Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Prelude of the storm

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Sawyer
Dépressif


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Date d'inscription: 20/10/2006

MessageSujet: Prelude of the storm   Dim 23 Aoû - 11:49

Sawyer lâcha du regard l’escalier par lequel Susan venait de disparaître et le reporta sur les nouveaux arrivants. Andrew soignait toujours les blessés et s’occupait à présent d’une femme aux cheveux auburn. Si Nikolaï continuait de tenir son épaule, il ne grimaçait plus. Juliette quant à elle discutait avec un homme balafré que Sawyer ne connaissait pas non plus. Ethan était assis sur une table et écrivait dans un carnet. Bill avait posé au centre du bar une grande carafe de café chaud, mais personne n’y avait touché. Connaissant son habituel goût infect, Sawyer ne s’en étonna pas. Le visage dans ses mains, assis et appuyé sur la table qui leur avait servi de portoloin, Remus Lupin ne disait pas un mot. Le jeune garçon aux yeux verts continuait de fouiller la salle du regard, visiblement très curieux.
Mais ce qui dérangeait Sawyer, c’était l’homme tout au centre. Plutôt petit, les yeux caves et les épaules étroites, il paraissait perdu par la récente agitation dont il avait été victime.
Son regard et sa main noueuse étaient braqués dans la direction de Sawyer. Les sourcils légèrement froncé, il murmura :
- Je vous connais.
De mémoire, il sembla à Sawyer qu’il ne l’avait jamais vu. Mais l’homme s’approchait par petits pas hésitants, le doigt toujours pointé vers Sawyer.
- Où nous serions-nous rencontrés ? demanda Sawyer, plus préoccupé par l’absence de Samaëlle qu’il cherchait par-dessus son interlocuteur.
- Nous ne nous sommes jamais rencontrés, dit-il en cherchant quelque chose dans sa poche.
Sawyer arrêta un instant sa recherche. Il ne comprenait pas le sens de ce que lui disait cet homme.
- Comment vous appelez-vous ?
L’homme sortit de sa poche un portefeuille qu’il ouvrit. L’objet pouvait, semblait-il, contenir bien plus que le laissait supposer sa taille aux premiers abords. Sawyer fut étonné de le voir chercher à l’emplacement ordinaire des billets de banque, inexistants chez les sorciers.
- Geller… Il en fit jaillir une feuille de papier blanche sur laquelle on avait dessiné au crayon. Geller Anderson.
Le dessin représentait Sawyer. Le Sawyer d’avant, aux cheveux hérissés, aux yeux maquillés et au sourire goguenard. Dans le coin de la feuille, l’artiste avait signé.



Hélène A.
25/10/1998

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Prelude of the storm   Jeu 27 Aoû - 18:38

Sawyer recula d’un pas, comme si la feuille de papier exerçait sur lui un pouvoir. Même sans la signature, il aurait reconnu la manière délicate qu’avait Hélène de dessiner. De le dessiner. Ces traits de crayons qui le retournaient presque deux ans en arrière lui donnèrent la nausée. Chaque détail de ce soir là lui revint, comme autant de coups de couteau. Une odeur, un visage, une sensation, une voix, une chaleur douce et agréable.
- Vous…
- Je suis son père, compléta Geller Anderson, sans quitter Sawyer des yeux. Je les garde toujours près de moi. C’est un peu comme si une partie de son âme reste toujours à mes cotés.
Sawyer acquiesça. Il comprenait. Le médaillon d’Hélène ne l’avait pas quitté non plus depuis cette infernale nuit, à Londres. Il s’approcha et tendit sa main. Geller y glissa le dessin que Sawyer saisit avec délicatesse. Il sentit se propager en lui une étrange douceur malsaine.
- Ainsi c’est bien vous. Elle me disait qu’elle avait rencontré quelqu’un. Quelqu’un de bien, rajouta-t-il en sortant du portefeuille une liasse d’autres dessins.
Tous représentaient Sawyer. Il ne put s’empêcher de les prendre, avec la même précaution. Sur l’un d’eux, Sawyer incarnait un vampire hilare. Sur un autre, il était attablé devant une machine à écrire, et semblait prendre plaisir à rédiger un article. Certains restaient simples ; on y voyait simplement son visage, avec la même expression. Un seul mettait Sawyer en scène avec son masque de Vénitien.
Comme Sawyer restait muet, plongé dans sa contemplation, Geller reprit la parole, la voix plus basse.
- Ils l’ont retrouvé le lendemain. Elle figurait sur la liste des victimes affichée par le Ministère.
Sawyer voulut répondre quelque chose, mais sa voix s’étrangla dans sa gorge. Ne pouvant supporter le regard de Geller, il replongea le sien dans les dessins de sa défunte bien-aimée.
- Avez-vous aimé Hélène ? demanda Geller, le ton atone.
Sawyer aurait voulu répondre affirmativement, mais cela aurait été un mensonge. La triste vérité était qu’il l’avait aimée juste avant sa mort.
- Je l’aime encore, dit-il sans lever ses yeux qui le picotaient.



