terme à cette chasse le plus vite possible. Au détour d’un buisson il l’aperçut enfin, courant entre les arbres. Il força encore le pas mais la sorcière jeta un œil par-dessus son épaule et l’aperçut, se rapprochant inexorablement d’elle. Un sort fusa. Jurant, il l’évita de justesse tandis qu’un autre trait passait en sifflant au-dessus de sa tête. Il ne pouvait plus s’approcher de trop près sinon il n’aurait pas le temps d’esquiver les jets mortels que lui lançait la magicienne. Il la pourchassa sans oser trop se montrer pendant plusieurs minutes. Malgré la grosse envie qui lui tenaillait les tripes de stopper net et de retourner fouailler les entrailles de son autre victime, il savait que la sorcière se fatiguerait bien avant lui. Enfin il la vit s’arrêter avant de se tourner vers lui. Il sortit de la forêt et se retrouva en face d’un à pic. Elle était coincée. Son visage était couvert de sueur, plusieurs branches lui avaient griffé les bras arrachant des bouts de peau et elle était si essoufflée que son haleine empestait… Empestait une odeur de déjà vu. - Allez petite, it’s over. T’as perdu. La morveuse fronça ses petits sourcils dans une grimace de colère, ses cheveux défaits lui balayaient le visage. Elle tremblait sous la brise. - Si vous m’approchez je vous tue. - Peuh ! Que dalle, ouais ! T’as nul part où aller, t’es coincée. Raguel passa une main dans son costume. Lorsqu’il la retira il y tenait un revolver. Je t’aurais explosé avant que tu ais le temps de lancer le moindre de tes petits sorts de merde.La jeune fille hésita mais contrairement à tout le reste de son corps sa main ne tremblait pas. Elle ne devait pas avoir plus de dix-huit ou dix-neuf ans et déjà elle semblait avoir déjà affronté la mort à maintes reprises. Elle jeta un œil par-dessus son épaule. La falaise s’élevait à plusieurs centaines de mètres de haut et seul la cime des arbres était visible en bas. Raguel estima que même lui s’y briserait le corps s’il en venait à sauter de là. - Fais pas le héros, petite. Si tu te rends calmement je ferais en sorte que tu ne souffres pas trop avant de mourir. C’était vrai. Il était trop pressé de manger pour prendre plaisir à faire souffrir ses victimes. Sariel lui prenait plusieurs minutes à se délecter des cris de ses cobayes avant de les achever, pas lui. Il fit un pas en avant, le revolver tendu devant lui. La fille esquissa un pas en arrière mais de petits cailloux dégringolèrent et elle s’arrêta, tendue, une sorte d’appréhension sans nom paraissait sur son visage. Une odeur de peur mêlée néanmoins de courage. Une odeur qu’il était sûr d’avoir déjà senti quelque part. Soudain elle brise le silence : - C’est… C’est bien vous qui avez tué mes parents ? - Tes parents ? T’es qui pour croire ça ? - Je m’appelle Susan Bones. C’est bien vous, ceux qu’on appelle les vampires du jour, qui les avez tué ? Raguel éclata de rire. Bones ! Oui c’était bien ça. Il se souvenait maintenant. Lors d’une mission commanditée par l’Homme en noir il avait tué la famille Bones. Il s’était occupé lui-même de la mère de famille. Elles avaient le même regard farouche et le même visage apeuré devant la mort. Son rire s’étrangla dans une petite quinte de toux. Il planta ses prunelles ardentes dans celles de la morveuse et souriant de toutes ses dents déclara, goguenard : « Ouais, c’était nous. » Susan cligna des yeux plusieurs fois, déstabilisée. Raguel profita de son trouble pour bondir en avant. La sorcière ajusta sa baguette, ouvrit la bouche, commença à prononcer la formule d’un sort… et se laissa tomber dans le vide. Raguel atterrit une seconde trop tard à l’endroit même Susan Bones se trouvait. Il vit la jeune fille rétrécir à vue d’œil à mesure qu’elle tombait, sa bouche formant un « O » comme si elle criait… ou bien… Tout à coup sa chute sembla ralentir et Susan resta suspendu en l’air un moment avant d’amorcer une descente en douceur comme si un parachute invisible la retenait. - PUTAIN DE SORCIERS DE MERDE ! Hurla Raguel en tirant vers la jeune fille. Mais déjà elle disparaissait, protégée par les arbres aux hautes branches. Ses tirs se perdirent dans l’immensité de la forêt en contrebas alors que l'écho de son cri et des coups de pistolets se répercutait encore. - Fait chier…Sariel ne manquerait pas de se foutre de sa gueule en lui rappelant qu’il avait laissé s’échapper une simple morveuse lors d’une chasse. Tant qu’à l’Homme en noir, allez savoir comment il réagirait s’il apprenait qu’il en avait laissé filer une. Il rebroussa chemin en marmonnant dans sa barbe. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Lun 18 Juin - 11:51 | |
|  Uriel #1 : Marmonnant dans sa barbe, Uriel boudait. Il ne savait pas pourquoi Sariel était méchant avec lui. Pourtant il avait fait tout comme on lui avait demandé ! D’abord il s’était caché là haut sur cette espèce de montagne aux formes carrées et avait attendu, attendu, attendu… Pour passer le temps tout ce qu’il avait pu faire s’était compter sur ses doigts combien de temps il devait resté caché. Mais arrivé à treize, il avait abandonné : il ne savait pas compter plus loin. Puis, il avait vu les bonhommes qui marchaient vers lui. Là encore il avait attendu comme on lui avait dit, sans bouger, sans faire de bruit. Il devait attendre que Sariel sorte de sa cachette avant que lui aussi puisse sortir. Là encore, il avait fait tout comme on lui avait dit ! Il avait sauté et s’était emparé par le cou de deux bonhommes habillés de robes noires avant de les secouer comme des pruniers tout comme on lui avait dit. Puis Raguel était partit chercher un petit bonhomme qui s’était caché plus loin et il avait lâché les deux bonhommes en attendant que Sariel lui dise quoi faire. Voilà ! Il avait tout fait exactement comme on lui avait dit. Et pourtant ce méchant Sariel refusait qu’il mange les deux bonhommes qu’il avait capturés tout seul. Non mais, ils étaient à lui ses bonhommes ! Si Sariel les voulait il n’avait qu’à les capturer lui-même ! Boudant son Frère, il était allé s’installer au bord du chemin et s’amuser à pousser des petits cailloux du bout du doigt. Uriel commençait en avoir marre d’attendre quand il entendit des pas sur sa droite. Il leva les yeux et découvrit Raguel qui revenait. Il n’avait pas l’air content. Sariel avait été méchant avec lui aussi ? - Hey, la Montagne ! L’apostropha-t-il. Qu’est-ce tu fous ?Uriel croisa ses gros bras sur son poitrine et fit la moue : « Sariel est méchant. Je voulais manger le bonhomme mais lui il m’a dit non. Dis, je peux le manger maintenant ? » Plein d’espoir il regarda son Frère approcher mais il ne reçut en retour qu’un rire moqueur et Raguel le dépassa sans lui adresser un regard de plus. Malgré tout Uriel souleva sa propre masse et se mit à trotter derrière Raguel. Il ne sembla même pas le remarquer. De toute façon Raguel ne le remarquait presque jamais. « Je veux le manger. » Persista-t-il. Il n’obtint aucune réponse. Ils arrivèrent au niveau de Sariel. Celui-ci avait attaché les quatre bonhommes les uns à côtés des autres. Trois d’entre eux semblait endormi, le dernier les dévisageait d’un air hagard. Uriel avait très envie de le manger mais il se contenta de rester derrière Raguel se dandinant d’un pied sur l’autre. Sariel leva les yeux vers Raguel mais n’esquissa pas le moindre geste vers Uriel. - Alors ? Ne me dis pas que tu la bouffée sur la route quand même !