Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Home, Sweet Home

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Susan Bones
Sorcière


Nombre de messages: 32
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Date d'inscription: 14/05/2008

MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Mer 22 Avr - 21:30

Trempée de sueur, Susan referma la porte derrière elle. Le petit appartement était plongé dans l’obscurité et aucun bruit ne venait perturber cette quiétude. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer. Les yeux et les lèvres de la SangDragon s’agitaient follement allant de grimace en grimace. Elle aurait fait un boucan pas possible si Susan n’avait utilisé l’assurdiato pour la faire taire. La dernière des De la Croix. Celle de la prophétie. Celle par qui tout devait se terminer. Elle était plus une bête sans âme qu’autre chose à présent. Elle n’avait cessé de grogner et de tenter de mordre sur tout le trajet, même lorsque Susan l’avait soumise au sortilège de lévitation. Bien sûr il était impossible de manœuvrer un corps jusqu’en haut de l’immeuble où elle habitait et elle avait dû traîner la SangDragon à la force de ses bras ce qui expliquait pourquoi elle était en nage. Avoir subi le sortilège d’Endoloris n’arrangeait pas les choses. Elle sentait encore comme des picotements à l’extrémité de ses doigts et elle était parfois sujette à d’irrépressibles et violents tremblements. Heureusement, ceux-ci se faisaient de plus en plus rares.
Alors que ses yeux commençaient à s’habituer à l’obscurité régnante, un discret bruissement se produisit vers sa gauche. Instinctivement elle leva sa baguette et appuya sa main sur l’interrupteur qu’elle venait tout juste d’installer à côté de la porte. Elle ne distinguait qu’une vague forme qui se détachait contre le mur, du noir sur du noir.
- Qui est là ? demanda-t-elle.
Il n’y eut pas de réponse. Roxane Caldrej ne parlait presque jamais, mais elle n’était pas sûre qu’il s’agisse bien de lui. La dernière fois qu’elle l’avait vu, il était encerclé par une escouade de Mangemort. D’une légère pression, la sorcière actionna l’interrupteur. La lumière, soudain intense, l’aveugla et elle se mordit la langue pour sa bêtise. Comme si cela ne suffisait pas pour aujourd’hui !
Elle papillonna des yeux jusqu’à ce que les tâches aient disparu de devant ses yeux. Elle vit alors ce qui était à l’origine du bruit insolite qu’elle avait entendu. Ne dépassant les un mètre trente, les cheveux ébouriffés et les yeux agrandis, le petit Simon Drake-Lang regardait le corps de la SangDragon avec ce que Susan interpréta comme de la peur. Ses yeux se reportèrent sur elle puis encore sur la SangDragon puis encore sur elle. Susan lui lança un sourire qui se voulait rassurant.
- Oh ! Euh. Ne t’inquiète pas tout va bien. Je suis un peu surprise de te trouver encore ici.
Le garçonnet ne répondit pas, laissant ses grands yeux fixés sur la jeune fille. Il doit être sous le choc pensa-t-elle. Désignant la SangDragon d’un geste de la main, elle fit une autre tentative :
- C’est mon amie. Elle est gravement malade, il a fallut que je l’immobilise pour son bien. Je vais l’installer dans le lit et après tu me diras ce que tu fiches là si tu veux bien.
Lentement, très lentement, Simon hocha la tête mais resta à bonne distance pendant un long moment, tout au long duquel Susan fut contrainte de jouer la comédie de la bonne amie. Elle se demandait ce que l’enfant faisait encore ici. Elle l’avait hébergé quelques jours avant de trouver un établissement moldu convenable où le dissimuler. Elle n’avait toujours aucune idée de la raison pour laquelle les Mangemort avaient pourchassé avec tant de hargne un si jeune enfant. Elle supposait que c’était parce qu’il venait d’une quelconque famille de sorcier qui s’était rebellé contre le Seigneur des Ténèbres mais elle n’avait jamais eu la confirmation, le garçon s’étant contenté de fixer ses pieds, une tasse de thé fumant serrée entre ses petites mains.
Susan finit de rabattre la couverture sur le corps de la SangDragon et se tourna vers le gamin. Maintenant il lorgnait sur la femme allongée derrière Susan, le visage complètement neutre. Ils ne pouvaient pas rester ici. Simon était déjà assez perturbé comme ça pour lui agiter sous le nez une aliénée.
- Viens, dit-elle en lui tendant sa main. On va faire un tour.
Une fois dans la ruelle devant son immeuble, elle se tourna vers Simon d’un air décontracté qui était loin de résumer ce qu’elle éprouvait en ce moment. Elle se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir faire de ce gamin. Le ramener à l’orphelinat ou bien… Elle n’avait pas beaucoup de temps. Elle devait retourner là-bas pour aider Remus à… Elle toussota pour s’éclaircir la gorge.
- Alors ? Qu’est-ce qui t’amène chez moi ?
- Des méchants étaient à l’orphelinat mais je suis parti.
Susan fronça les sourcils. Les Mangemorts l’avaient retrouvé ? Comment avaient-ils fait ? Elle s’était assurée de laisser le moins de trace possible, utilisant même des sortilèges de mémoire sur la directrice et les enfants de l’établissement. Que les agents du Seigneur des Ténèbres usent de mesures draconiennes pour le retrouver n’était pas pour la rassurer. Peut être devait-elle l’amener dans un endroit plus sûr…
Elle regarda sa montre. L’aiguille approchait de deux heures du matin. Il fallait qu’elle rejoigne Remus. Elle soupira et tendit à nouveau la main à Simon.
- Accroche-toi bien, ça va secouer.
Et ils transplannèrent.

