| | | Une approche spéciale de la chose | |
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Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Une approche spéciale de la chose Dim 16 Déc - 19:36 | |
| Il était 19h et il faisait déjà nuit. La buée sur le carreau rendait impossible la vue sur la ville, illuminée de son manteau nocturne. L'appartement de Samaëlle était parsemé de cartons, qu'elle empila les uns sur les autres à l'aide d'un sortilège. Il ne restait plus que quelques meubles, et un tapis au sol. Le tout était d'une propreté impeccable, preuve d'un récent nettoyage. La jeune femme avait eu des nouvelles de son expropriation, c’était pour bientôt. Accueillir Sawyer dans un environnement semblable ne gênait pas Samaëlle outre mesure que le fait qu'il pourrait être rebuté et abandonner sa décision de l'aider. Elle avait déployé tout ses talents de cuisinière pour préparer un repas convenable, ce qui se résumait à un plat typiquement brésilien composé de maïs, de haricots secs, de manioc et de poulet. Il restait une heure à la jeune femme pour aménager un endroit neutre et sans risque. Elle ne savait pas de quoi retournait exactement l’initiation de Sawyer mais avait pertinemment conscience que son sortilège de protection tracé en forme de cercle, caché par le tapis, n’était pas assez grand pour eux deux. Samaëlle attacha ses cheveux, retroussa ses manches et tira sur l’épais tissu. La carpette opposait une forte résistance, Samaëlle ôta son pull, laissant apparaître son débardeur noir, sorti d’on ne sait où car il échappait à la règle du vêtement ample et informe de sa penderie. Enfin, le tapis glissa de quelques mètres, laissant voir de longues traînées noires. La jeune femme jeta un sortilège de nettoyage mais les brûlures, à caractère magique, ne semblait pas vouloir s’en aller. Décidant d’utiliser la méthode moldue, la jeune femme prit un seau, une éponge et du savon pour s’agenouiller et frotter ce cercle rebelle qui ne voulait partir. Vingt heures sonna à la cloche de l’église proche, Samaëlle sursauta, se leva en s’époussetant, rangeant d’un coup de baguette magique tout le matériel ménager. Déjà, quelqu’un sonnait à la porte. Elle alla ouvrir à l’énergumène qui attendait sur son palier, de la mousse sur sa joue, dernier vestige de son activité passée. Derrière elle, le tapis laissait entrevoir des marques au sol. (Peu de chance que tu me surpasses )_________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Jeu 27 Déc - 17:11 | |
| Il avait demandé l’adresse à Maugrey en rentrant de mission. Ce dernier l’avait regardé avec perplexité, mais n’avait pas posé de question. Sawyer marchait sur Londres, guidés par une parfaite insouciance doublée d’un sentiment d’excitation. Comme toujours, les échos de la guerre, bien présents, ne semblait pas pouvoir l’affecter. Il avait fait des recherches sur Samaëlle Keyne, qu’il se remémora tout en tapant le code d’entrée. Orpheline suffisamment tard pour s’en souvenir à jamais, une partie de son enfance passée au Brésil... rien de bien passionnant. Il se rémora cependant une lueur rose qu’il avait dû entrevoir une paire de fois lorsqu’il était à Poudlard, quoi qu’il ne put trancher sur le fait que c’était, oui ou non dû son imagination. Il rentra dans le hall, et appuya sur le bouton de l’ascenseur de sa main gantée, sifflotant un air et jetant des coups d’œil aux quatre coins de cet endroit lugubre. Il sortit un bout de papier de la poche pectorale de sa veste, où il se remémora le numéro de l’appartement. Il poussa le bouton de la sonnette, et un bruit distinct résonna. L’instant d’après, sa très chère équipière lui ouvrait la porte. Il remarqua deux chose ; ça sentait pas trop mauvais, et elle portait quelque chose de plus agréable à l’œil que les vieux tissus dont il l’avait vu affublée jusqu’à lors. Il se courba en avant, l’air encore plus malhonnête qu’à l’habitude, et elle le laissa rentrer. Ses doigts glissèrent sur sa joue, pour détacher la mousse de sa figure. Mousse qu’il observa en riant. - Je vois avec plaisir que vous avez fais un effort sur l’accueil. Il se tourna vers elle, enlevant sa veste, la déshabillant du regard. Tout simplement délicieuse, vraiment. - Pas de sarcasmes inutiles, vous êtes même pas encore installé. Je vous sers à boire ? dit-elle en lui désignant une carafe et deux verres, posé sur un comptoir qui disposait de tabourets hauts. - Ne soyez pas tant sur la défensive ! Il s’assit sur l’un des tabourets, et remplit les deux verres. J’espère que le repas