- Ta gueule ! Putain de magiciens… Cette chieuse m’a filé entre les doigts.Sariel le regarda incrédule avant d’éclater de rire. - Sans déc’ ? Putain la honte. Kkk kkk !- Tu oublies un détail, mec. Si on élimine pas la fille, l’Homme noir ne va pas être satisfait… Et avec son fuckin’ pouvoir il sait quand on lui ment.- Ah… Ouais c’est embêtant. Merde.Uriel ne comprenait pourquoi ses Frères n’étaient pas contents. Il compta avec ses doigts : il y avait quatre bonhommes en tout et ils étaient trois donc il y en avait assez pour tout le monde ! Pourquoi devraient-ils partager avec d’autres ? Personne ne les avait aidé. Il s’éloigna de quelques pas laissant Raguel et Sariel débattre entre eux. Il savait que quand ses Frères étaient comme ça il ne fallait surtout pas les déranger sinon ils lui crieraient dessus. Lui il se contentait de faire tout comme on lui disait. Quand ils voudraient bien de lui, ils l’appelleraient. Il regarda les cinq petites montagnes où il s’était caché. Il savait que dedans des bonhommes s’y réfugiait. Personne ne lui avait interdit de manger qui que se soit là dedans. Il s’approcha de la plus proche et avec sa grosse paluche tourna la poignée de l’entrée d’une grotte à bonhomme. Elle résista. Jetant un œil craintif vers ses Frères, il vit que ceux-ci se chamaillaient violement. Bien, il le laisserait tranquille comme ça ! Et tant pis pour eux s’il ne leur laissait rien à manger. Uriel ploya un genou, posa ses mains à plat sur la porte et poussa. D’abord rien ne se passa puis de légers craquements se firent entendre et des fissures apparurent sur le bois. Au loin, un Ouaf Ouaf aboya. La Montagne n’y prêta aucune attention, trop concentré sur la porte. Enfin celle-ci céda emportant les gongs avec elle et la porte s’étala de tout son long dans un vacarme assourdissant. Les voix de ses Frères se turent et ils levèrent comme un seul homme le bout de leur museau. Sariel le foudroya du regard : « Abruti ! Viens ici de suite ! T’es vraiment qu’un gros tas débile… » Uriel baissa les yeux devant les reproches de son frère et murmura entre ses dents quelque chose qu’on pouvait interpréter comme un « Pardon. » Mais déjà Sariel et Raguel ne le regardaient plus. Ils avaient l’air anxieux et fixaient les montagnes derrière lui. Uriel se retourna et vit que des petits soleils s’étaient allumés devant l’entrée des grottes. Raguel dit un gros mot et Sariel se contenta de secouer la tête. - Je peux les manger ceux-là ?- Non ! Tu la boucles et tu fais ce qu’on te dit. Sariel se tourna vers Raguel : On n’a plus le temps de rester glander ici. Il faut les ramener au camp vite fait.Raguel hocha la tête et indiqua à Uriel deux des bonhommes du doigt : - La Montagne, tu portes ces deux là, nous on s’occupe des deux autres.- D’acc o dac… Mais je pourrai les manger après ?Son Frère ne répondit pas. Uriel haussa les épaules et chargea les deux corps chacun sous un de ses bras musculeux sans le moindre effort. Quant aux deux autres, Sariel et Raguel les chargèrent sur leurs épaules et commencèrent à courir vers la mer d’arbres. Uriel les suivit à petites foulées : ses Frères étaient si petits et courait si lentement que pour une fois il pouvait facilement les dépasser. Mais il n’avait pas envie de se perdre dans la mer d’arbres. Il avait trop peur du grand méchant loup qui se cachait dedans. Et surtout, il ne voulait pas tomber seul sur le Bonhomme en noir qui accompagnait toujours le grand méchant loup… Alors que des cris retentissaient derrière lui, les trois silhouettes disparurent, s’enfonçant dans les profondeurs de la nuit. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Lun 18 Juin - 21:47 | |
|  Sariel #2 : S’enfonçant dans les profondeurs de la nuit, il pénétra dans le couvert de la forêt. Le corps qu’il transportait était lourd mais il parvenait néanmoins à courir. A son côté, Raguel semblait avoir moins de mal. Des trois, Sariel était le moins fort, heureusement il compensait ses lacunes par d’autres talents. Derrière il entendait le pas lourd d’Uriel qui portait à lui seul deux des prisonniers. Ils s’étaient enfuis plus vite possible et il espérait que personne ne se mettrait à leur poursuite. Oh bien sûr à la course personne ne pouvait les rattraper mais les marques laissées sur le sol seraient certainement assez éloquentes pour que même un aveugle arrive à les suivre. Si quelqu’un se risquait à les prendre en chasse, il n’en reviendrait pas vivant. L’ordre des SangDragons, ou des Frères de Sang comme il se plaisait à l’appeler en dérision du mot « Frère » qu’ils utilisaient pour désigner chacun de leur membre, n’avait pas survécu tant d’années dans l’anonymat pour qu’une simple bavure de ce balourd d’Uriel vienne révéler leur existence. Les trois complices suivirent le chemin du retour en obliquant par-ci, faisant des détours par-là pour détromper les éventuels poursuivants. Enfin, quand ils se furent assez éloignés pour être sûr de ne pas être dérangé tout le temps qu’ils resteraient au campement ils débouchèrent dans la clairière qui leur servait de quartier général pour cette mission. Quelqu’un les attendait, encapuchonné dans un manteau rouge. L’être ne releva même pas la tête. Ils les avaient sûrement entendu arriver depuis un bon moment. Sariel déposa son fardeau au pied d’une souche d’arbre déracinée et souffla un peu. Il commençait légèrement à fatiguer. Normalement il pouvait courir bien plus longtemps sans poids de soixante-dix kilos sur les épaules. - Vous êtes en retard. Dit l’homme habillé en pourpre en relevant enfin la tête, révélant deux pupilles rouges qui luisaient, seule partie du visage qu’on distinguait dans les plis du capuchon. Raguel éclata de rire : « Un Frère de Sang n’est jamais en retard. - Ah si, tu es à la bourre… Tu as vu l’heure ? - On a eu un léger problème. Une proie s’est échappée. - Mmh… Vous avez le loup garou et la sorcière ? - On a deux garous et une sorcière va savoir si c’est la bonne. On n'a pas eu le temps de les interroger à cause de ce gros con qui nous sert de frangin. » Fit Sariel en pointant un doigt accusateur vers Uriel. L’individu se leva et inspecta les visages de chacun des prisonniers. Il hocha la tête lorsqu’il étudia les traits de la femme, passa rapidement devant le sorcier mais son examen des deux loups garous dura plus de temps. Secouant la tête il demanda : « Lequel d’entre vous est Remus Lupin ? » Le premier garou était toujours dans un état comateux mais le second semblait avoir repris un peu de poil de la bête. Il foudroya le Frère du regard. - Si vous croyez qu’on va vous le dire !Sariel émit un sifflement sardonique. - Remiel, si tu veux je peux lui ouvrir les boyaux pour qu’il nous réponde.