
Mona Randyll :
Mon histoire ?
Mon histoire, c’est l’histoire d’une princesse qui n’aimait pas la guerre sans la connaître. Cette chose immonde, qui enserre nos cœurs et détruit nos vies. Ce gouffre sans fond, avide et destructeur qui les a pris.
Je suis née dans la nuit du premier novembre de l’an 1968. Ma mère était une Selwyn de pure souche, mariée à mon père, fils premier de la tristement célèbre famille des Randyll. Le mariage fut, d’une façon très commune dans le milieu, arrangé afin de sauver la pureté respective du sang des deux familles. Malgré cela, mes parents s’aimèrent. Ma mère était une très belle femme, fine d’esprit, et mon père possédait un charme incontestable lié à un humour incongru venant d’un fils Randyll. De leur amour respectif, je naquis. Les douze années qui suivirent ma naissance furent pour moi des moments de joie, de tendresse, d’amour, dont l’unique saveur me sera à jamais enlevée. Nous habitions une grande maison des quartiers chics de Londres, et c’est dans la chaleur douillette de ce cocon que je grandis. J’étais leur fille, leur princesse, leur fierté, leur trésor, l’incontestable fruit de leur amour. Je vivais serrée par les bras affectueux de ma mère, étourdie par le rire tapageur de mon père, et loin, très loin de la triste et austère éducation que l’on réservait habituellement aux enfants de mon rang. Que le monde était beau, rose et ensoleillé. J’ignorais encore tout des affres de la guerre, cette guerre qui sévissait juste là, au dehors de cet endroit merveilleux, mais qui ne m’atteignait pas, du moins, pas encore.
Parfois, dans la soirée, mes parents me laissaient aux bons soins d’Illuin, l’elfe de maison, pour rejoindre la nuit. Je n’ai compris bien plus tard, que, malgré le masque et le costume, leur destination n’avait rien à voir avec un bal masqué, et qu’on y faisaient bien plus que danser. Oui, c’est cela, ils dansaient avec la mort, prenant sans cesse garde à ne pas lui marcher sur les pieds, car la camarde est une piètre cavalière.
Cela dura quatre années. Il le servirent pendant quatre ans, leur
Maître. Mais même pendant cette période, rien ne changea. Les horreurs que vivait le monde extérieur ne semblaient pas avoir le pouvoir d'affecter ce nid douillet. Les cours que me donnait mon père étaient toujours aussi peu scolaires, et tout aussi éducatif, et les soirées à trois restent encore gravées dans mon cœur comme d’indicibles moments de félicité.
C’est le jour de mon douzième anniversaire que mes parents ne revinrent pas. J’attendis toute la nuit durant, emmitouflée dans mes draps, mon gâteau qui ne verrait jamais ses bougies allumées encore posé sur la table du salon. Je ne dormais pas. Je crois que c’est depuis ce jour que je dors peu. C’est ma tante qui arriva chez moi le lendemain, complètement paniquée, m’annonçant qu’ils avaient été tué par un escadron d’Aurors. De quoi me parlait-elle ? Un Seigneur des Ténèbres ? Des Mangemorts ? Mes parents en parlaient peu, et pour ainsi dire, ces noms n’avaient que peu de sens à mon oreille. Je partis donc, éplorée et perdue ; tout mon univers éclatait en morceau, et mon coeur avec.
Les Aurors avaient tué mes parents, je tuerai les Aurors. C’était aussi simple que cela, et ce jour là, j’en fis le serment. Peu m’importaient les idéologies et les convictions des deux camps, ne me restait comme seules et uniques motivations celles de servir celui qu’avaient servi mes parents, et de tuer ceux qui les avaient tué.
Je partis pour Poudlard l’année d’après. Le Choixpeau avait dû prendre ma détermination pour de l’ambition, car il m’a envoya à Serpentard, où je fis mes études de ma troisième à ma septième année.
Mon histoire, c’est l’histoire d’une princesse aux rêves ensoleillés, qui devint souveraine de la nuit et reine des cauchemars.
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Je suis celui-ci ou celui-là.
Il n'y a point de différence.