sera bon… il rit et se mit à boire. Enfin Samaëlle souriait, et tandis qu’elle haussait les épaules elle demanda « Vous aimez les épices ? » - J’aime tout ce qui pique, dit-il en finissant son verre, qu’il re-remplit aussitôt. Il remarqua la trace sur le tapis et demanda : « on s’entraîne pour devenir une grande combattante ? » Le ton était neutre, voire curieux, à l’opposé des railleries habituelles. Elle replaça le tapis à sa place de sorte qu'on ne voyait plus les marques au sol. « Plutôt une remise à niveau difficile. Je crois que cet appartement en a assez de toute cette magie. Elle désigna les cartons entassés. Je vais le soulager. » - Pour aller où ? Azkaban ? demanda-t-il en buvant. - Je n'ai pas encore décidé, peut-être oui, si Fol Oeil est d'accord. - Quelle idée ! Un lieu bien sinistre pour une aussi colorée jeune femme que vous. Je vous proposerais bien de dormir chez moi, mais vous prendriez peur. Il lui fit un clin d’œil en finissant son verre, puis se frotta les mains. Passons à table, je n’ai rien avalé depuis midi pour faire honneur à vos, je n’en doute pas, incroyables talents de cuisinière ! Samaëlle soupira, mais se contenta de sourire et de l’inviter à passer à table. Sawyer dévora avec avidité le repas, qui était meilleur qu’il l’avait présagé. Sa chaise penchée, les pieds posés sur la table, il avait les mains croisées derrière sa nuque, et paraissait rêveur à regarder ainsi le plafond. - Passons au pourquoi de cette si gentille invitation, dit-il en gardant les yeux fixés sur une tâche d’humidité. La Légilimencie est un art dont vous n’avez aucune maîtrise, mais que vos facilités vous ont permis d’en prendre la conscience. Ne croyez pas qu’à mon départ, ce soir, vous puissiez ne serait-ce que savoir si un enfant vous ment, ou non. Il enleva ses pieds de la table, et se leva. Des questions avant que je commence une captivant dialogue théorique ?- Oui ; vous êtes vous-même légilimens ? - Si je ne l’étais pas, vous seriez attachée à un lit, brisée par la peur extrême qu’aurait pris plaisir à vous infliger Mönstrum, dit-il en faisant craquer son cou. - Ça me va, vous pouvez commencer. - Asseyez-vous donc sur votre tapis, vous y serez plus à l’aise. Elle obtempéra sans mot dire, et il fit de même face à elle, les deux genoux repliés contre son torse, le dos appuyé contre un carton. Un sorcier expérimenté est capable d’utilisé la Légilimencie de deux manières. Le choix de cette manière dépend du fait qu’il utilise ou non sa baguette magique. Lancer le sort directement sur la personne visé, vous permettra de fouiller dans les recoins de son esprit, élucider son passé, découvrir ses secrets. Cela demande une grande maîtrise et une certaine dextérité. Ce que je vais vous apprendre ne nécessite pas de baguette, mais c’est votre esprit, votre âme, qui sera votre épée. Sans l’usage d’une baguette, vous ne pourrez saisir que les pensées fugitives de votre vis-à-vis, prévoir ses sortilèges en combats, ou savoir s’il est honnête avec vous. Cependant, nous connaissons tout deux les dangers qu’encoure celui ose chercher en moi, je vais donc vous repoussez violemment à chacun de vos futurs essais, par pure précaution. Il se tue, et rajouta ; je n’aime pas tellement Mönstrum. Son sourire parut alors plus triste. Une voix dans sa tête lui répondit quelque chose, mais il ne l’écouta pas. - Mais nous n’en somme pas encore au point où vous pouvez tenter de saisir mes émotions. Pour l’instant, vous allez faire le calme en vous, fermez vos paupières. Il se leva, et elle lui obéit. Vous devez vider votre âme de vos sens. Il marcha en cercle autour d’elle, faisant craquer un à un ses doigts. Il plia ses jambes et se positionna derrière elle sur la pointe des pieds, les coudes posés sur ses genoux, parlant doucement, comme à un enfant. Ma voix n’est plus qu’un guide vers votre but réel. Condensez votre esprit, faites-en un souaffle que vous voudriez jeter le plus loin possible. Vous devez vous détacher du réel matériel. Il leva son coude et passa ses doigts le long de sa nuque. Faites abstraction du futile, allez à votre nouvel essentiel. Mes mots ne doivent plus être qu’une voix lointaine, écho et guide. Il passa sa main entre ses longs cheveux roses ondulés, les faisant glisser entre ses doigts, son nez frolant son oreille. Puis il se releva, et se repositionna devant elle, assit en tailleur, dans les yeux une lueur de défi. Maintenant, lisez-moi ! |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Sam 5 Jan - 15:00 | |
