Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Home, Sweet Home

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Susan Bones
Sorcière


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MessageSujet: Home, Sweet Home   Mar 23 Sep - 22:00

[IV]


Quelques jours plus tard...

Susan entra dans le bar miteux nommé la Chique du Gobelin. Bill la regarda de ses petits yeux suspicieux. Et lui rendit son regard et le gros lard se détourna en marmonnant dans sa barbe touffue. D’une certaine manière, il lui rappelait Hagrid, le vieux garde-chasse de Poudlard. Tout ça lui semblait bien lointain à présent, l’époque insouciante où elle étudiait la magie là-bas. Plus d’un an s’était écoulé depuis qu’elle s’était enfuie de l’école, après l’assassinat de ses parents.
D’abord elle avait voyagé en compagnie de Tonks et Lupin, deux sorciers qui vouaient leur existence à la recherche d’Harry Potter. Ils n’avaient sûrement pas compris qu’il n’y avait plus d’espoir. Le Survivant était mort, autrement jamais il n’aurait laissé le Seigneur des Ténèbres commettre les crimes qu’il avait perpétré en toute impunité depuis son ascension au pouvoir, le soir où Londres avait brûlé. Elle connaissait le caractère impétueux d’Harry pour l’avoir côtoyé à l’époque de l’Armée de Dumbledore, il n’aurait jamais laissé faire ça, pas lui.
Malgré tout, elle avait suivi les deux sorciers dans leur folle quête sur les traces d’un fantôme pour finir par se retrouver piégée dans une embuscade tendu par des Mangemorts et les SangDragons. Elle ignorait ce qu’il était advenu de Tonks et Lupin mais les chances qu’ils aient eux aussi survécu ne dépassaient pas le QI d’un troll des montagnes.
Ces pensées furent chassées par le son d’une voix qu’elle connaissait bien et qui venait de l’étage supérieur. Elle traversa le bar, vide de tout client, pour se diriger vers les escaliers. Mais avant qu’elle n’ait pu faire plus de trois pas, l’une des portes d’en haut s’ouvrit soudainement, révélant les silhouettes de deux femmes et d’un homme.
En reconnaissant ce dernier, Susan Bones resta immobile, attendant qu’il la remarque. Il mit plusieurs secondes avant cela – trop absorbé par sa discussion avec le couple de femmes.
- Il reviendra. Il revient toujours. Dit-il de sa voix zézayante.
Il commença à descendre les escaliers mais s’arrêta brusquement en voyant Susan.
Elle haussa les sourcils, pendant qu’il restait comme paralysé, le pied entre deux marches. Puis, l’homme se reprit rapidement et toussota discrètement.
- Hum… Susan Bones… Quel plaisir de te revoir… en vie. Quand tu n’es pas venue au rendez-vous de Venise, j’ai pensé qu’il t’était arrivé quelque chose… ou que tu avais fuis, encore.
Ses yeux n’exprimaient aucune chaleur, tout comme le son de sa voix. Le vampire ne l’aimait pas et Susan le lui rendait bien. Elle pensait que c’était une erreur de la part de Sawyer de faire confiance à ce genre de créature. On ne savait jamais ce qui pouvait bien se tramer dans leur tête.
Elle préféra donc ignorer la remarque volontairement désobligeante de Nikolaï.
- Contente de te voir aussi, Dracula. Je cherche le patron, tu ne l’aurais pas vu par le plus grand des hasards ? A moins que tu ne sois trop occupé avec ces… heu, demoiselles ?
Elle agrémenta sa question d’un grand sourire niais en direction du vampire et des deux jeunes femmes.
Aucun muscle du vampire ne tressaillit. Il se contenta de finir de descendre les marches de l’escalier pour venir se placer devant Susan. La lueur de la lampe accrochée au-dessus de leur tête amplifiait encore plus la pâleur cadavérique de Nikolaï.
Le vampire désigna alors les deux jeunes femmes :
- Ces… demoiselles, font parties de l’équipe. Bien sûr tu le saurais si tu étais venue aux dernières réunions.
La sorcière jeta un rapide coup d’œil aux deux autres femmes. L’une avait des cheveux bizarres et l’autre une pâlichonne malingre. C’était ça les renforts promis par Sawyer ? Une punk et une poupée Barbie anorexique ? Génial ! Avec ça ils auraient peut être le mérite de faire rire le Seigneur des Ténèbres.
Elle reporta son attention sur le vampire en faisant la moue.
- J’étais occupée à des affaires trop importantes pour venir jouer à la dinette avec vous, désolée.
Nikolaï ouvrit la bouche, comme s’il allait répliquer quelque chose mais ses yeux se figèrent soudain, fixés sur un point un peu au-dessus de l’épaule de Susan.
- Quoi ? Il y a des choses plus importantes à faire que de jouer avec moi ?
La voix fit sursauter la jeune fille. Elle semblait fatiguée mais elle l’aurait reconnue entre mille. La jeune fille se retourna vivement.
Sawyer se tenait là, dans l’encadrement de la porte de la Chique du Gobelin. Malgré la relative obscurité, Susan remarqua tout de suite que quelque chose clochait.
Lorsque le sorcier rentra enfin et que la lumière des lampes éclaira son visage, la jeune sorcière dû réprimer un frisson.
Il avait les traits tendus à l’extrême, deux grosses poches sombres pendaient de sous ses yeux et ses lèvres, tirées jusqu’à en être blanchâtre, ne semblaient plus jamais vouloir esquisser le moindre sourire.
Nikolaï se dirigea précipitamment vers lui, suivi de près par la punk et l’anorexique, mais Sawyer les arrêta d’un geste de la main.
- Je vais bien, dit-il en refermant la porte derrière lui. Je vais très bien.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Jeu 2 Oct - 21:04

Toutes les personnes présentes dans le bar le regardaient avec dans le regard un mélange de surprise et d’inquiétude. Sawyer n’avait aucune envie de parler, et moins encore de raconter comment il avait fini la nuit. Il s’avança d’un pas, et Nikolaï le laissa passer. Son corps entier le faisait souffrir et garder les yeux ouvert lui semblait relever de l’exploit.
Il passa à coté de Susan sans lui prêter un regard, et s’accouda au bar.
- Un whys… Un café, conclue-t-il.
Bill resta silencieux mais ne quitta pas Sawyer du regard jusqu’à ce qu’il l’eut servi. Sawyer but une gorgé de liquide fumant qui eut le bienfait de le réchauffer un peu. Il resta ainsi un court instant, à savourer le plus infâme café qui se faisait sur Londres. Puis, il tourna la tête et en voyant la baguette magique de Samaëlle qui dépassait de la poche de son pantalon, il eut un maigre sourire.
- J’ai eu peur l’espace d’un instant que nous ayons fait tout ça pour rien.
- J’aurais dû venir avec toi, dit Nikolaï.
Sawyer n’eut pas le courage de répondre au vampire. Il se contenta de fixer les bouteilles posées derrière Bill, harassé. La situation aurait pu être bien pire si au milieu de la foule, quelqu’un se rendait compte qu’il y avait un vampire présent.
Il finit son café d’une traite et se releva. D’une voix morne, il dit ;
- Je vais me reposer dans ma chambre.
Nul ne répondit, aussi il fit semblant de s’y diriger jusqu’à ce qu’il arrive face à Susan, où il simula sa propre surprise.
- Susan Bones, vous ici ? Que nous vaut cette immense honneur ? dit-il sarcastique. Il la toisa quelques secondes de toute sa hauteur, le regard fatigué mais virulent, puis il ajouta la voix dure. Tu peux partir d’ici, je n'ai nul besoin d'une personne aussi inutile que toi.
Il fit un pas de coté et se dirigea vers les escaliers.
- Inu... ? Je connais un mec que j'ai aidé à sortir de la merde il n'y a pas si longtemps, alors qu'il était pourchassé comme un chien, qui te rirait bien à la gueule s'il était là.
Sawyer s’arrêta. Ses paupières lui semblaient plus lourdes que jamais, et la fatigue se faisant, la patience lui manquait. Il se retourna, et observa le visage têtu de Susan.
- Eh bien tu lui diras que je t’ai sûrement sauvé la vie en t’écartant du danger.
Il fit un geste de la main, comme pour signaler que la conversation était terminé, et gravit les marches des escaliers en se tenant au mur. Il était fatigué. Fatigué de tout. Personne ne le comprenait vraiment, surtout depuis la mort de Maugrey et d’Hélène.
Il ouvrit la porte de sa chambre et la referma derrière lui. La pièce était mal éclairée mais propre. Ses valises étaient alignées dans un coin de la pièce, et ses vêtements déjà rangés par les soins de Bill. Au centre se trouvait son lit qui ne demandait qu’à l’accueillir. Il allait s’y laisser choir, lorsqu’il entendit la voix de Susan derrière la porte.
- Toi, sauver ma vie ? La serrure fit un bruit distinct, et la porte s’ouvrit en grand, laissant Susan apparaître derrière l’encadrement. Vu ta tronche de cadavre ambulant c'est pas moi qui ait besoin d'être sauvée. T'es encore aller te foutre dans le pétrin tout seul en laissant les autres en arrière, je parie. Tu as tant envie d'en finir que ça avec la chose misérable que tu es ?
Touché. Sawyer hésita un bref instant à la stupéfixier pour avoir enfin avoir la paix, mais il doutait être encore capable d’exécuter un simple sortilège ménager, et puis, ce n’aurait pas été très élégant.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles petite fille, et je suis las de toi et de tes enfantillages. Je ne sais pas ce que tu fais de si intéressant lorsque tu ne daignes pas te joindre à nous, mais maintenant tu pourras t’y affairer à temps complet. Il s’approcha de la porte et donc d’elle et il la pointa du doigt. Maintenant laisse-moi dormir petite fille, j’ai sommeil.
- Vraiment ? Tu ne fais plus de cauchemars ? Quel nom gémissais-tu déjà ? Hélène ?
Sawyer se tue, parce qu’au fond, il n’y avait rien à dire. Ses jambes le portaient à peine, sa gorge était sèche comme complètement déshydraté et il avait de plus en plus de peine à rester éveillé.
Elle l’observait étrangement, le sourire moqueur.
- Je crois que j'ai compris. Finalement à force t'es devenu impuissant, c'est pour ça que t'es en rogne.
Sawyer ne put s’empêcher rire, et il se mit à rire si fort la gorge déployée, qu’il ne put plus s’en empêcher. Son rire résonnait dans toute la chambre, un grand rire insensé et joyeux, un rire de dément. Il fit deux pas en arrière et le lit heurta l’arrière de ses genoux, l’asseyant. Les coudes posés sur ses genoux, il continua son hilarité déjà prolongé tandis que Susan le regardait sans comprendre.
- Impuissant… murmura-t-il entre deux haussements d’épaules. Impuissant…
- Ouais, c'est ça. Et je vais te sortir de la merde encore une fois, dit-elle après s'être débarrassée de son manteau et avoir fait passer son t-shirt par dessus sa tête. Je vais m'arranger pour que tu ailles mieux.
Les rires se mélangèrent aux larmes, et Sawyer perdit la notion de l’espace et du temps. Il se sentait manipulé par Susan, il sentait sa peau fraîche contre la sienne, il sentait son parfum et ses lèvres. Leurs mains se joignirent sans que Sawyer n’ait rien à faire.
Il ouvrit ses yeux baignés de larmes et rencontra ceux fermés de Susan. Il la saisit contre lui, son torse brûlant contre sa poitrine, et la porta jusque sur la commode.
Des images se superposèrent dans son esprit. Celle de Susan collée à lui qui frétillait, et celle d’Hélène, revenant du passé.
Hélène…
Tout ses sens se mélangèrent, des souvenirs affluaient dans sa tête sans qu’il ne puisse les retenir.
- Hélène…
- Quoi ?
Il secoua sa tête et reprit sa danse rythmée. Mais plus il regardait Susan, plus son visage et celui d’Hélène se mélangeait. Même le décor semblait vaciller.
- Sawyer...
- Hélène !
Il lâcha le corps qui lui faisait face sans vraiment savoir à qui il appartenait et ses jambes flanchèrent sous son poids. Les démons remontaient à la surface et parasitait son esprit, à nouveau. Il se mit à crier en tentant en vain de se remettre droit. Il porta sa main aux deux chaînes qui pendaient à son cou et les serra si fort que du sang commença à perler du creux de sa main. Sa vision devint floue et sous lui le sol semblait s’écrouler. Il perdait pied et la réalité le fuyait comme s’évanouit un rêve.
Il tenta d’articuler le nom d’Hélène comme un appel au secours, mais c’était peine perdue.
Secoué de spasme et de tressaillement, en plein délire, il s’évanouit.

