Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Extraits de vie

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Sawyer
Dépressif


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MessageSujet: Extraits de vie   Mer 7 Fév - 22:31

Dehors, il pleut.
Au fond de son appartement, Sawyer observe depuis la véranda Londres, plus sombre que jamais, s’agiter sous la pluie torrentielle. Mains dans le dos, sa respiration forme une tache de buée, masquant sa vue. Un sifflement. La bouilloire a finit de chauffer l’eau. Il retourne à la cuisine, et se sert du thé. Sur son bureau se trouve un bloc de papier, et une plume violette. Depuis son bureau, il garde une bonne vue sur les hauteurs de la capitale.
Il prend la plume, et griffonne un phrase sur le papier.

Qui suis je ?

Une phrase simple, qui a tellement de sens différent qu’elle en devient paradoxale.

Qui suis, si je ne suis moi.

Il reposa la plume, et tourne doucement à l’aide de sa cuillère le thé bouillant qui remue dans sa tasse. Il souffle pour le refroidir plus rapidement. Lorsque enfin le thé semble être à la bonne température, il en boit quelques gorgées, réchauffant son corps glacé.
Un flash.

Je me souviens. C’était ce soir là...

Il repose à nouveau la plume et se lève. Fait les cents pas de long en large, faisant craquer une à une les phalanges de ses doigts. Le sifflement aigu du vent lui refait prendre conscience. Il ne veut pas mais n’a pas le choix. Il doit comprendre.
Il marche plus rapidement vers sa chambre, et saisit un paquet caché sous son lit. C’est un carton de taille moyenne, envoyé par Maugrey d’après ce qui est écrit. Il prend le paquet et retourne à son bureau, écarte la tasse de thé et le bloc de feuille, et l’ouvre. Une pensine. Artefact rare, qu’à bien voulu lui prêter le vieil auror.
Il doit affronter son passé. Comprendre ce qu’il est pour avancer. Ce passé qu’il a tenté inconsciemment d’oublier, va devoir ressurgir, plus fort encore.
Il doit revenir au commencement, au prologue de sa vie actuelle. Bien sûr, sa mère pourrait lui en parler, mais un sentiment inconnu lui empêche d’en parler. Il doit d’abord retrouver le sentiment originel.

Le premier de tout les souvenir, le don de la vie. Il pose sa baguette sur sa tempe, et en ressort un filin argenté, qu’il laisse couler dans l’eau sale de la pensine. Il tourne légèrement la baguette, et voit une scène étrange, vue de l’extérieur.

- - -


18 avril 1975 :

- Poussez madame, poussez, je vois son crâne.

Avait crié l’homme dont la bouche était caché par un masque de médecin moldu, et enveloppé dans un habit similaire. Le bébé à peine fut il expulsé de l’endroit où il se trouvait quelques instants auparavant et depuis des mois, brailla, signifiant ainsi son entrée première dans le monde réel . Tenu en l’air par l’homme médecin, on lui coupa le cordon ombilical avant d’être tendu à un homme qui semblait proie à une angoisse insoutenable.

- C’est votre fils monsieur.
- Hum ? Ah oui, mon fils…, il prit maladroitement l’enfant dans ses bras, essayant de sourire à sa femme, sans grande conviction.
- Montre le moi Eunice…

Dit la mère couché sur le même lit depuis près de deux heures. Il s’approcha d’elle, presque effrayé, et le posa sur son torse avant de reculer d’un pas. Le bébé avait déjà cessé de pleurer, pour se tourner vers la forme humaine sur laquelle il se trouvait. La femme qui semblait épuisée sourit à son tour, devant ce bout de chair qui la regarde avec de gros yeux ronds.
Le bébé tendit sa main pour effleurer le nez de sa mère, lâchant au passage quelque chose entre le « areuh » et le « gazou ». Elle lui attrapa alors délicatement le bras, pour finalement l’enlacer tout contre elle.

- Oh, Cuthbert…

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Jeu 8 Fév - 16:14

La scène s’arrête. C’est déjà impressionnant de se voir naître.

Le filin se reforme autour de la baguette, et Sawyer le réintègre dans son crane : il est né à Londres, dans un quartier populaire appelé King Heath, d’un père sorcier, travaillant au ministère en tant que gardien, Eunice Sawyer, un homme malhabile, issu d’une famille plus que modeste, et ayant un penchant avoué pour l’alcool. Et d’une mère, Dorcas Smith, femme rondelette, concentré d’amour et de tendresse pour son enfant, ayant un job en tant que secrétaire pour une entreprise de nettoyage.

Il a vécu dans l’absence d’un père. Rentrant tard le soir, partant tôt le matin. Pourtant, ce faux père laissera à jamais une place sanglante dans le fond de son âme. Il y répugne, malgré son grand sourire, mais Sawyer finit par replacer sa baguette sur sa tempe, et en ressortir cette même matière, et la replonger au fond de la pensine.

Comme la dernière fois, des images s’immiscent, cadrant une scène, avant de le happer à l’intérieur.

- - -


8 août 1979 :


Minuit vient de sonner à la pendule de la famille Sawyer. La mère lit consciencieusement un une revue moldue près de la fenêtre, attendant le retour de son mari. Depuis maintenant trois mois, il rentrait chaque soir un peu plus éméché, proférait des paroles dénudées de sens, et pouvait même s’avérer être violent, elle commençait petit à petit à redouter l’homme qu’elle avait jadis aimé.

Sawyer se déplace lentement, dans cet espace en noir et blanc, observant le visage de sa mère, vingt ans plus jeune. Il sait ce qu’il va arriver bientôt, et traverse la porte d’entrée.

Au dehors, le père déambulait dans la rue, s’appuyant sur les murs pour ne pas tomber. Il finit par atteindre la porte de son appartement. Fouillant dans sa poche à la recherche de ses clefs, il se mit à chanter, d’une manière forte et fausse. Puis, une fois la clef trouvée, il se prit par trois fois avant de l’introduire à l’intérieur de la serrure. Il ouvrit et claqua la porte contre le mur, provoquant la chute d’un bibelot. La mère se leva, apeurée. Il a les yeux injectés de sang, le voix pâteuse, les mains qui tremble. Ce soir, il a encore plus bu que d’habitude.
Il se mit à hurler, à l’insulter sans raison, avant de la pousser et la projeter dans un coin de la pièce. Il avança vers elle, agenouillée, les yeux embués de larmes, elle se protégeait comme elle pouvait de ses deux bras, pendant qu’il la cognait violemment contre le mur.


Sawyer observe, dégoûté, cet homme qui est son père. Il entend un bruit derrière lui, se retourne.

À l’autre bout de la pièce, effrayé par l’horreur de la scène, le petit Sawyer observait, caché derrière la porte. Sawyer se place derrière lui, se revoit, petit. Son père bat sa mère, et lui assiste impuissant au massacre. Le père se retourna, et vit son fils le regarder. Du sang recouvrait les phalanges de ses poings, et ses yeux dégageaient cette forte impression de démence.
Il se jette sur son fils, le propulsant à l’autre bout de la pièce, avant de le frapper à son tour. Le gosse se mit en boule, sans pouvoir éviter des coups au visage. Le père, à genoux, le frappait de toute sa force d’adulte, brissant des os, ouvrant des plaies.


Debout, derrière son père, Sawyer regarde de ses grands yeux neutres la scène. Une faible colère s’ouvre en lui, mais il la contient sans peine.

Le jeune Sawyer avait de plus en plus mal. Il n’arrive pas à contenir ce sentiment qu’il n’avait jusqu’à lors jamais connu, ce mélange significatif de haine et de animosité. Sa colère se fit de plus en plus forte. Il releva la tête, juste à temps pour recevoir un coup de poing bien placé, lui brisant le nez, et déclenchant un nouveau flot de sang.
Haine, colère, animosité, malveillance, inimitié, agressivité, rancune et rancœur, un cruel mélange, qui se happe le peu de magie dont commençait à faire preuve Sawyer. Elle se forma, cette partie d’âme, elle se forma, se construit, à partir des seules dérivées d’un même sentiment.

Cette ombre noire, qui emplit le cœur de Sawyer, naît par le sang et la violence. Lorsqu’elle s’est assez nourrit, lorsqu’elle put, après s’être auto-créée, prendre le dessus sur l’enfant, un bruit de fracas détourna l’attention du père. Les yeux furieux, la baguette tendu, un sorcier encapuchonné vient d’apparaître dans l’entrebâillement de la porte. Un éclair mauve et le père valse contre le mur.

- Les voisins ont entendu des cris et ont alerté le ministère.

La mère, le visage bouffi par les coups, demanda timidement.

- Merci beaucoup, meu… monsieur ?

Il se mit alors à sourire, et enleva son capuchon, pour découvrir son visage.

- Alastor Maugrey, madame, pour vous servir.

La fumée noire qui emplissait le cœur de Sawyer s’effaça petit à petit, l’enfant venait de perdre connaissance.

Elle attendra son heure, et lorsque enfin celle-ci viendra, Mönstrum ressurgira. Entité maléfique à qui tout est permis.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Dim 25 Fév - 17:07

Sawyer sort de la pensine, et cogite quelques instants sur ce qu’il vient de voir. Il se rappelle maintenant, le lourd passé de la famille Sawyer, son passé.

Eunice Sawyer avait été amené sans ménagement par Maugrey au ministère de la magie. Ce dernier avait prononcé quelques formules sur l’enfant meurtri, afin de le garder en vie, au moins jusqu’à l’arrivé des secours. Tout était question de timing dans les situation de ce genre avait il dit. Dorcas l’avait gardé dans ses bras, l’embrassant et les câlinant tout en pleurant de chaude larmes ; tout son univers se brisait devant ses yeux. Elle ne cessait pourtant de donner à l’enfant mourrant tout son amour.

Semi conscient, l’enfant était la victime d’une dualité entre deux forces, latéralement opposées ;

D’un coté la force de l’amour, puissante magie aux capacités inconnues, souvent volontairement ignorée car dite douteuse et échappant à tout contrôle. Les hommes ont toujours aimé avoir un contrôle absolu sûr ce qu’ils faisaient aurait dit le sage.
De l’autre, la force des Ténèbres. Fruit d’une masses de haine, cocktail infernal entre sa colère et sa magie. Une seconde personnalité s’était formé au fin fond de son être, constitué de tout les mauvais sentiments qu’il avait dégagé ce soir là. Une part infime de son âme, souillée à jamais par ce qui se faisait de plus vil dans la nature humaine, un monstre qui se tapissait dans l’ombre, doté d’une infinie patience, et attendait sagement le moment opportun. Il l’avait nommé, dans ses rares prises de conscience : Mönstrum.

L’amour eu raison des ténèbres. Mönstrum n’en fut que plus affaiblit.

L’année suivante naquit Ludovic Sawyer, frère de Cuthbert, sorcier de son état. Dans la même journée, Eunice se pendit dan sa cellule au département de la sécurité du ministère. Un frère contre un père. Elevé par une nourrice, les deux enfants Sawyer était plutôt calme : le plus vieux était doux et réservé, du au traumatisme survenu des années plus tôt, le plus jeune était un infatigable orgueilleux, voulant tout accomplir lui même, mettant un point d’honneur dès le plus jeune âge à ne pas se faire aider (il fait popo tout seul très jeune ^^).


Sawyer bat des paupières comme pour sortir de ses pensées. Il regarde par la fenêtre, la temps n’a pas changé, quelques gouttes de pluie s’écrase contre la vitre. Il soupire et rejette un nouveau souvenir dans la pensine, comme un pécheur jette sa ligne.


1ère année

2 septembre 1986 :

Sawyer venait de traverser le lac sur la barque d’Hagrid, impressionné par le grand château qu’était Poudlard, il restait muet. Menant les embarcations, le demi-géant levait une grosse lampe à pétrole, jusqu’à l’accostage. Là, une femme d’une cinquantaine d’année, se nommant McGonnagal, les fit rentrer après un long discours sur les règles et les devoirs de Poudlard.

Ils purent s’émerveiller devant l’immense salle, ou encore le plafond céleste et les fantomes qui arpentaient le vide. Les tables formaient quatre lignes verticales de couleurs distinctes, chacune d’entre elles étaient occupées par des membres de différentes maisons.

En file indienne, ils attendirent chacun leur tour, de passer un espèce de test dont Sawyer n’avait jamais entendu parler. À chaque proclamation, la maison choisi acclamait son nouvel arrivant.

- Tu veux être envoyé où toi ?
- Pas à serpentard en tout cas, c’est là que tu-sais-qui a étudié m’a dit mon père.
- Moi je veux être à Gryffondor ! Mon cousin y est déjà.
- Tout sauf Poufsouffle, c’est les plus nuls d’après mon frère.


Ce genre de conversation pullulait dans la file. Sawyer mal à l’aise, observé par tout les « grands » assis, n’osait pas se joindre à l’une d’entre elles. Il écoutait cependant, cherchant à distinguer les quatre maisons, mais les préjugés régnaient en maître et il n’osait pas croire la moitié d’entre eux. Surtout quand un-tel disait que les serpentards avaient l’habitude de manger du serpent le week-end dans la forêt interdite, ou des histoires du genre.

- Sawyer.

Paniqué, le jeune garçon avança maladroitement jusqu’au tabouret. Le même professeur lui posa le chapeau sur la tête, et ce dernier commença à parler dans son crane.

Hum, timide mais un esprit acéré et fin refoulé, intéressant. Tu n’as pas vraiment peur du danger, mais tu l’appréhendes… ce qu’il te faut c’est une maison qui te révèle vraiment, hum…

Le chapeau fronça les sourcils, avant de sauter en l’air et crier ;

- Serpentard !

Un nouveau ovation d’applaudissement vint de la rangée du fond. Reposant le chapeau sur le tabouret, qui, il l’aurait juré, venait de lui faire un clin d’œil, il vint s’asseoir au milieu de serpentards. Des tapes amicales sur le dos, des rires et des mains serrés lui donnèrent le sourire, un sourire qui avait été perdu des années auparavant et qu’il ne laissait transparaître qu’à de rares occasions.

- Je m’appelle Cervantes, ravis de te rencontrer bonhomme !

Lui dit un jeune serpentard âgé d’un an de plus que lui, tout en lui versant du jus de citrouille. Il était assez grand, mais semblait d’une insouciance à toute épreuve.

- Je suis Sawyer, dit il émerveillé par un tel accueil.
- Salut Sawyer ! Appelle moi Christopher.


Le dénommé Christopher semblait être lui aussi un joyeux drille, solidement bâti pour un gamin de son âge, les dents étincelantes. Un groupe de jeune fille le regardait derrière lui, les yeux pleins d’étoiles. Cervantes et Christopher était à gauche et à droite de Sawyer lui donnant des tapes dans le dos et riant fort, il fit en suite la connaissance des deux autres devant lui, qui semblaient appartenir au même groupe.

- Salut mec, tu peux m'appeller Teach.

Teach ressemblait plus à une racaille de Londres qu’à un sorcier. Un bracelet à pointes sur chaque bras, l’incontournable cicatrice sur le joue gauche qui lui donnait cet air de dur à cuire, et un méprit apparent pour les règles qui régissait Poudlard.

- Marco.

Marco semblait le plus mystérieux des quatre, les yeux entourés de grandes cernes, yeux cachés par de long cheveux bruns, ses lèvres semblaient hésiter entre sourire ou tirer définitivement la gueule. Pourtant une certaine chaleur dégageait de lui, un être complexe s’il en était.

Des amis…


Et une larme coule de son œil maquillé, dépassant sa joue, pour prendre l’étroite pente que forme le coin de ses lèvres. Pleurer et sourire, agréable paradoxe.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mar 27 Fév - 16:36

[HRP] Maintenant ça va être un long souvenir, en plusieurs posts, donc je ne met pas d’italique (chiant à lire tout ça), ça reste un souvenir ![/HRP]


Sawyer dormait dans la chambre en face de celle de ses quatre compères. Sans qu’il sache réellement pourquoi, ces quatre gaillards l’avait prit sous leurs ailes, l’avait fait rentrer dans leur groupe. Il était le cinquième doigt de la main, l'auriculaire, le complément indispensable à une fine équipe. Il n’avait pas très bien compris de qui venait cette drôle d’idée, ni quel doigt représentaient les quatre autres écoliers, mais se réjouissait intérieurement d’être si vite intégré.

- - -


- Maintenant que Sawyer maîtrise expelliarmus, on peut aller dans la Forêt Interdite sans risque.

Avait dit Cervantes sous le ton de la conversation, mais en ponctuant sa phrase d’un geste révélateur de sa fourchette, qui plantait fermement un bout de steak. Sur son visage apparaissait un semblant de sérieux, qui trahissait une excitation face au danger et le fait de braver les interdits.

- La dernière fois t’as pas servit de leçon hein ? Tu aimes tant que ça recevoir une flèche de centaure dans les fesses ?
- On était allé trop à l’est ! Il suffit juste d’éviter leur district.


Il parut l’espace d’un instant indigné à la remonté de ce souvenir douloureux, il se massa la fesse droite puis baissa la tête, et s’acharna avec vigueur sur un steak plus résistant qu’à l’accoutumé.

- Cervant' a raison, plus que pour qu’il puisse se défendre, c’est pour que nous n’ayons plus à craindre des choses comme les centaures que nous avons appris à Sawyer de jeter ce sort.
- Comme s’il allait faire toute la différence…


Sawyer regardait le groupe qui était dans ce qui semblait être l’organisation de sa première virée nocturne. Soucieux de ne pas empêcher la sortie, il prie la parole la bouche pleine de champignons.

- Moi je suis pour aller à la forêt.

Marco leva les yeux au ciel en secouant la tête, pendant que Cervantes sortait la sienne de son assiette pour afficher un grand sourire.

- Vous voyez ? Il nous suffit de ne pas être dérangé par cette vielle morue de préfette, et le tour est joué.

Il regarda tour à tour chaque autre protagoniste, pour s’assurer que l’affaire était réglée, mais voyant la mine récalcitrante de deux d’entre eux, il posa sa joue sur la paume et sa main et s’accouda à la table.

- Ça va encore finir mal cette histoire.
- Si elle nous gène, je la stupéfixi, j’ai presque réussi à jeter le sort hier.
- Tu parles de l’espèce de fumée informe que tu nous as sortit ? Déjà qu’elle nous lâche pas, si en plus on commence à l’attaquer de face.
- Et j’ose vous rappeler que la demoiselle est septième année, c’est bien pire qu’un centaure cette bête là.
- Mais Marc, où est passé l’homme courageux et vaillant qui était mon ami ?


Marco semblait embarrassé, passant machinalement une de ses longues mèches derrière son oreille, il murmura une faible réponse ;

- Faites comme vous voulez, je suivrais.

Teach sourit à Cervantes et se tourna vers le dernier récalcitrant. Christopher se gratta l’arrière du crane, réfléchissant à comment les convaincre que pour une fois, éviter les ennuis ne serait pas une mauvaise idée. Sawyer l’observait, espérant intérieurement que ce dernier allait céder. Il planta sa fourchette dans une frite, et haussa les épaules.
Lâchant un cri de joie, Cervantes sortit un papier froissé où était dessiné un plan très maladroit. Le gros carré décoré un gros P représentait le château, les gros nuages par déduction faisaient penser à la forêt. Des des chemins étaient dessinés dans celle ci, aboutissant parfois à une grosse croix rouge.

- Si on évite les centaures à l’est, qu’on ne passe pas par la caverne du troll, et surtout qu’on ne suit pas les araignées, on devrait pouvoir explorer des endroits qui nous sont encore inconnu, dit il tout en pointant des zones sur la carte du bout de son doigt.

Marco semblait à grande peine empêcher sa voix morne de faire un commentaire ironique, il se contenta de lever un sourcil, pour montrer sa dubitation. Les quatre autres regardaient le plan comme s’il s’était révélé être un document ancien et d’un intérêt grandissant. Le cinquième se contenta de regarder autour d’eux, pour voir arriver le danger imminent. Il saisit le bout de papier et le glissa dans sa poche.

- Mais t’es fou, qu’est qui te…
- Chut, le sergent fait sa ronde.


Une belle jeune femme qui portait les couleurs de serpentard s’arrêta derrière Cervantes, un badge de préfet en chef brillait sur sa poitrine. Ce dernier se retourna, l’innocence transparaissait tellement sur son visage qu’il en devenait automatiquement coupable. Sawyer, le menton dans les mains, regardait avec amusement le plus culotté de ses compagnons affronter son ennemi par nature ; l’autorité.

- Par Merlin, comtesse Joanne Delacroix, que nous vaut ce plaisir ?

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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mar 27 Fév - 18:38

Depuis un moment déjà, le petit groupe l’intriguait. Agglutiné dans un coin ils parlaient à voix basses et Cervantes affichait un air trop réjouit pour être honnête. Joanne fit signe à ses compagnons et tous se levèrent mais elle intima d’attendre d’un autre geste de la main.
Elle s’approcha du groupe de jeunes qui continuaient à conspuer à voix basses. Marco Lannister leva le nez et me vit arriver. Aussitôt il ramassa la feuille de papier et la froissa en l’insérant dans l’une de ses poches. Me prenaient-ils pour une aveugle ? Soit, ce n’était que des enfants, autant faire celle qui n’avait rien vu.

Elle arriva enfin à hauteur du groupe. Tout sourire Cervantes se retourna vers la jeune fille.
- Par Merlin, comtesse Joanne Delacroix, que nous vaut ce plaisir ?

Joanne ne releva pas la boutade de Cervantes – il n’en valait pas la peine mais elle toisa le deuxième année de toute sa hauteur d’un air réprobateur. Bien que de taille moyenne elle pouvait encore dominé le petit de deux bonnes têtes.
Félix Cervantes était une grande gueule qui passait son temps à s’attirer les ennuis. Et quand il ne le faisait pas, c’était les ennuis qui venaient à lui. Mais pour Joanne ça revenait au même.

- Je n’aime pas la façon que vous avez de chuchoter depuis tout à l’heure à croire que vous préparez encore un mauvais coup.

Elle posa ses yeux sur le petit garçon engoncé dans ses robes de sorciers et qui semblait boire les paroles de ses compères. Elle étira un léger sourire sur ses lèvres.

- Méfiez-vous Cuthbert. Ces gens là ne vous attireront que des ennuis. Je vous aurais prévenue.

Elle détailla un instant de plus le petit nouveau et revint au chef et à sa bande : « Quant à vous, si je vous prend à entraîner des premières années dans vos histoires, vous irez voir du côté du bureau du professeur Rogue. »

Puis elle tourna les talons, rejoignit le groupe de septième année qui composait sa « bande », délaissant les cinq garnements à leurs affaires. Elle les avait prévenu. Maintenant à eux de faire usage de leur sagesse et si jamais le germe ne prenait pas, peut-être qu’une heure ou deux dans les cachots en compagnie de ce charmant professeur des potions leur ferait prendre conscience de leurs actes. Elle ne désespérait pas pour le petit Sawyer. Il était tombé avec les mauvaises personnes, libre à lui de s’en rendre compte ou bien d’en assumer les conséquences.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mer 28 Fév - 16:37

- La vieille harpie, à croire qu’elle a toujours un œil rivé sur nous.

Sawyer regardait Teach qui jurait entre ses dents, jouant avec les piques de son bracelet. Ce genre de coup bas pouvait très bien enrailler la machine infernale et démotiver tout le monde, il espérait encore au plus profond de lui même que la grande de septième année ne brûlerait pas les ailes de leur entreprise, et qu’ils iraient ce soir affronter les ombres de la nuit noire.

- C’est pas cette garce de Delacroix qui va nous empêcher de faire ce que l’on veut ! Si ça tiens toujours je suis partant.

Christopher semblait s’être remit d’aplomb, et ressortait en lui tout son coté sportif, avide de défi. Relevant la tête, il se tourna pour vérifier de n’avoir pas été entendu par la garce en question, et fit un geste de la main à un groupe de fille de seconde année qui gloussait comme pas permit.

- Voilà des paroles dignes de vous mon cher Stark, lui dit Cervantes d’un ton officiel, qui donnait à sa phrase tout son coté burlesque. Il ne sera pas dis que la Main se laissera intimider par notre chère mais néanmoins détestable préfette en chef.

Marco Lannister releva les yeux au ciel, mais sans protester cette fois, et ressorti la carte pour la poser à plat au milieu de la table. Tous se rapprochèrent un peu plus pour mieux la voir, à la façon d’une bande de malfrat en plein briefing pour un mauvais coup.

- On part à quelle heure ce soir, onze heure ?
- Ouais, y’aura plus personne dans la salle commune à cette heure ci, et depuis que ces bouffons de gryffondors on fêté leur victoire contre Serdaigle dans la classe de Flitwick, après le match de quidditch, Rusard ne traîne plus que là bas.


Christopher n’avait jamais aimé les gryffondors, considérés comme arrogants et vaniteux, il les méprisait comme la plupart des serpentards. Teach était plutôt de son avis, Marco prêchait la tolérance et Cervantes s’en foutait. Sawyer n’ayant pas d’avis sur la question s’était bien gardé de donner le sien.

Ils étaient restés dans la salle commune, sous la faible lueur des lapes vertes, jusqu’à que le dernier septième année sorte de son fauteuil et s’en aille. Chacun trouvant un prétexte pour rester, et répondre à un interrogatoire forcé de Joanne. Puis, sans bruit, ils quittèrent le lieu pour se faufiler au travers des longs murs de Poudlard. Traversant un dédale de couloir, pour enfin atteindre la grosse porte de chêne qui se trouvait à l’entrée.

