| | | Auteur | Message |
|---|
Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Chantons sous la pluie Dim 7 Déc - 21:11 | |
| Sawyer releva la tête avec vigueur et se frotta le nez. Du bout du doigt il récupéra ce qu’il restait sur la table et il le passa sur ses gencives. Il se sentait à la fois nerveux et confiant, comme tout puissant. Il reprit le petit sachet, le mit dans sa poche de son jean et se leva. Les lumières étaient éblouissantes et la musique assommante. En face de lui un homme à la face brûlé parlait à deux gobelins à l’air revêche. Un peu plus loin une femme au teint cadavérique buvait un verre dont le contenu était couleur sang avec un homme dépourvu de nez. Assis par terre, prêt de la sortie, un homme aux cheveux longs et sales enchaînait soubresauts et spasmes avec dans le regard la lueur d’un chien enragé. Sawyer, lui, sentait une énergie nouvelle traverser son dos par jet, et lui donnait l’impression de n’avoir jamais vu les choses aussi clairement. Il traversa la salle encombrée, zigzaguant sans gêne, et se dirigea jusqu’aux toilettes. Elles étaient sales et taguées. Dans une cabine un homme vomissait sa bile appuyé sur la cuvette. Sawyer se dirigea vers le lavabo et s’observa. Il avait des cheveux violets nuancés d’un bleu électrique et des peintures noires entouraient ses yeux écarquillés. Le tout était accentué par son étrange sourire dépourvu d’une quelconque joie, qui rendait son expression faciale inquiétante. Il lava les mains, se frotta à nouveau le nez et sortit. Il se dirigea vers le bar, derrière lequel se trouvait un homme au faciès bovin et dont deux cornes pointaient hors de son front. Il commanda un whisky en prenant place. Le barman lui posa presque immédiatement son verre sur le comptoir, ainsi que la bouteille qui allait avec. D’une main lourde, Sawyer remplit son verre et en but la moitié. Il fit alors attention aux gens qui l’entourait, et remarqua une jeune femme assise à quelques mètres de lui, le regard morne et le verre plein. Sawyer ne put retenir un rire aigu qui étira ses lèvres, et il s’approcha d’elle en se tenait au comptoir pour ne pas tomber. - Que fait une aussi charmante demoiselle dans un aussi charmant endroit ? dit-il suffisamment fort pour qu’elle puisse l’entendre. - Je passe le temps et j'essaie d'oublier. Comme beaucoup d'entre nous, je pense, répondit-elle tout en l'observant avec curiosité. Sawyer s’assit à coté d’elle sans la moindre gêne, se remit à rire et resservit un verre à la jeune femme et à lui-même. - Allons, ne voyez-vous pas que l’heure ici est à l’amusement ?! Il se frotta les narines nerveusement puis vida à nouveau la moitié de son verre. Les mines tristes et la morosité ne sont pas de mise ici, mademoiselle. Faites moi le plaisir de faire au moins semblant d’être heureuse ! Sa réplique lui arracha un sourire et elle leva son verre dans sa direction avant d’en boire de grosses gorgées. - Oui, vous avez raison, répondit-elle en le reposant sur le comptoir. Après tout, je suis loin d’être la seule ici, et j’ai un bon verre entre les mains. Je peux au moins faire semblant. Elle avait de gros cernes qui soutenaient ses yeux humides et rougeoyant et le teint pâle des gens se laissent aller. - On fait tous semblant, c’est ça qui est si drôle. Sawyer remplit les deux verres avec diligence. Santé ! Ils entrechoquèrent alors leurs verres et les burent. - Décidément, vous m'avez l'air d’être un homme bien étrange. - Qu’est-ce qui vous fait dire ça. Est-ce la couleur de mes cheveux ? Mon sourire ? Ou peut-être les dessins qui entourent mes yeux ? Il se mit à rire à gorge déployée. Un rire inquiétant et aigu Accompagneriez-vous l’homme étrange que je suis dehors, visiter la nuit ? - Je n'aurais dit mieux, vous êtes étrange en tout point. Elle rit elle aussi en reposant son verre. Eh bien, je n'y vois aucun inconvénient. Elle se leva en s’appuyant sur le comptoir, mais retomba lourdement, hilare. - Hin, hin ! exulta Sawyer en attrapant la jeune femme sous les aisselles pour la relever. On dirait votre verre à eu raison de vous.Une fois remise debout, il la tint par la hanche, et ils se traînèrent ainsi hors du Golden Gruesome, sous le regard impassible des videurs. L’air frais du dehors était vivifiant, mais il ne rendait l’ivresse que plus exaltante. L’un s’accrochait à l’autre pour ne pas tomber, ce qui, au vu de l’état de la jeune femme, et de celui plus délicat de Sawyer, n’avait rien de rassurant. Ils se traînèrent ainsi dans Londres, en riant et en criant des paroles insensées. - Au fait, c’est quoi ton nom ? demanda Sawyer en essuyant la poudre blanche nouvellement déposée sur ses narines et en tressaillant. - Ju… elle s’appuya sur le mur de brique pour tenter de se relever, en vain. Juliette. - C’est un prénom charmant !Ils rirent tout les deux, comme deux déments. Les passés douloureux poussent à l’excès. |