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Susan Bones
Sorcière


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Ven 17 Oct - 15:07

Susan observa un instant les traits de Cuthbert. Il s’était enfin à peu près apaisé après avoir passé une nuit des plus agitées et cette dernière laissait encore ses traces sur son visage.
Il l’avait appelé Hélène. Susan ne connaissait pas grand-chose sur elle, mis à part qu’elle était morte et que sa disparition faisait fuir le sommeil de Cuthbert un peu plus chaque jour. Et même encore lorsqu’enfin il parvenait à s’endormir, ses songes n’étaient peuplés que de mauvais rêves d’elle.
La jeune femme n’appréciait pas particulièrement cette facette du personnage mais elle comprenait néanmoins ce que le sorcier pouvait bien traverser. Fut un temps, ses nuits aussi étaient sujettes à de nombreux cauchemars.
Elle se redressa lentement et sortit aussi silencieusement du lit que possible pour ne pas déranger le sorcier encore endormi. Celui-ci n’émit qu’une légère plainte au moment où Susan enfila les pantoufles chaudes de Cuthbert.
Après avoir rassemblé ses vêtements éparpillés aux quatre coins de la pièce, elle alla se préparer dans la petite salle de bain adjacente à la chambre de Cuthbert.
Tout en se lavant – enfin ! – méticuleusement les cheveux pour la première depuis trois jours, elle repensa au petit Simon qu’elle avait laissé à son appartement. Elle espérait qu’il ne s’inquièterait pas trop pour elle et qu’il saurait se trouver un truc à grignoter. Bah, à cet âge, les mômes étaient assez débrouillards.
Une fois rincée, coiffée, habillée et maquillée, Susan rentra à nouveau dans la chambre où dormait Cuthbert. Puis, après s’être assurée qu’il ne s’agitait pas trop, elle ouvrit la porte du couloir et descendit les escaliers jusqu’au rez-de-chaussée où Bill, derrière son comptoir, essuyait distraitement des verres avec son chiffon sale.
Elle le salua d’un signe de tête et chercha une place où s’asseoir. Le bar était complètement vide à l’exception d’une femme qui lui tournait le dos. Après un court instant de réflexion, la sorcière la reconnut. C’était l’une des deux femmes qui discutaient en compagnie de Nikolaï la veille, celle qui lui paraissait anorexique.
- Un café noir, Bill mon chéri. Tu serais gentil.
Le barman marmonna quelque chose dans sa barbe qui ressemblait fort à un juron mais servit néanmoins Susan qui s’était mise à lui sourire de l’air le plus niais qui lui était possible d’afficher.
Tenant la tasse brûlante dans une main, Susan se dirigea ensuite vers la jeune femme aperçue la veille. Une fois à sa hauteur, elle désigna une chaise du menton.
- Puis-je ?
Elle acquiesça rapidement de la tête et se contenta d’un discret :
- Allez-y.
Susan prit alors place en face d’elle et sirota son café tout en scrutant son visage. Aucune des deux sorcières ne pipa mot pendant ce qui parut une éternité à Susan. Reposant sa tasse vide, elle se résolut à engager la discussion la première.
- Bon, je ne suis pas sûre de m’être correctement présentée hier mais je m’appelle Susan. J’ai ramassé le grand patron à la petite cuillère et depuis il me fait les yeux doux pour que je marche dans sa combine de tarés. Et toi, tu t’es fait arnaquée comment pour en arriver à suivre ce malade ?
- Moi, Juliette. C'est une assez longue histoire. Pour résumer, je dirais qu'il m'a aussi fait les yeux doux, et que je me suis retrouvée en train d'accepter de l'aider. Je ne me rendais pas compte à quel point sa combine était folle, et je ne m'en rends certainement pas encore vraiment compte.
Susan se mit à ricaner. Evidemment, il fallait être ignorant ou aussi peu sain d’esprit que Cuthbert pour vouloir le suivre dans cette histoire. Comme si une poignée de sorciers pouvait mettre à bas le plus puissant mage noir de l’époque et son armée prête à mourir pour lui. Sans compter toutes les autres monstruosités que le Seigneur des Ténèbres avait bien pu recrutées.
- Enchantée Juliette. Bienvenue à l’asile pour sorciers idéalistes. L’endroit le moins sûr au monde à part… Elle fit mine de réfléchir une seconde. Non, je vois pas d’endroit pire que celui-là.
Juliette allait répondre quand une porte à l’étage s’ouvrit soudainement. Les deux jeunes femmes tournèrent instantanément la tête vers les escaliers, s’attendant presque à ce que Cuthbert se soit déjà remis de ses mésaventures et le voir, tout sourire, descendre les escaliers.
Mais à la place de leur leader, Susan eut la désagréable surprise de voir apparaître le tristement mort Nikolaï. Le vampire était enveloppé de son accoutrement habituel - à croire qu’il ne se changeait jamais. Sans jeter un regard à Bill, il se dirigea vers les deux jeunes femmes dès qu’il les vit assises à leur table. Ses yeux mornes se fixèrent instantanément sur Susan.
- Hey, ce n’est pas l’heure d’aller dormir, Dracula ? A moins que tu ne veuilles te transformer en torche vivante.
En signe de mauvaise humeur, Nikolaï retroussa une partie de sa lèvre supérieure, découvrant une canine anormalement longue pour pouvoir être celle d’un humain. L’intention du vampire était peut être d’intimider Susan mais, manque de chance, elle avait déjà vu bien pire. Elle considérait que Nikolaï ne représentait qu’un petit sarment de bois comparé aux deux buches dont elle s’était débarrassée. Un roquet contre deux pitbulls.
Voyant que son geste n’avait pas plus d’effet sur la jeune femme qu’un pet, il reprit sa posture amorphe et désenchantée habituelle avant de lui lancer d’un air hautain :
- Sache, jeune fille, qu’il y en a certains qui travaillaient pendant que Sawyer te culbutait.
- Et alors, t’es jaloux parce que ton manche à balai est en verge depuis trop longtemps ?
Cette fois-ci Susan vit passer un éclair dans le regard du vampire. Son visage était resté totalement stoïque mais l’espace d’un instant elle avait clairement lu son intention de tuer. Elle se rendit alors compte que sa propre main était posée sur sa baguette magique sous la table en direction du vampire, prête à s’actionner.
Elle jeta un coup d’œil à Juliette mais la jeune fille ne laissait paraître aucun signe qui pouvait laisser penser qu’elle ait remarqué quoique se soit. Avec lenteur, Susan sortit sa main de sous la table et la posa bien à plat sur le rebord de celle-ci. Elle se força à sourire.
- Et en quoi consistait ce… travail ?

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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Sam 29 Nov - 15:39



Nikolaï :






Nikolaï toisa la jeune fille du regard puis redevint impassible. Il restait convaincu qu’elle n’en valait pas la peine, et que l’avoir dans l’équipe représentait un danger bien trop grand. Sawyer avait lui-même semblé être de son avis, avant qu’elle ne rentre dans sa couche. Il somnolait maintenant dans sa chambre, et lui arracher une réponse n’avait pas été simple.
- Il se trouve que l’un de tes amis a souhaité te contacter par un étrange sortilège. Il a dû te sentir très occupée car c’est à moi qu’il a remis le message, dit-il le ton acerbe.
Un lueur de vif intérêt s’alluma dans le regard de Susan. C’est d’un voix beaucoup plus diplomate qu’elle demanda ;
- Qui était donc cet ami ?
- Je l’ignore, il n’a pas dit son nom. C’était un drôle de loup-garou argenté qui s’est présenté face à moi dans la cave, et qui m’a parlé.
- Remus… que voulait-il ?
Nikolaï ne répondit pas immédiatement. Aider cet homme représentait un double danger. Celui de se mettre à découvert face aux hommes du Seigneur des Ténèbres et de l’alerter de leur présence, et celle d’y perdre simplement la vie.
- Que voulait-il ? insista Susan en s’impatientant.
- Il voulait ton aide. Lui et plusieurs autres se trouvent apparemment dans une situation critique ; l’Escadron de la Mort, dirigé par Bellatrix Lestrange, les a pris pour cible, et Seth Street serait bien capable d’utiliser la même magie dont il a fait usage contre Sawyer.
Il plongea son regard dans celui de Susan, sans réellement savoir si elle savait de quoi il lui parlait. Dans tout les cas, il fallait faire vite.
- Il faut que je demande à Sawyer s’il peut m’aider, déclara Susan en se levant.
Nikolaï sortit une de ses blanches mains de sous son manteau, et la plaça devant la jeune fille.
- Je lui ai déjà demandé.
- Et ? s’enquit-elle, excitée.
- Il est d’accord.
En vérité il avait simplement poussé un grognement, emmitouflé dans sa couverture. Nikolaï avait eu l’impression que Sawyer connaissait la personne concernée, mais il n’en était pas sûr.
- Il t’a dit où c’était ?
-Oui, Sawyer m’a fabriqué un Portoloin pour vous deux. Il désigna Juliette, restée silencieuse jusqu’à présent. Moi je ne peux pas utiliser ce genre de magie, ça pourrait me tuer. Je vous rejoindrai là-bas d’ici une heure ou deux.
Il sortit de sa poche une chaussette sale que Sawyer avait pris un malin plaisir à utiliser.
- Ça ne devrait pas tarder à…
Mais déjà le vêtement brillait d’un halo bleuté. Susan le saisit à son tour, et Juliette attrapa le bras de Susan. Nikolaï voulut relâcher l’objet enchanté, mais la jeune fille serrait sa main de toute ses forces. Lorsqu’il s’en rendit compte, il était trop tard pour faire machine arrière. Il sentit une horrible douleur au nombril, comme si on venait de le lui transpercer à l’aide d’une épée. Puis il eut l’impression d’être ballotté à la manière d’une salade qu’on essore.
Lorsqu’il reprit conscience, il était seul, avachi entre les branches d’un grand arbre qui avait depuis longtemps déjà perdu ses feuilles. La nuit froide recouvrait heureusement le ciel, et il n'aperçut aucune source de lumière dans les environs. Il sauta de l’arbre et atterrit quelques mètres plus bas, les sens aux aguets.
Il renifla l'air mais ne sentit aucune odeur humaine, même pas une faible effluve de Juliette ou de Susan. Il pesta contre cette dernière en se massant le ventre. Son corps tout entier le lancinait. Ce même corps se serait probablement détaché en petits morceaux sanglants avant de disparaître en cendres si la destination avait été plus lointaine.
Nikolaï fit un nouveau tour d’horizon du regard. Il était en pleine campagne, à coté d’un immense champ recouvert d’un épais tapis de neige.
Le vent glacé balaya l'air et lorsqu'il l'huma à nouveau, il sentit cette fois-ci un mélange de différentes odeurs dont il ne reconnut aucune d’elles. En désespoir de cause, il se décida à les suivre.







Remus Lupin :






Remus attendait, anxieux, dans la vieille maison, toutes lumières éteintes. Karine ne détachait pas son regard de la fenêtre, dans l’attente d’espoir ou de malheur. Il était quasiment certain, maintenant, qu’ils avaient été repérés. Transplanner aurait été un trop gros risque, et puis, pour aller où ? Ils étaient chassés comme des bêtes depuis bien trop longtemps pour avoir encore un endroit sûr où aller. Et il était peut-être le seul à pouvoir réellement transplanner sur une grande distance avec Sturgis, Karine et peut-être Geller Anderson.
- Remus… l'implora Nymphadora à voix basse.
Il se détourna de ses pensées pour la regarder. Elle semblait terriblement inquiète et fatiguée. En la voyant ainsi, il tenta de se remémorer la dernière fois qu’il l’avait vu sourire, ou que ses cheveux avaient pris une couleur différente du noir.
- Non, la coupa-t-il avant qu’elle ne continue. Ils sont sans doute en train de détecter toute activité magique dans les environs. Mon Patronus nous a peut-être déjà trahi.
- Alors qu’est-ce qu’on peut faire, humain ? demanda le gobelin Grispec, plus acerbe qu’à l’accoutumé.
- Attendre, conclut Karine, fixant toujours par delà la fenêtre.
Oui, il leur fallait attendre. Attendre l’arrivée d’une jeune fille pas encore femme, désignée comme leur sauveuse. Il fallait qu’elle l'amène. Il fallait qu’elle amène Cuthbert Sawyer.