- Non. On doit livrer la marchandise en bon état. C’est ce que le Dark Lord a commandé. Il lui faut Nymphadora Tonks et Remus Lupin vivants. On doit éliminer les autres, mais je dois être sûr que se sont bien eux. Sariel hocha la tête. Son Frère représentait l’autorité parmi eux. Le sorcier qui avait entendu se recroquevilla un peu plus sur lui-même. Sariel n’avait certes qu’une envie : c’était de lui ouvrir le ventre et de le débiter en petits morceaux tout en se délectant des cris de douleur de l’humain. Pourtant il se retint. La Montagne n’avait cessé de leur récolter des ennuis depuis le début : il fallait le nourrir avant qu’il ne devienne trop incontrôlable. Il laissa donc à regret le soin du sorcier à Uriel, qui, dans un rire tonitruant, s’empara du malheureux avant de s’éloigner à grands pas hors de la clairière pour s’enfoncer entre les troncs noirs des arbres noirs de la nuit. - Que fait-on maintenant ? S’enquit-il. - Nous patientons. L’Homme en noir, Greyback et que sais-je encore devraient bientôt nous rejoindre. Eux, seront en mesure de savoir lequel est Remus Lupin.Soudain un cri d’agonie retentit dans la nuit. Des corbeaux, réveillés par le bruit, s’envolèrent de leur perchoir en criaillant. Des simples tâches noires sur un fond noir. Sariel enviait Uriel. Lui avait droit à son festin. Combien de temps devrait-il encore attendre pour avoir le sien ? Bien sûr Raguel se trouverait priver pour aujourd’hui puisqu’il avait laissé filer une proie. Il était donc sur de manger ce soir. Mais si seulement l’Homme en noir pouvait se bouger le cul et arriver plus vite ! Uriel ne tarda pas à émerger du sous-bois, les vêtements souillés par le sang. Sariel renifla de dégoût. - Essuie toi au moins la bouche après manger ! T’as la tronche d’un prêtre rouge comme ça.Uriel obéit en passant une de ses grosses mains sur ses lèvres et rota. « Bon miam miam ! » dit-il joyeusement en rejoignant le cercle que formait ses Frères au centre le petite clairière. - Je peux aussi avoir les autres ? - Non, Uriel. Tu risques de grossir sinon…Raguel éclata de rire, toussa et cracha une glaire. - Bordel, qu’est-ce qu’ils foutent ?Personne ne répondit et l’attente s’éternisa. On avait instauré un tour de garde et chacun devait veiller sur les prisonniers pendant son quart de la nuit. Raguel avait pris le premier, puis se serait au tour de Remiel et enfin a lui. Sariel s’était donc couché et endormi comme une masse à peine après s’être roulé dans sa fine couverture. On n’avait pas allumé de feu pour que les habitants du hameau ne les repèrent pas à cause de la fumée. Par conséquent la température était glaciale, tombant entre -10 et 0°C. Pourtant Sariel se réveilla en ayant l’impression que la température baissait de plus en plus et de plus en plus vite. Il se redressa, les sens en alertes et renifla les alentours. Une odeur de mort enveloppa ses narines. Dans son sommeil Uriel se retourna en gémissant lamentablement. Remiel était déjà debout et observait l’impénétrable masse d’arbres. - Ils arrivent.Tout autour de Sariel se recouvra de gel comme si le sol était fait de cristal et il sentit ses pensées et ses fantasmes les plus fous s’envolés de sa tête. Il n’arrivait plus à penser correctement. Tout ce qu’il parvenir à retenir c’était la déception dans la voix du Father. La pénible et triste voix de Vaan résonnait à ses oreilles, encore et encore, l’enfouissant dans un tourbillon d’angoisse et de doutes. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Mar 28 Aoû - 13:36 | |
|  Raguel #2 : Un tourbillon d’angoisse et de doutes s’empara de lui alors que des silhouettes encapuchonnées pénétraient une à une dans la clairière, silencieuse comme des ombres, car ombres elles étaient. Il avait prit le premier tour de garde mais il n’avait senti les choses venir que lorsqu’il avait senti la température chuter vertigineusement. Ces choses n’avaient pas d’odeur. Elles ne sentaient même pas la mort, elles qui pourtant la semaient là où elles passaient. Il détestait ça, oh qu’il détestait toutes ces sorcelleries ! Il se rapprocha de Remiel et Sariel qui s’étaient mis debout. Uriel continuait à gémir comme un chien pendant son sommeil tout en tremblant. C’est alors qu’il apparu. L’Homme en noir, drapé dans son manteau couleur de nuit, un capuchon rabattu sur le visage cachant ses traits. Seuls quelques mèches de cheveux noirs comme le charbon dépassaient de l’ensemble. Raguel vouait une haine féroce à cet homme. Pas seulement parce qu’il était un sorcier au service du Lord des Ténèbres mais parce que la rumeur courait qu’il pouvait lire dans les pensées. Or, pour Raguel son esprit était la chose la plus sacrée au monde – après la nourriture bien sûr. Les choses noires encapuchonnées se positionnèrent tout autour de la clairière, formant un grand cercle dans lequel se trouvaient les quatre Frères de Sang et l’Homme en noir. Celui-ci s’approcha d’un pas. - « Alors ? Vous les avez arrêtés ? » Une voix froide, dure et maîtrisée. Raguel ne dit pas un mot. Il était trop occupé à s’empêcher de trembler. Il ne comprenait pas pourquoi il ne parvenait pas à rester calme. A chaque fois qu’il était en présence des créatures noires il était comme un petit bébé sans défense. Il détestait ça autant que l’Homme en noir. Remiel s’avança lui aussi d’un pas. La tête haute, le dos droit, les épaules tendus, il ne semblait presque pas ressentir la présence des créatures. - « Nous les avons intercepté là où vous nous l’aviez indiqué mais il y a une qui nous a filé entre les dents. - Qui donc ? » Raguel aurait préféré que son frère ne révèle pas ce petit détail. Mais peut-être l’Homme en noir le savait-il déjà après avoir lu dans son esprit ? - « Je ne connais pas son nom mais nous avons ceux que vous nous avez dit de garder en vie : le loup-garou Remus Lupin et l’auror Nymphadora Tonks. » Il fit un geste de la main en direction des trois prisonniers qui s’étaient eux aussi réveillés. La peur se lisait dans leur regard. - « Je croyais vous avoir dit de faire particulièrement attention à ceux-là. Pas de tuer les autres. Ils étaient cinq, j'en voie trois et vous en avez laissé échappé une. Où est passé le dernier ?» La voix s’était faite un peu plus menaçante. Remiel haussa les épaules avec tellement de désinvolture que Raguel ne put s’empêcher de l’admirer pour son courage et son sang-froid. En règle générale, lorsque quelque chose le dérangeait il préférait le tuer et ne plus en parler. Manque de bol, si jamais il se mettait l’Homme en noir sous la dent, l’armée de créatures n’hésiterait pas à lui voler son âme. Le silence retomba pendant un long moment. Raguel savait que Remiel et l’Homme en noir s’affrontaient dans une bataille de nerf. Au bout d’un moment l’Homme en noir émit un grognement dédaigneux et se tourna vers les trois prisonniers. - « Lupin, qui était la fille avec vous ? - Si tu crois que je vais te le dire, sale traître ! » Il cracha par terre en foudroyant l’homme du regard. - « Ce n’est pas grave Lupin. Je vais aller me servir dans votre esprit. » Un long frisson parcourut l’échine de Raguel, et ce n’était pas à cause du froid ! Alors cet homme pouvait vraiment lire les pensées ? Le monde sorcier le dégoûtait. Où était la vie privée dans tout ça ? Le loup-garou