|  | | Juliette Animagus

Nombre de messages: 21 Age: 23 Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Chantons sous la pluie Dim 14 Déc - 14:20 | |
| Le crépuscule offrait déjà ses dernières lumières. Dans un studio dépravé perdu dans Londres, seule la faible lueur d’une lampe perçait l’obscurité. Le son de l’eau qui ne cessait de s’écouler dans la douche aurait pu paraître étrange à une telle heure. Mais pour Elle, seule la nuit comptait. Juliette ne relâchait pas le bouton. L’eau recouvrait la moindre parcelle de son corps, se mêlant à ses larmes salées. Lentement, elle s’insinua dans les commissures de ses lèvres, et, pour la première fois depuis des mois, la jeune femme avala un liquide vierge d’alcool. Délivrant enfin la pression, il ne fallut que quelques secondes avant que l’eau cesse de s’écouler, et pour que Juliette ne s’empare d’une serviette. Elle quitta la douche, se sécha, et se vêtit de ce qui lui passa sous la main - à savoir, un chemisier blanc et un simple jean -, avant de s’arrêter devant le miroir. Ses cheveux encore mouillés tombaient légèrement sur ses épaules, alors que ses cernes, soulignant des yeux gris-bleus, se trouvaient quelques peu atténuées. Seul son teint rappelait les vestiges de sa tristesse. Une blancheur inquiétante, même pour elle qui avait toujours été pâle. Mais à cet instant, elle ressemblait étrangement à celle qu’elle était encore, un peu moins d’un an auparavant, lorsque que l’Ordre était toujours présent. Alors que le bonheur ne lui avait pas encore échappé. Détachant finalement le regard de son reflet, elle quitta la salle de bain, pour pénétrer dans la semi-obscurité du salon. Si elle avait allumé la lumière, elle aurait pu voir un vieux canapé, un micro-onde et un frigo. Sans oublier une table sur laquelle les bouteilles vides d’alcool parvenaient miraculeusement à tenir en équilibre. Mais elle se contenta de prendre les quelques pièces qui lui restait, et de quitter le studio miteux. La fraicheur du soir était plus que revigorante. La jeune femme s’avança dans les ruelles de la Capitale, alors que le ciel s’assombrissait, se repérant parfaitement. Elle prenait cette même direction tous les soirs. L’alcool comblait ce vide qu’elle ressentait, pour ensuite l’envahir par une culpabilité profonde. Mais elle cédait toujours, et se rendait continuellement au Golden Gruesome. C’était un véritable cercle vicieux. Et cette rencontre n’avait en rien arrangé la situation. Pour la première fois depuis longtemps, elle s’était amusée. Elle avait parlé, jusqu’à rire. Cela faisait maintenant un mois. Depuis, elle était replongée dans ce tourment de solitude. La jeune femme ne se bernait pas. Elle savait bien qu’elle n’était qu’une pleurnicharde, s’apitoyant sur elle-même. Et n’avait pour l’instant pas le courage de changer. La blessure n’était pas cicatrisée. Il lui fallut une vingtaine de minutes avant d’apercevoir enfin le bar qui lui était si familier. Elle y pénétra et s’installa au comptoir, face au même homme répugnant qu’elle y voyait chaque jour. Elle-même se demandait pourquoi elle continuait de venir boire dans une ambiance si glauque. Peut-être parce que cela lui plaisait, malgré tout. - Un Whisky, s’il vous plait, demanda-t-elle, vaguement consciente de sa bizarrerie. Le barman acquiesça et posa le verre devant elle au moment-même où une main tapota l’épaule de la cliente. Elle ne put réprimer un sursaut, et se retourna vivement. Devant elle, se tenait le même homme que quelques semaines auparavant. Une couleur de cheveux provocante, des peintures noires longeant ses yeux, des lèvres toutes aussi sombres étirées en ce sourire qu’il ne semblait pas quitter. Il n’y avait aucun doute