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Susan Bones
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Sam 17 Jan - 19:42

Susan renifla, renvoyant sa morve au fin fond de ses cavités nasales. Un vent glacial lui plaquait les cheveux devant les yeux, tandis que les pans de son manteau s’agitaient, comme s’ils cherchaient à fuir l’endroit vers lequel elle se dirigeait.
Elle avait perdu Nikolaï de vue dès son arrivée. Le vampire s’était-il glissé le long d’un buisson avant de disparaître, se fondant complètement dans la noirceur de la nuit ? Cela aurait été étonnant pour quelqu’un qui avait exactement le même teint qu’une tête d’ampoule. Elle ne connaissait pas très bien l’effet que produisait un portoloin sur un vampire mais elle espérait qu’il finirait bien par réapparaître tôt ou tard, au moins pour lui servir de bouclier mort-vivant.
Juliette marchait à côté d’elle vers la bâtisse à peine éclairée par les apparitions intermittentes de la lune dans le ciel. A mesure qu’elles approchaient, Susan sentait son cœur bondir de plus en plus rapidement dans sa poitrine. Elle n’avait pas peur, non. C’était l’idée de revoir Remus qui la mettait dans cet état. La dernière fois qu’elle l’avait vu lui et Dora, ils étaient prisonniers des SangDragons et de Severus Snape, le traître. Elle avait réussi à s’enfuir mais jusque là elle ignorait tout du sort de ces autres compagnons. La jeune fille espérait simplement qu’ils allaient bien.
Lorsqu’elles arrivèrent à une trentaine de mètres du bâtiment, les deux jeunes filles firent discrètement le tour des lieux afin de vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un piège. Tout était calme. Peut être trop. Susan regarda sa montre. Nikolaï n’avait pas réapparu. Tant pis, elles se débrouilleraient sans lui. Ca ne devait pas être bien compliqué de ramener quelques personnes jusqu’à la taverne.
Juliette allait ouvrir la porte quand Susan entendit soudainement le vrombissement d’un moteur. Aussitôt les deux sorcières se figèrent sur place, l’oreille tendue. Au bout de quelques secondes il s’avéra que le bruit se rapprochait de plus en plus. Susan sauta derrière un buisson tandis que Juliette disparaissait de l’autre côté du porche.
Tremblant de froid, Susan attendit. Bientôt les phares d’une voiture éclairèrent le chemin tortueux par lequel elles étaient arrivées. Susan se tassa sur elle-même comme si elle allait disparaître en faisant cela. La voiture s’arrêta à une dizaine de mètres de la maison. Les phares s’éteignirent et le moteur s’arrêta.
Susan jeta discrètement un regard par-dessus le talus derrière lequel elle se trouvait. Dans l’obscurité, elle vit deux silhouettes sortir de la voiture avant de se diriger vers la maison. D’après ce que Susan pouvait voir, il s’agissait de deux femmes qui semblaient se disputer.
- Avec tout le raffut que fait cet engin de malheur, il serait miraculeux que la vermine nous ait sagement attendues ! dit la plus grande des deux.
- Ils ne pourront pas aller bien loin de toute façon, fit la seconde en haussant les épaules. La zone a été entourée de bornes anti-transplannage.
La première femme répondit quelque chose d’inaudible mais qui ne sonnait pas comme un compliment d’après le ton.
- Silence ! Sinon vous pouvez être sûre qu’ils vont nous entendre.
Susan baissa la tête au moment où les deux femmes montèrent sur le perron de la porte. Elle avait néanmoins eu le temps de reconnaître les deux personnages tristement célèbres. L’une était la dérangée Bellatrix. L’autre, comment Susan aurait-elle pu ne pas la reconnaître, était Joanne Street, un nom qui apparaissait sur sa liste noire personnelle.
- Que fait-on ? On frappe ? demanda Joanne lorsqu’elles furent devant la porte.
Bellatrix émit un petit rire cassant.
- Mais bien sûr ! Et pourquoi ne les inviterions nous pas à boire le thé avant de les ramener ? Réfléchissez de temps en temps. C’est Seth qui vous a pistonné pour obtenir votre diplôme d’auror ou bien vous êtes tous comme ça ? Si c’est le cas, pas étonnant que nous aillions si facilement remporté la guerre.
Susan n’entendit aucune réponse de la part de Joanne. Il fallait dire que même pour la femme du Haut Ministre, ce qu’elle venait de dire était stupide. La sorcière n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps car un bruit assourdissant, comme un boulet de canon, retentit soudainement. Par-dessus le son de ses oreilles sifflantes, Susan entendit la voix aigue de Bellatrix qui s’enfonçait dans le hall d’entrée :
- A l’attaque, mes agneaux !
Cette réplique fut suivie d'un rire strident et de grésillement de sortilèges de toutes sortes.
Avec un soupir, Susan se releva de derrière son buisson. Joanne avait disparu elle aussi. Juliette émergea un instant plus tard de sa cachette. Les deux jeunes filles échangèrent un regard. Elles savaient ce qu'il leur restait à faire.

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Juliette
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Lun 26 Jan - 12:10

Joanne Street et Bellatrix Lestrange.

Juliette avait instinctivement usé de son talent d’Animagus, et ne le regrettait pas. Sous forme humaine, il lui aurait été moins difficile de sortir sa baguette et de s’attaquer directement aux deux femmes. Il n’était pas toujours aisé, en voyant le visage cruel de Bellatrix, de garder son calme. Le Caméléon jeta un coup d’œil au buisson derrière lequel se dissimulait Susan. Un problème en moins, elle non plus ne serait pas repérée.
Anticipant le moment ou elle devrait reprendre forme originelle, Juliette se glissa à son tour derrière un bosquet. Elle préférait garder autant que possible secrets ses différents pouvoirs. Elle observa attentivement les fenêtres usées de la bâtisse, dans l’espoir, malgré tout, qu’elle soit déserte, alors que la voix de Joanne Street résonnait jusqu’à elle. Il était plutôt surprenant, particulièrement ces temps-ci, que quelqu’un souhaite poliment frapper à la porte. Juliette songea avec un léger amusement que la femme du Ministre, qu’elle n’avait jusqu’ici aperçu que lors de ses intrusions au ministère, était bien étrange. Bellatrix ne manqua pas de lui lancer une réplique acerbe, avant de sortir sa baguette.
Juliette la regarda, anxieuse, pointer son arme sur la vieille porte en bois, qui fut immédiatement projetée dans une pluie d’étincelles et une violente détonation. Son rire dément résonna dans toute la cour, et sûrement tout l’habitat, alors qu’elle pénétrait dans le hall, suivie de près par sa partenaire.
La jeune femme reprit instantanément forme humaine, et rejoignit Susan, qui était déjà sur le perron. Il ne leur suffit que d’un regard pour se comprendre. Glissant sa main dans la poche de son manteau, elle en ressortit immédiatement sa baguette, et emboîta le pas à sa coéquipière, qui pénétrait la bâtisse.
La hall était étroit et usé par les années, bien qu’il fut possible de deviner qu’il n’était pas inhabité ; seul un mince dépôt de poussière recouvrait les meubles anciens. Il n'y avait que le craquement du plancher miteux qui résonnait sous leurs pas pour briser le silence irréel. Les deux partisanes du Seigneur des Ténèbres avaient purement disparues. La jeune femme croisa le regard de Susan, qui lui fit signe d’aller à droite, pendant qu’elle prendrait la direction opposée. Juliette acquiesça et s’engagea, le plus discrètement possible, dans un étroit couloir. Elles ne pouvaient pas être bien loin. La baguette fermement serrée, elle inspecta chaque pièce avec minutie et rapidité. Toutes se ressemblaient de façon dérangeante. Des chambres qui, chacune, paraissaient occupées. Un lit par pièce, qui ne pouvait guère contenir plus d’une personne, pourvu qu’elle ne soit pas imposante. La literie se résumait seulement à un matelas recouvert d’un drap bleu délavé, et d’un oreiller tâché par des années d’utilisation. La seule commode - toujours identique - qui occupait chaque chambre était placée à l’opposé de l’étroite pièce. Juliette ne put s’empêcher d’en ouvrir les tiroirs, mais les seuls objets qu’elle put trouver furent des morceaux de parchemins inutilisés qui pouvaient aussi bien être là depuis des années. Elle fut tentée de vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un sortilège de disparition, mais se ravisa au dernier instant. Ce n’était pas le moment de tomber bêtement dans un piège, si les habitants avaient prévu une intrusion de sorciers.
Juliette se dirigea donc vers la dernière pièce qu’elle n’avait pas visité, et fut plus que surprise, quand elle ne vit ni draps bleus, ni plancher usé. Pourtant, la chambre était bien plus miteuse que toutes celles qu’elle avait vu jusque là, mais aussi bien plus intéressante. Et surtout, elle lui semblait familière. Plus spacieuse que les autres, un grand lit en baldaquin, dont les poutres paraissaient sur le point de s’écrouler, occupait une grande partie de l’espace. Les draps pourpres habillaient élégamment le matelas, et ne semblaient pas avoir bougés depuis des années, si bien qu’une fine particule de poussière les recouvraient. Deux petites tables en bois, sur lesquelles reposaient d’antiques bibelots, étaient disposées aux cotés du lit. À l’opposé, une imposante cheminée en pierre semblait condamnée depuis des années, alors qu'une ancienne horloge, dont les aiguilles étaient bloquées à onze heures cinquante cinq, émettait un « tic-tac » régulier. Et, contre l'unique fenêtre qui s’étendait du sol au plafond, une vieille commode, plus ancienne et élégante que toutes celles qu’elle avait aperçu dans cette maison. La jeune femme s’agenouilla lentement et effleura du bout des doigts la moquette rêche, souillée par trop de pas. Son regard vagabonda dans chaque recoin de la pièce, s’imprégnant du moindre détail qui pourrait lui rappeler d’où venait la familiarité dérangeante de cette chambre. Mais son esprit restait bloqué dans le présent, et ses yeux retombaient sans cesse sur le vieux meuble. Elle s’en approcha lentement et laissa glisser un doigt sur la surface, en retirant une épaisse couche de poussière. C’était comme si la chambre la plus élégante de cet habitat était la seule inoccupée. Juliette laissa son regard se poser sur un imposant vase d’un blanc immaculé, qui semblait briller dans la semi-obscurité de la pièce.
- Lumos.
Où pouvait-elle donc avoir déjà vu cet objet ? Elle laissa, hypnotisée, le trait de lumière voyager avidement le long du vase, alors que seul le rythme mesuré du « tic-tac » de l’horloge semblait rompre le silence.
Ce fut un rire strident qui la sortit de sa contemplation. Le rire de Bellatrix Lestrange.
Juliette fit aussitôt volte face et s’engagea à nouveau dans le couloir, en direction du hall. Elle arriva en son bout en quelques secondes, alors que des cris retentissaient, un étage plus haut. Baguette levée, elle s’apprêtait à monter les escaliers quand un hurlement plus puissant que les autres résonna à travers la maison. Un craquement assourdissant retentit à l’étage, et la jeune femme put clairement voir une planche du plafond se décoller. Juliette s'écarta instinctivement de plusieurs mètres, les mains plaquées sur les oreilles, alors qu'une grande partie du plafond s'effondrait. La jeune femme toussa un moment, submergée par l'épais nuage de poussière qui emplissait la pièce. Susan, elle, se tenait à présent à l'autre bout du hall, les yeux rivés sur une masse, au milieu des monceaux de bois. Il fallut attendre que le nuage se dissipe pour que Juliette comprenne que c'était un homme qui se trouvait là, gisant sous les gravats. Elle ne pouvait détacher les yeux du blessé, allié ou ennemi, qui gémissait de douleur.
La jeune femme n’entendait que le rire cruel qui résonnait à l'étage, et recouvrait le vrombissement des véhicules qui s’engageaient dans la rue.

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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Sam 28 Fév - 18:38

Désolé de l'énorme retard.



Nikolaï :