Remus se trouvait derrière la maison. La jeune fille n’avait eu qu’à suivre les bruits pour le trouver. Malgré ses récentes blessures que Susan avait bandées en urgence, Remus s’activait comme un beau diable, piochant de grosses mottes de terre dans le sol avec une vieille pelle trouvée dans le débarras. Son visage était livide et ruisselait de sueur.
- Tu sais que ça irait plus vite avec un sortilège.
Le trou était assez large mais bien trop peu profond.
- Je veux faire ça avec mes propres mains. Une dernière chose. Pour elle.
Susan glissa un coup d’œil vers le drap de lin blanc qui se trouvait non loin de Remus. La chose qu’il recouvrait n’avait pas l’air d’un corps humain. C’était plus comme une sorte de gros amas qui rougissait le tissu à de nombreux endroits. Elle frissonna.
Simon était resté sur le palier. Elle ne l’avait pas amené ici pour lui exhiber un tel spectacle.
- Je peux t’aider ?
Remus resta silencieux. Seul le « tchoc ! » de la pelle s’enfonçant dans le sol brisait le calme revenu. Ils étaient dans l’œil du cyclone et Remus le savait. Les Mangemorts reviendraient bientôt, il n’avait pas blessé assez gravement Bellatrix Lestrange pour la mettre hors de course bien longtemps. Et lorsqu’elle reviendrait, elle serait sûrement à la tête d’une nouvelle escouade plus importante. Susan était d’ailleurs étonnée que ce ne fût pas déjà fait. Leur retard ne signifiait pas pour autant qu’ils ne viendraient. Remus devait se dépêcher de finir de creuser.
La sorcière fit apparaître une autre pelle puis rangea sa baguette dans la poche de son jean. Elle se plaça à côté de Remus et ils creusèrent à l’unisson. Dans le silence le plus total.

- Il faut dire quelques mots ?
Remus haussa les épaules. Ses cernes étaient deux fois plus lourds que la normale et ses yeux plus rouges que le sang lui-même. Il restait stoïque, la mâchoire bloquée dans un mutisme forcené.
Il croyait que c’était Lestrange qui avait tué Tonks. Susan n’avait pas pu lui dire qu’il s’agissait de Joanne. C’était pour lui une ancienne connaissance, peut être même, une ancienne amie. Elle avait donc rejeté la faute sur la Mangemort pour éviter un sort tout aussi funeste que celui de Tonks à la SangDragon. Mais en son for intérieur, Susan savait qu’un jour viendrait où elle la tuerait de ses propres mains. Une dernière chose pour ses parents. Comment Remus avec la tombe. Il lui fallait juste être encore un peu patiente.
Elle reporta son regard sur le sol récemment remué par leurs coups de pelle. Ils avaient travaillé vite et la lueur du jour ne pointait pas encore à l’horizon. Susan hésitait toujours à prendre la parole. Puis elle décida que non. C’était à Remus de faire ce genre de chose. S’il le souhaitait.
Ils restèrent donc debout en silence devant la tombe pendant que les minutes s’égrenaient lentement.
- Je vais la tuer. déclara-t-il après ce qui parut à Susan une éternité. C’est tout ce qu’il prononça.
Dans la pénombre, les yeux de Remus luisaient d’une vague lueur. Peut être des larmes. Mais derrière ces yeux, se cachait le regard sombre d’une personne déterminée à aller jusqu’au bout. Un regard pénétrant, implacable, qui ne s’effacerait que lorsque le but qu’il s’était fixé serait enfin atteint. Un regard de vengeance.
La peur contracta le ventre de Susan. Pour la première fois, Remus suintait le meurtre, sa nature de loup-garou exacerbant cette impression à l’extrême. Et il avait le regard. Un regard qu’elle ne connaissait que trop bien. C’était celui qu’elle voyait chaque fois qu’elle se regardait dans un miroir.

