Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Dans les couloirs de Poudlard (#2)

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Ael
Number Two


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MessageSujet: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Sam 26 Mai - 21:42

-C'est quoi le prochain cours?
-Glandage.
-Hein?! Je croyais qu'on avait toute la journée de remplie?
-Boarf, les cours de Flit sont ennuyeux à mourir. Viens plutôt avec moi, on trouvera bien un moyen de s'éclater.


Ael soupira, elle n'avait pas envie de revivre les cours interminables de Flitwick mais ne tenait pas non plus tellement à se faire remarquer plus que ça... quoique, d'un autre côté, c'était pour le bien de sa mission puisqu'il fallait qu'elle tisse des liens avec Matis pour approcher les autres. Elle lui fit un grand sourire et se laissa entrainer à sa suite vers un couloir quelconque du quatrième étage. Ils furent bientôt rejoint par trois autres élèves dont elle apprit qu'un était également de gryffondor tandis que les deux autres étaient de serdaigle.

-Chut. Prenez un air innocent, voilà Rusard.

-Rusard?
-Un sale type, chargé de la surveillance. Il y a un nouveau aussi à ce qui paraît.
-Un nouveau? ... Il faudrait lui faire un petit cadeau de bienvenue non?
-J'aime tes idées Lyly!


Les six compères s'engagèrent dans un couloir mons fréquenté à la recherche d'une idée tonitruante. Ils écartèrent toute idée de bombabouse, bien trop puérile, de porte piégée, trop facile et tentèrent de se concentrer sur une idée qui serait retentissante. Un instant Ael oublia qu'elle avait en réalité 20ans, elle oublia qu'elle était là pour une mission... elle retrouvait l'excitation de ses 17ans, la perspective d'une connerie quelconque et d'une franche rigolade entre potes. Soudain, ses années à Poudlard lui manquèrent intensément, sa bande de bras cassés et tous les bons moments qu'elle avait pu passer.

Ils pénètrèrent dans une salle de classe vide et se concertèrent du regard. L'un des serdaigle alla jusqu'à la fenêtre et eut un sourire gigantesque, il y avait un monde fou dans le parc; peut-être même y avait-il un quelconque cours de botanique? L'élève opina doucement de la tête et tous s'organisèrent autour de la fenêtre. Chacun avança jusqu'à ce point de vue idéal ... point d'action aussi, ils sortirent leurs baguettes et se sourirent mutuellement.

-AGUAMENTI

Un torrent d'eau déferla sur les malheureux qui se plaignaient déjà du froid. La petite troupe s'attarda quelques secondes à regarder les fruits de leur méfait et partirent en courant et pouffant de rire. Ils tournèrent à droite au premiere couloir et s'arrêtèrent nets en voyant une jeune fille, allait-elle les dénoncer? Lyse se pencha vers Matis pour murmurer:

-Qui c'est?
-Une serdaigle, en 4ème année, elle s'appelle Eve.
-Elle risque de nous balancer?
*L'un des serdaigles prit la parole*-Non. Elle traîne souvent toute seule mais n'est pas du genre à poser de problèmes.
*L'autre serdaigle continua*- Par contre si on reste là, on aura besoin de personnes pour avoir des problèmes...

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Sam 16 Juin - 20:27

Samaëlle suivit le jeune homme, saluant les autres professeurs d'un bref mouvement de tête.

-Maudit sois ceux qui posent des questions.

Son compère se contenta de ricaner, comme à sa fâcheuse habitude. Cependant, elle devait reconnaître que bien qu'il soit toujours exaspérant, il lui tapait moins sur les nerfs. Peut-être les derniers évènements l'avaient-elle rendu plus patiente? Plausible mais pas certain. Le changement d'environnement, son retour à Poudlard, ne la rendait pas vraiment nostalgique. C'était juste de vieilles pierres témoins de son passage ici et du gâchis de ses jeunes années. Alors quel était ce sentiment qui étreignait dès qu'elle posait son regard sur un élément unique de ce lieu magique?

En sortant de la salle, ils prirent à gauche, en direction de la tour Ouest. De temps à autres, ils croisaient des élèves, en retard pour la plupart. Quelques minutes plus tard, ils circulaient dans des couloirs beaucoup moins fréquentés. En observant la démarche burlesque de Sawyer et sa façon incertaine de se diriger, Samaëlle était pourtant persuadée qu'il savait où il les menaient.

Effectivement, ils en arrivèrent à marcher pendant plusieurs minutes sans rencontrer personne. Samaëlle n'était pas faite pour les grands discours, qui de toute manière auraient trop attiré l'attention si quelqu'un était tapi quelque part. Les deux collègues déambulaient côte à côte, comme des professeurs discutant des récentes performances de leurs élèves.

La jeune femme attrapa la main de Sawyer et l'attira à lui, leurs regards se croisèrent, elle le fixa quelques secondes, tout en portant sa main à son sac, où il put palper les formes étranges du masque de mangemort. Leurs corps se frôlèrent un instant. Elle le lâcha brusquement, le repoussant légèrement. Elle détourna la tête pour rire discrètement. D'où lui venait donc cette tendance à provoquer les gens? Elle retourna à son état normal avant de lui parler.

-J'ai trouvé ça dans la forêt, loin du chemin et quasiment recouvert par la végétation. Il était accompagné d'un camp vieux de plusieurs mois. Savez-vous ce que c'est?

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Jean Delacroix
Cramé


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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Mar 19 Juin - 7:31