Perdu dans la nuit, Nikolaï ne cessait de renifler les effluves que le vent lui amenait. Parfois, il en rencontrait de nouvelles, elles aussi inconnues. Ce ne fut qu'au bout d'un long moment qu'il reconnut celle de Susan Bones parmi le nombre. En la suivant, il aperçut une vieille maison devant laquelle une voiture était garée. Il n'eut pas le temps de la réflexion qu'il en attendit d'autres arriver depuis la route. En un instant il se camoufla dans l'ombre, à quelques pas de l'entrée.
Rapidement, deux voitures surgirent, phares éblouissants, pour s'arrêter devant l'entrée dans un nuage de poussière. Plusieurs sorciers en sortirent et se précipitèrent vers la maison, mais l'un d'eux se contenta de traîner le pas, sa baguette négligemment pointée vers le sol.
Nikolaï sut en un instant ce qu'il avait à faire. Il se métamorphosa en sa forme animale et s'envola juste au dessus du retardataire. Lorsqu'il fut en position il se transforma à nouveau, crocs et ongles en direction du cou gracile de sa future victime. Le sorcier l'aperçut au dernier instant sans que Nikolaï puisse apercevoir l'expression de son visage. Lorsque le vampire atterrit avec souplesse, ses crocs n'avaient mordu que l'air et le vide. Seul un corbeau se faisait le témoin de son échec, perché sur un arbre, éclairé par la lune.
Plongé dans l'incompréhension, Nikolaï regarda rapidement autour de lui avant de se précipiter à son tour vers la porte d'entrée, alerté par des cris.
Il eut à peine passé le pas de la porte qu'un éclair émeraude fusait dans sa direction. Il pivota pour l'éviter et examina la situation. Un homme gisait sur le sol parmi planches et gravas, et semblait être désormais hors du combat. Il n'aperçut ni Juliette, ni Susan, mais deux des trois sorciers qu'il avait vu entrer et dont l'un d'eux pointait sa baguette dans sa direction.
- C'est pas Selwyn ! On a un autre intrus ! beugla-t-il en direction de l'étage.
Il n'eut pas fini sa phrase que Nikolaï s'était jeté dans la pénombre, évitant un nouveau sortilège coloré. Les choses avait déjà dégénéré et l'Escadron de la Mort avait peut-être déjà fini son travail. Il profita de son maigre répit pour humer l'air, et reconnu plusieurs odeurs parmi toutes les effluves qui empestait l'air. D'une impulsion il se colla au plafond, laissant le loisir au deux sorciers de le chercher sur le sol. Des bruits inquiétant provenaient encore du premier étage où il se rendit sous sa forme animale.
L'étage entier semblait être un terrain d'affrontement. Les murs étaient troués de part en part, les baguettes ne cessaient de lancer des sortilèges, et le bruit des sifflements étaient couvert par le rire quasi-démoniaque de Bellatrix Lestrange. Baissant la tête, Nikolaï tenta de traverser le couloir principal. Une femme faisait de même dans la direction opposée la tête protégée de ses bras. Il l'a plaqua contre un mur et l'interrogea de sa voix zézayante.
- Es-tu avec Bellatrix Lestrange ?
Le mur au dessus d'eux fut fracassé par un sortilège doré, écroulant sur eux poussière et gravats. Elle secoua la tête de gauche à droite, les yeux fermés et l'expression du visage corrompue par la panique. Il allait lui répondre quelque chose lorsqu'il sentit l'odeur de l'un des deux sorciers monter l'escalier. Il eut tout juste le temps de la jeter sur le coté tandis qu'un énième sortilège s'écrasa contre le mur, à l'endroit même où elle se trouvait l'instant auparavant.
Agacé, Nikolaï se jeta sur l'homme. Il esquiva un nouveau maléfice d'une impulsion sur le coté avant de se jeter sur le sorcier et de le frapper au visage. Sa victime sonnée, Nikolaï lui prit sa baguette et entreprit de la jeter à la femme qu'il avait rencontré mais un pan entier du mur s'était écroulé depuis, enveloppant le couloir de poussière. Il brisa la baguette entre ses mains et jeta le sorcier dans les escaliers, prenant bien soin qu'il ne puisse plus remonter. Sa soif de sang pouvait attendre pensa-t-il pendant qu'il ouvrit une porte sur sa gauche.
La pièce dans laquelle il entra avait été complètement retournée par les combats, et Nikolaï aperçut dans l'obscurité une forme allongée dans un coin. En s'en approchant, il comprit que c'était un gobelin, dont la partie gauche du bassin saignait abondamment.
- Que fais-tu là, vampire ? murmura-t-il dans un souffle.
- Je suis ici pour vous aider.
- Un être de ta race, aider ? Le gobelin réussit à rire malgré sa profonde blessure. Ta place n'est pas ici, ni la mienne d'ailleurs.
L'être verdâtre ne dit plus un mot, les yeux grand ouvert mais la poitrine qui se soulevait encore faiblement.
- Ma place est là où je la décide, morve visqueuse, répliqua Nikolaï avec dédain.
Un cri plus fort que les autres, fait de terreur, emplit l'étage tout entier. Même le rire de Lestrange avait cessé de résonner l'espace d'un instant. Nikolaï en était certain, quelqu'un était mort.

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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 1 Mar - 11:59

T'as eu du cul, j'allais le poster aujourd'hui ce rp. Mais bon, j'ai eu que deux-trois bricoles à modifier.


Susan regardait d’un air ahuri, l’homme qui venait subitement de tomber par un trou dans le plafond. Soudain, retentit le rire – pour ne pas dire le cri – caractéristique de la Mangemort. La jeune femme regretta un instant l’absence de Roxane Caldrej. Celui-ci avait disparu après avoir éliminé le chef des SangDragon. Mais elle se ressaisit vite. Pas la peine de penser aux personnes qui auraient dû se trouver là. Comme un certain vampire à qui elle dirait deux mots lorsqu’elle le retrouverait.
Sans perdre une seconde de plus, Susan courut au bout du corridor. Elle dépassa Juliette qui observait toujours avec une horreur remarquablement peinte sur le visage, le corps inerte qui reposait sous une tonne de gravats et de poussière. Elle entreprit alors de grimper les escaliers menant au premier quatre à quatre. De nouveaux cris venaient se mêler à ceux, carnassiers, de Bellatrix. De temps en temps des éclairs illuminaient un bref instant les murs sombres de la maison de cauchemar.
Elle arriva rapidement à bout des marches. Derrière elle, retentissaient les pas lourds de sa coéquipière qui la rejoignait déjà. Susan ne prit pas la peine de l’attendre et se précipita vers les lieux d’où semblait provenir les cris. Susan traversa le couloir au mur parsemé de marques calcinées, dépassant plusieurs portes défoncées. Pas le temps de vérifier si quelqu’un ne lui tendait pas une embuscade derrière l’une d’entre elles.
Susan parvint enfin presque au bout du couloir et ralentit. Les bruits d’une bagarre faisant rage lui parvenaient derrière la dernière porte, entrouverte. Glissant tel un ombre sur le mur au papier peint vieillit, Susan jeta un coup d’œil par l’embrasure de la porte. L’ouverture était tout juste assez large pour qu’elle puisse distinguer un seul coin de la pièce. Un gobelin était recroquevillé en position fœtale tout contre le mur son ventre pissant le sang avec autant de force qu’geyser. Il avait l’air mort. Ou presque.
De nouveaux hurlements et lueurs inquiétantes retentirent. Sa position ne lui permettait pas de distinguer ni qui ni combien de personnes il y avait dans la pièce – le gobelin mis à part.
Sa coéquipière pâlichonne la rejoignit à pas feutrés un instant plus tard. Susan lui indiqua la porte en question et l’interrogea du regard. Personnellement, la jeune femme aurait préféré foncer tête baissée dans le tas, mais elle ne connaissait pas assez Juliette pour savoir comment elle réagirait. Son quasi-mutisme agaçait Susan. Comment pouvait-on se faire une opinion d’une personne qui ne parlait jamais ?
Par signes silencieux, Susan fit comprendre à sa partenaire ce qu’elle avait l’intention de faire. Celle-ci acquiesça, n’ayant pas l’air franchement ravie pour autant. Mais après tout, c’était peut être son expression habituelle.
La sorcière passa furtivement de l’autre côté du chambranle de la porte. Les cris s’étaient calmés. Seule résonnait maintenant la voix acariâtre de la Mangemort.
- Où sont cachés tes autres amis, clébard ?
Cette question fut suivie d’une réponse indistincte. Visiblement ce n’était pas la réponse qu’attendait Bellatrix car un nouveau cri déchira l’atmosphère. Si elles ne faisaient pas vite, Remus allait mourir ! Car c’était bien la voix de Rémus qui lui parvenait, elle l’aurait reconnue entre des milliers.
Susan compta à rebours sur ses doigts, tout en s’assurant que Juliette était prête. Lorsqu’elle arriva à zéro, les deux femmes entrèrent en trombe dans la pièce. Bellatrix était là, tenant par la peau du coup un Remus agenouillé et au visage méconnaissable sous le flot de sang qui l’inondait. La pièce était à peine meublée d’une table, quelques chaises et une commode. Pas franchement beaucoup d’endroit où se mettre à couvert. Excepté peut-être le trou qui béait au milieu de la salle comme un orifice menant aux Enfers.
Sans perdre une seconde, Juliette lança un sort, suivi une demi-seconde plus tard par celui de Susan. Les deux flammes orange et jaune volèrent en direction de la Mangemort mais rebondirent sans l’avoir effleurée.
Jurant entre ses dents, Susan se jeta à terre pour éviter la riposte de son adversaire qui n’avait pas pris plus d’une seconde pour passer sa stupéfaction et réagir. Vraiment impressionnante. Susan jeta un nouveau sort – paralysant au cas où Remus serait touché – par-dessus son épaule. Celui-ci rebondit probablement encore une fois car Bellatrix continua à les arroser copieusement de maléfices mortels tout en rigolant. A croire qu’elle jouait une simple partie de tennis.
Juliette était à l’abri derrière la porte maintenant ouverte et ripostait au tir soutenu de Bellatrix, prenant toutefois garde à ne pas toucher le prisonnier. Susan, elle, était totalement à découvert. Si elle ne neutralisait pas rapidement la défense de son ennemie, elle finirait par se faire avoir comme le gobelin qui gisait près d’elle. Et ce n’était pas de simples petits expilliarmus que Bellatrix lui balançait.
Remus sembla soudain sortir de sa torpeur. Ses yeux ternes croisèrent l’espace d’une seconde ceux de Susan et une lueur sembla soudain les raviver. De ses mains tremblantes, il attrapa le bras de Bellatrix, l’empêchant momentanément de nous canarder. D’un geste rageur, la Mangemort envoya un violent coup de pied dans l’abdomen du loup-garou qui se recroquevilla en étouffant un gémissement. Cela n’avait duré qu’un bref instant mais ce fut suffisant pour les deux jeunes femmes. Le sort de Susan s’écrasa contre le protego de Bellatrix qui se brisa et celui de Juliette l’envoya valser à travers la pièce. La sorcière percuta une fenêtre qui se brisa avec fracas, entraînant la sorcière dans une chute vertigineuse.
En trois enjambées, Susan fut à la fenêtre scrutant la noirceur de la nuit. Il n’y avait nulle trace de la Mangemort. Elle s’était comme évaporée dans l’obscurité. Un gémissement arracha la sorcière à la fenêtre. Remus était en train de se redresser, pantelant, le corps couvert de sueur et de sang. Susan l’aida à s’asseoir.
- Tiens bon Réré. On est là. On va te sortir d’ici.
Le loup-garou déposa sur elle un regard fatigué, il ne sembla pas la reconnaître de suite, puis son regard s’éclaira comme par magie.
- Susan… haleta-t-il d’une voix éreintée par la souffrance. Tonks et les autres…
- Ouais, ouais. On va aller les chercher.
Se retournant vers Juliette, Susan lui désigna la fenêtre du menton :
- Occupe-toi de l’autre folle. Moi, vais le mettre à l’abri et je reviens.
Juliette disparue à son tour. Agrippant le loup-garou sous les aisselles, Susan le traîna jusqu’au trou béant. Après un léger coup d’œil pour s’assurer qu’un joyeux comité d’accueil ne l’attendait pas pour la cueillir une fois en bas, elle fit descendre Remus puis elle-même à l’aide d’un sortilège de lévitation.
Heureusement, ils ne croisèrent personne mais le rire de Lestrange avait repris, signe que Juliette ne s’était pas encore débarrassée d’elle. Susan sortit de la maison et traîna Remus jusqu’à un bosquet. Là, elle s’agenouilla et se pencha sur lui.
- T’inquiète, Réré. Je m’occupe de tout. Reste là et tout se passera bien.
Au même instant, un long et douloureux cri d’agonie résonna dans la maison. Susan ne put s’empêcher de déglutir. Quelqu’un était mort.

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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Lun 2 Mar - 16:57

