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Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: I have survived Mer 22 Aoû - 12:34 | |
| Il sembla à Seth qu’il venait de rentrer d’un très long voyage, comme s’il avait pris de grandes vacances dans un tout autre espace-temps. Un vague tournis transcenda son corps, et il put sentir le contact confortable d’un matelas moulant son dos, et celui d’un oreiller reposant sa tête. Il était allongé sur un lit de l’hôpital Ste-Mangouste, ses cheveux dispersés autour de sa crâne ainsi que la pâleur de son visage lui donnait une apparence de noyé. Il ouvrit lentement ses yeux, et ils purent sentir pour la première fois depuis des semaines l’éclat du soleil. Poussant un gémissement, il frotta ses longs cheveux d’ébènes et tenta de se redresser ; une fulgurante douleur l’assaillit à son épaule gauche, et il resta étendu sans pouvoir réellement bouger. Ses yeux s’étant accoutumé à la lumière, il releva un peu la tête pour voir ce qui lui causait une telle souffrance. Une cicatrice de la taille de sa main lui recouvrait l’épaule gauche ; une partie de son corps semblait avoir été nouvellement régénéré, comme un trou que l’on avait colmaté avec un ciment de couleur pourpre. Le souvenir de Jean Osten Delacroix qui lui bondissait dessus afin de le débarrasser de la majeure partie de son épaule lui revint en mémoire. Il soupira en caressant ses longs cheveux, et observant un instant le plafond ; la seule chose digne d’intérêt se trouvait être une tâche d’humidité. Le bruit d’une porte qui coulisse lui fit tourner la tête. Un homme aux cheveux courts et gris, le regard sévère derrière ses lunettes rectangulaires, une blouse d’un blanc immaculé et tenant à la main un dossier, venait de rentrer. En voyant que Seth s’était réveillé, il sourit, d’un sourire tout ce qu’il y a de professionnel ; chaleureux sans être amical. - Je vois que vous avez finit par nous revenir, dit-il en se plaçant contre le bout du lit, feuilletant son registre. Seth resta muet un instant, cherchant à voir ce qu’il pourrait demander de plus urgent. - J’ai été absent combien de temps docteur ?- Depuis que vous m’êtes arrivé en sang, m’adjurant de ne poser aucune question et de vous cacher et soigner en cachette ? Dans sa voix tintait un ton un peu aigre, comme si on l’avait forcé à le faire et qu’il n’arrivait pas à le supporter. Il semblait qu’il trouva enfin la page qu’il cherchait car il répondit avec assurance. Deux semaines, jour pour jour.Deux semaines… il avait été inconscient pendant deux longues semaines. Il demanda immédiatement la question qui lui brûlait les lèvres. - Que c’est-il passé d’important en deux semaines ? Il tenta de se redresser pour s’appuyer contre le dossier de son lit mais la même douleur lui prit l’épaule. - Vous allez avoir mal pendant encore un petit moment. Votre blessure ressemble à celle de l’aurore qui est venue il y a presque un mois, mais en bien plus profonde. Il se mit à lire son dossier quand le raclement de gorge que fit retentir Seth lui rappela la question posée. Rien, strictement rien. Juste un article signalant votre disparition et retraçant votre parcourt professionnel.- Merci pour tout docteur…- De rien. J’ai la sale habitude d’aider les gens qui frôle la mort. Demandez à Christopher. Il pointa du doigt un autre lit où reposait un homme adulte. Cela fera bientôt dix ans que je m’occupe de lui. Si je ne l’avais pas déplacé dans cette salle secrète, ils auraient finit par le tuer. « Cas irrémédiable » qu’ils disaient. Je crois m’y connaître un peu mieux qu’eux pour dire que un jour, Christopher se réveillera, comme vous aujourd’hui. Seth sourit. Ce vieil homme derrière son visage et sa voix rude, semblait pourvu de vrais valeurs humaines. Une denrée qui allait se faire de plus en plus rare. Maintenant il devait agir vite. Seth savait ce qu’était un Yeux Rouges, ou Sang-Dragon, quelque soit le nom qu’il puisse leur donner, pour en avoir rencontré autrefois. Si Jean s’était laissé envahir par le monstre qui sommeille en chacun d’eux, Joanne n’était plus en sécurité. Ah moins que… non, il ne voyait pas de raison, quoi que sa seconde disparition était troublante. Oui, il devait aller parler à Joanne, et de toute urgence. Après, il s’occuperait de son ancien co-équipier, dû-t-il le tuer s’il le fallait. - Je dois partir sans attendre, vous pouvez faire quelque chose pour mon épaule ?- Du repos, c’est tout ce que votre épaule a besoin, quelque en soit la raison.- Même si c’est une raison de vie ou de mort, demanda Seth, un sourire patient sur les lèvres.- Je me doutais que vous diriez ça. Le médecin sourit à son tour, et baissa légèrement le ton de sa voix, comme s’il lui faisait une confidence. Entre nous, la déontologie m’interdit de vous laisser partir dans cet état. De la même façon que le secret médical m’interdit de révéler ce que j’ai vu sur vousLe sourire de Seth se crispa un peu, et ses yeux fouillèrent le visage placide du médico-mage. - Que représente la déontologie pour vous ? demanda-t-il calmement, mais pesant chacun de ses mots. - Une règle de vie. répondit-il abruptement. - Bien. Aidez-moi à me lever, je dois partir.L’homme plaça son bras derrière son dos, et l’aida à se remettre droit, puis à se mettre debout. Les jambes se Seth semblaient flancher sous son poids, mais à son grand étonnement elles tinrent bon. Il enfila lentement ses affaires ; sa chemise et sa veste avait un trou à l’épaule gauche, et le contour était taché de son propre sang. Sans le regarder Seth demanda ; - La déontologie vous permet de me laisser partir, mais pas de révéler ce que vous avez vu alors ? - …Il se retourna et regarda longuement le médico-mage droit dans les yeux, fouillant dans son esprit. - Au revoir docteur, merci pour tout. dit-il tout en s’éloignant par la porte. Il l’ouvrit et traversa, pour se rendre compte qu’il venait de passer par un passage secret. Ce qui avait été une porte se trouvait maintenant être un mur blanc de plâtre. Seth tendit la main vers le mur, mais ses doigts heurtèrent la surface dure. Il resta un moment silencieux, puis repensa à Joanne. Oui, il devait aller voir Joanne de toute urgence. Alors il transplanna devant son immeuble. _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: Re: I have survived Mar 28 Aoû - 22:50 | |
