Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
AccueilAccueil  ­PortailPortail  ­CalendrierCalendrier  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.Partager | 
 

 Eveil douloureux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sawyer
Dépressif


Nombre de messages: 351
Age: 26
Date d'inscription: 20/10/2006

MessageSujet: Eveil douloureux   Lun 9 Avr - 18:58

Allongé, les yeux clos, le sourire d’ébène, il dormait, là, au beau milieu du parc, par cette douce matinée d’hiver. La tête reposant sur les cuisses d’Hélène, elle passait lentement sa main dans ses cheveux violets, observant avec l’amour l’homme qui l’avait happé dans ce si précieux tourbillon de sentiments. Au beau milieu de l’herbe, elle était appuyée sur un cerisier, la tête baissée vers le visage de Sawyer, les cheveux virevoltant au gré du vent, qui ébranlait doucement quelques feuilles encore présentes sur les arbres du parc. De temps à autre il lâchait un gémissement, fronçant les sourcils, remuant légèrement, comme tourmenté par des rêves nébuleux.
Les gros nuages gris qui circulaient par delà le ciel finirent par décharger une pluie légère accompagnée d’un brume. Quelques gouttelettes s’écrasèrent sur le visage de Sawyer, qui fit la moue avec le nez et s’essuya machinalement. Les gouttes redoublèrent d’intensité et il fut bien forcé de s’extirper des songes pour se rendre dans le monde des vivants. La première chose qu’il put voir en ouvrant les yeux, c’est le visage bienfaiteur, semblable à celui d’une madone qui le regardait en riant.
- Te voilà enfin réveillé mon chéri.
Chéri ? Tu ? depuis quand utilisait-elle ce genre de termes pour lui parler ? Un peu perdu, il s’appuya sur le sol et tenta de se relever, subissant ainsi une violente mais néanmoins fulgurante douleur à la tête. Pendant un bref instant, une scène lui revint, mais l’image semblait flou et le son mal réglé ;

Souvenir a écrit:
Il était accoudé à un bar, un énième verre d’alcool à la main, des bruits venant de toute la pièce venaient frapper ses tympans, sa bouche était pâteuse, ses sens abusés. Alcoolique notoire, il scrutait le regard vide son verre qui lui était plein, et le vida d’un trait. Il sentit alors un main légère lui tapoter l’épaule.
- Vous buvez trop monsieur le vampire, lui dit une voix douce. Il ferma les yeux un instant, élargissant son sourire, et se retourna. Elle était là, comme au premier jour, reine de la nuit, pure autant qu’un ange pouvait l’être.


Il continuait de pleuvoir, il était maintenant assit sur l’herbe mouillée, à coté de la belle. Comme tout cela lui semblait étranger, comment était-il arrivé ici ? Que s’était-il passé hier soir ? Pourquoi ce soudain rapprochement verbal de la part d’Hélène ? Il ne devait plus boire autant, au non, ça ne le réussissait pas. Mais s’en souciait-il réellement ?
- On va être trempe si on reste ici, allez lève toi maintenant, hi hi.
Il la regarda, elle semblait tellement épanouie, tellement heureuse. Il tenta de se relever, mais une nouvelle douleur au crane l’empêcha et le plongea dans un nouveau flash back.

Souvenir a écrit:
Il se tenait debout, appuyé contre un mur, la tenant dans ses bras. Embrassant son cou, la sentant rougir, puis se détendre, se laisser aller, l’embrasser à son tour, glisser ses mains douces sous sa chemise. Il ne réfléchissait plus, imbibé d’alcool, et agissait sur le moment présent sans penser au lendemain, sans mesure ses gestes et paroles.
- Je t’aime Hélène.
Il sentit alors ses deux mains s’arrêter l’espace d’un instant au niveau de son flanc, elle releva alors la tête, le visage encore plus radieux.


Je t’aime Hélène, je t’aime Hélène, je t’aime… Hélène.
L’explication était là, il avait merdé. Sans qu’il s’en rende compte, elle le saisit à la taille derrière lui, et tenta de le lever.
- Tu pèses une tonne ma parole ! Allez, fais un effort ou on va vraiment se mouiller.
Il se retourna, encore médusé. Elle était belle, il n’y avait pas d’autre mot ; ses longs cheveux mouillés lui retombant au niveau des épaules, ou ce visage…
Il se leva, tant bien que mal, s’appuyant un peu sur elle pour ne pas retomber.

Souvenir a écrit:
Ils couraient tout deux dans Londres, traversèrent le parc. Il tomba et lâcha sa main. Elle s’arrêta à son tour et le regarda en rigolant, il se mit à rire à son tour. Allongé, observant le ciel noir, où les étoiles restaient cachées par les gros nuages sombres. Il sentit qu’elle posait de part et d’autre de son bassin ses genoux, et se cambra près de lui. L’alcool et la fatigue faisant, il se laissa faire, pendant qu’elle l’embrassait, qu’elle le caressait.


Il porta sa main droite à sa tête, lâchant un gémissement sourd. Il avait vraiment du boire comme un trou, pourtant il n’avait pas vomi, il ne vomissait jamais. Désormais cette fille le croyait amoureux, comment aurait-il put l’aimer ? Il ne l’avait pas connu avant l’accident, son esprit exerçait un sorte de blocage sur ces personnes là. Il savait néanmoins qu’elle le protégeait efficacement de Mönstrum. Devait-il feindre l’amour pour survivre ?
Il se redressa de toute sa hauteur, et elle lui prit sa main ganté. Il se laissa faire, déjà las. Elle regarda, droits dans les yeux, et il put voir dans son regard celui d’une femme amoureuse. Les visages mouillés par la pluie, elle le toucha du bout des doigts, puis l'embrassa, un bref instant. Il décolla délicatement sa main de la sienne, gardant un sourire qui parut néanmoins un peu triste. Hélène paru troublée, puis apeurée, lui presque désolé.

_________________


Dernière édition par le Mar 10 Avr - 23:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://f-s-m.darkbb.com/Libre-Hors-RP-c2/Libre-f1/Chronologie-t50.htm
Hélène Anderson
Décédée


Nombre de messages: 13
Age: 25
Localisation: Londres
Emploi: Stagiaire au Ministère des relations entre sorciers et moldus
Date d'inscription: 14/12/2006

MessageSujet: Re: Eveil douloureux   Mar 10 Avr - 20:17

Elle l’avait aimé depuis leur première rencontre. Cet homme, tellement beau de part sa différence et son détachement vis à vis du monde réel, cet être étonnant qu’était Sawyer, oui elle en était tombée amoureuse presque instantanément. Ses manières étaient pleines de grâce, la finesse de son esprit parsemé de son rire, son éternel déséquilibre, tout cela était presque devenu une drogue. Il fallait qu’elle le voit, quelle lui parle, occupant ses longues semaines de solitude en le croquant sur son carnet, sans porter un seul regard aux autres hommes. Le cherchant sans relâche dans les bas-fonds, s’épanouissant du seul fait de le voir, et de lui parler.
Cette nuit, il lui avait dit, explicitement par une phrase simple, qu’il l’aimait lui aussi, qu’elle n’était pas pour lui juste une fille de plus. Un coup d’un soir. Non il lui avait dit qu’elle était bien plus que ça, pas une fille mais la fille. Il sentait l’alcool, mais il le tenait plus que quiconque, elle voulait croire qu’il pensait ce qu’il disait, elle avait si peur des paroles en l’air.

Ils s’étaient plongé dans la sombre nuit de Londres, mains dans la main, sans but, juste à deux, vivre l’instant présent comme il s’immisçait sur le chemin de l’existence. Plus rien ne semblait les séparer, ni les mots ni le corps, et sur l’herbe froide ils découvrirent une nouvelle fois les courbes aguichantes de l’une et de l’autre.
Tout avait été trop beau, tout était toujours trop beau.

- - -


Il décolla sa main de la sienne, et pour la première fois, elle put voir l’espace d’un instant un semblant de tristesse dans son regard. Il recula d’un pas, ne tenant sa main que du bout de ses doigts, avant de la laisser retomber sous la pluie, la tête baissée. Il les leva au niveau des épaules, et lui fit un sourire, avant de se retourner. La pluie mouillait ses cheveux, qui retombaient tristement, comme sans vie, et il commença à marcher dans la brume du parc, sans mot. Elle le regarda, les yeux grand ouvert, la bouche entrouverte, le cœur en émoi.
- Sawyer !
Il s’arrêta, quelques mètres plus loin. Les bras le long du corps, leva la tête au ciel. Il se retourna quelques instants, et lui fit au revoir de la main, avant de reprendre son chemin. La laissant la dans la solitude du parc. Comme désespérée, comme déçu à en mourir, elle retomba par terre, portant ses mains à son visage, pour gémir en silence.