Juliette atterrit dans l’herbe fraîche avec agilité, et se tapit immédiatement dans l’ombre.
Des fragments de verres parsemaient le sol sur quelques mètres, mais nul signe de Bellatrix. La jeune femme raffermit sa prise sur sa baguette, alerte. Peur et excitation se combattaient en elle, alors que son rythme cardiaque s’accélérait sous l’effet de l’adrénaline. Les alentours paraissaient déserts. Pourtant, Juliette était parfaitement consciente de la présence de la Mangemort. Peut-être même l’observait-elle, attendant qu’elle esquisse le moindre geste pour l’assener d’éclairs mortels.
À peine cette pensée lui avait-elle traversé l’esprit qu’un léger ricanement retentit à quelques mètres de là, derrière un buisson. Le sortilège émeraude illumina toute la cour, alors que Juliette roulait à terre, s’abritant derrière un chêne. Elle eut à peine le temps de constater que cet arbre était son unique abri, hormis quelques rares buissons. La jeune femme était ainsi quasiment à découvert lorsqu’un second éclair vert siffla à son oreille, l’effleurant presque. Le rire dément de Bellatrix avait repris, résonnant dans toute la cour. Juliette parvint à lui lancer un sortilège écarlate qui échoua lamentablement sur son bouclier de protection. Elle déglutit, serrant un peu plus sa baguette, alors qu’elle prenait pleinement conscience de la situation. En combat singulier, elle n’avait pas la moindre chance. Son adversaire était bien trop puissante. Mais elle n'abandonnerait pas si facilement, et comptait au moins survivre jusqu'à l'arrivée de Susan.
Juliette s’écarta du chêne et déclencha une pluie de sortilèges qui vint s’abattre sur le bouclier de la Mangemort dans une puissante détonation.
Haletante, la jeune femme garda les yeux rivés sur Bellatrix, qui se relevait lentement. Celle-ci la dévisageait avec colère et stupéfaction, alors que le regard de la jeune sorcière se posait sur l’épaule de son ennemie. Un pan de sa robe pendait, presque déchiré. Le bouclier avait donc été détruit. Pourtant, Juliette se mordilla la lèvre inférieure lorsqu’elle s’aperçut que son ennemie n’avait pas la moindre égratignure. Bellatrix ricana nerveusement et leva sa baguette sur la jeune femme, qui n’eut pas le temps d’esquisser le moindre geste.
- Endolo…
Un hurlement déchirant recouvrit la voix de la Mangemort, qui se figea immédiatement. Elle leva les yeux vers une fenêtre du premier étage, comme si elle pensait y découvrir l’auteur de ce cri. Juliette profita de cet instant d’inattention pour pointer sa baguette sur son ennemie. L’éclair qui s’en échappa frappa violemment la dirigeante de l’Escadron de la Mort, qui fut projetée sur plusieurs mètres. Avant même qu’elle ne touche terre, Juliette l'aperçu pointer sa baguette sur elle, mais n'eut guère le temps d'user d'un sort de protection. Le maléfice heurta la jeune femme, qui vint s’effondrer lourdement sur le tronc du chêne. Elle resta pétrifiée dans une position inconfortable, alors que sa baguette glissait à terre. Juliette observa avec crainte la silhouette de Bellatrix atterrir avec une agilité impressionnante, appréhendant autant ce qui allait suivre que ce qui avait déjà eu lieu. Le hurlement de souffrance qui avait retentit était un cri de mort. Elle n’eut guère plus le temps de s’en inquiéter davantage car déjà, la Mangemort s’approchait dangereusement. Lorsqu’elle aperçut son visage, la respiration de Juliette se coupa sous la stupéfaction. Elle n’avait pas la moindre blessure, même superficielle. Jamais elle ne s’était battue contre une sorcière si impressionnante. Le regard de la jeune femme se posa sur sa baguette, qu’elle ne pouvait atteindre, étant toujours soumise au sort d’immobilité. Elle n’avait aucun moyen de se défendre. Elle ne détourna néanmoins pas les yeux lorsque Bellatrix se posta devant elle, l’observant avec un rictus méprisant aux lèvres.
- Ne t’inquiètes pas, tu vas pouvoir hurler, lui susurra-t-elle.
À cet instant, la jeune femme sentit l’effet du maléfice disparaître, mais n’eu guère le temps d’esquisser le moindre geste pour récupérer sa baguette. Le sortilège Doloris lui fit fléchir les jambes, et elle s’écroula lourdement à terre, laissant un long cri de douleur s’échapper de ses lèvres. Chaque centimètre carré de sa peau était en feu, la livrant à une souffrance croissante. Son cri se répercuta dans toute la cour, et la souffrance ne cessa qu’après quelques secondes qui lui parurent des heures.
Pantelante, elle tenta de reprendre son souffle à grandes inspirations douloureuses, mais pourtant libératrices. Le ricanement de Bellatrix sonna aux oreilles de Juliette comme une seconde torture. Lorsque, pour la deuxième fois, la douleur du sortilège Doloris se répandit dans son corps, elle ferma les yeux et se mordit les lèvres jusqu’au sang pour ne pas hurler. Le goût métallique envahit sa bouche, et elle toussa pendant de longues secondes lorsqu’elle fut enfin délivrée de l’insupportable souffrance. Elle ouvrit finalement les yeux, et rencontra le regard dément de Bellatrix. Celle-ci était à présent agenouillée près d’elle, et l’examinait intensément.
- Ton visage me rappelle fortement celui de cette bâtarde du ministère.
Juliette, toujours agitée de tremblement, leva un regard inquisiteur sur elle.
- Une sale Sang de Bourbe, épouse d’un traître à son sang. Elle s’interrompit, plongée dans ses réflexions, une expression d’intense dégoût peinte sur ses traits. J’ai su qu’ils avaient une fille. Quand j’ai appris que ce traître s’était reproduit avec cette bâtarde, j’ai cru vomir. Heureusement, après ma visite, ils n’étaient plus capables de faire quoique ce soit.
La jeune femme détourna les yeux, incapable de soutenir le regard cruel de Bellatrix Lestrange. Ils se posèrent un instant sur sa baguette, qu'elle aurait pu frôler en tendant le bras, mais Juliette n'eut pas l'occasion d'esquisser le moindre mouvement. La Mangemort lui pris sans douceur le visage entre ses mains, et plongea son regard dégoûté dans celui de Juliette, empli de haine. Bellatrix laissa échapper un ricanement, alors qu'un sourire sadique étirait les lèvres.
- Apparemment, je vais enfin pouvoir m’occuper du dernier membre de la famille, jubila t-elle. Une bâtarde en moins, ce n’est pas négligeable.
- Vous êtes une pourriture.
D’un geste agile, la jeune femme s'empara de sa baguette, roula sur quelques mètres, et se releva avant que Bellatrix n’ait eu le temps de réagir. Le sortilège Doloris que Juliette lança à son ennemie rebondit sur elle, sans qu’il ne lui fasse le moindre effet. Elle avait replacé son sortilège de protection sans que la jeune femme ne s’en aperçoive. Avant qu’elle ne se ressaisisse de son échec, elle était violemment projetée contre le mur de la bâtisse. Un ignoble craquement retentit dans la cour, alors qu’une douleur fulgurante traversait son bras. La jeune femme hurla de douleur, alors que sa baguette s’échappait à nouveau, roulant à terre. Ses jambes se dérobèrent une nouvelle fois, et elle s’écroula lamentablement à terre, pantelante. Un liquide chaud et poisseux s’écoulait de son épaule, et de son genoux droit, alors que son bras formait un angle improbable. Un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle tenta de se relever. Ses yeux se posèrent sur Bellatrix, qui l’observait, à quelques mètres de là. En croisant le regard haineux de la Mangemort, Juliette su que c’était fini. Elle ne pouvait plus esquisser le moindre mouvement, et combien même elle ne serait pas blessée, la terreur la paralysait. Elle ferma les paupières et se mordit à nouveau les lèvres, refoulant un cri de douleur, alors qu’elle tentait de tendre son bras vers sa baguette. Les derniers mots qu’elle entendit furent prononcés de la voix sèche, implacable, de Bellatrix Lestrange :
- Avada Kedavra.

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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Jeu 5 Mar - 22:22



Nikolaï :






Le sort frôla Nikolaï lorsqu'il emporta Juliette quelques mètres plus loin. Le souffle court, il jeta son regard en direction de Bellatrix, puis vers sa coéquipière. L'une semblait furieuse, l'autre à demi-consciente de ce qu'il lui arrivait.
- Qui es-tu, toi ? demanda la Mangemort, perplexe.
Nikolaï relâcha son étreinte autour de Juliette pour se recentrer sur la sorcière. Sawyer lui avait décrit leurs ennemis les plus dangereux, et Bellatrix Lestrange figurait en tête de liste. L'unique espoir que pouvait avoir Nikolaï était que Susan arrive pour les aider, mais ça aurait été croire en un miracle.
- Personne que tu connaisses, sorcière.
Elle tiqua sur la dénomination. Elle jeta un regard vers ses mains vides, puis se remit à rire.
- Tu n'es même pas un sorcier, sale hybride ! Quelle chance crois-tu avoir contre la race supérieure ? Contre une sorcière au sang le plus pur ?
- Quel goût a-t-il, ce sang si pur ?
Il découvrit ses canines à la lumière lunaire et le regard de Bellatrix changea. Les vampires étaient très craints, surtout dans la communauté sorcière, son père lui avait suffisamment répété. Elle cracha une formule et tenta de le foudroyer avec un éclair violet. Le sortilège défonça le mur derrière Nikolaï, mais ce dernier avait déjà fusé sur elle. Surprise, elle eut tout juste le temps de le repousser avec un sortilège de répulsion. L'Avada Kedavra qu'elle enchaina dans sa direction ne rencontra que le sol.
- Ne t'éloigne pas trop petit vampire, n'oublie pas ta petite amie !
Accroché à un mur resté dans l'obscurité de la maison, Nikolaï l'observait en contre-bas. Il jeta un regard vers Juliette et s'aperçut que cette dernière n'était vraiment pas en état de continuer un quelconque combat. Bellatrix semblait penser le contraire, car elle pointait sa meurtrière baguette vers son ancienne victime.
Nikolaï déplia ses jambes de contre le mur et atterrit entre les deux sorcières.
- Si vous pouviez transplanner loin d'ici, cela augmenterait mon champ de manœuvre, dit-il à Juliette sans décrocher son regard de la baguette de Bellatrix. Le faire venir serait un renfort non négligeable, la situation n'est plus sous contrôle.
Bellatrix tentait de comprendre ce que disait, mais sans succès. Elle restait à l'observer les sourcils froncés. Nikolaï souffla un coup. Jamais il n'avait vu pareil sorcier depuis la venue de Sawyer au domaine familial. Il entendit derrière lui un « pop » caractéristique et se sentit soulagé. Quelque chose le gêna cependant, les effluves de Juliette semblaient se dupliquer. Il venait de comprendre lorsque la Mangemort lui envoya une série de sortilège aux couleurs variées. Il sauta en l'air et se transforma en chauvesouris, laissant la sorcière le chercher dans l'obscurité.
- Je te retrouverai chien d'hybride, où crois-tu aller ?!
Une étrange lumière apparut devant sa baguette, et elle leva les yeux au ciel, juste dans la direction du vampire. Nikolaï eut tout juste compris que de nouveaux sortilèges fusèrent dans sa direction. L'un d'eux le toucha à l'aile droite et il se sentit projeté en l'air.

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Joanne Street
Ex Auror


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 29 Mar - 21:31

Instant de la chute : 00,00
Flash fulgurant de lumière diffuse multicolore. Symphonie évanescente d’une mélopée distordue. Corruption iconographique d’une réalité supérieure de conscience purifiée. Alternance corporelle d’exhalaison prosaïque insane. Gerbe dégoulinante de fluide élégamment écarlate.
Reboot…

Douze minutes quatre secondes soixante-treize centièmes avant la chute :

La maison semble vide et pourtant je parviens à entendre plusieurs respirations distinctes. L’espace clos et silencieux est propice à leur détection. Il y a d’abord celle, excitée, de Bellatrix Lestrange qui parvient à grand peine à retenir dans sa gorge un long cri de joie hystérique. Puis il y a celles, plus saccadées et anxieuses des habitants de la maison. Il y a au moins un gobelin parmi elles, plus sifflante que les autres. Il est en haut, au premier étage. Il y a encore six ou sept autres respirations différentes dans la maison, humaines. Trois également à l’étage, dont celle de Bellatrix. La plupart proviennent d’en bas.
Il n’y a aucun escalier menant à la cave. Un passage, il doit y avoir un passage. Avancer doucement, lentement, ressentir les choses.
Tourner dans le recoin derrière les escaliers. Là, un faible courant d’air effleurant la peau. Il n’est pas loin. Les respirations se font plus intenses, plus attrayantes. Derrière d’autres respirations, des bruits commencent à retentir. Le reste de la troupe est là. Les renforts. Peu importe.

Neuf minutes trente-deux secondes dix centièmes avant la chute :

De nouveaux cris. Des respirations haletantes, paniquées, perdues. Des bruits de combat. Les renforts débusquent les lapins tapis dans leur terrier un à un. La lutte fait rage, continue, enfle, s’amplifie, raisonne. Un océan tumultueux de haine teintée de désespoir.
Il fait noir. Il reste dans la sombre cache un seul battement. Tous les autres on fui. Il n’y a pas besoin de lumière, les yeux voient au-delà de cette clarté. Il suffit d’écouter ce doux, long, alléchant battement de cœur bondissant dans sa poitrine comprimée par l’angoisse.

Sept minutes cinquante-sept secondes trente-sept centièmes avant la chute :

Des cheveux noirs, plus noirs que la lugubre petite pièce où l’air est si confiné. Il n’y a plus de violet ou de rose. Seulement de courtes mèches noires encadrant misérablement le visage anxieux de Nymphadora Tonks.
- Alors tu nous as vraiment trahis. dit-elle sombrement.
- J’aimerais qu’il en soit autrement mais malheureusement il est trop tard pour faire machine arrière.
- Je ne vais pas me laisser gentiment faire. S’il faut que je me batte contre toi, je le ferai.
- Si tu te bats contre moi, je te tuerai.
- Tu essaieras.
Des éclairs éblouissants illuminent la pièce, remplissant les murs d’un jeu d’ombres effrayant et de cratères fumant. Des mouvements rapides se succèdent, se rapprochant à tout instant dangereusement plus de la fin éternelle.