| Il faisait très sombre dans le tunnel. Pourtant il semblait que la dernière image lumineuse que j’avais vue s’était implantée dans mes rétines. Deux yeux rouges qui m’observaient. Cependant ces deux yeux avaient disparu depuis longtemps, aspirés par les ténèbres de la trappe qui s’était refermée sur moi. Mais était-ce bien moi ? Je ne voyais rien mais les sensations de mon corps ne correspondaient pas à celles que j’éprouvais d’habitude. Tout me paraissait différent. Déformé. Que se passait-il ? Je portai une main à mon visage et y rencontrai le poil rugueux d’une barbe de plusieurs jours. Je sentis instantanément mes entrailles se serrer et se tortiller dans mon ventre comme des serpents cherchant à remonter le long de ma trachée artère. J’étais au bord de la nausée. Ce corps n’était pas le mien. Malgré les ténèbres je ne cessai de jeter des coups d’œil tout autour de moi, la panique envahissant mon esprit. Ma respiration était rapide et saccadée. Pourquoi m’avait-on enfermé ici déjà ? Non. Pourquoi avait-on enfermé la personne à qui appartenait ce corps ? Evidemment je n’en avais aucune idée et cela ne contribuait pas à me calmer. Je me recroquevillais sur moi-même et fermai les yeux. C’était forcément un cauchemar et je voulais me réveiller. Je ne sais combien de temps je restai ainsi prostrée dans ma pitoyable position mais cela me sembla durer plusieurs éternités. Lorsque je les ouvrai enfin seules les ténèbres m’accueillirent à nouveau. La situation n’était pas meilleure mais au moins je m’étais calmée. J’avais compris que je ne me réveillerais pas avant que je ne comprenne ce que je faisais là dans ce corps étranger. Je savais d’instinct que la porte qui menait aux sous terrains était verrouillée et que je ne parviendrais pas à l’ouvrir pour me sortir de là. Il ne me restait donc plus qu’une seule solution : m’enfoncer plus profondément encore dans cet océan de noirceur. La descente fut lente et longue. Comme je ne voyais strictement rien, je passais dix bonnes secondes à sonder du bout du pied la marche suivante qui me rapprochait de plus en plus des Enfers. Finalement, alors que je croyais pour la centième fois que je ne pourrai plus continuer tellement j’étais épuisée, une fine lueur bleutée attira mon regard. Elle semblait venir des profondeurs du monde. Je crus d’abord qu’il s’agissait de mon esprit qui commençait à me jouer des tours mais plus je descendais, plus l’étrange lumière se renforçait. Un fol espoir me gagna peu à peu. Peut-être pourrais-je enfin sortir d’ici et revenir à une réalité moins angoissante ? Malheureusement lorsque je débouchais tout en bas des escaliers aucune sortie n’était en vue. La lumière bleue était toujours là mais je ne parvenais pas à déterminer d’où elle pouvait bien émaner. Mon corps d’emprunt se mit à trembler légèrement. Je ne pourrais plus sortir d’ici. Plus jamais. - « Tiens donc. Voilà qui est rare d’avoir de la visite. » La voix désincarnée me fit hurler de terreur et je faillis tomber à la renverse. Je lançai des regards affolés partout autour de moi mais la lumière était trop faible pour que je puisse voir quoique se soit d’autre à plus d’un mètre du bout de mes pieds. - « Qui… Qui est là ? » Demandai-je avec une voix trop grave pour être la mienne. - « Qui je suis ? N’est-ce pas plus convenable que les invités surprises se présentent en premiers ? » Je continuai désespérément à zieuter tout autour de moi mais l’écho de la mystérieuse voix se répercutait sur chaque mur, m’empêchant de déterminer une position approximative de mon ‘‘hôte’’. - « Je m’appelle J… » La lumière bleue disparut subitement et je me sentis aspirer dans une lente spirale. Je criais mais aucun son ne sortait de ma bouche. Et ce fut le néant total. Je me réveillai en sursaut, couverte de sueur. Je papillotai des yeux cherchant à me repérer dans le noir. Lorsque je me rendis compte que j’étais de retour dans ma douillette chambre je portai aussitôt mes mains à mon visage. Il avait repris sa forme habituelle – sans barbe. Je me levai prudemment, les jambes encore toutes flageolantes et rentrai dans la salle de bain où était accroché une grand miroir. J’allumai la lumière. Tout était parfaitement rentré dans l’ordre. Cheveux, nez, bouche, poitrine, hanches, pieds, tout était à sa place. Les battements de mon cœur ralentirent légèrement et je pus souffler de soulagement. Le pendule affichait quatre heures du matin. Pas la peine de se recoucher. Dans deux heures le boulot m’attendait et j’étais plus que déterminée à m’y lancer à corps perdu. Deux semaines. Deux putains de longues semaines et toujours rien sur la disparition de Seth. J’avais abandonné tous mes dossiers en cours – et la pile sur mon bureau menaçait de s’écrouler dans toute la pièce d’un moment à l’autre – pour me consacrer uniquement au cas des disparitions. Même les évènements de Poudlard ne m’avaient plus inquiétée. Je laissai carte blanche à Kyle. Il avait toujours fait un super boulot, pourquoi aurait-il subitement arrêté ? Maintenant que j’étais la Commandante Delacroix, directement sous les ordres du Directeur – qui soi dit en passant avait disparu depuis deux semaines – je pouvais me permettre de déléguer mes tâches aux autres aurors. La promotion était survenue le surlendemain de la disparition de Seth à cause du décès de Marvin. Elle arrivait comme un cadeau du ciel et j’avais sauté sur l’occasion pour me débarrasser de toutes les affaires qui auraient pu me détourner de mon but : retrouver Seth Street coûte que coûte. Je finis de me préparer vers cinq heures moins le quart. Il faisait toujours nuit mais je ressentis soudain une impression étrange mais familière. Quelques secondes plus tard quelqu’un frappait à ma porte. Etonnée de cette visite si matinale je me précipitai vers la porte mais ma main s’arrêta sur la poignée. Quelle idiote ! J’avais faillit oublier mes lentilles pour camoufler mes yeux ! Je me ruai dans la salle de bain et revint aussitôt à la porte d’entrée. J’ouvris. C’était lui. De saisissement, mon cœur rata un battement. Puis je m’écroulai dans ses bras. Aucun mot ne pouvait décrire dans quel état je me trouvais. - « Seth. » _________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: I have survived Dim 4 Nov - 12:06 | |