- Bloquée évidemment.
- laisse moi faire, Alohomora !
- T’es peut être super ronchon, mais t’es quand même sacrément utile mon vieux !
- Chut… tu vas nous faire repérer abruti.


Ils traversèrent le parc, sans remarquer le calamar géant qui jouait avec des êtres des eaux, passèrent devant la cabane de Hagrid, où le chien aboyait sans que son maître ne lui fasse de reproches, et atteignirent enfin l’entrée de la forêt interdite. Seul le bruit d’une chouette hululant brisait désormais le silence de la nuit.

- C’est là…

Tous avalèrent leur salive. Essayant de discerner dans la pénombre des arbres une quelconque trace de vie. Une brise fit bouger la cime des arbres, lui donnant toute son apparence de forêt hantée. Puis, certainement le plus fou ou le plus courageux d’entre eux, fit un pas en avant.

- Suivez le guide, dit Cervantes tout en projetant de la lumière du bout de sa baguette vers sa carte.

Sawyer se plaça derrière lui, allumant à son tour la sienne, qui n’avait pas encore beaucoup servit. Les autres le suivirent, et ils avancèrent ainsi, en fil indienne, au milieu des arbres centenaires, sur la mousse humide. Cervantes semblait être le seul vraiment détendu, les quatre autres le suivaient, la tête dans les épaules, le regard le oblique, à l’affût de la moindre petite chose suspecte.
Deux yeux rouges, lumineux dans les ténèbres, observaient silencieusement le groupe. Lorsqu’ils estimèrent que le moment était propice, ils se déplacèrent furtivement, avant de bondir en avant, pour apparaître à la lumière lunaire sous les trais d’un loup noir la gueule ouverte.

- Expelliarmus !

Le loup noir fut renvoyé dans la direction opposé, et s’assomma en heurtant un arbre. Les quatre autres le regardèrent alors, étonné, surpris, Sawyer se sentait presque honteux d’attirer ainsi l’attention de tout le monde.

- Bien joué Sawyer ! Ce type à des réflexes du tonnerre.
- Sans lui l’un de nous aurait déjà perdu un bras, il serait peut être temps de rebrousser chemin…
- On vient à peine de rentrer, tant qu’on prend le nord-ouest on risque rien.


Et il reprit la route, évitant soigneusement la dépouille de la bête noire.
Et ils marchèrent.
Encore et encore.
Au nord-ouest, toujours au nord-ouest.
Sans boussole ni sortilège, c’est très fort. Quoi que…


- Avoue le, on est perdu.
- Mais non, je vois parfaitement où on est, ayez confiance un peu.
- Toute façon, la première saloperie qui passe, je la stupéfixi.
- Mais tu sais pas stupéfixier…
- Si le petiot se fait bouffer dès son baptême, ça va la foutre mal.


N’en pouvant plus, Cervantes se retourna, faisant face à ses quatre camardes, toujours en file indienne, Sawyer plus petit dû lever un peu la tête. Il montrait la carte de sa main gauche, et expliquait à la lumière de sa baguette, qu’il tenait dans sa bouche, où il était.

- Regardez, on a déjà dépassé les centaures, le troll n’en parlons pas, plus que quelques mètres et on atteindra cette foutu rivière.
- Aaah !


S’exclamèrent les quatre autre tous en cœur. « Soyez pas impressionné, c’est rien vous savez ». Christopher pointa alors du doigt ce qui se trouvait derrière son interlocuteur ; un troll d’âge adulte, la bêtise dans le regard, la massue à la main, regardait par dessus l’épaule du leader le plan, tout en se grattant le crane.

- Aaah !!! dit il en tout simplicité.

La nuit promettait d'être longue.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Ven 2 Mar - 21:55

Cervantes recula de deux pas et rejoignit le groupe, terrorisé, retirant ainsi le plan des yeux du troll. Tous avaient opté pour le même mine effrayé face au colosse vert, qui se grattait le menton, songeur. Il tendit la main vers le bout de papier, apparemment fasciné par l’art abstrait dessiné dessus, faisant hurler et reculer les jeunes gens une nouvelle fois. Il réessaya pour obtenir le même résultat. Fronçant les sourcils il avança d’un pas, le regard téméraire, et attrapa le détenteur du précieux document, le ramenant près de lui.
Un sifflement aigu. Le troll lâcha sa proie et hurla, serrant son crane entre ses mains. Entre deux de ses gros doigts boudinés, une mince flèche s’invitait, faisant jaillir des perles de sang. Ils se retournèrent pour voir un très grand homme barbu et aux cheveux hirsutes, qui devait bien faire la moitié de la taille du troll, recouvert d’un long manteau de fourrure, qui tenait une arbalète sans carreau.

- Et bien, heureusement que mademoiselle Joanne m’a prévenu à temps. Suivez moi les garçon, cette grosse brute va finir par arriver à l’enlever, dit il tout en calant une nouvelle flèche dans son arbalète.

Mi pétrifiés, mi soulagé, les quatre garçon regardèrent une dernière fois la grosse bête se tortiller sur elle même, cherchant vainement à enlever le bout de bois qui lui perçait le front, puis suivirent à la hâte le garde chasse qui avançait à grande pas dans la forêt sombre. Il semblait connaître la forêt interdite beaucoup mieux qu’eux, les faisant passer par des raccourcis, recommandant de ne pas marcher sur tel ou tel nid de poule. Sawyer avala sa salive, les yeux encore imprimés par l’image de son compagnon saisit par le gros troll à cinq mètres du sol. La préfette avait eu raison et il le savait, tout cela aurait pu très mal finir si le gros bonhomme n’avait pas fait son apparition, et encore, grâce à la même demoiselle.

- Merci beaucoup monsieur, dit joyeusement le garçon qui était passé à deux doigts du broyage complet quelques minutes plus tôt, en le rejoignant en petite foulé pour ne pas se faire distancer.
- Tu peux m’appeler Hagrid, mais si tu dois remercier quelqu’un, c’est miss Delacroix, qui m’a alerté dès que vous avez fait la folie de rentrer dans ces lieux maudits.
- …
- Je sais bien que braver les interdits peut être tentant, mais des jeunes gens comme vous êtes beaucoup trop inexpérimenté pour pénétrer si profondément dans cette forêt.
- Nous sommes déjà allé plus loin, et nous aurions atteint l’autre versant si Cervant’ ne nous avait pas pommé.


Teach venait de les rejoindre, prenant la droite d’Hagrid. Il s’était apparemment déjà remit de ses émotions, Sawyer Christopher et Marco suivaient à leur rythme le groupe de tête. Le plus bougon d’entre eux ne cessait de répéter des « Je l’avais dis… », pendant qu’un autre essayait de compter le nombre d’heures de colle dont ils allaient devoir écoper. Le petit Cuthbert observait une dernière fois ce lieu qui le fascinait, par sa froideur et son aspect sombre, qui semblait cacher bien des mystères, des créatures enchantées, des trésors oubliés. Sa première excursion tenait ses promesses, et passer un week-end à astiquer le parquet de Poudlard ou à balayer le couloir n’était peut être pas si cher payé.

- Et bien… c’est pas bien, vraiment. Hagrid fronça ses gros sourcils, braquant son arbalette au moindre geste suspect, puis se détendit un peu et chuchota. Et vous l’avez vu ? Je veux dire, la tricorne, vous l’avez vu ?
- Quel tricorne ?!
- Hum,
il rougit légèrement, et balbutia un ; rien d’important, oublie ce que je viens de dire.

Il semblait avoir décidé de ne plus rien ajouter, craignant d’avoir gaffé. Il y eut alors un gros bruit sourd, puis plusieurs autres, suivit d’un grognement assourdissant venu du cœur de la forêt. Les arbres semblaient s’écarter d’eux même comme pour laisser passer quelque chose de volumineux. Sawyer plissa alors les yeux, pour voir entre deux branches sous un rayon de lune, la tête du troll furieux, le front qui dégoulinait d’un sang verdâtre. La terre commença à frémir sous les pas du monstre, Sawyer se tourna alors vers le garde chasse, et cria de sa voix aigu.

- Le troll arrive !
- Vous êtes en danger ici, partez vite ! Rejoignez la lisière de la forêt et regagnez Poudlard, vous n’avez plus qu’à aller tout droit,
dit il légèrement nerveux.
Les quatre autres se mirent à courir dans la direction indiquer. Sawyer, trois fois plus petit que le demi-géant, leva la tête, déconfit.

- Et vous ?
- Il faudra plus qu’un troll pour m’avoir, ne t’inquiète pas pour moi et cour avec les autres, expliquez au professeur McGonagall ce qui c’est passé. Allez, file !


Sawyer se mordit la lèvre inférieur, et après une petite tape sur le crâne de la part de son interlocuteur, qui le fit s’enfoncer de quelques bons centimètres dans la terre humide, il partit en courant. Fouetté par les branches, trébuchant sur les pierres, boosté par les bruits de luttes derrière lui, il finit par atteindre après un moment qui lui parut interminable le parc. S’essuyant le visage en sueur, il remarqua alors la présence de ses quatre compères. Cervantes souriait comme à l’accoutumé, Teach le visage sérieux faisait tourner son bracelet autour de son poignet, Christopher comptait sur ses doigts, le visage de plus en plus horrifié, et Marco jouait avec ses longs cheveux, le visage blasé.

- On hésitait à venir te chercher mon vieux, Hagrid est encore là bas ?
- Oui, il m’a dit d’appeler McGonagall et la prévenir.
- De toute façon, on aura affaire à elle à un moment ou à un autre, autant y aller maintenant,
dit Christopher qui lâcha ses calculs l’espace d’un instant.

Ils se dirigèrent vers Poudlard, rentrèrent par la grande porte, et partirent vers la salle des profs. Puis, surgissant de nulle part, le professeur Snape se plaça devant eux, baguette à la main, les éblouissant de son lumos.

- Qu’est ce que cinq élèves de ma maison font en plein milieu de la nuit dans les couloirs ?
- Nous étions parti cherché le professeur McGonagall professeur.
- Pour quelle et inénarrable raison je vous prie Cervantes ?


Severus Snape donnait toujours cette impression de rentrer dans votre esprit lorsqu’il vous regardait, légèrement perturbé par ces deux yeux noirs qui le regardait, le leader balbutia.

- Hagrid combat en ce moment même un troll que nous avons réveillé au centre de la forêt interdite, il nous a dit de fuir et de la prévenir.

Les yeux de l’adulte s’écarquillèrent l’espace d’un instant, avant qu’il batte des paupières et qu’il ne redevienne impassible, ce qui chez lui ne promettait que du mauvais.
Oh oui, la nuit promettait d’être très longue.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Dim 4 Mar - 17:07

- Une honte, vous entendez, une honte ! Vous auriez pu vous blesser très gravement, ou pire, vous faire tuer ! Les règles sont faites pour se faire respecter messieurs, j’avais espéré qu’après l’affaire de mes gryffondors, les serpentards ne cherchent pas à équilibrer la balance de la bêtise !

Rouge de colère, le professeur McGonagall se trouvait debout derrière son bureau, et hurlait à s’en faire mal sur les cinq élèves qui se tassaient le mieux qu’ils pouvaient sur leurs chaises, sans se soucier que tout le château dormait à deux heures de la matinée. Severus Snape quant à lui, regardait la scène en toute impassibilité, le dos posé contre le mur. Hagrid était revenu peu avant, la moitié des côtes brisées et une fracture au poignet. Bien sûr madame Pomfresh allait lui réparer ça en quelques instants, et le garde-chasse ne tenait pas rigueur aux enfants de ce qui s’était passé, mais il ne fallait pas laisser passer. Si dès la deuxième année, et encore le plus jeune semblait être de première, ils faisaient des escapades nocturnes, il fallait s’attendre au pire bientôt.

- Professeur nous…
- Silence Cervantes ! Vous n’êtes qu’une irrécupérable canaille, vous avez pensé à Sawyer ? Il n’a même pas appris à combattre une luciole et vous l’amenez à l’endroit le plus dangereux de Poudlard ?
- Sawyer sait…
- Silence Teach ! Je vous conseille de faire profil bas cette fois-ci. La punition sera exemplaire, je compte sur vous Severus.


Ce dernier émit un sourire de condescendante, se caressant le menton en regardant le petit groupe. MacGonagall les toisa une dernière fois derrière ses petites lunettes carrées, avant de sortir du bureau. Le professeur Snape se décolla enfin du mur, pour se posa à son tour derrière le bureau, mais en s’asseyant. Croisant les mains, il scrutait chacun d’eux avec la même impassibilité, même si Sawyer eu la nette impression qu’il l’avait regardé un peu plus longtemps. Au bout de quelques minutes, quand le silence devint étouffant, il posa ses deux mains blanches sur le bureau et prit la parole.

- Le professeur MacGonagall a dit l’essentiel. Vous vous êtes comportés comme des idiots, emportant avec vous un jeune de premier cycle. C’était dangereux et malsain. De plus, comme me l’a si gentiment fait remarquer Minerva dans la salle des professeurs avant hier, il semble que je ne sois pas assez stricte avec les élèves de ma maison. Il fit une grimace comme s’il répugnait à exécuter ce qu’il allait faire. J’enlève cinquante points pour chacun de vous, et vous passerez le week-end prochain avec Rusard à gratter la crasse du château.

Le compte semblait bon car Christopher acquiesça. Cervantes se gratta le crâne en regardant le plafond, Teach et Marco restaient sereins face à la punition. Seul Cuthbert semblait trouver ça disproportionner, mais Christopher lui posa la main sur l’épaule pour lui signaler qu’il valait mieux ne pas en rajouter. Snape se leva et ils l’imitèrent à l’unisson. Il les amena devant le passage secret qui menait à la salle commune des serpentards.

- J’espère dans votre intérêts messieurs, que ce genre de chose ne se reproduira plus, Moremplis. Le mur qui leur faisait face s’ouvrit en deux pour les laisser passer. Il s’y engouffrèrent, mais le maître des potions posa la main sur Cuthbert quand celui ci voulu passer. Il nous faudra parler Sawyer.

Son regard était perçant, comme s’il le passait au rayon X. Le jeune serpentard acquiesça timidement son épaule fut relâchée. Il y rentra alors à son tour pour rejoindre le groupe posé nonchalamment sur divers canapés. S’installant l’un d’eux, tout en longueur, où se trouvait déjà Marco qui n’avait jamais eu l’air aussi blasé.

- Pris la Main dans le sac, murmura-t-il.
- Ha ha, tu l’as dis mon vieux. Au final c’est moins pire que je ne le pensais. Non mais vous avez vu la taille de ce troll ?!
- Hagrid est quand même un sacré type pour s’en être sorti vivant. Sans baguette en plus.
- On va se faire lyncher par les autres quand ils apprendront qu’on a fait perdre deux cents cinquantes points à serpentards.
- Le premier qui nous emmerde je le stupéfixie.
- À part ça tu es content de ton escapade Sawyer ?


Il lui sourit, faisant léviter le livre de sortilège qui avait été oublié sur le sol. Hochant la tête, il laissa tomber la livre dans un bruit lourd, et s’étira avant de se caler un peu plus confortablement. Marco recommençait à passer ses longues mèches derrière ses oreilles, et un léger sourire traînait sur ses lèvres. Apparemment la perspective d’un week-end avec Rusard ne l’enchantait pas, mais ne lui posait pas non plus trop de soucis. En fait, le groupe ne semblait pas du tout affecté, ni par la punition, ni par les conséquences, une ambiance de la plus grand insouciance planait dans l’air.

Cervantes, se curant le nez d’une façon très significative se rapprocha de la table et jeta le fruit de ses recherches dans l’antre de la cheminé. Il se mit alors à chuchoter, son visage reflétait une incommensurable malice.

- Sinon, ça vous dis d’aller voir la tricorne la semaine prochaine ?

- - -


Sawyer s’extirpe de la pensine et se passe la main dans ses cheveux violets et gelés.

- La Main dans le sac... Zehaha !

Une belle jeune femme blonde sort alors la tête de son lit. La mine renfrognée et fatiguée, elle murmure faiblement.

- Qu’est ce qui se passe Tommy ?
- Rien, rendors toi,
dit il tout en ricanant doucement.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mer 4 Avr - 21:48

3ème année

9 mai 1989 :



La lune était pleine et se reflétait merveilleusement sur le lac dans cette chaude nuit de mai. Seul le hululement régulier des hiboux osait troubler le silence de cette nuit là. Seul ? Non, des vociférations y prenait aussi un malin plaisir.
- Je vole, je vole ! cria Sawyer.
- Ah ah, bien sur que tu voles, puisque tu es sur un balais volant ! lui répondit Cervantes en faisant un périlleuse pirouette pour se placer devant lui, planant sur son propre balais au dessus du grand lac. Je savais que tu y arriverais, tu devais y arriver.

Ils étaient tout deux sur des Nimbus, à la hauteur de la tour la plus culminante du château, ayant une vue sur toute la forêt interdite, le parc, Poudlard et Pré-au-lard. Cervantes semblait parfaitement à son aise, sans se soucier du fait qu’il était à plusieurs dizaines de mètre du sol, ou plutôt du lac. Sawyer quant à lui était resté soigneusement agrippé au manche de son balais, regardant par à-coup le vide sous lui. Sur son visage se lisait l’excitation que lui procurait ce moment ; seul les joueurs de Quidditch avait droit de voler en balais, mais certainement pas en pleine nuit si haut et à cet endroit. Une forme sombre s’approcha du duo à grande vitesse, s’arrêtant à quelques centimètres de Cervantes.
- Aaah ! Tu m’as fais peur idiot. Le jeune homme accroupit sur son balais releva la tête, souriant de toute ses dents et riant.
- Fillette va. Il se tourna vers le plus jeune des trois avec une grande aisance. Alors, Sawyer s’en sort bien apparemment. Tu devrais venir t’entraîner avec l’équipe.
- Sûrement ouais… dans dix ans peut-être, lui répondit-il avec un clin d’œil.

Deux autres adolescent sur des balais magiques rejoignirent le groupe, avec cependant une vitesse et aisance bien moindre. La main était à nouveau complète.
- Je déteste ces saloperies, dit Teach, crachant dans le lac.
- Je crois que nous atteignons le paroxysme aujourd’hui, compléta Marco, visiblement apeuré par l’espace qui le séparait du sol. Cervantes lui fit signe de laisser tomber, en fronçant les sourcils.
- Arrête donc d’utiliser des mots compliqués ! Bon, pourquoi étions nous venu ici déjà ? Il se gratta le menton, réfléchissant, avant de claquer des doigts et de se remettre à sourire. Peakes nous a défié, il veut faire un match de Quidditch version « survivor ».
Teach se mit à sourire, ses lèvre formant un sourire diabolique, Christopher semblait pensif, Marco déprimé, et Sawyer perdu.
- Non en fait, maintenant on a atteind le paroxysme.
- Version « survivor » ? C’est quoi ?
- La toute toute première version du Quidditch, pas de balles, pas de battes, pas de règles… que des baguettes et des équipes. Tu aurais pu nous prévenir Félix !
- J’ai oublié,
dit-il, prenant l’air le plus angélique qu’il put. De toute façon c’est sans danger, le calamar repêche toujours ceux qui tombe dans le lac, et l’eau froide est un antidote au stupéfix.
- Les voilà…


En effet, cinq silhouettes se détachèrent se la nuit, et s’envolèrent à leur hauteur. Au centre se trouvait Peakes, chef d’une bande de gryffondor rivale à la Main, il n’était ni orgueilleux ni fourbe, juste malin et rieur. Nul doute que s’il avait été serpentard, il aurait intégré leur bande. Ses quatre compères le suivait les yeux fermés. Ils étaient tous de la même année, sauf Sawyer qui avait un an de moins.
- Je suis content que tu ne te sois pas dégonflé Cervantes, dit-il, un air de défi dans le regard.
- Rater une occasion de te voir perdre, ça jamais mon cher Peakes. Ah ah, allez commençons !

Tout sortirent leurs baguettes, reculant leurs balais avant de lancer la « charge ». Les directives étaient simples. Cervantes prenait Peakes, par principes les deux rivaux devait s’affronter, Christopher, le plus habile, étant membre de l’équipe de Quidditch de serpentard, prenait Douglas, le batteur de gryffondor membre du clan de Peakes, Teach affrontait Rizoti, un italien à l’accent infâme, Marco qui était un très mauvais joueur allait tenter de faire tomber Stonerd, et Sawyer s’occupait de Taylor, un fils à papa arrogant. Oh bien sûr, en pleine nuit, et avec le peu de talent donc faisait preuve la moitié des adolescent présent, ce genre de plan tenait rarement plus d’une minutes ou deux, mais il était toujours bon d’avoir un semblant d’organisation.

- Prêt ?
- Prêt !


Et des éclairs colorés fusèrent de part et d’autre, éclairant par moment la sombre nuit. Marco fut le premier à tomber. Il n’était pas vraiment habile sur un balais et était victime de vertige, faisant de lui un piteux adversaire. Il fut vite vengé par Christopher, qui fit bénéficier à Stonerd d’un Expelliarmus bien placé, l’envoyant rejoindre l’eau froide du lac avec son adversaire. Assit, au bord de l’eau, les deux anciens adversaires regardaient maintenant avec joie leurs coéquipiers respectifs se battre dans une bataille endiablée. Les batailles entre les deux groupes étaient fréquents, et une étrange familiarité s’était développé, si fait qu’une fois les combats finis, rien en les empêchait de rigoler ensemble comme de vieux amis, chose assez improbable entre des gryffondors et des serpentards.

La défaite de Teach ne fut le fruit que d’un sursaut d’orgueil, le forçant à tenter un stupéfix. Un sort qu’il n’avait jamais réussi, même après des années d’entraînement. Il fut projeté par l’italien, qui lui même tomba sous le maléfice que lui envoya Sawyer dans le dos, après s’être débarrassé sans trop de problème de Taylor.
Il regagna Christopher pour abattre Douglas. Un peu plus loin, les deux éternels rivaux s’affrontaient dans un duel endiablé, ou les sorts fusaient sans cesse, les balais enchaînant les cabrioles, et les visages exprimant la joie de l’effort. Victime d’un duel déloyal à deux contre un, Douglas finit par céder et rejoindre les autres à la rive du lac. Frappant dans leurs mains, les deux compères victorieux ne virent pas arriver un sortilège perdu issu du duel entre les deux leaders, qui frappa Christopher en plein front et le fit tomber à son tour. Suivit de près par Cervantes, perdant de son duel.

La baguette encore fumante, le visage en sueur, Peakes souriait malgré tout, heureux de sa victoire.
- C’est entre nous deux Sawyer, dit-il en riant.
- Je crois oui, lui répondit-il en souriant à son tour.
Et une fois encore, les sorts fusèrent, Peakes était un dangereux adversaire, et maîtrisait à la quasi-perfection son balais. Seuls les incroyables réflexes de Sawyer, équilibraient ce duel céleste, et sous les encouragements de leurs alliés respectifs, qui assistaient au spectacle en contre-bas. Sawyer esquiva un sort, mais perdit l’équilibre et fut rattrapé de justesse au bras par son concurrent.
- La prochaine fois peut être Sawyer, lui dit-il avec un clin d’œil, avant de le relâcher.
Il sentit le vide sous lui, le froid causé par sa chute, puis un choc. Il s’enfonça dans l’eau, la fraîcheur du lac le revigorant, il sentit une drôle de forme l’attraper à la taille, avant de le soulever en l’air, puis le reposer sur la rive. Il put voir une immense tentacule lui taper gentiment la tête, puis s’infiltrer dans l’eau et disparaître. Il entendit alors des cris de stupeur et des bruits de pas, se retourna, complètement trempé, pour voir Rusard, un sourire narquois aux lèvres et une lampe à huile à la main.

- Ne voilà-t-il pas une belle brochette de gagnants ? Ça va barder mes gaillards, faites moi confiance…





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Sawyer
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mer 25 Avr - 16:24

4ème année

2 février 1990 :


- Vous avez une heure, j’inspecterai les chaudrons et gare à ceux qui n’auront pas atteint l’étape deux, avait dit le maître des potions, lançant un regard mauvais au Gryffondors. Il régnait dans l’air une drôle d’odeur, fruit du cocktail des différentes expériences faites dans les cachots du professeur Snape.
En ligne face aux tableaux, les cinq de la Main commençaient à trier leurs ingrédients et à mélanger avec soin ces derniers dans leurs chaudrons. Cervantes n’avait jamais réussi une seule potion, par manque d’intérêt ou par maladresse extrême, mais la présence des Gryffondors dans leurs cours, et sa grande condescendance lui permettait d’échapper aux remontrances, ce qui n’était pas le cas de l’autre maison, souvent victime des nerfs de Severus Snape. Marco Lannister par contre, était particulièrement doué pour la matière, et faisait souvent gagner des points à leur maison de par la qualité exceptionnelle de ses potions. Les trois autres ne se faisaient pas remarquer, et se contentait d’exécuter l’exercice avec un intérêt mitigé.

Lorsque Sawyer, à moitié drogué par les fumées roses et violettes qui s’échappait de son chaudron était super le point de s’endormir, il sentit un coup de coude entre deux cotes et se tourna vers l’origine de la douleur. Félix Cervantes lui montrait un morceau de parchemin, où était écrit un mot. Le saisissant, Sawyer le lu.


Si vous n’avez pas peur du noir et des couloirs,
Rendez vous dans les tréfonds de Poudlard.


C’était l’écriture et le style semi-poétique de Peakes. Il retourna le parchemin mais Cervantes avait déjà écrit la réponse Où, quand, et comment ? Sawyer sourit, acquiesçant et faisant passer le mot au reste de la troupe, Marco ne prit même pas la peine de le lire, il était concentré dans sa potion et avait depuis longtemps cessé d’essayer de résonner le reste du groupe. Le mot revint et Cervantes l’envoya à l’aide d’un sortilège d’expulsion vers le groupe de Gryffondors dont Peakes était le leader.

- - -



- Une bataille ? Peakes veut une guerre maintenant ?
demanda Christopher à voix haute une fois le cour fini.
- Où ? Septième étage. Quand ? ce soir minuit. Comment ? Baguette, tout sortilèges autorisés, récita Cervantes en lisant la réponse de son rival écrite sur le parchemin.
- On va leur faire la peau.
- Ah ah, oui, je pense aussi, dit Sawyer en s’amusant à faire apparaître et disparaître un papillon.
- À minuit ? Déjà qu’on se moque de mon air fatigué. Marco souffla, comme accablé, faisant voler une de ses longues mèches de cheveux, qui lui donnait un peu l’apparence du professeur Snape ; un grand sujet de moquerie.

- - -


Ils marchaient ensemble, montant une à une les marches de l’escalier qui les mènerait au lieu de rendez-vous. Sawyer continuait à faire apparaître et disparaître son papillon multicolore, un peu en retrait, laissant ses quatre aînés parler stratégie et coups bas. Ce genre de règlement de compte pouvait tout aussi bien se terminer en deux minutes, ou durer toute la nuit, tout dépendait des règles et des différences de niveau. Malgré son retard d’un an vis à vis des autres participant, Sawyer était pourvu d’une dextérité et de réflexes à faire palier d’envie un duelliste de premier ordre. Il finirent par atteindre le septième étage, qui était constituée d’une long couloir formant un grand carré, parsemé de colonnes et de tableau, avec quelques fois des portes menant à des salles de classe oubliés ou des cagibis, un lieu singulier mais attirant, et purent voir le groupe de Gryffondor qui attendait.

- Parfait, dit Peakes en souriant. Sawyer put voir à quel point il ressemblait à Cervantes par moment. Rusard ne monte que très rarement aussi haut dans le château, et si par malheur il le faisait, nous aurions de quoi nous cacher.
- Tu vois ça comment ?, demanda le plus grand des serpentards.
- Tout sauf une bataille rangée. On se disperse et lorsque je fais résonner une petite explosion, le combat commence. Ceux qui perdent donne leurs baguettes aux gagnant et attendent la fin au sixième étage.
Il haussa un sourcil, comme pour demander si cela convenait à tout le monde.

Teach se mit à ricaner en désignant une jeune fille de première année, les cheveux bleus, qui se trouvait dans le groupe des Gryffondors. « Ne me dis pas qu’on vous effraie au point que tu doives recruter chez les premières années ? »
Peakes passa un bras protecteur autour de la fille, souriant.
- Ne t’en fais pas pour Ael, tu seras surpris de ce dont elle est capable malgré son âge.

Sawyer fit disparaître définitivement son papillon rose, et observa plus en détail la gryffondor. En retrait comme il l’avait été quelques instants auparavant, elle semblait infime par rapport à ses camarades de cinquième année. Taylor par contre n’était pas là, peut être l’avait elle remplacé ? Elle l’aperçut, et il lui sourit en penchant la tête, elle lui répondit en tirant la langue et en lui envoyant un clin d’œil. Il se mit à rire doucement, cachant ses dents blanches avec sa main, sans se soucier du reste la discussion
- C’est parti ! Cria Peakes.
Sawyer fit une légère révérence, le sourire aux lèvres, puis se retourna et disparut au coin du couloir.
Je ne t’ai pas oublié, Peakes…

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Ael
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Mer 25 Avr - 20:30

La journée s'était passée en pleine effervescence. Ael était au supplice de devoir attendre le soir et elle crut un instant qu'elle ne tiendrait jamais jusqu'à la fin du cours d'histoire de la magie. Heureusement, la pichenette que lui asséna Stonerd à la fin de ce cours lui rappela par la même occasion que sa journée était finie. Elle suivit le grand gaillard, faisant deux pas là où il n'en faisait qu'un et bavardant gaiment de tout et de rien sous le regard étonné de ceux qui ne s'étaient toujours pas habitué à voir cette petite silhouette ponctuée de bleu aux côtés de la bande à Peakes.

Au sein des gryffondors, la bande à Peakes n'était pas des plus appréciée; elle causait, pour les élèves bien éduqués que ce sont la plupart du temps les gryffondors, beaucoup trop de soucis et leur ôtait beaucoup trop de points. De plus, elle avait la désagréable habitude de traîner avec une bande de serpentard, ce qui était impardonnable. Ael, en arrivant au château, leur avait déjà assigné l'adjectif "cool". Son petit chouchou c'était Stonerd qu'elle jugeait beaucoup plus extraverti, mais elle admirait également la capacité de commandement de Peakes... en revanche, elle avait totalement désapprouver la présence de Taylor dans cette bande car elle ne pouvait vraiment pas le sentir.

- - -


Le feu chauffait doucement au milieu de la salle commune et bien qu'il commence à se faire tard quelques gryffondors étaient encore là: la bande à Peakes, presque toujours les derniers à veiller, Ael qui essayait désespérément de s'avancer dans la pile gigantesque de devoirs qu'on lui avait assigné pour les vacances de noël et deux trois autres. La voix arrogante, mielleuse, orgueilleuse,...insupportable de Taylor s'éleva soudain dans la pièce.

-Pour Noël, mon père ne s'est toujours pas décidé. Lui veut partir au Maroc mais ma mère a peur d'être entourée de mauvais gens, des pauvres... elle en a une sainte horreur malgré que mon père tente de lui expliquer qu'ils ne sont pas tout à fait des sauvages. Je crois que nous irons en Nouvelle zélande, mais cela ne m'importe que peu tant que j'ai mon tout nouveau nimbus. Oui oui!! un authentique...


Ael devint rouge pivoine, elle avait déjà surpris ses regards condescendants devant sa robe de sorcier rapiécée et elle était sûre qu'il ne parlait si fort que dans l'unique but de l'humilier. Elle le détestait, non plus, elle le haïssait lui et ses airs supérieurs et elle ne le supporterai pas plus.

-Tais-toi donc toi et ta face de rat! Va étaler ta pseudo-supériorité ailleurs, il y en a ici qui ne veulent pas entendre ta sale voix.

Ael vit les têtes des quatre autres se relevaient, visiblement ceux-là n'avaient prêté aucune attention au discours de Taylor et avait été "réveillé" par la violence du ton d'Ael; celle-ci se sentit rougir encore plus. Taylor hocha la tête d'un air désapprobateur, il se releva en sortant avec lenteur sa baguette.

-Insolente, je vais t'apprendre à parler à tes aînés.

Ael serra ses poings et se jeta la tête la première contre le ventre de Taylor. C'était une technique qu'elle avait expérimenté plus d'une fois, sans classe, sans grâce, aucunement féminine, elle n'en restait pas moins diablement efficace; surtout lorsqu'on est habitué à lutter contre un Alexis bien plus grand et large que l'autre larve de Taylor. Elle posa son pied sur la baguette de Taylor qui se trouvait maintenant à terre et le toisa de tout le haut de son mètre trente.

-Ta langue semble bien plus rapide que tes réflexes, l'ami. Tu es indéniablement bien meilleur que moi en sortilège au vu de tes années d'expérience mais tu restes totalement incapable face à des techniques des plus basiques, pffu.

Ael lui lança un regard méprisant en faisant rouler la baguette de Taylor à l'écart et retourna s'asseoir, plutôt très fière d'elle. Les quatre autres étaient hilares et n'aidèrent absolument pas leur camarade ni à se relever ni à mettre la main sur sa baguette. Après cet "incident", ils vinrent parler à Ael plus souvent, allant jusqu'à l'inviter à leur table sous le regard noir de Taylor qui alors se taisait et tournait ostensiblement le dos, comme un gamin qui boude. Finalement, le bourge finit par démissionner de la bande et Ael fut rapidement adopter au titre de mascotte et animal de compagnie de première qualité, le seul rang auquel elle pouvait réellement aspirer au vue de son niveau scolaire, mais un rang tout de même très prometteur.

- - -


Une fois qu’elle eut rejoint le reste de la bande, minuit arriva à pas de géants. Elle n’avait pas peur, non vraiment, inutile de discuter, la boule au fond de son ventre n’était pas du tout du stress seulement une dose trop forte d’excitation, le tremblement de sa main n’était également du qu’à la fatigue, bien sûr. D’ailleurs Stonerd l’avait parfaitement compris lorsqu’il posa sa grande main sur son épaule toute frêle, de même que Douglas lorsqu’il lui adressa un clin d’œil ou Peakes lorsqu’il lui ébouriffa les cheveux. Arrivés en haut des escaliers, elle leur laissa le soin de s’avancer et préféra rester en arrière d’où elle pourrait observer les cinq adversaires et peut-être passer un peu inaperçue.

Elle détailla chacun d’eux, Cervantes était le leader, derrière Teach, adossé contre le mur avait un air rebel avec ses bracelets à piques, Marco semblait plus renfrogné…plus sombre et tranchait avec l’allure joyeuse de Cervantes tandis que Christopher était reconnu comme la beau gosse sympathique de la bande par une majorité des filles de Poudlard. Enfin, légèrement en retrait venait Sawyer, il était le plus jeune, de peu, mais d’après ce qu’on lui avait dit pas le plus à prendre à la légère ; il avait pas l’air bien impressionnant.

-Ne me dis pas qu’on vous effraie au point que tu doives recruter chez les premières années ?

Ael fut tellement surprise qu’elle releva prestement sa tête vers Teach sans même penser à lancer une phrase assassine qui de toute façon n’aurait eu que peu d’impact. Toutefois, elle avança de quelques pas pour montrer qu’elle faisait parti du groupe et comptait bien le prouver. Peakes lui passa un bras protecteur autour de ses épaules et elle sourit malgré elle, fière d’être de la bande.

- Ne t’en fais pas pour Ael, tu seras surpris de ce dont elle est capable malgré son âge.

Elle fit voler son regard sur chaque membre serpentard, Sawyer en dernier. Il lui sourit et elle fut tellement surprise que son premier réflexe fut de lui tirer la langue puis elle adoucit sa grimace par un clin d’œil rieur. Elle sourit de plus belle en voyant que le garçon riait et le reste de sa timidité s’envola pour de bon.

- C’est parti ! Cria Peakes.

Chacun s’éparpilla dans un sens et Ael ne sut pas vraiment où aller jusqu’à ce que la main de Stonerd lui attrape le poignet au détour d’un couloir. Rizoti lui fit signe de se taire avant de lui expliquer d’un signe qu’il allait plus loin. Stonerd se pencha pour pouvoir lui murmurer :

-Tu fais tes premiers pas avec moi ce soir. J’ai refusé que notre louveteau se retrouve seule pour sa première mission, non que je ne t’en crois pas capable, simplement on veut que tu t’amuses au maximum.

Ael lui sourit en hochant la tête, la gentillesse de Stonerd lui rappelait celle d’Alexis à l’orphelinat. Elle lui emboîta le pas, trottinant pour ne pas le ralentir, se cachant pour ne pas le trahir et plaquant sa main sur sa bouche pour atténuer le bruit de ses éclats de rire. Peakes aurait été plus sérieux, mais Peakes était le leader et s’était avant tout ses résultats qui comptaient ; qu’eux soient éliminés n’avait au final que peu d’importance.

Le code était clair… il n’y en avait pas. La seule chose importante à savoir était de ne pas toucher à Cervantes, ce droit suprême revenait à Peakes et à Peakes seulement, à moins bien sûr que celui-ci vienne à se faire éliminer, dans ce cas, Cervantes devenait la cible privilégiée. Stonerd se mit à courir et Ael dut redoubler d’efforts pour se maintenir deux pas derrière lui. Il avait repéré sa proie.

-Celui-ci est pour moi, je vais te montrer comment on s’y prend.


Stonerd avança de trois pas vers Christopher en lançant un majestueux « TROUVE » qui aurait laissé croire à n’importe quel spectateur peu au courant que les jeunes hommes jouaient à une innocente partie de cache-cache nocturne. Le serpentard se retourna prestement, sa baguette prête à frapper. Ils tournèrent sur place pendant plusieurs secondes et leurs sorts fusèrent comme deux aigles dans le ciel.

Christopher se retrouva stupéfixié, hors course. De son côté, Stonerd fit un magnifique vol plané et atterrit contre un mur où sa baguette vint gentiment se briser, éliminé. Il éclata d’un grand rire en secouant la tête de gauche à droite pendant qu’Ael le rejoignait.