ne sembla rien ressentir puis, au bout d’un pénible moment, il tomba à la renverse en se tordant de douleur. L’Homme en noir s’avança dans sa direction d’un pas impérieux. - « Oui, oui… Je vois. Bones. La petite Susan Bones, c’est elle. » Sa voix profonde était inquiétante, d’autant plus que son capuchon cachait son visage. On aurait dit la mort en personne accompagnée de ses loyaux serviteurs avaleur d’âmes. Remus Lupin continuait à se tordre de douleur, probablement sous la pression qu’exerçait l’autre sur son esprit. Il poussait des cris de douleur atroce et était secoué de violents spasmes. Son dos s’arc-boutait à l’extrême, menaçant de rompre sa colonne vertébrale. Et puis tout s’arrêta. Repus Lupin cessa brusquement de bouger et il s’aplatit brutalement sur le sol. L’Homme en noir se retourna vers Remiel. - « Trouvez-moi Susan Bones. Les anciens membres de l’Armée de Dumbledore et de l’Ordre du Phénix doivent tous être éliminés. - Et on fait quoi de ces trois là ? » L’Homme en noir resta muet un moment. - « Je m’en occupe Remiel, je m’en occupe personnellement. - Comme vous le voudrez… Snape. » D’un geste l’Homme en noir fit léviter les trois corps à une cinquantaine de centimètres au-dessus du sol. Il tourna une dernière fois la tête en direction des Frères de Sang avant de disparaître dans la forêt suivie par son armée d’ombres. Une fois que tout fut redevenu normal Remiel se tourna vers Raguel. Celui-ci déglutit lorsqu’il rencontra son regard. - « Tu vas arranger tes conneries en me faisant le plaisir de retrouver cette sorcière. Prend Uriel avec toi. Moi je retourne avec Sariel au point de rendez-vous. Raphaël m’a contacté. Apparemment il y aurait un problème avec Père. - Un problème ? Tu veux dire qu’il est… ? - Je ne sais pas. Ce qui m’inquiète le plus c’est la sécurité de ses enfants. Tu as faillit manger sa grande fille, c’est un cadeau que je te fais en te demandant de chercher cette Susan Bones au lieu de venir avec moi. - O… Ouais. » Un nœud se forma au creux de l’estomac de Raguel. Il avait faillit bouffer la fille de Père. Il en faisait encore des cauchemars. Il baissa les yeux sur Uriel qui ronflait à nouveau comme une locomotive. Pourquoi devait-il se le taper en plus ? Il lui balança un coup de pied bien senti dans les côtes. Uriel poussa un hurlement en se redressant, les larmes aux yeux. - « Aïïïïïe ! Pourquoi tu m’as fait mal, vilain ? - Ferme-là gros tas et lève-toi. On se tire d’ici. - On va manger ? » Raguel soupira. Rien d'autre ne pouvait motivé son dégénéré de frère. - « Ouais, c’est ça. On va se faire une petite bouffe… » - « Youpi ! » Cria la Montagne tout content. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Ven 31 Aoû - 16:55 | |
|  Uriel #2 : _ « Youpi ! » Cria la Montagne tout content. Il venait de trouver des petits bonbons rouges accrochés aux branches d’un petit arbre et il se préparait à les déguster. Il était aussi content parce que le méchant Raguel ne lui avait rien donné à manger comme il l’avait promis. Il prit délicatement entre ses gros doigts une petite grappe de bonbons et l’avala aussi sec en emportant avec une bonne dizaine de feuilles. Ce n’était pas grave. Les feuilles c’était bon aussi. Il se préparait à en prendre une autre poignée quand son Frère l’appela. _ « Hey ! Gros tas ! Lâche ça et rapplique plutôt ici. T’as pas compris qu’on cherchait une jolie jeune fille bien dodue ? _ Je veux manger. » Uriel se détourna pour retourner à son arbre. Il avait faim, Raguel attendrait puisque ce vilain lui avait menti. Il voulait manger tout de suite. Il entendit des pas derrière lui. Il fit comme s’il n’entendait rien et se mit à chantonner une comptine. _ « Un, deux, trois, je m’en vais aux bois… _ Uriel. _ Quatre, cinq, six, cueillir des bonbons… _Uriel ! _ Sept, huit, neuf, pour les manger… _ Espèce de grand tas de merde dégénéré, regarde-moi quand je te parle ou je te frappe ! » Uriel s’arrêta en plein élan, la main tendue vers une nouvelle grappe. Le Montagne de muscle se retourna vers son Frère qui faisait trois têtes de moins que lui. _ « Tu ne vas pas encore me faire bobo ? » Raguel poussa un gros soupir et lui jeta un regard vilain. _ « Oui je vais te faire très mal si tu ne m’écoutes pas. Remiel a dit que tu devais m’écouter. Et si, tu ne lui obéies pas il le dira à Père. » Uriel se mit à trembler. Papa le gronderait s’il ne faisait pas ce qu’on lui disait ! Papa était gentil souvent mais parfois il était le plus méchant quand Uriel n’obéissait pas. Alors évidemment Uriel allait obéir et Papa serait gentil et content. La Montagne suivit donc son Frère sans bruit. Ils marchaient déjà depuis trois jours à la recherche de la jolie jeune fille dodue. Uriel s’en fichait que la fille soit jolie et jeune tant qu’elle était dodue, lui ça lui allait. Il n’était pas difficile à satisfaire en matière de femme. _ « On arrive quand ? _ Ferme ta gueule. Tu m’empêches de me concentrer. Avec toute la neige qui est tombée hier, l’odeur est devenue moins distincte. » Raguel se mit à renifler comme un ouaf-ouaf. Ils en avaient pour des heures encore à chercher. Uriel savait que Raguel était nul au jeu de cache-cache. Si la jolie jeune fille dodue était bien cachée, jamais son Frère ne la trouverait. Comme il n’avait rien d’autre à faire, il se mit à observer le paysage tout en marchant. Ils étaient encore dans la forêt – un endroit avec plein plein d’arbres – mais la neige avait tout recouvert et Uriel trouvait ça très joli. Tout était brillant comme des petits morceaux de cristal. Mais bon, à part du blanc froid et blanc il n’y avait pas grand-chose à voir et il s’en lassa très vite. Ils arrivèrent près d’une paroi abrupte quand Raguel stoppa brutalement sa marche en fronçant les sourcils. Il renifla plusieurs fois. Uriel fit de même et éternua bruyamment. L’odeur des arbres lui piquait le nez ! _ « Ssssht ! » siffla Raguel. « Je sens un truc. _ C’est à manger ? _ Mets-la en veilleuse. L’odeur est faible mais c'est par ici qu'elle a attérit. Ca veut dire que la gamine est bien vivante. S’il y avait un cadavre dans les parages je l’aurai senti il y a un bon moment. Mais avec cette putain de neige, impossible de suivre les traces. » Uriel haussa ses épaules massives tout en se tortillant les doigts. Il trépignait d’impatience. La chasse commençait enfin vraiment. Ils avaient marché longtemps mais maintenant que son Frère avait repéré quelque chose, il sentait monter en lui une terrible envie de déjeuner. Un déjeuner de chair et de sang. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Dim 2 Sep - 10:50 | |