Trois minutes une seconde avant la chute :

Quelques bleus, une blessure légère. Pas de quoi s’alarmer. Pourtant, lentement mais sûrement, Nymphadora Tonks prend le dessus. Un pas en arrière. Mais ce n’est que reculer pour mieux se préparer.
- Se préparer à quoi ? A mourir inutilement ?
Encore l’Usurpateur. Il ne risque pas disparaître si facilement.
- Vous n’y pouvez rien.
- Au contraire. Si tu m’avais écouté sagement tu n’aurais aucun mal à l’abattre. Tu as toujours été une sorcière de niveau moyen. Au mieux, tu es une personne médiocre, toujours dans l’ombre de son frère. Si tu as réussi à devenir auror c’est grâce à la réputation de ton nom, de ton frère et de l’argent laissé par ta famille. Et là encore on t’a reléguée à un travail de bureau. Classer, trier, étudier les enquêtes. Combien de missions sur le terrain as-tu effectuées ? Et combien de fois sans être grièvement blessée ? Seth Street, Jean Delacroix, Kyle Nathaniel, Cuthbert Sawyer… Combien de fois t’ont-ils sauvé la vie alors que tu étais sur le point de mourir, impuissante face aux évènements ? Tu as été plus souvent blessée que toutes les personnes réunies ici. Et si tu as réussi à survivre, ce n’est pas grâce à tes dons magiques mais uniquement grâce à une chance insolente et le sang des Dragons qui coulent dans tes veines.
- Assez ! Je ne suis pas ici pour écouter vos critiques.
- Ton seul atout a toujours été ta ténacité. Cependant ne pas changer d’avis ne t’aidera pas cette fois-ci.
- Je refuse.
- Pauvre sotte…

Un éclair percute violemment la chair qui grésille. Pas mortel mais extrêmement douloureux. Un son s’échappe de la gorge déployée qui extériorise sa douleur. Quelques secondes d’incertitude, l’esprit titube entre conscience et inconscience. Est-ce la mort qui arrive ?
Non. Pas encore. L’Usurpateur l’a dit. Peu importe le nombre de blessures et le danger, il y a toujours un évènement extérieur qui fait fuir la Grande Faucheuse. Cette pensée n’est pas forcément encourageante. L’Usurpateur a raison. Quelque soit la volonté à y mettre, les choses s’échappent et deviennent incontrôlable à chaque fois.
Et si cette fois-ci, ça n’était pas le cas ? L’Usurpateur sourit.

Une minute quarante-trois centièmes avant la chute :

Allongée sur le sol, les membres complètement paralysés, il est impossible de bouger. La sorcière Nymphadora Tonks approche lentement. Sa détermination se lit sur ses traits fatigués. Il n’y a plus trace d’anxiété. Juste le masque familier de la haine et de la vengeance.
Des dizaines de batailles ont été perdues. L’Usurpateur a raison. Encore. Mais malgré ça, il est encore possible de finalement gagner la guerre.
Il n’y a plus qu’une seule façon de se sortir de là. Une seule chose à faire. La solution absolue pour une victoire totale : ne plus rien faire.
- Je peux contrôler une chose. J’ignore ce que vous attendez de moi au final mais si je meure, vous aurez perdu et j’aurai gagné.
L’Usurpateur rentre dans une colère noire. Son plan est compromis. Il est en colère qu’une personne aussi « médiocre » puisse mettre à mal son ingénieux petit plan. Fascinant.
- Je ne peux pas me permettre de te laisser mourir. Mais tu ne me laisses pas d’alternative. C’est dommage mais je vais faire chuter ton âme de force. C’est risqué. Pour nous deux. J’espère que lorsque tu auras suffisamment souffert et fait souffrir, tu plieras enfin à ma volonté.
- Je ne vois pas comment vous pourriez faire ça. Je ne peux même plus bouger.
- C’est là que tu te trompes. Si j’ai choisi Vaan puis ton frère, c’est pour une bonne raison. Vous avez…

Quelque chose ne va pas. L’Usurpateur est si proche qu'on peut distinguer son vrai visage derrière le masque du faux Jean. Celui-ci se transforme et sa bouche sans lèvre se fend d'un sourire glaçant. Son ombre est sur Moi.
- … beaucoup de ressources.

Un corps plus résistant, plus rapide, plus fort. Une durée de vie presque infinie. Une récupération accélérée. Des sens surdéveloppés. Il semblerait qu’une telle personne serait un être parfait. Probablement un surhomme, peut être même un dieu.
Mais si le corps est si puissant, l’esprit doit l’être aussi. Car si l’esprit ne peut suivre le corps, alors celui-ci est englouti, disloqué. Ne reste alors que ses composantes les plus fortes, celles-là seules qui peuvent survivre à une si forte pression : les instincts primaires.
Tel est le prix à payer pour un corps parfait. Pour y accéder chacun y laisse un bout de son âme. Plus cette perte est profonde, plus l’être en équilibre précaire vacille dangereusement au bord du gouffre de la folie.
Un vide se crée alors, propice aux parasites, aux choses désincarnées errant dans les limbes, aux morceaux d’âmes privées de corps.

Deux secondes trente-trois centièmes avant la chute :

- Je sais ce que vous êtes. Ou plutôt qui vous êtes sensé être.
- Dis-le, dis le nom de ton Maître ! Parle, j'écoute.
ordonne-t-il plein d'arrogance.

...

Voldemort.


Instant de la chute : 00,00
Flash fulgurant de lumière diffuse multicolore. Symphonie évanescente d’une mélopée distordue. Corruption iconographique d’une réalité supérieure de conscience purifiée. Alternance corporelle d’exhalaison prosaïque insane. Gerbe dégoulinante de fluide élégamment écarlate.
Fin de paragraphe.

Sept secondes quatre-vingts centièmes après la chute :

Il y a quelque chose d’effrayant à penser que le corps peut prendre le pas sur l’esprit. Pourtant, ce phénomène arrive tous les jours sans que l’on s’en rendre compte la plupart du temps. Que se soit le subtil haussement des sourcils lorsqu’on se retrouve confronté à une surprise ou le reflexe de retirer sa main trop proche d’une source de chaleur intense, ces petits gestes inconscients sont autant de preuves de la puissance du corps et de la faillibilité de l’esprit.
Mais pour arriver à un point où le corps prend directement et entièrement le contrôle, il faudrait démultiplier l’impact de ces petits gestes par plusieurs milliards. C’est exactement se qu’il se passe lorsqu’un SangDragon entre dans ce que le clan appelle : la rage de sang.
La rage de sang est une réaction violente qui se produit généralement à l’Eveil d’un nouveau SangDragon. Pourtant il arrive que dans certaines circonstances, la réaction ne se produise pas ou n’est que de très courte durée. Dans ces cas là, il n’y a que deux solutions. Soit l’esprit du SangDragon est si puissant qu’il arrive à contenir cette rage, soit la rage est maintenue par un phénomène extérieur indépendant.
Dans le second cas, si ce phénomène venait à se rompre, la rage de sang toujours endormie se réveillerait brutalement, libérant toute sa fureur dans une frénésie de destruction incontrôlable qui se termine la plupart du temps par la mort du porteur.

Une minute deux secondes et trois centièmes après la chute :

Début de paragraphe :
Gerbe dégoulinante de fluide élégamment écarlate. Ou : comment repeindre les murs avec du sang frais. Elle avait eu tord.
L’Usurpateur… non, Voldemort ou du moins une partie de lui, frayait avec elle, tentant de l’influencer elle et ses proches depuis le début.
Depuis le début l’ombre de l’être maléfique avait plané au-dessus d’elle, épée de Damoclès acérée et tranchante. Les Delacroix avaient péri à cause de leur allégeance au Seigneur noir, son père avait été corrompu par le Gant qui, il ne faisait plus de doute, abritait un morceau de l’âme du puissant Lord ; son frère avait été victime de visions similaires aux siennes et en avait payé le prix fort. Mais ce n’était pas tout. Même son fidèle et preux chevalier, celui qu’elle avait élu de son cœur, le ténébreux Seth Street avait toujours été un agent double infiltré au Ministère pour manigancer en coulisse l’ascension de son Maître.
Elle s’était battue pour l’empêcher de briser sa volonté. Et encore une fois, elle avait perdu.
Un cri inhumain déchira la nuit mais elle était trop loin pour reconnaître s’il s’agissait du sien ou celui de la sorcière qui avait failli la tuer, qui avait failli lui faire remporter la guerre qu’elle menait à son démon. Là où elle se trouvait, il n’y avait ni lumière ni quoi que se soit où se retenir. Bientôt elle n’entendrait même plus les cris déchirants qui se répercutaient à l’extérieur. Elle était au milieu de nulle part, dans le vide absolu d’où elle ne pourrait jamais sortir. Elle se laissa emporter par cet environnement où plus rien n’avait d’importance, où plus rien n’existait. Fermant les yeux, elle décida de continuer à flotter, sa conscience se dissolvant petit à petit dans le néant jusqu’à ce qu’il n’y eut plus rien.

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Juliette
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Mer 8 Avr - 22:58

