8 Octobre 1998
Phalange I : Pouvoir et corruption
Le Ministère de la magie, l'un des derniers endroits avec Gringotts que l'on pouvait encore qualifié de "vivant".
La fontaine magique qui représentait deux sorciers entourés d'un elfe de maison, d'un gobelin et d'un centaure occupait toujours le centre de la pièce et tout autour une masse grouillante d'aurors, de langues de plombs, de secrétaires, de magistrats et d'autres employés des différents bureaux de magie s'activaient, allant d'une porte à l'autre, hélant une personne à l'autre bout du couloir ou discutant de façon agité par petits groupes.
L'agitation du ministère n'avait donc pas changé si ce n'est que l'on voyait bien souvent des cernes noirs sous les yeux de la plupart des travailleurs. Les nuits devaient être courtes ces temps-ci.
Delacroix s'avança prudemment dans la foule. Il ne se dirigea pas comme autrefois vers la section réservée aux Aurors mais vers les bureaux administratifs de la grande cour de justice du Magenmagot.
Il lui fallut plusieurs heures d'attente et de coups de fils des secrétaires pour obtenir enfin une audience avec le président.
Lorsqu'il entra dans les bureaux, une dizaine de personne étaient réunies. Plusieurs "Aaah !" contents retentirent et tous se tournèrent vers Jean-Osten.
Un grand homme qui respirait la confiance s'avança vers lui en tendant la main :
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Nous ne pensions plus vous revoir en vie monsieur Delacroix. fit-il d'une voix chevrotante.
Jean-Osten lui rendit sa poigne de main et en dévisageant son interlocuteur. C'était Rufus Scrimgeour le chef du bureau des aurors. Jean regarda les autres personnes qui étaient réunies. La plupart des membres étaient vieux et de la haute aristocratie avec leurs manières guindées de se tenir.
Il reconnut notamment Tiberius Ogden, John Ackerley et Lunis Lestrange. Les autres visages lui étaient un peu moins familier mais il les avait déjà tous déjà vu.
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Et bien vous voyez bien que je rentre en pleine forme monsieur. dit-il sur un ton poli.
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Allons mon cher ! Ne faisons pas tant de manière ! Nous ne sommes qu'entre amis. Et puis je ne suis plus votre chef désormais. Je suis le ministre de la Magie. D'où sortez vous pour ne pas être au courant de tout cela ?Jean sursauta.
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Lord Scrimgeour vous êtes le nouveau ministre ? demanda-t-il surpris.
Le vieux bonhomme lui lança un regard triste et compatissant à la fois.
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Hélas oui. Vous savez que les temps sont durs et Fudge a été contraint de démissionner. De plus feu Dumbledore a laissé un grand vide dans notre administration et dans nos coeurs. Pendant un instant Jean resta les bras ballants la bouche ouverte incapable de réfléchir. Mais il se reprit rapidement et répondit de la voix la plus calme et désolée que requerraient les circonstances :
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Oh... Je suis navré d'entendre que le très estimé Dumbledore nous ait quitté.-
Allons, allons n'en parlons plus. Fit Rufus.
Venez, venez, nous nous sommes réunis quand nous avons appris que c'était vous. Nous avons essayé de prévenir votre soeur mais elle était partie pour enquêter sur... sur un meurtre de Vous-Savez-Qui.Jean-Osten hocha silencieusement la tête puis il dût afficher un sourire de circonstance en serrant les mains qui se tendaient devant lui et répondit poliment aux questions qu'on lui posait.
Tous ces visages plus hypocrites les uns que les autres dégoûtaient le jeune Delacroix. Pourtant lui aussi souriait à ceux qui dans son dos n'hésiteraient pas à le poignarder.
Ainsi était les sphères du pouvoir. L'argent et le sourire en étaient les meilleures armes. Ensuite venait les mots.
Ils discutèrent de tout et de rien pendant quelques instants puis la salle se vida petit à petit jusqu’à ce qu’il ne resta plus qu'Osten, Rufus et Lunis Lestrange.
Scrimgeour sembla enfin satisfait de voir tout son monde partir et laissa un peu tomber son masque souriant qui façonnait son visage.
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Bien. Nous pouvons parler franchement maintenant. Que nous vaut l’honneur de votre retour d’entre les morts, mon cher ?
- Monsieur, je ne suis revenu que pour défendre la patrie qui a accueilli mes ancêtres il y a bien longtemps. Le retour de Vous-Savez-Qui m’a grandement choqué mais comme je l’ai dit à l’assemblée tout à l’heure ma mère requerrait mes services auprès d’elle et je ne pouvais la quitter.Jean-Osten nota de prévenir sa mère de ce qu’il avait dit au cas où le ministre aurait la mauvaise idée de chercher à savoir si c’était vrai. Le mensonge était aussi une arme très efficace en politique et son éducation l’avait parfaitement formé à ce genre de gymnastique. Le vieux Scrimgeour ne fit qu’hocher la tête en signe d’assentiment. Derrière lui Lunis se taisait mais ses yeux ne cessaient de courir de l’un à l’autre, signe de sa complète attention.
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Si ce n’est que cela je peux renouveler votre licence en tant qu’auror et vous pourrez…
- Excusez moi mais il ne s’agit pas de cela monsieur. La guerre coûte cher je le sais. Je sais aussi qu’en ce moment le ministère manque de fonds. Or ma famille a rassemblé au cours des siècles une grosse quantité d’or que j’aimerais mettre à votre disposition. Scrimgeour tressaillit et Lunis Lestrange ouvrit la bouche mais aucun son ne s’en échappa. Le regard de Rufus se fit plus suspicieux.
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Que pourrions nous bien offrir en récompense de votre générosité ?
- Un siège au Magenmagot.
- Monsieur le ministre… siffla Lestrange.
Nous ne pouvons…Mais l’ancien chef des aurors ne dit rien. Il regarda longuement la cheminée, les yeux dans le vague. Jean-Osten retint sa respiration. Il avait peut-être était un peu trop direct. C’était un défaut qu’on lui avait souvent reproché mais il n’aimait pas tourner trop longtemps autour du pot. Le regard de Scrimegeour se reporta sur Jean.
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Votre grand-oncle a bien siégé au conseil et votre nom et fort connu depuis la « tragédie » de votre clan. De plus je pense que les gens compétents se font de plus en plus rares en ces temps agités… Je pense que je vais réfléchir à la possibilité qu’un homme tel que vous possède une place parmi nous.Il n’y avait plus trace de l’or dans les propos de Rufus mais le jeune homme savait à quoi s’en tenir. Il n’aurait son siège qu’une fois qu’un peu de l’or de sa famille se trouverait dans les coffres du ministère… et une autre partie dans celui de Scrimegeour.
Il s’inclina devant le ministre et Lunis avant de prendre congé. La partie était presque gagnée.