|  Sariel #3 : Un déjeuner de chair et de sang, voilà de quoi il rêvait secrètement pendant qu’il suivait Remiel sans mot dire. D’après son Frère, il y avait une sorte de ‘‘réunion’’ de famille. Raphaël – ou Scarface comme Sariel l’appelait avec Raguel – aurait soi-disant des nouvelles inquiétantes au sujet de Père. Bah, il avait peut-être attrapé le rhume des foins ? Les deux SangDragons s’engouffrèrent sous l’arche de pierre noire. C’était un vieux château abandonné au milieu de nulle part. L’endroit était assez bien choisi en vue des circonstances : des corbeaux menaient un ballet funeste au-dessus des tours branlantes du fort. Noires ailes, noires nouvelles, se souvint le Frère de sang en les regardant s’agiter comme des vautours et criailler entre eux. Ils suivirent un chemin de pierre couvert de boue et bordé d’herbes folles qui montait jusqu’à mi-cuisse. Puis, Remiel emprunta un passage dérobé derrière un imposant escalier. Sariel le suivit après avoir jeté un dernier regard suspicieux derrière lui. Ils se retrouvèrent dans les ténèbres du château. Sariel cligna de son œil unique plusieurs fois pour s’habituer au changement de luminosité. Bientôt il put distinguer l’ombre de son Frère marchant dans le noir. Il lui emboîta le pas, les détails de la salle se faisant de plus en plus vifs de secondes en secondes. _ « C’est encore loin ? » s’enquit le borgne. _ « Non. Je sens sa présence toute proche. Il est tellement faible qu’il ne parvient même pas à masquer totalement son odeur. » Remiel écarta les bras. « Montre-toi Raphaël ! » Sariel entendit un bruissement sur sa droite. Il plissa son œil en quête du moindre mouvement. Un instant plus tard, une silhouette portant un lourd manteau se détacha dans la pénombre. C’était bien Raphaël, le plus faible d’entre eux, le plus décevant selon les dires de Père. Il s’avança d’un pas lent vers les deux Frères et s’arrêta environ à deux mètres de distance d’eux. Leurs deux paires et demi d’yeux rougeoyèrent sinistrement. _ « Raphaël. _ Remiel. Zariel. » Sariel grogna. En plus d’être faible, Raphaël n’arrivait même pas à prononcer son nom correctement. Mais après tout c’était normal lorsqu’on avait des dents de requin… _ « Ze zuis venu vous remettre un mezage de la part de notre Maître. » L’homme farfouilla dans son manteau pendant plusieurs secondes avant d’en sortir un petit rouleau de papier entouré d’une bande de feutre rouge et scellé par un sceau de cire. Sariel observa le sceau. Assurément c’était bien celui de Père. Il représentait un oiseau – peut-être un phénix – qui tenait une croix dans son bec, un soleil était dessiné à gauche et une lune en croissant à droite. Aucun doute là-dessus, Père avait écrit ce message. _ « Ze zont les nouvelles conzignes que vous devrez appliquer à partir de maintenant. » Il donna le parchemin à Remiel qui le décacheta. Sariel n’essaya même pas de le lire. Tout cela ne l’intéressait que vaguement. Lui, il préférait faire de bons repas pendant que ses victimes hurlaient de douleur en se voyant lentement amputé morceau de chair par morceau de chair. Il se tourna vers Raphaël. _ « J’espère au moins qu’il y aura de quoi nous mettre sous la dent. _ J’en doute. Nous sommes en pleine crise de notre côté. C’est assez stressant. _ T’as qu’à tuer quelqu’un pour te défouler. » Raphaël eut un reniflement de mépris pour son Frère. _ « Kk ! Je ne tue jamais par plaisir. _ Tu devrais essayer une fois. » Répondit Sariel en haussant les épaules. _ « Père tolère ton penchant pour les meurtres c’est vrai mais fais attention, tu marches sur une pente dangereuse. A trop vouloir jouer à ce petit jeu, tu vas finir par glisser et tomber tout au fond de l’abîme. » Il ne comprenait vraiment rien à son Frère. En plus ils ne se ressemblaient même pas physiquement. Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure, en parlant de nez, celui de Raphaël était imposant et tordu. Rien avoir avec le sien qui était fin et droit. Il ne méritait tellement pas d’être un SangDragon. _ « Mmh… Je vois. » Sariel sursauta en entendant la voix de son autre Frère. Il l’avait quasiment oublié. Raphaël baissa aussi la tête vers lui. Les deux hommes se regardèrent droit dans les yeux. Sariel déglutit péniblement quelque chose ne plaisait pas du tout à Remiel. Certes il avait toujours le visage calme et inexpressif de d’habitude, mais il émanait de sa personne une aura de danger imminent. _ « Il est hors de question que j’abandonne ma mission auprès du Seigneur des sorciers. _ Père ne te laize pas le choix. Je te ramènerai de forze z’il le faut. » Chacun d’eux reculèrent de quelques pas pour s’éloigner l’un de l’autre. Sariel voyait que tous les muscles de Raphaël étaient tendus à l’extrême, prêt à bondir sur Remiel. _ « Je ne te conseille pas d’essayer la force. Ma place auprès du Seigneur des sorciers me convient parfaitement. Il est clair que maintenant nous sommes certains que c’est lui qui remportera la victoire. J’ai appris que leur directeur des aurors avait disparu. Ce n’est plus la peine de jouer sur les deux tableaux. » Les deux Frères s’observaient mutuellement, chacun d’eux savaient que le premier qui ferait un faux pas allait au devant de graves ennuis. Ils se tournaient autour comme les corbeaux à l’extérieur. Noires ailes, noires nouvelles. _ « Z’est un ordre de Père, je te rappelle. Il ne z’agit plus de choisir le camp vainqueur pour allié mais d’azurer notre zurvie. Père ze meurt. Nous avons été trahi par Michel et Jean. _ Jean ? _ Il z’agit d'Adam. Le propre filz de chair de Père. _ Aaaah ! Lui. Je me souviens maintenant. Jean Delacroix, c’est ça ? J’ai d’abord cru que je rêvais lorsque je l’ai rencontré en Roumanie. C’était un homme qui vivait avec sa femme et ses enfants dans un coin reculé. Je me suis dit que se serait amusant si je laisser Sariel s'occuper de lui pour le pousser à s’éveiller. Je ne savais pas qu’il était aussi le fils de Père. Dire qu’on a aussi rencontré la fille. _ Mais oui je me souviens moi aussi ! » s’exclama soudainement Sariel. Il se remémorait l’homme aristocratique qu’ils avaient rencontré deux ans plus tôt, peu après qu’ils soient rentrés au service de Voldemort. _ « Ouais ce type était un sacré numéro. Il a buté sa femme lors de son éveil et s’est tiré avec ses gosses. Il est encore en vie ? Tiens donc. _ Z’est lui qui a attaqué Père. » Sariel ne parvenait pas trop à imaginer ce Jean en tueur. Il lui avait montré comment procédait un Frère de Sang lorsqu’il était en chasse. Mais lorsque Sariel avait commencé à éplucher sa victime encore consciente, l’autre s’était mis à vomir. Décevant. Mais le choc avait été assez fort pour susciter en lui l’appel de la faim et il s’était éveillé. Ensuite Jean était rentré chez lui. Sariel avait entendu les hurlements à l’autre bout du petit village. Des hurlements inhumains. D’accord Jean avait tué cette fois-ci, mais il avait disparu et Sariel avait conclu qu’il était devenu fou comme tant d’autres Frères de Sang avant lui. Dès lors sa mort n’aurait été que plus rapide. Guère plus d’un mois ou deux. Mais au lieu de cela Jean semblait avoir bien passé le cap et s’il devait en croire les dires de Raphaël, il les avait tous surpassé en fourberie. Jamais il n’était venu à l’esprit de Sariel de ne toucher ne serait-ce qu’un cheveu de Père. C’était pas mal pour un gamin de trente ans. _ « Cela ne m’est que de peu d’importance. Je ne reviendrai pas sur mes engagements auprès du Seigneur noir. _ Et tes engagement envers Père ? » répliqua Raphaël avec colère. « Ze zont tes vrais engagements. Ils prévalent zur tous les autres. Chacun d’entre nous le zait parfaitement ! Tu as oublié le Pacte ?