sur son identité, bien qu’elle ne la connaissait toujours pas. - J’espérais vous retrouver en ce lieu de culture et de poésie ! dit-il en riant. - Eh bien, vous avez pris votre temps, répondit-elle, esquissant une moue boudeuse. Connaissez-vous donc un bar plus accueillant que celui-ci, ou ne buvez-vous qu’en ma compagnie ? Il s’installa à coté d’elle et fit signe au serveur de lui apporter de quoi s'hydrater. - Votre compagnie donne à l’alcool un goût si délicat, comment pourrais-je vous faire défection ? Il se remit à rire, se frotta le nez vigoureusement, et se servit un verre de sa bouteille nouvellement achetée. - Je suis heureuse de vous l’entendre dire. Elle sourit, et entreprit, elle, de finir son verre. Peut-être votre compagnie m’entraînera-t-elle dans un lieu différent de l’obscurité des ruelles. Bien que cela ne m’eut pas déplu, la dernière fois. - La nuit, tout m’appartient. Je vous amènerai près des lumières si tel est votre désir. Il leva son verre à sa santé, puis le vida et s’en resservit un autre. Où aimeriez-vous allez ? - Je n’en ai pas la moindre idée, et vous fais confiance pour cela. Surprenez-moi, ajouta-t-elle, lui jetant un coup d’œil amusé. - Eh bien suivez-moi, j'ai un ami dont la sœur a un voisin qui connait un moldu. Vous comprendrez en route ! Il se leva en riant, et pris le bras de Juliette de sa main sans bouteille, avant de l’entraîner au dehors. Ils marchèrent longuement, enveloppés par la fraicheur de la nuit, jusqu’à ne plus pouvoir que tituber. La situation était semblable à la dernière fois, mise à part que le sorcier paraissait savoir où ils allaient. Juliette l’ignorait, et, à vrai dire, cela ne l’inquiétait pas. Elle était bien trop occupée à ne pas renverser le contenu de sa bouteille qui se vidait à vue d’œil. Bouteille qui fut finie et lâchée au sol en même temps que celle de l’Homme, qui ne cessait, lui aussi, de rire. À présent, le même bourdonnement parvenait à leurs oreilles, ainsi qu’une vague lueur capable de les éblouir. Hilares, ils se dirigeaient vers ce vacarme, et se rapprochaient lentement de ce qu’ils considéraient comme une source de délivrance, un moyen de fuir le monde réel. À mesure qu’ils marchaient, la lumière n’en devenait que plus aveuglante. Assez pour que Juliette se heurte à l’un des gardes et s’effondre lourdement à terre. Sous le regard stupéfait du moldu, elle partit dans un grand éclat de rire, les larmes aux yeux, incapable de se relever. Le sorcier, lui aussi, ne pouvait s’empêcher de s’esclaffer bruyamment. Il se décida finalement à se reprendre, et redressa avec aisance la jeune femme, avant de se tourner vers les deux vigiles. - Bonjour ! Nous venons au mariage de... Il se concentra quelques secondes, avant de lâcher, fier de lui. De Julia ! Cette brave Julia, depuis le temps qu'on fornique elle et moi. Si je m'attendais à ce qu'elle m'invite à son mariage, hin, hin. - Monsieur, sans vouloir vous offenser, je doute que vous soyez invité à ce mariage, répliqua le garde, le jaugeant avec attention, les sourcils froncés. - Ne m'insultez pas mon ami ! Julia ferait tout une histoire si ma sœur et moi ne sommes pas présents à son mariage. Il attrapa Juliette par le bras. Viens sœurette, Julia doit s'inquiéter de ne pas nous voir arriver. La jeune femme se laissa entraîner dans le bâtiment, un sourire amusé aux lèvres. Ils avancèrent d’une démarche incertaine dans un long couloir qui ne comprenait, en son bout, qu’une seule et unique porte. Ils la franchirent et découvrirent enfin ce qu’ils cherchaient. Quoique l’ambiance pouvait laisser à désirer, mais ils pourraient vite arranger cela. Le principal avantage était le nombre d’invités. Ils étaient une centaine. - Eh bien, voila une fête qui m’a l’air plus que charmante ! Elle rit, regardant avec enthousiasme autour d’elle. Un mariage moldu, vous êtes décidément quelqu’un d’étonnant. Il rit lui aussi, fidèle à son habitude, et l’entraîna au milieu de la foule. Bien qu’ils ne passaient pas inaperçus, aucun moldu ne sembla se douter qu’ils n’étaient pas invités. Des regards réprobateurs tombaient obligeamment sur les cheveux distincts du sorcier. Cela ne semblait qu’accentuer son amusement. Ils paraissaient être arrivés dans une de ces soirées où les bonnes manières sont de rigueurs, mais peu