Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Enquête [6]

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Joanne Street
Ex Auror


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MessageSujet: Enquête [6]   Dim 4 Mar - 14:06

Phalange II : Ombre

18/01/1999


Malgré la relative fraîcheur de la douce bise qui soufflait, les rayons ardents de l’astre du jour tapaient dur pour une journée d’hiver londonienne normale. La plupart des gens auraient profité de ce rare jour de chaleur pour se détendre et profiter d’un bon bain de soleil à la plage ou dans le parc. Malheureusement pour la brigade numéro Sept de l’escadrille Auror ce soleil de plomb les contraignaient à baigner leur uniforme de sueur, leur collant à la peau et en les réduisant à souffler comme des buffles pour tenter de se réhydrater. Pis encore, à mon grand dam c’est moi qui ce jour là faisait partie de l’équipe chargée de l’investigation. Parmi tous les jours que comptait une année, il avait fallut précisément que je tombe sur celui-là pour qu’on m’assigne enfin une mission de terrain ! Au moins pouvais-je quand même m’estimer heureuse de ne pas avoir les fesses collées à mon siège sous une montagne de papiers à examiner. Mais bon sang, pourquoi faisait-il si chaud ?

Je regardai haut dans le ciel. Pas de doute c’était bien elle. On l’avait signalée tôt ce matin et une équipe de repérage était venue vérifier l’exactitude du témoignage. Une heure plus tard, faute de personnel, on m’envoyait moi et mon équipe sur les lieux. La maison était assez éloignée mais proéminait sur une petite colline. Du coup on pouvait la voir de très loin, autrement il était certain qu’on aurait mis plusieurs jours avant que le signalement ne nous soit rapporté.
- Plus impressionnante que dessinée sur les petits bouts de papier que t’examines à longueur de journée, hein ?
Kayle Nathaniel, mon bras droit. Un bellâtre qui ne manquait pas une occasion de faire valoir son joli minois. Il était drôle à toujours se pavaner comme un roitelet à qui le monde appartient. Drôle mais pas vraiment le genre de chaussure qui irait à mon pied.
Je me contentais d’hausser les épaules. Avec tout ce qu’on racontait sur elle je me la figurais bien plus grande, bien plus horrible que celle que j’avais sous les yeux. Comme quoi c’était bien la peur qui minait les troupes et faisait perdre les guerres. Et nous perdions la guerre.
- Effacez-moi ce graffiti géant avant que d’autres moldus ne le voient. Dis-je à l’équipe en me détournant de la Marque des Ténèbres.
Certes l’avantage était que l’exposition de la maison nous avait permis d’être averti quasiment tout de suite mais le revers de la médaille était que la marque était à la vue et au su de tous depuis ce matin même en comptant le périmètre sécurité et il n’y avait aucune raison de donner plus de boulot que nécessaire aux Oubliators qui patrouillaient dans le coin. Laissant tomber les techniciens antisorts à la tâche qui leur incombait, je me dirigeait vers la maison, talonné de près par Kayle qui avait plongé son nez dans un calepin et griffonnait avec son écriture en patte de mouche un petit topo des lieux.
« D’après les éclaireurs il y a eu trois victimes. Arold Bones, sa femme et leur fille. Monsieur Bones était un gars du ministère. Travaillait dans la recherche et théories sur les créatures magiques éteintes d’après les relevés. J’vois pas en quoi Tu-sais-qui aurait eu besoin de lui clouer le bec comme ça. » Il avait fini de feuilleter les pages du calepin et le rangea dans sa poche en pénétrant la maisonnée. Tout était calme à l’intérieur. Johns était en train d’analyser l’appartenance des marques de sang qui jonchaient les murs et Doc auscultait les cadavres.

Bon, même si c’était calme la vue et l’odeur avaient de quoi vous donner envie de vomir. Tous les murs, dans presque toute la maison étaient peinturluraient de rouge. Le sang des victimes vraisemblablement. Quant aux cadavres, mieux valait ne pas en parler. Il avait fallut faire analyser la dentition des trois pour identifier formellement la famille Bones. A notre approche, Doc se redressa et épousseta sa blouse. « Alors ?
- Et bien, je n’avais rien vu de tel avant.
Il grata sa tête atteinte de calvitie d’un air dubitatif. On pourrait penser que se sont des vampires qui ont fait le coup mais… il regarda la chambre dans laquelle il se trouvait. J’ai jamais vu de vampires doué pour ce genre de peinture et puis ils ont tous le visage défiguré comme si on avait arraché la peau avec la mâchoire et ça, ça ressemble plus à du style loup-garou.
- Et bien c’est peut-être la bande à Greyback ? »

Doc – alias Robert Dolorès - secoua la tête. C’était un homme courtaud au crâne complètement dégarni portant de grosses lunettes rondes qui lui grossissaient les yeux de façon disproportionnés. Il travaillait à la morgue depuis suffisamment longtemps pour avoir oublié ce qu’était un sourire.
- Pas possible ça. La taille des crocs ne correspond pas et hier c’était bien la pleine lune. A moins qu’ils aient pris une potion tue-loup – ce qui m’étonnerait - ça ne peut pas être eux.
Avec Doc qui séchait complètement sur la race du ou des meurtriers, l’enquête allait avoir du mal à avancer. Le plus troublant était que cela ne ressemblait à aucune des méthodes qu’avait jusque là utilisé le Seigneur des Ténèbres. Ni enlèvement, ni corps retrouvé raide par un sortilège interdit, ni yeux perdus vers le néant par un baisé de détraqueur. Non. Seulement un terrible carnage qui avait tout d’une boucherie pure et simple. Etait-ce un message que voulait faire passer le magicien noir ou une nouvelle arme dont il nous faisait entrevoir la puissance ?

A côté de moi, Kayle gigotait mal à l’aise. Comme si on pouvait resté à l’aise avec trois macchabées sauvagement égorgés lorsque votre docteur de génie ignorait qui ou quoi avait bien pu leur faire ça ? Voilà encore un autre dossier de plus d’une centaine de page qui allait atterrir sur mon bureau et avec quoi ? Aucune preuve, aucun indice, rien. Ne pouvant rien tiré de plus je me tournais vers le grand barbu d’origine indienne qui portait un turban sur la tête en plus de l’uniforme traditionnel auror : « Johns, alors cette analyse ?
- Bah pas grand-chose de ce côté-là non plus, dame. Y a que le sang des victimes sur le mur, pas de trace des agresseurs.
- Bon sang se ne sont pas des fantômes qui ont pu faire ça ! Je veux que tu ratisses le moindre millimètres carrée de cette foutue baraque. Il doit bien avoir une trace quelque part…
Râla Kayle Nathaniel découragé.

Johns se remit aussitôt au travail et du bout de sa baguette magique tapotait chaque pan du mur barbouillé du sang. Il n’y avait rien à tiré de plus ici. Mieux valait encore une fois interroger les dernières personnes à avoir vu la famille en bonne santé. Peut-être cela éclaircirait-il au moins le motif de l’exécution du simple chercheur des créatures disparus.
Sortant de la maison, je m’avisais de la foule qui s’était amassé devant la clôture. Foutus journalistes. Malgré la mise en quarantaine de l’endroit, plus d’une dizaine c’étaient rués sur les lieux du crimes et prenaient des photos, prenaient des notes dans leur carnet, posait des questions aux vigiles de garde ou tentaient de passer la barrage magique qui isolait la maison. Jetant un œil entendu à Kayle, celui-ci se précipita tout sourire vers les journalistes. Je m’en remettais à lui maintenant. Son image charmait toujours ces rapaces et son beau parler qu’il savait si savamment adopté pour enrober ses phrases permettait aux journalistes de repartir avec des pages et des pages tout en ayant en somme, rien de bien important à raconter à part qu’un meurtre avait été commis par On-sait-qui.
Fatiguée par l’agitation et la chaleur, je passai la barrière magique et me dirigeais vers la voiture pour y prendre une bouteille d’eau pour me rafraîchir. Mais pourquoi avait-il fallut que se soit cette journée précisément ?

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Dernière édition par le Sam 24 Mar - 18:54, édité 1 fois
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Sawyer
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MessageSujet: Re: Enquête [6]   Dim 4 Mar - 21:37

Joanne Delacroix ouvrit la portière de la vieille voiture magique et s’assit à la place du conducteur. S’essuyant le front à l’aide d’un mouchoir, elle prit une bouteille d’eau qui se trouvait dans la boite à gants, et en but plusieurs gorgés, tout en observant la désormais triste demeure où la marque des ténèbres commençait à disparaître sous les actions magiques de ses sous-fifres.

- Le plus étonnant, c’est qu’ils aient mis tant de hargne à ce que l’on ne distingue même pas les Bones les uns des autres, dit Sawyer, complètement détendu. À croire que la stratégie de Vous-Savez-Qui a changé du tout au tout.

Il était allongé sur la banquette arrière, les jambes étendues et les pieds posés sur l’accoudoir de la porte gauche, les mains derrière la tête, regardant nonchalamment la comtesse s’étouffer avec sa bouteille en entendant la voix d’un homme dans sa voiture. Elle la laissa tomber pour se saisir d’un geste vif sa baguette et la braquer sur le journaliste. Un semblant de nervosité trahissait son regard. Haussant un sourcil, Sawyer entrouvrit ses lèvres noires afin de reprendre la parole et calmer le jeu.

- Calmez vous comtesse, je ne suis pas un loup garou, et encore moins un Mangemort cherchant à vous abattre en traître. Je ne suis qu’un humble mais néanmoins charmant journaliste.

Accoudé sur le repose tête du siège avant, la baguette toujours braquée sur son torse de façon à l’occire au moindre geste suspect, la jeune auror semblait perturbée par la présence du drôle de sorcier qui faisait la sieste à l’arrière de sa voiture, mais gardait néanmoins les sourcils froncés et le ton professionnel.

- Prouvez le.

À la manière d’un prestidigitateur, il dégagea sa main droite de sa nuque pour faire apparaître sa carte de journalisme du fin fond du néant d’un claquement de doigt. Jonglant entre lui et ce qui était écrit sur la carte, elle prononça la phrase type « Donnez-moi aussi votre baguette, après on pourra discuter de votre présence ici. » De la même façon, il lui laissa sa carte et sortit le dit objet de son étui dans un geste d’une rare fluidité, et la lui donna, le bout tendu vers lui.

- Vous n’avez pas changé comtesse, vraiment pas.
- Peut être nous connaissons nous ?
- Hum…,
il se caressa le menton regardant le plafond de l’automobile, cela devait être votre dernière année à Poudlard étant donné que l’on ne vous a plus vu l’année d’après. J’étais le plus jeune d’un groupe de cinq canailles qui passaient leurs soirées à tenter d’enfreindre les lois, vous, charmante et désarmante préfette en chef, vous gardiez continuellement un œil sur nous, ce qui nous a empêché de faire bien des bêtises durant mon premier cycle.

Il la vit cligner des yeux, observant un peu mieux le nom qui était indiqué sur sa carte de journalisme, et l’homme qu’il était, regardant le ciel à travers la vitre arrière du véhicule. Cela devait bien faire quatorze ans qu’elle n’était pas retournée au vieux château de Poudlard. Sur son visage apparut alors un semblant de tristesse lorsqu’elle le regarda, regarda le petit garçon timide devenu un homme à l’apparence d’un clown à moitié stylé.

- Qu’est ce que le monde a fait de vous Cuthbert…

Il se redressa pour lui faire face, s’appuyant contre le siège, et la regarda un instant, rattrapée par son passé. Il lui fit alors un clin d’œil malicieux, tirant la langue sur le coté.

- Un monstre, dit il en riant, un monstre comtesse, un ersatz raté de la folie.
- Si vous êtes vraiment devenu journaliste Cuthbert, comment cela se fait-il que j’ai vu votre nom mentionné dans aucun des articles de la Gazette du Sorcier.
- Oh si, vous avez du me lire, et même plus particulièrement moi plus que tous les autres. Je suis TS, le journaliste censuré par nature.


Le visage de Joanne eu un rictus mauvais en attendant ce pseudonyme. La malice de Sawyer s’exprima un peu plus sur son visage ; il se savait détesté par une bonne partie du ministère. Normal vu que chacun de ses articles expliquaient en quoi ils étaient incompétents. La présence des Vénitiens depuis plus d’un mois lui donnait un peu plus d’inspiration pour la moquerie. Bien sûr, tout ceci n’aurait pas été possible il y a deux ans, quand la Gazette était aux mains du ministre et que le rédacteur en chef de l’époque lui mangeait dans la main. Maintenant que le journal avait été reprit par quelqu’un de différent, Sawyer pouvait s’en donner à cœur joie, même si il se faisait à chaque fois censurer au moins une ou deux lignes.

– Alors, votre fichu docteur Dolorès piétine n’est ce pas. Cela ne m’étonne pas vraiment.

Il prit l’air de celui qui savait mais qui ne dirait rien, et s’enfonça un peu plus dans le confortable siège arrière. Faisant craquer un à un ses doigts gantés, il repensa à la nuit dernière. Il avait comme d’habitude traîné tard dans les rues de Londres, il ne trouvait plus trop le sommeil dernièrement, et arpenter la ville devenait presque un passe-temps, s’arrêtant de temps à autre dans un pub pour boire une bouteille d’hydromel. Il avait entendu un cri, mis son masque à la va-vite et s’était dirigé vers le lieu d’où cela provenait, pour ne voir que la marque qui scintillait, et quatre ombres disparaîtrent dans la nuit. À moitié éméché, commençant tout doucement à ressentir la fatigue, il n’avait pas eu la force de les poursuivre.

Il était alors rentré voir s’il restait des survivants, s’il pouvait recueillir le témoignage d’une victime agonisante. Mais non, rien, un travail de boucher, du sang partout, comme un tableau peint par un artiste furieux. Il y régnait l’odeur si désagréable de la chair fraîchement déchiquetée. Se bouchant le nez, il était vite sorti de la propriété ; voir un Vénitien sur le lieu d’un crime n’était pas forcement la meilleur pub possible. Il avait attendu, avait rejoint les curieux, cherchant un auror à qui faire son témoignage. Puis quand Joanne était arrivée en voiture, il s’y était glissé pour faire un petit somme, histoire de se remettre.

- Vous savez, je ne pense pas que ces choses étaient vraiment humaines. Comme votre fameux docteur à du le voir, ce n’est pas vraiment signé Greyback, ce dernier est bien plus vicieux dans sa façon de faire. Les créatures qui ont fait ça n’avait pas seulement soif de sang, mais aussi de chair, une faim insatiable à ce que j’ai pu voir. Il posa son index sur son menton, mimant une réflexion intense en fronçant les sourcils. Vous-savez-qui aurait donc trouvé au moins quatre nouveaux alliés ?

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Joanne Street
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MessageSujet: Re: Enquête [6]   Sam 10 Mar - 21:43

L’être n’était ni difforme ni moche ma foi, on pouvait même presque dire que de sa personne se dégageait presque une aura mystique qui aurait presque pu le rendre séduisant s’il n’était pas aussi confortablement installé dans la voiture comme si elle était la sienne propre. Je résistais néanmoins de lui lancer un expilarmus ou un autre sort du même acabit de la cinquantaine que je connaissais sur le bout des doigts et même jusqu’au bout de la baguette afin de l’interroger ensuite dans une jolie petite cellule bien fraîche par ce jour de chaleur inhabituelle.

Il s’avéra qu’il s’agissait de Sawyer Cuthbert. L’homme aux cheveux violets n’avait plus rien à voir avec les quelques souvenirs que j’avais du petit garçon de Poudlard. Atterrée je me demandais comment un homme pouvait connaître une telle déchéance et arriver à ça. Car il était évident que cet être n’avait plus toute sa tête. Non qu’il me sembla bête mais étrangement dépourvu de duplicité, comme un vide dans sa personnalité.
Le fait que je le connaissais avant ne m’empêcha pas de rester sur le qui-vive. Sa présence était bien trop suspecte pour qu’il soit innocemment venu attendre dans ma voiture pour y roupiller un moment avant de me lâcher des informations capitales sur la date du meurtre et le nombre de meurtriers. Etais-ce un avertissement de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Avait-il envoyé un de ses mangemorts à visage découvert bien signifié qu’il ne nous craignait plus et qu’il pouvait désormais agir à sa guise sans se cacher toujours dans l’ombre ?

- Monsieur Sawyer, vous êtes bien renseigné pour un simple journaliste.
J’haussais les sourcils pour souligner mon interrogation. L’autre ne fit que sourire d’un air malicieux.
- D’après vous, ils étaient quatre ? Ne seriez vous pas l’un d’entre eux ? Votre carte de journalisme ne signifie absolument rien et elle ne vous sauvera pas.
-

S’ils étaient vraiment quatre personnes cela pourrait nous donner réellement un coup de pouce pour l’enquête. Des bêtes assoiffées de chair et de sang hein ? Un frisson me parcourut l’échine. En y repensant, il y avait bien deux personnes que je ne connaissais que trop bien qui auraient pu être susceptible de faire un tel carnage.
D’après la description que m’en avait fais Jean, la mort de sa compagne avait été brutale, bestiale et il en avait ressentit un douloureux plaisir à cette besogne. Etais-ce vraiment lui le responsable ? Qu’est-ce que Père avait-il bien pu encore fabriquer ? Et qui étais les trois autres ?

Je ressemblais mes pensées vers le Joker nonchalamment installé sur le siège arrière. Il était trop tôt pour ce genre de conclusion hâtive. Et Jean ne ferait jamais ça. Si ? ’’Pas toute à fait humaine, hein ?’’ La chose que j’avais devant les yeux ne l’était pas tout à fait non plus.
- Monsieur Sawyer, vous allez vous assoire correctement et attacher votre ceinture. Je vous amène au poste pour que vous y fassiez votre déposition.
Nathaniel revenait déjà vers la voiture. Apparemment il avait fini d’embobiner les journalistes. Se serait de sa faute s’ils écrivaient n’importe quoi une fois de plus. D’un petit signe de tête je lui désignais notre passager arrière en faisant la moue. Il inclina la sienne en signe de compréhension. Parfait. Il le tiendrait à l’œil.
- Ah, Kayle, je vous présente monsieur Sawyer. Cuthbert Sawyer.
L’auror sourit de toutes ses dents en tendant une main vers Sawyer.
- Un chewing-gum, Cuth ?
Et la voiture démarra.



Je ne sais pas si ce qui m’alerta fut cette ombre furtive tournant à l’angle de la rue ou bien simplement cette désagréable impression que l’on m’observait ou bien le petit picoti dans la nuque ou encore mon intuition féminine, toujours est-il que je le sentis arriver. Trop tard malheureusement pour y échapper.
Il y eut une explosion et la voiture fit une embardée. Elle fit plusieurs tonneaux avant d’arrêter sa course dans un mur avec un grand fracas de tôles tordues et de verre brisé. La voiture de fonction moldue était un vieux modèle datant d’une quinzaine d’année. Elle n’était donc pas équipée de cette merveilleuse invention que les moldus appellent airbag.

La vue embrumée par le sang qui me coulait du front et dégouttait goutte par goutte de mon menton, je luttais pour rester consciente et les yeux grands ouverts. Les mains crispées sur le volant, en état de choc, j’en étais encore à me demander ce qu’il venait de nous arriver quand un grand « Boom » juste au-dessus de ma tête et provenant du toit de la voiture se produisit. La tôle s’affaissa d’au moins cinq centimètres en laissant deux marques distinctes qui rappelaient vaguement des marques de bottes.
Plusieurs bruits suspects retentirent à nouveau. Je me débattis pour détacher ma ceinture. A côté de moi Kayle était dans les vapes, du sang coulait tout le long de son beau visage et son front reposait sur la boîte à gant ouverte par le choc. De mon côté la porte était enfoncée sur elle-même et bloquée par le mur. Impossible de sortir. Un bruit derrière moi me suggéra que Sawyer était encore bien vivant. Je voulus lui dire de ne pas s’inquiéter mais aucun son ne put sortir de ma bouche. Un goût amer de bile et de salive mélangées à mon propre sang se répandit dans ma bouche, sur ma langue et sur mon palais.

Un nouveau bruit me fit à nouveau levé les yeux. Cette fois-ci un homme se tenait debout sur le capot de la voiture. La verrière brisée, rien ne nous séparait l’un de l’autre à part quelques lambeaux de verre effilé qui pendouillaient lamentablement.
Mon sang se gela dans mes veines. Deux lueurs rouges brillaient dans les orbites de l’être face à moi. Jean ?

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Enquête [6]   Jeu 15 Mar - 21:13

[TS : vu que t'es pas sur msn j'ai pas pu avoir ton accord pour les paroles de Jo, donc si ça convient pas édite directement le message, sans trop dénaturer le rp ;] ]



Le choc fut violent. Si Sawyer n’avait pas eu la bonne idée d’obéir à la Comtesse Delacroix pour faire bonne figure, car après tout, malgré ses trente printemps elle était encore assez fraîche pour être cueillie, la belle auror, il aurait sans doute subit le même sort que l’assistant sur le siège de devant. Sa tête ayant rebondit sur la vitre, son arcade sourcilière déversait un flot de sang qui ruisselait sur le long de son visage. La fenêtre portait désormais un impact semblable à une mosaïque, tachée par une grosse tache rougeoyante. Malgré l’importance du choc, Sawyer ne ressentit aucune gène, juste une douleur lancinante. Passant sa main ganté sur son visage ensanglanté, il se remit à rire, comme étranger à la souffrance et à l’aspect critique de la scène. Un bruit sourd ; il leva la tête pour voir le plafond fléchir, sans aucun doute sous le poids d’une des même personnes qui leurs avait joué ce mauvais coup. Il tenta en vain d’enlever sa ceinture, mais cette dernière était bloquée, le mécanisme semblait s’être enraillé sous le choc.

- Diffindo, dit il, et il la coupa de manière à se libérer de son étreinte.
Au même instant un être atterrit sur le capot de la voiture. Joanne donnait l’impression de ne pas découvrir totalement cette forme humaine, pendant que Sawyer s’approchait entre les deux sièges avants. L’absence de pare-brise les rendait vulnérable à une attaque de front venant de l’être mi-homme, mais aussi mi-bête si l’on observait un peu mieux ses yeux, tels deux rubis incandescents ou encore ses vêtements tachés négligemment de sang, fort à parier humain. Sans prévenir, la « chose » avança d’un pas, avant de se jeter, gueule en avant, laisser apparaître quatre magnifiques canines en quête de chair. Un éclair le renvoya plusieurs mètres en arrière : Sawyer, un beau sourire dessiné sur ses lèvres d’ébènes, témoignant de son détachement face à l’incroyable pression qu’imposait la scène.

- Les femmes sont toujours plus sensibles au stress… Ze-ha-ha.
Il leva la tête, et d’un geste de sa baguette, fit apparaître une fenêtre à la place du plafond. Ouvrant le nouvel accès, il fit sortir d’un autre mouvement magique le corps inerte de Kayle, puis s’y hissa à son tour. À genou sur le toit de la voiture, il pouvait voir l’homme monstre revenir à la charge. Il repassa alors son visage devant l’ouverture et tendit son bras à l’intérieur.
- Hisser vous comtesse, j’ai bien peur que notre nouvel ami ne soient pas très fréquentable.
Elle sembla hésiter un moment, puis saisit la main qui lui était tendue. Il la remonta sans trop d’effort, gardant un œil sur leur adversaire qui ne semblait pas tellement pressé d’en finir, comme étrangement sûr de lui. Il fut alors rejoint par un de ses pairs, portant dans ses pupilles la même lueur rouge. Il semblèrent converser un instant. Peut-être se partageaient-ils les futures victimes ? La rue était déserte, et les innombrables sorties qu’elle offrait ne semblait pas les inquiéter. Sawyer regarda tour à tour ses deux compères ; Kayle était toujours dans un état incertain, les yeux clos et le sang ruisselant, Joanne semblait avoir perdu tout ses moyens, comme tétanisée à la vue du monstre.

- Relevez vous chère Joanne, votre enquête vient de finir de piétiner pour nous projeter dans le cercle au combien vicieux de la violence, hin hin…
Bien sûr il aurait pu transplanner et les emmener à l’abri tant que la belle auror n’avait pas reprit tout ses esprits, mais là chance avait voulu qu’ils soient encore suffisamment près des quartiers sorciers où résidaient les Bones, pour subir l’aura magique des bornes anti-transplannage. Malgré le Revigor que lui lançait Sawyer, Kayle restait immobile, et devenait surtout un poids mort de trop étant donné la situation. Il se retourna vers Joanne, qu’est ce qui lui prenait tout à coup ?

- Je n’aime pas vraiment la violence physique Comtesse, mais quand il en va de ma vie… il leva le bras et… PAF ! envoya une claque sur la joue de l’auror, qui sortit alors de sa torpeur, frottant la marque pourpre inscrite sur sa pommette. Vous me rendrez la pareille si on s’en sort vivant, promit-il, ce qui n’est pas une mince affaire, hin hin hin…

Elle se releva alors, observant avec plus de conviction les deux êtres qui semblaient affamés par une faim insatiable. Bien... Un des deux avança tout d’un coup, à la manière d’un félin attaquant sa proie, et se jeta comme il l’avait fait auparavant, les mains et crocs en avant. Mais Joanne le renvoya d’où il venait, quelques bosses en plus. Elle leva alors sa baguette vers le ciel, et envoya une fusée dorée, qui explosa dans une multitude de lumière rouge.
- Vous appelez la cavalerie ? demanda Sawyer, un genoux à terre, il essayait de relever le comateux tout en regardant au ciel l’objet non identifié.
- En quelque sorte oui, dit-elle en souriant machinalement, une goutte de sueur perlait sur son front. Ne perdons pas de temps, vous aviez dis qu’ils étaient au moins quatre, si c’est eux, et vu leurs belles dentitions je n’en doute pas, qui ont fait des Bones leur quatre-heure, alors deux autres doivent nous guetter dans les environs.
- Locomotor Kayle, murmura-t-il, et le corps du dit Kayle plana au dessus de l’auto, au rythme de sa baguette.

Ils sautèrent tout les deux au sol, Sawyer gardant le corps de l’auror au dessus de lui, le protégeant des coups de dents et des sorts malvenus, rapidement coursés par les deux hommes-monstres. Le fait semblait être qu’ils courraient plus vite qu’eux, et en quelques dizaines de secondes, l’un d’eux arracha la chaussure de Kayle. Essoufflé, les deux compagnons d’infortunes se retournèrent. Joanne était la seule ayant encore sa baguette libre, et le journaliste hésitait à sacrifier l’inconscient en le reposant au sol, pour faire usage de la sienne.
Gagner du temps, c’est tout ce qu’il fallait faire. Une brigade de tireur de baguette magique d’élite allait bien finir par arriver, attiré par le signal d’alarme. Tout ce qu’il fallait faire, c’était retenir ces bêtes assoiffées de sang, qui semblaient avoir des réflexes fulgurants en matière de combat. Joanne les tenait en joue, pendant que Sawyer regardait autour d’eux, quand ils entendirent deux bruits sourds. Il se retourna pour voir deux nouveaux monstres, surgit des toits, avec ces mêmes yeux flamboyants…

- Si on s’en sort vivant comtesse, promettez moi de m’offrir un verre, ze-ha-ha ! déclara-t-il en riant.

Il annula son sort de lévitation et prit Kayle sur son épaule, non sans gémir sous son poids d’homme adulte. Son sourire restait présent, comme défiant la mésaventure qui les poursuivait. The death is at the end of the road, comme dirait l’autre.
Venez mes mignons...

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Joanne Street
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MessageSujet: Re: Enquête [6]   Jeu 22 Mar - 15:37

Lorsque que courir est la seule issue pour sauver sa vie il n’existe plus rien autour de soi. La vie se réduit au pied que l’on pose devant l’autre, à la fin de ce couloir de mort avec la lumière au bout et la peur. En l’occurrence il n’y avait pas de petite lumière au bout cette fois là. Seulement un immense gouffre d’où s’exhalaient des relents de morts. Et au fond, tout au fond, si loin qu’ils ne représentaient que deux tout petits points minuscules à peine visibles : deux grands yeux immenses et rouges qui obstruaient totalement mon champ de vision.
Ma tempe battait contre mon crâne pour me sortir de ma stupeur, mes mains cherchaient à saisir la baguette pendue à ma hanche et mes pieds courraient vers le néant pour s’éloigner de cette vision. Et pourtant aucun muscle de mon corps ne bougeait. Rien ne voulait obéir et je restais là en dehors de tout temps et de toute pensée à m’abîmer dans les éclatants soleils jumeaux de mon agresseur. Et puis le choc vint. Violent, rude mais tellement libérateur comme si soudainement le rideau de noirceur s’était relevé pour révéler un immense jardin de verdure où les rayons du soleil fondaient sur les joues en un petit picotement douloureusement bienfaisant.


Eveil. C’est bien le mot qui résume le mieux l’état d’esprit dans lequel je me trouvais encore quelques secondes plus tôt. Il n’y avait plus ni question, ni peur, seulement le fait que nous étions agressés par des serviteurs des Ténèbres. Les questions viendraient après. Et la peur avec. Le but était de survivre, fin des règles du jeu. A moi de jouer à présent. J’avais déjà lancé une balise de détresse. Vienne qui pourrait – même ces Vénitiens à la limite - mais il ne fallait guère y croire. Notre force de frappe ne comptait que moi, le clown et Kayle toujours dans son état comateux qui handicapait fortement le potentiel de Sawyer.
Je lui aurais volontiers conseillé de fuir et de me laisser me débrouiller avec les Yeux Rouges mais c’était inutile. Nous étions déjà encerclés et à deux contre quatre. Deux devant moi que je tenais à distance avec ma baguette et deux autres en haut, sur les toits au-dessus de nous, près à bondir à la moindre ouverture dans ma défense. Autant dire qu’une mort imminente nous attendait. Les quatre lascars ne faisaient pas dans la dentelle si c’était bien eux qui avaient agressé et tué sauvagement la famille Bones. « Si on s’en sort, comtesse, promettez moi de m’offrir un verre ! Ze ahah ! »
Malgré moi je souris. Au moins partirai-je avec le rire aux lèvres. En singulière compagnie certes, mais c’était toujours mieux que de mourir seule dans un coin. Pensée oh combien égoïste mais tellement rassurante ! « N’oubliez pas que je vous dois une claque également, Sawyer. » Dis-je en me calant contre son dos, les pieds bien écartés pour assurer pendant que le clown éclatait de son petit rire nasillard habituel pendant que les deux derrières moi se laissaient tomber du toit pour atterrir devant Sawyer.

Baguette en avant j’ouvris le bal en lançant le premier sort. Un expilarmus basique histoire de sonder les capacités de mes adversaires. L’être qui portait un bandeau sur l’œil gauche ne tenta même pas de dévier le sort. Alors que le rayon approchait à toute vitesse droit sur lui il s’écarta au dernier moment laissant une grosse tâche fumante à l’endroit où une seconde plus tôt il se tenait encore. Maintenant il était à trois mètres du lieu d’impact. Rapide le bougre… Pendant ce temps, son copain, un blond au torse tatoué, se rapprochait le dos voûté, à pas lent en essayant de me prendre à revers en se collant au mur. Changeant de cible je jetais un autre sort qui éclata contre le mur. A un moment je crus que le Yeux Rouge venait de transplanner pourtant en levant les yeux je le vis accroché au rebord d’une fenêtre du troisième étage au moins. Impossible… Il venait de faire un saut de plus de dix mètres de hauteur ?!
Je n’eu cependant pas le temps de m’appesantir sur la question. Mon autre adversaire revenait déjà à la charge et j’eu toutes les peines du monde à le maintenir éloigné. Sa vélocité hors norme m’empêchait de l’atteindre lui et son copain qui semblaient exécuter une sorte de balai dansant, ils virevoltaient d’un mur de la rue à l’autre ou encore en se réceptionnaient souplement sur leurs pieds après une chute de plusieurs mètres avant de bondir à nouveau… à ceci près que le balai pouvait se révéler mortel. Seul le barrage de mes sorts les empêchait de trop m’approcher ou de se jeter carrément sur moi. Même à une telle vitesse ils ne pourraient pas échapper à un sort à bout portant. Derrière Sawyer bataillait dur en se dépêtrant tant bien que mal avec le corps de Kayle toujours suspendus à son bras.
- Lâchez-le, Sawyer ! Criai-je pardessus le bruit des sortilèges qui fusaient abondamment.
L’auror était toujours inconscient et gênait plus que tout les mouvements de Sawyer. J’avais conscience qu’en cas de fuite il nous faudrait le laisser là mais rationnellement nos meilleures chances de s’en sortir avec le moins de dégâts possible se résumaient à ça. Encore fallait-il prendre la tangente, or si ces espèce de monstres ne se rapprochaient pas assez près pour que je puisse en embrocher un, ils restaient suffisamment proche pour couper toute possibilité d’ouverture. Impossible de transplanner non plus. Le barrage anti-transplannage utilisé pour la maison Bones était encore trop proche pour nous le permettre – sans compter que j’étais vraiment d’une nullité affligeante dans ce domaine.

Cela faisait au moins cinq bonnes minutes que la danse mortelle avait commencé. Toujours collée au journaliste au visage bigarré pour nous assurer une efficacité maximale. Mon bras commençait à se faire lourd et la sueur empoissait mes vêtements. Il avait fallut qu’il fasse chaud justement ce jour là… Suffocant presque je continuais néanmoins à arroser copieusement mes adversaires de traits rouges, verts ou jaune doré. Autour du cercle que nous formions tout n’était que trous noirs fumant ou de briques fondues.
Soudain, comme s’ils en avaient assez de virevolter dans tous les sens, les deux démons aux yeux de feu s’arrêtèrent en haut des immeubles juste au-dessus de moi, hors de portée. L’un était sur le bâtiment de droite et l’autre sur celui de gauche. Le premier, celui qui semblait borgne, se jeta sur moi de là-haut. Instinctivement je braquais ma baguette sur lui envoyant un trait rouge, qu’il ne pouvait éviter. Le sort alla le percuter de plein fouet, le balayant comme sous l’effet d’une rafale de vent, il s’écrasa contre le mur, plaqué par la puissance du sort avant de tomber comme une poupée de chiffon et d’atterrir avec un bruit inquiétant d’os brisés. Presque trop facile… Feinte pensai-je mais une fraction de seconde trop tard. Une forme noire tomba directement sur moi, m’écrasant de tout son poids dans sa chute et entraînant Sawyer en même temps à terre. Ma baguette glissa de ma paume et je me retrouvais sur le dos, le souffle coupé par le choc, Kayle et Sawyer empêtrés sous moi et l’homme aux yeux rouges dessus.
De près le blond était encore plus effrayant. Ses yeux rouges semblaient brûler d’un feu infini, ses dents – qui ressemblaient plus à des crocs de vampires – étaient longues et pointues, presque luisante, il avait les babines retroussées à la manière d’un chien et les traits étaient tellement nerveux que les ailettes de son nez en palpitaient régulièrement. Non, de près il n’avait plus rien à voir avec Jean. Ni avec Père. C’était plus une bête qu’un homme qui se trouvait face à moi. Une bête assoiffée de sang.
Sous moi Sawyer remua pour tenter de se dégager, mais le Yeux Rouges pesa de tout son corps pour lui bloquer les membres et posa une énorme main sur la tête de Sawyer pour le maintenir face à terre, sur le bitume fumant. Pourtant il parvint néanmoins à extirper son bras et brandissant sa baguette jeta un sort à l’aveuglette. La flamme verte frôla le visage de l’agresseur et alla se perdre dans le ciel dans un effroyablement crépitement. L’être feula de rage, se cambra et jeta sa tête en avant pour attraper le bras de Sawyer avec ses dents. Les pointes effilées agrippèrent la chemise, y pénétrèrent et mordirent la chair jusqu’à en faire ruisseler du sang. Sawyer en lâcha sa baguette et le monstre secoua furieusement sa tête de gauche à droite, ballotant le bras du pauvre journaliste dans tous les sens comme s’il voulait le lui arracher. Enfin avec un dans un geyser immonde de sang qui inonda son visage de gouttes rouges, un os céda dans un craquement sinistre. Le bras retomba flasque et mou formant un angle bizarre et pissant le sang par la grosse morsure qui lui marquait le biceps. Sous elle, le journaliste se raidit. Il avait toujours la tête fermement maintenue au sol par la poigne de l’individu.
Un long frisson me parcouru l’échine quand la bête braqua à nouveau ses yeux ardents sur moi. Il émit un autre feulement mais qui ressemblait plus à de la satisfaction puis se découvrit largement ses dents empoissées de sang et de bouts de chair pendouillant lamentablement. Etais-ce un sourire de contentement ? Les deux qui avaient combattu Sawyer se rapprochèrent. L’un boitillait, de sa jambe suintait un long filet de sang, tandis que l’autre avait plusieurs coupures superficielles sur les avant-bras et le reste du corps. Mais c’est quoi ces mecs ? Ni des loups garous ni des vampires en tout cas. Il faisait jour.
L’autre au-dessus de moi pencha son visage vers le mien et se mit à me lécher la joue. Ne pouvant réfréner un tremblement d’horreur je tentais de me dégager sans succès. Il était bien trop fort. Bien plus que la normale en tout cas.
- YAAAAAAAAAAAARG !!
Le cri leur fit relever la tête. Du coin de l’œil j’aperçus le quatrième agresseur, celui que j’avais abattu en plein vol, se relever lentement. Il craqua son cou et fit jouer les muscles de ses épaules.
- Putain, la sale pute, elle m’a au moins pété trois cotes !
- Kkkk… Toujours aussi fragile Sariel ? ricana l’un des adversaires de Sawyer, un géant aussi livide que ses cheveux étaient blancs.
- Ta gueule Uriel. Vous auriez pas pu les chopper sans moi.
Le dénommé Uriel émit un reniflement de mépris faisant rouler ses épaules à son tour – soi dit en passant, qui était un spectacle encore plus angoissant que celui de Sariel.
- Ah ouais ?
- Oh ça va vous deux ! Laissez moi bouffer tranquille. Aboya le blond tatoué juché sur mon ventre. Vous avez oubliez vos bonnes manières à table ? Il ricana. Salut, jolie, moi c’est Raguel, enchanté de faire ta connaissance.
Et il me planta les crocs dans l’épaule.

Un cri. Une douleur fulgurante me traversa l’épaule et se répercuta dans chaque atome de mon corps. Je sentis les larmes envahirent mes yeux lorsque je sus avec une terrifiante lucidité que j’allais vraiment mourir, là, dans cette rue en compagnie de Kayle et de Sawyer. J’en était tellement persuadé que je ne compris d’abord pas pourquoi le poids qui pesait sur mon ventre avait soudainement disparu. La dernière chose que j’entendis fut « Merde ! C’est le sang des Dragons ! Le sang des Dragons ! C’est sa fille de chair et de sang ! » et Raguel plié en deux, les yeux révulsés, crachait le sang et la peau coincées entre ses dents, puis ma vue se troubla peu à peu et je sombrais dans les limbes rassurantes de l’inconscience.



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Seth Street
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MessageSujet: Re: Enquête [6]   Sam 24 Mar - 14:12

La voiture filait à grande vitesse dans les rues de Londres. À la manière du Magicobus, elle se transformait de manière à n’être jamais embouti par un autre bolide, ce qui permettait à Seth de faire fi de toute les règles moldues en matière de prévention routière. Le regard sérieux, il conduisait la vieille Aston Martin avec une dextérité impressionnante, et rares étaient les fois ou les enchantements donc bénéficiait la voiture devaient user de leurs charmes pour éviter une percussion. Le jeune Flint, accroché à la poignée au dessus de la fenêtre d’une main, gardait la gauche sur son couvre-chef et évitait ainsi à chaque virage d’être projeté en avant ou en arrière, et de perdre son précieux chapeau. Au bout d’une dizaine de minutes, ils arrivèrent dans une petite rue, où des hommes drôlement habillé, mélange de vêtements moldus et sorciers patrouillait tout autour.
- Eux, ce sont des hommes de la brigade de tireur de baguette magique, ils préparent le terrain, éloignent les moldus, protègent. Leurs tâches sont souvent opposées aux notre, pourtant il n’est pas rare que l’on se complète.
L’un d’entre eux s’avança, il tirait sur le col de sa chemise et semblait souffrir de la chaleur. Seth baissa sa vitre et l'homme le salua.
- Bonjour monsieur Street, c’est au bout de la rue.

Le remerciant d’un hochement de tête, Seth avança prudemment au milieu des officiers, et sa gara près de la voiture de fonction de Joanne, et d’une ambulance d’apparence moldue. Détachant leurs ceintures, la blancheur qu’avait prit le visage de Flint au cour du trajet semblait petit à petit disparaître en faveur de son teint habituel lorsqu’ils marchèrent vers un brancard posé au centre de la rue. Joanne gisait dessus, apparemment inconsciente, tout le coté gauche de son corps était taché de son propre sang, et un sorcier médecin tentait de stopper l’hémorragie en reconstruisant partiellement les bouts de chair manquant. Il releva la tête en l’apercevant.
- Bonjour monsieur Street.
- Bonjour docteur, son état ?
- Stationnaire, elle a perdu beaucoup de sang mais c’est une battante, d’ici un petit moment on pour la transporter sans crainte. Je suppose que quelques jours de congés ne lui feront pas de mal…
dit il ingénument.
Seth sourit, il n’était même pas sûr, vu le caractère travailleur de Joanne qu’elle accepte des congés si il lui en proposait. Apercevant Flint, l’œil aux aguets, la main sur le pommeau de sa baguette, il rit doucement et se tourna vers lui.
- Le périmètre est sécurisé Flint, vous pouvez relâcher votre vigilance.
Le jeune auror, soudain honteux, remit son chapeau en place et ne pipa mot. Un gémissement attira l’attention du directeur, et il put voir Joanne entre ouvrir les yeux, apparemment abrutie par la douleur et les sortilèges contre celle-ci dont elle était victime. Se rapprochant d’elle, il posa un genoux à terre et murmura.
- Soyez sans crainte Joanne, vous êtes en sécurité désormais.
- Monsieur Street… marmonna-t-elle, la voix pâteuse et fatiguée.
- Qui vous a fait ça Joanne ?
- Yeux… rouges. Puis, comme à nouveau épuisée, sa tête retomba sur le coté et elle se rendormit.
- Je l’ai mis sous sommeil pour pas qu’elle ne se réveille pendant que je la soignait, mais elle semble avoir réussi à se réveiller, même quelques secondes, c’est assez impressionnant vu son état. Comme vous le voyez, elle a une très vilaine morsure à l’épaule, mais je n’arrive pas à définir quel genre de monstre a bien pu lui faire ça.
Le visage sérieux, Seth se passa une mèche derrière son oreille, un geste machinal qui en était presque devenu un tic. « Qui était avec elle ? »
- Kayle, il se repose dans l’ambulance, et un type bizarre là bas, adossé sur sa voiture, dit il en désignant l’homme en question de sa baguette. Il avait le bras casé, apparemment par une vilaine morsure, sûrement faite par le même monstre qui a arraché un bout d’épaule à miss Delacroix.


Seth se tourna et pu voir un drôle d’homme, cheveux violets, chemise blanche sous veste violette, pourvut d’une cravate mal nouée qui virevoltait au vent. Plus que ça, sa lèvres, tout comme ses yeux, étaient maquillés en noir. Un personnage burlesque, qui rappelait vaguement quelque chose à Seth. S’il avait déjà rencontré cet homme là, il devrait s’en souvenir. Pourtant, il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Qui était donc cet étrange énergumène ? Il le fixait en souriant, les bras croisés. Un homme de la bridage des tireur de baguette, s’avança vers lui, et sur le ton de la confidence glissa ;
- Monsieur, un témoin, un habitant de l’immeuble parle en ce moment même à un de nos hommes, il dit avoir vu des ombres sauter depuis le toit.
- Vraiment ? Voilà bien des mystères…
Il resta silencieux quelques secondes puis demanda ; Vous avez interrogé l’homme qui se trouvait avec Joanne ?
- Non monsieur, pas encore. Il vient juste de se faire soigner,
dit il pour se justifier.
- Je vais m’en charger.

Suivit de près par Flint, il s’avança, et tendit la main quand il arriva face à lui.
- Je suis Seth Street, directeur des aurors.
L’homme regarda la main qui lui était tendue, lâcha un ricanement et la serra en ajoutant.
- Cuthbert Sawyer, ravis d’enfin vous rencontrer monsieur Street, dit il de ses deux yeux noirs et perçant.
- Ils disent tous ça, il disent tout ça, répondit il en souriant à son tour. Alors, que faisiez vous en compagnie de mes aurors Sawyer ?
- J’étais en état d’arrestation, à mon grand damne monsieur, déclara il en levant les yeux au ciel prenant un air angélique. Une histoire sans grand intérêt d’occupation de voiture de fonction, et de témoignage.
- En état d’arrestation, vraiment ? L’homme l’amusait, un drôle de pitre.
- Oui enfin, quelque chose comme ça, dit il en faisant dans l’air un geste indéfinissable de sa main droite. J’avais vu ces bêtes là attaquer les Bones la nuit dernière, et elle m’invitait le plus gentiment du monde à la suivre au ministère pour en parler, hin hin hin…

Seth leva un sourcil, ainsi il avait tout vu. « Quelle profession faites vous donc monsieur Sawyer ? »
- Journaliste, je gagne mon pain en dénigrant votre travail, confessa-t-il avec deux yeux faussement larmoyant. Je suis TS, rajouta-il fièrement en s’auto désignant.
- C’est vous ? Je vous voyais bien autrement, lui répondit-il calmement.
- Il disent tous ça, il disent tous ça, dit il en prenant la même voix et l’intonation que Seth au début de la conversation, ce dernier rit doucement, avant de reprendre son sérieux en regardant sa montre.
- Hum, le temps presse. Alors vous les avez vu, à quoi ressemblaient ils ?
- Ils étaient quatre, d’apparence humaine hin hin... à la chose près qu’il avait des dents plus pointues et deux belles pupilles rubis.


Yeux… rouges.
une très vilaine morsure à l’épaule,
il dit avoir vu des ombres sauter depuis le toit.
Ils étaient quatre, d’apparence humaine hin hin...


- Par Merlin...

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Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile.
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Enquête [6]

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