Nous renions notre humanité, nous jurons d’oublier la terre qui nous a vu naître, celle qui nous a vu grandir et celle qui nous a vu mourir pour naître grandis. Nous renions notre vie d’antan, nous jurons d’oublier ceux qui nous ont conçu, les amours que nous avons expérimenté et les enfants que nous avons laissé pour naître grandis. Nous renions nos allégeances, nous jurons de briser nos serments, nos vœux et nos promesses pour naître grandis. Nous renions nos noms, nous renions nos vies, nous renions nos maîtres. Nous mourrons et nous naissons car nous sommes les Frères de Sang.
Z’est za que nous zommes en premier ! _ Et alors ? Je ne suis pas le premier à le briser. Azraël, Samaël, Michel, Adam. La liste commence à être longue. » Un long silence s’abattit dans la salle. Raphaël ne quittait pas des yeux son Frère tout en prenant garde à ne jamais tourner le dos à Sariel. Sage décision pensa celui-ci. Il n’aimait pas Raphaël, il n’allait pas lui faire de cadeau. _ « Pour la dernière fois, je ne renoncerai pas. _ Ainzi, tu nous trahi toi auzi. » Et les deux SangDragons se jetèrent l’un sur l’autre. Les deux ennemis s’écrasèrent au sol dans un sinistre craquement. Leurs corps entremêlés roulèrent sur les dalles, renversant des chaises et une table poussiéreuse sur leur passage. Raphaël attrapa le pied d’une chaise et se mit à frapper le visage de Remiel avec force pendant que celui-ci s’agrippait à son cou. Les deux formes grognaient et hurlaient. Sariel comprit que la fin de la lutte aboutirait sur la mort de l’un ou de l’autre. Il se recula dans un coin de la pièce. Il savait déjà avec certitude qui allait remporter ce combat mais on ne savait jamais. Au moins comme ça, il était tranquille quelque soit le vainqueur. La chaise dont se servait Raphaël éclata en morceau sur la tête de Remiel qui fut projeté violemment en arrière. Raphaël en profita pour se redresser. Il y avait des marques profondes sur son cou et sa respiration était sifflante et difficile, il tentait de reprendre son souffle. Cela permit à Remiel de se relever à son tour. Sa figure était couverte de sang mais son visage n’exprimait toujours aucune émotion. Les regards des deux ennemis se croisèrent une nouvelle fois. Sariel eut l’impression qu’une immense vague d’électricité circulait dans l’air. Il frissonna. Il n’était pas aussi nul que ça pour le combat, Scarface. Raphaël et Remiel sautèrent à nouveau. Cette fois-ci, leurs crocs étaient à l’air. Les dents en forme de celle de requin de Raphaël se refermèrent sur le bras de son Frère tandis que Remiel mordait dans le pectoral. Du sang jaillit, de la chair vola dans les airs. Les deux ennemis étaient plus ou moins à égalité. Couverts de sang de la tête au pied, il était difficile de distinguer qui était qui. _ « Kkkk… Voilà… un moment… que je ne m’étais pas autant amusé. _ Tssss… Abandonne Raphaël. Tu n’as aucune chance de me vaincre. _ Je préfèrerais crever. » S’exclama-t-il en crachant par terre une dent ainsi qu'une bonne quantité de sang. _ « Soit. » Alors les deux ombres convergèrent l’une vers l’autre, pour leur dernière rencontre. (Le dernier de Carca. Snif.)_________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Ven 21 Sep - 20:36 | |
|  Raguel #3 : Les deux ombres convergèrent l’une vers l’autre, pour leur dernière rencontre avant que la nuit tombe. Raguel arriva au point de rendez-vous le premier. Il espérait que la Montagne ne c’était pas perdu pendant que chacun cherchait la jeune Susan Bones de son côté; L’odeur de la fugitive ne cessait de lui hanter les narines sans qu’il parvienne seulement à savoir quelle direction elle avait bien pu prendre lorsqu’elle s’était laissée tomber de la falaise. Il aurait aimé pouvoir lui coller une balle dans la tête avec son arme à feu mais encore fallait-il que cette petite merdeuse sorte de son trou. Il détestait qu’on le fasse passer pour un imbécile et la superbe arrogance de l’Homme en Noir, ce Serverus Snape, n’avait fait qu’empirer les choses. Plusieurs minutes s’étaient écoulées quand enfin l’énorme masse de muscles sur patte émergea des profondeurs des bois, la bouche barbouillé de sang. Raguel se permit pendant un instant de croire que son monstre de Frère avait trouvé et mangé la jeune fille, ainsi leur boulot serait terminé et ils pourraient revenir à Londres rapidement pour la suite des opérations. Malheureusement il se rendit bien vite compte qu’Uriel n’était pas assez malin pour coincer la sorcière. Et puis il aurait été encore plus humilié si cet imbécile avait réussi là où il avait plus que lamentablement échoué. _ Qu’est-ce que tu as mangé encore ?_ Un chien tout noir avec de grands yeux, de grandes oreilles et de grandes dents ! Mais il était très très miam !Raguel se retint de frapper son Frère au visage. Il n’avait pas de tems à perdre avec ces putains de loups qui grouillaient dans la forêt et encore moins ces foutus loup-garous qu’il avait, ses frères et lui, capturés un jour plus tôt. _ Tssss… C’est pas possible, où est-ce qu’elle a bien pu aller ?La neige qui était tombée ne révélait aucune trace et l’odeur diffuse mais persistante prouvait que la fille était bien là, quelque par, perdue dans cette immense verdure. Le Frère de Sang leva les yeux vers la cime des sapins, là où les branchages étaient si emmêlés qu’on y voyait presque pas les rayons du soleil. Non, elle ne pouvait pas être là-haut, elle aurait laissé tomber des feuilles et des brindilles et il l’aurait aussitôt remarqué. Il se retourna vers ma falaise et la scruta attentivement de ses grands yeux rougeoyants. Il y avait quelque chose qui clochait. Malgré la pénombre il distinguait assez bien les contours des rochers et des talus qui tapissaient le flanc de la falaise. Son regard se posa soudain sur une anfractuosité qui semblait plus obscure que les autres. Il plissa les yeux et comprit aussitôt. _ La petite merdeuse ! S’écria-t-il en écumant de rage avant de se tourner vers Uriel qui bavassait. Montons là-haut, la fille s’est cachée dans une grotte. Sans attendre un instant de plus il se précipita vers les rochers et commença à escalader la paroi totalement abrupte à une vitesse phénoménale pour n’importe quel humain. Son Frère le suivit non sans rechigner dans sa barbe. Il y avait bien une sorte de caverne se rendit compte Raguel alors qu’il arrivait enfin devant la masse d’ombre qui se profilait devant lui comme une énorme bouche menant vers les Enfers. Uriel arriva quelques instants plus tard et s’arrêta bouche bée. _ Je rentre pas là-dedans !Raguel