| Etonnamment, Sawyer était plus agréable que la dernière fois qu’ils s’étaient parlés et ne donnait pas encore l’impression dédaigneuse de quelqu’un envers qui on a une dette. Ils dînèrent en silence, plus par nécessité que par manque de sujet, Samaëlle se contentait de manger, évitant le regard de Sawyer. Enfin arrivèrent les choses sérieuses lorsqu’il aborda le sujet de la légimencie. La jeune femme écoutait avec attention ses moindres paroles, surveillaient ses faits et gestes mais jamais ne le fixait, comme si ses yeux pouvaient la perdre dans un néant néfaste. Il lui conseilla d’aller s’asseoir, elle s’exécuta, elle sentait qu’il ne faudrait pas marquer d’opposition à son nouveau mentor. Fermer les yeux lorsque un bonhomme tel que Sawyer se balade dans votre appartement n’a jamais été des plus rassurant mais la jeune femme abaissa ses paupières sans broncher. Elle ralenti sa respiration, comme elle l’avait appris quand elle faisait de la danse classique, sport demandant rigueur et discipline. Une bonne chose pour cette sauvageonne avait affirmé sa grand-mère. Elle sentait la présence du jeune homme qui tournait autour d’elle, ses pas feutrés, ses phalanges bruyantes. Ses sourcils frémirent lorsqu’elle senti le souffle chaud de Sawyer sur sa nuque, elle n’avait qu’une envie, le repousser et s’enfuir. Elle n’arrivait pas à se concentrer, sa présence lui imposait diverses réflexions intérieures. Sa voix douce et caressante ne faisait que l’inquiéter au lieu de l’apaiser. Elle entendait ses mots sans en saisir le sens et lorsqu’il lui fit face en la défiant, lorsqu’enfin elle plongea ses yeux dans le noir de ses pupilles, elle se sentit défaillir. Elle bascula en arrière et poussa un cri d’étonnement. Elle n’avait même pas senti de magie venir en elle. Le résultat était désastreux. Vexée et furieuse, elle se rassit, tournant la tête du côté opposé à Sawyer. Ce dernier se mit à rire. -Bon, ça risque de prendre du temps, hin hin. Il s’assit en tailleur à côté d’elle et sorti de sa poche des objets dont Samaëlle ignorait l’utilité. Ne s’occupant pas plus de lui, elle referma les yeux, avec la volonté de réussir.
Vous devez vider votre âme de vos sens.Samaëlle s’efforça d’oublier la présence de Sawyer, elle n’entendait plus sa respiration, ses geste court et précis n’avait plus d’échos dans sa tête. Condensez votre esprit, faites-en un souaffle que vous voudriez jeter le plus loin possible.Elle comprenait de quoi il voulait parler, après tout, elle l’avait déjà fait seule. Evidemment, elle ne savait pas comment s’y prendre car ce phénomène, elle ne l’avait jamais maîtrisé, elle en avait toujours été l’esclave.
Vous devez vous détacher du réel matériel.Au moment où elle se remémorait cette phrase du discours de Sawyer, elle perçut un bruit qui lui sembla lointain. Un bruit qui lui glaça les os, un bruit qu’elle redoutait par dessus tout. Elle ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux et s’assurer que ce n’était qu’un effet de son imagination. Malheureusement, l’objet de sa pire phobie était là, devant elle, dans la main d’un jeune homme qui ne se rendait encore compte de rien. Sawyer alluma ce qui ressemblait à une cigarette, tranquillement. Il joua quelques secondes avec son briquet avant de l’éteindre. Samaëlle ne lui laissa pas le temps de le ranger dans sa veste, elle lui donna un violent coup dans la main, envoyant l’objet de torture valser quelques mètres plus loin. L’image de la petite flamme dansait devant ses yeux qui exprimait désormais la terreur. Elle se recroquevilla sur elle-même, ressemblant à un animal traqué. Les genoux contre son torse, les mains contre son crâne, elle retenait du bout des lèvres ses cris qui se transformaient alors en gémissements. Elle se balançait d’avant en arrière, une violente douleur à la tête l’empêchant de voir et de réfléchir. A présent elle était dans l’état dans lequel avait voulu l’entraîner Sawyer au début de l’entraînement. Dans un sursaut de lucidité, Samaëlle agrippa la manche de l’homme et le fixa, les yeux larmoyants qui lançaient des appels au secours. Alors seulement elle sentit son esprit se détacher d’elle et se propulser vers le crâne de son équipier. _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Dim 6 Jan - 20:10 | |