| Cela n’avait rien d’un plaquage de rugby, pourtant à l’instant même ou sa belle et douce s’affala sur son torse, il ressentit une violente douleur à l’épaule, séquelle de sa blessure fraîchement guérie. Serrant les dents et tenant un semblant de sourire, il caressa lentement ses cheveux châtains. Après une si longue souffrance, c’était tout ce qu’il demandait, du réconfort et de la tendresse. Laissant couler le flot du temps, profitant du moment qui lui était offert, il ne bougea plus, laissant son corps se coller à celui de Joanne. Puis, pour briser le silence il susurra. - J’aurais cru qu’une si professionnelle Auror que toi, m’aurais désarmé et interrogé avant de te jeter ainsi dans mes bras, afin de vérifier si j’étais vraiment celui que je prétend être.- Je... Haem... Je savais que c'était toi. J'en étais convaincue. Tu connais l'instinct infaillible des femmes, répondit-elle à titre d’excuse. Il rit doucement, expliquant que c’était la sa plus grande crainte, l’instinct féminin. - J’espère que tu ne t’es pas trop inquiétée…- Naaan ! Pourquoi je m'inquièterais pour toi ? Rétorqua-t-elle en le frappant de ses petits poings menus. Il se remit à rire, rire bien vite étouffé par un râle de douleur. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Cette blessure allait l’handicaper un moment, reportant ses projets pour Jean-Osten Delacroix. Il n’était pas sûr de retrouver toutes ses capacités au combat avec une épaule dans un tel état. Il la massa doucement tout en gardant un regard dans le vague, le regard de l’homme qui réfléchit à son propre futur. Elle le considéra, soucieuse, et il eut un léger remord à qu’elle s’inquiète ainsi pour lui. - Je suppose que tu veux des explications, sur mon départ en vacances ? Elle acquiesça. Tu savais que j’avais rencontré de ton frère il y a deux semaines ? Le ton paraissait si léger qu’il était difficile de comprendre que les deux phrases étaient liées. - N... Non. Il m'avait seulement dit qu'il avait appris ta disparition juste après son retour au Ministère.- En effet. Je pense d’ailleurs qu’il a été le premier à l’apprendre. T’a-t-il dit qu’il m’avait lui-même rendu visite, peu avant ma longue absence ? J’en doute. L’homme que j’avais connu avait changé. Il semblait s’être endurci, différent. Alors que je m’attendais à que l’on se serre la main, ou mieux, une brève accolade entre deux collègues perdus de vue depuis tant d’années, il a préféré m’infliger ceci. Il dégagea l’épaule gauche de son imperméable, puis celle de sa chemise, pour révéler la douloureuse trace blanchatre. Ton frère est un SangDragon, Joanne. Déclara-t-il. - De quoi ? Jean ne ferait jamais ça ! Se sont sûrement les mêmes qui m'ont attaqué mais sous l'effet du Polynectar ! répondit-elle avec véhémence. Seth eut un petit sourire. Les liens fraternels pouvait suffire à le défendre, même face à un raisonnement logique. Remettant en place ses vêtements, il s’invita de lui-même dans l’appartement coquet de sa bien-aimée. Il avait bien réfléchit, la personne qui l’avait agressé était Jean Dealcroix, et personne d’autre. - Je doute que quiconque puisse réellement berner la flamme émeraude d’identification de mon bureau. Et puis, ces êtres là bénéficient d’une résistance à la magie, de la même façon que l’on ne peut pas utiliser le Polynectar pour prendre l’apparence d’un géant, je pense qu’il en est aussi ainsi pour eux.- Tu délires ! Pourquoi aurait-il fait ça ? Et comment connais-tu les SangDragons ? dit-elle en refermant la porte. Il resta silencieux, laissant apparaître pour la première fois une mine soucieuse et ennuyé. Ses yeux marrons scrutèrent Joanne l’espace d’un instant, puis il ouvrit la bouche, parlant lentement et pesant le poids de chacun de ses mots. - Je connais beaucoup de choses, et ai eu à en affronter bien d’autres. Mais ce n’est pas de moi qu’il s’agit Joanne, fait appel à ta raison plus qu’à tes sentiments. Le fait que je connaisse les SangDragons ne fait qu’appuyer ce dont j’essaye de te convaincre. Si toi aussi tu connais leurs tempéraments et leur goût du sang, tu sais qu’il a put agir ainsi. J’ai vu ses yeux rouges, Joanne.- Il m'a expliquée oui. Donc si tu sais ce que c'est toi aussi, tu dois savoir que j'en suis une. Et tu me fais quand même confiance ? Si ce que tu me dis est vrai, je pourrais être de mèche avec mon jumeau, non ? Dans sa voix résonnait une tonalité de défi, mais aussi de rejet. Seth ouvrit la bouche, puis la ferma. Ça, il ne l’avait pas prévu. Cela changeait alors du tout au tout. Il la scruta à nouveau, le visage étonnement inexpressif. Il ne comprenait pas. Pourquoi les SangDragons du Seigneur des Ténèbres l’auraient attaqué si elle était une d’entre eux. Il ne devait pas être déjà bien nombreux… - Je… j’avais pensé que ce n’était pas héréditaire, plus comme une initiation vampirique, dit-il perturbé. Pourquoi tes yeux restent-ils bleus si tu as leurs gènes ?- Un truc bête : je porte des lentilles de contact moldues.Mais il ne l’écoutait qu’à moitié. Elle venait de changer la donne. Il devait se renseigner sur Jean Delacroix d’abord. Etait-il possible qu’il ai rejoint l’Ordre des Ténèbres pendant ses cinq années d’absence et qu’il ai réussi à le cacher au Magenmagot ? Cela aurait été un coup de maître, une infiltration parfaite. Il regarda sa montre. - Déjà sept heure ? Il faut que je me dépêche de rentrer chez moi, me laver, je n’ai pas pris de douche depuis un moment je pense, et me changer. Il tenta un maigre sourire. À plus tard Joanne.Il ouvrit la porte, pressé, et transplanna sur le perron. Il eut juste le temps de l’entendre à nouveau crier son nom. - Seth !_________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