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Dernière édition par Susan Bones le Jeu 23 Avr - 0:12, édité 1 fois
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Samaëlle
Sorcière


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Jeu 23 Avr - 0:05

To Pa's birthday ! Yeah ! =D


Ses particules se déplaçaient à la vitesse de la lumière, s’éparpillant momentanément par-ci par-là, à l’image de ses pensées lorsqu’elle se retrouva à une rue près de la Chique du Gobelin. Samaëlle tomba à genoux, les mains au sol, des graviers s’enfonçant dans la chair tendre de ses paumes. Elle restait là, prostrée, ne sachant que faire, ne pouvant ni pleurer ni bouger. Elle se repassait inlassablement la scène dans sa tête. Talib lui faisant ses adieux, puis glissant dans sa poche ce portoloin. Samaëlle fouilla avec difficulté sa poche pour en sortir l’objet ayant servi à la ramener à Londres. Elle se redressa immédiatement sur son séant lorsqu’elle senti la texture caractéristique du papier. Il était scellé à la cire, comme on en utilisait encore chez les sorciers. Le cœur de Samaëlle se serra. Elle décacheta le parchemin de ses mains maladroites et tremblantes. Elle ne sentait même plus le froid londonien qui mordait ses joues et ses mollets nus. Elle déplia le mot qui lui était adressé et son visage changea de couleur plusieurs fois, passant du vert au rouge puis au blanc pâle.
La jeune femme laissa tomber la missive devant elle, fixant le vide. Pour la première fois, ses larmes coulèrent le long de ses joues, et au fur et à mesure, les sillons se grossissaient en rivière. Samaëlle finit par pleurer à gros bouillons. Elle s’essuya le nez et renifla mais rien n’y faisait, ses larmes ne voulaient pas s’arrêter. Plus rien ne tenait debout. C’était quoi ce monde bordel, qui se cassait la gueule ? On ne pouvait donc compter sur personne ? Aucun repère n’était fiable, plus rien pour la ramener à la surface. Samaëlle sombrait dans la démence, elle rit puis elle se tut. Elle ne savait pas précisément où elle était, elle ne savait plus rien. C’était comme si les uniques mots qu’elle venait de lire avait suffit à effriter une barrière déjà bien amincie et que le chagrin l’avait totalement balayé. Sans retenue une forme de folie s’emparait de la jeune femme qui seule dans la rue avait l’air d’une mendiante frileuse tant son corps tremblait. Au bout d’un moment, lorsque toutes les larmes du monde furent versées, vint l’heure de faire le point.
Samaëlle passa une main dans ses cheveux emmêlés. Elle leva les yeux vers le ciel qui commençait à s’éclaircir. Elle soupira. Elle n’avait plus envie de rien. Ni le mal ni le bien ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Elle pouvait bien se faire foudroyer sur place qu’elle n’en aurait ressenti aucune peine. Elle prit du bout des doigts la chaîne attachée en bracelet à son poignet et un bref sourire illumina son visage. Tous l’avait abandonné mais tous avaient existé. God lived as a devil dog. Elle se releva tant bien que mal. Non loin de là la Tamise où les bateaux faisaient entendre leur corne de brume. Un port trop nu désormais. Même les moldus l’avait déserté pour la plupart. Samaëlle cogita pendant ce qui lui parut une éternité avant d’arriver, chancelante, devant la Chique. Elle avait décidé de voir Sawyer, et de lui dire qu’elle abandonnait. Qu’il n’était plus dans ses possibilités de l’aider. Elle voulait se trouver une île déserte et y finir sa vie, loin, très loin de cette magie, putain de luxe. Magie qui vous séduit, vous fait goûter au danger, vous fait aimer l’adrénaline, vous promet monts et merveilles et vous jette un soir dans le caniveau. Elle haletait lorsqu’elle poussa la porte de l’auberge. Bill lui avait accordé le passage sans difficulté. Il n’y avait que le barman retourné à ses affaires et un homme de trois quart face. Samaëlle reconnut facilement Sawyer attablé devant un café fumant. Il ne semblait pas dans son meilleur jour, son regard fixait un point dans le vague. Elle s’approcha doucement de lui, encore un peu tremblante. Elle lui posa une main sur l’épaule et ouvrit la bouche, mais les mots refusaient de sortir. Quelques secondes après un bruit sourd se fit entendre puis le bruit caractéristique de freins un peu trop sollicités. Déboulèrent alors presque immédiatement par la porte encore ouverte une bande de sorciers, certains blessés, d’autres aux visages connus. Quelque chose n’allait pas.