Il marchait dans les couloirs, les doigts joints devant lui et écoutait distraitement la vieille sorcière lui faire l’exposé du château.
Ca avait été presque trop facile de convaincre Scrimgeour de lui déléguer cette mission de visite de Poudlard. A peine était-il rentré au ministère que ces collègues l’attendaient tous réunis au Magenmagot, et cela grâce à qui ? A ce gros benêt de Dytinver.
Enfin, ça lui avait épargné la tâche de chercher le ministre à travers tout le bâtiment. Même les larves pouvaient être utiles. Quoiqu’il en soit il avait servi un bon gros mensonge bien enrobé de mille détails plus réalistes les uns que les autres et les membres de la chambre et tout le monde l’avait cru. Se cacher des Mangemorts c’était bien ce que la moitié de la communauté sorcière tentait bien de faire, non ? Que pouvait-il bien avoir de faux dans son petit discours alors ?
Après cela, et quelques compliments versés à la douce oreille du ministre, il s’était retrouvé à Poudlard, avec pour mission de bien montrer quel intérêt le ministère portait à sa jeune génération – et surtout faire un peu de propagande. Le niveau pour devenir auror avait été légèrement revu à la baisse, autant encourager les vocations.
Déambulant au troisième étage en direction d’il ne se souvenait plus quelle obscure salle de classe qu’il avait fréquenté, il cherchait du regard un signe, quelque chose d’anormal dans le décor.
Bien sûr il n’avait pas la prétention de trouver un indice là où une ribambelle d’aurors, d’experts et de sorciers en tout genre avaient fouillé au peigne fin chaque millimètres carrés du château sans rien trouver d’autre que des toiles d’araignées, mais savait-on jamais ?
- En tout cas je suis heureuse de vous revoir Comte. Je craignais que vous n’ayez disparu pour de bon cette fois.
Il lança un coup à la petite sorcière ridée qui marchait à côté de lui et se força à afficher un sourire poli et un air courtois malgré son agacement. Pourquoi ne pouvait-elle pas aller voir ailleurs s’il y était celle là ?
- Des rumeurs, directrice. Ce n’était que des rumeurs. Je ne leur porte que peu de foi. Vous devriez en faire autant. Mais il est vrai que j’ai faillit me retrouver six pieds sous terre pour le restant de ma vie. Il fit une pause théâtrale. [colror=darkblue]Heureusement, je m’en suis sortit et me voici à nouveau à Londres pour accomplir mon devoir. C’est ce que nous faisons tous d’ailleurs. Accomplir notre devoir, je veux dire.[/color]
- Vous avez raison, Comte. Même si les devoirs de certaines personnes doivent être pénibles à porter.
La petite sorcière s’arrêta devant une porte et la poussa du plat de la main. « Voici, l’endroit où nous allons devoir nous séparer. Continuez tout droit et vous tomberez sur la salle des professeurs. Elle haussa un sourcil. Enfin je suppose que vous le savez très bien. Je pense que rencontrer d’anciennes connaissances vous fera plaisir, au revoir. »
Elle s’inclina légèrement et il fit de même. Lorsque la sorcière disparue à un coin du couloir il laissa échapper un long soupir de soulagement. Ca avait faillit ne jamais finir. Il se composa un masque rigide et replaça ses lunettes, bien enfoncées sur l’arête de son nez.
C’était sa première confrontation à visage découvert avec les autres. Il ne savait pas qui il rencontrerait, mais mis à part Samaëlle, nul n’était au fait de sa véritable identité. Il le voyait encore tous comme ce bon vieux barbu Adam D. Bélial, un nom qu’il ne souhaitait plus jamais réutiliser de sa vie. Il se sentait fébrile à cette idée.
McGonnagal avait dit la salle des professeurs. C’était sûrement là qu’ils devaient être rassemblés. Il marcha donc dans cette direction jusqu’à ce qu’il entende des échos de conversation. Les mots étaient prononcés tout bas mais la répercussion des syllabes sur les murs et son ouïe fine lui permirent de distinguer deux voix différente.
La première appartenait à Cuthbert, soit Numéro 1. L’autre était féminine et portait les accents de l’austère Samaëlle. Bien, au moins, il n’aurait pas trop de difficulté à prouver son identité. Il redressa ses épaules et se dirigea vers les voix.
Il les aperçut enfin au détour d’un couloir, lui tournant le dos. Il s’approcha à pas feutré. Il voulait voir s’ils remarqueraient sa présence.
- J'ai trouvé ça dans la forêt, loin du chemin et quasiment recouvert par la végétation. Il était accompagné d'un camp vieux de plusieurs mois. Savez-vous ce que c'est ?
Il n’était pas suffisamment près d’eux pour apercevoir ce que la jeune femme tentait de montrer à son collègue.
- A première vue, je dirais que vous portez un sac à dos tout à fait normal, miss Keyne. Mais je suppose que je peux me tromper.
Sawyer se retourna, il ne semblait même pas surpris le moins du monde, il se contenta d’hausser les sourcils dans l’expectative. Jean dégrafa son col de chemise pour y attraper la petite chaînette auquel était rattaché le médaillon en forme de chiffre romain avant de le remettre rapidement la chaînette à sa place.
Il étudia d’un œil critique les deux équipiers. Sawyer pouvait n’importe quoi, il paraissait toujours aussi loufoque, mais la robe de professeur de Samaëlle ne la montrait pas à son avantage, engoncée là dedans. Il émit un pale sourire :
- Miss Keyne, monsieur Sawyer. J’aimerai parler de la gestion de cette école avec des personnes y vivant, autre que notre chère directrice ; si vous avez bien quelques instants à m’accorder.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Mar 3 Juil - 21:47

S’amuser au jeu de la provocation avec Sawyer revenait à jouer avec le feu. Pour la première fois lui et Samaëlle s’adressaient la parole, il n’avait jusqu’à lors communiqué que par des voies indirectes. Malgré son petit coté ronchon, qui n’était pas sans rappeler l’ami Morgan, son caractère promettait bien des réjouissances. Elle l’attrapa, l’attira vers lui si près que si un élève avait vu la scène nul doute que cela aurait fait jaser et pulluler les racontars. L’espace d’un instant ils s’observèrent, Sawyer ne savait pas vraiment où elle voulait en venir, un peu déboussolé par ce brusque changement de comportement. Il sentit le contact de son corps ferme, contrastant avec la dureté du masque que contenait son sac. Elle le repoussa doucement et il se laissa faire.
- J'ai trouvé ça dans la forêt, loin du chemin et quasiment recouvert par la végétation. Il était accompagné d'un camp vieux de plusieurs mois. Savez-vous ce que c'est ?
« Ça » ? Malgré sa grande expérience du touché, les courts instants qu’il avait eu pour le palper n’avait pas suffit pour qu’il puisse définir l’objet en question. Il hésitait à lui retourner sa provocation, ou à demander à ce qu’elle ouvre son sac, lorsqu’une voix qui lui parut vaguement familière surgit des ténèbres du couloir.
- À première vue, je dirais que vous portez un sac à dos tout à fait normal, miss Keyne. Mais je suppose que je peux me tromper.
Que faisait Jean Osten Delacroix, membre du Magenmagot, haut représentant du ministère dans un couloir perdu de Poudlard ? À cette question il eu tôt fait d’avoir sa réponse, lorsque l’inattendu sorcier fit jaillir de son col un médaillon que Sawyer reconnu. Très intéressant, Maugrey avait du être au qui-vive pendant un mois si un de ses hommes avait disparut mystérieusement. Ou peut-être que le vieux borgne en savait plus qu’il ne lui aurait confié ? Il chassa ces idées de sa tête pour se re-concentrer sur la scène présente ; Delacroix était l’équipier numéro 5, ou alors le vrai équipier était l’homme qu’il avait vu lors de la sortie en boîte ?
- Miss Keyne, monsieur Sawyer. J’aimerai parler de la gestion de cette école avec des personnes y vivant, autre que notre chère directrice ; si vous avez bien quelques instants à m’accorder.
Se détournant de son interlocutrice pour observer Delacroix, il fit une légère courbette.
- Comte ! Quel honneur. Dire que j’ai eu la chance de revoir votre sœur hier encore. Cependant ma ravissante collègue et moi-même sommes arrivés hier, et j’ai bien peur que notre intervention ne vous soit d’aucun secours. Il se tourna vers Samaëlle ; elle gardait son visage stoïque voir légèrement blasé. Il s’apprêta à continuer, quand une enchaînement de voix adolescentes venant du couloir ricocha le long du coridor pour se répercuter à son oreille. Mademoiselle Lyse Duval, monsieur Matis Johnson, moi qui croyais que votre classe avait cours avec le professeur Flitwick…
Il découvrit ses dents blanches dans un sourire quasi-carnassier, semblable à celui qu’il avait fait à Morgan quelques instants auparavant.

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Ael
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Mar 3 Juil - 22:28

Le groupe de joyeux lurons s'était séparé et Lyse avait écopé de Matis, ce qui en fait n'avait rien d'étonnant. Ils riaient plus ou moins bruyamment en se relatant encore et encore leur aventure et en tentant d'imaginer la réaction des pauvres élèves qui s'étaient retrouvés sous une pluie d'eau glaciale. Pourtant le frisson glacé qui leur parcourut le dos n'avait absolument rien de simulé, la voix de Sawyer avait définitivement mis fin à leur discussion.

-Mademoiselle Lyse Duval, monsieur Matis Johnson, moi qui croyais que votre classe avait cours avec le professeur Flitwick…
-Il est ... euh... momentanément indisposé?
- Hin hin... je n'en doute pas. L'excuse est mauvaise mais amusante miss.
-Ca se tentait... Une erreur d'agenda? c'est mon premier jour!
-Ce qui n'excuse pas la présence de ce jeune homme!! *Samaëlle pointa Matis du doigt* Vous avez donc trouvé plus amusant de martyriser mes élèves plutôt que de vous rendre à votre cour?