-Une magnifique démonstration de ce qu’il ne faut pas faire ! Bon eh bien tant pis, il va falloir que tu te débrouilles sans moi ! Bon je t’escorte mais… je ne te serais d’aucun secours.


Stonerd leva piteusement la moitié restant de sa baguette tandis qu’Ael se moquait de lui. Ils reprirent leur route quelques secondes plus tard, Stonerd suivant Ael cette fois. La jeune fille s’arrêta et tendit l’oreille alors qu’un sourire victorieux se dessinait sur son visage. Son compagnon approuva d’un lent hochement de tête et Ael avança avec attention en se glissant le long du mur.

Elle retourna en courant d’un pas léger pour glisser doucement à Stonerd : « c’est Sawyer ». Elle trépigna quelques secondes sur place, se demandant comment elle allait s’y prendre et ne trouvant aucune stratégie, décida d’improviser.

Elle avança à pas de loup le long du couloir et fit apparaître le bout de son museau de l’autre côté du mur. Elle raffermit sa prise sur sa baguette, elle perdrait, elle le savait, mais il fallait perdre avec classe.

-Bonsoir, je viens apprendre.


- - -


Peakes ; Stonerd ; Rizoti ; Douglas

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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Dim 29 Avr - 18:34

Sawyer marchait lentement, contrairement à la plupart des sorciers réunis, il était doté d’un sang froid et d’une maîtrise de soi dans ce genre de situation, qui pouvait le différencier des chiens fous qu’était Teach ou encore Rizoti. Bien sûr, tout ceci n’était dû qu’à ses capacités en combats, qui le confortait. Il restait cependant vigilant, en attendant des cris et des râles, qui l’avertissaient que la bataille avait bien commencé, et vérifiait sans cesse que personne ne le suivait. Peut être que si son futur adversaire n’avait pas eu le poids d’une plume et la taille d’un ouistiti, peut être l’aurait-il entendu venir, il se contenta donc de se sentir observé, et de sursauter en son lui intérieur lorsqu’une petite voix fluette lui clama ;

- Bonsoir, je viens pour apprendre.

Sans se retourner, il su qui se trouvait derrière lui, il arbora donc son plus grand sourire, et se retourna vers la petite première année, qui semblait déterminée et affichait un regard enflammé.
- Et bien apprend donc petite Ael, dit-il en penchant la tête comme à leur première rencontre, quels sorts maîtrises tu ?
Elle parut hésiter, et abaissa quelque peu sa baguette, avant de relever la tête les sourcils froncés. Sa voix était plus timide et confuse, comme gênée de n’être pas encore à la hauteur.
- Je suis en train d’apprendre Expelliarmus avec Storned…
- Expelliarmus ? Ah…,
il semblait regarder le vide, perdu dans la nostalgie avant de reprendre, ils me l’avaient appris pour notre première sortie. Utilise le sur moi.
- Pardon ?
- Vas y, lance le moi, on va bien voir,
expliqua-t-il en lui faisant signe avec les mains de faire ce qu’il lui demandait. Elle sembla hésiter un moment, avant de brandir sa baguette et de crier la formule.
- Expelliarmus !

Le sortilège jaillit de sa baguette, mais sa couleur était plus pâle qu’à l’accoutumée, et toucha Sawyer à l’épaule. Instantanément, sa baguette s’envola de sa main pour aller virevolter quelques mètres derrières. « C’est pas mal, dit-il tout en marchant tranquillement vers sa baguette, tu maîtrises le principe, mais il faut que tu impliques plus de ta puissance magique si tu veux le rendre vraiment efficace, enfin c’est mon avis, » ajouta-t-il en faisant la moue et en ramassant son arme.
Il s’avança vers elle, sur son visage il pouvait voir une indescriptible impression, comme si son impuissance face au quatrième année qu’il était la figeait.
- Une dernière chose…, il laissa un bref silence, avant de brandir à son tour, mais avec une vitesse de progression toute autre, et de siffler la formule ; Accio baguette !
Cette dernière vint se réceptionner dans sa main gauche, et il lui fit un clin d’œil en tirant la langue, comme pour lui rendre la grimace qu’elle lui avait fait. Il faut toujours tenir un minimum sa baguette, ça sera mon dernier conseil. Je te la rendrai plus tard, il étendit son cou pour apercevoir un jeune homme qui était resté jusqu’alors caché. Eh Storned, vient donc la chercher ou te battre, plutôt que de rester ainsi planqué.

Le Gryffondor sortit de sa cache, les mains en l’air, tenant dans la droite sa baguette cassée.
- Arf, tu crois que Flitwick pourra faire quelque chose ? demanda-t-il soudain inquiet.
- J’espère, répondit-il en haussant les épaules, allez viens, avant que Sawyer me traître de tricheur.
L’ainsi nommé fit un signe de la main à la jeune fille, avant de se retourner et de continuer sa ronde dans les couloirs. Il croisa Christopher, qu’il réveilla avec un Enervatum, avant de se faire encourager et qu’il parte en direction du sixième étage.
Il arriva en pleine bataille entre deux groupes de deux, l’un composé de Teach et Marco, cachés derrières des colonnes de marbres, face à Rizoti et Douglas, les Expelliarmus et autres Petrificus Totalus fusaient de part et d’autres. Il longea le mur, en essayant de se faire le moins repérer, mais un sortilège qui s’écrasa à quelques centimètres de son visage l’avertit qu’il n’était pas passé inaperçu. La situation semblait bloquée, et il rentra dans la première salle de classe qui se présenta devant lui. Il eut juste le temps de s’écarter pour voir passer devant lui Cervantes, qui se crasha quelques mètres plus loin, ce bref moment d’inattention valu à Sawyer de subir le même sort, et de se retrouver sans baguette non loin de son compère. Peakes avança, essoufflé vers eux, tenant leurs deux baguettes avec un sourire amusé.
- On dirait que c’est fini pour vous, j’en attendait un peu plus de toi Sawyer, dit-il en faisant la moue.
Sawyer se releva lentement, et mis la main dans sa poche pour sortir la baguette d’Ael.
- Je vais donc me faire un plaisir de répondre à tes attentes, mon cher Peakes.
Chancelant, Cervantes se releva et recula de quelques pas, en baissant la tête pour éviter de recevoir un sortilège venant de la bataille qui se déroulait en parallèle.
- Venge moi Sawyer ah ah, c’est fou mais je n’arrive toujours pas à me débarrasser de lui.
- Part tranquille, j’en fais mon affaire, répondit-il, le souffle encore coupé par le choc. Ça va te faire quoi perdre part la baguette de ta protégée, Peakes ?
- C’est la baguette d’Ael ?
Il parut légèrement soucieux. Tu n’as pas été trop méchant hein ?
- Je ne l’ai même pas touché,
dit-il en haussant les épaules. Il brandit alors sa baguette et lança un Stupéfix, que Peakes évita en se baissant et en envoyant un Expelliarmus au même moment que Sawyer, ce qui fit deux belles marques sur la tapisserie.

La puissance des sorts de Sawyer n’avait rien à envier à ceux de Peakes, et pouvait souvent s’avérer plus efficace, et il en était de la même façon pour les réflexes et la rapidité, ce qui poussa rapidement Peakes dans une situation désavantageuse, lorsqu’il eu perdu par deux fois sa baguette, utilisant tour à tour la sienne, puis celle de Cervantes, puis celle de Sawyer.
- C’était presque trop facile, dis moi Peakes, tu préfères être stupéfixié ou projeté contre le mur ?
- Le moins douloureux évidemment,
dit Peakes en souriant. Tu as eu ta revanche on dirait.
- Oui, et pas qu’un peu, Stupé…
- Petrificus Totalus !


Douglas venait de rentrer, l’immobilisant une seconde avant qu’il ne se débarrasse de son adversaire. Le corps pétrifié, Sawyer tomba en avant, s’écrasant le nez contre le sol dur. Peakes se releva, s’épousseta les vêtements salis par le duel, puis récupéra la baguette d’Ael.
- Juste à temps.
- T’es mon héros du jour Doug. Désolé Sawyer, ça ne sera pas pour cette fois non plus, je le crains, Liberus !

Sawyer sentit comme un relâchement, et se leva lentement, en essuyant son nez qui saignait abondamment.
- Lucky Boy. C’est comme ça que je vais t’appeler maintenant Peakes.
- Ah ah, Lucky boy ? Ça me plaît !




Lucky Boy...

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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Lun 28 Mai - 15:35

5ème année


1 juin 1991 :



- Magnifique.

Cela semblait être le seul mot qu’avait put échapper de la vieille bouche de l’examinateur. Sawyer rangea sa baguette, un sourire satisfait sur les lèvres, laissant le coussin qui avait subit toutes sortes de tests retomber sur le parquet verni. Il avait toujours été un virtuose en matière de sortilège, et le professeur Flitwick ne tarissait pas d’éloge à son égard, allant même jusqu’à le présenter comme son digne successeur.
Tiberius Ogden lui sourit et lui fit signe de partir, ce qu’il fit en saluant une dernière fois le vieux sorcier. Trop facile, pensa-t-il dans un sursaut d’orgueil. En sortant par la porte du fond, Christopher l’attendait, appuyé contre le mur de pierre.
- Alors ?
- Si avec ça je n’ai pas un Optimal, je ne sais plus quoi faire,
dit-il en haussant les épaules et en prenant un air dégagé.
Christopher lui sourit en se remettant droit, et s’étira longuement, comme si le fait d’avoir attendu Sawyer pendant une partie de ses examens l’avait fatigué. Il porta son attention sur une fenêtre, et la désigna du pouce à son camarade.
- Les autres doivent nous attendre au parc, te reste qu’une matière ce soir c’est ça ?
- Oui, rien de palpitant je passe la pratique de l'astronomie.
- Ah ah, effectivement. Bon, il nous reste à rejoindre les autres, Marco croit avoir trouvé le bon bouquin hier.


Ils avaient passé la moitié de la nuit dans la réserve de la bibliothèque, à fouiller dans les étagères le livre qui pourrait les aider dans leurs « plan ». Rusard avait finit par arriver, et ils avaient dû partir en trombe, prenant quelques livres sous les bras. Il les avait laissé les décrypter en allant dormir pendant les quelques heures qui le séparait du levé du soleil, pour les retrouver toujours en train de plancher dessus le matin. Ils cherchaient un moyen de battre le record détenu par Peakes et sa bande, qui avaient soit disant vaincu un Occamy retrouvé au huitième étage dans un cagibi abandonné. L’acte en lui même n’avait pas été prouvé, mais la Main ne pouvait pas laisser la primeur aux gryffondors, et cherchait depuis une semaine une manière de prendre à jamais l’ascendant sur Peakes.
- Et y’a quoi dans ce livre ? demanda-t-il tout en marchant.
- Apparemment une sorte d’enchaînement de préparation magique qui… enfin bref ça à l’air bien compliqué, et vu le nombre d’ingrédients nécessaires, je pense qu’on va devoir en voler au vieux Snape.
- Faire une potion ? C’est comme ça que Cervantes veut faire fermer son clapet à Peakes ?
- C’est pas une potion, c’est plus une sorte d’invocation.
- Et on aura le temps d’ici la fin de l’année d’invoquer la bestiole ?
- Ça, ça dépend de Marco,
dit-il en le désignant du doigt à l’autre bout du parc.

Ils longèrent la rive pour arriver devant les cinq autres membres de la Mains ; Marco semblait prit en pleine lecture, notant sur un parchemin des indications et des ingrédients, pendant que Cervantes lisait par dessus son épaule, excité comme une puce, et que Teach jetait nonchalamment des cailloux dans le lac. Finalement, le plus sérieux d'entre eux leva la tête et déclara solennellement ;
- Il nous faudra attendre l’année prochaine.