lui lança un regard mauvais. La Montagne tremblait comme une feuille. _ Si tu ne viens pas avec moi, lorsque Remiel en aura fini avec toi on devra plutôt t’appeler « La Colline », c’est clair ?Uriel se mit à trembler de plus belle ce qui agaça son compagnon au plus haut point. Comment pouvait-on être aussi grand et couard à la fois ? Il regarda l’entrée de la grotte. Elle semblait aspirer dans les ténèbres toute chose qui passait trop près d’elle. Comme un trou noir. Un trou noir. Il frissonna à son tour. _ C’est comme la Bouche de Père. Je veux par rentrer ! Souffla la masse de muscles à côté de lui. C’est comme là où il a enfermé Michel._ C’est impossible, trouillard ! Tu sais bien que le château en ruine se trouve à des milliers de kilomètres de là. C’est la sorcière qu’à du jeter un sort pour te faire peur. Entre et tu verras. T’as pas peur d’une fillette quand même ?Raguel avait essayé de dire ça sur un ton détaché mais maintenant il était dans le même état d’esprit que son Frère. La Bouche de Père était l’endroit où celui-ci enfermait ses « Enfants » pour les punir. Elle se trouvait dans un endroit reculé de la Valachie, dans un château complètement démoli et qui avait été autrefois celui de Vlad Draculea Tepes, le Prince Empaleur, le premier de la lignée des SangDragons. Le dernier à la connaissance de Raguel à avoir fait l’expérience de cette grotte souterraine était le propre frère de chair d’Uriel : Michel le nain. Ca faisait maintenant dans années qu’il était emmuré sous terre et nul ne savait quand Père daignerait l’en faire sortir. Michel avait écopé de sa punition car il était l’un des trois dissidents des Frères de Sang. Le seul que Père avait attrapé. Azraël et Samaël courraient toujours dans la nature. Ils s’étaient littéralement évaporé depuis trente ans déjà. _ J’ai pas peur d’une fille ! C’est pas vrai ! Mais ça c’est pas une fille, t’es un menteur !Raguel sursauta. Perdu dans ses pensées il avait pendant un instant complètement oublié pourquoi il était là, coincé avec son dégénéré de Frère. _ Uriel… J’t’ai déjà dit que si tu faisais pas tout ce que je dis, Remiel va le dire à Père et il va t’enfermer va ton frère Michel. Tu ne veux pas te faire enfermer n’est-ce pas ?Le géant de deux mètres trente de haut renifla bruyamment. _ Non. _ C’est bien. Alors tu vas rentrer bien sagement là-dedans et sans râler. _ Cafteur ! Uriel tira la langue et s’avança vers le trou noir qui l’englouti en un instant. Raguel resta seul, planté au milieu de l’amas de cailloux, n’osant bouger le moindre de ses muscles. Il ne pouvait pas avancer. _ Et merde ! Lui aussi n’était qu’un couard, après tout. Rouge de honte et de colère, il se mit à trembler. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Sam 10 Nov - 23:26 | |
| Uriel #3 : Rouge de honte et de colère, il se mit à trembler nerveusement. Raguel était un vilain. Un gros vilain. Il avait peur et c’était Uriel qu’il envoyait dans la Bouche, ce trou noir où nulle lumière ne filtrait. Un endroit si lugubre que même la plus perçante des vues ne pouvait déchirer le voile de ténèbres. Il se souvenait de Michel, son petit-grand frère qui avait été envoyé là-dedans pour avoir tenté de faire du mal à Père. Il savait aussi que s’il désobéissait, lui aussi irait rejoindre Michel dans le noir. Alors il avait tout comme les autres lui avaient dit. Il avait été sage, il avait été obéissant, il avait patient. Mais aujourd’hui le géant en avait marre. Il n’avait rien fait de vilain et pourtant on l’envoyait quand même dans une Bouche toute noire à la recherche d’une fille qu’il n’avait même pas le droit de déguster. Il avait tellement faim pourtant ! Il avança sur une dizaine de mètres et se retrouva bientôt complètement dans le noir. Sa respiration rauque rebondissait sur les murs de pierre irréguliers et l’amplifiait de façon exagérée. Aucun autre bruit ne venait troubler le silence environnent. Il n’y avait personne dans le Bouche, c’était impossible. - Y a pas de fille ! Hurla-t-il à l’attention de son Frère resté devant la Bouche. - Cherche mieux abruti ! Je reste là au cas où elle essayerait de se tirer en se cachant jusqu’à ce que tu l’ais dépassée. - C’est ça. Maugréa la Montagne dans sa barbe pas assez fort pour que Raguel puisse l’entendre. Il continua son exploration de la Grotte sur plusieurs mètres encore. Toujours aucun signe de vie ne lui permettait d’affirmer que la fille était bien ici. Raguel devait sûrement se tromper et il l’avait fait rentré ici pour rien. Raguel était un méchant. Pourtant il continua jusqu’au bout de la grotte. Des rochers bloquaient le passage. - C’est bouché ! - Reviens ! La voix de Raguel n’était plus qu’un souffle à peine audible. Uriel fit demi tour sans se faire prier. Il arriva devant Raguel tout essoufflé. Il avait été gentil et il avait fait ce que Raguel voulait. Maintenant il avait faim et il voulait manger. - Cette mission commence à me taper sur le système. Père avait dit que le Seigneur des Ténèbres était une des meilleures chances de survie pour notre espèce, mais là, je vois mal comment on va faire pour passer la journée sans perdre nos têtes de nos épaules.- Il faut manger.Raguel plissa les yeux et La Montagne lui tira la langue. Il avait faim. Il avait faim. Il avait faim. Il voulait manger tout de suite ! - Chier… Je vais encore passer pour une sous-merde à cause de cette sale gamine et de sa magie de pacotille. Je déteste ça.- Je m’en fous, j’ai envie de manger !- Ouais… On bouffera bientôt les pissenlits par la racine, si on déçoit encore le Seigneur des Ténèbres. J’espère que notre prochaine mission ne va pas nous mener droit au casse pipe…
Raguel s'en foutait, lui voulait tout simplement manger. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Mer 21 Nov - 0:26 | |