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Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui.

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Sawyer
Dépressif


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 26 Avr - 21:48

Sur leurs visages se lisait la peur. Une peur encore vive, qui ne signalait rien de bon. Nikolaï se détacha du groupe pour s'avancer vers Sawyer. La douleur chez le vampire semblait avoir pris le pas sur l'inquiétude. Il se tenait l'épaule comme si son bras risquait de tomber à chaque instant.
- Que c'est-il passé ? demanda Sawyer sans se lever de sa chaise.
- Bellatrix Lestrange et d'autres sorciers. Plusieurs morts.
Sawyer encaissa la nouvelle sans ciller, et tourna la tête lorsqu'il entendit des bruits de pas descendre de l'escalier. Andrew et Ethan arrivèrent, les yeux écarquillés devant la dizaine de nouveaux venus.
- Andrew, appela Sawyer d'une voix calme, occupe-toi des blessés. Commence par Nikolaï. Ethan, fais-moi une liste de qui est qui dans ce petit monde. Samaëlle, il se tourna vers elle et lui fit une sorte de petit sourire. Rends-toi utile.
Il fouilla le groupe d'arrivants du regard et repéra Juliette qui parlait à un homme.
- Où est Susan ?
- On l'a perdu de vue là-bas.
Sawyer fronça les sourcils et posa sa main armée de sa baguette magique sur la table. Tout cela était bien contrariant. Samaëlle s'approcha de lui, comme pour lui dire quelque chose, mais déjà la tasse à café qu'il tenait de son autre main se mit à briller d'un halo bleuté. L'instant d'après, une sorte de crochet l'attrapa par le nombril pour l'aspirer dans un violent tourbillon.

