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Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Complexification [16] Lun 3 Déc - 21:02 | |
| Phalange IV : 16 La colère explosa comme un volcan qui entre en éruption, la fumée, arrivée à son paroxysme, enfumait et obstruait complètement la vue. Il n’existait plus rien d’autre que ce point, loin à l’horizon, que l’on essaye d’atteindre, la dernière chose que la fumée nous permet de distinguer derrière son opaque rideau. De rage, il donna un grand coup de poing dans l’une des barres de fer qui l’empêchait de passer. Il sentit ses phalanges craquer sous le choc et les os de son poignet se briser. Pourtant, dans l’état où il se trouvait à présent, la douleur qu’il aurait dû ressentir ne lui faisait pas plus d’effet qu’une piqûre d’insecte. Il regarda les gouttes de sang s’écouler de la blessure avant de terminer sur le sol terne de la petite cellule dans laquelle il était enfermé. Il tourna en rond, essuyant sa main sur sa chemise froissée déjà couverte d’un sang qui n’était pas le sien. Son cou ne cessait de trembler, faisant osciller sa tête vers la gauche avant qu’il ne la ramène rageusement en position normale comme si fixer ses pieds qui martelaient le sol à chacun de ses pas était devenu sa principale et plus importante préoccupation. - Vous avez besoin d’aide ?Il fit volte-face si violement qu’il faillit en perdre l’équilibre, ses pupilles de feu luire un instant dans la pénombre de la cellule, méfiants. Puis il reconnut l’homme qui se tenait debout à une distance raisonnable de la cellule, hors d’atteinte. Il portait un vieux manteau beige sur ses habits de sorciers et ses cheveux blonds étaient attachés en queue de cheval au-dessus de sa nuque. Une légère cicatrice lui barrait la tempe droite prolongée par une mèche de cheveux blancs. Jean Delacroix se précipita vers lui et agrippa, les barreaux, collant son front contre deux d’entre eux comme s’il espérait que sa tête passerait à travers. Un sourire mauvais lui découvrit les dents. Kyle Nathaniel, le sous-fifre de Joanne qu’il avait soumis au sortilège de l’Imperium était venu pour le libérer. Sa colère s’estompa légèrement mais il serrait les barreaux si fort que ses jointures étaient devenues blanchâtres et sa main blessée tremblait convulsivement. - Libère-moi, lui aboya-t-il. Le jeune auror esquissa un mouvement en avant mais s’arrêta net, comme s’il jouait un numéro de mime. Puis, il éclata de rire en se reculant. - Qu’est-ce que tu attends ? Je t’ai donné un ordre.- Je ne peux pas.Il y avait quelque chose de froid dans la voix de l’auror. Un ton que le Comte n’appréciait pas du tout. Il plissa les yeux jusqu’à ce que ses pupilles ne soient plus que deux points rouges. Sa mâchoire se contracta et il resserra, si cela était encore possible, sa prise sur les barreaux. - Ouvre, dit-il dans ce qui ressemblait plus à un sifflement qu’à un véritable mot. - Non.La réponse lui fit l’effet d’un boulet de canon à tel point qu’il en lâcha les barreaux et recula de plusieurs pas jusqu’à ce que ses jambes rencontrent la plaque qui lui servait de lit et qu’il s’asseye durement dessus. Son teint avait prit une teinte livide, toute trace de colère était effacée. Comment… - Comment vous… ? Pourquoi ? Je… - Jean Delacroix vous êtes vraiment pitoyable ! Et dire que vous ne vous en êtes même pas aperçu depuis tout ce temps.Le Comte déglutit avec peine. Le changement de comportement était si frappant. - Que voulez vous dire ?Ce fut au tour de l’auror d’afficher un sourire carnassier. - Kyle Nathaniel, Comte. Ca saute aux yeux pourtant.- Je vois. Vous ne figurez pas dans la liste que je connais. Vous n’êtes pas encore éveillé.Le sourire de Nathaniel s’élargit. - Pourtant je ne comprends pas. Vous êtes censé nous tuer. Pourquoi n’avoir rien fait pendant tout ce temps.- Kh ! Notre but n’est pas de vous éliminer parce que vous êtes sorciers, j’en suis moi-même un. Non, nous voulons renverser la branche dominante des Bélial pour asseoir un Shaitan ou Lucifer sur le trône.- Je croyais que les Frères de Sang étaient inséparables et qu’ils ne faisaient pas la guerre entre eux.Bien sûr le Comte savait que c’était complètement faux. Il connaissait l’histoire des Traîtres Samaël et Azraël. Savoir que l’un d’eux avait engendré Nathaniel n’était pas réjouissant à savoir. Combien d’autres rejetons putrides de ces deux là pouvaient bien grouiller dans l’obscurité ? Nathaniel reprit ses explications sur un ton dogmatique, sûrement un discours qu’on lui avait implanté dès la naissance. - Depuis trop longtemps les deux branches collatérales sont dominées par l’oppression de la dominante sous l’égide du Père. Nous ne ferons couler que le sang nécessaire. Les Bélial dangereux qui pourraient reprendre le titre de Père après la mort de Vaan. C’est pour ça que je vous surveille, que je suis devenu auror.C’était bien joué mais le Comte n’avait nulle envie de prendre la place de Vaan au sein de sa communauté de barjos. - Vous devez être contents alors. Le pouvoir de Joanne est quasiment inexistant et moi je suis ici, à croupir en prison. Vos « branches » vont pouvoir faire ce qui leur plait. Nathaniel s’approcha alors des barreaux, les yeux agrandis, les dents découvertes et les sourcils levés si haut qu’ils étaient presque au milieu du front. - Non, non, cher Comte ! Il y en a un autre.Jean Delacroix sentit un nœud se former au creux de son estomac et sa colère revenir au pas de charge. - Je ne vois pas ce que vous voulez dire, fit-il d’un ton péremptoire. - Mais bien sûr que si ! A Poudlard, lorsque vous m’avez eu par surprise, je l’ai vue. Celle qui s’appelle Ael Johns, la petite voleuse. Vous l'avez clairement identifiée devant moi. Elle, elle reste dangereuse pour nous.Le Comte se releva de la banquette et se rapprocha pour faire face à son interlocuteur. Leurs yeux se rencontrèrent et il y eut comme un éclair entre eux. Les derniers morceaux du puzzle se mettaient en place. Une sueur froide lui coula le long du dos. - Ne touchez pas à ma sœur.Il tenta d’agripper le col de l’auror mais celui-ci se recula précipitamment, s’emmêlant dans son manteau. Son sourire avait disparu. - Ne vous inquiétez pas, je ne toucherai pas à votre sœur cadette tant que je ne me serais éveillé.- Qui allez vous… ?Jean s’arrêta il connaissait déjà la réponse. - Mais l’homme avec qui vous avez échoué voyons. Nous n’avons peut-être pas les mêmes vues mais si je suis ici au Ministère c’est pour faire mon travail. Après je n'aurai qu'à prétendre que j'étais sous votre emprise à cause du sortilège d'Impérium pour être blanc comme neige.- Sale petite vermine répugnante, sang de bourbe, traître et excrément de scroutt-à-pétard ! Quand je sortirai d’ici…- Allons Comte, insultez moi tant que vous le voulez mais jamais plus vous ne verrez la lumière. Vous pourrirez ici jusqu’à votre mise à Mort. Tout ce que vous pouvez espérer c’est que Johns s’est terrée dans le trou le plus profond qu’elle aura pu trouver car lorsque je la trouverai, je la saignerai à blanc.Jean se remit à frapper les barreaux des poings, sa blessure qui s’était arrêtée de saigner déversa à nouveau un flot de liquide rouge. Son visage était déformé par la haine, il se débattait pour sortir mais les barres de fer ensorcelées ne bougeaient pas d’un iota. Même dix hommes n’auraient pas pu les plier. Il était trahi de toute part. Il y avait d’abord Vaan puis Maugrey et ensuite venait sa sœur Joanne à laquelle il ne voulait pas penser et maintenant même cet imbécile, ce rat, s’y mettait. Nathaniel lui lança un dernier sourire avant de détourner. - Où allez vous ? rugit le Comte hors de lui. Revenez !Nathaniel regarda par-dessus son épaule. - Regardez bien mon dos, Comte, c’est la dernière fois que vous le verrez.Et l’auror aux cheveux blonds s’en alla. Jean le suivit des yeux en lui criant de revenir. Nathaniel bifurqua à droite dans le corridor et disparut. Ce jour là personne ne put travailler au Ministère de la Magie car malgré tous les sortilèges d’assurdito que put lancer le personnel de la maintenance, les hurlements du prisonnier de la cellule numéro 5 raisonnèrent les couloirs jusqu’à très tard dans la nuit.
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|  | | Jean Delacroix Cramé

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 | Sujet: Re: Complexification [16] Sam 15 Déc - 14:30 | |
| Il avait fallut l’attacher. La colère qui grondait en lui était telle qu’une folie autodestructrice l’avait atteinte. Il hurlait à longueur de journées. Aucun sortilège n’arrivait à altérer sa voix, que se soit ceux d’asurdito ou n’importe quel autre. C’était une bête qui criait son indignation et sa hargne. La faim l’avait poussé à s’attaquer à lui-même. On l’avait ligoté à son lit après qu’il se soit arraché des lambeaux de peau de son visage. Les blessures commençaient déjà à cicatriser et il avait recommencé à s’écorcher vif après avoir cassé un à un les câbles magiques qui le retenait. Les aurors avaient dû lui mettre une camisole enchantée. A chaque fois qu’il se débattait elle se resserrait sur lui. Il s’était alors rabattu sur les murs en se jetant violement dessus. Les médicomages étaient déjà venus trois fois pour lui faire repousser les dents et redresser le nez qui s’étaient brisés sous les impacts. Il avait encore fallut le rattaché avec plus de câbles, des sortilèges plus puissants et une bonne dose de potion tranquillisante. Pour finir il avait tenté d’avaler sa langue et on avait dû lui mettre une palette dans la bouche pour l’empêcher de le faire. Complètement immobilisé, dans un état comateux, il alternait entre la conscience et l’inconscience. - Tu es pathétique mon fils.Il le voyait de l’autre côté des barreaux, souriant d’un air suffisant mais ses yeux n’affichant que du dégoût. Vaan D. Bélial le narguait encore. Jean écarquilla les yeux, sa colère laissant pendant une seconde place à la surprise. Qu’est-ce qu’il foutait ici celui-là ? Il n’était pas encore mort ? - T’es une vision c’est ça ?Vaan se mit à rire et d’un pas il traversa les barreaux de la cellule comme s’il s’agissait d’une simple illusion. Il s’approcha de son fils et Jean recommença à se débattre. - Ne me touche pas !- Kkk !Il s’assit sur la mince couchette sur laquelle reposait le corps de Jean et se pencha sur lui. Il portait ses habits habituels, sa grande cape blanche frottant sur le sol poussiéreux et son manteau d’un autre âge toujours aussi propre. Il portait cependant une écharpe enroulée autour de son cou, là où, Jean le savait, se trouvaient les énormes cicatrices qu’il lui avait infligées lors de leur dernière rencontre. - Ne t’approche pas !Leur visage se touchait presque. Vaan leva alors sa main gantée. Le gant de Serdaigle. Il descendit lentement sa main vers le visage de Jean, deux doigts en avant. Lorsque ses doigts entrèrent en contact avec les pupilles de Jean celui-ci sentit comme une brûlure. Il hurla de douleur, se tortillant autant qu’il le pouvait mais rien n’y faisait, les cordes de cédèrent pas. Vaan appuyait de plus en plus fort. Jean sentit ses yeux exploser sous ses paupières. Une douleur inimaginable explosa dans son cerveau. Il se cabra et voulut crier mais sa voix n’était pas assez forte pour exprimer une telle douleur. Il sentit son esprit sombrer dans le néant. Il se réveilla en sursaut après ce qui lui semblait être une éternité. Il ouvrit les yeux et contempla le plafond. Il cligna plusieurs fois des yeux et l’image du plafond gris clignota de même. Sa respiration saccadée se calma peu à peu. Un rêve. Ce n’était qu’un rêve. Vaan ne pourrait plus l’atteindre plus jamais. - Tu le crois vraiment ver de terre ?Vaan se trouvait au fond de la cellule, dans l’ombre ses yeux brillaient d’une lueur sinistre. - Qu’est-ce que tu m’as fait ?Jean avait du mal à articuler à cause de la palette qui lui empêchait de bouger la langue. - Moi ? Rien. Vaan leva la main. C’est ce gant.- Quoi ?- Il voulait te remercier pour lui avoir donner mon corps. Je ne peux pas mourir de vieillesse mais tu m’as tellement affaibli la dernière fois que la chose dans ce gant a presque complètement pris possession de moi.Jean ne comprenait pas. Certes le gant avait des propriétés magiques incontestables mais de là à maintenir une personne censée être morte en vie. - Qu’est-ce que tu racontes ? C’est n’importe quoi.- Jean. N’oublie pas que tout ceci est de ta faute. Le Seigneur des Ténèbres prend lentement possession de mon moi. Mais après tout c’est ce que tes ascendants ont toujours voulu non ? Voir triompher le Lord des Ténèbres.- Hein ? Les Delacroix ont été assassiné par le Seigneur des Ténèbres au tout début de la guerre. C’est impossible.A nouveau Vaan se mit à rire. - Décidemment tu ne vois rien, pauvre microbe. Regarde, regarde bien qui les a tous tué en n’épargnant que ta mère. Regarde grâce au pouvoir que cet Horcruxe m’a conféré.La nuit s’abattit à nouveau et le rideau tomba, révélant la cruelle et douloureuse vérité. C'était Maugrey. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

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 | Sujet: Re: Complexification [16] Jeu 27 Déc - 20:42 | |
| Il faisait froid dans la petite rue déserte. Jean resserra un peu plus son écharpe autour de son cou, tremblant. Ne sachant ni où il était ni comment il avait atterrit ici il regarda autour de lui. Tout y était décoloré, comme un souvenir de la Pensine, mais le froid qui lui brûlait les côtes n’avait rien d’irréel, lui. Que se passait-il ? Alors qu’il allait appeler à l’aide deux silhouettes portant toutes deux un capuchon rabattu sur la tête s’avancèrent vers lui. La première était grande et svelte, dans les un mètre quatre-vingts, l’autre plus trapue et petit suivait la première d’un pas légèrement hésitant. Elles semblaient se disputer tout en marchant. Jean alla à leur rencontre, s’arrêtant à quelques pas d’elles. Les deux silhouettes ne semblèrent pas le remarquer et continuèrent leur chemin droit devant elles. - Excusez-moi où sommes…Les deux ombres encapuchonnées traversèrent Jean comme s’il était un fantôme. Or celui-ci ressentit une étrange sensation de brûlure lorsque leurs trois corps fusionnèrent durant une fraction de seconde. Que venait-il de se passer ? Le Comte ne parvenait pas à comprendre et les deux ombres continuaient leur discussion, inconscientes qu’elles venaient de le transpercer. L’une d’elle, la plus petite, éleva soudainement la voix : - Je ne suis pas certain que se soit la bonne solution !C’était une voix de jeune homme, Jean lui aurait donné vingt ans tout au plus. Le plus grand des deux hommes se pencha alors et à la lumière de la lune qui venait de sortir de derrière un gros nuage noir Jean pu voir les traits de son visage. Une boule se forma au creux de son estomac et il eut envie de vomir. C’était son père. Vaan eut pale sourire sous sa capuche, sa peau diaphane luisant légèrement sous la lumière de la lune. Ses yeux étaient cachés sous la capuche mais il n’y avait aucun doute là dessus, c’était bien lui, quelques mèches de cheveux blancs pendaient en dessous de la capuche. - Allons, mon ami sorcier. Ne me dites pas que vous êtes passé du côté du petit Lord ?- N… Non, ce n’est pas ça. Mais faire ça à tous ces gens… La famille…Vaan se redressa et posa une main amicale sur l’épaule du sorcier comme pour le réconforter. - Cela me chagrine beaucoup moi aussi mais il n’y a point d’autre choix. Il fit une courte pause. La clé du secret, donnez-la moi si vous ne voulez pas venir.- Pardon ?- N’êtes vous pas l’auror chargé de leur sécurité ? Celui que l’on nomme le gardien du secret et vous voulez me faire croire que vous n'avez pas de clé ?L’auror éclata de rire. C’était plus un rire nerveux qu’un rire d’ailleurs. - Chez les sorciers ça ne marche pas comme ça. Et puis… Je ne suis plus certain que cela soit une bonne idée.- Mon cher Alastor, le nom résonna comme un coup de poignard dans la tête de Jean, sache qu’il est trop tard. Olga Delacroix a dissimulé les preuves sur l’assassinat des Jedusor. Nous savons tous les deux que ce n’est pas Gaunt qui les a tués. Par cela même la famille des Delacroix a clairement prit parti contre votre Ministère de la Magie, non ?Jean s’approcha de plus près, les deux hommes s’étaient enfin arrêtés et se regardaient dans les yeux. Le Comte fut frappé par la jeunesse qu’affichait le visage de Maugrey. Le plus bizarre c’était de voir qu’il avait encore ses deux yeux normaux d’un bleu pétillant et qu’aucune cicatrice ne barrait encore son visage. Ce qui était en train de se passer sous ses yeux se déroulait plus de cinquante ans en arrière, à l’époque où Maugrey était un jeune auror fraîchement sorti de l’académie. Jean parvenait à peine à croire ce qu’il voyait et plus il entendait moins il comprenait. - Je sais mais tous les exterminer me semble exagéré, non ? Nous pourrions les confondre devant le Ministre et les faire arrêtés.- Nous n’avons pas de preuves légales, Alastor. La famille Delacroix jouit de surcroît d’un grand prestige dans votre monde, non ? Tu veux qu’ils s’en tirent comme les Malefoy ? Avec une simple mise en garde pour usage d’un sort impardonnable ?Vaan secoua la tête et reprit sa marche, traversant une rue il s’arrêta de l’autre côté et fit un signe de la main à Maugrey. - Alors ?Maugrey resta silencieux mais suivit son compagnon, Jean sur les talons. Les pièce du puzzle étaient trop emmêlées pour qu’il comprenne tout à fait les conséquences de cette discussion mais à chacun des pas de Vaan qui raisonnait dans la rue il avait l’impression que son cœur s’effritait morceau par morceau jusqu’à n’être plus qu’un petit tas en bouillie. Le décor changea alors. Il eut l’impression de décoller une fraction de seconde pour redescendre plus loin, devant le grillage qui entourait une grande maison perchée sur une petite colline. Le Comte déglutit péniblement. Il reconnaissait les lieux maintenant. Il se trouvait devant le vieux manoir des Delacroix. Il était beaucoup plus beau que maintenant. Tous les murs étaient encore debout et c’est ce qui était le plus impressionnant. Chose étrange, il y avait de la lumière qui filtrait par les fenêtres. Jamais il n’aurait pensé pouvoir voir un jour l’ancienne demeure familiale en si bon état. Sa joie momentanée fut vite douchée à l’eau froide lorsqu’il vit à nouveau les deux silhouettes qui marchaient vers lui. Même de si loin elles étaient clairement audibles, la dispute entre les deux hommes semblait avoir empiré. - Mais et les enfants ?- Quoi les enfants ? Si on tue leurs parents ils voudront les venger, pourquoi attendre qu’ils deviennent grands pour qu’on puisse les tuer ?Maugrey, malgré sa petite taille, empoigna Vaan par le col et le plaqua contre le grillage. Au loin un chien se mit à aboyer. - Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous n’éprouvez aucune compassion, vous n’êtes pas humain !- En effet je ne le suis pas, déclara Vaan en se débarrassant d’une pichenette de la main de Maugrey. Laisse-moi t’apprendre une bonne chose, il vaut mieux se débarrasser de ses ennemis avant qu’ils ne se débarrassent de toi. N'oublie jamais : une vigilance constante est mère de sûreté.Vaan se tourna vers le manoir et posa ses mains sur ses hanches. - Alors gardien du secret. Fait ton boulot et laisse moi entrer. Il écarta les bras comme s’il voulait embrasser le ciel et la maison en face de lui. Ce soir nous dînerons de chair fraîche, mes enfants !Emergeant de nulle part trois nouvelles silhouettes apparurent. Jean se sentit à nouveau aspiré et plongea dans le noir. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

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 | Sujet: Re: Complexification [16] Dim 30 Déc - 21:40 | |
| Lorsqu’il revint à lui, le décor avait à nouveau changé. Il se trouvait dans une pièce qui ressemblait fortement à un salon. Très cosy, un feu ronflait dans la cheminée, deux vieux fauteuils semblaient n’attendre que quelqu’un qui veuille bien s’y asseoir pour bénéficier de la douce chaleur. Au milieu, trônait une longue table sculptée recouverte par une nappe fine et légère qui changeait de coloris lorsqu’on la regardait d’un angle différent. Les murs étaient quant à eux presque tous recouvert par des portraits de sorciers et de sorcières disparus depuis bien longtemps et dont seul ces chefs d’œuvre en témoignait l’existence. Enfin, dans le coin le plus lumineux de la salle, une imposante croix trônait, clouée au mur, juste au-dessus du siège situé en bout de table. Jean sut immédiatement qu’il était chez lui. Enfin, ce qui aurait pu être chez lui si sa famille n’avait pas complètement disparue après la purge de Lord Voldemort. Mais, plus il réfléchissait, moins ce qu’il pensait être la réalité semblait maintenant faux, comme un vieux mensonge effrayant que l’on raconte aux enfants pour les effrayer et les empêcher de poser trop de questions. Plus Jean avançait dans les souvenirs que voulait lui montrer Vaan, plus celui-ci comprenait à quel point il s’était trompé durant toutes ses années. Ce n’était pas Voldemort le fautif. Ce n’était pas Voldemort qui l’avait empêché d’avoir grands-parents, oncles et tantes. Non, depuis le début tout était de la faute de Maugrey. Jean lui en avait voulu pour sa trahison. L’avoir conduit dans la gueule des Frères de Sang passait encore. Mais ça… Une haine sans nom commença à lui broyer les boyaux, lui révulser les lèvres pour en vomir les trippes. Toutes la colère, la rancœur combinées qu’il avait pu ressentir pour Seth, Kyle ou Vaan n’étaient rien comparées à ce qu’il ressentait à présent. C’était comme si un ouragan avait tout emporté sur son passage, laissant tout à nu, sans voile ni masque. Rien que la cruelle et sanglante vérité. Il finissait à peine de vider le peu de chose qu’il avait dans son estomac quand les portes de bois à l’opposé du mur de la cheminée volèrent en éclat en une pluie d’échardes. Le Comte tenta d’éviter les plus gros morceaux mais ce fut un vain effort car le bois le traversa comme s’il n’était pas là, exactement comme l’avaient fait Maugrey et Vaan quelques instants plus tôt. En même temps que les portes s’ouvraient avec fracas, une énorme masse s’écroula sur la table, éjectant deux chaises au passage. Jean se rendit compte que l’énorme masse n’était autre que deux être humains entremêlés qui luttaient l’un contre l’autre. Ils basculèrent de la table et Jean entendit nettement un crack sonore lorsque la tête de celui qui se trouvait dessous heurta violement un pied de la chaise, le paralysant en un instant. Celui qui était dessus se redressa alors et Jean pu observer les traits des deux combattants. Le premier, celui qui se tenait maintenant au-dessus de sa victime désarticulée, était sans conteste un Frère de Sang, probablement d’une ascendance très pure. En effet, celui-ci arborait un visage aussi blanc que la mort elle-même, ses cheveux d’une teinte argentée flottait gracieusement jusqu’à ses épaules. Ses yeux, eux, bien que rouges comme chaque SangDragon éveillé, recelaient néanmoins une légère touche dorée. Ils étaient si fixes et si intenses qu’on l’impression qu’ils pouvaient vous passer au rayon X en un seul instant. L’autre personne, Jean se rendit compte qu’il s’agissait en fait d’une femme, était couverte de sang. On devinait par endroit une chevelure brune mais la grosse majorité du crâne ensanglanté. Le fait qu’elle soit couverte par son propre sang rendait l’approximation de l’âge ardu. Le Comte estima qu’elle devait avoir entre trente et cinquante ans. C’était une Delacroix, il en était quasiment certain. - Ou est-il ? tonna une voix derrière Jean. Il se retourna et découvrit Vaan, planté au milieu des restes de la portes, les poings sur les hanches mais avec un air si détaché sur le visage que celui-ci semblait seulement prendre le thé. Il s’avança jusqu’à l’endroit où reposait la femme qu’avait abattu le Frère de Sang. Il la dévisagea sans exprimer la moindre émotion. Pour lui elle n’était même pas un animal blessé à l’agonie. Non, moins que cela, elle était seulement sa nourriture. - Est-elle morte, Azraël ? demanda-t-il alors au Frère de Sang. - Non, Père. Elle est seulement paralysée. Elle doit avoir les cervicales rompues, il ne lui reste plus beaucoup de temps.- Je n’en aurai guère besoin de plus.Vaan s’agenouilla et approcha son visage aussi lisse qu’une poupée de celui ravagé de la femme. Il parla alors d’une voix très douce, à peine murmurée à l’oreille de la femme que Jean du lui aussi se rapprocher pour entendre, à défaut de pouvoir agir dans ce monde. - Où se trouve-t-il, Olga ? Où se trouve votre fils ? Celui à qui nous devons en partie le triple meurtre des Jedusor ? Où se trouve Emerich ? Si vous me le dîtes maintenant, les souffrances de votre fils seront courtes et presque indolores. Si vous me forcez à me répéter, elles seront très longues et il vous maudira pendant le peu de vie qu’il lui restera pour ne pas m’avoir révélé où il se cachait dès le départ.Les paupières fermées d’Olga remuèrent mais restèrent clause. Ses lèvres remuèrent légèrement mais Jean n’arriva pas à entendre ce qu’elle disait. Lorsque ses lèvres cessèrent de bouger, Vaan leva la main, les doigts tendus et l’abaissa à la verticale au niveau de la poitrine. Il n’y eut pas un cri. Seulement un petit râle de gorge et fut tout. Vaan retira alors sa main des entrailles d’Olga. Il tenait dans celle-ci un petit morceau de viande qui pulsait, pulsait, pulsait, tentant encore d’irriguer les veines de son hôte mais sans se rendre compte qu’il en était définitivement séparé. - Vous vous gardez toujours le meilleur morceau, Père. Encore chaud et palpitant !Vaan adressa un petit sourire indulgent à celui qu’il avait appelé Azraël avant d’enfourner le cœur dans sa bouche et de l’engloutir dans d’horribles bruits de mastication. - Que vous a-t-elle dit alors ? interrogea Azraël. - D’aller me faire voir chez les hyppoquelques chose, pour rester poli. Je ne sais point ce dont il s’agit. Sûrement une amusante petite bête que seuls les magiciens connaissent. En tout cas son morveux va morfler à en conchier dans son froc, je te le garanti.Azraël hocha la tête d’un air entendu. Les deux hommes sortirent de la pièce et le décor s’évapora pour changer à nouveau. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

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 | Sujet: Re: Complexification [16] Lun 31 Déc - 0:15 | |
| Jean était à présent dans une espèce de soupente au plafond si bas qu’il était obligé de se baisser pour pouvoir y voir quelque chose sans quoi il se serait retrouvé la tête prise dans le bois. A l’inverse la pièce précédente, celle-ci était sombre et bien évidemment étroite. Cependant, son acuité de Frère de Sang s’étant considérablement développée durant le mois qu’il avait passé, enfermé dans les souterrains de l’ancien château du prince Vlad D. Tepes, il n’avait presque aucun mal à distinguer les visages de chacun des quatre êtres qui étaient recroquevillés dans le coin le plus sombre et le plus profond du grenier. Il y avait parmi eux deux hommes, l’un assez vieux, probablement Alfred le trisaïeul d’après la cicatrice qu’il portait à la mâchoire, l’autre était beaucoup plus jeune et beaucoup plus robuste. Il ne devait pas avoir plus de dix-huit ou vingt ans. Les deux autres se trouvaient être un elfe de maison dont le nez crochu rappelait vaguement celui de Hiémain l’elfe de Joanne avant que celui-ci ne soit complètement défiguré. Accroché à lui, comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée de chiffon, une toute petite fille minuscule sanglotait silencieusement. Elle devait avoir deux ou trois ans et Jean eut pincement au cœur en reconnaissant sa mère lorsqu’elle n’était qu’à peine plus qu’un bébé. Jean se souvenait d’avoir déjà vu ces mêmes joues rondes et ces mains potelées sur une vieille photo de famille à moitié brûlée où l’on voyait encore Alfred, la portant sur ses genoux ainsi que Marvilla et Mortius, les grands parents de Jean. C’était la seule photo qu’elle avait pu conserver. Des coups raisonnèrent juste sous l’endroit où il se trouvait. Il baissa les yeux et découvrit une trappe. Machinalement il se recula pour la laisser s’ouvrir mais les coups répétés ne la firent pas plus bouger que lorsqu’il était encore dessus. - Ouvrez ! fit une voix étouffée venant d’en dessous. Les quatre occupants du grenier se recroquevillèrent un peu plus sur eux-mêmes, comme s’ils étaient convaincus qu’à force de se faire tout petit ils allaient tout bonnement disparaître d’un coup. - Vous ne pouvez pas fuir ! Il y a des bornes anti transplannage installées dans tout le secteur. Rendez-vous ou vous allez souffrir plus que nécessaire. Comme le groupe de quatre restait silencieux, le tambourinage de la trappe reprit alors, plus violent que le premier mais toujours aussi inefficace. Une nouvelle voix se joignit alors à la première, ceux d’en dessous étaient en train de discuter entre eux. Jean, en tendant l’oreille parvint à reconnaître la voix du jeune Maugrey qui tentait de calmer le tumulte des autres. - Je vais m’en occuper ! … connais les formules… Poussez-vous ! Il y eut plusieurs bruits de pas et quelques grognements puis des marches grincèrent et le sol sembla s’illuminer à travers les interstices des lattes de bois. Finite Incantatem, Alhomora, toute la panoplie des contre sorts du parfait petit auror y passa. Maugrey en était à sa douzième tentative quand un déclic indiqua que la trappe venait enfin de céder, toute trace de sortilège effacée. Aussitôt, le jeune homme qui était resté dans le coin de la pièce avec sa famille et l’elfe de maison se redressa, du moins au temps que le plafond bas le lui permettait et sortit sa baguette, prêt à se défendre contre l’arrivée imminente de Maugrey, Vaan et des autres Frères de Sang. Jean trouva alors que le garçon lui ressemblait étrangement. Il comprit en un éclair qu’il s’agissait d’Emerich, le fils d’Olga, celui qui serait devenu son grand oncle s’il avait vécu. Jean avait vu Olga mourir avec un certain détachement car celle-ci était déjà mourante et méconnaissable sous les litres de sang coagulés sur la peau de son visage. Là, il avait devant lui quelqu’un qui lui ressemblait. Les mêmes yeux bleus, le même nez et on pouvait même y reconnaître une ressemblance frappante avec la forme de la mâchoire. C’est en s’identifiant à lui que Jean prit la pleine mesure de ce qu’il voyait. Il assister au massacre, pire, au génocide de la famille Delacroix. Dans un nouveau et vain effort de modifier par sa seule volonté le passé, il se jeta, les bras écartés, entre son parent et la trappe qui s’ouvrait à la volée, laissant fuser une multitude de sorts de toutes les couleurs qui traversait le corps du Comte comme si de rien était. Si Emerich était fort, il ne faisait cependant pas le poids face à celui qui deviendrait une légende vivante parmi les sorciers. Un éclair rouge frappa le garçon en pleine poitrine, lui faisant perdre sa baguette des mains. Plié en deux sous le choc, il n’eut pas le temps de voir l’ombre qui arrivait sur une lui à une vitesse surhumaine. En une fraction de seconde Emerich se retrouva plaqué au sol par un tout petit être difforme. C’était Michel dit le Nain. Le même que Jean avait côtoyé durant un mois dans les sous sol du château de Tepes. Celui qui lui avait appris à mieux contrôler ses aptitudes tout en essayant de l’endoctriner par sa vision des choses. Malheureusement pour Michel, Jean avait préféré le raccourcir encore d’une tête, juste après qu’il eut tranché la gorge de Vaan. Le revoir ici, menaçant son grand oncle révulsa une nouvel fois l’estomac de Jean. Par chance il n’y avait absolument plus rien dedans. Il dut donc se contenter de se mordre les lèvres jusqu’au sang pour s’empêcher de perdre la tête et de contempler une nouvelle fois le spectacle, complètement impuissant, tellement seul. Au moment où Michel allait planter ses crocs dans la tendre gorge du garçon Jean hurla et son cri sembla prendre écho dans le souvenir. Michel releva la tête et regarda vers lui, ses petits yeux n’étaient que deux fentes où l’on parvenait à peine à distinguer le rougeoiement de braise de ses pupilles. Jean crut tout d’abord que Michel l’avait véritablement entendu mais la voix douce derrière le lui détrompa immédiatement. - Ne soit pas si pressé, Michel. Ce jeune homme a quelque chose dont je voudrais bien m’emparer. Et puis j’ai promis à sa mère de le faire souffrir avant qu’il ne clamse.- Ne touchez pas à mon petit fils ! beugla une nouvelle voix. C’était le vieillard, Alfred Delacroix qui s’était à son tour mis sur ses pieds, laissant l’elfe et la fillette serrés l’un contre l’autre. - Ne le touchez pas ! répéta-t-il en levant la baguette qu’Emerich avait laissée tombé. Michel ricana pendant que les deux autres Frères qui accompagnaient Vaan allaient se planter de part à d’autre de ce dernier. Sur leur visage ne se lisait nulle peur, comme si la menace de la baguette pointée juste sous leur nez n’était que quantité négligeable. Maugrey se tenait derrière tout le groupe, une main plaquée sur sa joue d’où dégoutté quantité de sang d’une blessure causée par un sort d’Emerich, qui, pour un peu, aurait touché sa cible en pleine figure. - On peut le boulotter le vieux ? demanda le Frère à la gauche de Vaan. Jean reconnut celui-ci comme étant Raphaël grâce à la cicatrice qu’il avait sur le front. Michel lui avait beaucoup parlé de lui, le traitant de chienchien de Vaan et d’autres noms beaucoup moins jolis à prononcer, à écrire ou même à penser. Le Comte l’avait aussi aperçut une ou deux fois mais jamais il n’avait cherché à approfondir ses connaissances sur lui. Vaan haussa les épaules en réponse à la question de Raphaël. Peu importait les autres sorciers tant que celui qu’il était venu chercher vivrait. Raphaël et Azraël, courbés en deux à cause du plafond, commencèrent à se déplacer autour du vieux sorcier qui ne savait plus qui viser. Celui qui menaçait son petit-fils ? Ceux qui lui tournaient autour ? Ou bien se débarrasser de celui qui semblait être le chef. Le vieil homme n’eut qu’une seconde d’hésitation. Cependant, ce court laps de temps lui coûta la vie. Profitant de ce moment de faiblesse, Raphaël et Azraël sautèrent au même instant. Le corps maigre et fragile ne résista pas au poids des deux Frères de Sang cumulés. Le sorcier bascula en arrière et s’écrasa contre le plancher qui grinça sinistrement. Le dernier Delacroix capable de se battre venait de tomber. - Bien, reprit Vaan sur un ton détaché, écarte toi de là Michel, j’ai à discuter avec ce jouvenceau.Le Nain obtempéra sans broncher. Vaan posa alors un pied sur la gorge d’Emerich et appuya. Le jeune homme se débattit, tentant de repousser le pied de ses mains mais la force de Vaan surpassait de loin celle d’un humain normal fut-il sorcier. - Où est-il ?- Je… ne vois pas de quoi vous vous parlez… parvint à articuler Emerich.Vaan secoua la tête d’un air désolé. - Non, mon garçon, non. Où est-ce la chose que t’as remis Tom Elvis Jedusor avant de partir pour l’est ?- R… Rien du tout !- C’est très vilain de mentir ! La pression du pied de Vaan sembla s’accentuer. La tête de d’Emerich vira au violet. Jean ne pouvait que regarder, résigner à voir ce qu’il allait inévitablement se passer. - Alors, où est le cadeau de Tom pour les services rendus par ta famille ? Ou devrais-je dire le cadeau de Lord Voldemort ?- L… Le Seigneur Noir est plus puissant que vous… lorssssqu’il vous aura retrouvé… il vous tuera tous !Vaan éclata de rire en même temps que les trois autres SangDragon. Seul Maugrey était en retrait, comme un simple spectateur comme Jean. Or à l’inverse du Comte, le sorcier pouvait agir, lui, empêcher le meurtre qu’allait commettre Vaan… Et à la place Maugrey restait là, le regard baissé comme un écolier pris en faute qui n’ose pas bouger de peur de se prendre une taloche. Puis, Vaan se pencha aussi bas qu’il le pouvait tout en conservant la pression de son pied sur la trachée d’Emerich. Ses yeux exprimaient une curiosité simple pour les bruits inarticulés que poussait le sorcier en dessous de lui. - Il y a deux choses dont je suis sûr. C’est d’abord que tu vas parler puis qu’ensuite tu vas mourir. J’ai absolument tout mon temps, j’ai des jours, des mois ou même des années devant moi pour te faire parler. J’ai promis à ta petite maman de te faire souffrir mais je peux me montrer indulgent et raccourcir ta peine. Dis-moi simplement où est l’objet.Et Vaan donna un nouveau coup de pression pour appuyer ses paroles. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

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 | Sujet: Re: Complexification [16] Dim 6 Jan - 15:53 | |
| Vaan s’écarta d’Emmerich et Azraël l’empoigna par le col pour le remettre sur ses pieds. Le sorcier n’avait pas parlé malgré les tortures que le chef des Frères de Sang lui avait fait subir. Les doigts brisés et la bouche ensanglantée, il ne tenait debout que grâce à Azraël. Ses cheveux étaient en bataille et sa respiration saccadée. Malgré cela, ses yeux bleus ne trahissaient aucune faiblesse. Même lorsque Vaan avait exhibé la tête du vieil homme à moitié bouffé par Michel et Raphaël il n’avait pas bronché. - Je vois que tu fais parti de ses personnes très peu intéressées par leur propre santé. Peut-être seras-tu plus réceptif à celle des autres ?Disant cela, le père de Jean s’était tourné vers les deux toutes petites formes encore recroquevillées au fond du grenier. Une toute petite fille et un elfe de maison qui tremblaient de peur. - Ne touchez pas Helena… parvint à articuler Emmerich malgré sa bouche pâteuse et ensanglantée. Vaan se tourna à nouveau et sourit. - Oh ? Que vas-tu me faire sinon ? Me maudire ? Me cracher au visage ? Me haïr pendant le peu de temps qu’il te reste à vivre ? Il haussa les épaules. Durant plus de quatre siècles d’existence j’ai tellement accumulé de malédictions que même le répertoire des sorciers n’en possède pas autant. J’ai été traqué par l’Inquisition, j’ai vu les miens périr sur le bûcher, je me suis caché dans les ténèbres… On ne connaît le mal que lorsqu’on l’a véritablement vécu. Crois-moi, je peux être infiniment plus pervers que ne peut le concevoir ton imagination. Une lueur amusée naquit dans ses prunelles pourpres. Il se tourna à nouveau vers Helena et s’avança. Il dut carrément se plier en deux à cause de sa grande taille pour parvenir jusqu’à elle. La petite fille se cacha le visage entre ses mains pendant que l’elfe de maison la recouvrait de son petit corps frêle avec pour claire intention de la protéger. Vaan glissa un main dans son manteau et farfouilla quelques instants. - Arrêtez ! cria Emmerich en se démenant avec le peu de force qu’il lui restait pour se soustraire à la poigne de fer d’Azraël. Hiémain prot…Il ne put finir sa phrase car le poing du Frère de Sang s’écrasa contre sa mâchoire, la brisant sur le coup. Il cracha par la même occasion les trois dernières dents que Vaan lui avait laissées dans la bouche. Ignorant cette petite intervention Vaan sortit un objet rond de sa poche, le tenant entre le pouce et l’annuaire il le tendit à la petite fille. - Tu aimes les bonbons ? Moi j’adore ça. Surtout ceux avec un chewing-gum au centre. - La maîtresse n’a pas le droit de manger des sucreries. Laissez la maîtresse tranquille.Attrapant le bras de Vaan, l’elfe de maison tenta de chaparder le bonbon mais celui-ci était beaucoup plus fort que la petite chose aux grandes oreilles et aux yeux gros comme des balles. Vaan agrippa le cou de l’importun avec sa main libre et l’écarta de son chemin. L’elfe se mit à grogner et à couiner en criant : « La maîtresse ne doit pas ! La maîtresse ne doit pas ! » Mais malgré tous ses cris, la petite fille, attirée par la gourmandise et le soudain accès de gentillesse, prit le bonbon avant de le fourrer dans sa bouche. L’elfe se mit à pleurer et à se taper la tête contre le plancher pour se punir. Il faisait un tel ramdam que Jean se boucha les oreilles pour atténuer les hurlements quasi ultrasoniques. Ce fut un miroir que les vitres ne volent pas en éclats. - Cette chose fait trop de bruit, je vais arranger ça. Raphaël s’avança et le décor changea à nouveau. Jean était maintenant dans une pièce close. Il n’y avait qu’une porte. Elle s’ouvrit au même moment et laissa passer Vaan, Maugrey et une adolescente aux cheveux longs et blonds. Ses yeux étaient d’un bleu intense. Jean reconnut Helena, âgée d’environ une quinzaine d’année. Maugrey semblait plus vieux, plus mûr, de nouvelles cicatrices agrémentaient son visage. - La situation est préoccupante, disait Maugrey. Lord Voldemort est en train de rassembler des troupes. Ils se disent être des Mangemorts, ridicule. Si on ne fait rien, Dumbledore dit que cela va encore s’aggraver. - Et alors ? En quoi cela concerne-t-il ma communauté ? Alastor Maugrey lui lança un coup d’œil torve avant de dévisager Helena avec insistance. - Helena, ma chérie, va jouer avec Samaël s’il te plait. Sans un mot la jeune fille s’éclipsa de la pièce, refermant la lourde porte derrière elle. Les deux hommes, maintenant seuls, s’assirent sur de moelleux fauteuils à côté d’une cheminée ouvragée où le feu ronronnait doucement. - Vous nous avez bien aidé pour les Delacroix. Pourquoi refusez-vous que vous et les vôtres continuiez la lutte ? - Parce que je n’y vois guère d’intérêt. Les Delacroix possèdent un objet que je convoite. - Et dont je ne connais toujours pas la nature. Vaan se mit à rire. - Et cela vaut mieux pour vous. Vous l’apprendrez en temps et heure. Avant cela il faut que je sache où l’objet se trouve. Emmerich est un sorcier très résistant mais tôt ou tard il parlera. La pièce s’effaça une nouvelle fois et Jean atterrit dans une sorte de grotte. Un homme était enchaîné à une paroi. Jean, malgré les difformités qui affligeaient le corps du prisonnier, reconnut immédiatement Emmerich. Il n’avait presque plus de cheveux sur la tête et les quelques touffes qui lui restaient étaient d’une couleur grisâtre et sale. Il n’avait littéralement plus que la peau sur les os à tel point que l’on voyait parfaitement chaque contour de son squelette sur sa peau étirée. Il portait plusieurs marque de brûlures et des cicatrices un peu partout. Complètement nu, il grelottait dans le froid de la grotte. Encore une fois Vaan arriva derrière Jean, aussi silencieux qu’une ombre. Aussi calme que l’eau qui dort. Il abordait néanmoins un large sourire qui lui arrivait presque jusqu’aux oreilles. - Grande nouvelle ! Voldemort est vaincu. Emmerich ne sembla d’abord pas avoir entendu puis remua légèrement ses chaînes. - Vous mentez. Sa voix n’était plus qu’un murmure à peine audible. Un son presque inexistant qui sortait de ses lèvres tuméfiés. Rayonnant, Vaan jeta un exemplaire de la gazette du sorcier aux pieds de son prisonnier. En gros titre était écrit : « Il est parti ! » Plus loin le nom de Potter revenait plusieurs fois. - La guerre est finie, Emmerich. Vous l’avez perdu. Ton maître est mort à présent. Il ne te sert plus à rien de continuer à souffrir inutilement. La douleur que j’avais promise à ta mère de t’infliger a été largement dépassée. Emmerich resta un long moment silencieux à observer le journal. Ses yeux étaient si enfoncé dans leur orbite qui il voyait peut être trop mal pour pouvoir lire ou bien il ne croyait tout simplement pas ce qu’il voyait. Puis, au bout de plusieurs minutes, il leva la tête, son cou gracile tremblant et regarda Vaan droit dans les yeux. - Comment va Helena ? L’homme aux yeux rouges croisa les bras sur sa poitrine et soupira en s’asseyant sur une roche proche de lui. - Elle va bien. Elle est contente de son fils qui a fini sa scolarité avec un peu d’avance. Il veut devenir auror ou je ne sais trop quoi. La fille, elle, a encore deux ans à passer à l’école. Elle est aussi douée que son frère mais elle a eu un accident qui l’a empêché de finir en même temps que lui. Emmerich baissa la tête, les yeux perdus dans le vide. Il y eut un nouveau long silence que le sorcier brisa à nouveau de sa voix chuchotée. - J’ai toujours cru qu’Il viendrait me chercher. Mais maintenant Il est mort… - Tu as été un bon serviteur. Tu as tenu jusqu’au bout. Tu es un grand homme Emmerich. Maintenant, abrégeons tes souffrances. Il hocha silencieusement la tête. Ses yeux fatigués semblaient regarder au loin, comme s’il avait déjà quitté sa prison, comme s’il était déjà au-delà de ce que les vivants peuvent voir. Vaan s’approcha de lui et Emmerich murmura quelques mots à son oreille. Vaan hocha à son tour la tête. - Je ferai de ton petit neveu, le plus grand sorcier de tous les temps. Il plaça ensuite ses mains sur le visage d’Emmerich. Il y eut un sinistre craquement et le peu de vie qui restait dans le Delacroix s’évapora. La tête rejetée en arrière il regardait le plafond noir de la grotte, un plafond où nulle étoile ne brillait. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Complexification [16] Dim 6 Jan - 23:15 | |
| Jean sentit qu’il réintégrait son corps et la sensation de froid qui l’avait pris lorsqu’il était dans les souvenirs de Vaan s’évapora peu à peu de son corps, le laissant transit et déboussolé. Il eut un peu de mal à se souvenir qu’il était attaché à une couchette rigide dans une cellule de prison dans le fin fond du Ministère. Vaan, ou se qui semblait être lui, était toujours présent, penché au-dessus de lui. - Alors ? Amusant n’est-ce pas ? Emmerich m’a indiqué où je pouvais trouver ce gant. Il mit sa main gantée sous le nez de Jean. C’était celui de Rowena Serdaigle puis le Seigneur des Ténèbres l’a transformé en Horcruxe avant de le confier à l’un de ses fidèles amis de Poudlard. Le secret le plus noir de Voldemort était donc ceci. Mais pour l’heure Jean n’avait cure de ce que le Seigneur des Ténèbres avait infligé à son âme. Plusieurs conflits intérieurs lui brûlaient l’esprit et le consumaient. Il y avait d’abord Maugrey et se qui constituait pour le Comte la pire trahison que l’ancien auror lui avait caché. Ensuite il y avait la révélation de l’affiliation de ses aïeuls. Il avait toujours cru que le carnage avait été commis par Voldemort en personne. Cela se révélait être tout le contraire. Enfin, il y avait le rôle que Vaan avait joué dans l’extermination de sa famille maternelle. Il avait détesté son père au moment où celui-ci avait commencé à quitter la maison pour de longue période et cela juste après l’accident de Joanne. Il savait à présent qu’il allait probablement voir son autre fille, la petite Ael. Mais le fait qu’il ait sauvagement assassiné ses parents remettait une fois de plus tout en question. Pourtant, ces derniers temps il avait accumulé tellement de haine qu’il ne parvenait pas à se mettre en colère. Il était étendu, calme. Quelque chose était mort. Vaan venait de briser sa volonté. Toute sa vie n’avait été qu’un tissu de mensonges, toutes ses certitudes n’étaient que du vent, toutes ses croyances, des chimères. Son père se mit alors à sourire, comme si ses prunelles rouges parvenaient à lire son esprit. Son visage efféminé et ses cheveux blancs lui donnaient presque un air candide. - Voilà, à peu près la souffrance psychologique que tu m’as fait subir lorsque tu m’as tranché la gorge.L’évidence de la présence de Vaan ici devint alors claire aux yeux de Jean. Il était venu pour le punir. Le punir de ne pas l’avoir tué, de ne pas avoir achevé le travail jusqu’au bout. - Pourquoi n’es-tu pas mort ? Tu serais véritablement devenu immortel ?Vaan fit glisser un de ses doigts fin sur la joue de Jean. Les paupières à demi closes il semblait réfléchir à sa réponse. Enfin, un petit sourire étira ses lèvres. - Le gant, Jean. Je te l’ai dit pourtant. Je suis mort cette nuit là mais la chose qu’il y avait dans le gant ne l’était pas, elle. Depuis je lutte âprement pour garder le contrôle de mon esprit. Je t’ai montré tout cela pour torturé autant ton âme que tu l’as fait avec la mienne. Mais la punition n’est pas finie. Son sourire s’éteint sur son visage. Mon combat contre cette chose a épuisé mes forces physiques. Je suis devenu faible, Jean. Cette projection que tu vois de moi ne reflète en rien la réalité de mon état. Alors tout comme tu me fais souffrir physiquement, je vais aussi devoir te faire souffrir dans ta chair.Vaan se recula de quelques pas. Jean était tellement ficelé à sa couchette qu’il parvenait à peine à tourner la tête pour voir son père du coin de l’œil. - Qu’est-ce que tu vas faire ? demanda Jean de plus en plus paniqué. - Que vais-je te prendre plutôt ? Il haussa les épaules. Qu’as-tu de plus cher à me donner ? Il fit le tour de la couchette pour se positionner derrière la tête de Jean, de sorte que le Comte ne l’ai plus du tout dans son champ de vision. - Tes yeux ? susurra-t-il alors tout près de son oreille. Ou bien ta langue ?Il y eut un nouveau silence. Jean sentait son cœur battre contre sa poitrine comme si celui-ci tentait de s’échapper de son corps. De grosses gouttes de sueur lui dégoulinait du front et les sangles qui l’attachaient le démangeaient de plus en plus tels des serpents cherchant à l’étouffer. Le silence se fit si oppressant qu’il se mit à haleter, comme s’il venait de courir sur une très longue distance. Enfin Vaan brisa la glace et la sentence tomba. - Je sais. Ce qui importe le plus pour un sorcier c’est…Jean perdit connaissance à ce moment là. Il se réveilla plus tard, bien plus tard. Il ne savait pas trop combien de temps il avait dormi. Plusieurs heures ? Jours ? Semaines ? Mois ? Il n’en avait aucune idée. En face de lui il n’y avait que le mur blanc d’une salle d’isolement médical. Il était si faible qu’il ne parvenait qu’à ouvrir et fermer les paupières passant de la noirceur à la blancheur éthérée du plafond. Au moins y voyait-il. Il ne sentait plus du tout son corps, sûrement à cause des potions droguantes qu’on lui avait fait ingurgités mais il était intiment persuadé qu’il manquait quelque chose. La chose la plus importante pour un sorcier... Il resta dans cet état presque comateux durant des jours. Plusieurs personnes passèrent lui rendre visite. D’abord des infirmières venues changer sa perfusion, puis le médicomage et une ribambelle d’autres dont le Ministre en personne qui avait passé son temps à le menacer que cela ne changerait rien à la date et l’heure du procès. Pourtant il resta sourd à tous ces gens. Il n’écoutait pas, perdu dans les méandres de son esprit, trop anéanti pour se préoccuper des autres. Joanne ne vint pas. Elle le prenait pour un fou et elle avait sûrement raison. Pourquoi rendrait-on visite à une branche pourrie de sa famille ? Immédiatement penser à la famille lui provoqua une vive brûlure à la tête, comme si son cerveau allait exploser. Il revoyait les cadavres d’Olga et d’Alfred, la gueule ensanglantée d’Emmerich… Puis, au milieu de toutes ces souffrances la tête d’Ael se superposait aux autres. Alors qu’il venait à peine de rencontrer sa demi sœur, il n’allait probablement plus jamais pouvoir la revoir. Son procès, il en était sûr, aboutirait à la peine capitale. Vaan lui avait brisé l’esprit et le corps mais qu’importait puisqu’il allait bientôt mourir ? Petit à petit, les sensations lui revinrent. Ses muscles étaient tirés et douloureux, chaque geste était un véritable supplice. Pourtant, lorsqu’il sentit qu’il avait assez de force il voulu à tout prix savoir malgré la douleur. Être certain que son intuition ne le trompait pas. Il leva délicatement son bras droit, aussi lentement qu’il le pouvait, malgré tout la douleur était à peine supportable. Lorsque son bras entra dans son champ de vision ses yeux s’écarquillèrent d’horreur. Dans le prolongement de son bras, là où aurait du se trouver sa main, il ne restait plus qu’un moignon. Sa main s'était volatilisée. La chose la plus importante pour un sorcier... Il était comme un épéiste privé de sa main d'épée. Il n'était plus rien. Au même instant, un éclair rouge à la limite de son champ de vision attira son attention. |
|  | | Utilitaire

Nombre de messages: 98 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Re: Complexification [16] Ven 22 Fév - 0:29 | |
|  Flint Dread : Je respirais pas grande goulées d’air, appuyant mon dos sur le mur d’un immeuble anonyme au sein de Londres. Une même image, terrible et terrifiante ne cessait d’obstruer ma vue. Un flot d’émotion contradictoire germait en moi, et je ne pouvais que serrer les dents et tenter en vain de stopper mes tremblements. Je regardais sans les voir, haletant, mes deux poignets cassés, et dont l’un se prolongeait sur ma main droite, qui elle-même tenait maladroitement ma baguette magique. C’était cette même baguette qui m’avait permis de quitter l’entrepôt, grâce à l’aide de ce drôle d’homme masqué, membre du groupe que l’on nomme officieusement les Vénitiens. Comment cela était possible ? Je n’en revenais toujours pas, encore éberlué par ce que je venais de voir. Lui, bien sûr, il ne m’avait pas vu. Je n’avais pas osé m’approcher lorsqu’il avait discuté avec le Vénitien, ni lorsqu’il était resté seul avec mademoiselle Joanne. Un monde fait de certitudes sécurisantes venait de s’écrouler pour laisser place à celui du doute et de la peur. Seth Street était un Mangemort. La cruelle vérité ne m’épargnait pas, et me pointait sur doigt en riant. L’homme que j’avais considéré comme un mentor, un exemple, et même un père de substitution, venait se révéler être l’espion le plus infiltré au sein du Ministère, égalant l’ignoble Severus Snape. Nous n’avions aucune chance de gagner cette guerre, car celui-dont-le-nom-ne-doit-pas-être-prononcé contrôlait les stratégies des deux camps. Il devait être à l’origine des plus grandes avancées de l’ennemi, tout en agissant efficacement contre son maître, de manière à être de mieux en mieux vu, et d’acquérir encore plus d’influence. Je restais là, prostré, l’étrange impression de n’être qu’un infime pion sans importance sur un immense échiquier. Nous étions perdus. Quelle chance avions nous désormais ? Qui pouvait être réellement Seth Street, l’homme qui cachait sa vrai nature depuis tellement d’année. Etait-il l’homme au regard sombre et dur que j’avais vu ? Tout son entier n’avait été jusqu’à lors un mensonge, un gigantesque mensonge, et il amenait Joanne Delacroix avec lui, dans les ténèbres. Je secouais la tête, implorant à je ne savais qui que tout ceci n’était qu’un grand cauchemar, que je n’étais pas là, brisé physiquement et mentalement, à faire d’horribles conclusions. Il fallait arrêter Seth Street, mais je n’en avais ni la force, ni la volonté. Je ne m’étais jamais senti aussi impuissant, simple spectateur qui refuse d’applaudir. Quelqu’un avait tenté ce que je ne pouvais faire. Quelqu’un avait osé s’attaquer à lui, à se risquer à le défier. Je devais aller voir ce quelqu’un. Le médicomage m’avait réparé mes deux poignets en un instant, et je bougeais avec bonheur mes dix doigts. Je marchais désormais à grand pas vers la salle sécurisée du quatrième étage, où le Ministère avait fait incarcérer Jean Delacroix, après qu’il ai mystérieusement perdu sa main droite. L’image de ce monstre aux yeux rouges qui dévorait sa propre main me retourna l’estomac, et je tentais de ne pas y penser. Bien sûr, la seule autre image qui me vint en tête fut celle qui me hantait depuis presque une heure. Un petit lutin à l’air hargneux était placé en sentinelle devant la chambre. Je sortis pas carte d’Auror de la poche intérieure de ma veste, et la lui tendis. Il l’inspecta de près, la retournant trois fois, avant de me laisser rentrer. La salle à l’intérieur ne comportait qu’un lit, où Jean Delacroix était allongé, la mine blafarde et le regard perdu. Il cligna deux fois des paupières cependant lorsque j’entrai, et il me regarda fixement lorsque je me plaça devant lui. Je restais là, muet, et me demandait si son moignon était la répercussion directe de s’être frotté à Seth Street. Ne sachant pas comment m’introduire, et au vue de l’état de profonde léthargie de l’être qui se trouvait en face de moi, je commençais sans préambule. - Pourquoi avoir intenté à la vie du Directeur des Aurors, monsieur Delacroix ?- Parce que je suis un psychopathe, un traître et un manipulateur, me répondit-il de façon cynique, le ton de la voix langoureux, ses deux yeux rouges abîmés qui me fixaient cependant intensément. J’hésitais à m’en aller, à tout oublier. Cet homme restait un dangereux malade, et il y avait la probabilité qu’il n’ait agis que sous un coup de folie répété. Mais intérieurement, je savais qu’il n’était pas ce que les apparences laissaient supposer. J’enlevais mon chapeau et le posait sur un table blanche collée au mur, lui signifiant que je ne comptais pas partir tout de suite. Je déglutis et le regardai plus intensément ; - L’avez vous attaqué à cause de son lourd secret ? demandai-je. L’ancien membre du mangenmagot battit des paupières, et je su que je venais de faire un pas vers une nouvelle vérité. Jean Delacroix n’était pas qu’un psychopathe, telle était ma seule certitude à ce moment précis. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Complexification [16] Ven 22 Fév - 12:28 | |
| Le Comte mis un moment avant de replacer le gosse. Drogué à en faire crever un cheval, ce visage presque inconnu lui paraissait décalé par rapport à la pièce. C’était bien le petit toutou de Seth. C’est lui qui devait l’emmener au Ministère ? Quelle blague ! Si c’était ça, même affaibli comme il l’était, il n’aurait aucun mal à se débarrasser du gêneur. Le gosse se plaça devant lui, ses cheveux de feu faisaient mal aux yeux de Jean. Le ton tranchant du roux sur la pièce aseptisée avait quelque chose d’irréel. Jean ne parvenait pas à lire l’expression du visage, ces yeux étaient automatique attirés par cette étrange lumière rousse. - Pourquoi avoir intenté à la vie du directeur, monsieur Delacroix ?Tiens, le gosse ne lisait pas les journaux ? Pourtant tous devaient afficher en première page la capture d’un espion de Voldemort au sein du Magenmagot qui avait tenté de tuer le directeur du bureau. En plus d’être trop jeune, le gosse était-il stupide ? Cette constatation le mena à se demander quel devait être l’état actuel des troupes du Ministère si quelqu’un comme Flint avait pu devenir le toutou de Seth. Bah, le Magenmagot avait aussi son lot d’incapables. Finalement les différents services se ressemblaient plus ou moins. S’il fallait au gosse une réponse, il ne se fatiguerait pas à dire la vérité, inutile de gaspiller plus de salive qu’il ne lui en restait dans la bouche : - Parce que je suis un psychopathe, un traître et un manipulateur.C’était une réponse satisfaisante. Il aimait tuer, il ne fallait pas se voiler la face. Que Seth soit un Mangemort lui avait permis de faire d’une pierre deux coups : assouvir cette faim qui lui tourmentait l’esprit et se débarrasser d’un dangereux ennemi. Bien sûr il aurait pu dénoncer le directeur mais qui aurait cru un politicien au passé tenu secret. S’il y avait quelqu’un à soupçonner, c’était bien lui. Il avait disparu pendant cinq ans, n’importe quelle mauvaise langue aurait pu siffler qu’il était en réalité à la recherche du Seigneur des Ténèbres, et, une fois celui-ci ressuscité, il aurait pu, grâce au renom de sa famille, être envoyé au Ministère pour y espionner le Ministre. Au contraire, Seth et sa gueule d’ange avait tout du parfait petit soldat. Lui un suppôt des Ténèbres ! Non, bien sûr que non, pas l’irréprochable petit directeur au regard enjôleur, grand ami de ce gras du bide de Dytinver. La parole du Comte ne pesait pas lourd comparée à celle du directeur. Le gamin posa son chapeau sur le dossier d’une chaise. Que voulait-il encore ? Il avait eu sa réponse, maintenant qu’il cesse de l’importuner. - L’avez-vous attaqué à cause de son lourd secret ? demanda alors le garçon. Surpris sur le moment, le Comte ne put s’empêcher de ciller. Foutus analgésiques. Ses méninges s’étaient mises à travailler aussi vite qu’elles le pouvaient avec tous les produits comateux qu’on lui avait injecté dans le sang. Il ne parvint qu’à deux solutions logiques. Soit le gamin avait découvert la véritable nature du directeur des aurors, soit il était aussi dans le coup depuis le début. Dans le premier des cas, il venait de trouver une aide inespérée en la personne de ce gosse. Dans la seconde hypothèse il était venu dans le but de le tuer. Il camouflerait ensuite cela en accident, prétextant que le Comte avait essayé de l’attaquer et le tour serait joué. Moins il vivrait, moins il y aurait de chances que Seth Street soit démasqué. Dans les deux cas, mentir ne servait définitivement plus à rien : - Le secret marqué sur l’avant-bras ? C’est le facteur principal, effectivement.Le Comte tenta de fixer son regard dans celui de Flint, mais une fois de plus il avait du mal à ne pas glisser un peu plus haut, là où la lumière aveuglante l’attirait comme un insecte sur un lampadaire. Le jeune garçon blêmit. Touché. Le gosse avait découvert la vérité mais l’entendre de la bouche de l’homme qu’il croyait être le vrai coupable devait le choquer plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Il avait aussi connu cela quand Vaan lui avait montré par visions le massacre de sa famille en réalité liée au Seigneur des Ténèbres. Pourtant, maintenant qu’il avait un allié, il ne fallait pas laisser la chance inopinée de se sortir de ce bourbier qui lui arrivait jusqu’au nez. - Tu vas m’aider ? Selon la réponse du gamin, sa durée de vie allait peut être devenir plus longue qu’il ne l’aurait jamais espéré après s’être fait capturé. Finalement, il y avait bien une faible lumière qui luisait tout au fond du tunnel dans lequel il était perdu depuis si longtemps. |
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 | Sujet: Re: Complexification [16] Sam 23 Fév - 18:42 | |
|  Flint Dread : Ainsi il savait. Jean-Osten Delacroix n’était pas un traître à la solde du Lord noir, et d’un certain coté, cela me rassurait. J’avais besoin d’une valeur à laquelle m’accrocher, car tout ce qui faisait mon environnement venait de s’écrouler, s’effondrer, et même d’éclater en morceau. Je me sentais terriblement seul, comme abandonné. Je nageais en plein eaux troubles, et cet être mi-homme, mi-monstre, semblait être la seule personne à qui je pouvais me confier, échanger mes idées, et agir contre l’inéluctable. Je le regardais, lui qui semblait fragile et impuissant avec son moignon. Tel était le sort de ceux qui s’en prenait à Seth Street ? Avait-il vraiment été vicieux au point de le rendre impuissant sans le tuer ? Je n’arrivais pas à cerner la vrai personnalité de cet homme sans scrupules. - Tu vas m’aider ? Tel était la vrai question. Avais-je le courage nécessaire pour agir contre le Ministère mais pour mes idéaux. Cet estropié ne représentait pas vraiment la justice, et j’avais peur qu’en le libérant, je laisserais en liberté un loup de plus. - Je comprends mieux pour Seth Street, mais pourquoi avoir tué Thicknesse Pius ? demandai-je intrigué. - Il a donné des informations au Seigneur des Ténèbres via le Directeur.Plus j’y pensais, plus le Ministère me donnait l’impression d’une belle pomme dont l’intérieur est pourri jusqu’au trognon. Je m’avançais et demandais ; - D’où teniez-vous ces informations ?- De mon petit doigt. Laissez moi vous le présenter. Ah... Pardon je l'ai perdu, Khkk, dit-il narquois. Je n’appréciais pas sa plaisanterie, car pour moi l’heure était au plus grave, et chaque minute permettait à Seth Street d’attiédir un peu plus le Ministère. Cet homme pouvait toujours me mentir sur toute la ligne, et n’avoir fait qu’assouvir sa soif de sang et sa faim de chair. Je me refusais à libérer ce loup si je n’avais pas la certitude de ce qu’il était vraiment. - Dites le moi ou je m’en vais ! Comment l’avez-vous démasqué ?- Il suffit de regarder son avant bras, non ?- Il avait sûrement masqué la Marque à l’aide d’un sortilège de désillusion ! S’il était aussi simple que ça de détecter les Mangemorts, la première guerre n’aurait pas été aussi difficile, expliquai-je nerveux. - Un de vos amis aux yeux rouges. Un nain, pas plus haut que trois pommes. Vous ne l'avez pas rencontré avec les quatre autres ? demanda-t-il. - Comment…- Leurs odeurs puantes suintent de chaque partie de votre corps, expliqua-t-il avec mépris. Je déglutis, ne pouvant pas m’empêcher de revoir les sinistres images qui en avaient précédées d’autres pires encore. Je me devais de lui donner une explication, avant qu’il me donne la sienne. - Ils étaient trois d’abord, et ils ont tenté de tuer mademoiselle Joanne. Les Vénitiens sont intervenus et il y a eu une bataille. Mademoiselle Joanne a été poignardée et trois autres ont rejoints Mons… Seth Street, dont une femme manchote qui a décapité le plus fort d’un coup d’épée. Le Vénitien a parlé au Directeur puis s’en est allé, et…Je me tue, ne voulant pas parler de ce moment particulier, ce moment où le regard bienveillant de Seth Street avait viré à une dure obscurité. Non,repris-je, je n’ai pas souvenir d’un homme de petite taille, c’est lui qui vous avait renseigné ?