Visiblement ils avaient parlé un peu trop fort, dommage. Lyse s'apprêta à répondre lorsqu'elle réalisa que sawyer enchainaît les grimaces dans le dos de Samaëlle et elle dut se retenir d'éclater de rire alors que celle-ci continuait de lui faire la morale. Elle échappa deux ou trois grognements de rire avant de se mordre la lèvre pour garder le silence et trouva enfin le courage de relever les yeux vers Samaëlle pour entendre la fin de son discours:

-... Monsieur Johnson retournez en cour pendant que je songe à une punition appropriée. Mademoiselle Duval veuillez rester avec nous un instant.

Les yeux de Lyse pétillèrent un instant. Elle se doutait bien que devoir rester ici avec Sawyer et Samaëlle, respectivement I et VI, n'était pas anodin. La seule question qu'elle se posait était qui peut bien être l'étrange bonhomme qui se tenait entre les deux? Son visage lui rappelait quelque chose, comme si elle l'avait déjà vu quelque part, mais impossible de se rappeler où.

Samaëlle fit un signe de tête à l'intention de l'inconnu et celui-ci révèla le numéro V qui pendait à une chaîne autour de son cou. Voilà qui éclaircissait le mystère de son identité, Lyse eut un franc sourire avant de dévoiler sa propre chaîne où scintillait l'alliance d'Alys mais surtout le numéro II. Elle réalisa qu'il manquait encore celui qui avait hérité du rôle de pion mais n'osa pas poser de question sur son absence.

-Alors, Pourquoi cette super réunion surprise?


Samaëlle lui montra le masque qu'elle avait trouvé dans la forêt et lui indiqua les quelques détails qui l'accompagnaient. Ael haussa un sourcil circonspect avant de se décider à briser le silence qui s'était installé.

-Génial! ... et maintenant, il est où le détective Conan?

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Ven 13 Juil - 19:24

Il n’avait jamais vu Deux de visu mais quelque chose le dérangea immédiatement. Il y avait un décalage entre sa forme physique et l’impression que son être dégageait. Il plissa le nez en reniflant doucement. L’odeur. L’odeur qu’elle dégageait était différente de cette Lyse Duval.

Il se tritura les méninges pour se rappeler de son nom qu’il avait lu dans le dossier que lui avait passé Maugrey. Ael Quelquechose lui sembla-t-il se souvenir. Jon ou Johns. Johns, oui, il y avait plein de Johns en Angleterre.
Il la dévisagea de derrière ses lunettes. Elle devait sûrement utiliser du Polynectar. Il aurait bien aimé savoir à quoi la gamine ressemblait réellement.

N’empêche que Maugrey aurait du en faire boire à tous. Il n’arrivait pas avec des bonnes nouvelles. Tant pis, au moins il les aurait prévenu malgré l’absence de Quatre.

Il regarda chacun d’eux avec attention avant de prendre la parole :
- « Le Détective Conan n’est pas de notre côté aujourd’hui. Ma sœur risque de percer à jour les véritables raisons de la présence de Sawyer, Keynes et Duprès d’un moment à l’autre. »
Il se fit une pose théâtrale et sourit d’un air distrait.
- « Heureusement pour vous, je vais m’arranger pour faire piétiner l’affaire un moment avec les vieux croulants de là haut. Et la… hum… disparition du Directeur des Aurors ne pourra que ralentir son enquête. Cependant, je vous conseille de ne pas vous endormir dans vos rôles. La découverte de miss Keynes est intéressante mais insuffisante pour en tirer des conclusions. Le masque à l’air d’être là depuis un moment, il se peut qu’il appartienne à un Mangemort qui était sur les lieux lors de l’assassinat de feu Dumbledore. »

Il laissa flotter un autre sourire sur ses lèvres mais se garda bien de révéler le véritable fond de sa pensée : ils perdaient tous leur temps ici. Lui plus que les autres mais il avait encore l’âme assez charitable pour venir leur donner ce petit coup de pouce qui leur faisait défaut. Enfin, il ne savait rien de plus mais peut-être que son QI – oh combien développé ! – les aiderait à voir plus clair.

Machinalement ses yeux revinrent sur Lyse. Il sentait sa nuque le picotait. Il détestait ne pas connaître le vrai fond de quelqu’un. C’était peut-être paradoxal pour quelqu’un qui se complaisait à le cacher en permanence mais la réciproque ne lui plaisait pas du tout.
Il déglutit et se força à river son regard sur la tête bariolée de son épouvantail d’équipier. Lui au moins il n’y avait rien à comprendre. Sawyer était simplement un détraqué victime d’une des lubies de Maugrey de l’avoir intégré dans leurs rangs. Tout comme moi.
- « Professeur Sawyer, étant le principal concerné, avez-vous une bonne parole à nous prêcher ? Une idée ? » Il haussa les épaules et dessina un sourire taquin sur ses lèvres. Il termina en plaisantant à demi : « Vous avez peut-être penser à vérifier si les rumeurs de l'existence de la Chambre Secrète de Serpentard sont vraies ? »

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Lun 16 Juil - 17:03

Samaëlle avait eu l'explication qu'elle attendait plus ou moins quant à l'absence de ses élèves. Cela ne l'avait pas tellement ennuyé de ne pas avoir cours avec des élèves puisqu'elle se retrouvait ici, en une espèce de réunion dans un lieu de passage avec des membres d'une organisation secrète. Elle avait du se forcer un peu pour se mettre en colère après Duval et Jonhson mais finalement les mots étaient venus plus vite qu'elle ne l'aurait cru.

En outre, la présence d'Ael lui plaisait bien, cette jeune fille dynamique boostait les échanges. Elle ne se serait en revanche pas attendu à l'apparition de Delacroix. Une rumeur n'avait-elle pas dit qu'il avait disparu? Peut-être aurait-il mieux valu, si sa présence apportait ce genre de mauvaises nouvelles. Samaëlle n'était pas au courant de la disparition du directeur des Aurors et en fut très surprise. Elle ne l'avait jamais rencontré directement mais on lui avait décrit comme une personne sympathique avec de nombreux talents. C'était triste mais plutôt bien tombé pour eux.

Lorsque le numéro 5 aborda le sujet de la chambre des secrets, Samaëlle crut qu'il avait perdu l'esprit. Elle ne connaissait pas grand chose à ce sujet, les histoires qu'on en racontait, dans ses années d'études, pour se faire peur, rien d'autre. Il était peu probable que le lien de leur enquête se fassent avec cet élément. Pourtant, il aurait été logique de ne rien exclure.

- Hin hin… je suis moi-même allé y faire un tour, c’est très mignon quoi qu’un peu glauque pour ma délicate personne. Cependant, en ayant parlé avec Duprès, l’option d’un ou des mangemorts infiltrés au sein même de Poudlard semble la plus probante. Avec la découverte d’ingrédients visant probablement à la préparation de polynectar, potion non utilisée il y a de cela un an et demi, nous ne pouvons nous fier qu’à nous même, et surtout pas à de nouvelles connaissances.


Pour un peu, la jeune femme aurait oublié ce détail. Sawyer, malgré ses attitudes inquiétantes pour sa santé mental, était en pleine possession de ses moyens et restait attentif aux moindres détails. Sûrement une déformation professionnel du à son métier de journaliste.

- S'il était possible de détecter la présence de polynectar, utilisée ou non, notre tâche en serait facilitée. La bibliothèque devrait pouvoir fournir ce genre d'info. Il faudrait aussi bien évidemment vérifier dans les réserves du professeur de potions si des ingrédients manquent et pourquoi pas procéder à une vérification discrète des courriers en direction des apothicaires. Si nous en avions la possibilité, on aurait très bien pu vérifier les registres d'achats de ces boutiques. Néanmoins c'est un énorme travail qui demande du temps. S'il s'avère que c'est une fausse piste, notre mission aura probablement échouée.