Le groupe de fugitifs qu’avait réuni Lupin était assez hétérogène. Sturgis Podmore, un homme de grand forma à la mâchoire carrée, était un ancien membre de l’Ordre du Phénix. Karine Keddle était une Auror en fuite. Sawyer connaissait cette dernière de réputation. C’était une jolie femme connue pour son professionnalisme. Geller Anderson, le père d’Hélène, travaillait lui aussi au Ministère. Ian Lochrin et Withers Cyprien étaient des loups-garous ayant refusé de rejoindre le groupe du feu-Greyback.
Remus Lupin n’avait pas desserré les dents depuis son arrivé à la Chique du Gobelin. Dans ses yeux se reflétait une colère retenue. Etant donné le nombre de cadavres que Sawyer avait dû enjamber pour les rejoindre, lui, Susan et le petit garçon, il pouvait sans peine en imaginer la cause.
- Bill va vous envoyer chez Rowan, un résistant qui aide les fugitifs à quitter le pays en sécurité ou à agir avec lui. Lupin, vous pouvez rester si vous voulez, le temps que Susan s’occupe du gamin.
Lupin hocha la tête, les lèvres étroitement fermées. Sawyer chercha du regard l’enfant aux cheveux roux, mais ne l’aperçut pas. Les gens disparaissaient beaucoup ces derniers temps.
- Où est-il d’ailleurs ?



- Tu pars ? s’étonna Nikolaï dans un murmure.
- Un jour, peut-être deux. Il y a quelque chose que je dois faire.
Sawyer se tourna vers le reste de son équipe, ou du moins ce qu’il en restait. Même une heure après que les fugitifs soient partis par Portoloin, elle n’était pas réapparue. Pour Susan, c’était moins problématique ; elle faisait sa tête de cochon, espérant probablement que Sawyer vienne s’excuser. En plus que cela soit hors de question, les préoccupations du sorcier étaient tout autres.
- Nikolaï dirige l’équipe pendant mon absence.
L’intéressé leva les yeux au ciel et Ethan poussa un soupir qui se voulait discret.
- L’équipe n’est forte que si elle obéit diligemment à son chef. Je compte sur une obéissance parfaite, de la part de tous. Sawyer enfonça son regard dans celui d’Ethan, si bien que le jeune américain acquiesça silencieusement. De toute manière, reprit Sawyer, je ne serai pas absent longtemps. Tout ce que vous avez à faire c’est garder intacte notre couverture, et si possible retrouver Samaëlle.
Il se tourna vers Geller. Ils portaient tout les deux des capes de voyage.
- Après vous, dit Sawyer en désignant la porte du pub, ouverte par Bill.
Geller passa l'embrasure, suivi de Sawyer.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Prelude of the storm   Dim 1 Nov - 14:17

Ce n’était pas une tombe. Plutôt quelque chose d’un peu moins funèbre. Des lierres recouvraient la pierre polie, comme si elle reposait ici depuis de siècles. Geller ne disait rien, un peu en retrait, aux abords de la clairière enneigée. Sawyer était sûr que comme lui, il ressentait cette boule au ventre.
Sawyer posa un genou à terre, puis le second. Il effleura la végétation du bout des doigts. Sur la pierre, une écriture ronde inscrivait :

Hélène Anderson


De chaudes larmes vinrent piquer les yeux de Sawyer, puis couler le long de ses joues. Le froid les rendait glacées, mais il n’osa pas les essuyer. Le craquement de la neige lui fit savoir que Geller Anderson s’en allait, et Sawyer en était certain, qu’ils ne se reverraient plus jamais.
Un flot d’images aussi belles que terribles vinrent s’incruster dans son esprit. Des sourires et des rires vinrent lui serrer le cœur.
Comme pour ne pas tomber, Sawyer s’agrippa à la pierre. Il n’était plus sûr de vouloir à nouveau rejoindre les autres. Il serait bien resté là, avec elle, pour l’éternité. Que Voldemort garde le pouvoir, que Seth Street continue à dominer Londres, que les Mangemorts tuent des innocents, peu lui importait désormais. Elle comptait bien plus qu’eux tous réunis.
Il ferma le col de son manteau et lentement, s’appuya contre la pierre, les yeux fermés. Sa vie n’avait aucun intérêt sans elle à ses cotés. Il voulait s’endormir, paisiblement, jusqu’à n’être plus qu’un gros tas de neige. Sa voix l’appelait depuis tellement longtemps qu’il sentait que c’était ici qu’il devait être.