Chaque parcelle de son corps était soumise à une douloureuse pression. L’habituelle sensation d’étouffement, elle, ne semblait vouloir se dissiper.
Plongée dans les ténèbres, Juliette se concentra davantage sur sa destination : la Chique du Gobelin. Elle devait aller chercher Sawyer avant que la situation ne dégénère encore davantage. Avant qu’il n’y ait de nouveaux morts.
Un instant, les ténèbres se dissipèrent. Alors, une fulgurante douleur traversa son corps.
Un cri s’échappa de sa gorge. Les couleurs se mélangèrent, alors que la jeune femme sombrait vers l’inconnu.
Soudain, sans qu’elle ne s’y attende, la pression comprimant son corps se dissipa, et ses pieds rencontrèrent brutalement le sol. Ses jambes fléchirent immédiatement, la laissant s’effondrer lourdement sur la moquette rêche. La poussière nichée dans le sol brûla les yeux et s’insinua vicieusement dans les narines de la jeune femme. Elle fut prise d’une violente quinte de toux, alors que la douleur qui comprimait chaque parcelle de son corps persistait. Elle demeura de longues secondes à terre, pantelante, alors que le nuage de poussière se dissipait, et qu’elle prenait conscience de l’endroit dans lequel elle se trouvait. Les combats ne semblaient pas s’être calmés depuis qu’elle était sortie de la bâtisse pour combattre Bellatrix. Des explosions retentissaient à l’étage, suivies bien souvent par des hurlements de douleur. Juliette posa les yeux sur sa main gauche - la seule encore valide - et soupira de soulagement. Sa baguette était là, entre ses doigts serrés, intacte. Il s’en était fallu de peu pour qu’elle ne manque de s’en emparer avant son transplannage. La jeune femme s’appuya sur son avant bras valide et se releva difficilement. Les jambes tremblantes, la main appuyée sur la poutre du lit à baldaquin, elle laissa ses yeux parcourir une nouvelle fois la chambre. La pièce qui lui était si familière semblait avoir pour l’instant été épargnée par le chaos qui régnait dans la maison. Une explosion plus proche que les autres retentit, ébranlant les poutres du lit. Craintive, Juliette laissa tomber sa baguette sur les draps pourpres et plongea sa main valide dans la poche intérieure de son manteau, en ressortant l’une des trois fioles que celui-ci abritait. Une vague de soulagement la traversa en tenant le flacon intact entre ses doigts ; le sort de résistance qu’elle avait jeté semblait suffire à les protéger le temps de n’importe quel combat.
La sorcière s’assit sur le matelas inconfortable, et retira le bouchon de la fiole avec ses dents. Elle en examina quelques secondes le contenu bleuté, avant de la vider en une unique gorgée.
L’effet fut immédiat ; une sensation d’engourdissement se répandit dans tout son corps, annihilant ainsi la douleur. La jeune femme soupira de soulagement, et rangea la fiole dans sa poche. C’était une potion d’Antidouleur basique qui effaçait la souffrance dû à des blessures superficielles. Elle était absolument inefficace face au Doloris, ou contre la fatigue. Ainsi, ses jambes écorchées ne poseraient plus de problèmes, mais la douleur après avoir subi le sortilège impardonnable ne s’effacerait pas immédiatement. Son bras droit, bien que toujours invalide, était maintenant indolore. Le seul inconvénient de cette potion venait du fait qu’il était préférable de rester quelques minutes reposé. Il était donc impossible de l’utiliser pendant un duel. La jeune femme soupira de frustration et jeta un regard vers la fenêtre, dans la crainte d’y apercevoir Bellatrix. Mais il n’y avait pas le moindre signe de duel dans la cour. Sûrement s’y trouvait-elle à l’opposé. Elle posa sa tête contre la poutre du lit, s’obligeant à rester calme. Elle n’avait qu’une envie : aller chercher Sawyer. Elle devait aller trouver de l’aide, sauver Remus, Nymphadora et les autres. Mais cela était impossible. La jeune femme pestait contre elle-même pour ne pas avoir pensé à la possibilité de bornes anti-transplannage. Ainsi, si ils voulaient s’enfuir, il leur faudrait quitter le périmètre du sortilège. Mais jusqu’où se situait-il ? Tenter de transplanner dans la zone constituait un énorme danger ; elle-même se demandait comment elle avait pu éviter la désartibulation.
Une nouvelle explosion retentit, et la sorcière cru apercevoir une lumière émeraude briller à travers les interstices de la porte. Elle remua légèrement ses jambes. La douleur semblait s’être atténuée au maximum. Juliette récupéra sa baguette de sa main gauche et se leva, l’équilibre incertain, lorsque quelque chose attira son attention. Ses yeux se posèrent sur la poutre droite du lit à baldaquin, et sur l’énorme entaille qui la marquait.
Pourquoi avait-elle l’impression de déjà avoir vécu cette même scène ?
À cet instant, une puissante détonation résonna jusqu’à elle, et la porte de la chambre vola en éclat, projetant des monceaux de bois dans toute la pièce.
La jeune femme fit volte-face, mais n’eut guère le temps de brandir sa baguette. Elle lui échappa des mains lorsque l’homme hurla une formule, et vola sur plusieurs mètres.
- Alors, vous venez même fourrer votre nez ici, hein ? Vous êtes des pourritures. Le ton de l’inconnu était las, fatigué, mais habité par la hargne.
- Je ne suis pas votre ennemie. Vous pourriez me tuer, mais ce serait perdre une alliée.
L’homme s‘immobilisa, la baguette pointée sur elle. Il semblait hésitant, ce qui se comprenait parfaitement. Juliette, elle, se contentait de l’observer, cherchant l’identité de son interlocuteur. Il ne devait pas être bien plus grand qu’elle, et avait le regard d’un homme qui en avait trop vu. Ses cheveux grisonnants laissaient apercevoir quelques mèches sombres qui paraissaient avoir été épargnées par les années. Une imposante balafre défigurait la droite de son visage, de la partie inférieure de son oreille jusqu’au coin de ses lèvres. La blessure semblait dater d’un certain temps, et la sorcière n’osait imaginer ce qu’il avait pu subir. Si il lui aurait fallu donner un âge à ce visage bien étrange, celui-ci n’aurait guère dépassé les cinquante ans.
- Très bien, répondit-il en baissant lentement sa baguette, méfiant. Je ne sais pas qui vous avez affronté, mais vous êtes dans un sale état. Son regard sombre se posa sur le bras à l’angle improbable de la jeune femme, puis sur les tâches de sang qui traversaient son pantalon au niveau des genoux.
Celle-ci se pencha pour ramasser sa baguette, et attendit quelques secondes pour répondre. Le couloir, qui lui semblait si agité quelques minutes auparavant, lui paraissait à présent bien calme.
- Bellatrix Lestrange, répondit-elle, ne prêtant plus grande attention à la conversation. Elle avait un mauvais pressentiment.
- Oh, je comprends. J’y pense, c’est vous Susan Bones ? Remus n’a cessé de dire qu’il vous atten
À cet instant, Juliette entendit distinctement un bruit de pas. Avant que son nouvel allié ne réagisse, elle pointa sa baguette vers lui. Alors qu’elle aurait voulu le voir expulsé vers le lit, il fut projeté à l’opposé, vers le mur. Il heurta celui-ci de plein fouet et s’effondra à terre dans un bruit sourd, à demi conscient. La jeune femme murmura un juron. Au moins, son allié n’était plus sur le chemin du véritable ennemi, qui lui se trouvait dans l’encadrement de la porte.
Un éclair de lumière verte sortit de la baguette du Mangemort, frôlant la jeune femme. Celle-ci riposta immédiatement avec un stupéfix qui atteignit l’un des rares tableaux fixés au mur, à plusieurs mètres de l’ennemi visé. Le combat n’allait pas être simple avec le bras droit invalide. Un nouvel éclair vert fusa dans sa direction, alors qu’elle l’esquivait de peu. Il vint finalement se heurter à la fenêtre, faisant voler la vitre en éclats. D’innombrables morceaux de verres furent projetés dans chaque coin de la chambre dans un vacarme assourdissant. Juliette, épuisée, examina rapidement la situation. Derrière elle, il lui était possible d’accéder directement à la cour par la fenêtre. À sa droite, se trouvait le lit à baldaquin, pendant qu’à l’opposé, son nouvel allié paraissait inconscient, près de la cheminée. Un éclair violet frôla Juliette, qui riposta par un même sortilège. Bientôt, des éclairs de toutes sortes éclairèrent la chambre, alors que le Mangemort prenait peu à peu le dessus. La jeune femme devait mettre fin au plus vite à ce combat.
Soudain, un craquement résonna dans la pièce. Les yeux de Juliette se posèrent immédiatement vers son origine, et un juron s’échappa de ses lèvres. Elle se précipita vers le corps de son allié, qui semblait à peine réaliser ce qu’il se passait, et l’obligea à se mettre debout alors que la poutre du lit s’effondrait sur eux.
- Expulso !
La poutre fut projetée, miraculeusement, dans la direction voulue. Le Mangemort l’évita de peu, alors qu’elle s’écrasait à ses pieds dans un vacarme susceptible d‘alerter l‘habitat entier. Profitant du moment d’inattention, Juliette lança un stupéfix qui le frappa en pleine poitrine. Elle l’observa avec soulagement s’effondrer à terre, alors que son allié semblait prendre conscience de ce qu’il venait de se passer.
- Non, je ne suis pas Susan Bones. Juliette Miller, enchantée, murmura-t-elle, épuisée.
- Lochrin Ian, répondit-il vaguement en tendant une main qu’elle serra faiblement.
- Je suis désolée pour cette expulsion brutale. Je ne suis pas habituée à manier la baguette de la main gauche.
- Vous vous en êtes plutôt bien sortie pour une femme qui vient d’affronter Bellatrix Lestrange. Le simple fait que vous soyez encore en vie me paraît incroyable.
- Le problème est que elle aussi, est encore en vie. Nous devrions partir, le vacarme a du alerter plus d’un Mangemort. Si nous tentons de sortir par la porte pour aller chercher nos alliés, nous risquons de nous faire attraper.
Ian acquiesça et suivit Juliette jusqu’à l’encadrement de la fenêtre. Celle-ci se pencha légèrement pour vérifier que la voie était libre, et sauta dans l’herbe fraîche. Après s’être assurée qu’il la suivait bien, elle se mit en marche silencieusement, se dissimulant dans l’ombre, à l’affut du moindre bruit. Tout semblait désert, ce qui était loin de la rassurer. Elle déglutit en songeant à l’issue du combat entre Bellatrix et Nikolaï.
Un craquement résonna dans la nuit, déchirant le silence, et la sortant de ses sombres pensées. La jeune femme sursauta violemment et, d’un geste commun à Ian, pointa sa baguette vers le bosquet. Celui-ci ne devait pas se trouver à plus de vingt mètres des deux sorciers, et un sort suffirait à les atteindre.
Juliette jeta un bref regard à Ian, l’incitant à rester calme. Elle murmura un sortilège de protection sur eux, pour leur permettre de résister à des sorts mineurs, et s’avança d’un pas.
La sorcière était à présent exposée à la lumière de la lune, et maintenait sa baguette pointée vers le bosquet.
- Montrez-vous, maintenant.

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La pluie inspire le plus grand bonheur, telle la vie qui déferle sur terre.
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Bellatrix Lestrange
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 12 Avr - 21:45

Je masse le poignet de ma main droite. Lorsque je lance différents sorts ma baguette tremble et me fait mal à la main. C’est comme ça que je ressens la puissance qui émane de moi. La puissance propre aux sangs purs. Je plisse les yeux mais je ne vois rien autour de moi tellement l’obscurité est épaisse. Je n’allume pas ma baguette, je n’ai pas l’intention de devenir une cible mouvante pour cette saleté d’hybride qui peut traîner dans le coin. Je passe la main dans mes cheveux et un petit rire s’échappe de mes lèvres. J’avais bien besoin de ce genre de petit remontant. La chasse aux créatures abjectes est un de mes jeux préférés. Une soudaine rage de vaincre s’empare de moi et je prends la décision de retourner à l’intérieur. Il faut finir le travail commencé. J’entends des cris et des craquements, il y a de l’agitation là-bas. Je ne suis plus qu’à deux mètres de la porte lorsque j’entends des pas de l’autre côté. Je murmure un lumos et me poste devant la porte, une main sur la hanche et l’autre tendue devant moi. Je vais faire une petite surprise à mon visiteur. Ce dernier n’y va pas par quatre chemin, il semble très décidé à franchir cette porte qu’il défonce presque. Je fronce les sourcils mais ne bouge pas de mon poste, je ne risque pas grand chose. Soudain un visage. Je baisse ma baguette et fais un pas sur le côté.
- Ah, Joanne, ce n’est que vous. Comment ça se passe à l’intérieur ? Je ne comprends pas pourquoi elle est sortie alors que les combats semblent encore faire rage. Je la regarde de plus près lorsque soudain…
- Beuuuuuarf !! Je me jette à terre juste à temps pour éviter le sort impardonnable qu’elle me lance. Sa respiration est saccadée, elle semble très en colère. Je n’ai pas le temps de chercher une explication. C’est elle ou moi et ce soir, ce sera plutôt elle. Je risque gros en abîmant le joujou de Seth mais je ne peux pas me laisser agresser sans rien dire. Toute la haine que je voue à cette ex-auror semble ressurgir d’un coup. Je me remet debout lestement. Elle ne paie rien pour attendre. Elle semble prête à m’agresser de nouveau. Bien. Qu’elle se mette en colère. Qu’elle se déchaîne et qu’elle hurle. Ce ne sera que plus divertissant !
Je lui lance quelques sortilèges pour la tester. Elle les évite sans grande difficulté. Elle n’a donc pas de blessures qui l’empêchent de se mouvoir. Une tâche rouge au milieu de son ventre semble pourtant indiquer qu’elle a prit quelque coups. Je vais pouvoir lui faire goûter à mes sorts sans retenue. Légitime défense pourrais-je toujours dire.
- Tu veux m’affronter ? Comme c’est amusant ! Tu as encore changé de camp ? Faudrait peut-être penser à se fixer ! J’écarte les sorts qu’elle ne cesse de me lancer d’un geste de baguette. Je l’imagine déjà au sol entrain de se tortiller de douleur, implorant toute sa maudite famille. Cette image crée en moi une joie immense. Je ris, je suis proche de l’extase. Mon rire se perd dans la nuit, en écho me revient le hululement sinistre d’un hibou. C’est une belle nuit pour souffrir. Je fais quelques contorsions, jette quelques sorts pour ne pas succomber à la détermination farouche de mon adversaire. La machine à tuer que je suis commence à s’éveiller.
Que le combat commence ! Je lui souris, je sais que mes yeux luisent à la lumière des sorts et que je ressemble à une louve assoiffée de sang. Je veux la voir glapir. Je lui jette un Doloris qu’elle évite, puis un autre, et encore un autre. Cela ne me plaît pas du tout, elle contrarie mes plans. J’ai envie qu’elle pleure, maintenant ! Je deviens plus agressive, je m’approche progressivement d’elle, la pousse dans ses retranchements. De la sueur coule de mon front, le rythme est soutenu. Il faut que je lui porte un coup fatal le plus tôt possible.
De la rue le spectacle doit ressembler à un feu d’artifice. Je me jette soudainement à terre. J’ai échappé de peu à un Avada auquel je ne m’attendais pas. Je sers les dents, reste au sol un moment, le temps de souffler. Il me faut un autre angle d’attaque. Je rampe sur deux mètres puis me relève, je ne suis pas de cette vermine qui se dissimule pour sauver sa peau. Je n’aime que l’action. Je suis désormais à gauche du muret derrière lequel Joanne vient de tomber. J’espère que mon sort lui a fait mal. Malheureusement ce n’est pas un impardonnable.
- Montre-toi mon petit rat, je vais te faire un présent. Je vais t’ouvrir la porte des Enfers !
- Beuuuuuuuuuard !! Elle se relève comme un diable et se jette sur moi. Nous roulons au sol sur quelques mètres. Ses mains se resserrent autour de mes poignets et sa tête se rapproche de mon visage. Sa bouche s’ouvre et laisse entrevoir ses dents. Cette tarée veut me mordre ! Désorientée, je lui donne un coup de genoux dans le ventre qui lui fait lâcher prise. J’ai tout juste le temps de lui envoyer un sort pour la saucissonner avant qu’elle ne tente de me tuer encore une fois. Je me relève et lui assène quelques coups de pieds de les côtes. Sale chienne ! J’essuie la terre de mon visage et pointe ma prisonnière de ma baguette. Qu’allais-je bien pouvoir en faire ?

