Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Début des Festivités

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Juliette
Animagus


Nombre de messages: 23
Age: 24
Date d'inscription: 23/06/2008

MessageSujet: Début des Festivités   Ven 11 Juil - 17:43

Cela faisait longtemps, trop longtemps qu’elle n’avait mis les pieds à Londres.
Sous la forme de caméléon, elle errait à travers les ruelles de la Capitale, aujourd’hui dans un bien piteux état. Un an et demi qu’elle l‘avait quittée, et tout était tellement différent. Autrefois une ville si animée, les seules activités présentes étaient maintenant plus que douteuses.
La plupart des boutiques avaient été condamnées, les vitrines brisées, les immeubles ravagés. Londres était devenue bien pire que le présageait les rumeurs. Un vent frais balayait le sol, emportant avec lui les restes de vieux journaux Moldus qui dataient de plusieurs semaines.
Mais ce qui attira l’attention de Juliette Miller fut un vieux mur en bois miteux, à quelques mètres d’elle. Dessus, était placardés une dizaine de portraits, tous représentant des sorciers luttant contre Voldemort. A droite de celle d’un vieil homme dont elle ignorait le nom, une photo était affichée, représentant une jeune femme brune souriante, dont le teint porcelaine faisait ressortir les yeux bleu-gris. Elle resta immobile, observant son propre portrait et la légende qui le désignait.
« Juliette Miller, ex-membre de l’Ordre du Phénix. Recherchée depuis la destruction de celui-ci. »
La récompense que valait sa capture était loin d’être la plus haute, comme elle n’était pas négligeable. Il était en effet plus prudent pour elle de conserver sa forme d’Animagus pour le moment.
Le Caméléon tourna finalement le dos à la façade, et se mit à la recherche d’un plan de Londres. Non pas qu’elle souhaitait visiter, mais elle devait trouver ce bar qu’était la Chique du Gobelin. Elle n’avait aucune idée de son emplacement, mais pourtant, un vieil ami l’y attendait. Elle n’eut aucun mal à repérer une carte et l’examina pendant de longues minutes, mais il n’y avait rien à faire. Elle avait été confectionnée par des mains Moldues, il n‘y était donc pas indiqué.
Juliette soupira intérieurement et se remit à la recherche du bar. La journée promettait d’être longue.
Elle essayait de se rassurer en pensant que si elle croisait le sorcier, elle le reconnaitrait, mais elle n’en était finalement pas si sûre. La dernière fois qu’ils s’étaient parlés, alors qu’il l’avait prévenu qu’ils se reverraient plus tôt qu’elle ne le pensait pour combattre dans le même but, il n’était plus totalement le même, autant physiquement que mentalement.
Et si son état s’était aggravé ? Si le temps avait dévoré, en plus des derniers vestiges de la faiblesse de Voldemort, l’être qu’il était quand elle l’avait connu ? Juliette chassa ses pensées de son esprit et continua à chercher patiemment la Chique du Gobelin. Si elle ne le trouvait pas avant la tombée de la nuit, elle n’aurait qu’à reprendre sa forme humaine et user de la magie pour s’orienter.
Le crépuscule arriverait dans environ une heure.
Le Caméléon continua donc tranquillement de sillonner les rues, contemplant les derniers cafés et magasins Moldus ouverts avec mélancolie. Voldemort méritait bien sa réputation de plus puissant mage noir pour avoir ainsi réussit à réduire Londres à cet état de désolation. Même les nuages qui recouvraient le ciel paraissaient plus sombres qu’auparavant.
L’obscurité s’épaississait quand Juliette décida de pénétrer dans une ruelle on ne peut plus étroite pour reprendre sa forme humaine. Elle usa d’un sort que l’homme qu’elle allait revoir lui avait appris de nombreux mois plus tôt pour se teindre les cheveux en une couleur proche du châtain clair, avant de les boucler légèrement. La coiffure en était pour beaucoup dans l’apparence, ainsi, l’on aurait bien plus de mal à la reconnaitre. La jeune femme pensa un instant à aller acheter des lentilles de couleurs dans une boutique Moldue, mais après tout, elle n’en aurait sûrement pas besoin.
Il ne lui restait maintenant qu’une seule chose à faire. Accompagnée d’un geste de baguette, elle murmura les quelques paroles essentielles pour la réussite du sort que lui avait appris Steven, celui qui avait été son plus grand ami, alors qu’elle était encore adolescente. Dans son esprit, le chemin jusqu’à la Chique du Gobelin lui apparaissait plus nettement qu’une carte.
Elle esquissa un sourire et se concentra, malgré la fatigue, sur sa destination. Ce n’était pas le moment d’échouer un transplanage. Peu à peu, elle ressentit la désagréable sensation d’étouffement, jusqu’à ce que ses pieds atteignent à nouveau le sol et que ses poumons se gonflent de délivrance. Avant même d’ouvrir les yeux, elle su qu’elle était arrivée.
La pénombre était totale, comme si aucun des lampadaires de la ruelle ne fonctionnait. La sorcière resta immobile plusieurs secondes, jusqu’à ce que la lumière de la lune parvienne à filtrer entre deux épais nuages. Elle distingua vaguement, à quelques mètres d’elle, la silhouette du bar. Esquissant un sourire, elle s’avança d’un pas, avant qu’un craquement ne retentisse. Elle se retourna immédiatement, mais la lumière de la lune était à nouveau dissimulée. Lentement, la jeune femme entreprit de reculer dans un coin de la ruelle. Mais elle savait qu’elle n’était pas seule, et sentait la présence de l’inconnu se rapprocher.
Elle su qu’il était inutile de se transformer en Caméléon. Elle était repérée.