Tout était éteint, enveloppé d'obscurité. Il marchait sur le chemin sombre à la lueur de sa baguette magique. Un silence quasi funèbre planait dans l'air. Arrivé dans la cour, il la balaya de son faisceau lumineux. Il arrêta son geste sur une pelle, plantée dans l'herbe. Tout un carré de terre paraissait avoir été retournée récemment. Sawyer ne s'y attarda pas et continua son chemin vers l'étrange maison délabrée. Dans le hall, le sol était jonché de gravats et de poussières, et en y regardant de plus près, il discerna en dessous un cadavre. Il soupira une nouvelle fois mais un léger craquement lui fit lever les yeux. La maison était encore habitée d'un ou plusieurs occupants. Silencieusement il monta les marches, enjambant le corps désarticulé d'un Mangemort malchanceux.
Des bruissements s'échappait de l'étage. Ce dernier paraissait avoir été le champ de bataille de terribles affrontements. Des pans entier des murs avaient été pulvérisés à travers le couloir et des traînées de sang sillonnaient le parquet. Redoublant sa vigilance, Sawyer ouvrit une porte qui se trouvait sur sa droite. Un petit corps frêle semblait dormir paisiblement dans un coin de la pièce, à la chose près qu'une flaque de sang s'étendait tout autour de lui. Les bruissements qui arrivaient au oreilles de Sawyer lui parurent plus distincts. Il passa l'encadrement d'une porte défoncée. Cette fois non plus seulement du sang, mais aussi des bouts d'organes étaient éparpillés partout dans la pièce. Aucun sort à la connaissance de Sawyer était capable d'une aussi grosse boucherie. Un mage noir avait dû s'y reprendre à plusieurs fois pour arriver à un tel résultat. Il enjamba un cratère formé sur le parquet brûlé et tâché. Le bruissement s'était changés en mots confus. Sawyer s'approcha d'une nouvelle porte et colla son oreille. Deux personnes au moins, discutaient de l'autre coté. Il recula de quelques pas et d'un mouvement de sa baguette magique, il propulsa la porte qui sortit de ses gonds. Il y eu des cris d'étonnement, mais sous l'effet d'un sortilège la porte resta en l'air, comme en lévitation.
Il y avait deux sorciers assis autour d'une table. Chacun d'eux pointait sa baguette dans sa direction, et lui dans la leur. Sawyer baissa légèrement la sienne lorsqu'il reconnut Susan, et il la rangea dans sa poche lorsqu'il aperçut Rémus Lupin en face d'elle.
Un peu plus au fond, une petite touffe rousse dépassait du rebord de la table. De petits yeux d'enfants le dévisageaient étrangement. Susan se leva et fit quelques pas hésitants vers Sawyer. Elle devait sentir le danger venir, car elle n'osa pas dépasser le pas de la porte pour le rejoindre.
D'un geste rapide, Sawyer gifla Susan dans un claquement sec. Il la dépassa ensuite tandis qu'elle gardait sa tête penchée sur le coté, ses cheveux dissimulant l'expression de son regard.
- J'étais inquiet, se contenta-t-il d'expliquer lorsqu'il passa à coté d'elle. Il faut y aller, dit-il en direction de Rémus Lupin, une armée entière de Mangemorts devrait bientôt faire son apparition.
Comme pour lui signifier qu'il avait raison, des bruits sourds résonnèrent dans toute la maison. Sawyer dégaina sa baguette et jeta un sortilège sur la table de bois.
- Posez tous une main sur la table !
Lupin qui jusqu'à là avait paru un peu endormi, sembla se réveiller avec une rage nouvelle. Il empoigna la table tandis que de sa main libre il se saisit de sa baguette. Des bruits de pas se rapprochaient dangereusement.
En posant à son tour sa main sur le rebord de la table, Susan lança à Sawyer un drôle de regard et cracha entre ses dents un ;
- Enfoiré ! rageur.
- Silence petite fil...
Mais Sawyer n'eut pas le temps de finir sa phrase, que son second portoloin de la journée le ramenait à la case départ.

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Susan Bones
Sorcière


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Lun 27 Avr - 20:28

Susan fulminait intérieurement lorsqu’ils arrivèrent brusquement au milieu de la Chique du Gobelin. Sa joue ne lui faisait quasiment pas mal – c’était bien peu de chose comparé à ce qu’elle avait subi contre Bellatrix – mais le geste qu’avait eu Sawyer envers elle lui restait en travers de la gorge. Il l’avait traitée comme une fillette que son père vient de surprendre en train de faire une bêtise. Elle était adulte bon sang de bois ! Et elle venait sûrement de sauver la vie à la plupart des personnes qui étaient encore rassemblés dans la pièce, leurs yeux encore hagards et caverneux errant sans but tout autour d’eux.
Elle lança un coup d’œil à Simon et Rémus. Le premier avait lâché la table et regardait la taverne avec des yeux agrandis par la surprise. Elle nota que le second s’appuyait lourdement contre la table portoloin que Sawyer avait fabriqué. Le loup garou chancelait vaguement. Susan ne lui proposa pas de s’asseoir. Les tremblements n’étaient peut être pas dû simplement au fait qu’il soit exténué.
Elle reporta alors son regard sur l’objet de sa colère. Sawyer lui rendit son regard dans un silence éloquent.
Trop épuisée pour parler, elle se contenta de lever dans sa direction un majeur tendu au milieu de son poing fermé puis de tourner les talons avant de monter les marches menant au premier étage quatre à quatre. Là, elle ouvrit la porte de sa chambre et la referma violemment derrière elle. Elle se dirigea ensuite vers son lit et se jeta dessus toute habillée. Elle se laissa aller alors.
Toutes les émotions refoulées de cette folle nuit remontèrent en elle comme des boulets de canon : sa tristesse pour la mort de Tonks, la souffrance qu’elle avait subi sous la torture, sa peur de mourir, sa colère contre Sawyer. Toutes se mélangeaient en elle et formèrent une boule de plus en plus grosse au creux de son ventre. Elle se sentait aspiré dans son propre corps, prisonnière d’une cage faite de ses chair et os. La jeune femme se mit à haleter comme si l’air lui manquait et, dans un bruyant sanglot salvateur, Susan fondit en larmes.

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Home, Sweet Home

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