leur importait. Ils passèrent leur temps à remplir leurs coupes de champagne, ne pensant plus à rien d’autre que l’instant présent. Ce fut donc après avoir assimilé une quantité ahurissante d’alcool qu’il l’attira sur la piste de danse. Malgré l’ivresse, il la menait à la perfection. Juliette se laissait guider, se demandant vaguement comment elle avait pu se retrouver ici, au milieu d’un mariage moldu, accompagnée d’un homme si étrange. À cet instant, elle était tout simplement heureuse. Elle leva les yeux vers le visage du sorcier, qui riait doucement. Et, lentement, elle se dressa sur la pointe des pieds, lui glissant quelques mots à l’oreille. - J’ai cru comprendre que les mariés comptaient finir la nuit dans une chambre spéciale, à l‘étage. Il serait peut-être possible de contrarier leurs projets. La jeune femme s’écarta et ne put s’empêcher de rougir au regard qu’il posa sur elle. Elle ne se connaissait pas si entreprenante. Elle remercia donc le pouvoir de l’alcool quand elle sentit la main de l’Homme serrer davantage la sienne pour l’entraîner hors de la foule. Il ne lui vint pas à l’idée d’opposer la moindre résistance, et se laissa guider le long de la salle, avant de grimper les escaliers en bois. Juliette trébucha sur la dernière marche et perdit l’équilibre. À nouveau, ils s’esclaffèrent sans réserve, alors qu’il la relevait délicatement. Elle sourit intérieurement quand elle sentit les lèvres de l’Homme se poser sur les siennes, et prolongea quelques instants le baiser. La jeune femme s’écarta finalement et parcourut le couloir des yeux. Cette fois-ci, ce fut elle qui lui prit le bras, et l’entraîna vers une porte entourée de guirlandes ridicules. Juliette sourit au sorcier, et pénétra dans la chambre qui ne pouvait qu’être celle des jeunes mariés. Elle observa rapidement la pièce, alors qu’il fermait la porte d’un coup de baguette. - Prête, sœurette ? Pour toute réponse, elle rit avant de laisser glisser ses lèvres jusqu’aux siennes, pour l’embrasser avec ardeur. Très vite, elle sentit celles de l’Homme se réfugier dans la base de sa nuque, alors qu’il la plaquait doucement contre le mur. Elle passa finalement les mains autour de son cou, il glissa les siennes derrière ses cuisses, jusqu’à la porter. Juliette se sentit rapidement posée sur le lit, alors qu’ils ne cessaient leurs caresses. Elle lui enleva sa chemise, l’embrassant à nouveau, le léchant, tout en le détaillant sans gêne. Elle rit doucement quand sa main effleura une pétale de rose. Ils étaient en effet sur le lit des mariés. Elle fut vite ramenée à l’instant présent quand elle sentit les mains du sorcier déboutonner son chemisier, la caresser. La jeune femme ne lui posa qu’une question, alors que le désir de l’autre était à son comble. - Et toi, comment t’appelles-tu ? _________________ La pluie inspire le plus grand bonheur, telle la vie qui déferle sur terre.
|
|  | | Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Re: Chantons sous la pluie Lun 6 Juil - 13:03 | |
| Sawyer grogna. D'un geste il jeta son réveil contre le mur opposé. Mais le mal était fait, et sa sonnerie incessante l'avait réveillé. Il se redressa et se gratta le crâne en baillant. À coté de lui, enfouie sous la couette, Juliette dormait encore paisiblement. Sawyer balança ses jambes hors du lit et se leva. Le sol était jonché de bouteilles et de mégots de toutes sortes, et il eut toutes les peines du monde à ne pas trébucher en allant jusqu'à la salle de bain. Il s'y enferma et s'observa dans la glace. Le sortilège qui maintenant sa coiffure hérissée commençait à s'estomper, et ses cheveux pendaient mollement aux bouts de ses mèches en pointes. Sawyer lâcha un rire gai en observant son apparence de clown à la barbe naissante. Il se brossa soigneusement les dents et sortit. Slalomant entre les cadavres de bouteilles, il prit sa baguette magique posée sur sa table de chevet. Il actualisa son sortilège d'hérissage et enfonça son doigt sur la couverture, là où il estimait que devaient se trouver les fesses de Juliette. - Debout là dedans ! Y'en a qui bossent le lundi ! cria-t-il en remuant le corps endormi. Juliette émit un grognement similaire à celui de Sawyer quelques instants auparavant. Le sorcier ricana et entreprit d'enfiler ses chaussettes, un exercice