|  Remiel #1 : Il se releva, savourant encore le goût du sang qu’il avait dans la bouche. Ses yeux étaient injectés de sang, rendant ses orbites presque aussi rouge que ses pupilles comme chaque fois qu’il se libérait. Il ferma les yeux, respira un grand coup par son nez cassé qui continuait à saigner et lorsqu’il les rouvrit, ses yeux avaient repris leur apparence habituelle. Il plaça ses doigts sur son nez et dans un horrible craquement il le remit en place. Il ne ressentit qu’un léger frisson lui remonter le long du dos et puis la douleur s’estompa. Il posa alors les yeux sur Raphaël, pauvre loque déchiquetée, aux yeux révulsés. Sa bouche était tordu, signe qu’avant de mourir il s’était déboîté la mâchoire. Le combat avait été violent. Très violent. Mais Remiel était plus fort. Il était LE plus fort. Depuis toujours il l’avait su. Alors que ses Frères n’étaient que des êtres régis par leurs pulsions primaires, lui avait la conscience. Il était l’égal de Père et maintenant que celui-ci était mort ou presque il comptait bien asseoir sa place sur le nouveau poste qui s’était libéré. Hors de question de laisser quiconque lui barrer le chemin. Raphaël, le serviteur le plus dévoué de Père en avait fait les frais. Il se tourna vers un coin sombre du vieux bâtiment en ruine. Il scruta un moment les ténèbres puis demanda de sa voix calme et profonde : - Cela restera-t-il entre nous ?Comme venu du néant la voix de son Frère borgne, Sariel, lui répondit. - Tu sais bien que ma théorie l’allégeance est assez flexible. Père a fait son temps, nous avons besoin d’un nouveau leader à présent. Un leader qui me laissera enfin manger à ma guise.- Nous verrons cela en temps et en heure. Mais sache que je ne suis pas aussi indulgent que Père ou plutôt devrais-je dire « le Frère de Sang de la lignée des SangDragons, feu Vaan D. Bélial l’Albinos. » Appeler celui qui avait été leur guide depuis de si nombreuses années avait quelque chose d’effrayant et de grisant à la fois. Au moindre signe de traîtrise je te tuerai sans remords ni regret, Sariel D. Lucifer le Borgne. Sariel émit un sifflement sardonique et se déplaça un peu plus sur la gauche, se tapissant encore plus dans le noir. Remiel n’avait aucun mal à le suivre des yeux. Et ça, Sariel le savait aussi. Un vent nouveau soufflait dans le dos Remiel, il le sentait. Sariel était déjà convaincu, le petit jeu qu’il était en train de jouer était juste une passade pour ne pas perdre la face, pour ne pas montrer à quel point Remiel le terrifiait. Et ça, Remiel le savait aussi. L’heure des grands changements avait sonné. - Comment allons nous convaincre Uriel et Raguel ? Raguel est un Bélial lui aussi. Acceptera-t-il qu’une autre branche que la sienne accède au rang de Père ?- Uriel n’est pas un problème, il m’obéira aveuglément. Raguel lui ne sera pas facile à convaincre. Mais cela ne nous posera pas de problème. Il sera le dernier à s’opposer à nous avec la Putain de Père.- Gabrielle ? Cette vieille manchote, tu rigoles ? Cette traînée baiserait n’importe qui pour avoir la vie sauve. Et pourtant elle n’a jamais pu donner d’enfant, ni à Père ni à aucun des chiens qui lui ont précédé.Sariel réduisait de beaucoup le rôle que jouait la femme dans leur famille. Il ne comprenait pas non plus la fidélité sans borne qu’elle vouait à Vaan, à l’instar du défunt Raphaël. Elle était dangereuse. Au moins au temps que pourrait l’être Raguel s’il découvrait la vérité. Mais Remiel avait un plan. Raguel sans le savoir se rallierait à lui et avant qu’il ne s’en rende compte, Remiel aurait assis sa position en tant que guide des Frères. - Une fois que cela sera fait, mon règne durera pour l’éternité.- Tu sembles oublier Azraël et Samaël, les traîtres à leur sang. Ils s’opposeront aussi à toi.La bouche de Remiel se fendit d’un sourire. - Pas si je leur offre ce qu’ils veulent.Sariel regarda son Frère avec déférence et admiration, sortant de l’ombre il s’approcha et s’agenouilla devant lui, tête baissée. Remiel le vit frissonner. Il était impatient. - Alors apportons-leur la tête des Jumeaux.
_________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Jagd [12] Mer 21 Nov - 22:20 | |
|  Remiel #2 : - Vous n’avez pas accomplit la mission que le Seigneur des Ténèbres vous avait confiés. Vous n’avez pas éliminé Susan Bones de l’Armée de Dumbledore. Sariel dévisagea l’Homme en noir qui se faisait appeler Snape. La seule chose qui le retenait de ne pas lui dévisser la tête n’était pas qu’il s’agissait d’un bon sorcier mais plutôt sa position dans la hiérarchie des fidèles du Seigneur des Ténèbres. En effet, le Frère de Sang avait parfaitement compris l’importance du sorcier et il ne retirerait rien de bon à le contrarier. - Je sais. Ca ne se reproduira plus. Jamais.Tout comme Vaan, il voulait s’assurer que les sorciers ne poseraient pas de problème à lui et à ses Frères. Il devait donc s’assurer la bonne amitié de ces étranges créatures qui utilisaient la magie. Mais contrairement à son ancien mentor et guide, Sariel ne jouerait pas sur les deux tableaux. Il y avait une division du monde des sorciers mais il ne disperserait pas ses Frères dans chacun d’entre eux. Non, il s’assurerait que l’un des deux camps gagnent définitivement sur l’autre. Il avait déjà fait son choix. Il emmènerait Lord Voldemort vers la victoire et détruirait le gouvernement qui se faisait appeler Ministère. L’Ordre des SangDragons allait se remettre en marche. - Nous verrons cela. Vous et vos… Frères, vous attendrez mes ordres et vous tiendrez à disposition. Le Maître prépare une attaque de grande envergure. Une attaque qui fera pencher la balance pour celui qui la remportera.
- Vous pourrez compter sur toute notre aide. Le Seigneur des Ténèbres sera bientôt assis sur son trône, à la place qui lui revient de droit.
La bouche fine de Snape s’étira d’un mince sourire lugubre. Ses yeux noirs brillèrent un court instant puis, d’un geste, il demanda à Sariel de sortir. Le Frère courba rigidement l’échine devant Snape et se retira de la pièce. Sorcier arrogant et bouffi de suffisance ! Sariel comprenait parfaitement la haine que pouvait vouer Azraël et Samaël aux deux rejetons de Vaan. Sorcier et SangDragon ? C’était comme si l’on essayait d’accoupler un chien avec un chat. Se serait une abhération de les laisser vivre plus longtemps. Il avait d’autant plus de rage que les deux enfants avaient été par deux fois en sa présence. La première lorsque la petite fille avait perdu ses pouvoirs à cause d’un grave accident de griffes d’il ne savait plus exactement quoi. La seconde fois, il avait d’abord rencontré le fils, perdu en Roumanie, sur les ordres Vaan pour l’initier à la confrérie. Ensuite il avait presque eu la sœur sous sa main, lorsqu’ils avaient attaqué ses Frères et lui la voiture de l’auror qui fouinait un peu trop dans leurs affaires. Elle s’était éveillée au moment où elle allait mourir. C’était une prouesse à cause de l’anéantissement de son don. Il l’aurait bien tué à ce moment là, mais Vaan était encore puissant à l’époque. Il ne pouvait se permettre de contrarier le Père. Pas après avoir vu ce qu’il avait fait subir à Michel, le seul des trois Traîtres qu’il avait réussi à attraper. Bref, il devait agir. Et vite. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |