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Utilitaire

Nombre de messages: 95 Date d'inscription: 18/05/2007
 | Sujet: Le Royaume des Ténèbres Mer 2 Juil - 21:13 | |
|  Le vieil homme : Il faisait sombre et froid dans les sous-sols du Ministère. L’humidité avait souillé les plafonds des cellules de nombreuses taches marrons, et seuls les gémissements et râles des prisonniers, parfois devenus fous à force de torture, venaient briser le silence sordide. L’endroit n’avait jamais vu la lumière du jour, et la seule et faible lumière provenait de torches accrochées aux murs. À ce long couloir sale, qui menait à chaque cellule aux barreaux d’aciers, il n’y avait qu’une entrée qui faisait aussi office de sortie. C’était une lourde porte en acier, protégée par de puissants sortilèges, et pour laquelle il fallait une clef d’argent spéciale pour espérer l’ouvrir. Il y eut un bruit de serrure, puis la porte crissa, et il se pressa contre les barreaux de sa cellule pour tenter de voir la personne qui venait de rentrer. Aucun repas ne leur avait été apporté depuis bientôt trois jours, et la seule eau qu’il buvait était celle qui goûtait du plafond. Le son des talons du visiteurs se répercutait dans tout le couloir, et il préféra se reculer contre le mur de pierre pour éviter les ennuis si c’était encore le Mangemort Yaxley qui venait passer son temps en les torturant. Les pas se rapprochèrent, jusqu’à ce que le visiteur passe devant sa cellule et s’arrête. La faible lumière lui permettait à peine de voir les contours de sa silhouette : c’était un homme, assez grand et fort, qui se tenait debout face à lui. L’homme sortit sa baguette et d’un geste de la main fit apparaître une chaise d’apparence confortable, sur laquelle il s’assit. - Bonjour, monsieur, lui dit-il, d’une voix qui lui était tristement familière. Il s’approcha timidement des barreaux qui les séparaient, et plissa les yeux pour discerner son visage dans la faible clarté. Il avait un regard changé, totalement morne, mais son visage restait encadré de ces mêmes longs cheveux d’ébènes qui lui tombaient jusqu’aux épaules. - Ss… Seth ? demanda Godric Dytinver de sa voix tremblante et faible. L’ancien Directeur des Aurors eut un drôle de sourire triste, et hocha la tête d’assentiment. D’un geste poli de la main, il l’invita à s’asseoir sur le rebord du lit aux draps miteux et crasseux. Il s’exécuta docilement, les yeux écarquillés, sur le bout de la langue des dizaines de questions qui ne demandaient qu’à être posées. Cela faisait des mois qu’il était enfermé dans cet endroit sordide, sans vraiment savoir ce qui pouvait se passer au dehors. Seuls les nouveaux arrivants apportaient parfois de sombres nouvelles, mais seulement lorsque leur état leur permettait de parler. Il éprouva une sorte d’amertume mélangée à de la colère, en regardant l’homme qu’il avait presque considéré comme son fils, sottement. - Qu’êtes vous venu faire ici, Seth ? demanda-t-il. Le Mangemort l’observait étrangement. Il savait que son apparence, à force de privations, s’était dégradée jusqu’à ce qu’il puisse voir chacun de ses frêles os recouverts par sa peau blanchâtre. Ses muscles étaient comme dépourvus de force, et il avait peine à faire le moindre effort physique. Seth enfonça son regard dans le sien, un regard sombre et soucieux, comme il n’en n’avait vu qu’une fois chez lui. - Vous savez, à l’orphelinat, la toute première chose que vous apprenez est la survie, elle s’impose à vous. Les enfants sont parfois pires que les adultes, ils ne saisissent pas encore la limite entre le bien et le mal.- Qu’est-ce que… tenta de l’interrompre Dytinver, mais en vain. - On vous donne un nom en fonction de l’endroit où on vous a trouvé, ou selon le calendrier. Il y eut un bref silence. Devinez donc où j’ai été trouvé, finit-il par enchaîner avec un étrange sourire mélancolique. On grandit avec cette peur au ventre, et aussi avec cette volonté souveraine d’être sous la protection des plus forts.Un silence plus long s’imposa. Le vieil homme et lui se regardait, sans aucune animosité. Dytinver avait toujours eut une faiblesse pour ce grand gaillard poli et sympathique. Il s’était senti à la fois trompé et humilié lorsque la sombre vérité s’était mise à jour devant lui, mais sans réussir à éprouver de la colère. Même en cet instant, face à cet infâme renégat à qui Voldemort devait en parti sa victoire, il ne ressentait qu’une immense tristesse. - Est-ce le remord qui vous a poussé à venir me raconter ceci, Seth ?Seth secoua lentement la tête de gauche à droite, mais ne dit rien qui puisse contredire l’ancien membre du Magenmagot. Il paraissait visiblement préoccupé, les mains croisées. - Je… commença-t-il avant d’être interrompu par un nouveau crissement de la porte d'entrée faite d'acier. Seth y jeta un coup d’œil avant de se recentrer sur Dytinver. Il se leva, fit disparaître la chaise d’un coup de baguette, et parla d’une voix solennelle. - Godric William Dytinver, vous avez été jugé et condamné par la Ministre de la Justice, Mona Randyll, pour entrave à l’avènement du Ministère des Ténèbres en tant qu’ancien haut dirigeant et ennemi du Seigneur des Ténèbres. De part ma fonction de haut Ministre et de Chef des Armées, je vous amène pour l’exécution de votre sentence qui fut prononcée ce matin. Son regard s’assombrit un peu plus. Vous serez exécuté ce soir.Deux autres silhouettes se détachèrent de la pénombre, et vinrent se placer devant la cellule du vieil homme. Dytinver recula jusqu’au fond de sa cage, pris de panique, et bredouilla en tentant d’échapper aux deux Mangemorts qui allaient l’amener. La porte de la cellule s’ouvrit en grinçant, et ils saisirent son corps malingre sans ménagement afin l’amener vers le lieu de son exécution. Il jeta des regards affolés vers Seth Street, mais en vain, car ce dernier le regardait sans laisser paraître la moindre émotion. - Seth… Seth ! Seth !- Amenez le, leur ordonna-t-il en refermant la cellule. Dytinver continua de l’appeler, tentant d’échapper à la force brute des deux Mangemorts, mais le destinataire de ses implorations restait immobile dans le couloir central, le visage caché par la pénombre. _________________ Je suis celui-ci ou celui-là. Il n'y a point de différence. |
|  | | Bellatrix Lestrange Mangemort

Nombre de messages: 13 Age: 50 Date d'inscription: 30/11/2006
 | Sujet: Re: Le Royaume des Ténèbres Mer 13 Aoû - 15:14 | |
| Je déchire rageusement l’affiche à l’effigie du traître Arthur Weasley qui me rappelle mon échec récent. Ce rat continue à s’échapper, malgré tout les efforts mis en place depuis le retour du Seigneur des ténèbres pour le supprimer. Le Lord Noir m’a nommé à la tête de l’Escadron de la Mort, il faut que j’en sois digne pour honorer son choix. D’un signe de tête vers l’avant je donne l’autorisation à mes hommes d’entrer dans la maison que nous sommes venus inspecter. Les sources révélant les secrets des traîtres et des Sang-de-Bourbe recherchés sont devenues de plus en plus nombreuses mais malheureusement peu sont justifiées. On perd un temps fou sans pouvoir pour autant les ignorer. S’il s’avère que l’on a négligé une piste et que celle-ci nous aurait mené quelque part, je n’ose imaginer le châtiment encouru. Mon escadron fait échos aux actions de l’armée de Seth dont la rivalité entre ses sous-fifres et les miens ne cessent d’augmenter. Je frappe vite, fort et précisément, il est partout et tout puissant. Le quartier de Camden est calme à cette heure de la nuit, le Nord de Londres est sensément sous notre contrôle et les dernières poches de fugitifs ont été éliminés par mes soins. Un regard à droite et à gauche me confirme que la rangée des maisons mitoyennes sont pour la plupart occupées. Il faudra agir avec propreté, sans écart de conduite, j’y veillerai. Au Ministère on nous appelle les Nettoyeurs, ceux qui passent derrière les autres pour faire place nette des sangs impurs et autre racaille de l’ancien temps. L’appel discret de Mopsus me tire de mes pensées, il est temps d’agir. J’avance à pas prudent dans le grand hall d’entrée au sol carrelé. Au mur un miroir me renvois l’image d’une femme hautaine entre deux âges, au regard flamboyant et à la chevelure de jais. Je me détourne, insensible. Bien que je sache que ma beauté en a fait frémir plus d’un, mon image n’a jamais été au centre de mes préoccupations, encore moins maintenant où le temps commence à laisser ses traces. La dizaine d’homme de l’Escadron de la Mort présent agissent minutieusement en se répartissant les pièces pour s’assurer que rien ni personne ne se cache. Les étages sécurisés, les cinq hommes redescendent. Il ne reste que la cave et la pièce des domestiques. Je m’avance, de sorte à faire front avec mes deux fidèles second, Mopsus et Isleman. Tout deux sont dévoués et efficace, pourvu d’une cruauté à ravir toutes les plus sombres âmes, dont la mienne. L’un ouvre la porte, l’autre entre, sans crainte apparente. Une bouffée d’adrénaline me secoue délicieusement et ma baguette dans ma main ne semble avoir qu’une envie, lancer un sort aux conséquences mortelles. Nous entrons à la suite d’Isleman qui a déjà lancé un sort pour éclairer notre vision. Il n’y a personne mais Mopsus se retourne vers moi avec un visage triomphant. Sans un mot il désigne le sous-sol. Je tends l’oreille et parvient à percevoir de faibles gémissements. J’hoche la tête et tous se dirigent vers la porte menant aux escaliers. L’air humide et l’odeur de moisi me donne envie d’éternuer mais je me retiens tant bien que mal. Les marches sont glissantes et l’homme devant moi manque de choir. Je lui administre une bourrade dans le dos en guise d’avertissement. Deux corps recroquevillés dans le fond de la pièce tremblent de concert. Un sourire mauvais naît sur mon visage. Je m’approche lentement, sûre de mon effet. Ils me regardent et soudain hoquètent de peur lorsque je suis assez près d’eux pour que la lumière qui éclaire mon visage me rende reconnaissable. Ils se tassent encore plus si c’est possible et me jettent des regards suppliant. Je n’ai aucune pitié pour eux, seulement du mépris. Ils ne sont que chiens rampants dont les maîtres les auraient abandonnés à leur triste sort. Je penche légèrement la tête sur le côté pour voir l’assentiment de Isleman qui, chargé d’avis de recherches, vient d’identifier ceux que nous cherchons. Je toise alors de nouveaux les sorciers à mes pieds. De ma voix la plus doucereuse, je leur fait grâce de quelques mots. - Bonsoir mes agneaux. Un rire presque diabolique s’échappe alors de ma gorge déployée. Ce soir est soir de fête. _________________ Il n'y a devant moi aucun homme récalcitrant n'ayant jamais gouté à l'endoloris... Plie-toi ou tombe dans le cercle vicieux de la souffrance... |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: Le Royaume des Ténèbres Sam 13 Sep - 18:27 | |
| Seth était confortablement assis dans son siège de cuir noble, accoudé à son imposant bureau de bois noir verni, le front appuyé sur sa paume. Cela ferait bientôt un an qu’il occupait son nouveau poste. Un an qu’il voyait les hommes qui l’avait servit avec tant de hargne et d’aveuglement se faire condamner par sa consciencieuse et appliquée subordonnée, Mona Randyll. Sa haine mystérieuse pour les Aurors ne semblait jamais avoir de fin, et elle envoyait à la mort depuis un an plus d’homme que Seth n’en avait jamais vu dans le Ministère. Perdu dans ses sombres pensées, il entendit à peine que l’on toquait à la porte de son bureau. - Entrez. Il s’attendait à que cela soit son secrétaire qui l’informait des nouvelles décisions à prendre, ou encore l’un des lieutenants de l’Escadron de la mort, venu lui faire un laborieux rapport. Aussi, ce fut une agréable surprise lorsqu’il s’aperçut que c’était sa propre femme qui entrait. - Bonsoir madame Street, dit-il en tentant un sourire. - Bonsoir monsieur le Haut Ministre. Il paraît que vous avez besoin de moi. Il se redressa en s’appuyant sur les accoudoirs de son siège et écarta d’un geste l’éternelle paperasse qui occupait son bureau. Les choses pour lui n’avaient pas tant changées que ça, en vérité. - Je te croyais encore en mission. Il réajusta le col de sa chemise et contourna le bureau. Je dois faire acte de présence pour l’exécution de Dytinver. Mais du fait de mon rang, il serait mieux vu qu’un de mes subordonnés m’accompagne. Il la saisit à la taille et se pencha sur son visage. Tu ferais ça pour moi ? - Je ne suis pas sûre qu'exécuter Dytinver soit la bonne solution. Mais... je t'accompagnerai si c'est nécessaire.Non, en réalité son exécution était purement symbolique. Godric Dytinver n’avait jamais été quelqu’un de réellement efficace ou dangereux, et le fait qu’il soit si aisément manipulable avait facilité beaucoup de chose à Seth lors de ces dernières années. - Le Maître a été clair sur ce point là. Tout les anciens membres du Magenmagot seront jugés par le Haut Tribunal de la Cour de Justice magique, et condamné à mort par la Ministre de la Justice si elle le juge nécessaire. Prends donc mon bras. Elle s’exécuta et il lui sourit plus franchement cette fois, avant d’ouvrir la porte. Ils se retrouvèrent sur le même couloir qui avait été parcouru par des centaines d’Aurors, et ce, pendant des dizaines d’années. Ils marchèrent tout deux jusqu’à l’ascenseur, ne laissant derrière eux que des sorciers la tête encore penchée en signe de respect. De la même façon, lorsqu’ils pénétrèrent dans l’ancienne salle du Magenmagot retapissée en noir jais et en vert émeraude et reconvertie en cour de jugement et salle d’exécution, l’assistance toute entière se leva et ne se rassit que lorsqu’ils eurent pris place aux places d’honneur. Le trône du Seigneur des Ténèbres situé un peu plus haut en arrière par rapport à l’audience était resté vide. Seth remarqua quelques têtes qui lui étaient familière, telle que Bellatrix Lestrange assise à l’extrême droite avec son mari, Mona Randyll debout au centre, non loin de son cousin Rodolphe Selwyn. - Faites entrer le condamné, dit Mona Randyll, sa baguette magique appuyée sur sa gorge amplifiant ainsi la portée de sa voix. Une petite porte circulaire située en face de l’assistance s’ouvrit dans un crissement, et trois personnes en sortirent. Dytinver était entouré de deux hommes assez grands, qui le tenaient par les aisselles et le traînaient jusqu’à la chaise garnie de chaînes qui se trouvait devant l’assistance. Jamais Seth n’avait vu cet expression sur le visage du vieil homme. Il avait les yeux vidés de toute vivacité, et sa bouche entrouverte ne laissait échapper qu’un faible râle de protestation. Il lui parut soudain plus vieux d’un demi siècle, presque moribond. Ils l’assirent sans ménagement et reculèrent de quelques pas. Instantanément, les chaînes vinrent s’enrouler autour des poignets et des chevilles du vieil homme, l’immobilisant complètement. - Godric Dytinver, vous avez été jugé et reconnu coupable d’entrave à l’avènement de l’Ordre des Ténèbres au pouvoir. De crime de guerre et de résistance. Pour cela vous serez exécuté ici même, fit-elle d'un ton péremptoire. Faites entrer le bourreau. Par la même porte dont était sorti Dytinver, un homme de taille moyenne, le visage camouflé par une capuche de laine cousue à sa robe s’avança jusqu’à la chaise du condamné. Seth sentit la main de Joanne se serrer imperceptiblement, mais il ne décrocha pas son regard de Dytinver. Ce dernier avait encore le souffle court d’il ne savait quels mauvais châtiments, mais ses yeux s’arrêtèrent sur les siens. - Condamné, avez-vous quelque chose à déclarer ? demanda la voix imperturbable de la Ministre de la Justice. Dytinver déglutit avec difficulté, mais ne lâcha pas Seth du regard, qui se força à ne pas détourner le sien. Alors, lentement, il se redressa sur le dossier de sa chaise, et il cria le plus fort que son état semblait le lui permettre. - Avez-vous perdu la raison ?! Jusqu’où irez vous dans votre…- Exécutez-le, le coupa Randyll, maintenant ! Prit de panique, Dytinver tourna la tête vers Seth et força en vain sur les chaînes qui le retenait prisonnier. Il s’apprêtait à lui crier quelque chose lorsque son bourreau, debout derrière lui, posa le bout de sa baguette sur sa nuque gracile. - AVADA KEDAVRA !Son visage se figea sur une expression de détresse intense, et son corps se relâcha comme une marionnette sans fil. Le silence se fit dans la salle d’audience, seulement interrompu par le rire de Bellatrix Lestrange, qui semblait s’être délectée du spectacle. Seth se tourna vers Joanne, mais cette dernière avait détourné la tête au dernier instant, pour ne rien voir de l’ultime moment de la séance. Le bourreau sortit comme il était entré, suivit par les deux hommes qui traînaient désormais le corps sans vie de Dytinver. Seth prit délicatement le bras de Joanne et se mit debout. Comme lorsqu’ils étaient arrivé dans la salle d’audience, l’assistance entière se leva. Ils passèrent à coté de Mona Randyll en descendant, et Seth la salua d’un signe de la tête. - Bonne journée monsieur le Haut Ministre.Cette femme n’avait aucune chaleur dans le regard, sa voix ne trahissait aucune émotion comme la pitié ou un quelconque doute, et son visage ne glace ne semblait jamais vouloir sourire. Lorsqu’ils furent sortis, Seth se dit que lui et elle avaient plus que leurs fonctions de communes. _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Bellatrix Lestrange Mangemort

Nombre de messages: 13 Age: 50 Date d'inscription: 30/11/2006
 | Sujet: Re: Le Royaume des Ténèbres Sam 25 Oct - 23:10 | |
| Je marche d’un bon pas, l’air glacial me brûle les poumons à chaque inspiration. Derrière moi, des hommes me suivent à la trace, nous avons une mission à accomplir. Une mission née de mon aversion pour les sang de bourbe. Ils ne sont que tâches de graisse sur une cape royale, des parasites sur un bateau céleste. Je n’ai aucun ordre, seulement le pouvoir d’agir. Encore une fois je me trouve dans la nuit noire, ma haine comme moteur et ma baguette comme arme. De jour en jour, voir ces hommes et ces femmes continuer de vivre impunément a augmenté ma rage et aujourd’hui j’ai décidé d’y remédier. Il avait été très aisé de me procurer des renseignements, les traîtres sont si facilement attiré par l’appât du gain ou flanchant sous la menace de ma baguette. Les adresses étaient toutes classées dans des bureaux humides et sombres dans lesquels je n’avais pas eu envie de me plonger. Je suis parti précipitamment du Ministère où j’occupe un bureau et en chemin j’ai croisé la nouvellement madame Street. La femme est collante puisqu’elle ne m’a pas encore lâché d’une semelle. Jamais je ne changerais mes plans pour elle, s’il faut, je l’occuperais avec l’un de mes hommes. - Pourquoi m'acompagnez-vous ?- C'est un ordre d'en Haut. Si j'avais le choix, je me dispenserais bien de votre présence. - Moi de même soyez rassurée. Sa présence me contrarie, je ne me retiens pas d’être mauvaise. Ca vous plait d’être aux bottes de votre cher mari ? Pas trop frustrant ? Vous devez vous rattraper en arrivant chez vous. Ma bouche laisse échapper un léger rire sarcastique. - Ca a ses avantages. Je peux lui dire qui fait bien son boulot et qui... outrepasse de manière abusive son pouvoir délégué par le Maître. - Ah la basse besogne d’espion, je vous croyais doté d’une puissance plus intéressante, qui serait mise au service du Maître. A croire que non. - Il faut bien que quelqu'un s'occupe des rats qui infestent le navire. Auquel cas ils rongeraient le système de l'intérieur et feraient couler le navire. - Ce soir je vais trouver d’autres rats à chasser pour le chaton qui est en vous. Elle m’agace, je lui lance un sourire carnassier et me détourne d’elle un instant. Elle ne perd rien pour attendre. Je fais signe de s’arrêter, l’escadron se positionne en ligne à ma gauche. Ce sont des professionnels rôdés, il savent ce qu’ils ont à faire. Après un signe de ma part, certains font le tour, d’autres transplannent directement à l’étage ou dans une pièce du rez-de-chaussée. Je ne prends pas la peine de les suivre, ce soir je n’en ai pas envie. Je garde un œil sur l’invitée surprise. C’est comme si l’existence de ces sangs impurs menaçait ma tranquillité, comme s’ils ne pouvaient vivre sur cette terre tant que j’y serais. Je ne sais pas vraiment d’où me vient cette aversion et je n’ai jamais rien fais pour la réprimer. Tant que je ne les vois pas, passe encore, quand on m’en parle, ma haine s’étire paresseusement mais lorsque je croise un de ces bâtards, c’est plus fort que moi, une colère sourde pointe dans ma poitrine et ma baguette me démange. Je vois rouge et une folie meurtrière me contrôle. Je soupire et vais m’asseoir avec souplesse sur le muret de la maison bourgeoise que l’on est venu visiter. Mon rythme cardiaque s’accélère quand je pense à ce qui se passera bientôt. C’est peut-être la vieillesse. Avant je ne me posais pas toutes ces questions, agir selon mes envies et selon les ordres du Maître était normal. Je n’ai jamais été dépendante d’autre chose que de violence. Et voilà que je remet en question la valeur de mes actes. Pourtant, n’est-il pas normal de chercher a protéger son environnement ? Même ma famille fais parti des traîtres. La seule personne en laquelle je n’ai jamais douté, je suis entrain d’agir sans son consentement. Pourquoi ? Ma sérénité est-elle plus importante que l’amour que je porte au Lord Noir ? Je lui ai voué ma vie, donné mon cœur et mon sang, brandis mon arme pour lui et hurlé des slogans à sa gloire. Et pourtant. Pourtant je suis bien là, assise sur ce muret. Quel est le but de ma vie ? _________________ Il n'y a devant moi aucun homme récalcitrant n'ayant jamais gouté à l'endoloris... Plie-toi ou tombe dans le cercle vicieux de la souffrance... |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: Le Royaume des Ténèbres Sam 27 Juin - 15:07 | |
| Mona Randyll avait un regard froid et impavide. Membre de la lignée des Selwyn, sorcière aux dons prodigieux et tueuse expérimentée, le poste de Ministre de la Justice lui revenait de plein droit, Seth en était convaincu. Il l'observait tout en l'écoutant. Tout deux au milieu de l'Atrium, elle lui expliquait les nouvelles directives qu'elle souhaitait mettre en place contre les moldus. - Je pense que le Maître irait dans mon sens, conclut-elle. Seth se passa machinalement une main dans les cheveux en réfléchissant à ce que venait de lui dire Mona. Le Maître était absent depuis longtemps déjà, et tout les prises de décision importantes lui revenaient. - Peut-être Mona, mais je crois qu'il aimerait être mis au courant avant tout changement de cet ampleur. Je le tiens régulièrement au courant par hibou, et je sais qu'il reçoit mes lettres.Mona ouvrit sa bouche pour répondre, mais ce fut une autre voix, beaucoup moins calme, qui parvint aux oreilles de Seth. - Je vais le tuer ! Je vais tous les tuer ! Bellatrix Lestrange, au centre de l'Atrium, se tenait le bras droit, visiblement blessée. Jugson, viens tout de suite !Seth se précipita vers elle, Mona à ses cotés. Quelques employés l'observaient, prenant soin de rester à l'écart de la sorcière hystérique. - Que c'est-il passé Bella ? Où est Joanne ? la questionna vivement Seth. - Où est Rodolphe ? enchaîna Mona, le ton plus neutre. Bellatrix était survolté. Les dents découvertes, les cheveux en bataille, le regard haineux. Il n'y avait rien en elle qui rappelait la raison. Elle tourna sur elle même puis s'arrêta sur Seth et Mona. - Joanne, cette garce ! Je la tue avec les autres dès mon retour là-bas ! Elle respira bruyamment, essoufflée, puis se remit à crier. Jugson !- Calmez-vous Bella, et expliquez-moi ce qu'il y a avec Joanne.Le regard féroce de Bellatrix s'enfonça dans celui de Seth. En pleine frénésie, elle ressemblait à un animal sauvage blessé. - Je l'étriperai, moi-même, et je... Jugson, enfin !Un homme aux cheveux courts et au regard d'aigle trottinait dans leur direction. Baguette à la main, il salua rapidement Mona et Seth avant de considérer la blessure que portait Bellatrix au bras. - Reprenez-vous Bella, ne dites pas de bêtises.- Fermez-la, Street ! Votre petite copine n'aura aucun traitement de faveur, et vous Jugson, dépêchez-vous !Mais le Mangemort avait presque fini. D'un geste de la main, il signifia à Bellatrix qu'elle pouvait à nouveau bouger son bras normalement. - Je ne peux pas vous laissez faire Bella, je ne peux pas vous laisser retourner là-bas dans cet état d'excitation.Un sourire méchant étira les lèvres de Bellatrix. - Ah oui ? Et vous comptez m'en empêcher ?Seth saisit sa baguette et affronta sans ciller le regard brûlant de la sorcière. Il s'avança d'un pas, et la regarda de toute sa hauteur. - J'en ai bien peur.Des murmures émanèrent de tout l'Atrium. Un public constitué d'une dizaine de personne observait la rixe avec intérêt. Un rire infernal s'échappa des lèvres de Bellatrix, et elle recula d'un pas, baguette en main. - Alors affrontons-nous comme de vrais sorciers au sang pur.Elle porta sa baguette à la verticale devant son front. Mona et Jugson se contentèrent de reculer de quelques pas. Seth réfléchissait à toute allure. Bellatrix était un adversaire redoutable, et il n'avait pas envie que de telles dissensions viennent s'installer dans le Ministère dont il avait la charge. Mais il ne pouvait pas laisser Bellatrix s'en prendre à Joanne. Lentement, il porta lui aussi sa baguette en bois d'ébène au niveau de son front, et le sourire de Bellatrix s'élargit. On aurait dit qu'elle avait attendu cela depuis des années. - Tu vas souffrir, Street, cria-t-elle en brandissant sa baguette. - Je ne pense pas, non, dit une voix aiguë et glaçante. Bellatrix, Seth, Mona, Jugson et tout les personnes présentes dans la pièce posèrent un genou à terre. Un silence cérémonial s'imposa. Lord Voldemort fit quelques pas parmi ses fidèles agenouillés à la manière d'un serpent, vêtu de sa longue robe noire, et s'approcha de Bellatrix. - Qu'il y a-t-il Bella, pour que souhaite ainsi tuer Seth, l'homme que j'ai placé à la tête de mon Ministère ? demanda-t-il de sa voix sifflante. Toute trace de fureur avait disparut du visage de Bellatrix, elle lui souriait maintenant avec déférence. On aurait dit une toute autre personne lorsqu'elle s'adressa à Lord Voldemort. - Mon Maître sait que je suis d'un tempérament envolé ! Tout est la faute de Rémus Lupin ! L'Auror Tonks est morte, mais il m'a blessé !Elle montra à Lord Voldemort sa manche arraché où la plaie venait d'être cicatrisée. Il ne répondit rien mais hocha de la tête et s'éloigna. - Mona, envoie des escadrons régler ce problème, puis rejoins-moi avec Bella. Severus ne devrait plus tarder non plus. Il fit quelques pas puis se retourna. Seth, suis-moi.Seth se releva, et obéit. Le Maître était de retour. _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
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