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Ael
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Jeu 19 Juil - 21:09

Ael s'était installé sur le rebord d'une fenêtre (avec quelques légères difficultés, elle ne songeait déjà plus qu'en ce moment elle avait le corps de Lyse et non le sien) et balançait ses jambes au rythme lent de la discussion. Une envie de bouger et d'action la faisait pianoter d'impatience sur le bois du cadre de la fenetre. Elle ramena ses pieds sur terre en entendant la réplique de Samaëlle.

-S'il était si facile de détecter la présence de polynectar, je crois que j'aurais quelques problèmes. Je rapelle aimablement que je suis plus jeune que vous et qu'il y a encore des élèves ici que j'ai cotoyé pendant mes études...et j'avais une certaines, hm... réputation; le genre dont on doit se souvenir encore un peu à gryffondor.

Elle haussa un sourcil à cette idée; en fait, elle aurait énormément aimer dévoiler son idée à certains de ses anciens camarades et il lui était pénible de ne devoir rien dire. Enfin, c'était déjà le bonheur de pouvoir rendre à nouveau folle de rage la vieille chouette et.. elle n'était pas là pour un voyage de plaisance. Elle fit un quart de tour sur elle-même pour faire face à Sawyer.

-Quand aux nouvelles connaissances... Je n'ai pas tellement le choix et j'en cotoie énormément. Matis Jonhson est un bon exemple, il n'était pas là lorsque j'étais en septième année. Il a une sacré réputation... c'est plus facile pour approcher les autres élèves une fois qu'ils vous ont vu avec lui.

Elle soupira en s'adossant contre le mur, elle était plus douée pour mettre en oeuvre un plan mais n'avait jamais été très droit pour en élaborer elle-même. Même maintenant elle se contentait de se laisser porter, après tout c'était plus facile d'être une exécutante, une suiveuse.

-Le problème ... c'est qu'on avance dans le flou le plus total. Ta soeur, là, elle aurait pas des infos qu'on pourrait subtiliser? En tout cas va falloir la jouer discret si je comprend bien, faut absolument qu'on évite de nous voir tous ensemble!


Ael se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir par terre. Décidément elle n'arrivait vraiment pas à tenir en place. Il y avait quelque chose qui ne collait pas, il manquait trop d'indices, il y avait trop d'imprécis. Elle leva son regard vers ses coéquipiers, l'esprit légèrement ailleurs, il y avait quelque chose qui la gênait... et ce n'était pas lié à la mission. Elle glissa un coup d'oeil furtif au numéro V et se demanda pour la septième fois au moins où elle avait pu le voir auparavant.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Lun 30 Juil - 10:19

Il n’aimait pas particulièrement le parlé particulier de la fillette. C’était désagréable à l’oreille mais certaine intonation feutrée persistait à lui tamponner l’esprit.

- « Ma sœur ne possède aucune information dont je n’ai pas accès et j’ai paralysé le système pour un bon moment. Il leur faudra deux semaines minimum avant de pouvoir recommencer à fonctionner. Demain les aurors postés ici seront rappelés pour combler les effectifs. »

Jean fit un vague geste de la main. Il aimait bien cette joyeuse conversation mais sa place n’était plus ici pour le moment, il avait donné un coup de pouce et ne pouvait se permettre davantage. Il devait rester dans l’ombre et ne plus attirer trop l’attention sur lui. Du moins, pas tant que l’affaire Seth Street bouillirait dans les cerveaux au Ministère.

- « C’est tout ce que je peux faire pour vous, je suis très occupé en ce moment au Ministère. »

Il jeta un dernier regard à Deux avant de reporter son attention sur Samäelle. Il n’avait plus eu l’occasion de lui parler depuis qu’elle avait découvert sa véritable identité et il trouvait cela regrettable. Dans le nouveau rôle qu’il allait devoir tenir, il aurait probablement besoin d’elle.

- « Professeur Keyne, ce fut un réel plaisir de vous revoir. »

Il étala un large sourire sur son visage en ramenant ses cheveux en arrière – il devait penser à les couper, cela devenait embarrassant. Puis, il se tourna vers Cuthbert et Lyse :

- « Professeur Sawyer, miss Duval, à très bientôt j’espère. Bien… Maintenant je dois continuer ma tournée avant la... »

Il jeta un coup d'oeil derrière son épaule, satané vent coulis qui soufflait dans la mauvaise direction, il ne l'avait pas sentit venir. Depuis quand était-il là ?

- « Ah. Finalement nous allons encore rencontrer une complication. Il soupira. Pas de problème, je vais m'en occuper. » Il leva la main en guise d'adieu. « A bientôt. »

Il se retourna avant d’enlever ses lunettes, montrer cela à ses coéquipiers n'avait plus vraiment d'importance, mais pas la peine de les choquer : Samaëlle n'avait pas vraiment apprécié lorsqu'elle avait vu ses yeux.
Il tint son pendentif du bout des doigts et se dirigea vers les escaliers, là, dans un renflement du mur il discerna la silhouette qu'il identifia immédiatement.
Elle leva sa main qui tenait une baguette et un sort en s'en échappa. Jean l'évita aisément et avant que la silhouette ait pu en jeter un second, il sauta, l'attrapant d'une main à la gorge, la faisant basculer au sol. Il plaça son autre main, celle qui tenait sa croix magique sur l'abdomen de l'autre.
Jean Delacroix afficha son plus beau sourire en disant joyeusement :

- « Bonjour, cher Kyle Nathaniel, mais qu'allons nous donc faire d'un petit fouineur comme vous ? »

Et il lui administra un petit sortilège d’étourdissement. La dernière chose que put voir le pauvre auror du Comte, fut les deux trous rouges qui lui tenaient d’yeux.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Mar 31 Juil - 0:01

Sawyer resta quelques secondes pensif après le départ du comte Delacroix. Son esprit vif mettait en place les nouvelles pièces qu’il lui étaient offertes pour tenter de construire une autre partie du grand puzzle. Ses yeux restèrent dans le vide un instant, avant qu’il qu’il se rende compte que les deux autres jeunes femmes présentes dans le couloir semblait attendre qu’il prenne la parole.
- Hin hin, ainsi nous allons de surprise en surprise. Si l’une d’entre vous croise l’ami numéro 4, il faudra lui faire un petit résumé de cette entrevue. Pour l’instant la seule chose que nous pouvons faire c’est de garder l’œil ouvert et de glaner le plus d’information possible. Comme dirait le vieux, vigilance constance.
Il se gratta légèrement la gorge ; ce discours lui paraissait bateau, et cette mission l’ennuyait déjà. Il n’aimait pas les souvenirs que lui remémorait le château, et le sentiment étrange qui le prenait, du fait de son incapicité à la tristesse était étrange, voir déstabilisent.
- Pour communiquer entre nous nous allons devoir passer par des moyens détournés. Miss Duval, je t’encourage à faire un maximum de bêtises, de manière à ce que numéro 6 ou moi-même ayons toutes les raisons de te convoquer dans nos bureaux respectifs. Il ponctua cette déclaration d’un clin d’œil, semblable à celui qu’elle lui avait fait de longues années auparavant, connaissant le tempérament farceur de sa co-équipière. Après tout, elle avait été dans le groupe concurrent de la Main pendant trois longues années. En y réfléchissant bien, ils n’avaient été concurrents que deux ans, la dernière ne comptant pas vraiment.

- Le mangemort infiltré ici va finir par faire une erreur, peut-être même s’attaquer à l’un de nous. Il se pourrait qu’il ai prit l’apparence d’un professeur, chose difficile à vérifier. Il pensa à Flitwick avec qui il avait longuement parlé de son passé, nul doute que celui-ci était le vrai. Je doute un peu que le Comte arrive à nous débarrasser si facilement de la Comtesse, du fait de ma présence et de la votre. Ze-ha-ha, je lui souhaite bon courage. Sur ceci, si miss Duval veut bien rejoindre les siens, nous avions une promenade en cour le professeur Keynes et moi.
- Je ne sais pas vraiment qui sont les "miens" dont vous parlez professeur, mais j'ai quelques idées d'où traîner avant de me rendre avec joie au cours de potion.
- Hin hin… Allez en paix. La jeune fille s’en alla, les mains derrière le dos. Sawyer se tourna vers sa collègue, qui était restée étrangement silencieuse depuis l’arrivé de jean Delacroix. Il tendit son coude vers elle et dit ; Prenez donc mon bras mademoiselle Keynes, j’ai hâte de continuer de parcourir ces couloir en votre compagnie.
Et comme pour accompagner ses propos, le ciel se dégagea un peu, laissant percer au travers des nuages ce soleil jusqu’à lors resté caché, et éclairant par la fenêtre le corridor, l’arrachant de ses ténèbres. Sûr que ce serait une belle journée.

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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Jeu 2 Aoû - 14:32

Samaëlle imaginait les yeux de Jean à travers ses lunettes. Ses pupilles étaient-elles toujours aussi rouge ? Sûrement, s’il pouvait contrôler ce phénomène elle ne l’aurait jamais vu. Bien sûr, au début, elle avait été surprise, effrayée même. Qu’avait-elle pensé déjà ? Ah oui. Si cette couleur rubis était humaine. Elle sourit faiblement. Finalement, la réponse n’était pas si évidente que ça.
La jeune femme écoutait paisiblement le flot de paroles de ses coéquipiers. Elle saisissait des mots, des phrases, mais cela restait en fond sonore. Elle regardait le ciel par la fenêtre. Les nuages s’entassaient, comme des poids lourds dans un carambolage. Elle soupira. Bientôt il ne ferait pas bon mettre le nez dehors, ses élèves perdraient sûrement une grande partie de leur intérêt pour sa magnifique matière.

-Professeur Keyne, ce fut un réel plaisir de vous revoir.

Elle fixa l’écran fumé de ses lunettes, inclina la tête. Pourquoi rougissait-elle ainsi ? Avait-il pris tant d’importance pour que ces quelques mots agréables la satisfasses ? Ou bien avait-elle perdue à ce point le goût du contact humain pour être devenue si sensible ? Elle secoua la tête discrètement. Elle la releva à temps pour voir le sourire de l’homme. Elle se sentit apaisée. Ca n’avait guère plus d’importance maintenant.

Les paroles de l’étrange bonhomme attira son attention. Ainsi donc Sawyer encourageait la jeune Lyse à faire ressortir son côté délinquant. Samaëlle fit la moue, tant qu’elle ne s’acharnait pas sur ses élèves. En abordant le sujet de l’équipier numéro 4, elle se demanda comment celui-ci s’en sortait. Vivre en quasi permanence avec Rusard avait quelque chose d’irréel, comme si le vieux concierge n’avait pas de vie propre, qu’il existait uniquement pour chasser et punir les élèves de Poudlard. Son bureau glauque et repoussant, sa chatte peste… Le jeune homme devait en baver, sauf si évidemment il partageait le même goût prononcé pour les châtiments.

-Le mangemort infiltré ici va finir par faire une erreur, peut-être même s’attaquer à l’un de nous. Il se pourrait qu’il ai prit l’apparence d’un professeur, chose difficile à vérifier.

Samaëlle sentit une boule d’appréhension dans le creux de son ventre. Affronter une faune et une flore dangereuse, elle savait faire. Se battre en duel ou contrer une attaque humaine, cela lui semblait dur après le test de la première mission. Elle n’avait pas été seule longtemps et un concours de circonstance l’avait aidé. Cela ne se reproduirait sûrement pas. Ses capacités en sortilèges n’étaient pas mauvaises mais elle manquait de rapidité.

-Prenez donc mon bras mademoiselle Keynes, j’ai hâte de continuer de parcourir ces couloir en votre compagnie.

Samaëlle atterrit dans la réalité. On avait prononcé son nom ? Oui, le jeune homme la regardait avec insistance. Pourquoi lui tendait-il son coude ? Elle mit du temps à sortir de ses rêveries. Elle écarquilla les yeux quelques secondes, elle avait plutôt vu la fin de cette réunion comme la séparation de ses membres. Mais il est vrai qu’ils avaient été interrompu. L’objet de leur promenade avait été abordé, la jeune femme ne savait plus quoi dire à ce professeur de défense contre les forces du mal bien joyeux. Bien qu’elle n’aimât pas spécialement le contact charnel avec les êtres humains, la jeune femme fit un effort et prit le coude que lui proposait son compagnon. Comme pour récompenser cette action, le soleil illumina enfin leurs pas.
Comme à un bon présage, Keynes sourit doucement.

-Vous connaissez ce poème français, qui parle d’un soldat endormi dans un vallon fleuri ?

Dans sa prime jeunesse, Samaëlle avait beaucoup aimé étudier la littérature étrangère et cette poésie l’avait fortement marquée. Elle inspira avant de réciter ce qu’elle connaissait par cœur.
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.



La jeune fille fit une pause. Alors malgré tout ce temps, elle s'en souvenait encore. Un exploit si l'on comptait tout les efforts qu'elle avait fait pour renier son passé lorsque celui-ci semblait à jamais inaccessible. Sa voix avait à peine tremblé, mais son émotion la troublait. La beauté de ces mots lui donnait la chair de poule sous sa robe de professeur.

-Elle a pour nom, le Dormeur du Val. Les apparences nous cachent bien des choses, Mr Sawyer, même la pire des tragédies. En chacun de nous sommeille un dormeur du val. Alors quels seraient vos deux trous rouges?


Elle ne le regardait pas. Elle n'en avait pas besoin. Si ses mots allaient à leur but, elle le saurait immédiatement, dans ses paroles. A vrai dire, cela n'avait pas tellement de sens. Elle ne s'intéressait pas vraiment à lui, comme à aucun des autres. Elle essayait seulement de profiter au mieux du temps qui lui était imparti. Autant alors que ce soit agréable, et la poésie était une chose qui avait le pouvoir de tout transformer.

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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Ven 10 Aoû - 21:26

De quoi lui parlait-elle ? Du français… une langue de barbares ésotériques. Il rit intérieurement ; le seul français qu’il connaissait ne convenait pas vraiment, plutôt un grincheux austère à la réflexion. Que cette femme semblait mystique ! Une métaphore douteuse sur un poème français, langue qu’il ne maîtrisait pas vraiment. Où Maugrey pouvait il bien recruter ses pions ?
Son bras encore attaché au sien, il contempla l’espace d’un instant la neige qui recommençait à tomber tout en marchant. Il pensait avoir compris le sens du poème français moldu, mais ne pouvait en être réellement sûr. Pourquoi lui récitait-elle ces phrases, et surtout à lui ? Il n’était pas le genre de personne à qui l’on aimait se confier. Cela n’avait pas de sens, que voulait-elle…
- Elle a pour nom, le Dormeur du Val. Les apparences nous cachent bien des choses, Mr Sawyer, même la pire des tragédies. En chacun de nous sommeille un dormeur du val. Alors quels seraient vos deux trous rouges ? dit-elle le regard vide posé sur l’ombre au bout du couloir.

Décidément il ne comprenait pas cette femme. Pourquoi s’intéressait-elle à lui tout à coup ? Il allait de surprise en surprise avec elle. Tentait-elle de le combattre au jeu du plus absurde ? Il marchait doucement, gardant son regard fixé sur les profondeur du château.
- Hin hin, vous me surprenez mademoiselle Keynes, d’abord le coup du masque, puis ceci. Ma vie n’a rien d’une tragédie, et je crains que le vieux dicton disant « Les apparences sont parfois trompeuses » ne puisse me correspondre.
Bien sûr c’était un immense mensonge. Et seule Ael aurait pu s’en douter. Il n’aimait pas penser ni parler de son passé, n’y voyant que de sombres et tristes images. Peut-être était-ce cela. Elle voulait lui faire comprendre quelque chose, qu’elle aussi avait deux trous rouges sur son coté droit. De trous rouges, deux yeux rouges… non, il cherchait trop loin. Elle avait juste envie de lui raconter son petit poème français.
- Nous avons tous un dormeur du val au fond de nous même Mr Sawyer. De la même manière que… Sawyer s’arrêta, plissant les yeux comme pour discerner une forme dans les ténèbres du couloir. Qu’est ce qui vous prend ?

Il se tourna vers elle et porta son index devant ses lèvres, gardant son sourire narquois. Ils firent silence, et purent entendre un léger bruit de pas provenant de devant eux. Portant sa main libre à la garde de sa baguette magique, il attendit. Il lui sembla que Samaëlle faisait de même, mais il ne décrocha pas son regard de l’obscurité. Finalement, une silhouette se dessina sous la lumière d’une torche. Sawyer reconnu l’agréable corps d’Hélène qui marchait doucement, tenant un carnet de croquis, un pendentif en forme d’un sept romain pendant sur le col de son chandail.
- Bonjour Sawyer, dit-elle avec un sourire.
Sawyer cligna imperceptiblement des paupières.

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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Lun 13 Aoû - 1:44

Elle le regarda amusée, serrant un peu plus fort contre elle son carnet à dessin. Qu’il était beau ainsi, éclairé par la faible lueur des torches. Elle ressentit petit un pincement au cœur en repensant à la dernière fois qu’ils avaient été seuls. Ce type l’obsédait. Les hommes qu’elle avait connu n’avaient rien eu de si spécial qui puisse expliquer son si terrible béguin pour ce dingue. Elle s’avança encore d’un pas, Sawyer rangea sa baguette, mais pas la jeune femme qui se trouvait à sa droite, apparemment de plus en plus méfiante.
- Pourriez-vous lâcher le bras de cet homme ? demanda-t-elle d’une voix douce. Même s’il a tendance à l’oublier, je reste sa compagne officielle.
Sawyer émit un petit ricanement, et dans un lent mouvement du bras droit, qui faisait curieusement penser à celui d’un serpent qui desserre son étreinte, il libéra son bras de celui de Samaëlle. Il semblait s’être totalement remit de la surprise dont elle l’avait gratifié, et marchait maintenant obliquement dans sa direction.
- Salut Hélène, lui dit-il en découvrant ses dents blanches. Que fais tu ici, dans notre beau Poudlard ?
- Tu ne m’embrasses pas Sawyer ? Tu devrais pourtant, c’est ce que sont censé faire des amoureux lorsqu’ils se rencontrent. lui répondit-elle le regard empli de malice.
- Devant un collègue ?! s’exclama-t-il en pointant du pouce Samaëlle restée en retrait. D’ailleurs, il s’écarta pour qu’elle puisse re-apercevoir la femme au cheveux roses. Hélène, je te présente Samaëlle Keynes, ma collègue de Botanique, mademoiselle Keynes, Hélène Anderson, ma « compagne officielle ».

Elles se serrèrent la main brièvement, Hélène gardait son sourire réjoui sur les lèvres, observant la femme que Maugrey lui avait décrite comme étant numéro 6 ; de taille moyenne, peu avenante, l’impression du visage parfois dure, et de longs cheveux roses et ondulés. À n’en pas douter, c’était une des sept vénitiens qui se trouvait devant elle maintenant.
- J’étais loin de me douter que ta petite absence était en fait une mission secrète pour le compte du commander.
- Le commander ? Tu sembles t’être déjà familiarisée avec les termes techniques de la FSM. Il pointa du doigt le collier qui ornait le col d’Hélène. J’ai connu la personne qui portait ce pendentif hin hin, une jeune femme charmante. J’en garde et garderai un souvenir intarissable, ze-ha-ha.
Elle le dévisagea en fronçant légèrement les sourcils. « Sa mort n’a pas l’air de t’affecter tant que ça mon chéri. »
Il haussa les épaules en écartant les bras, pour signifier qu’il n’y était pour rien.
- Je suis ainsi, c’est comme ça. Tu pourrais mourir de façon atroce que je ne verserai pas une larme, expliqua-t-il.
Elle lâcha un soupir de résignation, et tourna à nouveau la tête vers Samaëlle, qui semblait éberlué face à ce dialogue.
- Vous devriez faire gaffe ce type, il n’a vraiment aucun cœur. Elle avança d’un pas vers Sawyer et chatouilla son nez du bout du doigt. Enfin, c’est ce qu’il essaye de nous faire croire, dit-elle amusée.

- Et à part tenter de me déprécier devant ma sympathique collègue, quel est ici ton rôle ? demanda-t-il en reculant le visage pour échapper aux chatouillis, feignant l’énervement les sourcils froncés.
- Une sorte de point d’écoute pour les enfants si j’ai bien compris, j’allais justement voir le professeur McGonnagal.
- En passant par un des endroits le plus reculé du château ? Je croyais que tu avais été à Poudlard durant ton adolescence.
Elle rougit, un peu gêné. Si elle avait su, elle aurait préparé une excuse un peu plus censée. Elle s’avança encore, posa ses deux mains sur le torse de Sawyer et rapprocha son visage du sien pour lui susurrer à l'oreille ;
- Et si j’avais arpenté le château juste dans le maigre espoir de te croiser, après avoir appris que tu étais sorti faire une balade avec un autre professeur ?
- Ça serait bien ton genre, hin hin, répondit-il d’une voix et d’un ton beaucoup plus audible.
Elle embrassa le bout de ses lèvres noires avant de rajouter à haute voix ;
- Alors il faudra te contenter de cette réponse mon chéri.

Elle y était ; elle serait toujours avec lui désormais, affronterait les même dangers, l’accompagnerait dans sa quête d’un monde meilleur, combattrait le mal à ses cotés. Hélène voulait le sentir tout près d’elle, se coller à lui, l’embrasser, le toucher, palper son corps nue. L’espace d’un instant elle se remémora une de leurs multiples danses amoureuses, sentant monter en elle une bouffée de chaleur. Sa main s’échappa alors à son contrôle, le frôla, puis doucement se glissa dans la sienne, gantée.
Ils ne seraient plus jamais seul désormais.

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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Dim 19 Aoû - 21:16

Samaëlle faillit éclater de rire. C'était prouvé désormais, elle était dans un monde de fou, doublé de menteurs. D'abord, le jeune homme lui avait effrontément menti. Pas de tragédie? Qui ne vit pas de tragédie dans sa vie? Quel qu'en soit le niveau d’importance, il y a toujours un malheur, des déceptions. Personne n'est heureux éternellement. Un humain censé aurait répondu dans le vague, ou carrément débité une partie de sa vie. Lui, lui assurait que jamais rien ne lui était arrivé.

Peut-être la prenait-il pour une idiote. Cela lui importait peu désormais, elle avait épuisé son quota d'heure mensuel où elle supportait des présences humaines proches. Elle était épuisée mentalement d'avoir combattu son aversion et son dégoût. Elle avait assistée, abasourdie, aux échanges des jeunes tourtereaux. A coup sûr ils pourraient monter un duo de comiques.
Elle serra obligeamment la main d’Hélène. Cette fille aux airs doux et sensible ne lui plaisait pas du tout et Samaëlle ressenti le vif besoin de s'éloigner, comme si elle risquait d'être contaminée par ces manières bon enfant.

Une migraine commençait à pointer son nez pointu et la jeune femme ne tenait pas à se donner en spectacle. Elle rangea sa baguette et fit un pas en arrière. Sawyer lui tournait le dos et cachait aussi sa présence -ou son absence- à sa compagne. Bien, elle ne risquait plus les questions embarrassantes pendant un moment. Elle fit demi-tour et marcha en accélérant le pas. La douleur arrivait progressivement, comme un oiseau fait son nid. Un endroit, vite, il fallait qu’elle s’allonge et qu’elle essaie de repousser ce mal lancinant.

Des bouffées de chaleur rougissait son visage tandis que des coulées de sueurs froides trempait son dos. Des vertiges vinrent s’ajouter au supplice. Ce n’était pas la première fois, mais en temps ordinaire, il y avait des flammes pour provoquer cet état. Rarement une migraine de cette envergure l’avait ainsi réduite à un tas de chair et d’os souffrant le martyr, sans âme et conscience. Le pas de Samaëlle ralentit, ses pieds ne se mettaient plus les uns devant les autres, ils se gênaient, s’emmêlaient mais supportait encore son poids.

Lorsque la vue de la jeune femme se brouilla, plus aucune des fonctions de son corps ne répondit. Elle eut juste le temps de s’appuyer contre le mur à côté d’elle. Ses mains rencontrèrent une poignée, et s’en servir pour se soutenir. La porte s’ouvrit et Samaëlle s’écroula par terre. Elle se recroquevilla, il était inutile d’essayer de se relever. Ses mains se plaquèrent automatiquement contre sa tête, la pressant comme si cela pouvait éjecter ce qu’il y avait à l’intérieur et qui ne demandait qu’à sortir. La douleur atteint son paroxysme et le reste de conscience qu’avait Samaëlle sut alors que le processus s’enclenchait.

La douleur s’atténuait un peu, son corps se relâchait et ses yeux ouverts ne voyaient pas. Ses bras repliés plaçaient ses mains sur son torse, comme si elle dormait. Et son esprit s’échappa. Il galopait, comme les chevaux libre de Camargue. Sans limite il flottait, traversant murs et fenêtres. Il cherchait un hôte, il cherchait la vérité. Il trouva deux esprits. Un esprit des ténèbres un esprit de lumière. Par instinct il se dirigea vers la lumière, comme une guêpe va vers le miel. Tout y était lumineux, tout y était beau. C’était trop attirant, trop dangereux. La nature même de l’esprit s’en trouvait choqué. Il sorti vite de cet univers, quelques images personnelles s’accrochant encore comme des sangsues. Il ne restait plus que les ténèbres. Il s’y engouffra avec hésitation, comme si un pressentiment l’avertissait du danger. Mais la Soif était plus forte. Elle était toujours plus forte.
Il plongea dans cette coquille creuse qu’était Sawyer. Il fut englouti, aspiré par le noir.

Dans la salle de classe abandonnée, Samaëlle poussa un gémissement.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Dans les couloirs de Poudlard (#2)   Jeu 23 Aoû - 16:14

Dieu qu’il la désirait. Son doux parfum fruité lui caressait le nez, emplissait ses narines, mettait en feu ses sens. La douceur de ses lèvres marquait les siennes. Son corps élancé ne cessait de le narguer, et ses belles formes avaient les effets d’une drogue sur un opiomane ; tentatrices et libératrices. Mais il estimait que tous ces sentiments n’étaient pas de l’amour, tout au plus l’attirance d’un homme pour une belle femme, une très belle femme.
Sa main au travers de la sienne, gantée, le caressait, doucement comme une approche furtive entre deux jeunes amants. Elle était là, tout près, à sa porté.
- Ainsi tu me cherchais dans les ténèbres de Poudlard ? chuchota-t-il le visage tout proche, ses deux yeux noirs fixant les siens.
- Les vampires tels que toi traînent souvent dans l’obscurité. Elle avait répondu le regard radieux d’une femme que l’amour a épanoui.
Que lui avait-il donc donné de si précieux pour qu’elle paraisse à ce point heureuse ? Il ne cessait d’observer ses belles lèvres charnues. Il voulait la saisir, la toucher, la caresser, elle avait prit possession de son corps et il s’en rendait compte un peu trop tard. Il voulait lui faire l’amour, relâcher cette soudaine tension qui prenait son corps de la tête au pied.
Alors il l’embrassa. Fougueusement, comme ne pouvait plus résister à l’attrait de la chair. Il lui palpait les hanches, collait ses lèvres aux siennes, tentait de décharger ce trop plein de il ne savait quoi. Il vit à ses yeux qu’elle était surpris ; ce n’était pas son genre de faire le premier pas, elle allait encore imaginer une tonne de trucs les plus débiles sur l’amour et tout le tralala, tant pis, il s’en fichait et lui avait déjà dit. Comme il l’attirait à elle, elle se colla à lui, pour ne former plus qu’une masse informe de chair enlacée.

Et soudain elle se crispa, fronçant les sourcils, arrêtant brutalement ses gestes langoureux. Il l’observa furtivement, avant de sentir à son tour une drôle d’intrusion, semblable à celle qu’il avait ressentit des mois auparavant dans une église à Hasting. Quelqu’un tentait de rentrer dans son esprit, à ses risques et périls.

- - -



Elle arrivait, attirée comme un assoiffé va à l’eau, et pleine de précipitation, dans la partie la plus noire et damnée de l’âme appartenant à Cuthbert Sawyer, celle où il résidait depuis tant d’année. Le pouvoir qui s’en dégageait faisait épouvantablement penser à celui d’un Dementor ; il mettait mal à l’aise, refaisait surgir du néant des peurs éteintes ou enfouies, essoufflait. Tout y était pour qu’un humain si sente comme en Enfer, car c’était l’Enfer, né de la haine et de la souffrance.
Il la regardait, derrière son apparence informe et nébuleuse qu’il prenait souvent, lui rappelant l’horrible monstre qu’avait dû affronter son autre lui durant sa sixième année à Poudlard. Il flottait dans ce vide astral, infini et cloisonné. C’était un autre monde, où tout pouvait sembler possible pour qui savait le dompter. En dix-neuf ans, il avait eu tout le temps de le maîtriser. Il savait changer de forme, malaxer l’informe pour lui donner forme, faire du silence un bruit et de la chaleur un froid glacial. La seule chose qu’il ne pouvait pas vraiment faire, c’était influencer sur l’extérieur. Mais en cette contrée maudite, il était le seul maître, et gare à qui tentait de s’y infiltrer.
Instinctivement, elle avait prit sa forme humaine. Elle jetait des regards un peu partout, cherchant peut-être une sortie. Lorsqu’elle l’aperçu enfin elle demanda, la voix tremblante, troublée par les pouvoirs de ce lieu sans nom ;
- Qui êtes-vous ?
Il la regardait, le regard mauvais. Peut-être lui permettrait-elle de sortir comme l’avait aidé le vieil homme.
- Qui je suis ? Je suis changeant, informe et formel, je suis tout et n’importe quoi. Je suis tes peurs, je suis tes craintes. Je suis les Ténèbres ! dit-il en s’avançant vers elle d’un pas. Comme s’il traversait un rideau d’eau, son apparence changea et il prit les trais d’un Sawyer dépourvut de maquillage, de cheveux violets, de sourire. Et toi, qui es-tu ?
Sa voix était à la fois apeuré et instinctive. Comme poussé par une force qui n’accordait pas d’importance à ses peurs ou à son angoisse.
- Moi ? Je suis immortelle, omniprésente, je suis en vous, je suis en tout le monde. Je suis un concentré nocif et nécessaire ; la curiosité à l'état pur. Elle recula d’un pas, les yeux fixés sur les siens, le corps tremblant et oppressé par la magie du lieu, des images du passé commençant à interférer sur son esprit. Dites m’en plus sur vous.