BREVET UNIVERSEL
DE SORCELLERIE ELEMENTAIRE


Le candidat est admis
Le candidat est recalé

s’il obtient l’une des
s’il obtient l’une des

notes suivantes :
notes suivantes :

Optimal (O)
Piètre (P)

Effort exceptionnel (E)
Désolant (D)

Acceptable (A)
Troll (T)


CUTHBERT SAWYER A OBTENU :



Astronomie :
A

Soins aux créatures magiques :
A

Sortilèges :
O

Défense contre les forces du Mal :
O

Divination :
D

Botanique :
E

Histoire de la magie :
A

Potions :
E

Métamorphose :
O

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Dernière édition par le Dim 11 Nov - 12:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Dim 22 Juil - 22:26

6ème année

31 octobre 1991 :


La pièce était plongée dans les ténèbres aveuglant d’une nuit sans lune, dans un silence quasi-parfait que venaient seuls déranger les murmures et le souffle chaud de leurs respirations. Malgré l’excitation qui montait en lui, Sawyer ne ressentait qu’une sensation étrangement glaciale, due sans doute à la provisoire température qu’offrait ce temps d’automne, ou à l’aspect religieux qu’entretenait la scène. Cela devait bien faire six mois qu’ils préparaient ce moment, qu’ils en parlaient, discutaient. C’était le moment, leur moment.
Marco avait tellement relu les pages jaunies du vieux grimoire volé à la réserve, qu’il était capable d’en répéter le contenu les yeux fermés. De son coté Teach s’était entraîné pour finir par arriver à lancer un Stupéfix, maléfice pas vraiment complexe pour un septième année mais sur lequel il bloquait depuis son entrée à Poudlard pour une raison restée inconnue. Christopher, que Sawyer accompagnait parfois, avait volé les ingrédients nécessaires dans la réserve de Snape. Cervantes, quant à lui, supervisait le tout, et était de loin de plus impatient du groupe.
Marco releva la tête, accroupit dans le fond de la pièce. C’était une vieille salle de classe, re-aménagé pour l’occasion par la Main : les chaises et les tables étaient disposées contre les murs de façon à ce que le centre de la salle reste libre. L’adolescent venait de tracer avec un pinceau un grand cercle noir. La matière utilisée était un savant mélange d’Asphodèles, de napels et autres matières que seul Marco pouvait connaître, reconnaître et utiliser à bon escient.
- J’ai presque fini le disque d'adjuration, déclara Marco dont la voix était secouée d’un léger tremblement.
Cervantes qui était resté assit sur une table se leva et rejoignit Sawyer. Il croisa ses bras et ils regardèrent ensemble le garçon aux longs cheveux noirs qui peaufinait les détails de ce qui allait devenir leur œuvre.
- À ton avis, ça va ressembler à quoi ? demanda-t-il en tapant un rythme régulier du pied.
- À quoi ressemble un gardien de tombeaux païens ?
- Un gros démon rouge avec des cornes ?
dit Cervantes en matérialisant celles-ci en posant ses mains sur sa tête.
- Un peu trop moldu comme représentation, répondit Sawyer en riant. J’vois plus un grand œil ou quelque chose du genre.
- Quoi qu’il arrive, ils ne pourront pas faire mieux, affirma-t-il.
- J’espère bien, vu le temps que ça nous a pris. Par contre ça va pas être de la tarte de s’en débarasser.
- Rien ne peut résister à la main,
dit-il d’un ton catégorique.
Marco se leva enfin, et se dirigea vers eux. Il avait disposé des bougies d’encens spéciales tour autour du cercle. L’invocation consistait en une habille alliance d’ingrédients et de formules magiques, utilisé pour préserver et protéger des lieux saints dans l’antiquité. L’enchaînement de tout cela devait résulter en l’arrivée de l’entité Duruzul, protecteur de ils savaient quels sanctuaires dans les temps anciens.
On toqua à la porte par trois coup rapide, puis un coup lent. Cervantes quitta Sawyer pour aller vers la porte et la déverrouiller. Il laissa entrer Christopher et Teach, qui portaient dans leurs bras une quantité astronomique de nourritures et boissons venant tout droit du grand repas d’Halloween. Déposant tout ça sur la première table venu, Christopher souffla un coup en s’enlevant les quelques bonbons et autres friandises collées à sa chemise et à sa cravate aux couleurs de Serpentard.
- C’est prêt ? demanda-t-il.
- Presque, il me reste à poser ce qui reste au centre.
Ce qui restait était contenu dans un petit pot en terre cuite, volé dans la serre numéro 4 du professeur Chourave. D’après ce qu’il avait pu comprendre, il était magique et résistant, deux qualités requises à l’instant présent. Le garçon aux cheveux longs et noirs y plongea ce qu’il avait fait cuire dans un petit chaudron pendant toute l’après-midi ; une mixture noirâtre et malodorante.
- Alors alors, c’est prêt ?
On sentait au ton de Félix Cervantes qu’il ne tiendrait plus très longtemps sur place, ses mains ne cessaient de bouger et sa cadence de parole atteignait les sommets.
- Oui, reste au meilleur d’entre nous en sortilège à réciter la formule.
Tout les regards se tournèrent vers Sawyer qui prit un faux air de surprise.
- Si vous insistez, dit-il avec un sourire au coin des lèvres.
- Nous nous tiendrons derrière toi, dit-il en lui tendant un bout de parchemin où la formule était inscrite.
Sortant sa baguette, Sawyer s’avança lentement vers le disque d'adjuration. Avec un geste souple du poignet, il alluma les cinq bougies d’encens repartie le long du cercle noir. Il pointa alors à nouveau sa baguette, et visant le pot au centre, il récita le long récital. Toute sa force magique se vida, comme l’on perce un ballon plein d’eau. Il sentit divers flux transcender son corps pour se précipiter dans le monde extérieur via sa baguette. Son corps fut parcourut de tremblement, de spasmes, son souffle se raccourcit et sa vue se brouilla. Lorsque enfin il eut finit, il posa un genoux à terre, haletant et frémissant. Avait-il réussi ? Il leva la tête pour s’en rendre compte.
Une épaisse fumée noire s’échappa des flammes des cinq bougies, pour graviter au centre du cercle noir, comme si elle provenait du cercle lui-même. Un sifflement aigu s’en suivit, et la fumée fut de plus en plus dense. Sawyer se releva et recula de quelques pas pour se retrouver au centre du groupe.
- Par Merlin… tu as réussi Sawyer, murmura Marco les yeux fixés sur le spectacle qui s’offrait à eux.
- Ce machin là m’a l’air costaud, nous devrions être prêt, prévint Tyrion Teach apparemment nerveux.
Mais si lui était nerveux, il n’existait pas d’adjectif pour qualifier l’état d’excitation qui prenait Cervantes. Il souriait à un tel point que l’on aurait dit qu’il voulait écarter la largeur de sa mâchoire, et tremblait d’excitation comme un shooté en manque.
- On l’a fait. Nous allons battre Peakes et les autres, nous avons gagné ! Exulta-t-il.
- Oui enfin, si on bat ce machin…
Au ton inquiet qu’avait pris la voix de Christopher, Sawyer regarda plus en détail le fond de la pièce. L’âcre fumée avait fini de converger vers le pot, et un nuage noir parsemé de petites étincelles rouges planait posément au dessus.
- Eots quinprel pesla im auiru ?
- Il va falloir tout donner…, murmura Sawyer dont la respiration restait sacadée.
- À trois. Un, deux, trois !
Lorsque l’ordre fut donné, cinq éclairs colorés jaillirent en direction de l’entité sombre. Ils ricochèrent tous comme sur un miroir.
- Et merde…
- Encore, allez ! Cria Cervantes avec un peu moins d’assurance.
À nouveau cinq maléfice filèrent vers le nuage, mais pour obtenir le même effet.
- Detiml onperab esm uzueri !
Un sifflement retentit ainsi qu’une éclair noir faisant penser au mouvement d’un fouet. Sawyer sentit comme une couche de patte brûlante sur son visage. Il y porta sa main, pour sentir le contact du sang chaud sous ses doigts. D’où venait ce sang ? Comme pour répondre à sa question, Teach qui était à sa gauche se plia en deux, en poussant un rugissement. Malgré qu’il eut mis ses deux bras contre son ventre, il s’en échappait une cascade de sang, qui chutait sur le parquet verni de la salle de classe. Cervantes se précipita vers lui, mais il fut soudain projeté quelques mètres plus loin, laissant voler sur son passage de fines sanguines gouttelettes.
- Félix ! cria Sawyer.
La panique avait finit par l’atteindre. Il observa un instant son ami affalé sur le sol, l’air inconscient. Serrant plus fort sa baguette, il tourna son regard vers la cause de tant d’hémoglobines. Les petites étincelles rouges semblaient s’être multipliées, et elles tournaient à grandes vitesse autour du lourd nuage, un vombrissement se répercuta dans la pièce, et l’air était électrique, presque palpable. Les adolescents encore debout tentèrent de lancer des derniers sortilèges, sans succès.
- Protego ! tenta Christopher en vain.
Une même forme tentaculaire noire fouetta la pièce pour l’ouvrir en deux au niveau de la taille.
- Nous n’aurions jamais du défier cette chose… dit Marco en signe de défaite.
- Sawyer… murmura une faible voix derrière l’ainsi nommé.
Il se retourna, les nerfs à vif, ne sachant que faire ni quelle décision prendre. Marco restait prostré là, vidé de toute énergie. Une quatrième rafale fendit l’air, mais l’avertissement que poussa Sawyer, « Attention ! », ne le fit pas bouger d’un poil. Il y eut un son de déchirement, pour le son lourd de deux masses, l’une plus grosse que l’autre, qui tombe sur sol. Le seul garçon encore indemne ferma les yeux un instant, comme pour s’empêcher de céder complètement à la panique.
- Sawyer… répéta la petite voix.
- Félix, tu vas bien ? demanda-t-il, à genoux près de son coéquipier.
Ce dernier se mit à rire, mais un flot de sang dégoulina de son menton lorsqu’il fit cet effort, ce qui eut pour effet de stopper immédiatement son hilarité.
- J’ai connu mieux. On a merdé mon vieux…
- Parle pas, j’vais aller chercher un prof, ils doivent être tous encore dans la grande salle.
- Maintenant Cuth’, tu es la Main. Il serrait celle de Sawyer elle aussi pleine de sang, le regardant droit dans les yeux. Barre toi maintenant, et dis à cet enfoiré de Peakes qu’il a pas gagné, ha ha.
Sawyer voulu s’appuyer sur le parquet pour se relever, mais sa main glissa dans la marre de sang qui s’étalait autour de son leader. Ce dernier ne broncha pas lorsque son corps s’affala sur son ventre.
- Désolé, je reviens… Cervantes ? appela-t-il.
Ce dernier ne bougeait plus, les yeux vitreux et un sourire béat sur les lèvres.
- CERVANTES !
Sawyer tenta bien un Revigor mais c’était peine perdue, Félix Cervantes était mort. Les mains et la mâchoire tremblantes, Sawyer se remit debout, encore sous le choc. De part et d’autres de la pièce, des gémissement et des bruits sordides affluaient. Devant ses yeux passaient les images de ses six dernières années, ces moments de joie, d’amitié, de fraternité et d’aventure.
- Viens, je t’attends, lança sur un ton de défi au nuage sombre.
Dans un même moment, Sawyer lança un sortilège d’esquive, sa hanche droite fut cisaillée, et la porte s’ouvrit à la volé. Le professeur McGonagall se tenait là, les yeux grands ouverts derrière ses petites lunettes, fixant l’horrible scène qui s’offrait à elle. Femme forte qu’elle était, elle se reprit presque immédiatement.
- Sawyer, sortez, vite !
Il porta sa main à son flanc, se mordant la lèvre inférieure pour étouffer un cri. La douleur n’était pas soutenable, et elle lui rappela celle qu’il avait enduré une dizaine d’année plus tôt. Des larmes dépourvues de sanglots s’écoulèrent de ses yeux.
- Anderson, allez chercher le directeur ! Sawyer activez-vous, je ne sais pas ce que c’est mais…
Comme si son cerveau s’était éteint, il obéit sans réfléchir, dépouillé de volonté, les deux mains posées sur sa plaie béante et sanguinolente. Il marchait lentement, et jetait des regards tout autour. Cervantes ne bougeait plus au centre de la pièce, Teach était affalé par terre, les genoux et le visages face contre le sol humidifié par son propre sang, Christopher était assit contre un mur, la tête posé sur son épaule et la bouche entrouverte qui déversait ce même liquide rouge qui empestait dans tout la pièce, et sachant ce qu’il était arrivé à Marco il n’osa même pas le regarder. Il passa le pas de la porte silencieusement, et un nouvel éclair noir le rata de peu sans qu’il n’y fit pas attention. Le professeur McGonagall le prit par les épaules et l’amena contre le mur opposé.
- Que c’est il passé Cuthbert ? Ah Albus, cette… chose est là-dedans.
Dumbledore venait d’arriver, les sourcils froncés, le regard vigoureux. Il était suivit par une jeune fille aux cheveux et aux yeux bruns assez jolie, il semblait qu’elle avait guidé le directeur jusqu’ici.
- Comment va-t-il ? demanda-t-il l’air soucieux.
- Il saigne mais ne semble pas en danger, il y en a d’autres à l’intérieur.
Dumbledore fit volte face et rentra dans la pièce, fermant la porte derrière lui. Des sifflement s’échappèrent mais Sawyer s’en fichait, seul importait qu’ils étaient probablement tous morts. La main démunie de presque tout ses doigts. Des larmes recommencèrent à couler sur ses joues moites, et ses jambes flanchèrent ; il retomba assit appuyé contre le mur. La jeune fille ne sachant pas trop quoi faire et oubliée dans le feu de l’action, vint s’asseoir à ses cotés. Une puissante détonation retentit puis, Dumbledore sortit. Son chapeau n’était plus sur son crane mais il tenait quelqu’un dans ses bras. Sawyer plissa ses yeux pour voir de qui il s’agissait, mais sa tête lui tourna et il le sol se déroba sous lui. Il perdit connaissance et s’écroula sur les genoux de la jeune fille.