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Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: I have survived Dim 4 Nov - 15:29 | |
|  Flint Dread : L’âtre de l’une des quinze cheminées ministérielles s'embrasa d’une intense flamme verte, avant que j’y apparaisse, un peu désorienté. Remettant en place mon cher chapeau, je balayai une mèche rousse de mon front et avançai vers le centre de l’atrium. Une masse de sorciers et sorcières circulait à grande vitesse, maugréant des « excuse-me » et pressaient contre eux leur dossier. Un peu perdu dans ce flux humain, je réajustai une nouvelle fois mon couvre-chef et tentai une traversée dans la foule pressée. Essoufflé, je finis par atteindre la véritable entrée du ministère, m’appuyant sur le rebord de la gigantesque fontaine dorée, et jetant un œil à la grande horloge. Mince ! J’étais déjà en retard. J’accélérai le pas, saluant Tim et Bob de la sécurité, et appuyai frénétiquement sur le bouton d’appel de l’ascenseur. Ce dernier arriva dans un tintement aigu, et s’ouvrit à moi. - Bonjour monsieur Dytinver, dis-je respectueusement, le souffle court. - Bonjour mon garçon, me répondit-il avec un ton paternel et un sourire que je ne l’avais pas vu porter depuis bientôt un mois. Vous allez être content, Seth Street est rentré ce matin.Je levai la tête pour le regarder dans les yeux, les miens plein de surprise. Si Seth Street était de retour, cela ne présageait que des bonnes choses. - Où était-il passé, monsieur ? demandai-je, impatient d’en savoir plus. Mais déjà l’ascenseur s’arrêta pour s’ouvrir à mon étage. Le membre du Magenmagot me tapa l’épaule avec affection. Me souvenant que j’avais déjà du retard, j’abandonnai l’idée de le questionner, et me ruai vers le Bureau des Aurors, ma main empêchant mon chapeau de glisser. - Bonjour madame Doris, la saluai-je. - Bonjour Flint, monsieur Street est…- Je sais, dis-je en affichant un grand sourire, monsieur Dytinver me l’a dit en montant. Une excellente nouvelle ! rajoutai-je enthousiaste. - N’est-il pas ? roucoula-t-elle. Je savais que, comme moi, Glady Doris avait pour Seth Street une adoration sans faille. Il émanait de lui ce sentiment d’efficacité et de sécurité, qui lui donnait à la fois un rôle de protecteur et d’exemple. - Vous a-t-il dit le pourquoi de son absence ? - Je… prenez ça et allez à votre bureau ! J’aperçois mademoiselle Joanne arriver, et elle supportera mal votre retard. Affolé, je saisis la paperasse qu’elle me tendait et cavalai dans ma petite office. Refermant la porte vitrée derrière moi, je soufflai un coup et m’assis sur mon inconfortable chaise en bois. Mademoiselle Joanne était bien gentille, mais la quantité de travail qu’elle m’infligeait m’obligeait à rentrer tard le soir. Posant mon couvre-chef sur le bureau, je passai ma main dans mes cheveux pourpres, qui commençait à devenir long. Frottant mes yeux du bout des doigts, je tentai de trouver la motivation de m’attaquer au premier dossier. Au bout d’une heure, plongé dans la description de la mort douloureuse d’une famille moldue du sud de Londres, quelqu’un frappa à ma porte. Levant les yeux vers sa provenance, je reconnu le Directeur lui-même. Il n’avait pas beaucoup changé ; ce même sourire bienveillant sur les lèvres, ces mêmes long cheveux d’ébène, la seule chose qui semblait vraiment avoir été modifié était le teint devenu blafard de sa peau. Je me levai, l’invitant à rentrer, ce qu’il fit. - Vous semblez être enfin installé Flint, me dit-il en jetant un regard circulaire sur mon bureau. - Mademoiselle Joanne m’a vite trouvé un bureau, après la mort de… je me tus, ne souhaitant pas incomber le directeur de ce genre de nouvelle dès son arrivé. Ainsi vous êtes enfin revenu ! - Oui, enfin, me répondit-il le regard un peu dans le vague. - Monsieur, puis-je savoir la cause de votre longue absence ? osais-je enfin demander. Il me fixa, un sourire sympathique sur le visage. Malgré la blancheur de sa peau et les gros cernes qui soutenaient ses yeux, il restait le charismatique Seth Street, pilier du Bureau des Aurors, et probablement du ministère. - Quelque chose de la même espèce que ceux qui avaient agressé Joanne et Kyle. Il m’a emporté un bout d’épaule mais j’ai pu m’en sortir. Je gardai les yeux grand en entendant cette nouvelle. Quelle monstre assoiffé de sang ou de chair fraîche avait pu être assez vif et féroce pour faire battre en retraite monsieur Street ? Il se mit à rire en me voyant et rajouta d’un air fripon ; - Il m’a eu par surprise, soyez en sur Flint, la prochaine fois il n’aura pas autant de chance. J’expirai, satisfait. Seth Street était de retour ; nous n’avions plus à nous inquiéter. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: I have survived Dim 4 Nov - 18:51 | |
| Une sonnerie de portable le tira de son travail. Il piocha dans sa poche le petit appareil et appuya sur le bouton. - Allô ?Il fit une pause pour écouter son interlocuteur. - Oui. Oui, je suis au Ministère, pourquoi ? Hum… Est-ce si urgent ? Bon… D’accord, je monte. Je suis au département des mystères… Ce que je fais ? Allons, ça ne te regarde pas, je suis conseiller du Ministre, pas un auror à ta botte.Il raccrocha et se pencha vers Thicknesse Pius. Il ôta sa main de la bouche du vieillard. Dans l’obscurité de la salle du Voile, les yeux du Comte brillaient d’une étrange lueur. - Eh bien, mon cher, il me semble que nous allons, hélas, devoir abréger notre rencontre.Le vieil homme se tortilla sous lui. Il aurait crié s’il l’avait pu mais le Comte lui avait coupé la langue et sectionné les cordes vocales. Tout ce qui pouvait sortir de sa bouche n’étaient que sons désarticulés empreints de peur et de haine. Delacroix passa une main derrière la nuque de son invité et pencha encore la tête plus en avant. La gorge de Pius n’était qu’à quelques centimètres de sa bouche. Dans un dernier souffle, l’instinct de survie fit ruer le