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La pluie inspire le plus grand bonheur, telle la vie qui déferle sur terre.
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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Sam 2 Aoû - 15:57



Nikolaï :






Nikolaï atterrit sur le sol, à quelques mètres de la Chique du Gobelin, et reconnut le pub que lui avait décris Sawyer. Jamais il n’avait connu ville aussi sombre que Londres la nuit. Le ciel noir était encombré de lourds nuages qui empêchaient capricieusement la lune d’offrir sa faible lumière. Il fit un pas vers le pub, quand il sentit une présence à quelques mètres, et tourna la tête. Il discerna sans peine une jeune femme tapie dans la pénombre, visiblement hésitante. Elle ne ressemblait ni à Susan, ni à Samaëlle Keyne. Il restait une dernière possibilité, et il valait mieux qu’elle s’avère juste pour cette inconnue.
Il s’approcha à grands pas, prêt au moindre geste agressif à réapparaître derrière l’inopportune en un claquement de doigt. Son visage resta impassible à son approche, mais ses yeux s’agitait en tout sens.
- Quel est ton nom ? demanda sa propre voix zézayante.
- Dis-moi donc le votre.
Il n’avait pas de temps à perdre ici, en plein Londres, alors que les brigades ne cessaient de faire des rondes. N’importe qui pouvait les surprendre, et leur poser des questions auxquelles il n’aurait pas envie de répondre.
- Mon nom ne te dira rien, je ne suis pas d’ici. Ton prénom suffira.
- Juliette.
Il poussa un soupir de soulagement. S’il avait tué un des équipiers de Sawyer, qui savait comment ce dernier aurait réagi. En sachant qu’il l’avait déjà vu à l’œuvre. Oui, Nikolaï s’en rendait compte, leur chef avait quelque chose d’effrayant parfois.
- Sawyer doit nous attendre tout les deux, suis-moi.
Il se dirigea vers l’entrée du pub, et toqua à la porte, Juliette sur ses pas. La petite trappe située au centre de la porte s’ouvrit, et un visage d’homme barbu et gras, aux yeux suspicieux apparut.
- Qui c’est ?
- Je suis Nikolaï, Sawyer m’attend, répondit-il pressé.
- Et elle, c’est qui ? demanda l’homme en désignant Juliette du regard.
Nikolaï s’impatienta, si bien qu’il décida d’ouvrir lui-même la porte. Il se concentra puis fit passer sa main jusqu’au poignet dans la porte, comme si elle n’existait pas. Il ouvrit alors manuellement et de l’intérieur toutes les serrures qui bloquait la lourde porte, sous les cris du barbu.
- Sawyer, il force la porte ! l’entendit-il crier derrière celle-ci.
Nikolaï sortit sa main et ouvrit en utilisant la poignet. Le gros barbu le menaçait de sa baguette, l’air sérieux, et en fond, Sawyer était attablé avec Samaëlle, visiblement amusé.
- Pourrais-tu dire à ce gros balourd que nous sommes bien qui nous sommes ? demanda-t-il en direction de Sawyer.
- C’est bon Bill, calma-t-il le sourire aux lèvres. Asseyez-vous donc avec nous tout les deux.
Il referma un petit carnet noir, qu’il glissa dans sa poche, et montra de la main deux chaises qui faisaient face à celles qu’ils occupaient, Samaëlle et lui. Nikolaï n’avait aucune envie de rester avec les deux femmes, et de la même manière, il prit place en face de Sawyer, le plus loin possible de Juliette.
Sawyer regardait Juliette toujours en souriant, et cette dernière faisait de même, quoi qu’avec un certain scepticisme sur le visage.
- Comment vas-tu Juliette, cela fait longtemps maintenant que je n’ai pas eu la joie de ta compagnie.
- Salut, Sawyer. Tu aurais pu me prévenir que j'allais te retrouver dans cet état.
- Pour toi, je suis le même, je reste cet homme que tu as tant aimé. Pour une raison qu’il ignorait, Sawyer se retenait presque de rire. Tiens, Bill nous apporte déjà le repas.
Trois assiettes furent mises, et le barbu jeta un drôle regard à Nikolaï tandis qu’il posait un poulet au centre.
Du poulet, cuit, quelle idée.