Maintenant Cuth’, tu es la Main.

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Sawyer
Dépressif


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MessageSujet: Re: Extraits de vie   Jeu 2 Aoû - 15:59

Et si tout ceci n’avait été qu’un affreux cauchemar ? Si cette douleur lancinante, autant extérieure qu’intérieure n’était qu’une vague illusion provenant tout droit de mon esprit malade ? Peut-être pourrais-je réussir à oublier. Peut-être pas. Je crois que nous possédons tous au fond de nous-même un point faible, une brèche. Si je comblais cette fissure, deviendrais-je invincible ? Vivre sa vie dénudé de ces sentiments qui font de nous des êtres si fragile, cela nous rendrait-il imperméables à cette absolue souffrance ? Passer outre colère et joie, amour et agressivité, est-ce là une des clefs qui rendrait l’homme parfait ?
L’homme doit vivre pour devenir fort, et être fort pour survivre.

Pensées furtives et nébuleuses de Cuthbert Sawyer, nuit du premier au deux novembre 1991.


- - -


Sawyer émergea enfin. Sans ouvrir les yeux, il sentit ses sens le submerger d’informations : Il était couché, et enveloppé dans un drap doux et agréable. On pouvait entendre des bruits de pas venant d’une pièce voisine. Il se répandait dans l’air l’odeur bien particulière des potions médicinales. Il lui restait dans la gorge un vague goût de sang. Mais il garda ses yeux fermé, de sorte qu’il ne put voir qu’un noir profond et neutre. Il émit un grognement, et se retourna de façon à avoir son dos collé au lit.
- Bonjour Cuthbert. Lui dit une voix d’homme qu’il lui sembla reconnaître. Il ouvrit enfin ses paupières pour voir qui c’était.
- Albus Dumbledore ! s’étonna-t-il à haute voix.
- C’est bien mon nom, quoi que l’on pourrait y rajouter les trois autres prénoms que m’avait donné mes parents, répondit-il en souriant derrière ses petites lunettes en demi-lune.
Il n’avait pas souvent vu le directeur de Poudlard au cour de son cursus scolaire. Parfois aux banquets importants, et une seule fois dans les couloirs du château. Malgré le nombre incalculable de bêtises qu’il avait commis, c’était le plus souvent Severus Snape ou MacGonagall qui les réprimandait, lui et les autres.
Un flot d’image lui parvint, et son souffle s’arrêta l’espace d’une seconde.
- Comment te sens-tu Cuthbert ? l’interrogea-t-il, les sourcils légèrement froncés.
- Bien, mentit-il.
- Un des rares avantages qu’apporte le fait de vieillir, c’est que l’on acquiert une certaine sagesse et que l’on sait lorsque des jeunes gens comme toi nous mentent. Le ton avait été jusqu’à lors amical, mais le visage de Dumbledore devint alors plus dur, plus sérieux et grave. Non Cuthbert, je ne pense pas que tu te sentes bien, comment le pourrais-tu d’ailleurs ? Tes plus proches amis se sont fait tuer devant tes yeux, et tu te retrouves aujourd’hui seul rescapé d’une tragédie presque sans précédent dans l’histoire de Poudlard.
Sawyer déglutit. La nouvelle venait de tomber, ils étaient morts. Son regard se décrocha de celui du directeur, pour regarder sans conviction le carrelage sur sa gauche, tout en se mordant la lèvre inférieure.
- Ainsi ils sont…
- Monsieur Christopher Stark, comme tu peux le voir, il désigna le fond de la salle, où un jeune homme était allongé, apparemment inconscient, est plongé dans un profond coma depuis maintenant deux jours. Ses parents sont passé hier le voir, et vont le faire envoyer à Ste-mangouste sous peu.
- Et les parents de... demanda-t-il, sans pouvoir néanmoins finir sa question.
- Les parents de monsieur Marco Lannister et de monsieur Tyrion Teach sont eux aussi passés hier, récupérer les corps de leurs fils respectifs.
- Pas ceux de Félix ?
En y réfléchissant, Sawyer se rendit compte qu’il n’avait jamais parlé des parents de Cervantes, ni même demandé où il habitait pendant les vacances d’été.
- Félix Cervantes n’a pas de parents connus, et l’orphelinat qui l’hébergeait depuis sa toute jeune enfance n’a pas répondu à nos lettres. Il sera enterré dans le cimetière de Poudlard.
Sawyer tomba des nues. Jamais il n’aurait imaginé que Cervantes, le grand Cervantes, leader de la Main, éternel jovial, cachait un passé peut-être aussi lourd que le sien.
- Ton frère est venu te voir, mais ta mère étant moldue, nous n’avons pas pu la faire rentrer à l’intérieur du château. Elle a cependant tenu a ce que tu ais ces gâteaux. Il désigna cette fois le sachet rempli à ras bord, posé sur la table de nuit à proximité de son lit. Maintenant je crois que nous devons avoir une discussion sérieuse, quoi que celle que nous venons d’avoir n’avait rien de légère. Tu viens de vivre une des plus horribles expériences de la vie ; perdre des êtres chers. Comme beaucoup de ceux qui se sont frotté à des forces anciennes et inconnues, ceux que tu chérissais sont aujourd’hui décédés. Il fit une pause, comme si un silence était nécessaire pour accompagner ses derniers propos. Tu vas devoir désormais vivre avec ce fardeau. Peut être est-ce aussi ma faute, de ne pas vous avoir assez sévèrement punit par l’intermédiaire de mes enseignants, ne croyant qu’à de simples jeux entre adolescents sans conséquences.
- Qu’est ce qui c’est passé exactement ? Il me semble vous avoir vu, mais tout est flou maintenant, dit-il en se frottant le front et en fermant les yeux.
- Je suis effectivement arrivé, quoi qu’un peu tard, alerté par mademoiselle Anderson, elle-même envoyée par le professeur MacGonagall. L’entité que vous aviez invoqué toi et tes camarades était d’une puissance hors norme, même-moi j’ai du m’y reprendre à deux fois pour la renvoyer d’où elle venait. Je suis ensuite allé voir tes amis, et j’ai fais sortir le seul qui respirait encore.
Un silence s’installa, et Sawyer, appuyé contre le dossier de son lit regardait l’en dehors par la fenêtre. Il ne réalisait pas vraiment, pas encore. Bientôt il sortirait, les élèves l’assailliraient de question, et bientôt, il sera à nouveau seul. Il déglutit lentement, serrant un peu plus fort ses poings.
- La période de ta vie qui va suivre cette instant risque d’être une des plus douloureuse de ton existence. Si jamais un jour tu ne te sens plus la force de vivre, viens me parler. Il se leva en silence, décroisant ses mains. Et même si cela va de soit, dis toi que jamais nos proches morts ne voudraient que l’on les rejoignent.
Comment il avait deviné, Sawyer se le demanda longtemps avant d’entendre parler de Légilimencie.

Deux jours plus tard, Sawyer fut autorisé a quitter l’infirmerie. Il semblait que l’ordre de le laisser tranquille avait été donné, mais dès son entrée les têtes se tournèrent vers lui, les questions fusaient, les allusions aussi.
Comment sont-ils morts ?
Qu’est ce qui s’est passé ?
Comment tu as fais ?

Il passait sans répondre, le regard vitreux, mais aussi violent, comme s’il était prêt à exploser. Il n’allait plus en cour, ne portait plus de cravate, ne se rasait pas. En quelques jours il n’était plus que l’ombre de lui même ; les yeux cerclés de grosses cernes, la voix cassé, la chemise déboutonnée et sale. Ceux qui osaient lui adresser la parole le regrettait amèrement. Il passait son temps à déambuler sans but dans le parc ou dans le château, faisant parfois apparaître un papillon comme autrefois, mais qui n’avait plus ses belles couleurs arc-en-ciel, remplacées par un noir sombre et froid.
Douze jours plus tard, alors qu’il regardait sans le voir le grand lac qui bordait Poudlard, adossé à un vieux chêne, il entendit une voix familière lui demander.
- Je peux m’asseoir ?
Sawyer quitta un instant sa contemplation passive du lac pour tourner son regard sur le jeune homme qui s’était approché. Peakes lui souriait, un sourire un peu différent de celui qu’il arborait d’habitude, mais qui il ne savait pourquoi réchauffait un peu son corps glacé.
- Oui oui, dit un peu troublé, et s’écartant un peu sur le coté pour laisser au gryffondor une place contre le tronc du chêne.
- Poudlard tout entier parle de toi tu sais Sawyer.
- Ah oui… et que dit-on de moi ?
- De tout. Du vrai et du faux, des mensonges et des réalités.
- Que sais-tu de ce qui est vrai ou faux ? Tu n’étais pas là que je sache, répondit-il hargneux.
- Eh, tout doux. Je sais ce qui est faux parce que je doute que tu ais tué Cervantès, comme certaines rumeurs le disent.
- J’aurais tué Cervantès ?
Peakes prit un cailloux et le jeta le plus loin possible vers le centre du lac. « Tout juste. C’est pour ça que je te dis pour savoir ce qui est faux. »
Un silence s’installa, semble à celui qu’il y avait eu plusieurs jours auparavant avec Dumbledore.
- Il paraît qu’il a été enterré ici ? demanda-t-il.
- Félix était orphelin, Dumbledore me l’a dit.
- Tu es allé le voir ?
- Pourquoi faire ?
- Viens. Il se leva. Tu ne réalises pas encore qu’il est mort. Tu te morfonds sans savoir pourquoi tu es triste, c’est pire que tout.
Sawyer leva la tête et regarda fixement son interlocuteur. « Pourquoi vouloir t’occuper ainsi de moi Peakes ? Nous n’avons jamais été amis, et à chacune de nos rencontres l’on s’attaquait. »
Ce fut au tour de Peakes de le regarder intensément.
- Je crois que durant nos jeux, une certains familiarité s’était installé entre nos deux groupes. Je ne viens pas pour savoir ce qui s’est passé, je viens pour t’aider, parce que malgré que nous soyons ennemis, j’avais un profond attachement pour vous cinq, en particulier toi et Cervantes. Alors maintenant tu vas te lever, et me suivre. La boucle doit être bouclé si tu veux passer à autre chose.
-
Il lui tendit la main et Sawyer s’en saisit, aidant ainsi à se relever. Ils marchèrent en silence, faisant le tour du parc pour arriver derrière Poudlard. Là, se tenait un petit cimetière, dont la grille ne résista pas au Alohomora de Peakes. Elle s’ouvrit dans un grincement lugubre, et comme s’il savait d’avance où il allait, il guida Sawyer vers un petit socle en marbre gris où était gravé.

Ici gît Félix Cervantes. Que soit gardé en mémoire son nom et son histoire.


- Et maintenant ?
- Et maintenant dis le : Adieu Félix, l’encouragea-t-il, appuyé face à lui sur la pierre tombale.
- Ce n’est pas si facile. J’aimerais être seul…
- Je m’en doutais. Il se redressa et commença à dénouer sa cravate aux couleurs de Gryffondor. Tiens prends la.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse de ça ?
- C’est un symbole Sawyer, juste un symbole.
Et il s’en alla, comme il était venu, en faisant grincer le portillon. Sawyer posa un genoux à terre, et contempla la pierre tombale. Effleurant la phrase gravé du bout des doigts, et ces larmes qui refusaient de couler depuis douze jours vinrent se jeter du bord de ses paupières jusqu’au bas de son menton.
L’absolue vérité le frappa alors ; Félix Cervantes était mort. Tout comme Marco Lannister et Tyrion Teach. Et les possibilités que Christopher se réveille un jour frôlait le zéro. Attrapant la tombe à deux mains, il poussa ce cri qui tout comme les larmes avait jusqu’alors refusé de sortir. Il jaillit, Sawyer hurla en direction du ciel, ses larmes redoublant d’intensité. Plus jamais il ne pourrait leur parler.
Il resta ainsi une bonne heure, perdu en lui-même, avant de finalement se relever. Il noua la cravate rouge et jaune que lui avait donné Peakes autour de son cou, et passa sa baguette magique devant le marbre gris.

Ici gît Félix Cervantes. Que soit gardé en mémoire son nom et son histoire.

Mais en dessous l’on pouvait lire.
Adieu Félix, toi pour qui rien n’était impossible, et pour qui aucune loi ni règle ne comptait.


Il se retourna et marchant lentement il murmura.
- Adieu Félix.

Et au plus profond de lui, un être sombre et vil attendait son heure, se rendant compte que la prison qui le retenait venait de s’effriter.

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Extraits de vie

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