difficile. Lorsqu'il fut totalement habillé, il repartit à la charge en remuant avec moins de ménagement le corps d'une Juliette rendormie. Cette dernière émergea sa tête de sous la couverture, l'air amorphe, les cheveux en bataille. - Si il se déplaçait jusqu'à chez moi, le grand TS pourrait se lever plus discrètement pour partir écrire ses prestigieux articles, dit-elle d'un ton malicieux. - Le grand TS ne dort pas n'importe où ! Lève-toi, je vais y aller.Sawyer poussa les grands portes battantes de la Gazette du Sorcier. L'agitation à cet étage était impressionnante. Des dizaines de journalistes, d'assistants, de chefs de direction, allaient en tout sens, papiers en mains. Des feuilles dactylographiées volaient sous l'effet de sortilèges au dessus de la marée humaine vers leurs destinataires. Le pas léger, Sawyer se délecta du spectacle présent. Pour publier ses pages quotidiennes, la gazette bouillonnait nuit et jour. Passant entre les bureaux, Sean se précipita vers lui. - Suis-moi, lui dit-il en l'attrapant au bras. Sawyer se laissa entraîner jusqu'au bureau du directeur. Sean gratta à la porte puis rentra. Un gros bonhomme leur fit un grand sourire lorsqu'ils rentrèrent. De la main, il leur fit signe de s'asseoir. Les deux journalistes obéirent. - Dites-moi Cuthbert, auriez-vous entendu parler de l'Ordre du Phénix ? demanda Jordan Junister, le patron de la Gazette du Sorcier. Sawyer laissa échapper un rictus. Il n'était pas content d'être expert en occlumencie à l'heure actuelle. Il porta sa main gantée à sa cravate et tira dessus négligemment. - Vaguement. Un groupuscule engagé contre le Lord Noir. Il semblerait qu'il ait été dissous après la mort de son chef, Albus Dumbledore. Sawyer laissa un court instant de silence envahir la pièce puis demanda : Pourquoi ?Jordan Junister ne répondit pas. Il se contentait d'observer un gros cigare qu'il tenait entre ses mains boudinées. D'un geste sec, il coupa le bout de celui-ci et le porta à ses lèvres. À l'aide d'une allumette il entreprit de l'allumer, faisant ainsi signe à Sean de répondre à sa place. - Mr Junister estime qu'il est grandement possible que l'Ordre du Phénix prenne une certaine importance d'ici peu de temps. Il aimerait que tu travailles tes contacts pour en savoir un peu plus.Sean Murray fit à Sawyer un drôle de sourire incitateur. Encore une fois, Sawyer laissa échapper un petite rire aigu. La main gantée de Sawyer frappa à deux reprises la porte de bois. De l'autre côté, il entendit les sons de mouvements précipités. Un œil déformé apparut à travers le judas, et Sawyer fit son plus grand sourire. L'instant d'après, la porte s'ouvrit sur une Juliette un peu plus présentable et habillée qu'au matin. - Bonjour très chère, dit Sawyer en présentant devant elle un bouquet de fleurs couleur azur. Je ne te dérange pas ?Dans sa main gauche il tenait une grande bouteille de whisky, qui ne demandait qu'à être consommée, sans modération. |
|  | | Juliette Animagus

Nombre de messages: 21 Age: 23 Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Chantons sous la pluie Mar 1 Sep - 22:45 | |
| - Le grand TS ne dort pas n’importe où ! Lève-toi, je vais y aller.Juliette émit un grognement d’approbation et plissa les yeux pour se protéger de l’éclat aveuglant du soleil. À ses cotés, elle entendait parfaitement Sawyer s’activer, et le découvrit fin prêt pour une longue journée de travail. Il la pria une nouvelle fois de se dépêcher, et elle ne pu retenir un long bâillement en se levant. Il lui fallu quelques minutes pour retrouver ses vêtements qui jonchaient le sol au milieu de bouteilles vides, et bien davantage encore pour s’en vêtir. Alors qu’elle s’efforçait de boutonner une chemise bien trop grande pour elle, elle plissa le front, essayant de se souvenir d’où provenait l’habit. Au même instant, un ricanement de Sawyer lui répondit. - Je n’ai pas le souvenir d’avoir ouvert ma porte à une femme qui portait l’une de mes chemises, hier. Mais si tu tiens tellement à conserver mon odeur près de toi, je peux comprendre. Un joyeux sourire railleur étirait ses lèvres noires. - Si tu me laissais le temps de me réveiller avant de me jeter à la porte, peut-être serais-je dans un état un peu moins pitoyable, grommela la jeune femme. Je vais me faire arrêter par la police Moldue, et tu seras obligé de venir m’aider !