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Lun 4 Aoû - 22:35

Samaëlle avait à peine détourné les yeux du mur du fond qu’elle fixait devant elle lors de l’entrée de Nikolaï et de la jeune femme. Elle ne cessait de penser à ce qui s’était passé plus tôt dans l’après-midi, lorsque Sawyer et elle étaient allés rendre visite à Kief. Le revoir lui avait donné mal au cœur et elle avait du regarder ailleurs pour ne pas vomir sur le champ. C’était une tâche dans son passé qu’elle aurait aimé voir partir. En se retrouvant de nouveau face à lui, elle avait eut envie de d’écorcher la moindre parcelle de son corps qu’il avait caressé. Elle avait presque été soulagée lorsque Sawyer lui avait demandé de quitter la pièce. Peu lui emportait ce qui risquait d’arriver à Kief. Elle ne lui devait rien sauf une partie de son malheur, qu’il avait ensuite allégé. Le reste de la journée avait été assez morose pour Samaëlle que les réflexions du Commandant n’avait pas réussi à égayer. Elle sentait sur ses épaules une immense fatigue qui la voûtait presque.
Elle picora à peine le repas servi par Bill et se servit de la première excuse venue pour quitter la table, complétée par Andrews et Ethan arrivés tout deux en retard. La jeune femme les salua tous d’un signe de tête et monta dans sa chambre. Elle se déshabilla en quelques gestes et fila sous la douche s’asperger d’eau brûlante. Elle cherchait à se purifier de ses mauvais souvenirs, de toutes les idées effrayantes qui lui traversaient l’esprit. Ses larmes furent noyées sous le jet de la douche mais en sortant, ses yeux étaient rouges. Elle mit quelques vêtements lorsqu’elle entendit quelqu’un frapper à sa porte.
- Bonsoir, dit-il avec un sourire faussement gêné. J’ai terriblement mal dormi sans toi hier soir, alors je me demandais si tu voulais bien refaire la baby-sitter pour le petit Sawyer.
Elle ferma les yeux, se frotta la tempe et hésita une seconde à lui fermer la porte au nez. Elle n’était pas d’humeur. Et puis elle le fixa un temps soit peu, assez pour se rappeler l’état dans lequel elle l’avait trouvé la dernière fois. Un serrement au cœur la fit changer d’avis. Elle soupira et lui montra l’intérieur d’un signe de tête. Il pouvait rentrer.
- Tu sais bien que je ne peux rien refuser au petit Sawyer. Fais comme chez toi… même s’il n’y a pas grand chose ici.
- Si je remue pendant la nuit, n’hésite pas à me taper dessus, en priorité si mes mains vagabondes là où elles ne devraient pas.
Suite à ces mots il s’assit sur le lit et se déchaussa.
- Si tes mains s’égarent, je ne te frapperais pas je te mettrais dehors et tu dormiras avec les cafards du palier. Elle fit un rapide tour dans la salle de bain et revint en chemise de nuit. Elle s’assit à côté de Sawyer qui avait ôté son haut. Elle fronça les sourcils devant son torse barré. La cicatrice qui joignait ses deux pectoraux ne semblait pas plus vieille que quelques mois.
- Comment tu t’es fait ça ? Elle se pencha légèrement vers lui et suivit la ligne de chair lentement du bout du doigt, le visage toujours perplexe. Le vieux matou aurait-il trouvé un chat de gouttière à sa taille ?
Il posa son regard sur sa propre cicatrice et sourit .
- C’est le cadeau que m’a fait Seth Street avant que je ne quitte l’Europe, il y a sept mois.
- Si un jour tu veux m’offrir quelque chose, choisis un truc moins marquant que ça s’il te plait, c’est un peu trop voyant à mon goût !
Elle fit une pause et reprit son sérieux. Que s’est-il passé ?
Il se tue pendant un moment, les yeux dans le vide, caressant machinalement sa cicatrice.
- C’était le lendemain de la mission. Maugrey était mort dans mes bras et Hélène sous mes yeux. Je n’avais pas dormi de la nuit, quand ils défoncèrent la porte d’entrée de mon appartement au petit matin, dans le but tout à fait secret de m’abattre. J’ai eu tout juste le temps de transplanner chez un ami à l’autre bout de Londres. Quelques heure plus tard, une seconde escouade de Mangemorts me tombait dessus. Cela a duré des jours sans que je ne puisse dormir, sans que je ne puisse penser, anxieux comme jamais. J’avais l’impression de nager en plein cauchemar sans jamais pouvoir m’en réveiller. Ils étaient sans cesse à mes trousses, et mes répits se raccourcissaient. J’ai fini par comprendre que Street avait trouvé un moyen de me tracer au point qu’il puisse me retrouver à n’importe quel coin de la ville. J’ai compris qu’il fallait que je m’enfuisse plus loin, hors de son champ d’action. J’avais déjà pris contact avec Juliette et j’avais les recommandations de Maugrey à suivre, loin d’ici. C’est là qu’il est apparu, tandis que je pivotais pour transplanner, son sortilège me frôla. Lorsque j’atterris, j’étais en Amérique, la poitrine en sang.
Samaëlle l’écoutait, les yeux écarquillés de surprise et de peine. Elle avait été loin d’imaginer le calvaire qu’avait subi Sawyer. Et puis un déclic s’opéra entre ce qu’il lui avait dit le soir où elle l’avait recueillit et ses révélations aujourd’hui. Les « il » et les « elle » mystérieux devinrent des évidences. Elle ne dit rien mais son cerveau fonctionnait à vent à l’heure, tentant de recomposer les morceaux. Lorsque le silence allait devenir pesant, elle relança la conversation. Peut-être avait-il d’autres secrets à lui confier.
- Je suis désolée pour Hélène, je ne savais pas. Tu étais déjà revenu à Londres depuis ce jour ?
- Non, pas depuis hier. Je suis d’abord allé à Salem. Mais depuis ce jour je ne dors plus vraiment. Je l’ai revu mourir cent fois en rêve, je l’entends me parler quand vient le sommeil. Elle me susurre qu’elle m’aime, et d’autres choses aussi.
Son regard vide, sa mélancolie, tout cela foudroya la jeune femme. Elle était dépassée par ce qui ce passait dans cette petite chambre d'auberge, par les souvenirs et les sentiments qui y étaient remués. Elle en eut les larmes aux yeux mais se contrôla rapidement. Elle posa une main sur son épaule et lui dit avec le plus de tendresse qu'elle put :
- Quelqu'un m'a dit un jour " Le passé est une source de craintes. Si vous n’avez plus peur des fantômes mais de leurs empreintes, alors ces mêmes traces peuvent vous rendre plus fort." Sawyer, il faut faire le deuil de ceux qui sont partis, accepter ce qu'ils t'ont offert et les laisser s'en aller. Sans remord.
Il sourit, mais en gardant cette mélancolie dans les yeux.
- Ce quelqu’un devait être d’une rare finesse pour te dire des mots aussi profonds et intelligents. Mais mon cas n’est pas si simple. Je…, sa voix se mit à trembler, je… je l’ai laissé mourir. Oui, je l’ai abandonné au milieu de cet enfer qu’était devenu Londres ce soir là, elle qui était si fragile. Ses mains se mirent à trembler, et il les porta aux deux médaillons qui pendaient à sa poitrine. C’est comme si je l’avais tuée moi-même, tu comprends ? Depuis ce jour elle me hante, depuis le royaume des morts je l’entends m’appeler. J’ai peur… j’ai peur de dormir.
Le tremblement se répandit dans tout son corps et il se colla à Samaëlle comme pour chercher du réconfort. Elle l'entoura de ses bras en le berçant légèrement, espérant sincèrement que ce grand garçon de Sawyer pourrait aller mieux un jour.
Ils finirent par s'endormir l'un contre l'autre, la lumière encore en marche. Peut-être cette nuit encore, Samaëlle apporterait un peu de repos à l'homme qu'elle enlaçait.

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Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui.

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Sawyer
Dépressif


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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Lun 25 Aoû - 16:20

Une lueur réussit à traverser les épais nuages noirs qui obstruaient le ciel de Londres depuis plusieurs années et à éclairer faiblement la pièce. Elle suffit à réveiller Sawyer, qui ouvrit lentement les yeux, et rencontra le visage endormi de Samaëlle. Il sourit et sortit du lit le plus silencieusement dont il était capable. Il se sentait reposé et calme, rien à voir avec l’état dans lequel il était le matin dernier, après avoir passé la nuit loin d’elle. Il se sentait capable de tout, comme si rien ne pouvait désormais l’arrêter. La voix d’Hélène s’était tue, le laissant libre de ses pensées.
Il déjeuna en vitesse.

