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Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: The Company's man [8] Mer 25 Avr - 21:11 | |
| Phalange II : Liens Je ne me souvins pas du nombre d’heures que j’avais passé dans l’entrepôt pour réussir à me calmer. Toujours est-il que lorsque je sortis enfin, le soleil brillait fort haut dans le ciel et je dus placer une main en visière le temps que mes yeux se réhabituent à la clarté solaire. N’ayant rien d’autre à faire j’avais rebroussé chemin en direction du ministère. Cependant je ne savais pas comment expliquer la couleur de mes yeux aux autres. Dans le rapport il avait bien été mentionné que mes agresseurs les avaient rouges, or je n’avais nulle envie de me faire soupçonner. Ces quatre là pouvaient très bien passer pour une nouvelle sorte de vampires diurnambules et qu’ils m’avaient asservie. J’aurais pu prendre des lunettes noires comme mon frère l’avait fait pour cacher son anomalie mais j’optais pour quelque chose de plus discret, une invention moldue qu’ils appelaient lentilles et qui comme par magie vous changeait la couleur de vos prunelles. Qu’il était agréable de pouvoir à nouveau se regarder dans une glace sans en avoir la chair de poule ! Ainsi j’arrivais au ministère le lendemain sans changement physique apparent ni séquelles. Je montais d’abord à mon bureau pour récupérer mes affaires. En chemin je croisai Dytinver du Magenmagot et le saluai de la main. C’était un collègue, ancien collègue, de travail de Jean qui n’arrêtait pas de vanter à qui voulait l’entendre de ses capacités à flairer le mangemort dans les rangs du ministère. Mis à part ce petit côté pompeux de sa personne il était assez jovial et poli. Arrivant à mon bureau, je le trouvais tel que je l’avais laissé : un vrai foutoir où s’amoncelaient dossiers et classeurs d’affaires classées ou non, de fiches de recrutement et autres papiers administratifs plus ou moins inutiles mais dont j’avais la très lourde tâche de me charger. Je ne m’y attardais pas plus que de raison car Seth Street, le « beau boss » - comme certaines le surnommaient dans le couloir – m’attendait dans son bureau. Comme à l’habitude l’étage réservé au bureau des aurors étaient pratiquement désert. Seul traînaient une ou deux secrétaires et quelques aurors de passage entre deux missions. Pourtant lorsque j’arrivais devant le bureau du chef, un jeune homme se tenait devant la porte comme s’il montait la garde. Il ne paraissait pas avoir plus d’une vingtaine d’années, ses cheveux étaient assez longs et il arborait un drôle de chapeau enfoncé profondément sur la tête. Je m’avançais vers lui dubitative. Je ne l’avais jamais vu ici. Que faisait-il planté là comme un poteau téléphonique juste devant la porte de monsieur Street ? Mes bruits de pas lui firent tourner la tête. Lorsqu’il m’aperçut il pivota vivement la tête et il me regarda approcher en me jetant des œillades par-dessous sa casquette. Arrivée à sa hauteur je m’arrêtais et souriante je lui demandai : « Vous avez rendez-vous avec monsieur le directeur ? » Le jeune homme se cramoisie et enfonça un peu plus sa tête dans ses épaules comme s’il voulait disparaître. « Oui… Enfin je veux dire non. Monsieur Street m’a demandé de l’attendre. Nous devons heu… Il doit faire une déclaration au Magenmagot… Plus tard.- Pardon mais, vous êtes ? » Le gamin se redressa en bombant fièrement le torse et sembla tout à coup plus sûr de lui comme s’il avait répété cette scène des centaines des fois et qu’il la jouait par cœur : « Je m’appelle Flint, Dread Flint. Je suis auror nouvellement diplômé de la session 98/99 de l’école pour la formation de l’unité tactique auror.Je levais un sourcil. - Six mois plus tôt ? Voilà qui est étrange.Le garçon se dégonfla aussi vite qu’un ballon de baudruche et rougis à nouveau. - C’est à cause du manque de candidats et de l’urgence de la situation, madame. Mais j’ai passé haut la main toutes les épreuves de filature et de déguisement demandées