vieillard et beugler encore plus fort dans un langage incompréhensible. Delacroix pesa de tout son poids sur le corps fragile de Pius et celui-ci ne bougea plus, il ne lui restait que les larmes qui lui coulaient des yeux. Des larmes de sang, car ce qui avait autrefois servi d’yeux au conseiller du Ministre, Thicknesse Pius du département de la justice magique, avaient été réduits à l’état de bouillie informe et sanguinolente. Aussi les orbites vides ne virent-ils pas la tête du Compte s’approcher à nouveau pour murmurer d’une voix doucereuse à l’oreille de Pius : - Du calme, allons, du calme. Ca aurait été moins long et mois douloureux si vous aviez parlé. Maintenant c’est trop tard, je ne comprend rien à ce que vous dites.Et d’un coup sec de dent, il lui arracha le lobe de l’oreille, faisant gicler le sang un peu partout. Pius hurla de nouveau. Le Comte lécha le pourtour des lèvres, savourant ce parfum exquis et exotique que lui procurait l’odeur du sang. - Il est temps de se dire adieu.D’un autre coup de dent, il broya la gorge du vieux conseiller. Le dos de Ticknesse s’arc-bouta un instant, puis, alors que la vie s’échappait de ce corps, les muscles se détendirent et la tête de Pius retomba sur le sol avec un bruit mat. Avalant goulûment la chair du Conseiller, le Comte se reput du sang et de la viande située entre le bas de l’abdomen jusqu’aux côtes. Puis, se redressant, il jeta un coup d’œil alentour. La salle de Voile était complètement vide à l’exception dudit Voile dont le rideau fantomatique se soulevait à intervalle régulier comme si un être spectral tentait en vain de s’en échapper. Le Voile baignait la pièce d’une lueur bleuté, semblable au soir de pleine lune qui annonçait la fête des loups. Le Comte traîna le corps vidé de ses chairs du conseiller et le poussa à l’intérieur du Voile. Pius disparut en un instant, aspiré dans le néant comme s’il n’avait jamais existé. Un silence de mort s’abattit dans la pièce. D’un coup de sa baguette en forme de croix qu’il avait toujours à son poignet, il fit disparaître tout le sang qui éclaboussait les murs et qui s’était répandu sur le sol, laissant une trace sanglante, dernier vestige du passage de Ticknesse Pius en ce monde. Enfin il s’essuya le visage, les mains et le torse puis alla tranquillement remettre sa chemise d’un blanc immaculé et sa veste noire qu’il avait posé à l’entrée de la salle. D’un autre coup de baguette, il fit sauter la protection magique qu’il avait lancée sur la porte et sortit dans les couloirs obscurs du département des mystères. Il ne rencontra personne. Plus personne ne venait d’ailleurs. Le Seigneur Noir donnait trop de travail au Ministère pour que celui-ci se laisse distraire par quelques prophéties poussiéreuses et autres mystères de bonne femme. Il arriva quelques instants plus tard devant le nouveau bureau de sa sœur, bureau qu’elle avait récemment obtenu de par sa toute aussi récente promotion à l’un des quatre postes les plus élevés du bureau des aurors. Il toqua. - Entre, fut la seule réponse de la voix fluette de sa sœur. Tournant la poignet il pénétra dans l’espace de travail de Joanne, plaquant un petit sourire amusé sur ses lèvres. - Toujours aussi bordélique à ce que je vois.En effet, où qu’il posât les yeux ce n’était que pour voir des tonnes de dossiers qui débordaient des classeurs qui eux-mêmes débordaient des armoires. Elle lui lança un regard noir mais ne répondit rien. Elle se contenta de rester assise à l’observer, les mains jointes et les coudes posés sur son large bureau recouvert de paperasse. Mal à l’aise du fait de cet accueil frigorifique, le Comte s’avança jusqu’au bureau, tira une chaise à lui et s’assit en face de son auror de sœur. - Quoi ? Ca avait l’air plutôt urgent quand tu m’as appelé tout à l’heure.Elle ferma les yeux, comme si elle essayait de se concentrer ou de lutter contre quelque chose. Puis, elle se redressa, le dos droit comme un i et planta ses yeux dans ceux de son frère – ou du moins les lunettes – d’un air déterminé. - Qu’est-ce que tu as fait pendant les cinq dernières années où tu as complètement disparu. Pourquoi as-tu réellement fui, Jean ?Le Comte se tortilla sur sa chaise de plus en plus mal à l’aise. Qu’est-ce que sa sœur tentait-elle de faire ? - Je t’ai déjà dit que j’étais parti en Roumanie. La suite… Tu la connais déjà.- Non Jean, non. Je ne te demande pas où tu es parti ni ce que tu as fait, je te demande pourquoi ?Jean avala sa salive, son sourire fondant comme neige au soleil. Ce n’était pas des souvenirs qui lui étaient agréables de raconter. Il aurait préféré continuer à oblitérer cette partie de sa mémoire mais le simple fait que sa sœur en parle faisait rejaillir les souvenirs qui écorchaient son cerveau, tels des fouets cinglants. Il n’avait nullement envie d’en parler, ni Joanne ni à personne d’autre. Ni maintenant, ni jamais. C’était les origines du mal qui le rongeait qu’il était à nouveau entrain de revivre sous ses yeux. Cinq ans plus tôt : J’entrai dans le bureau de Maugrey. Aussitôt l’œil magique du vieil auror se porta sur moi et m’examina sous toutes les coutures. Je fermai la porte et attendit que le directeur daigne m’adresser la parole, debout au milieu de son bureau, les bras derrière le dos. - J’ai parlé avec votre Père aujourd’hui, dit-il sans relever les yeux de la feuille qu’il était en train de lire. Sa voix était grave et ses paroles me glacèrent le sang. Mon Père… Vaan. L’homme qui avait fini par se désintéressé complètement de sa famille jusqu’à l’abandonner. Brillant scientifique moldu, il n’en devait pas moins rendre visite à sa femme et à ses enfants, or voilà plusieurs années que personne ne l’avait revu et la santé de Mère se dégradait. Il n’avait même pas envoyé le moindre petit signe de vie pour la réconforter et voilà que j’apprenais que ce connard avait tranquillement discuté avec mon chef et personne ne m’avait prévenu. Une forte envie de mettre mon poing dans la figure du dirlo me prit mais je me retenais, les années de formation avait fini par dompter un petit peu le jeune homme impétueux que j’avais été durant mes années à Poudlard. - Il veut que vous le suiviez pour votre apprentissage. Une sorte de rituel ou que sais-je encore.- J’espère que vous avez refusé, monsieur. Je suis au service du Ministère, pas de mon Père.Pour la première fois Maugrey leva les yeux de ses documents et plongea son regard dans le mien. Il eut imperceptible sourire. - C’est ce que je lui ai répondu mon garçon. Cependant je crains qu’il ne tente quelque chose pour vous contraindre à le suivre. Aussi je vous propose de vous envoyer en mission de longue haleine.Piqué au vif, je demandai : - Une mission ? Quel genre de mission ?Le sourire du directeur s’élargit. - Vous verrez, mais ça ne risque pas de vous plaire.Je partis donc de nuit, laissant tout à l’abandon, je ne pus même pas dire au revoir à la personne qui me tenait le plus à cœur, ma parfaite moitié, celle sans qui je suis incomplet. Mon personnage allait lentement glissé dans l’oubli, jusqu’à n’être plus qu’un lointain souvenir. Les raisons qui m’avaient poussé à accepter l’offre délirante de Maugrey ? Sûrement la peur. Presque tout le monde pense que je suis parti à cause de la montée des Ténèbres pourtant c’est la peur de rencontrer Vaan à nouveau qui m’y avait obligé. Je savais ce dont il était capable. Il me l’avait dit à moi et uniquement à moi, son fils de chair et de sang. Il m’avait prévenu qu’il viendrait me chercher pour me l’enseigner, le jour où il déciderait que je serai prêt. Je suis donc parti pour la Roumanie, pays étranger où je ne connaissais rien. Là-bas je me suis infiltré dans une secte adorant le Seigneur des Ténèbres. Je plongeai alors dans les abîmes d’un mal que jamais mon esprit n’aurait pu concevoir jusque là. Une année passa et je fini par me marier avec Franscheska Cross, une femme à la beauté troublante avec un bon fond mais qui par désespoir à la mort de son mari tué par un auror avait rejoint le cercle de l’ombre. J’adoptai sa fille Elléanna Blume qui n’avait jamais connu son père. Et ensemble nous eûmes bientôt deux autres filles, Marianne et Lamie qui prirent le nom de leur mère. Ce ne fut donc que trois ans après mon départ que le destin me rattrapa. Soi-disant envoyés du Seigneur des Ténèbres, quatre personnes déboulèrent dans ma vie et changèrent à jamais ma vision des choses. Sous prétexte de m’apprendre les arcanes du mal pour faire de moi un vrai Mangemort, l’un d’eux me prit sous son aile et m’infligea le pire entraînement que la vie m’eut donné. Je réalisai bien vite que ce que je devenais n’avait rien à voir avec la magie. Pourtant suprême paradoxe, ce qui me dégoûtait le plus ne cessait de m’attirer encore et encore, toujours plus fort. Cette voix dans ma tête qui me susurre à chaque instant : t ue, tue, tue, tue, tue, tue. Et j’ai tué. La première fois ce fut un simple adepte de la secte accusé d’avoir trahi. En réalité il s’agissait simplement d’un homme qui se tenait au mauvais endroit au mauvais moment, un inconnu choisi parmi les autres membres pour me servir de cobaye. Lorsque je repris le contrôle sur cette bête assoiffée qui était en moi, je me mis à vomir. Vomir de ma faiblesse. Je me suis enfui, du moins le croyais-je. Arrivé chez moi, la tête de l’homme que j’avais tué avait été déposée sur la table. Aussitôt l’odeur du sang m’excita, repoussant mon humanité dans ses derniers retranchements, jusqu’à ce que le moindre étincelle de ce qui faisait jadis de moi un humain fut totalement éradiquée, comme une bougie que l’on aurait soufflé. Cette nuit là je tuais ma femme. Ou plutôt celui que j’étais devenu tua ma femme. Je n’osais pas encore m’avouer ce que j’étais réellement. Quittant mon poste, j’emmenai les filles avec moi pour les confier à ma mère en Allemagne. Elle ne pouvait plus marcher et j’espérais que la compagnie de mes filles lui redonnerait un peu de joie de vivre pour les quelques années qui lui restait encore à vivre. Et encore une fois, comme le lâche que j’étais je m’enfuyais au loin. J’allais me terrer dans les profondeurs du monde, là où nul humain avant moi n’avait foulé le sol. Je m’y enterrais comme si cela devait être mon tombeau. Je ne voulais pas tuer. Je voulais faire taire cette voix qui dans ma tête ne cessait de me tourmenter. Deux années s’écoulèrent. J’étais plus une bête qu’un homme lorsqu’il me trouva. Le Passeur. Il avait un message pour moi de la part de Maugrey qui me demandait de revenir. Revenir parmi les hommes. Redevenir ce qu’autrefois j’appelais un être humain. Il en fut ainsi. Je gardai néanmoins une amère rancune pour cet homme qui m’avait envoyé si loin et qui pour finir m’avais complètement oublié jusqu’à ce qu’il ait à nouveau besoin de moi. Je gardai cette haine en moins, refoulant ce déchaînement de fureur qui ne servait qu’à alimenter la voix dans ma tête qui avait fini par s’éteindre au bout de ces deux années d’exil. Ce n’est que plus tard, à la mort de Mère que je compris à quel point mon ancien mentor m’avait trahi. Oui, Maugrey n’avait pas voulu m’éloigner de Vaan. Il m’avait délibérément placé à l’endroit où celui-ci m’attendrait. Seulement Vaan n’avait pas prévu que ces chers Frères de Sang échouent dans mon initiation. Il n’avait pas prévu que je perdrai totalement le contrôle et que je m’enfuirais. Il attendit alors patiemment que Mère meure de sa maladie sachant que je viendrais lui rendre un dernier hommage et récupérer mes filles. Il n’attendit pas longtemps. Trois mois après mon retour à la lumière, Mère décéda. C’est là qu’il m’attrapa et que je compris le véritable sens de la trahison de Maugrey. Une trahison que j’espérais pouvoir lui faire payer très cher. |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: I have survived Sam 10 Nov - 23:59 | |
| Il referma la porte du nouveau bureau de Flint, et marcha jusqu’à l’entrée de son bureau en massant son épaule douloureuse. Jean lui paraissait bien plus rapide et puissant que les autres SangDragons, bien qu’il n’ai jamais eu à les affronter. Il l’avait peut-être pris par surprise, mais face à une telle vitesse de réaction, le vaincre à la régulière ne serait pas aisé, faisable sans aucun doute, mais ardu. Après tout, il n’avait encore jamais perdu en duel. Se laissant éphémèrement soulager par cette fatuité, il passa sa main dans la flamme froide et émeraude, avant d’entendre retentir l’habituelle voix féminine ; - Identification acceptée, bienvenue dans votre bureau monsieur le directeur.Il ouvrit la porte, et s’introduit dans son bureau. Rien n’avait changé depuis qu’il l’avait quitté : la paperasse éparpillée par Jean jonchait toujours le sol, de même que son fauteuil était toujours renversé, et qu’une grosse tâche de son propre sang souillait le parquet. Remettant le tout en ordre en trois coup de baguette, il prit place sur son siège et resta quelques instants assit ainsi, à se remémorer les derniers instants qu’il avait passé en ce lieu. Il devait arrêter Jean Delacroix, une trop grosse menace. Mais pouvait-il en parler au Magenmagot ? Incriminer ainsi un de leurs membres ? Il savait que le Grand Conseil avait une très bonne image de sa personne, pouvait-il la risquer en accusant l’un d’entre eux ? Après tout il n’avait pas vraiment de preuve, à part les yeux rouges de Jean. Mais ce dernier avait déjà dû trouver une parade, étant donné avec quelle facilité Joanne avait déjoué le problème. Il avait dit à Godric Dytinver, que l’un des mêmes monstres qui avaient attaqué Joanne s’en était pris à lui, et qu’il était parti se faire soigne à Ste-Mangouste. Le vieil homme avait semblé le croire, après tout il avait à peine transformé la réalité. Il avait toujours eu un certain talent pour dissimuler la vérité, pour paraître ce qu’il n’était pas, pour cacher ses émotions. Un sang froid à toute épreuve, il réfléchissait toujours calmement, mais faisait aussi preuve d’une initiative et d’une capacité d’improvisation qui lui avait sauvé la vie trois semaines plus tôt. Il était Seth Street, Directeur des Aurors, et allait briser Jean Delacroix. Il pensa avec appréhension à la pile de dossier qui avait dû s’entasser pendant son absence, et gémit tristement. Peut-être que les Majors s’en était occupé. Il se rattacha à cet espoir, et ferma les yeux, se sentant pour la première fois en sécurité, comme une proie traquée trouvant refuge dans un lieu intouchable. Car son bureau, l’était, inviolable. C’était le seul endroit du ministère où lui seul avait accès, et personne ne pouvait y rentrer s’il n’était pas déjà à l’intérieur. Maintenant, il devait lui parler. Sans ça, tout serait plus dur. Il fallait mettre un terme à cette situation le plus vite possible. Le ministère était infiltré par un monstre qui en avait après lui, et plus cette situation durait, plus cela deviendrait dangereux. Il se leva et sortit. - - - - Flint, vous souvenez-vous du nom du sorcier que nous avions rencontré avec Joanne et Kyle en janvier dernier, lorsqu’ils furent attaqués ? demanda Seth, qui venait d’entrer en ouvrant la porte, ses longs cheveux ébène lui barrant le visage. Le jeune homme releva la tête, apparemment au prise d’un dossier de l’épaisseur d’un dictionnaire, et sembla réfléchir. - Cuthbert Sawyer, de la Gazette du Sorcier, c’était le dix-huit janvier, et il avait été blessé au bras gauche, dit-il comme s’il récitait un rapport appris par cœur. - Quelle mémoire Flint ! Merci. Il referma la porte, et partit, laissant le jeune Auror dans l’incompréhension la plus complète. - - - Il venait de transplanner devant son immeuble. La journée avait été longue, et malgré le fait qu’il ait passé trois semaines à dormir, il se sentait fatigué et faible. Son appartement devait contenir un air rance et au odeur de renfermé, qui ne lui donnait pas envie d’y retourner. Avant il avait eu une maison, en périphérie de Londres. Mais le ministère l’avait jugé peu sûre, et connue du Seigneur Sombre, le forçant à changer pour ce grand appartement de centre ville. Un lieu dont l’adresse n’était connu que de peu de monde. Il rentra et vit sa voisine, une jeune femme rondelette. Il prit l’ascenseur, mais ils ne se parlèrent pas. Il la sentait un peu anxieuse, tout de même. Il savait qu’il avait raison. Le piège allait se refermer sur lui, et Jean Delacroix ne serait plus un problème. Restait celui de son épaule douloureuse, le tout étant qu’elle ne le lâche pas au moment opportun. L’ascenseur s’ouvrit et il sortit, fouillant dans la poche intérieur de son imperméable son trousseau de clef. Elle était juste derrière lui. Il saisit la bonne clef, et l’introduit dans la serrure, lentement, comme un rituel, avant de tourner et faire jouer le verrou. Il ouvrit la porte sur son petit hall. Il rentra et immédiatement quelque chose le dérangea. L’air était frais, pas renfermé comme il l’avait prédit, donc la fenêtre avait été ouverte. Et donc il était là, c’était certain. Seth ne pouvait plus s’échapper, le choc arriverait d’ici quelques secondes, le tout était de s’y préparer. Il mit la main dans sa poche et en sortit sa baguette magique. Il avança alors le long du petit corridor, pour mettre un pied dans le salon. - Ravi de te revoir, vieux frère, lui dit une voix sourde et grave. Puis, une forme noire doté de deux rubis scintillant se jeta sur lui, qu’il renvoya promptement, avec un réflexe qui avait tout de professionnel, contre l’étagère de la cuisine, brisant ainsi tout son service à vaisselle. Son épaule ne l’avait pas gêné, et bientôt l’homme face à lui, qui reprenait son souffle, non plus. Oui, il était Seth Street, Directeur des Aurors, et allait briser Jean Delacroix. _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: Re: I have survived Dim 11 Nov - 18:49 | |
| J’étais là. La baguette arriva dans ma main avant que mon esprit ait réalisé ce que faisait mon corps. Je ne réalisai pas encore. J’avais suivi, pris l’ascenseur en même temps que lui, juste derrière. J’étais derrière encore quand il était entré dans la pièce. Cette impression étrange m’avait alors prise et mes boyaux s’étaient contractés dans mon ventre. L’attaque allait venir de la droite, et elle vint effectivement de là. Il le repoussa alors que j’étais encore derrière, sur le pas de la porte. C’est à ce moment là que je me rendis compte que ma baguette était dans ma main. Je la tenais à m’en faire mal aux doigts. Comme dans un songe où tout semble ralenti j’avançai vers les deux hommes qui se tenaient face à face. - « Jean, ne fais pas ça ! » Il ne me regarda même pas. Ses yeux de feu étaient braqués sur Seth. Il avait un rictus collé sur le visage. La haine se lisait dans son attitude, dans son regard, dans ses gestes. Peut-être ne m’entendait-il même plus. Le masque qu’il s’était forgé s’effritait et je découvrais pour la première fois de ma vie la véritable nature de mon frère. Un SangDragon des Frères de Sang, un tueur sanguinaire. - « Jean arrête ! Je sais que tu ne le veux pas au fond de toi ! » Cette fois-ci je crois qu’il m’entendit. Il ne lâcha pas Seth du regard mais quelque chose dans son attitude, son froncement de sourcils peut-être, m’indiquait que ma voix commençait à porter. - « Arrête. Il n’est pas trop tard.- Ecoute ta sœur, Jean. Qu’est-ce qui t’arrives ? - Je le veux… Oh oui je le veux. Même au plus profond de moi. Je vais le tuer Joanne. Je vais le tuer. » Il commença à se déplacer latéralement de façon à ce que nous soyons tous les deux dans son champ de vision. Je le suivis avec ma baguette, prête à le repousser au moindre assaut. Du moins l’espérai-je. Après avoir vu comment pouvait se déplacer les Frères de Sang, je doutais de ma capacité à pouvoir le suivre s’il commençait à bouger. Pourtant je n’avais pas le choix. - « Jean, s’il te plait… Tu trahis notre monde en faisant cela. » Mon frère eut un rire amer. Il sortit leva son poignet où pendait sa baguette. Il n’allait tout de même pas… ? - « Je débarrasse le monde des pourritures comme lui. D. Bélial, Pius, Street et bientôt d’autres les rejoindront. Tu ne comprends pas Joanne. Ce que je fais est pour le Plus Grand Bien.- Tu es un traître alors…- Ta gueule toi ! » Hurla-t-il. « S’il y a un traître ici, c’est toi ! Tu ne fais qu'abuser ma soeur depuis le début. » Je m’avançai alors vers Jean, dépassai Seth et claquai la joue de mon frère de toutes mes forces. - « Réveille toi bon sang ! Tu réalises ce que tu dis ?- Recule Joanne, cet homme est fou, ce n’est plus ton frère. Il est abusé par les promesses que le Seigneur des Ténèbres a dû lui faire. » Ce n’est plus mon frère… Je me souvins de la conversation que nous avions eut lorsqu’il était revenu après sa disparition de cinq ans. Il avait dit que nous n’étions plus une famille. Qu’il était seul à présent. Maintenant nous étions à carrefour qui signerait le non-retour de cette assertion. Si Jean franchissait ce cap, ce qu’il avait dit serait vrai. Il serait vraiment seul. Le conflit intérieur faisait rage en moi. D’un côté Seth et de l’autre mon frère qui allait de déchéance en déchéance, perdant un peu plus l’humanité qui le caractérisait à chacune de nos rencontres. - « Ôte-toi de mon chemin, Joanne. Cette affaire ne te concerne pas.- Non ! Je ne te laisserai pas devenir un meurtrier ! » Il émit alors un grognement de rage inhumain. D’un simple geste de la main il m’écarta de sa trajectoire, m’envoyant à l’autre bout de la pièce comme si j’avais été un sac de plumes. Le choc contre le sol fut rude et je faillis perdre connaissance. A moitié sonnée et complètement incapable, je parvins néanmoins à voir le combat qui se déroulait à travers les colonnes de cheveux qui m’obstruaient quelque peu la vue et les étoiles qui dansaient devant moi. Seth cria à son tour. Peut-être était-ce mon nom mais je n’en étais pas sûr. Il lança un sortilège vert en direction de Jean qui l’évita en sautant en arrière avant de répliquer à son tour. Seth se réfugia derrière le mur de la cuisine. Le sort de Jean s’écrasa à quelques centimètres, laissant un cratère fumant à l’endroit où se tenait le directeur du bureau quelques secondes plus tard. Je fermai les yeux pour me concentrer et les rouvrit un instant plus tard. Les deux hommes étaient en train de se battre, envoyant et renvoyant les sorts de chacun vers son destinataire. Je me relevai sur mes coudes, ma tête raisonnait comme si un troupeau d’hippogriffes était en train de courir à l’intérieur. Des yeux, je cherchai ma baguette. Elle était tombée non loin de moi. Je me précipitai dessus mais un sort, de mon frère ou de Seth, je ne sais pas, rebondissant sur un mur frappa ma baguette qui fut vaporisée en un instant. Incapable de me battre, je ne savais où me mettre. Les sortilèges pleuvaient partout dans la pièce, détruisant le mobilier, explosant les murs et illuminant l’appartement d’une lueur macabre. A défaut d’autres solutions je me résolus à utiliser la dernière arme qu’il me restait. - « Jean ! Stop ! Ca suffit ! Nous pouvons t’aider. Crois-tu que le Seigneur des Ténèbres va t’accueillir à bras ouverts après toutes ces années où tu l’as combattu ? » Le but escompté n’eut pas tout à fait l’effet prévu. Au lieu de distraire Jean, se fut Seth qui l’espace d’un instant jeta un coup d’œil dans ma direction. Cette fraction de seconde de déconcentration suffit à mon frère pour envoyer un sortilège d’expiliarmus qui frappa Seth de plein fouet, l’envoyant à son tour buter contre un mur. La baguette tomba à quelques mètres, hors de sa portée. - « Jean ! NON ! » Mais déjà le Frère de Sang bondissait vers le corps immobile de mon amant, les lèvres repoussaient en arrière et laissant apparaître ce qui se trouvait être d’horribles crocs. Il y avait un choix à faire. Immédiatement. Jean ou Seth. Je me jetai sur la baguette de Seth au moment où Jean atterrissait devant lui, la bouche grande ouverte, prête à mordre la gorge tendre et dénudée. Je levai la baguette. Jean baissa la tête pour broyer la gorge de Seth. Je prononçai une formule, il y eut un éclair de lumière. Une étrange lumière verte. Puis plus rien. Néant. Mais j’étais là. _________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
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