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Il n'y a devant moi aucun homme récalcitrant n'ayant jamais gouté à l'endoloris... Plie-toi ou tombe dans le cercle vicieux de la souffrance...
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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 19 Avr - 17:20



Nikolaï :






Chancelant, Nikolaï prit appui sur un arbre, tout ses sens en alerte. La douleur infligée par le sort de Bellatrix Lestrange n'avait pas diminué depuis qu'il l'avait reçu en pleine épaule. Même l'immunité naturelle des vampires n'avait semblée d'aucune effet. Il avança d'un autre pas lorsqu'une voix familière s'écria ;
- Montrez-vous, maintenant.
Nikolaï leva la tête et aperçut Juliette accompagnée d'un homme une dizaine de mètres plus loin.
- C'est moi, dit-il simplement en s'approchant des frontières du bosquet. Où est Susan ?
- Nous nous sommes séparées avant mon combat contre Bellatrix. Elle baissa sa baguette et s'avança. Je suis désolée, je n’ai pas pu le ramener. Il est impossible de partir d’ici en transplannant.
Le vampire émit un sifflement contrarié. Des cris de lutte résonnaient encore depuis la vieille demeure et l'odeur de la mort s'y répandait à grande vitesse. Pire encore, une très forte odeur de sang, comme si quelqu'un avait explosé.
- Il nous faut partir d'ici, le plus vite possible. Le Ministère finira par être mis au courant que l'Escadron n'a pas réussi sa mission, et les choses deviendront pire qu'elles ne le sont déjà.
Il balaya les alentours du regard et l'arrêta sur les trois voitures négligemment garées dans la cour.
- Peut-être que...
Mais il n'eut pas fini sa phrase qu'une forme émergea de la pénombre. Les deux sorcier pointèrent leurs baguettes dans sa direction.
- Remus ! s'exclama l'homme qui accompagnait Juliette et que Nikolaï ne connaissait pas.
Remus Lupin avait le teint blafard des jours sombres. De lourdes poches noirâtre pendaient sous ses yeux anxieux.
- Juliette ? s'étonna le sorcier en découvrant le visage de l'une des trois personnes déjà présentes.
La jeune femme s'approcha rapidement de lui, la mine réjouie malgré la situation.
- Oui, c’est bien moi, répondit-elle avec un sourire. Cela fait si longtemps ! Tu n’imagines pas à quel point j’ai été soulagée d’apprendre que tu avais survécu à la destruction de l’Ordre !
- Vous parlerez du passé à un autre moment, coupa Nikolaï dont l'épaule le faisait anormalement souffrir. C'est l'instant présent qui nous intéresse. Il nous faut nous enfuir d'ici le plus vite possible, et que tout les sorciers transplanne à la Chique. Sawyer décidera par la suite.
- Oui mais comment ? demanda le seul homme que Nikolaï n'avait pu identifier.
Le vampire fit un mouvement de tête vers les voitures.
- L'un de vous sait conduire ces choses ?



* * *



Les tirs fusaient dans tout les sens. Les Mangemorts encore conscient avait remis en état ceux qui ne l'étaient pas, et une pluie de sortilèges s'abattait sur la troupe des survivants.
- Dans la voiture, elles possèdes toutes des charmes de protection !
Nikolaï suivit Juliette et se précipita à l'intérieur. Il écarquilla les yeux d'étonnement lorsqu'il fut rentré : l'espace intérieur devait bien faire quatre fois celui que l'extérieur laissait présager.
Les maléfices des Mangemorts étoilaient la vitre arrière, et la voiture elle-même ne tiendrait pas longtemps torturé de cette façon.
- Geller ! Dépêchez-vous ! dit Sturgis Podmore à un homme qui devait avoisiner la cinquantaine.
L'interpellé se pressa un peu plus et s'assit en face de Nikolaï.
- Il nous faut partir Remus, vite ! dit un homme en empoignant le sorcier.
- Nymphadora, Susan, Grispec ! Il nous manque trop de monde.
Un sortilège violacé traversa la vitre arrière pour passer par dessus la tête de Nikolaï et éclater le pare-brise avant.
- On a plus le temps sorcier ! cria-t-il sans lâcher son épaule blessé. Partez maintenant ou restez !
Sturgis envoya quelques sortilèges par dessus la voiture et s'installa au volant.
- Remus ! Remus ! cria-t-il à son tour dans la direction de Lupin qui s'éloignait d'eux pour rejoindre la bataille.
- Démarrez ! ordonna le vampire à bout de sa patience et dont la douleur lui faisait serrer les dents.
Le toit de la voiture s'arracha sous l'effet d'un dernier sortilège tandis qu'elle prenait de la vitesse et s'éloignait de la propriété.

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Susan Bones
Sorcière


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MessageSujet: Re: Home, Sweet Home   Dim 19 Avr - 22:11

Il lui fallut un moment pour identifier le corps. Il faut dire qu’elle avait plutôt l’habitude de voir la sorcière avec des cheveux plus colorés. Susan recula d’un pas, le cœur au bord des lèvres. Elle ne pouvait détacher son regard du cadavre disloqué de la pauvre Tonks. L’odeur répugnante du sang lui montait à la tête et elle finit par se détourner pour se soustraire à cette vision de cauchemar. Ce qui fut encore pire. L’image semblait s’être gravée dans sa tête et l’odeur la poursuivre où qu’elle aille. Poussé à bout, son estomac se contracta violemment et elle se plia littéralement en deux lorsqu’il repoussa son dernier repas par où il était rentré.
Lorsqu’elle se redressa, sa bordée de jurons fut écourtée par un nouveau haut-les-cœurs. Elle se retint d’une main au mur pour ne pas trébucher et se torcha la bouche avec la manche de l’autre. Tonks était morte. Il s’agissait de ce que son cœur cognant dans sa poitrine lui clamait sans cesse. C’était un « Tonks est morte. Tonks est morte. Tonks est morte » ininterrompu.
Il n’y avait qu’un seul type de créature capable d’un tel carnage.

- Vous êtes de mèche toutes les deux, n’est-ce pas ? demanda la sorcière en tournant autour de son adverse comme un prédateur qui cherche un instant d'inattention de sa proie.
Susan ne put réprimer une grimace de dégout à cette remarque. Lorsqu’elle était sortie de la maison, elle avait vu des éclairs de lumière qui illuminait par intermittence le sentier qui menait à la propriété. Elle avait été sur le point de les suivre quand des bruits provenant de derrière la maison avaient attiré son attention.
Elle était arrivée juste à temps pour voir la baguette de Bellatrix pointée en direction d’une Joanne Street à terre mais dont les grognements hargneux n’avaient laissé aucune place à l’imagination sur ce qu’il lui était arrivé.
Malheureusement pour Susan, et malgré tout la haine qu’elle éprouvait pour cet être immonde, la laisser se faire abattre n’entrait pas dans ses plans. Elle avait donc engagé le combat avec la Mangemort.
- Je préfèrerais mourir que de m’allier à un être comme elle, cracha la sorcière à l'adresse de la Mangemort. Mais te tuer m’est vraiment irrésistible.
Ce n’était qu’à moitié vrai. Susan avait autant de raisons de garder Joanne en vie que de la tuer sur-le-champ. Sa tâche s’en révèlerait plus ardue mais elle pourrait peut être se débrouiller sans son concours involontaire après tout.
Et puis non. Elle ne pouvait se permettre de prendre un tel risque. Le tour de Joanne Street Delacroix viendrait mais il n’était pas encore temps. Susan avait d’autres problèmes à régler avant d’en arriver là. Et notamment un problème beaucoup plus urgent qui était de rester vivante. Défier Lestrange seule à seule n’était pas la chose la plus intelligente qu’elle ait fait de sa journée, loin s’en fallait, mais lorsqu’elle avait vu Joanne entravée et à la merci de la sorcière, elle n’avait pas réfléchi.
- Me tuer ? Ahahah ! Jeune présomptueuse, tu seras la première à tâter de ma baguette !
- Très effrayant, vraiment !
- Endoloris ! cria Bellatrix à son encontre.
Susan dévia le sort d’un coup de baguette. Elle sentit un léger craquement mais sa baguette de pin tint bon. Elle serra les dents.
- Trop prévisible. Allons, la lèche cul du Seigneur des Ténèbres doit bien avoir autre chose dans le ventre.
- Ne joue pas avec moi, tu n’es pas à la hauteur ! Je vais te réduire en bouillie et je te donnerai en pâture à Mme Street. N’as-tu pas remarqué ? Elle a soif de sang. Endoloris !
Et la Mangemort envoya à nouveau un éclair rougeâtre en direction de Susan qui eut à peine le temps de plonger sur le côté pour l’éviter. Jetant un coup d’œil derrière elle, elle vit qu’un énorme cratère fumant de presque un mètre de diamètre s’était formé à l’endroit même où elle se tenait une petite seconde plus tôt. Ok, nota-t-elle mentalement, ne plus jamais, jamais, JAMAIS provoquer Bellatrix. Elle se redressa à moitié et envoya un sort de riposte que Lestrange envoya rebondir d’un léger moulinet de baguette magique. Elle se mit à rire.
- On fait moins la fière maintenant.
- C’est vrai que je me suis peut être un peu laissée emporter dans le feu de l’action.
- Expilliarmus !
Avant qu’elle ait pu faire quoique se soit la baguette de Susan sauta de sa main pour atterrir quelque part dans le talus plusieurs mètres derrière son dos.
Ses chances de battre la Mangemort se réduisant comme neige au soleil, Susan se creusa désespérément les méninges pour trouver un moyen de se tirer de ce mauvais pas. En premier lieu, elle se promit de réfléchir D’ABORD à un plan la prochaine fois qu’elles se rencontreraient – si jamais elle survivait jusque là.
Elle vit la sorcière pointer à nouveau sa baguette en direction de sa poitrine. Elle n’avait aucun moyen de dévier le prochain sort que la Mangemort lui enverrait et jamais elle n’aurait le temps de se relever pour esquiver. Les yeux de Bellatrix scintillèrent d’une lumière féroce :
- Voilà ce qu’il y a dans mon ventre, petite garce. dit-elle triomphante. Je suis sûre que tu vas adorer !
Elle prononça le mot avec une telle douceur qu’on aurait pu croire qu’elle murmurait simplement une jolie histoire à l’oreille d’un enfant. L’instant d’après le corps de Susan fut pris de violents soubresauts et lui fallut une seconde pour réaliser que ses organes avaient tous décidé de danser la samba. Jamais elle n’avait ressenti un tel degré de douleur physique. On lui avait dit que la douleur physique n’était rien face à la douleur émotionnelle. Et bien une fois qu’elle y fut confrontée, elle se rendit compte que celui qui lui avait dit ça lui avait raconté de grosses conneries. Il ne devait jamais avoir éprouvé la moindre souffrance physique de sa vie.
Certes la douleur était différente de ce qu’elle ressentait depuis que sa famille avait été massacrée par les SangDragons. Elles n’avaient d’ailleurs rien en commun. Certes. Mais ça faisait un mal de chien !
Ses muscles se contractaient de manière convulsive et sa tête s’était reconvertie en marteau-pilon. A travers les larmes qui lui montaient aux yeux, elle vit le visage de Bellatrix irradier de joie. Etait-ce le même visage qu’elle arborait chaque fois qu’un SangDragon mourait après les atroces souffrances que leur infligeait Roxane ? Si elle avait pu, elle aurait frissonné, au lieu de cela son corps entier continua à tressauter comme une queue de lézard arrachée.
Alors qu’elle avait l’impression que son cerveau commençait à lui couler par les oreilles, le sortilège cessa brutalement. Elle resta allongée, haletante, des picotements lui parcourant tout le corps, incapable de bouger. Si elle n’avait pas déjà régurgité ce qui se trouvait dans son estomac un peu plus tôt, elle se serait vomie dessus et étouffée avec.
Elle ferma les yeux pour résister aux résidus de douleur qui lui parcouraient le corps comme un arc électrique. Dans cette position elle entendit des bruits. Que foutait donc Bellatrix ? La laissait-elle espérer pouvoir s’en sortir avant de la soumettre à nouveau à l’Endoloris ? Il y eut de nouveaux bruits mais la jeune sorcière ne parvint pas à se concentrer assez pour comprendre leur signification. Au bout de quelques secondes le silence de la nuit, à nouveau.
Une voix venue du paradis résonna alors à ses oreilles.
- Susan ? Susan tu m’entends ? Réveille-toi bon sang.
Elle ouvrit les yeux et vit le visage ensanglanté et soucieux de Remus Lupin penché au dessus d’elle. Elle sourit bêtement en le voyant et Remus sembla un instant se détendre.
- On est mort tous les deux, c’est ça ? demanda-t-elle sincèrement.
Remus éclata de rire et malgré sa tête affreuse, il eut presque l’air de ne pas être grièvement blessé lui aussi. Il se passa une main dans les cheveux.
- Non pas encore, désolé pour toi. Je suis arrivé juste à temps, encore quelques secondes et Lestrange allait définitivement te griller ce qui te reste de cervelle.
Susan rit à son tour jusqu’au moment où la vision du corps de Tonks lui revint en mémoire. Elle ferma encore les yeux pour échapper à cette vision mais le résultat fut encore pire. Elle étouffa un sanglot. Le loup-garou sentit immédiatement que quelque chose n’allait pas.
- Tu as encore mal quelque part ? s’enquit-il les traits à nouveau soucieux.
Elle le regarda avec tristesse et les larmes faillirent déborder.
- Oh Remus ! dit elle d’une voix éraillée qui n’avait rien à voir avec la douleur. Je suis tellement navrée…
- Quoi ? demanda-t-il en lui pressant le bras.
- C’est Dora…
Elle n'eut pas le courage de finir sa phrase.

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