- - -


La nuit était vite tombée sur Londres, écoulant son obscurité dans les rues de la ville. Le vent glacial faisait voltiger la poussière et des bouts d’affiches de papier déchirées tout autours de leurs pas. Les poings enfoncés profondément dans les poches de son manteau, Sawyer menait les deux femmes vers l’adresse que lui avait fourni Kief, après qu’il lui ai promis de lui enlever la majeure partie de ses os, et de le maintenir en vie dans une cave humide et froide pour le restant de son existence. Il lui avait tout de même démoli la mâchoire et brisé les doigts.
Sawyer connaissait l’établissement qui accueillait désormais ces duels organisés. C’était un ancien bar bien mal fréquenté, connu pour être un repaire à sales types qui frayaient sans vergogne avec les Mangemorts.
Ils y entrèrent sous le regard suspicieux de quelques sorciers attablés. Le barman ne les regarda même pas, et se contenta de frotter un verre en leur tournant le dos.
- Je devine qu’il nous faut aller par là, dit doucement Sawyer en pointa du doigt une porte de bois d’apparence banale dans un coin de la salle.
Il la poussa, et rentra dans une petite pièce. Il s’y trouvait trois hommes, et étaient tous plus grands que Sawyer. l’un d’eux avait de longs cheveux bouclés et gras, et de drôles de tatouages sur les avant-bras, et paraissait être leur chef.
- Que dit le dicton pour les faibles ? demanda-t-il, ses doigts sales posés sur le manche de sa baguette.
- Qu’ils sont les escaliers à piétiner avant d’atteindre la gloire, répondit Sawyer, récitant à la lettre le mot de passe que lui avait donné Kief la veille.
Un peu anxieux à l’idée que le petit sorcier ait pu berner sa Légilimencie, il frotta machinalement sa baguette située à l’intérieur de sa poche. L’homme acquiesça à son soulagement et fit un signe de tête aux deux autres. Ils saisirent alors tout deux un gros anneau d’acier fixé au sol, et le tirèrent jusqu’à ouvrir une trappe auparavant dissimulée, qui amenait en contrebas par une échelle en bois. Sawyer se tourna vers les deux femmes qui lui servaient d’escorte, leur sourit, et descendit.
C’était une vaste salle circulaire où des sorciers et des sorcières discutaient en buvant des petits verres fumants autour de tables en bois noir. Au centre se trouvait une arène enfoncée quelques mètres plus bas, protégée des spectateurs par une vitre sûrement magiquement protégée, et où devaient avoir lieu les duels. Sawyer reposa son regard sur l’échelle par laquelle descendait Juliette et d’où venait de descendre Samaëlle.
Une serveuse habillée d’un costume de cuir passa à coté de lui et il l’interpella.
- Excusez-moi, je cherche monsieur Milas, où pourrais-je le trouver ?
- Il est assit là-bas monsieur, lui dit-elle en désignant une table située un peu à l’écart. Mais si j’étais vous, je n’irai le voir que si c’était important, il n’aime pas être dérangé avant les spectacles.
Sawyer la remercia, et regarda un peu mieux le monsieur en question. C’était un homme au visage gonflé, dont le front finissait de se dégarnir et qui portait une fine moustache qui lui allait d’un coin à l’autre de la bouche. Il état habillé d’un costume sorcier marron, et regardait avec une attention toute particulière aux notes qu’il inscrivait dans son petit calepin de cuir. Derrière lui se trouvait un sorcier assez grand et puissamment bâti, dont la joue droite avait été brûlée et n’avait visiblement jamais vraiment cicatrisée. Ce dernier rappelait vaguement quelqu’un à Sawyer, mais il n’aurait su dire à quelle occasion il avait pu croisé un individu à l’apparence aussi sinistre. Lorsque Sawyer, toujours suivi de Samaëlle et Juliette, s’approcha assez près des deux hommes, celui assit leva la tête, et l’autre porta sa main à sa baguette.
- Que veux-tu ? demanda Milas en fronçant les sourcils.
- Je suis certain que Kief vous a parlé de moi.
Il cilla, l’homme debout fit un geste en direction de sa baguette mais son patron lui fit signe de la main de n’en rien faire.
- Que voulez-vous ? dit-il en enfonçant son regard dans celui de Sawyer, qui nota le passage au vouvoiement.
Sawyer saisit une chaise, et s’assit face à lui, laissant les deux demoiselles derrière lui.
- Il ne vous l’a pas dit ?
Ce n’était pas vraiment une question. Sawyer était certain que dès que Samaëlle et lui était parti, ce petit être puant s’était précipité raconter la nouvelle à son chef.
- Nous ne vous laisserons jamais la récupérer. Sauf si…
- Je sais déjà quelles sont vos règles. Mettez donc sa baguette en jeu, dit-il en pointa du pouce Samaëlle, je mettrai la mienne.
Milas observa Sawyer du regard, puis acquiesça. Il chercha quelque chose dans son calepin, et lorsqu’il l’eut trouvé, le recopia sur un bout de papier. Il claqua alors des doigts, et un petit elfe de maison au teint ambré apparut à ses cotés. Il se saisit de la note, et transplanna comme il était venu. Milas passait son regard de Samaëlle à Juliette, d’un air curieux, mais l’homme à son coté fixait intensément Sawyer de ses yeux froids et durs.
Lorsque l’elfe revint, il portait entre ses deux petites mains une boite rectangulaire en bois.
- Je garderai sa baguette avec moi. Si vous sortez vainqueur, je vous la donnerai. Laissez-moi donc vous présenter votre futur adversaire.
- C’est lui ? demanda Sawyer en pointa du doigt l’homme debout à la face brûlée.
Milas parut surpris
- Non, non. Gregory ne combat pas dans l’arène. Mais l’homme que tu vas affronter ne va pas tarder à arriver.
Un rire gras résonna derrière Sawyer, qui se retourna. De tout les êtres étranges qu’il avait pu croiser le long de sa courte vie, celui-là était en tête de liste. Il ne mesurait probablement pas beaucoup plus d’un mètre, et ses traits ainsi que la couleur verdâtre de son visage donnaient l’impression qu’il avait été la victime d’un vilain virus. Il tenait par le fessier deux jeunes femmes aux formes attrayantes et aux regards vides.
- Alors mes poulettes, d’après vous, en combien de temps je lui fais sa fête à l’abruti que je dois dérouiller ce soir ?
- C’est toi le meilleur mon Gaby, dit la première.
- Personne ne peut te battre, rajouta la secondes en lui caressant son petit front poilu.
Il se mit à sourire et découvrit des dents jaunies et pourries par endroit.
- Je sais, fit-il en imitant très mal la modestie. Tiens, voilà monsieur Milas, bonjour monsieur !
- Bonjour Gabriel. Aujourd’hui sera un soir spécial pour toi, l’homme que tu vas affronter n’est encore jamais rentré dans une arène.
- Où il est ?
- Là, dit Sawyer.
Le nain s’arrêta, et le déshabilla du regard. Il lâcha le postérieur des deux jeunes femmes, et s’avança vers Sawyer. Ses bras semblaient incroyablement longs et épais pour sa taille et lui arrivaient jusqu’aux genoux. Il rapprocha son visage pustuleux, puis se remit à sourire, un sourire mauvais.
- On commence ? demanda-t-il avec le ton d’un charognard.
Sawyer se leva, et lui fit un signe de la main pour lui dire d’attendre. Il se pencha vers Juliette et murmura ;
- Lorsque je serai là-dedans, tu seras la seule de vous deux à pouvoir vous défendre. Si jamais ça tourne mal, j’ai glissé dans chacune de vos poches un mornille qui devrait devenir un Portoloin d’ici vingt minutes. Ils vous ramèneront chez Bill. Il se tourna vers Milas, en souriant. Quand vous voulez.
Le nain, après avoir fessé le derrière de chacune de ses deux demoiselles, lui fit signe de le suivre. Ils marchèrent quelques instants, avant d’arriver à un escalier sombre qui descendait vers une cave.
Son futur-adversaire lui désigna l’obscurité de sa main potelée.
- Après toi.