Le ciel n’était plus seul à pleurer.

- - -


Nul ne sait vraiment combien de temps elle resta là à sangloter, ni depuis combien de temps cette ombre observait la scène. Plongée dans sa tristesse comme l’affamé par la faim, elle ne l’entendit pas venir. Elle ne se rendit compte de sa présence que lorsque les goutte cessèrent de s’écraser sur son corps, malgré la présence constante de la pluie. Elle leva la tête, les yeux rougies par les larmes, les lèvres tremblantes. Elle était brisée de part en part, attrapée par le piège oh combien dangereux de l’amour. L’homme en face d’elle portait un étrange parapluie vert, et souriait, mais l’absence de bon nombre de ses dents et les cicatrices qui barraient son visage n’arrivait en rien à la rassurer. Il lui tendit alors la main, et la redressa.
- Oh, Alastor… dit elle avant de se remettre à pleurer sur son épaule.
Sans mot dire, il lui tapota l’épaule et la laissa écouler son chagrin. Appuyée contre son torse, il l’enlaça d’une façon paternelle, attendant sagement.

- - -


- Je l’aime Alastor, je l’aime tellement, dit-elle, le visage embué de larmes. Maugrey lui sourit sombrement, comme gêné et ennuyé.
- Si cela peut te consoler, sache que lui aussi est triste, d’une autre manière simplement, finit-il par dire.
- Triste ? Le connais tu réellement pour dire ça ? C’est à peine s’il m’a regardé. C’est à peine s’il a parlé ! Sa voix tournait presque à l’hystérie, et Maugrey la calma en baissant son ton.
- Oh oui je connais bien Sawyer, et oh oui il est triste. Il fronça les sourcils, prenant un air sérieux et dur, comme se remémorant de pénibles souvenirs. Tout au long de sa vie il a du survivre à de douloureux traumatismes, passer par les cotés les plus noir que puisse prendre une existence humaine. Ne prends surtout pas Cuthbert Sawyer pour un être fêlé dénudé de sentiments, tu rentrerais dans son jeu plus qu’il ne le veut lui même. Il se remit à sourire, comme indulgent pour la personne dont il parlait. Cet aspect qu’il a prit depuis son accident, est une sorte de muraille, de bouclier pour protéger son cœur meurtri, il a bien trop souffert et a sans doute peur d’endurer à nouveau une telle douleur morale. Il se cache derrière sa folie comme un enfant derrière sa jeunesse afin qu’on l’excuse de ses bêtises. Mais au fin fond de lui, il reste malgré tout le petit garçon timide et sagace qu’il a été jadis. Il n’a plus d’ami, et marche solitaire, supportant sur ses épaules une pression dont tu n’as pas idée. Seul son esprit malade lui permet de s’échapper, de survivre à cette vie, qui au final, l’oppresse et le dévore. Il abaissa son parapluie, la giboulée ayant cessé, le referma et se mit à regarder un bref instant le soleil qui reprenait ses droits, plissant son œil unique. Je crois connaître par cœur sa biographie, et si tu te croies capable de le changer, de l’aimer véritablement, je te souhaite bonne chance. Mais ne perds pas alors trop vite espoir, car il te faudra persévérer pour atteindre ce cœur de glace.

- - -


Il arrivait parfois à Maugrey, prit d’insomnie, de suivre Sawyer. Il était lui aussi profondément attaché au jeune homme, et parfois inquiet de son sort. Bien sûr Sawyer s’en était rendu compte, mais ne semblait pas vraiment en être gêné, et c’était devenu un sujet de moquerie pour le vieil auror. [...]
- Je repasserais un de ces jours au ministère dire bonjour à ton père, porte toi bien jusqu’à là.
Et il repartit lentement, vers, elle l’aurait juré, la même direction qu’avait pris Sawyer un moment auparavant. Séchant les larmes qui finissaient de couler sur son visage, elle ferma les yeux quelques secondes, avant de transplanner de cet endroit désormais maudit.

_________________
Que recherches-tu Hélène ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Eveil douloureux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Renouveau :: Terre des Angles :: Londres-
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.