- Une manchote ? Gabrielle... Ca veut dire que Vaan est en ville. Celui qui m'a renseigné s'appelait Michel. C'est normal que vous ne l'ayez pas vu, j'ai moi même séparé la tête et les épaules. Je voulais vérifier votre bonne foi, mais si vous avez vu Gabrielle et que vous êtes en vie...- Elle ne m’a pas vu, personne ne m’a vu. J’étais resté caché, pensant que mes deux poignets brisés me rendrait superflu. C’est pour cela que j’ai su pour qui vous savez. Je restais silencieux un instant, le dévisageant, lui qui avait su la vérité depuis le début. Si je vous libère, qu’allez vous faire ?- Ta naïveté est navrante, nous n'avons pas besoin de voir pour savoir... Je me demande si je n'ai pas plus de chance de survivre si vous me laissez là que si vous me détachez... Mais si vous me détachez, je continuerai le travail que je me suis assigné : éliminer les parasites du Ministère.Il ne cessait de passer du tutoiement au vouvoiement, dans une complaisance de soi-même qui me répugnait. Que devais-je faire ? Cet homme était-il de bonne foi ? Je me souvins alors son chef d’inculpation : « Attaque répétée contre le Directeur des Aurors. », mais tout ceci était factice, s’il avait attaqué quelqu’un, c’était un Mangemort, un traître et un félon. Je dégainai ma baguette et m’approchai de son chevet. - Vous n’en aurez peut-être pas l’occasion, lui dis-je tout en le libérant de ses liens magiques. Je me retournais et pris mon chapeau pour le poser sur mon crâne. Il éleva sa voix fatiguée tout en massant son poignet sans allonge. - Vous feriez mieux de faire comme si de rien n’était. Je vous contacterai quand j’en aurai fini avec certaines affaires.Mais je ne le regardais pas, j’avais les yeux fixés sur la porte blanche. Je venais d’agir contre le Ministère. Je me tentais de me rassurer en me disant à moi-même que j’agissais pour l’équité et la justice. Mais en tant de guerre, les hommes prêtent peu d’importance à agir avec droiture. La guerre, c’est donner à chacun le loisir de laisser libre cours à ses pulsions les plus animales. La guerre, c’est le zoo de l’homme. J’ouvris la porte et continuai mon chemin sans faire attention au gnome qui faisait sa garde, une douce et horrible sensation s’emparait de moi. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Complexification [16] Dim 24 Fév - 1:04 | |
| Jean regarda le gosse quitter la pièce. Il préférait d’abord attendre, ainsi Flint ne serait pas impliqué. Son horloge interne lui indiqua que le repas allait bientôt lui être livré – repas qui se composait essentiellement de cachets. A cet instant il n’y aurait dans la pièce que deux personnes : le médicomage et le gnome qui surveillait la porte. Dans l’état de faiblesse dans lequel il se trouvait, il n’était pas tout à fait certain de pouvoir se débarrasser des deux. Il devrait donc attendre d’être certain de pouvoir maîtriser la situation. Il se recoucha dans son lit et replaça tout le matériel qui le maintenait en place tout en prenant soin de ne pas le verrouiller. Il n’y avait plus qu’à attendre. Le médecin arriva comme prévu une dizaine de minutes plus tard, portant devant lui un plateau sur lequel reposait diverses gélules de formes et couleurs différentes ainsi qu’un grand verre d’eau et un verre minuscule contenant une potion d’assoupissement. Le gnome entra derrière lui sans refermer la porte et croisa les bras sur son large poitrail. L’homme déposa son plateau sur la petite table en face du lit du Comte et la fit rouler juste à côté de lui. - Comment ça va aujourd’hui ?- Pas très bien, je crois que je suis en manque de stupéfiants là.Sans répondre, le médicomage prit une gélule du bout de ses doigts gantés et la tendit vers Jean. Le Comte ouvrit la bouche et la drogue tomba sur sa langue. Le médecin allait lui tendre le verre pour qu’il puisse avaler quand Jean cracha le cachet à terre. Le médecin le regarda un instant sans bouger avant de reposer le verre. - Si vous ne voulez pas prendre vos médicaments, je vais appeler la sécurité.- Pardon, pardon ! Je ne le referais plus. Répondit-il en prenant sa voix la plus convaincante du malade repentant. - Bien.C’est donc au moment où le médicomage se baissa pour ramasser le cachet que Jean entra en action. Il repoussa liens, couvertures et sangles. Sa main gauche vola en direction de la hanche du médecin pour y saisir la baguette qui y pendouillait. Puis, à l’instant où l’autre se rendait compte de ce qu’il se passait et se redressait, Jean lui donna un coup de tête qui lui explosa le nez. Il entendit très nettement le craquement de l’os entrain de se briser. Le sorcier bascula en arrière en se tenant le mufle, hurlant de douleur. D’un coup de pied sur la tempe, Jean l’assomma. Il allait lever la baguette récupérée sur le mage quand le gnome lui tomba dessus. Malgré la vitesse avec laquelle il était allé, la capacité de réaction de la créature avait été bien supérieure à celle dont s’attendait le Comte. Les gnomes d’élite existaient bel et bien ! En même temps cela montrait à quel point le Ministère le craignait et cela avait quelque chose de glorifiant que tous ces vieux croûtons et Seth Street le tienne en si haute estime. Le gnome le poussa de toutes ses forces en arrière, l’obligeant à se plaquer le dos au mur. Si Jean n’avait pas eu l’effet des drogues et des analgésiques, il aurait peut être pu rivaliser en force avec son adversaire mais tel n’était pas le cas. Tentant de se sortir de ce mauvais pas, Jean agita la baguette du médicomage sur le gnome et récita une formule de repoussement. La baguette crachota quelques étincelles avant de projeter le gobelin en l’air qui alla cogner contre le plafond avant de retomber sur le sol. Bon, ce n’était pas ce qu’il avait demandé mais ce n’était déjà pas si mal. La créature tenta de se relever mais Jean le finit avec un nouveau coup sur la tempe. Jean regarda la baguette qu’il tenait dans sa main, puis, la tendit en direction du plateau posé sur la table. - Accio, récita-t-il. Le plateau frémit, puis, comme mû par une force surnaturelle il s’éleva de quelques centimètres et se dirigea vers Jean. Mais, arrivé au milieu de la distance, la plateau vacilla, renversant le verre d’eau, avant de tomber par terre à son tour. - Et merde…Passer de la main droite à la main gauche allait se révéler un peu plus ardu qu’il ne le pensait. S’il n’arrivait pas à exécuter correctement un sort aussi simple que celui de la lévitation, sa carrière en tant que sorcier de talent était clause. Il se convainquit néanmoins que l’effet de la drogue devait y être pour quelque chose qu’il retrouverait une partie de ses capacités quand celle-ci se serait dissipée. Habillé en chemise d’hôpital, il avait peu de chance de passer inaperçu. Il déshabilla donc le médicomage et passa sa blouse blanche. Puis, il le mit à sa place dans son lit en prenant soin de bien serrer les sangles et de le bâillonner solidement. Enfin il fit avaler au gnome tous les médicaments qui lui étaient destinés et le traîna jusque devant la porte où il le plaça en position assise. Il ne pouvait pas faire mieux, sa magie lui faisant momentanément défaut. Il marcha rapidement dans les couloirs de St Mangouste, le plus naturellement qu’il le pouvait, évitant les coursives trop fréquentées. Heureusement quand il était auror il avait fait plusieurs séjours ici et les plans du bâtiment lui étaient familiers. Il y avait six niveaux à St Mangouste. Les quatre du milieu représentaient chacun un service de soin différent, le cinquième étage était réservé au personnel et le rez-de-chaussée était pour les accidents matériels et permettait d’accéder à la sortie. Il n’eut aucun problème à descendre les différents étages mais la tâche se révéla plus ardue quand il arriva en bas. En effet, l’accueil de l’hôpital était très souvent bondé, surtout en ces temps de guerre. Impossible pour un médicomage de partir sans se faire remarquer. Observant d’un couloir sombre les patients qui défilaient, le Comte remarqua un homme faisant à peu près sa taille, portant un large manteau et une veste noire. Parfaitement son style vestimentaire ! Il s’approcha de lui en prenant l’air décontracté : - Si vous voulez bien me suivre, monsieur, je vais vous examiner. Le bonhomme qui semblait attendre depuis un bout de temps ne se le fit pas répéter deux fois. Il suivit sans broncher le docteur Jean jusqu’à une salle un peu à l’écart. Là, Jean assomma le type alors qu’il avait le dos tourné et se changea rapidement, laissant l’homme gire à même le sol. Le portefeuille lui indiqua qu’il s’agissait d’un certain Dalec Roxi. Il replaça le portefeuille dans la poche de la veste et se dirigea vers la sortie. Les derniers mètres furent les plus stressants mais une fois qu’il eut dépassé la porte et qu’il se retrouva devant la vitre de Purge & Pionce Ltd., le vent lui caressant le visage, il sentit un énorme poids s’élever de ses épaules. Enfin, il était libre. |
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