- Les Moldus sont trop terrifiés pour sortir de chez eux, et ont de toute manière autre chose à faire que de se préoccuper d’une jeune femme habillée en vagabonde.La sorcière laissa échapper un grognement dédaigneux, s’empara de sa baguette, et sortit de l’appartement en prenant grand soin de claquer violemment la porte pour ne pas cacher son mécontentement. L’air tiède de la matinée estivale n’eut guère le temps de lui éclaircir les idées, que déjà elle transplanait à l’autre bout de la Capitale. L’habituelle sensation d’étouffement s’estompa alors qu’elle arrivait sur le palier de son appartement, au neuvième étage d’un vieil immeuble Londonien. Un groupe d’adolescents hilares déboucha à sa droite, et Juliette soupira en remarquant la bouteille de whisky à moitié vide que tenait entre ses mains celui qui paraissait être le « leader ». Elle pénétra dans son appartement et referma soigneusement la porte à clefs avant qu’ils ne la remarque. L’immeuble dans lequel elle habitait depuis la destruction de l’Ordre du Phénix était essentiellement peuplé de pré-pubères Moldus abusés par l’alcool, et par leurs grands-parents trop sourds et aveugles pour y prêter attention ; il fallait décidément qu’elle songe à réunir assez d’argent pour déménager. La jeune femme posa ses clefs sur le premier meuble qu’elle heurta, et laissa quelques secondes à ses yeux pour s’habituer à l’obscurité. Quelques infimes raies de lumière filtraient à travers les vieux volets, et une odeur de renfermé régnait dans l’appartement. Juliette appuya sur l’interrupteur, et le spectacle que révéla la faible lumière lui arracha une grimace. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pénétré avec l’esprit à peu près clair dans son logement. Tout en prenant garde de ne pas marcher sur une des bouteilles vides qui jonchaient le sol - chose difficile -, elle traversa la pièce et ouvrit la fenêtre. La brise lui éclaircit les idées, alors qu’elle réalisait que l’appartement dans lequel elle vivait était un véritable taudis. La couleur des murs était indescriptible, et de sombres tâches d’humidité les parsemaient, accentuant l’aspect miteux de la pièce. Ses yeux se posèrent sur le canapé jauni qui gisait à quelques mètres d’elle. Une bouteille y était renversée, et ce qui semblait être du bourbon formait une large auréole sur le tissu. Malgré tout, Juliette éprouvait un irrésistible besoin de s’y asseoir, et d’ouvrir une nouvelle bouteille d’un alcool quelconque. Elle s’en détourna pourtant, balaya la pièce du regard, et sortit sa baguette. Il était temps de réagir. Ce fut le frappement à sa porte qui tira soudainement Juliette du sommeil. Il lui fallu une demi-seconde pour réaliser qu’elle s’était assoupie, et une de plus pour réaliser qu’elle avait de la visite, chose qui n’était guère arrivée depuis des années. Elle se leva d’un bond et jaugea son appartement nettoyé, fière de le voir débarrassé de tout cadavre de bouteille. La jeune femme avait également pris une douche qui avait été la bienvenue, et, à en juger par la couleur orangée du ciel, avait dormi tout l'après-midi. Elle se dirigea vers la porte, colla son œil contre le judas et fronça les sourcils en apercevant les lèvres noires de Sawyer étirées en son habituel sourire. - Bonjour très chère, lui dit-il gaiement alors que la sorcière l’invitait à entrer. Je ne te dérange pas ?- Euh, non, bredouilla-t-elle en recevant le bouquet de fleur. Que fais-tu ici ?Mais déjà, il s’était laissé tomber dans le canapé usé, avait déposé la bouteille de whisky sur la table basse, et jaugeait l’appartement d’un œil enthousiaste. - J'aime beaucoup la décoration de ton appartement. Il ouvrit en grand ses bras, en riant. Je m'y sens comme chez moi ! Tu as des verres ?Juliette acquiesça en souriant, alors qu’elle déposait le bouquet dans le seul vase qu’elle possédait, un objet immaculé d‘une finesse rare. Elle sortit deux verres poussiéreux qu’elle essuya précipitamment, et les déposa sur la table basse. Elle s’assit à la droite de Sawyer, qui était déjà occupé à les remplir de whisky. - Je suis surprise de te voir ici, moi qui pensais que tu ne te déplaçais pas n’importe où, fit-elle remarquer. Sawyer, tout sourire, la désigna de l'une de ses mains gantées. - Voilà une preuve irréfutable de la considération que je te porte, ma chère !