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Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Mise au point Dim 20 Mai - 10:28 | |
| Il reboutonna sa chemise tout en observant les toits de Londres depuis sa baie vitrée. Les sourcils froncés, le regard soucieux, il parcourait le regard vide le dehors sinistre et gris. Une jeune fille traversa sa chambre, affublée d’une simple culotte tout en se repeignant machinalement et en chantonnant. Sans lui prêter attention, il reboutonna ses manchettes avec le plus grand soin. Elle revint avec deux tasses de cafés, et lui en tendit une, qu’il prit, l’air absent. Ils restèrent tout deux, à regarder l’en dehors avec la passivité propre au couple qui vient de s’adonner au plaisir de la chair, et qui médite en silence sur son train de vie. - Tu étais différent aujourd’hui, dit-elle calmement en avalant une gorgée d’arabica, les yeux fixés sur la vitre qui leur faisait face. - Vraiment ? demanda-t-il en remettant le col de sa chemise. Comment ça ? - Je sais pas, moins sauvage, plus doux… vraiment différent. - Hin hin… parle clairement, c’est un compliment ou un reproche ? Elle fit un geste machinal de sa main libre, comme pour signifier que cela n’avait pas d’importance, et souffla doucement sur son café. Il le but d’un coup, sans se soucier qu’il fut bouillant, et le posa sur son bureau, saisissant sa cravate et commençant à la nouer. - Je le sens bien Sawyer, tu as l’esprit ailleurs. Une femme ? - Une femme ? Voyons Griselda, tu sais bien que c’est toi la femme de ma vie, Ze-ha-ha ! dit-il en s’arrêtant l’espace d’un instant de se soucier de sa cravate pour se tourner vers elle. Elle sourit, un sourire morne et sans joie pourtant non dénudé de sens, et posant à son tour sa tasse elle s’approcha de lui. - Ne me fais pas croire que ce n’est pas une femme, tu sais que je vois toujours lorsque tu me mens. Il ne put s’empêcher d’observer la poitrine charnue de sa maîtresse, et du se retenir de ne pas la saisir, une fois encore. Il reporta son attention sur leur propriétaire. - Faux, tu aimes juste croire avoir un pouvoir sur moi, seulement parce que nous baisons plusieurs fois par semaine depuis deux mois, suggéra-t-il en redonnant à sa cravate toute son attention. - Admettons que je ne te connaisse pas si bien que ça, ne veux tu pas me dire ce qui te transforme ainsi ? - Non. - Il y a donc quelque chose, dit-elle un air de triomphe dans le regard. Ton travail ? ta famille ? ton compte bancaire ? ou alors une femme aurait-elle finalement brisé ce cœur de glace ? Pour accentuer son propos elle tapota deux fois le son torse du bout de l’index. - Le fait de coucher avec moi ne t’as jamais donné le droit de m’interroger de cette manière, dit-il sèchement, sans se dépareiller de son sourire. Elle parut troublée, comme si elle ne reconnaissait plus l’homme qui se trouvait à ses cotés. - Qu’est ce qui te prend ? Je ne t’ai jamais vu en colère…- Je ne suis pas en colère, je ne connais pas la colère. Mais je crois être lassé de toi pour aujourd’hui. C’était encore une de ses sautes d’humeur qu’elle connaissait bien chez Sawyer, des phrases dures, dites avec un grand sourire, qui pouvais blesser au premier coup, mais qui annonçait qu’il était temps de le quitter. Elle marcha jusqu’au lit, prit son tailleur et l’enfila, faisant de même avec le reste de ses vêtements. Elle passa près de lui, et se mettant sur la pointe des pieds, l’embrassa sur la joue, avant de sortir de la chambre pour aller chercher le reste de ses affaires. Il entendit le bruit d’une porte qui refuse de s’ouvrir et elle s’exclama ; - C’est fermé Tommy ! Il maugréa en fouillant dans la poche arrière de son jean, et sentir le contact froid des clefs. Il marcha d’un pas lent jusqu’à l’entrée, et lui ouvrit, pour voir une jeune femme au cheveux bruns, assise contre le mur. - Hélène ? Elle releva la tête, et il entendit Griselda lui susurrer ; - C’était donc ça, une femme… à plus tard Tommy. Mais il ne l’entendit pas. Tout ce qu’il vit, c’était les yeux d’Hélène, rougit par les larmes. Pourquoi faisait-il toujours autant pleurer les femmes ? Sa maîtresse de sentant vite de trop, passa devant lui sans accorder un regard à la fille assise par terre, et descendit les escaliers tranquillement. Sawyer resta là, prostré face à cette apparition importune. La dernière fois qu’il l’avait vu, il l’avait laissé en pleurs sous la pluie, et là, elle était venu jusqu’à chez lui ? D’ailleurs comment avait-elle eu son adresse ? - Je t’ai cherché Sawyer, dit-elle dans une souffle. - Pourquoi ?En fait toute la question était là. Pourquoi cette femme s’acharnait-elle ainsi. La plupart comprenaient, et feignait l’indifférence en le revoyant, il n’en demandait pas mieux. Pourtant celle là allait même jusqu’à le harceler devant son chez-lui. Elle ne lui répondit pas, se mordillant la lèvre inférieure et baissant le regard vers le sol sale et froid. - Tu dois m’oublier Hélène, m’oublier, dit-il calmement. - Pourquoi veux-tu que je t’oublie ? Qu’ai-je donc de moins que cette pétasse que tu sautes allègrement ?! Cherchant dans sa mémoire, Sawyer tenta de se remémorer la dernière fois qu’Hélène avait été aussi grossière. N’en ayant aucun souvenir, il en déduit qu’elle était soit à bout de nerf, soit en pleine dépression. - Griselda sait que c’est sans lendemain, et elle ne demande pas mieux. Tandis que toi…- Et depuis quand te soucies-tu des sentiments des autres, Cuthbert Sawyer ? Depuis quand leurs malheurs ou leurs bonheurs ont-ils un quelconque intérêt pour ton égoïste personne ? - Tu aurais sans doute préféré que je te fasse croire des chimères ? Te dire que je t’aime pour te délaisser du jour au lendemain ? Hin hin hin !répondit-il en la raillant. - Mais tu m’as dis que tu m’aimais ! J’étais ivre Hélène, ivre ! J’aurais pu te jurer être l’élu si tu me l’avais demandé. - Moi je crois que pour la première fois depuis longtemps, tu disais enfin ce que tu ressentais ! Je t’aime Sawyer ! Silence. C’était comme un cri, un cri de détresse, un appel à l’aide. - Mais le problème dans l’histoire Hélène, c’est que moi je ne t’aime pas. Nouveau silence. - Tu crois m’aimer, mais tu n’aimes que des formes, des mots, des sensations, tu ne sais même pas ce que tu ressens ! Ne viens pas me parler d’amour alors que tu ne parles que d’affection ou d’attirance ! - Tu me prends pour une ado qui ne connaît rien de ses sentiments ? Je sais ce que je ressens, je sais ce que…- Tu ne sais rien, rien ! Sinon tu ne serais pas ici. - As-tu donc si peur d’aimer Sawyer ? Il se tue l’espace d’un instant, mettant en place dans sa tête ce discours qu’il connaissait par cœur. - Je n’ai peur de rien, je suis ainsi, je ne peux pas aimer, je ne peux pas souffrir, je ne peux pas m’énerver, je ne peux même pas avoir peur ! Je ne me fie qu’à mon passé pour mon futur, et tu n’es ni l’un ni l’autre. Voilà la vérité, si dure soit-elle. Des larmes recommencèrent à couler de ses beaux yeux bruns, mais en silence. - Ne pleure pas ! Dégaine donc ton orgueil, rengaine ces sentiments vaporeux. Ai assez de fierté pour ne pas pleurer devant mon paillasson, relève toi ! - Tu mens, tu mens toujours. Maugrey avait raison… murmura-t-elle tout en s’appuyant sur le sol pour se relever. - Hin hin... laisse donc ce vieux fou où il est, d’ailleurs qu’est ce que…Elle se jeta sur lui, plaquant ses lèvres contre les siennes, le serrant fort, le plaquant sous la surprise contre le mur. Mélangeant un court instant leurs langues respectives. Puis elle se retira. - Je le savais, elle s’essuya le coin de la bouche, l’air triomphante. - Tu ne sais rien, répondit-il en blêmissant. Tu crois, c’est tout. Elle recula d’un pas. - Oui, et je crois que vous êtes un vilain menteur monsieur Sawyer. Vous n’êtes pas aussi étranger aux sentiments propres aux humains que vous le laisser entendre. Je ne parle pas de la peur ou de la colère, non, mais de ce que le commun des mortels appelle amour…- Le fait que tu puisses m’attirer n’a rien à voir avec l’amour, tu n’es qu’un bout de chair aguichant, rien d’autre. - Je t’en fais don. Tu n’es pas mutilé ni infirme, mais juste malade. Laisse moi t’aider Sawyer ! - C’est ça ton plan ? Ze-ha-ha ! Que je te dise que je t’aime jusqu’à qu’un beau jour ça fonctionne ? Tu n’es qu’une gamine rêveuse, tu ne pourras pas me changer, jamais. D’ailleurs je ne veux pas changer, tu ne peux pas savoir comme on se sent libre. Je ne suis pas l’être altruiste que tu sous-entends, je suis sans doute le mec le plus égoïste de cette terre et…- Tu mens, je sais tout Sawyer, je sais tout. - Tu sais quoi ? - Le pendentif que tu portes… j’ai vu le même sur une Vénitienne. À Pré-au-lard, ça c’est passé très vite, mais je l’ai nettement vu, il portait un chiffre romain comme le tiens. Tu risques ta vie pour en sauver d’autres et tu veux me faire croire que tu es un parfait égoïste. Il avala sa salive - Cela n’a rien à voir, j’avais fais une promesse à…Il se tue, se rendant compte qu’il devait faire attention, que chaque mot dans la situation présente avait plus d’importance qu’il ne pouvait y paraître. - À qui ? À qui as-tu promis ceci ? - Viens, rentre, dit-il en désignant la porte de son appartement encore ouverte. Et pour la première fois depuis longtemps, Sawyer se sentit comme réellement troublé. |
|  | | Hélène Anderson Décédée

Nombre de messages: 13 Age: 25 Localisation: Londres Emploi: Stagiaire au Ministère des relations entre sorciers et moldus Date d'inscription: 14/12/2006
 | Sujet: Re: Mise au point Ven 25 Mai - 22:21 | |
| Elle l’observa quelque instant, cherchant à déchiffrer l’étrange impression qui se peignait sur son visage. Nul doute que si Hélène n’avait pas parlé du collier qu’elle avait vu quelques semaines auparavant, secret qu’elle avait gardé jusqu’à lors, il lui aurait fermé la porte au nez. Si il tentait de noyer le poisson sous de fausses excuses, elle l’arrêterait tout de suite. Il y avait quelque chose de paradoxal chez Cuthbert Sawyer, ce mélange d’égoïsme sarcastique et de bonté altruiste. Qu’est ce qui pouvait bien pousser cet homme solitaire à suivre le projet fou d’une bande d’héros des rues ? Elle passa devant lui, et il ferma derrière elle. Elle découvrit pour la première fois l’appartement du journaliste ; spacieux et bourgeois, il bénéficiait d’une superbe vue sur la ville et de plusieurs pièces séparées, chose rare à Londres. Elle resta là, debout, à contempler le temps gris par la vitre comme il l’avait fait une dizaine de minutes auparavant, en attendant qu’il prenne la parole, ce qu’il fit. - Si je te dis que ce n’est pas ce que tu crois tu ne vas pas me croire, n’est-ce pas ? demanda-t-il l’air dégagé en souriant et en regardant le vide. - Non, répondit-elle en se contentant d’observer la chambre. Tu es un vénitiens depuis notre rencontre ? - Oui, je suis son premier membre à vrai dire. Il disparut pour aller dans la cuisine préparer du café. La conversation continua sans contact visuel. - Et qui la dirige ? demanda-t-elle au vide, en feuilletant un carnet de note qui traînait sur le bureau. - Ça, je ne peux pas te le dire. Du café ? - Oui, merci. Elle s’attarda sur une feuille manuscrite, avant de reprendre la parole posément. À qui as-tu promis quelque chose alors ? - À son dirigeant. Il arriva avec un plateau portant deux tasses et