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Juliette
Animagus


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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Ven 12 Sep - 20:04

Lorsqu’elle pénétra dans le bar qu’elle avait tant cherché, Juliette ne put que s’étonner devant si peu de personnes présentes ; le lourdaud qui s’était montré réticent à les faire entrer, l’homme qui traversait les portes, une femme aux cheveux roses, et… Sawyer. Elle le dévisagea comme un inconnu alors qu’elle prenait place à la table, mais tous ses doutes sur son identité s’envolèrent alors qu’il lui adressait la parole d’un ton qu’elle ne lui connaissait pourtant pas. Décidément, il s’était passé bien des choses en quelques mois. Le dîner se déroula en silence - chacun probablement plongé dans ses propres pensées -, seulement interrompu par l’entrée de deux hommes qui se présentèrent comme étant Andrews et Ethan, et par leurs départs, suivant celui de la femme aux cheveux que Juliette jugeaient d’étranges.
L’air toujours contrarié par leur irruption mouvementé, le dénommé Bill s’isola dans une autre pièce, alors que Nikolaï montait dans sa chambre.

- Alors, mon cher Sawyer. Que me réserves-tu pour ma première journée à Londres ?
- Rien de bien folichon… un duel à mort, aller pactiser avec la pègre Londonienne et essayer d’arriver à sortir de tout cela vivant. Cela devrait être suffisant pour ta première journée.
- J’ose à peine imaginer ce que ça va être au bout d’une semaine. Elle esquissa un sourire, et se leva. Je ferais mieux d’aller dormir si je veux être en forme pour la périlleuse journée qui s’annonce, tu m’as fais courir à travers tout Londres !

Elle lui adressa un bref signe de main avant de monter dans sa chambre. Elle n’eut aucun mal à savoir de laquelle il s’agissait quand elle aperçut le sac qu’elle avait fait parvenir face à la porte du fond. La jeune femme le prit et ouvrit la porte, balayant du regard ce qui était dorénavant sa chambre. Ce n’était pas du luxe, mais elle ne s’en plaignait pas. Depuis la destruction de l’Ordre du Phénix et sa fuite du ministère, elle passait ses nuits dans des auberges semblables. Elle referma doucement la porte et entreprit de vider son sac des vêtements et échantillons de potions qu’il contenait, avant de ranger soigneusement le tout dans les quelques tiroirs qu’elle avait à disposition. Après avoir pris les précautions nécessaires pour que personne ne puisse mettre la main sur les potions, elle se laissa tomber sur le lit grinçant, le visage enfoui dans son oreiller. Plusieurs mois lui semblait s’être écoulés depuis que Sawyer lui avait envoyé cette brève lettre dans laquelle il lui demandait de le rejoindre à Londres. Juliette avait tout de suite été tentée, espérant enfin être utile. Depuis la destruction de l’Ordre, elle n’avait fait qu’observer, sans pouvoir faire la moindre chose pour empêcher la situation d’empirer. Elle eut une vague pensée pour ses parents, sa famille et Steven, tous morts face aux Mangemorts. Elle se recroquevilla et ferma plus intensément les paupières, alors que les pensées se bousculaient dans son esprit. Elle s’endormit finalement au bout de ce qui lui parut être plusieurs heures, sans avoir pris la peine de se déshabiller.

* * *


Juliette fut tirée de son paisible sommeil à l’aube, mais resta longtemps allongée sur le lit, le regard perdu dans les épais nuages de Londres. Elle se leva finalement, ouvrit le jet d’eau chaude de la douche et y resta de longues minutes, ce qui eut l’effet d’embrumer à nouveau son esprit. Elle se vêtit ensuite des premiers habits présentables qu’elle trouva -à savoir, un chemisier blanc et un simple jean-, avant de descendre boire un thé qui eut au moins le mérite de la réveiller.