Il regardait ses mains à la lumière d’un soleil qui n’existait pas, le regard sombre mais détaché. La curiosité hein ? Pour la première fois, le Sawyer-alpha sourit. Un de ces sourires sans joie que l’on réserve à nos pires ennemis, à l’être que l’on s’apprête à tuer. Il déploya les bras en l’air, et une vibration fit trembler le lieu, pour que celui ci prenne l’apparence d’un lagon sans poisson ni corail, juste un océan sans fin. L’eau dans laquelle ils se trouvaient n’avait pas d’influence sur eux, et il marcha encore d’un pas, ce qui la fit reculer.
- Ainsi tu es la curiosité ? Celle qui fouine sans savoir et se retrouve dans les décombres d’un royaume sans nom ? Je vais satisfaire cette curiosité. Après tout, je te dois bien ça. Ses yeux étincelèrent de malveillance, et se tournant vers la droite, il traversa ce qui semblait être un autre rideau vertical, pour prendre l’apparence d’un être dont l’aspect ravivait en elle de douloureux souvenirs. Il étendit un bras, puis l’autre, fit apparaître un miroir de nulle part et s’observa un instant. Ton père avait une bonne allure, dit-il calmement. Si jeune… Il se tourna vers elle et réarma ce si sombre sourire. Je suis né des peurs, des souffrances, des colères de mon autre moi. Je suis le méchant Il déploya à nouveau ses bras pour changer le décor. Ils n’était plus au fond de l’océan, mais au milieu d’une forêt tropicale. Instantanément, le corps de Mönsturm prit feu. Je suis ton pire cauchemar.

Peur, souffrance, colère, tout ces sentiments qui formait l’être qu’il l’était pouvait se lire sur le visage déformé de Samaëlle Keynes. Son corps tremblait comme une feuille morte subissant les caprices du vent, de ses yeux sortait des larmes, représentation de ses sentiments, de la même façon que son visage virait au rouge. Elle affrontait ses peurs, ses phobies, mais l’affronter lui c’était partir à l’aveuglette dans un escalier aux marches glissantes. Des spasmes se saisires de son corps, et elle ferma les yeux, mordant sa lèvres inférieures, lâchant par moment un faible hoquet.
Il semblait cependant qu’elle trouva la force de sourire lorsqu’elle lui répondit, comme pour faire fi de toutes les indications que son corps dégageait.
- Même mon pire cauchemar a des secrets, et ces secrets, je dois les percer, même si pour cela vous deviez brûler devant mes yeux tout ce qui compte pour moi. Croyez-vous être le premier à m’infliger de cette douleur ? Vous vous êtes seulement aventuré sur un chemin déjà tracé ! Je peux l’endurer, de toute façon, ai-je le choix ? dit-elle le ton farouche.
Mais ses yeux disait le contraire de ce qu’elle affirmait. Fragile, elle était fragile et vulnérable. Il pourrait la briser si facilement. La preuve étant qu’elle baissa les yeux lorsqu’il recroisa les siens.
Il s’avança vers elle, et traversa pour la troisième fois cette cascade imperceptible qui lui donna la forme d’une femme. Il fit apparaître de la même façon un miroir et s’observa un court instant.
- Ta mère était très belle, ton père ne devait pas s’ennuyer. Il parlait comme si elle ne lui avait jamais répondu, le ton léger. Alors, le corps qu’il avait prit s’enveloppa à son tour de grandes flammes. Elle tomba à genoux, la main sur sa bouche, les yeux ruisselant, parcourue de sanglots. Il se rapprocha d’elle et la força à le regarder dans les yeux. Ne joue pas à ce jeu là avec moi, je sais tout de toi, je connais tes peurs et tes faiblesses, tes déceptions, tes sentiments les plus cachés. Quelqu’un comme toi n’est pas assez fort, juste bonne à m’aider pour sortir de cet prison.
- Je ne préfèrerais pas, hin hin.
Sawyer venait d’entrer, dans la forêt.

- - -



Il avançait lentement parmi les arbres, observant l’environnement sans trop bien comprendre. Les oppressions qui avaient tant torturé Samaëlle ne semblait pas l’affecter, et il se posa derrière elle en regardant la femme en feu la sourire au lèvre.
- Salut Mönstrum, dit-il, posant ses mains sur les épaules de Samaëlle, toujours à genoux.
L’être en feu changea d’apparence pour reprendre le corps de Sawyer dépourvu artifice.
- Nii, salut Sawyer. Je ne pensais pas que tu pourrais venir jusqu’ici.
- Cela a surpris Hélène que je puisse pratiquer la Légilimencie, surtout sur moi-même ! Ze-ha-ha. Je me suis un peu rouillé depuis l’accident.
- Et qu’est ce qui te donne le courage de venir m’affronter ? Tu me donnes là une occasion unique d’inverser à jamais les rôles entre nous deux.
- Hin hin, en cas de besoin Hélène m’aidera. De toute façon tu ne peux rien contre moi. Je suis juste venu chercher mon associale et impolie de co-équipière, ponctua-t-il en tapotant les épaules de Samaëlle, qui semblait trouver un certaine aide dans l’arrivé de Sawyer.
- Tu crois ça… Il prit la forme Félix Cervantes, et s’avança d’un pas vers lui. Je suis le maître de ce monde, et tu n’en sortiras plus.
Sawyer le regarda, comme détaché de la pression qu’exerçait Mönstrum sur lui.
- Tu n’es qu’un simple parasite.
- JE NE SUIS PAS UN PARASITE !
Son apparence ne cessa de changer de forme, passant de tout les membres de la main, à celui de son père, puis du démon qu’il avait affronté six ans plus tôt. De la même façon, ils quittèrent la forêt pour aller dans la banque de Gringott, puis la salle de classe où Sawyer avait vu la Main mourir. Sawyer fronça ses sourcils, il ne pourrait pas tenir indéfiniment face aux pulsions magiques que lui envoyait l’être sombre, désormais hors de lui. Il s’inquiétait pour Samaëlle, qui allait finir comme le vieux Abelforth s’il la laissait ici. Il la prit dans ses bras et courut loin de Mönsturm, traversant les différents lieux de son enfance jusqu’à aujourd’hui. Il fallait qu’il trouve l’esprit d’Hélène maintenant, qu’il s’y accroche et qu’elle l’aide à s’échapper.


- Tu as réussi ? demanda Hélène, inquiète.
- Je pense oui, elle a du réintégrer son corps, mais vu ce qu’« il » lui a fait, elle doit être encore sous le choc, dit-il tout en se relevant.
Ils étaient tout les trois dans la salle de classe où Samaëlle s’était enfermé. Cette dernière était en sueur, mais ne gémissait plus comme lorsqu’il l’avait trouvé en entrant. L’observant quelques instant, il murmura ;
- Il faudra qu’on m’explique ce qu’ils ont tous à vouloir rentrer dans ma tête.
Et il caressa la joue de Samaëlle en riant.

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Dans les couloirs de Poudlard (#2)

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