| Sawyer fut surpris de la réaction imprévisible de Samaëlle. Est-ce que c’était parce qu’il ne pouvait pas fumer chez elle ou… Non, sa réaction n’était pas celle d’une militante anti-tabac. Il n’eut pas le temps de balancer une phrase mesquine ou de réagir, que déjà elle agissait drôlement. Il ne put savoir si c’était son joint ou la jeune femme, mais la chose dans son regard arrivait presque à l’émouvoir. Il sentit qu’on lui agrippait la manche quand Samaëlle arriva pour la première fois à tenter de lire son esprit. D’un geste sec, il l’a fit le lâcher, et renvoya l’attaque mentale avec violence. Le choc avait dû avoir une répercussion sur Samaëlle, car elle eut un hoquet de surprise, avant de se remettre à pleurer. Il se mit debout, et l’observa, une main dans la poche. Elle avait deux sillions humides qui coulaient du coin de ses yeux. Il se tut, portant sa « cigarette » à ses lèvres, et aspira la fumée blanchâtre. Ses yeux fouillaient le visage tourmenté de Samaëlle, et son esprit perçait sans préliminaire les bulles de pensées qui se formaient et qui montaient à la surface de l’esprit opposé. Une série d’images flashes se superposèrent à la vue de la jeune femme éplorée, et lorsqu’il en eut assez, il souffla un fin nuage par ses fines narines et se rapprocha d’elle. La drogue d’origine gobelin lui donnait des ailes, allégeait sa conscience d’être, et lorsqu’il posa un genoux face à elle, elle qui était totalement déboussolée, elle qui pleurait et qui tremblait, aucune pensée sarcastique ne lui vint à l’esprit. Il posa sa cigarette sur un carton, et écarta une mèche de cheveux roses qui se dandinait devant le visage de Samaëlle. Elle semblait à peine se calmer, visiblement encore sous le choc de ce qu’il commençait à deviner. Il soupira et s’assit à coté d’elle, le dos calé contre un autre gros carton. Il la saisit à l’épaule et la plaqua contre son torse, sa main caressant ses cheveux, la laissant pleurer contre lui. Ils restèrent quelques minutes ainsi, et lorsqu’elle laissa échapper un dernier soubresaut, il murmura : - Auriez vous peur des fantômes, mademoiselle Keyne ?- J'ai une tête à avoir peur des fantômes ? Elle lui sourit faiblement. Non, ceux-là ont cessé de me hanter il y a longtemps déjà. Il ne m'en reste que cette peur tenace du feu, de la moindre flammèche. Il me paralyse. Sawyer arrêta le mouvement de sa main et plongea son regard vers le fond vétuste de l’appartement. - Le passé est une source de craintes. Si vous n’avez plus peur des fantômes mais de leurs empreintes, alors ces mêmes traces peuvent vous rendre plus forte. Comme à chaque fois qu’il fumait, il lui semblait redevenir un peu humain. Des émotions qu’il ne reconnaissait plus refaisaient parfois surface, et son attitude changeait. Peur et puissance sont liés, car chacun amplifie l’autre, compléta-t-il, son sourire s’étant restreint à une petite moue du coin des lèvres. - La course au pouvoir, j'ai toujours trouvé cela extrêmement malsain mais je me rends compte maintenant que par la force des chose, je suis contrainte d'y participer. Elle se releva et lui tendit la main. Je t'offre un verre de scotch ? - Sûrement pas, l’alcool c’est très mauvais pour la santé, répondit-il, cocasse. Il se laissa relever et enchaîna ; sert moi en deux. Il leva son index et son majeur vers elle, avant de récupérer son joint qui se consumait discrètement. Il en inhala une nouvelle bouffé, et le proposa à Samaëlle. Un séjour au pays des songes ? - Sûrement pas, la drogue c'est très mauvais pour la santé. Elle pencha la tête sur sa gauche, sourit et accepta ce qu'il lui tendait. Pendant qu’elle fumait à son tour, il avala une grosse lampée de whisky, remplit de nouveau son verre, et alla s’allonger sur le tapis, le verre posé à coté de lui. - Ton tapis étant probablement la chose la plus agréable de ton appartement, toi mise à part, autant rêver allongés qu’assit. - Alors nous aurons besoin de ça. Elle prit la bouteille d'alcool et la brandit. Elle déplaça du pieds plusieurs cartons et s'installa à ses côtés. Tu fumes ce genre de chose depuis longtemps ? Elle lui rendit l’objet de leur discussion, et une main derrière la tête, il aspira longuement avant de répondre. - Peu de temps après mon accident. Il laissa la fumée s’échapper entre ses lèvres et partir rejoindre le plafond. J’aime l’effet que ça fait. - Quel genre d'accident peut donner l'envie de se détacher du monde ? Elle avala son verre d'une traite. Un bon nombre, je suppose. C'est la première fois que j'essaye... - Il ne donne pas l’envie, il t’en détache. Il finit son verre et jeta le mégot à l’intérieur. Je m’en voudrais de pervertir une nouvelle personne. Il se tue quelques secondes, puis rajouta ; j’ai bien peur que tu sois obligé d’utiliser ta phobie du feu pour apprendre la Légilimencie. - Je