- Si tu le dis, plaisanta-t-elle en portant le verre à ses lèvres. Ils parlèrent de tout et de rien pendant près d’une heure, ne cessant de boire et d’ouvrir de nouvelles bouteilles, s’esclaffant de plus en plus régulièrement. Sawyer remplissait à nouveau le verre de Juliette lorsque ses yeux se posèrent sur l’unique photo qui demeurait dans l’appartement. Il se leva d’un bond et marcha de son pas habituellement chaloupé jusqu’au meuble à l’opposé de la pièce, où il s’empara du cliché. Il l’examina attentivement et n’en décrocha le regard qu’une fois assis, pour la désigner à la jeune femme. - Qui sont ces gens que je connais pas ? dit-il en découvrant ses dents laiteuses dans un large sourire. Malgré l’alcool, une vague de mélancolie s’insinua en Juliette, qui s’efforça de demeurer un visage impassible. - Oh, tu dois en connaître certains, Sawyer, remarqua-t-elle avec un faible sourire. Tout devant, à la première rangée, se trouve Remus Lupin. Il m’a enseigné la Défense Contre les Forces du Mal lors de ma sixième année ; tu avais donc déjà quitté Poudlard. À coté de lui, Nymphadora Tonks, une auror métamorphomage. Kingsley Shacklebot, Maugrey Fol-Œil… La première rangée se sépara en deux pour en dévoiler une seconde, qui révélait une multitude de têtes rousses. Tiens, voici Arthur et Molly Weasley, accompagnés de leurs quatre fils. Les Weasley arboraient de grands sourires, et il fallut patienter que les deux jumeaux daignent s’écarter pour apercevoir la troisième rangée. Sturgis Podmore, Dedalus Diggle…, et regarde, je suis ici, remarqua-t-elle en se désignant elle-même, à l’opposé de la rangée. À ma gauche, Severus Snape, et à ma droite…Elle ressentit une incroyable lassitude l’envahir alors qu’elle observait Steven. Elle vida son verre d’un trait alors que Sawyer se penchait sur la photo pour mieux l’examiner. - Ils t’avaient placé à coté de Snape ! S’esclaffa-t-il. Ma pauvre, j’espère au moins que tu n’étais pas à Gryffondor…- Serdaigle, répondit Juliette avec un sourire. Et, si tu veux savoir, je m’entendais particulièrement bien avec lui. Toi aussi, je suppose. De mémoire, ce très cher Cuthbert Sawyer était à Serpentard.- En effet, acquiesça-t-il avec un grand sourire, alors qu’il ouvrait une nouvelle bouteille. Et à quelle occasion toi et tes chers amis vous étiez-vous réunis ?La jeune femme, qui s’apprêtait à remplir son verre, laissa son geste en suspens. Elle croisa le regard brillant de Sawyer, qui semblait dévorer ses paroles. Pourquoi donc avait-elle l’envie irrépressible de se confier à lui en cet instant ? Cela faisait un an et demi, et elle n’avait guère parlé de sa vie antérieure à quiconque. Pourtant, l’alcool se répandait dans ses veines, sa vue se brouillait, et les mots semblaient vouloir déferler de ses lèvres. - Simplement pour immortaliser l’instant, murmura-t-elle. Ne pas oublier quelle cause nous défendions. Il me semble que cette photo date d’environ trois mois avant notre dissolution.- Votre dissolution ? Ses yeux étincelèrent de curiosité. Que veux-tu dire par votre dissolution ?Juliette avala une gorgée de whisky qui lui sembla insipide. Elle ne connaissait pas assez cet homme, et elle risquait de se mettre en danger. Ce qu’elle aurait dû montrer avec fierté était aujourd’hui un lourd secret qui risquait de lui attirer la mort. Mais après tout, qu’avait-elle à perdre ? Elle croisa le regard fardé de noir de Sawyer qui la dévisageait avec intérêt. - Tu n’es pas bête, fit-elle remarquer, comme à elle-même. Tu as forcément entendu parler de l’Ordre du Phénix. Notre dissolution, ou notre anéantissement. Le jour où Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et ses fidèles ont découvert notre repère, et nous ont abattu un par un. Elle marqua une courte pause, assaillie par de douloureux souvenirs. Le début de la fin, pourrait-on dire.Sawyer se tourna davantage vers elle, et se pencha comme pour mieux l’écouter. Il lui semblait être transpercée par son regard, et se sentait nauséeuse. Il posa sa main sur son genoux, et affecta une expression rassurante. - Et que peux-tu me dire d'autre sur l'Ordre du Phénix ? _________________ La pluie inspire le plus grand bonheur, telle la vie qui déferle sur terre.