lors de la validation de l’examen. » Mouais. En plus de nous envoyer des bleus, l’école nous refourguait à présent des bleus encore en cours de formation. La situation se faisait encore plus urgente qu’elle n’y paressait déjà me rendis-je compte. Si l’on devait s’engager dans une longue guerre, le Dark Lord nous gagnerait inévitablement à l'usure. A part si l’Elu… Non. L’Elu avait bel et bien disparu depuis plus d’un an et demi. Hors de question de devoir compter sur ce gamin, Potter, visiblement. Ou alors c’était un de ces huluberlus de vénitiens aussi ? L’idée me fit sourire mais le rouquin timide s’éclaircit la gorge comme pour ramener un peu d’attention sur lui : « Hum. Heu… Je crois que monsieur Street voudrait vous voir d’abord. » J’hochai la tête et passai la main dans halo de lumière verdâtre. La porte s’ouvrit au bout de quelques secondes après que Seth Street ait confirmé ma demande de passage. La pièce était spacieuse mais mis à part un portemanteau à l’entrée, le grand bureau qui trônait au centre de la pièce et la bibliothèque sur collée au mur du fond, elle était pratiquement vide. Monsieur le directeur me tournai le dos et semblait plongé dans une contemplation méditative devant de vieux volumes reliés de la bibliothèque. Il se retourna dans un balai de cheveux ébène et resta quelques instants de plus l’air distrait comme s’il lui fallait chasser de son esprit les nombreux soucis qui devaient l’accabler en tant que chef de notre département avant de pouvoir retrouver sa mobilité. - Bonjour monsieur le directeur. Je suis désolée d’arriver si en retard à votre convocation. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.Derrière moi la porte se referma. _________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: The Company's man [8] Mar 8 Mai - 20:27 | |
| Souriant, il observa Joanne qu’il n’avait pas revu depuis son agression au sein de Londres. Il passa machinalement une de ses longues mèches de cheveux, qu’il lui faudrait bien couper un jour, et écouta les paroles d’excuses qu’elle lui donnait. - Bonjour Joanne. Il lui montra le siège qui lui faisait face, et enchaîna. Puis-je savoir quel coup du sort vous a retenu cette fois ?- Une rechute.Pour une raison qu’il ne compris pas, elle se reprit, comme troublée. - Une rechute à cause de l'accident. Vous me comprenez ?- Aisément. Ce n’était de toute façon pas très recommandé de revenir travailler après cela. Vous êtes toute pardonnée. Vous êtes sûre de ne pas vouloir prendre un jour de plus, par… « précaution » ?- Je vais très bien merci. Je suis en meilleure forme que je ne l'ai jamais été.- Vous m’en voyez ravi. Avez-vous reconnu ces créatures Joanne ?- Heu... Je... Non, je suis désolée, tout est allé trop vite. Mais il semble que mes agresseurs étaient les mêmes que ceux qui ont assassiné la famille Bones et leur fille cadette. Ceux sont probablement des mangemorts.- Des mangemorts sautant des toits et mordant la chair à pleines dents ?- Des mangemorts oui ou quoiqu'ils puissent être d'autres au service de Vous-Savez-Qui.Il resta pensif, comme perturbé par ses idées contraires. Perdu dans ses pensés, il en fut tiré par Joanne qui se gratta silencieusement la gorge, pour lui rappeler sa présence. Il se détendit, quittant l’espace d’un instant son poste de Directeur des aurors. - Sinon, on fait quoi ce soir ?Joanne enleva le ton professionnel qu’avait eu sa voix jusqu’alors pour l’adoucir. - J'ai vu que la Revanche des Mages noires était sortit la semaine dernière. On pourrait tenter d'attraper la dernière séance. Et après qui sait ? Peut-être que tu pourrais être trop fatigué pour rentrer chez toi et venir me tenir compagnie...- Vendu. On se rejoint ce soir à l’Atrium ?Elle se leva en hochant la tête, ouvrit la porte et sortit. - Tenez moi au courant Joanne, dit-il en reprenant son ton habituel. Rentrez Flint rentrez.Le jeune homme rentra, retirant son chapeau et le plaçant contre son torse, comme s’il rentrait religieusement dans un monastère ancien. Comme à Joanne, Seth lui fit signe de s’asseoir, ce qu’il fit, le visage rouge. - Flint nous avons, il regarda sa montre, approximativement une vingtaine de minutes avant que je rende compte de la situation à mes supérieurs. J’aimerais mieux vous connaître, car je sens que je vais avoir de plus en plus besoin de vous pour les temps à venir. - Comme vous voulez monsieur.Seth pencha en arrière son fauteuil et prit son calepin. - Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir devenir auror Flint ?Le jeune homme paraissait embarrassé, soudainement questionné par son supérieur. Il resta silencieux faisant tourner son couvre-chef entre ses mains. - Si c’est trop personnel vous me le dites, hein ? - C’est à cause de mes parents, dit-il brutalement, comme si cette phrase lui sortait du plus profond de ses entrailles. Seth haussa ses sourcils, et le roux enchaîna. Il sont morts il y a un an et demi, tué par les hommes de vous-savez-qui.- Je n’étais absolument pas au courant, vous m’en voyez désolé, je peux arrêter si…- Ce n’est pas grave, répondit le jeune homme en souriant. Je n’en parle pas souvent. J’ai alors décidé de devenir un auror pour empêcher que de tels drames se reproduisent.Seth l’observa longuement, puis referma le carnet d’un coup sec, en se relevant. - C'est très louable à vous. Je m’arrêterais là. Suivez moi, nous avons à faire aujourd’hui.- Bien monsieur, dit-il en enfonçant son chapeau sur sa tête rousse. _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: Re: The Company's man [8] Ven 11 Mai - 16:13 | |
| 21 Janvier 1999 (nuit) La journée était passée à une vitesse horriblement lente. Les affaires s’empilaient sur mon bureau plus vite que je ne pouvais en lire les rapports. De plus le chauffage devait mal fonctionner et je grelottai presque tout l’après midi en jetant un coup d’œil toutes les deux minutes à l’horloge et regrettai qu’il n’existât pas un retourneur de temps pour le futur. Quand enfin vingt-deux heures sonnèrent ainsi que l’heure de la fin de mon service, je m’étirai longuement, le corps perclus de crampes. Le travail m’avait paru ennuyeux et mes pensées ne cessaient de dériver sur les SangDragons, ma transformation et l’étrange visite de cette Gabrielle mais aussi et surtout sur cette soirée prévue avec le beau Seth. Je m’empressai de ranger le classeur que j’épluchai minutieusement concernant les rapports de différents aurors en poste en Ecosse, enfilai mon manteau et mon écharpe puis sortit de mon bureau. J’avançai à grands pas dans le couloir, pris l’ascenseur et me retrouvai dans la vielle cabine téléphonique. Dehors il faisait froid. Pour me réchauffer j’allumai une cigarette et attendit dans la plus grande impatience que le directeur vint me rejoindre. Notre relation durait depuis presque un an déjà mais pratiquement personne n’était vraiment en courant. Non, pas que nous le cachions mais lui et moi avions certaines convictions et restions strictement à nos places dans le cadre professionnel en tant que supérieur et subordonnée. Faire interférer les sentiments pouvait se révéler mauvais pour le travail. C’était arrivé comme ça un jour d’hiver alors qu’il pleuvait et que j’avais oublié mon parapluie. Sortant du ministère il m’avait gentiment proposée de me raccompagner chez moi et nous nous étions collés l’un contre l’autre pour se protéger tant bien que mal des gouttes qui tombaient à verse. Résultat nous étions arrivés tremper des pieds à la tête et je l’avais supplié de venir se sécher chez moi et de prendre un bon café pour se réchauffer. Finalement il avait préféré prendre un thé à la menthe. Pendant que nous étions attablés à parler de la journée nous nous étions fixés l’un l’autre et j’avais perdu mon âme dans la profondeur de ses yeux. La suite s’était déroulée trop vite pour que je m’en souvinsse mais en repartant chez lui, Seth m’avait laissée comme un arrière goût de thé à la menthe dans la bouche. Derrière moi l’ascenseur camouflé en cabine téléphonique