ne pense pas que l'on puisse appeler cela une perversion. Simplement une petite rechute vers un ténébreux paradis. Elle fixa tristement le clocher que l'on devinait de sa fenêtre. Si je me sers du feu, j'en resterai dépendante pour ma légimencie, et c'est ce que je cherche à combattre. - Sauf que, sans le feu, pas de Légilimencie. Tu dois l’utiliser pour la maîtriser, puis t’en débarrasser. Si tu ne peux pas vaincre tes propres peurs, tu ne seras jamais assez forte pour affronter le monde de demain. Samaëlle se redressa, s'assit et posa son menton sur ses genoux. - Je ne peux pas le faire. Pas toute seule. Elle tourna son regard vers Sawyer ; il n'avait plus rien de suppliant, mais juste une petite lueur de détermination l'illuminait. Avec ton aide, j'y arriverais. Et elle se resservit un verre, lui permettant ainsi de cacher la rougeur de ses joues au jeune homme. Les lèvres de Sawyer s’étirèrent, laissant apparaître un sourire amusé, les mains encore posées en oreiller sous sa nuque. - Tu me demandes beaucoup ces derniers temps, mais je dois avouer que tes manières s’améliorent. À quoi aurai-je droit cette fois ? Un bisou sur la joue ? L'alcool semblait faire effet sur Samaëlle, car elle se libérait de ses manières froides et distantes. Elle lui donna un coup dans la jambe du bout du pied, et lui répondit en riant. - Un bisou suffirait ? - Certainement pas, je ne suis pas homme à me contenter de peu. - Je ne voudrais pas te laisser insatisfait, mieux vaut détourner tes regards de ma personne. As-tu des propositions pour l'entraînement ou mon défi te parait-il impossible ? - Faire d’une novice une légiliment moyenne, c’est de mon ressort. Mais ce n’est pas mes inestimables talents qui est à remettre en question, plus la manière de les motiver. Je peux vraiment avoir qu’un bisou ? demanda-t-il le visage faussement larmoyant. - Moyenne ? Elle ouvrit grand la bouche, faussement choquée. Je veux devenir la meilleure !... Après toi, bien sur. Elle fit semblant de réfléchir. Un bisou et un café bien corsé ? - « La course au pouvoir, j'ai toujours trouvé cela extrêmement malsain », cita-t-il essayant d’imiter le ton de Samaëlle. Il rit doucement, puis se releva quelque peu. Va pour le café, on verra pour le bisou plus tard. Samaëlle, la mine boudeuse, lui répondit ; - J'attends juste qu'un grand magicien engendre un autre grand magicien, n'est-ce pas légitime ? Elle lui adressa un sourire angélique avant de se rendre devant sa cafetière. Elle fit le café, qu’elle posa à coté de Sawyer, avant de s’asseoir en tailleur face à lui. - Ce que je vais faire va t’être des plus désagréables. Il sortit le briquet de sa poche. Je vais allumer la flamme devant toi, et il va se passer ce qu’il va se passer. Tu vas devoir surpasser ta crise pour percevoir comment ton esprit s’y prend pour tenter de lire le mien. Je te guiderai par ma voix et par mon âme.Et d’un coup sec du pouce, il fit jouer la pierre de son briquet. |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Jeu 10 Jan - 22:33 | |
| L’esprit de Samaëlle, des plus brumeux, envisagea de loin le geste que Sawyer allait faire. Elle savait qu’il le ferait, elle ne le voulait pas mais elle ne réagit pas. Sitôt la flamme vacillante apparue, elle tomba en arrière et des spasmes vinrent lui secouer le corps. Cependant, ils paraissaient moins violents, plus espacés. Ses souvenirs s’embrouillaient, sa confusion sûrement due à l’alcool et à la drogue consommées l’apaisait. Bientôt elle put se relever et se rasseoir en face de Sawyer. Ses mains tremblaient, dernier signes de son trouble intérieur. La deuxième évolution notable était sa capacité à s’exprimer. Bien qu’elle soit en plein cauchemar psychédélique, sa voix pâteuse s’éleva : - Je suis prête, allons-y.Elle ferma ses paupières un dixième de seconde, inspira profondément et rouvrit les yeux avec force. Enfin elle sentait son esprit maîtrisé, sa force contenue et son âme se manifester. Malheureusement, la vue de Samaëlle n’était pas des meilleurs à ce moment de la soirée et elle n’arrivait pas à se concentrer sur un des deux Sawyer qui se mouvaient devant elle, l’air goguenard. Elle hésita un instant à le gronder pour le tour qu’il lui jouait mais se retint à temps, dans un éclair de lucidité. Elle perdit le fil de son action et sa sonde légimentique s’évapora dans les airs aussi furtivement qu’elle avait été crée. Honteuse, elle se tint la tête quelques instants, la flamme avait disparu depuis longtemps déjà, mais son mal de crâne persistait. Elle s’excusa