* * *


Le soir même, elle marchait aux cotés de Samaëlle, suivant de près Sawyer qui les guidait dans les rues sinistres de Londres. Silencieuse, elle observait les imposants bâtiments de la Capitale, qui se dressaient telles de gigantesques ombres autour d’eux. Juliette, qui n’avait jamais craint le froid, avait tout de même pris une écharpe qui la protégeait jusqu’en dessous des yeux. Londres était parcourue d’un vent poignardant. Ils pénétrèrent finalement dans un bar plus que douteux et, quand la jeune femme baissa l’écharpe pour découvrir son visage, une odeur de renfermé manqua de lui arracher une grimace. Ils s’avancèrent discrètement vers une porte qui révéla une pièce étroite, dans laquelle tenaient malgré tout trois hommes crasseux. Le plus imposant demanda un mot de passe que Sawyer récita sans hésitation. Juliette se demanda comment il avait pu obtenir une information si importante, mais après tout, il n’y avait pas de raison de s’en soucier pour le moment. Elle suivit les deux autres par la trappe indiquée, non sans jeter un dernier coup d’œil discret à celui qui paraissait être le Chef. Quelques secondes plus tard, elle observait l’imposante salle dans laquelle ils étaient descendu. Elle était bien plus accueillante que l’entrée de ce bar suspect, mais aussi bien plus intrigante. La première chose qui attira son attention fut la vaste arène, puis les deux hommes que la serveuse indiqua à Sawyer. Une nouvelle fois, elle réprima une grimace en voyant l’homme debout, mais elle resta impassible alors qu’ils s’en approchait. Elle écouta silencieusement la discussion entre le dénommé Milas et Sawyer, et, lorsque fut abordé le sujet de la baguette de Samaëlle, comprit enfin quel allait être son rôle. Elle gardait les yeux rivés sur Milas, tout d’abord parce qu’il l’intriguait, et aussi parce qu’elle n’avait pas la moindre envie de croiser le regard de l’homme au visage brûlé. Elle ne détacha ses yeux de lui que pour se tourner vers le nouvel arrivant, qui était au moins aussi répugnant que ce Grégory, et sûrement aussi dangereux. Elle leva les yeux vers les deux femmes qui ne cessaient de complimenter le nain verdâtre et se surpris à se demander si elles étaient vraiment humaines. Ce fut Sawyer qui la sortie finalement de ses pensées, alors qu’il se penchait vers elle :

- Lorsque je serai là-dedans, tu seras la seule de vous deux à pouvoir vous défendre. Si jamais ça tourne mal, j’ai glissé dans chacune de vos poches un mornille qui devrait devenir un Portoloin d’ici vingt minutes. Ils vous ramèneront chez Bill.

Juliette acquiesça d’un signe de tête presque imperceptible alors qu’il se retournait et suivait son adversaire, laissant Samaëlle et Juliette seules avec Milas, l’homme au visage brûlé, et les deux femmes au regard toujours fixe. Elle jeta un bref coup d’œil à sa partenaire sans baguette et s’apprêtait à lui dire quelque chose quand, déjà, des acclamations s’élevèrent de l’arène. Elle détourna le regard pour le poser sur les deux hommes, face à face, prêts à combattre. La jeune femme se tut finalement, occupée, comme chaque personne présente, à suivre attentivement le duel.

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Mar 16 Sep - 21:48

Samaëlle avait suivit ses deux acolytes comme un zombie qui se baladerait au milieu d’un cauchemar. Elle se réveilla comme après un rêve au milieu d’hommes dont les visages ne lui étaient que trop familier. Elle avait l’impression d’avoir raté quelque chose, elle se posa donc quelques secondes pour analyser ce qui l’entourait.
Ils ne prenaient pas de risques. Samaëlle n’était jamais venue ici et elle ne doutait pas qu’ils abandonneraient l’endroit d’ici peu. Bien que le ministère n’interdise pas les duels, ils n’étaient jamais à l’abri d’un changement de position et ne souhaitaient pas être dépendant de leurs lubies. Ils prenaient dont toutes les mesures nécessaire, du moins le croyaient-ils, pour se sentir en sécurité. Tout cela, Samaëlle l’avait appris à leur contact et surtout grâce aux bavardages de Kief. Elle reconnaissait beaucoup de têtes dans l’assistance, rien n’avait changé depuis la dernière fois.
La jeune femme jetait des regards compulsif à la boîte renfermant son bijou, son trésor, sa baguette magique. En tendant la main, elle aurait pu caresser le bois précieux de l’étui. Milas la toisait d’un regard goguenard, comme s’il était sûr de son arnaque et qu’elle s’était délibérément jetée dans la gueule du loup. Il était le prédateur et elle la proie, s’offrant à ses crocs gourmands. Elle le détestait, il avait été à l’origine d’un bon nombre de ses tourments, il s’était délecté du spectacle qu’elle lui avait offert à contrecœur, la forçant à s’enfoncer toujours plus dans l’ignominie. Elle avait été sa bête de foire et il jouissait toujours sur elle d’un certain pouvoir. Ses attitudes attisaient sa colère, combien aurait-elle donné pour avoir l’occasion de se ruer sur lui ? Elle tâcha de regarder ailleurs.
Sawyer prenait énormément de risques, elle ne savait pas s’il se rendait compte à quel point. Ils formaient une meute de dangereux psychopathes avide de violence, tous prêt à bondir au moindre geste de Milas. Le reste des spectateurs était passif et n’interfèrerait pas dans un conflit. Samaëlle se sentait un peu coupable de les avoir entraîné là-dedans et en particulier Juliette qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion d’apprendre à connaître. Elle se sentait faible et inutile, un fardeau échu à sa coéquipière devenue baby-sitter. La jeune file prit une grande inspiration. Elle ne devait pas avoir ce genre de considération, ils étaient tous réunis aux côtés de Sawyer pour se battre au risque de mettre leurs vies en jeu. Tendue, elle examina une dernière fois les lieux pour projeter leur fuite si besoin il allait y avoir. Cela semblait serré. Les deux femmes étaient bien entourées et quant à Sawyer, s’il voulait arriver à la porte il lui faudrait avoir plusieurs vies pour avoir une chance de survivre.
Plus un bruit. Un regard dans l’arène lui apprit que les deux protagonistes étaient sur le point de s’affronter. Milas avait l’air réjoui d’un homme qui savoure à l’avance sa victoire. Samaëlle profita de l’attention générale pour glisser quelques mots à Juliette.
- Que vous a dit Sawyer ? murmura-t-elle à son oreille.