émit un doux ronronnement. Quelques instants plus tard un grand bonhomme aux longs cheveux d’ébène émergea de celle-ci. Il portait son imperméable sombre et une écharpe était passée autour de son cou. Consciente que le froid ambiant avait dû rosir mes joues et mon nez je me renfonçais un peu plus dans mon manteau avant de me rapprocher. - Tu fumes maintenant ? me questionna-t-il en louchant sur la cigarette presque consumée que je tenais à la main. - Pour me réchauffer. Il haussa les épaules et sourit : - Bien, ne perdons pas de temps. Il ne faudrait pas arriver en retard.Nous nous prîmes la main et nous nous enfonçâmes dans les froides ténèbres d’une nuit de fin janvier. Nous marchâmes en silence pendant un moment, passant devant Hyde Park et le Palais St James avant d’arriver au Grosvenor Square. Là, nous prîmes deux tickets pour le film dans la salle 7,4 et nous installâmes. L’histoire n’était pas dure à comprendre. En gros il s’agissait d’un brillant auror, jeune et à qui tout souriait qui se retrouvait peu à peu confronter à des choix qui engendraient des conséquences qui toujours le dépassaient et il finissait par renverser le gouvernement pour mettre en place un dictateur qui opprimait les sorciers. Heureusement il avait un fils dont il ignorait l’existence et qui était prédestiné par une prophétie à rétablir la justice dans le monde magique. Le film s’arrêtait à peu près là, on attendait la suite pour dans quelques années. Il était facile de faire un parallèle entre ce film et la réalité. Petit à petit Voldemort prenait de plus en plus de pouvoir et contrôlait de plus en plus de zones en asservissant ses populations. L’enfant symbolisait Harry Potter, le « Survivant », l’espoir de toute une nation qui avait hérité de certains des pouvoirs du Lord. En revanche, pour nous, notre Espoir s’était volatilisé depuis plus d’un an. J’étais pourtant sûr que le prochain film, lui se terminerait bien avec le retour de la liberté. Malheureusement la réalité ne correspondait que rarement à la fiction. Il était une heure fort avancée de la nuit lorsque nous sortîmes de la salle de cinéma. Dehors les rues s’étaient pratiquement vidées. Il faisant un froid encore plus glacial et à chaque fois que j’ouvrais la bouche un petit nuage de vapeur s’élevait dans les airs. Malgré l’heure tardive nous nous arrêtâmes un moment à Hyde Park pour observer la lune. Elle était presque pleine. C’était beau mais aussi inquiétant car les Loups-garous ne manquerait pas de se manifester. Mais à quoi pensais-je donc me gourmandai-je ? J’étais avec Seth, Seth Street, un homme beau et intelligent qui me comblait de bonheur. Les étoiles brillèrent lorsque nos bouches se rencontrèrent et un millier de saveurs déferlèrent en moi comme un torrent douceur. _________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: The Company's man [8] Jeu 17 Mai - 19:12 | |
| Il décolla ses lèvres des siennes, et put voir son beau visage rougi par le froid à la lueur scintillante de la pleine lune. La serrant contre lui, il caressa doucement ses cheveux, perdant son regard dans les zones d’ombre du parc. Lentement sa main prit la sienne, et leurs regards se croisèrent. Un an que cela durait, un bonheur que même la guerre et les morts à répétition n’avait pas pu altéré. S’attacher ainsi à une personne, qui pouvait mourir à tout moment, du fait de ses fonctions, représentait beaucoup. Alors, tendrement il se pencha et l’embrassa dans le cou, susurrant les mots qu’elle aimait entendre. Il s’assit sur un banc en acier vert, glacé par le froid, elle s’y coucha pour laisser reposer sa tête sur ses genoux. C’est un de ces rares soirs où le ciel se trouvait dégagé, et les étoiles visibles étincelaient. La tête penchée en arrière, il ferma les yeux et caressa doucement le dos de sa main. Il n’avait jamais eu trop besoin de sommeil, mais pour une raison qu’il ne pouvait encore expliquer, il sentit une soudaine fatigue tomber sur ses épaules. - Tu sais quoi ? - Non.Il releva la tête et se pencha vers elle, en souriant. - Je crois que je suis trop fatigué pour rentrer chez moi. Elle sourit à son tour, amusée. - Tu peux venir chez moi, c’est à deux pas.