et s’absenta quelques instants dans sa salle de bain pour se rafraîchir le visage. Elle se regarda dans la glace et se dévisagea. Que se cachait-il derrière ce front volontaire, ces sourcils bien souvent froncés, cette bouche déshabituée à sourire, ce nez droit et ses pommettes rosies par la boisson ? Y avait-il vraiment cette âme que s’évertuait à citer Sawyer ? Après sa jeunesse dépravée et sa conduite désintéressée par la suite, que pouvait-il rester de l’essence de son esprit ? Toutes ces tentatives et ces tortures aboutiraient-elles quelque part ? C’est découragée que Samaëlle réapparut dans le salon. Elle but une gorgée de café qu’elle faillit recracher, il était fort et son goût lui rappelait l’âpreté de sa condition mentale. Lasse, elle se rassit en face de l’homme auquel elle adressa un petit signe de tête, en signe de départ. Il replaça son briquet en face des yeux de la jeune femme. Elle frémit en attendant l’instant fatidique, suivant avec appréhension le lent mouvement du pouce de Sawyer. Lorsque vint l’étincelle, Samaëlle sursauta mais se força à fixer la source de chaleur et de lumière. Ce n’était plus de légimencie qu’il s’agissait, mais de prouver sa valeur au combat, une chasse aux démons obligatoire, un passage incontournable pour progresser. Devant ses yeux défilaient des images d’horreur. Elle pâlit mais tint bon. Elle revoyait un petit sentier à travers la forêt, deux personnes de dos, des formes qu’elle connaissait par cœur, des cheveux roussis et soudain deux visages, sereins. Samaëlle serra les poings, cette fois-ci elle devint verdâtre, comme si elle allait vomir. Des bras tendus, des sourires câlins et protecteurs. Des larmes coulèrent en abondance sur ses joues. Sawyer éteignit le briquet. Samaëlle se jeta sur lui, le prenant aux épaules et le secouant avec insistance. - Ramène-moi là-bas ! Ramène-moi auprès d’eux, s’il te plait ! Renvois-moi d'où je viens..._________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
|  | | Sawyer Dépressif

Nombre de messages: 351 Age: 26 Date d'inscription: 20/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Sam 12 Jan - 23:58 | |
| Les yeux de Sawyer exprimaient sa surprise, mais son visage restait froidement impassible malgré son sourire. Ses yeux fouillaient le regard presque hystérique de Samaëlle. D’un geste lent, il laissa tomber le briquet au sol, et lui prit ses deux mains. - Non, dit-il, le ton grave. Il ne faut pas… il ne faut pas s’enfermer dans le passé. On n’y croise que des fantômes, de maigres illusions. L’image de quatre adolescents riant, image qui l’avait si longtemps hanté, apparut dans un coin de son esprit. Elle se calma, mais son désir brûlait encore en elle, il ne lâchait pas cependant ses mains. Il attendit quelques secondes, et lorsque les larmes eurent cessé de s’écouler, il finit par les lâcher. Il expira, et l’air triste, essuya les sillons d’eau sur son visage. - Il n’y a rien qui t’attend là-bas. Ne commence pas à désirer l’impossible, ne devient pas esclave de tes souvenirs, ou tu ne seras jamais forte.Elle baissa les yeux, soudainement indécise et muette. Du doigt, il lui releva le menton, pour la forcer à le regarder. - Veux-tu toujours devenir plus forte ? chuchota-t-il. Elle hocha la tête, et dans un souffle qui fit virevolter l’espace d’un instant ses mèches roses, elle acquiesça. Il sentait que l’effet du tabac gobelin s’estompait avec le temps. Pour une raison qu’il ignorait, il n’avait pas envie d’être le Sawyer normal qu’il était d’habitude avec elle. La drogue le rendait plus humain, et il voulait le rester. - On va essayer une dernière fois, puis je vais te laisser.- Merci.- Je ne suis de toute façon plus très utile, tu as plus besoin de savoir gérer ta légilimencie que d’arriver à lire les esprits.Il saisit son briquet, et d’un mouvement sec, fit jaillir une flamme. Samaëlle avait les yeux rivés dessus, et sa détermination s’envola comme s’envolent les pétales du pissenlit sous le souffle du vent. Elle resta droite et stoïque cependant, comme si toute sa souffrance et sa volonté s’affrontaient dans un combat sans merci dans un coin reculé de son esprit. Sawyer eut un sourire victorieux, le progrès était stupéfiant. Puis soudain, le regard de la sorcière s’intensifia, et il sentit une nouvelle intrusion. Malhabile et maladroite, mais au moins semblait elle conscience de ce qu’elle faisait. Il renvoya son esprit avec la même douceur que le vent claque une porte. Immédiatement, elle expira avec force, avant d’allonger brutalement son