Mais avant même que réponse ne lui soit faite, les bavardages reprirent et allaient bon train sur l’issue fatale de ce duel qui semblait, à tous, peu commun. Ils connaissaient la réputation de Gabriel et se réjouissait d’avance du divertissement. Ils n’étaient pas venu pour rien. Pendant de longues minutes Samaëlle tenta de s’approcher de Juliette pour pouvoir communiquer, sans succès. Un grand colosse était venu s'interposer entre elle, les yeux brillants d'excitation devant l'arène. Un gigantesque brouhaha attira alors son attention. Elle osa enfin tourner les yeux vers le duel dont elle redoutait tant le choc.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Ven 19 Sep - 21:29

Le sous-sol bifurquait en deux couloirs seulement éclairé par une torche accroché au mur.
- On se retrouve de l’autre coté, lui dit le nain dont le visage était presque déformé par l’animosité.
Il prit le couloir de droite, et Sawyer avança à travers celui de gauche. Sur les murs sales étaient gravés ou dessinés des messages, probablement écrits par sorciers et des sorcières aujourd’hui morts, qui furent tués à l’autre bout du chemin qu’il prenait.
Au bout de quelques mètres, Sawyer arriva sur une ouverture qui remplissait le couloir de sa lumière et qui donnait sur l’arène. Il sentait monter en lui une sorte d’énergie grisante au fur et à mesure qui s’approchait du lieu de la future rixe. Il se battait depuis son entrée à Poudlard, que ça soit contre une bande rivale, contre des êtres de la forêt, ou même pour s’entraîner contre Cervantes. Doué par nature, son vrai talent transparaissait surtout lorsqu’il se battait.
L’arène était tout simple : grande et circulaire, le sol était recouvert de sable épais, rougi par endroit. À son exacte opposée le nain le regardait. Que cachait ce petit personnage nauséabond qui puisse faire de lui la célébrité de l’établissement ?
Le sortilège émeraude fusa à très grande vitesse, et Sawyer eut tout juste le temps de se cambrer en arrière pour l’éviter. Le bras et la baguette tendue, il contre-attaqua immédiatement, mais trop haut.
- Pas mal.
Le regard de son adversaire avait quelque chose de dément. Ses yeux étaient grands ouverts, presque écarquillés, et un sourire effrayant retroussait ses lèvres. Un sourire qui semblait signifier « Tu es à moi ! ».
Sawyer voulut lui répondre quelque chose, mais le son de sa voix s’évanouit dans le vacarme provoqué par les spectateurs entassés contre la vitre en hauteur. Ils frappaient la barrière en hurlant, avide de sang comme une horde de vampires.
Un étrange frisson parcourut l’échine de Sawyer, qui ne put s’empêcher de sourire. Il lui semblait revenir un an plus tôt, lorsque risquer sa vie provoquait chez lui amusement et hilarité.
Il fit jaillir un éclair écarlate dans la direction du nain, mais celui-ci fit un bond sur le coté avec une extrême vivacité, et répliqua à nouveau avec un sortilège émeraude dont Sawyer n’ignorait pas la nature mortelle.
Le nain repassa à l’attaque, et il y eut un échange de sortilège dont la vitesse d’exécution excita la foule qui redoubla de mouvement contre la vitre. L’agilité des sauts et la promptitude à réagir de son adversaire ne rendait pas les choses faciles à Sawyer, dont le front perlait de goutte de sueur.
- Regarde ! cria le nain en désignant la foule qui les observait. Regarde comme ils s’amusent, regarde comme il aime nous voir nous entre-tuer ! Ne te sens-tu pas comme envoûté par leurs encouragements ? Ne te sens-tu pas l’âme d’un gladiateur qui joue sa vie pour satisfaire l’amusement de la plèbe ? Le plaisir qu’apporte le désir de tuer ne te grise-t-il pas ?
- Tu es abject, dit Sawyer en riant. Complètement abject.
Le nain eut une drôle d’expression, mais cela pouvait autant être de la contrariété que le fait qu’il n’ait pas pu entendre Sawyer.
Le combat reprit sans que l’un où l’autre ne parvint à prendre le dessus sur l’autre. Le champion en titre enchaînait les Avada Kedavra tout en sautillant pour éviter les attaques de Sawyer. Par delà la vitre en hauteur, il pouvait voir le visage satisfait qui assistait au duel, épaulé par l’homme à la face brûlée.
S’il continuait à s’économiser ainsi, Sawyer n’en finirait jamais. Il porta sa baguette au dessus de son visage et murmura une formule. De son corps s’échappa alors une étrange brume sombre.

* * *



Le nain le regardait avec un regard à la fois effrayé et presque implorant. Maintenant qu’il était à genoux, Sawyer était obligé de se cambrer en avant pour le maintenir en joue. La baguette de son adversaire retomba dans un bruit léger quelques mètres derrière lui. La foule s’était presque tue, et Sawyer vit le visage rouge et furieux de Milas derrière la vitre.
- Tue-moi…
- Hein ? demanda Sawyer en reportant son attention sur le nain.
- Tue-moi, où c’est eux qui te tueront.
Evidemment, il n’y avait pas d’autre issu. Il n'y avait donc pas d'hésitation à avoir. Le souffle court, Sawyer braqua son regard sur Milas, et murmura la mortelle formule. Un flash vert se refléta sur la vitre, et Sawyer entendit le bruit sourd d’un corps qui tombe lourdement près de lui. Le visage de Milas se tordit sous la rage, et il cria quelque chose à l’homme à la face brûlé qui semblait de mauvaise augure. Sawyer chercha du regard Samaëlle ou Juliette, mais il ne put voir que la foule qui s’excitait encore un peu plus.
Des bruits de pas précipités résonnèrent alors depuis le couloir par lequel il était rentré quelques instant plus tôt, et Sawyer aperçut une escouade de sorciers arriver. S’il ne trouvait pas un moyen rapide de sortir de là, il était mort.
Une image se forma soudainement dans son esprit. C’était une jeune femme très belle aux longs cheveux bruns et lisses, qui lui souriait avec bienveillance.