- Je crains de n’avoir plus le choix, dit-il en riant. - - - - Chut, dit-elle en portant son index à ses lèvres, les petites dorment à cette heure.Enlevant son manteau et le posant sur une chaise, il fronça les sourcils. - « Les petites » ? Tu m’as caché que tu étais mère d’une demi-douzaine d’enfants en bas âge ? - Une affaire compliquée, répondit-elle en faisant un geste vague de la main, ce sont celles de mon frère, tu comprends ?- Non, mais c’est pas grave. Il glissa ses mains fraîches sous sa veste, et la souleva pour l’amener dans sa chambre, la déposant sur le lit, la déshabillant, la couvrant de baiser, l’amenant dans une nuit pleine de douceur et de tendresse. - - - - Bonjour, veuillez décliner votre nom, prénom, et le but de votre visite. - Seth Street, je viens dératiser le ministère.Un badge argenté, comme chaque jour, dégringola de la boîte en fer, et dessus l’on pouvait lire « Seth Street, dératisation ». Il descendit jusqu’à l’Atrium, et refit le même chemin qu’il faisait chaque matin depuis longtemps déjà. - Seth ! Il faudrait que je vous parle.Godric Dytinver venait de l’apercevoir, et sur son visage se lisait une anxiété qu’il n’avait encore jamais vu chez ce vieil homme. Sa voix quant à elle, trahissait sa nervosité et sa détresse. - Bien sûr, bien sûr, où pouvons nous…- Suivez moi, prenons l’ascenseur. Pipant mot, Seth le suivit, et attendit, une fois les portes de l’ascenseur fermées, que Dytinver prenne la parole. Azimov est mort. Seth s’arrêta net. Langal Azimov était un des trois majors du bureau des aurors, un être intelligent et rusé, un bon auror à tout point de vu, et un major d’exception. - Comment ?- Retrouvé mort, chez lui. On ne sait pas encore comment ils ont trouvé son adresse, ni comment ils sont rentrés. Avalant sa salive, Seth se tourna vers son supérieur. Le visage soucieux, sur son front se dessinait des plis. - Vous pensez à la même chose que moi ? - Oui. Nous devons vite lui trouver un remplaçant, donner une promotion à un autre auror pour prendre son poste. Si ce n’est pas fait rapidement notre organisation risque de perdre du terrain, et nous ne pouvons pas nous le permettre. Vous avez quelqu’un en tête ?L’ascenseur s’arrêta, et les portes s’ouvrirent. - Que pensez vous de Joanne Delacroix monsieur ? _________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: Re: The Company's man [8] Sam 26 Mai - 12:45 | |
| La nouvelle me laissait pantoise. Mon esprit essayait toujours de comprendre ce que l’on venait de m’annoncer pourtant je ne parvenais pas, malgré tous mes efforts, à réaliser qu’Azimov était mort. Mort ! Une nouvelle victime de plus à pleurer et un excellent auror de surcroît qui avait déjà montré son talent des centaines et des centaines de fois au cours des longues années où il avait servi le ministère. Malheureusement il y avait plus grave encore. Le Seigneur des Ténèbres ne se contentait désormais plus d’assassiner des opposants. Il s’en prenait à la haute hiérarchie. Plus personne n’était à l’abri. Qui serait le prochain ? Un autre major ? Le ministre en personne ? Je frissonnais. Seth Street ? Non impossible. Pas lui. Il ne pouvait pas me quitter. Il ne devait pas. *** Plusieurs jours avaient passé depuis. Je rentrai à peine d’une visite à Poudlard pour une inspection de routine. Fourbue, je m’installai à mon bureau et me massai les tempes du bout des doigts. Mon crâne était comme un tambour qui résonne. Je farfouillai dans un tiroir à la recherche d’une bouteille d’eau pour rafraîchir ma gorge en feu. Je n’avais même plus la force de me lever pour aller en chercher une glacée. En effet, je n’avais guère dormi de la nuit. En plus de cette pénible inspection à l’école des sorciers, la petite Lamie, petit bout de chair rose d’à peine trois ans, avait passé sa nuit à brailler après son