dos sur le tapis, le souffle court. Sawyer éteignit le briquet et observa sa coéquipière, le visage caché par ses genoux. Une vive envie de se moquer lui traversa l’esprit, mais cette envie le quitta comme elle était venu. Mince, si l’on considérait que Mönstrum était une seconde personnalité, voilà qu’il fallait différencier deux Sawyer. Il se gratta le crâne, un peu embêté, et se releva pour voir le visage de Samaëlle. Un mélange de fatigue et de satisfaction était peint sur son visage. Sawyer eut un petit rire, et lui tendit sa main, afin de la relever. - Le plus gros est fait. Il lui montra son briquet et le posa sur un carton. Je te laisse ça. Je suppose que tu n’as rien capable de créer des flammes chez toi, ta baguette mise à part. Tu n’as plus qu’à t’entraîner à maîtriser tout ça sur ton tapis, sans y mettre le feu, hin hin.La sorcière hocha silencieusement de la tête pendant qu’il enfilait sa veste. Il se dirigea vers la porte qu’elle lui ouvrit. Lorsqu’il fut sur le point de s’en aller, il se retourna vers elle leva son index. - J’ai failli oublier ! s’indigna-t-il, avant de l’embrasser. Lorsque le baiser volé eut prit fin, il se recula d’un pas t la réprimanda. Tu as trop bu équipière numéro 6, on avait dit sur la joue ! Il lui fit un clin d’œil et dévala les marches des escaliers de l’immeuble, en sifflotant. |
|  | | Samaëlle Sorcière

Nombre de messages: 266 Age: 27 Localisation: Londres Emploi: Biologiste Date d'inscription: 21/10/2006
 | Sujet: Re: Une approche spéciale de la chose Dim 3 Fév - 18:08 | |
| Samaëlle ferma la porte doucement et resta appuyée contre le bois dur et abîmé. Cet homme était vraiment insondable, c’était le cas de le dire. Elle toucha ses lèvres, les yeux dans le vide. Elle n’aimait pas ses façons de faire et lui ne semblait pas l’apprécier non plus plus que de raison. Pourtant, il l’avait aidé, elle ne pouvait lui enlever cela. Elle finit par se redresser en levant les yeux au ciel et en soupirant, mais un léger sourire ne put s’empêcher de naître sur son visage. Elle retourna dans le salon pour continuer à ranger ses affaires. Elle n’avait toujours aucune certitude sur son avenir. Il était trop tard et elle était trop fatiguée pour continuer à s’endurcir contre les brûlures de son âme. Tard dans la soirée, Samaëlle retrouva le briquet de Sawyer qui avait glissé derrière une pile de cartons. Elle le fit tourner sur ses doigts, l’air pensive avant de le jeter en l’air, de le rattraper au vol et du même geste le glisser dans sa poche avec détermination. Ce serait son symbole pour lutter, un objet qui ne la quitterait plus et qu’elle rendrait à son propriétaire le moment venu. Elle alla finalement se changer pour se pelotonner dans son lit douillet, lit qu’elle n’aurait peut-être plus le lendemain. Ereintée, elle ferma les yeux, mais le sommeil ne vint pas. L’obscurité de l’appartement, le silence, l’éclat de la Lune qui perçait à travers les rideaux miteux, la soirée qu’elle venait de passer, tant d’éléments qui la poussait à la réflexion. La nostalgie peut-être la fit se remémorer les premiers temps dans son appartement. Elle l’avait déniché après avoir fait plus d’une dizaine d’agences immobilières. Le loyer pas trop cher, l’espace assez important, il lui avait tout de suite plût. En fait, tout ce qui lui permettait d’échapper au contrôle de sa grand-mère lui aurait paru le plus merveilleux des paradis. La situation géographique comptait peu puisqu’elle transplannerait pour aller travailler. Il lui avait fallut dix secondes pour signer et une journée pour emménager. Ca n’avait pas été du goût de tout le monde, la mère de sa mère trouvant toute cette agitation un peu précipitée, mais Samaëlle, voulant savourer les joies de l’indépendance le plus vite possible n’en fit guère de cas. Au début toutefois, l’environnement qu’était devenu le logement ne lui inspirait pas confiance, il était juste un point de chute après le travail pour dormir, mangeant à l’extérieur et étant rarement présente à Londres. Mais petit à petit, elle aménagea un laboratoire dans une partie du salon, changea la décoration et se mit à apprécier cet endroit. Sa chaleur la réchauffait les jours de pluie. Lorsque sa grand-mère avait décédé, Samaëlle s’était légèrement détaché de cet endroit qui auparavant lui permettait de s’éloigner de la dernière famille qui lui restait. La jeune femme était partagée entre quitter l’endroit et recommencer à zéro et ses sentiments envers le lieu qui l’avait accueilli et peut-être permis de devenir un peu