des petits gâteaux. Il ne sera pas dit que je ne sais pas recevoir, hin hin. Pourquoi ne m’as tu pas dis plus tôt que tu savais ? - Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ? Rétorqua-t-elle du tac au tac. - Ce sont les ordres, tu dois t’en douter, dit-il en haussant les sourcils. - Et elle, elle sait ? - Non, elle ne sait rien. Je t’ai dis elle…- N’est bonne qu’à assouvir tes pulsions sexuelles, je sais. - Ze-ha-ha, c’est à peu près ça. Passons, je ne pense pas que tu sois venue pour me questionner sur la FSM, dit-il en avalant son second café de la matinée. - La FSM ? C’est son nom ? - À défaut de quelque chose d’un peu plus classe, oui. - Je suis partagée entre t’interroger sur les paradoxes accablants de ta personnalité et enlever un peu le voile de mystère qui recouvre ton groupe. Elle s’assit sur le lit, levant les yeux au plafond. Oh Sawyer… comment te prouver que je t’aime ? - Comment, moi, puis-je te prouver que je ne t’aime pas ? dit-il en s’asseyant à son tour sur le fauteuil de son bureau. Je crois que c’est ce point là qui pose réellement problème. - Tu ne remets plus en question mon amour ? - Tu es finalement peut-être assez folle pour aimer le taré que je suis, avoua-t-il en haussant les épaules, l’air peu convaincu. - Et pourquoi le taré que tu es ne peut pas aimer la folle que je suis ? dit-elle en souriant. Décidément, elle était dingue de ce type. - C’est comme ça, un petit coup d’Endoloris et pfiuuu, y’a plus d’amour, y’a plus de colère, y’a plus rien qu’un corps vide et ironique, expliqua-t-il en argumentant ses propos de gestes assez grotesques et enfantins. - Menteur, je suis sûre que tu me caches encore deux trois secrets, dit-elle en le regardant l’air suspicieux. - En sommes, si je n’étais pas taré, mystérieux et d’apparence indécente je n’aurais aucun intérêt ? Hin hin…- Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dis. Je t’aime comme tu es, c’est tout. Mais je n’aime pas savoir que tu me caches des choses. - Tu parles comme si nous étions un couple, dit-il en faisant tourner son fauteuil vers la baie vitrée. - Mais nous sommes un couple, que tu le veuilles ou non ! - Tiens donc ? Je pensais que ce genre de chose se décidait à deux. - Je décide pour toi vu que tu manques de lucidité, déclara-t-elle avec un demi-sérieux déroutant. Il se tourna vers elle, le coude appuyé sur l’accoudoir et le visage posé sur sa main, l’observant en souriant. L’air parfaitement convaincue, elle le regardait les yeux pétillants, penchée en arrière sur le lit et posée sur ses deux mains derrière elle. Le silence qui s’en suivit ne fut ni gênant ni pesant, ils restèrent là, l’une espérant, l’autre, d’après son expression, pesant le pour et le contre de la situation, avant de partir d’un franc éclat de rire. - Ze-ha-ha ! Tu as gagné Hélène, ha ha ! Il lui tendit ses deux bras. Tu auras tôt fait de le regretter. Elle se leva, passant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille, souriant et avança doucement vers lui. Elle enlaça ses mains avec les siennes, se rapprochant encore, se tenant debout devant lui assit. Elle se pencha alors, pour que leurs lèvres se touchent, s’assit sur ses genoux, jusqu’à que la fusion de leurs deux corps soit quasi-parfaite. - Qu’importe, si tu me promets de ne plus m’abandonner… lâcha-t-elle doucement. - J’ai déjà suffisamment de promesses à tenir jusqu’à la fin de ma vie…- Tu peux donc à tout moment me laisser tomber sous la pluie. - On peut dire ça comme ça oui, dit-il avant de plonger sa tête dans son cou. - Je te changerai Cuthbert Sawyer, oh oui, je te changerai.Et ils se laissèrent aller à une passion dévorante trop longtemps retenue. _________________ Que recherches-tu Hélène ? |
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