père, bientôt suivie par les cris de son aînée d’un an, Marianne. Plus d’un mois que leur père avait disparu. J’avais bien tenté de les rassurer en leur disant qu’il reviendrait bientôt mais rien n’y avait fait. D’ailleurs je n’étais moi-même plus très sûre qu’il revînt jamais. N’avait-il pas déjà disparu durant cinq longues années ? S’il ne revenait pas pour moi, reviendrait-il au moins pour ses filles ? Je jetai un regard autour de moi et mon œil tomba sur mon reflet dans la vitre de l’horloge. Malgré les lentilles bleues que je portai pour cacher mes yeux rougeoyant je distinguais très nettement ceux de ma représentation fantomatique. Comme d’habitude elle semblait me narguer, un léger sourire aux lèvres, ce petit air de défi brillant dans ses yeux sanglants. Je n’osais presque plus me regarder dans le miroir. L’image de cette femme qui me ressemblait mais qui n’était pas moi ne cessait de me hanter. J’avais peur d’elle. Ou bien était-ce la peur de ce que je pouvais être ? Ce même mal qui avait rongé Jean jusqu’à la moelle, le ressentait tout aussi vivement qu’il avait pu le vivre. Mais il y avait cependant une différence entre lui et moi. J’avais trouvé une échappatoire. Un endroit où me réfugier lorsque la douleur était trop intense. Un endroit qui m’accueillait et dans lequel plus rien ne comptait. Cet homme, je crois que je commençais à tomber vraiment amoureuse de lui. *** Réveil. Il faisait un noir complet dans la chambre. Tout semblait calme et immobile comme si le temps avait suspendu son vol. Cela faisait du bien de sentir un corps chaud collé à soi. J’entendais son souffle régulier dans mon oreille, ses bras passés autour de ma taille m’enserraient avec douceur et nus comme au premier jour. Dans cette atmosphère de quiétude qu’est-ce qui pouvait bien m’avoir réveillée ? Je tendis l’oreille mais n’entendis rien de plus que sa respiration, une vague odeur de transpiration embaumait l’air mais rien de particulièrement dérangeant. Ni son, ni odeur. Sans doute l’effet de mon imagination, et je me rendormit. *** - Alors ça y est ? demanda-t-il. T’es enfin tombée amoureuse, c’est ça ?Je sentis mes joues s’empourprer légèrement. « Je n’ai pas dit ça ! Je ne suis pas sûre. Pas encore. - On dirait que tu parles du boulot. Il haussa les épaules comme s’il ne tenait aucun compte de ce que je lui disais. A force de toujours hésiter tu vas rater toutes les occasions qui se présenteront dans ta vie. Si tu aimes le patron, fonce et voit jusqu’où tu peux aller avec lui. » Il s’arrêta et me lança un petit sourire malicieux dont il avait le secret, les yeux pétillants : « Bien sûr si ça ne marche pas, sache que je garderai toujours une place là pour toi. » Il tapota la poitrine à l’emplacement du cœur. - Kyle… fis-je trop fatiguée pour m’énerver. - C’est bon, j’ai compris ! Je retourne au boulot. Mais franchement Poudlard c’est vraiment trop barbant. Le professeur qui vient de mourir a simplement dû tomber des escaliers. Je vois pas comment les Mangemorts pourraient s’y prendre pour nous zigouiller le prochain. On tout passé au peigne fin.- Le nouveau professeur de Défense arrive dans combien de temps ?- Je ne sais pas trop… La vieille peau de directrice apprécie pas trop de nous voir traîner devant son portail ou dans les couloirs. M’enfin normalement c’est pour dans une semaine environ.- Parfait. Je veux que quelqu’un surveille leur arrivée, compris ? » Il leva les sourcils et ouvrit les mains : « Vos désirs sont des ordres, comtesse. - Kyle… » Mais déjà l’auror s’éclipsait par la cheminée en me lançant un dernier clin d’œil il disparut dans un nuage de fumée. Je soupirai. Il était incorrigible celui-là… J’étais plongée sur le dossier du meurtre d’Azimov quand soudain la porte se rouvrit et le jeune Flint entra, essoufflé et tout rouge, son chapeau à la main. - Il… Il y a eu un nouveau meurtre au ministère…_________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
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