plus adulte. En y repensant, cela faisait bien plusieurs mois que son côté boudeur n’était pas réapparu, alors qu’elle fréquentait plus de gens que par le passé. Son problème de mutisme aussi semblait s’effacer, ce petit côté réservé allait-il enfin s’émietter ? Fréquenter d’autres humains, au lieu de la dégouter finirait-il par l’adoucir ? Il y a six mois, passer une soirée avec Sawyer lui aurait paru invraisemblable et on aurait du la payer pour qu’elle accepte alors que là, c’est elle qui avait insisté pour qu’il vienne. Cet homme lui inspirait beaucoup de chose, mais cela n’avait jamais été de la confiance. La première fois, dans le bureau de Maugrey, elle l’avait trouvé bien impertinent. Par la suite, il avait aimé la provoquer mais il ne l’avait pas intéressé au point qu’elle lui réponde. Il était pour elle un être lunatique qui n’avait pour seul but dans la vie que s’amuser. La preuve n’en était-elle pas qu’il riait tout le temps ? Mais son rire sans joie vous glaçait plus vite le dos qu’il ne vous réchauffait le cœur. Elle aurait pu l’ignorer encore longtemps s’il ne s’était pas passé ce petit incident. Outre le fait qu’un grain de folie passager l’avait fait jouer avec le jeune homme, elle était entrée dans son esprit, elle ne savait pas précisément comment et pourquoi, mais elle l’avait fait et y avait découvert… les ténèbres. Une chose, innommable et monstrueuse qu’elle avait vainement essayé d’affronter avant de s’effondrer sous la douleur morale qu’il lui infligeait. Qui était ce Sawyer souriant, hôte déséquilibré d’une entité maléfique ? Il lui avait avoué n’avoir jamais vécu de tragédie, maintenant plus que jamais cela lui semblait risible. L’homme écorché avait laissé entrer en lui une maladie qui le rongeait de l’intérieur et qu’il semblait fuir, en la contenant dans une partie de son esprit. A quoi avait-il accès, depuis quand était-il là ? Les images de l’élève de Poudlard qu’elle avait vu lui laissait entendre que la blessure datait de plus de sept ans ou que ses souvenirs étaient partagés avec Monstrüm. Samaëlle se frotta le front avec le dos de sa main avant de la caler sous sa tête. Après tout, cela ne voulait rien dire, car Monstrüm avait aussi eu accès à ses souvenirs, à son passé, et à ses émotions. Il était bien plus dangereux qu’elle ne l’avait imaginé. Par bribes, les images de son immersion en Sawyer lui revint. Le monstre lui avait avoué faire partie du jeune homme et de contenir ses peurs et tout ce qu’il y a de négatifs et de douloureux chez l’humain. Une hypothèse traversa l’esprit de la jeune femme. Et si ? Et si tout ça n’était qu’une seule et unique personne qui aurait eu la capacité de se scinder ? Elle essaya d’imaginer le Sawyer qu’elle avait fréquenté ce soir avec une partie du caractère de Monstrüm. Terrifiant, ou juste humain ? Il avait cependant déjà apparu plus doux et attentif qu’à l’ordinaire tout à l’heure. Effet de la drogue ou affaiblissement des barrières ? Elle avait peur d’être à l’origine d’une quelconque déperdition chez Sawyer. Maintenant qu’il connaissait ses peurs et qu’il l’avait aidé, elle le trouvait moins désagréable, moins original, ça serait plus facile de faire équipe avec lui. Que ce caractère disparaisse soudainement pour laisser place à un homme impitoyable et assoiffé de pouvoir à cause d’elle, cela lui donnait envie de vomir, elle se sentait sale. Le vent nocturne siffla au dehors et elle crut entendre le rire de hyène de Sawyer. Samaëlle imagina la scène sous un autre point de vue. Si la personne aux commandes du corps de n°1 n’était pas le bon ? Si Monstrüm était sa vraie identité, les années l’ayant transformé, exacerbé et rendu mauvais ? Si le désintéressé et indifférent Sawyer n’était qu’un usurpateur gardant le contrôle et luttant contre la véritable personnalité associée au corps fin et élégant de Cuthbert ? De qui finalement fallait-il se méfier ? La brûlure de voir ses parents incendiés lui fit entendre raison. Non, non Monstrüm ne pouvait, ne devait pas être le légitime esprit du sorcier. Samaëlle se massa les tempes et se retourna dans son lit, cet homme lui donnait décidemment souvent mal à la tête ! Elle décida d’arrêter de penser à lui, il fallait qu’elle dorme, demain apporterait son lot de bonnes ou mauvaises nouvelles. Avant de sombrer dans le sommeil, elle souhaita bonne chance à la jeune femme éprise du plus compliqué des bonhommes. _________________ Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. |
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