Il y eut un bruissement, puis plusieurs autres. Sawyer entrouvrit un œil et fut aveuglé par une intense lumière émeraude.
Mourir serait tellement simple. Rester simplement immobile, ou entrouvrir les bras. Se sentir partir l’espace d’une seconde. Quitter toutes ces triviales douleurs. Ces innombrables vicissitudes.
Non !
Sawyer se jeta sur le côté, laissant le maléfice pulvériser la tombe d’Hélène. À travers les flocons de neiges que dispersait le vent, une silhouette d’un homme encapuchonné se dressait en face de lui.
- Avada Kedavra ! cria-t-il dans la direction de Sawyer.
Le souffle embué, Sawyer refit une roulade et sortit sa baguette magique de sa poche. Un nouvel éclair vert vint à sa rencontre, mais d’une provenance différente. Sawyer l’esquiva puis lança un regard circulaire. La visibilité était faible du fait du blizzard, mais il voyait d’autres personnes apparaître, l’encerclant. La zone était sans doute soumise à une borne ou un enchantement anti-transplannage.
Il prit la direction opposée à son premier adversaire et désarma l’un des nouveaux arrivants. Il le poussa et baissa la tête pour prévenir les nombreux maléfices qui fusaient dans sa direction.
- Rattrapez-le ! Il ne doit pas rejoindre les autres !
Les éclairs colorés s’enfonçaient dans la neige autour de Sawyer qui courrait. Il braqua sa baguette par-dessus son épaule et envoya plusieurs sortilèges dans l’espoir que l’un d’eux ferait mouche. Comment diable l’avait-il trouvé ?
Il trébucha au sommet d’une pente et dégringola quelques mètres plus bas. Recouvert de neige, il leva les yeux. Cinq Mangemorts le braquaient de leurs baguettes. Il lança un sortilège d’esquive et se déplaça plus loin, vers la forêt dense. Des souvenirs datant de presque un an lui revinrent en mémoire. La scène était presque similaire, au point près que Seth Street n’était pas présent, ce qui n’était pas forcément une bonne nouvelle. Sawyer avait entendu le chef du groupe : ils n’en avaient pas qu’après lui. Etait-il possible qu’ils aient trouvé leur piste ?

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Prelude of the storm   Mer 18 Nov - 23:30

Il se sentit étouffer, puis les ténèbres se dissipèrent. La Chique du Gobelin était comme il l’avait quitté au petit matin : sombre et poussiéreuse. Il ne remarqua aucune marque d’affrontement sur les meubles de bois.
Bill descendit les escaliers de sa démarche gauche. Sawyer se précipita vers lui et l’attrapa au col.
- Tu n’as rien remarqué de suspect ? Aucun client inhabituel ? l’interrogea-t-il précipitamment.
Le barman tout d’abord ahuri désigna d’un mouvement de menton le fond de la salle. Un sorcier qui ne devait pas dépasser avoir bien plus de vingt ans était assis dans un coin du bar, un café fumant devant lui. Sawyer le dévisagea mais ne le reconnut pas comme un Mangemort.
- Où sont passés les autres ? Les réfugiés ? Nikolaï, Susan, Juliette ? murmura-t-il.
Bill se gratta la gorge et Sawyer prit conscience qu’il ne lui avait pas encore lâché le col. Il le fit et Bill parla de sa voix bourrue.
- Les réfugiés sont partis peu après ton départ. Comme je n’arrivais toujours pas à contacter Rowan, je les ai envoyés chez la Chèvre, sauf deux d’entre eux qui ont tenu à rester. Mademoiselle Miller est montée se reposer et Susan n’est pas descendue. Le vampire dort dans la cave, rajouta-t-il avec dédain.
- Et Samaëlle, elle est revenue ?
Bill hocha la tête. Malgré tout, Sawyer soupira de soulagement. Il s’était attendu à un bain de sang à son arrivée. Pourtant, la phrase du Mangemort restait imprimée dans son esprit. « Il ne doit pas rejoindre les autres ! »
- La Chique n’est plus sûre. Il nous faut partir, retourner à Venise. Vas prévenir ceux en haut de préparer leur valise, ils peuvent arriver à chaque instant !
Bill ne répondit rien, observa Sawyer un court instant puis se précipita en haut de l’escalier. Sawyer s’attarda sur le client encore présent au fond du bar. C’était un jeune homme aux courts cheveux noirs qui semblait victime d’une profonde lassitude. Son visage sombre ne rappelait rien à Sawyer, mais il lui semblait que quelque chose clochait dans le décor.
Il passa derrière le comptoir et ouvrit la trappe d’un mouvement de sa baguette magique. Il descendit l’échelle et murmura Lumos.
Nikolaï, les pieds accrochés au plafond, grogna lorsqu’il fut balayé par le faisceau lumineux.
- On dégage ! Tu vas remettre ton manteau de l’époque, La Chique risque d’être attaquée d’un moment à l’autre.
- Je vous rejoins, zézaya-t-il Nikolaï en tentant de se protéger de la lumière.
Sawyer remonta l’échelle. Il balaya le bar du regard. Tout à coup, il sut ce qu’il le dérangeait : les verrous de la porte d’entrée étaient tous ouverts. Il reporta son regard vers le jeune homme, et comprit. Les Mangemorts étaient déjà arrivés, avant qu’il ne transplanne jusqu’ici.
Il entendit les marches de l’escalier grincer. C’était Juliette et une femme qu’il ne connaissait pas.
- Remontez, vite ! leur cria-t-il.
Au même instant, une violente déflagration dégonda la porte d’entrée et la fit voler à travers la pièce. Sawyer se retourna. Derrière l’embrasure, à travers une fine fumée noire, des silhouettes encapuchonnées parurent.

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