Hélène…

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Juliette
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MessageSujet: Re: Début des Festivités   Ven 26 Sep - 15:36

Juliette ne pouvait que regarder en silence, malgré l’anxiété qui la saisissait, le duel entre Sawyer et le nain verdâtre. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas assisté à un tel spectacle, et, au fur et à mesure qu’il se déroulait, un mauvais pressentiment s’emparait d’elle. Dans le même temps, il fallait qu’elle pense à avertir sa coéquipière de la façon dont il faudrait s’y prendre si elles se retrouvaient contraintes à fuir de cet endroit peu réjouissant. Mais, malgré les innombrables regards qu’elle lui accordait, elle ne parvenait pas à attirer son attention, particulièrement à cause de l’homme des plus imposants qui s’était glissé entre elles.
Il n’était pas des plus rassurants, et la jeune femme ne voulait pas prendre le risque d’attirer son attention, bien qu’il eu les yeux rivés sur le duel. Des éclairs émeraudes et écarlates fusaient à travers l’arène, déclenchant de temps à autres les exclamations de la foule. Le combat était serré. Juliette ne put que se rendre à l’évidence : ces dernières mois, bien qu’elle eu augmenté sa facilité de camouflage, ses capacités au combat, elles, avaient sûrement régressées. Si elle sortait d’ici vivante, il faudrait sans aucun doute y remédier.

Perdue dans ses pensées, les yeux rivés inconsciemment sur l’arène, son attention ne ressurgit qu’à la vue d’une étrange brume sombre, et mit quelques instants à comprendre qu’il s’agissait d’un sort de Sawyer. Un sort auquel elle ne comprit pas grand-chose. En un instant, le silence s’était installé dans la grande salle, et le temps parut figé. Gabriel était maintenant à genoux, et, quelques secondes plus tard, il s’effondrait sous la lumière meurtrière couleur émeraude. Ce fut comme si l’éclat de cette lumière réveilla Juliette au milieu de cette foule qui commençait à s’agiter. En deux pas, elle se trouvait aux cotés de Samaëlle, et lui murmurait, les yeux rivés sur le visage -qui ne laissait rien présager de bon- de Milas.

- Nous avons toutes deux un mornille-portoloin dans nos poches. Il devrait devenir actif d’ici quelques minutes.

Elle avait à peine fini sa phrase quand Gregory se tourna vers elle. L’homme qui, un instant plus tôt, séparait les deux femmes, pointa aussitôt sa baguette sur Samaëlle, alors que Juliette l’obligeait à se baisser et esquivait de justesse son sort de stupéfixion. Il alla finalement frapper de plein fouet un de ses alliés qui s’effondra sur le coup. Aussitôt, la jeune femme répliqua d’un autre éclair écarlate, et l’homme se déroba. Elle tourna ensuite son regard vers Milas, et sur la boîte qui dépassait de sa poche. Il fallait absolument récupérer la baguette, sinon, tout cela aurait été inutile. A peine avait-elle pointé sa baguette sur lui qu’un éclair vert passait au dessus de sa tête, lancé par le dénommé Grégory.
Elle répliqua par un nouveau sort de stupéfixion qui le manqua de justesse, puis tourna sa baguette vers Milas. Le sortilège d’attraction informulé faillit le surprendre, mais lorsque la petite boîte s’éleva dans les airs, il parvint tout de même à la rattraper. Sans attendre, elle enchaîna par le premier sort qui lui vint à l’esprit. Le sortilège de désarmement lui fut fort utile. La boîte fut projetée dans les airs et s’ouvrit sur la baguette de sa coéquipière. L’arme magique tombait comme lentement, pouvant, à tout instant, se retrouver entre les mains de l’ennemi.
A nouveau, Juliette pointa sa baguette sur celle-ci, prononçant à distincte voix le sortilège d’attraction. Elle aperçut du coin de l’œil une vague rose, et comprit que Samaëlle s’était relevée. Elle sentit la main alliée s’emparer de la baguette. Elles étaient maintenant toutes deux en état de se défendre, et d’attaquer. A partir de ce moment-là, les éclairs fusèrent davantage, alors que les deux jeunes femmes essayaient de se frayer un chemin parmi la foule ennemi pour repérer Sawyer. Le temps s’écoulait, et bientôt, elles se retrouveraient contraintes de partir. A quelques mètres d‘elle, Juliette aperçut un homme qui surgissait de la cohue, et eut à peine le temps de le voir pointer sa baguette sur elle.
La jeune femme se jeta à terre, entraînant avec elle sa coéquipière, alors que le sort meurtrier l’aveuglait. Haletante, elle se releva presque immédiatement et stupéfixia le sorcier. Il s’en était fallut de peu. Elle jeta un coup d’œil à Samaëlle, qui s’était elle aussi relevée, avant de se fondre toutes deux dans la foule.
Elles arrivèrent finalement devant la vitre circulaire qui permettait d’assister aux duels. Au centre de l’arène, Sawyer était encerclé par une escouade de sorciers. La situation était maintenant plus que critique. Le regard des deux femmes se posèrent en même temps sur l’escalier qu’il fallait emprunter pour se rendre au sein de l’arène. Il fallait qu’ils parviennent tout trois à se sauver.

Juliette avait esquissé un pas quand une étrange sensation lui agrippa le nombril. Elle croisa le regard de Samaëlle, et su qu’il en était de même pour elle. Le portoloin les amèneraient chez Bill, même contre leurs volontés.

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Début des Festivités

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