|
|  | | Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Re: Chantons sous la pluie Dim 6 Sep - 17:40 | |
| Sawyer était d’excellente humeur. Le pas encore plus léger que d’habitude, une bouteille de whisky de première qualité dans la main, il gravissait les marches de l’horrible immeuble dans lequel sa compagne du moment logeait. Lorsqu’il fut arrivé devant sa porte, il toqua. Une voix lui répondit d’entrer, ce qu’il fit. Juliette avait les yeux injectés de sang et son haleine chargée d’alcool troubla Sawyer qui était à jeun. Assise sur son canapé, une colère démentielle luisait dans ses yeux tremblants. Sa main serrait étroitement une bouteille presque vide. L’appartement, depuis la dernière visite de Sawyer, semblait avoir été la victime d’une tornade. - Je vois que tu as commencé les festivités sans moi ! Ce n’est pas très poli, plaisanta Sawyer en retirant sa veste. - Tu es mal placé pour parler de politesse, Sawyer, répliqua-t-elle d'un ton sec. Elle le regardait au travers de ses cheveux ébouriffés qui tombaient devant son visage. - Pourquoi ? demanda ingénument Sawyer. Juliette releva sa tête échevelée. De sa main libre, elle posa brusquement la Gazette du Sorcier sur la table. Sawyer la prit et posa tranquillement les yeux sur l’article concernant l’Ordre du Phénix, qu’il avait lui-même écrit. - Un article d’une très grande qualité, si tu veux mon avis. Le journaliste est très bon, hin-hin ! Le visage écarlate, Juliette le fusilla du regard. - J’avais confiance en toi ! cria-t-elle en lui arrachant le journal. Je tenais à toi et tu m’as trahie ! Sawyer ricana. Il trouvait ça idiot, qu’on puisse avoir confiance en lui. Tandis qu’il continuait à rire, il expliqua : - Tu as eu tort ! Il faudrait être sot pour me faire confiance ! Allez calme-toi maintenant, dit-il comme à une enfant. Mais Juliette ne semblait pas considérer l’accalmie comme une possibilité. Furieuse, elle se leva. - Me calmer ? Après ce que tu as fait ?! Elle lui jeta le journal à la figure, puis sa bouteille à moitié vide. Sawyer eut le réflexe d’éviter le second projectile qui se brisa contre la porte derrière lui. Juliette n’était pas désagréable au lit et il la considérait comme une compagnie de boisson tout à fait acceptable. Aussi, il tenta de tempérer son humeur. Il leva ses deux mains gantées face à lui, en signe de paix. - Ze-ha-ha ! Voilà que tu gâches la seule chose de valeur de ce taudis. Sawyer prit alors conscience qu’il n’avait jamais été bon pour calmer les choses. Hum, ne t’inquiète pas, j’en ai une autre ! Il désigna sa propre bouteille qu’il avait posée au sol. Juliette ne la regarda même pas. Ses yeux rougis lançaient des éclairs en direction du journaliste. - Pour toi je ne suis qu’un jouet ! Une simple gourde que tu remplis de whisky ! Tu sais où tu peux te la mettre, ta bouteille, Sawyer ? Devant le visage écumant de rage de Juliette, et en la voyant saisir sa baguette, Sawyer fit prudemment un pas en arrière. Certes il adorait se battre, mais Juliette était un ancien membre de l’Ordre du Phénix, et en cas de combat il serait obligé de lui faire mal. - Et alors ? dit-il narquois. Je t’ai sauvé du passéisme, tu devrais me remercier ! Les souvenirs ne sont que source de craintes et de nostalgie. En plus, je n’ai même pas cité ton nom, conclue-t-il comme s’il s’agissait d’un très bon argument qui lui donnait raison. Mais la colère de Juliette semblait l’empêcher de l’écouter. Plongée dans une frénésie que Sawyer n’avait jamais vue chez elle, il vit dans son esprit ce qu’elle s’apprêtait à faire. Il y eut une incantation prononcée, puis un éclair saphir qui ricocha contre le sortilège de défense qu’avait dressé Sawyer. Le maléfice ravagea une armoire quelques mètres plus loin. Sawyer exulta dans un rire tonitruant. - Ma parole, je te croyais saoule, mais c’est bien pire que ça ! Juliette l’injuria et s’apprêta à l’attaquer de nouveau. Sawyer ne prit même pas la peine de se défendre, et la désarma avec un sortilège qui la projeta au fond de son canapé. Il rangea sa baguette, prit sa veste, et posa sa bouteille sur la table au centre de la pièce. Des larmes de rage mais aussi de tristesse coulaient sur les joues de Juliette. Une lueur d'impuissance passa dans son regard haineux. Sawyer eut un petit rire en la voyant ainsi, la salua avec un chapeau invisible, et sortit. Assis sur l’escalier, un groupe de jeunes se faisait passer une bouteille d’alcool qu’ils buvaient au goulot. - Vous ne devriez pas boire comme ça, ça fait faire n’importe quoi.Sans écouter les réponses salées qui lui étaient adressées, il sortit de l’immeuble. Au dehors, une pluie fine tombait, comme un grand bonheur. Sous cette même pluie, Sawyer se mis à chantonner l’hymne nationale du Royaume-Uni. Il finit par éclater de rire, et transplanna. |
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |