Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Mission #4 : Bouquet final

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Samaëlle
Sorcière


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Localisation: Londres
Emploi: Biologiste
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Mer 2 Avr - 14:44

Samaëlle fit craquer les articulations de ses membres supérieurs et de son cou, enchaîna avec quelques flexions et s’installa à la fenêtre, à l’affût de sa première victime. Son corps était tendu dans l’attente, prêt à agir au moment opportun. Mais dans sa tête, Samaëlle était rongée de doutes. Arriverait-elle vraiment à lancer ce sort de feu ? Elle avait appris à l’affronter, mais le jeter ? Faire subir à des créatures le même sort que celui de ses parents, était-ce dans ses cordes ? Elle essuya une goutte de sueur qui perlait sur son front. Elle ne voulait pas, ne voulait plus être inutile. La jeune femme regarda les environs et vit une petite fille qui pleurait, son genoux écorché et un inferius s’approchant dangereusement d’elle. Elle n’eut pas le temps d’hésiter et récita la formule avec toute la conviction qu’elle put. Un grand soulagement allégea le poids de ses épaules lorsqu’elle vit des flammes léchant le corps de la créature. Une mère inquiète et affolée se précipita vers son enfant, le prit dans ses bras et s’en alla en courant. Samaëlle ne put s’empêcher de sourire avec tendresse. C’était déjà une vie de sauvée. Elle n’eut besoin d’attendre que quelques secondes avant que d’autres inferi soient touchés, œuvre certaine de l’équipier n°4.
La jeune femme s’apprêtait à réitérer son geste lorsque le vol d’un dragon attira son regard. Elle frissonna de terreur, elle n’aimerait vraiment pas se retrouver face à ce genre de bestiole immonde. Reportant son regard sur la rue, elle vit plusieurs hommes s’échapper en courant d’un lieu qu’elle ne devinait pas de sa position. Elle tendit l’oreille aux cris et son cœur se serra.
-Fuyez ! Le traître Delacroix est par là ! C’est un diable, courrez si vous tenez à la vie !
Samaëlle hésitait grandement sur la meilleure conduite à tenir. Elle ne pouvait pas abandonner son poste et son coéquipier, mais il était sûr qu’elle ne reverrait jamais Jean si elle ne saisissait pas cette occasion. Indécise, elle était aussi immobile qu’une statue, fixant la fenêtre en face. Finalement elle fit un geste fictif de soldat comme signe d’adieu à Morgan, se leva rapidement, prit ses affaires et descendit quatre à quatre les marches de l’escaliers branlant de l’immeuble. Elle rasa les murs pour ne pas s’exposer aux regards et se dirigea dans le sens opposé des sorciers qui étaient partis. Il n’était peut-être pas trop tard.
En marchant elle réfléchissait à ce qu’elle lui dirait si elle arrivait effectivement à le voir. Son cœur s’accéléra, elle n’avait l’impression d’avoir vécu que pour ce moment, qu’il soit bref ou long, mais qu’il existe au moins. Elle avait peur qu’il ne la reconnaisse pas, qu’elle n’ait été qu’un bref divertissement à ses nombreux problèmes. Son ventre rugit, elle ne se reconnaissait pas, son corps la trahissait, trahissait ses émotions. Samaëlle accéléra encore le pas, pourvu qu’il soit là !
Mais où pouvait-il bien se cacher ?

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Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui.

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Lord Voldemort
Seigneur des Ténèbres


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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Sam 5 Avr - 12:59

Cela faisait des années qu’il attendait ce moment, et enfin il se réalisait. Voldemort avançait à grands pas dans l’Atrium du Ministère, se délectant autant de sa vacuité que de sa vulnérabilité. La grande administration lui était comme offerte. Il marchait au milieu de papiers et documents qui jonchaient le sol, ainsi que des tables qui avaient été renversées dans la panique, docilement suivi par Severus Snape.
Une grande et puissante frénésie s’empara de lui ; plus rien ne pouvait l’arrêter désormais. L’Ordre du Phénix n’était plus, toutes les forces aurores affrontaient en ce moment même la gigantesque armée qu’il avait patiemment regroupée, et même ce vieux taré et pathétique Maugrey Fol Œil était en train d’agoniser en même temps qu’allait mourir la démocratie ministérielle.
Il se tourna vers Severus Snape, qui marchait derrière lui presque religieusement. Il l’observa un instant, lui l’avait bien servi, lui serait bien récompensé, son fidèle serviteur. Voldemort montra le grand Atrium du bout de sa baguette ;
- Le Ministère s’offre à moi, et avec lui les grands secrets qu’il m’a si longtemps caché. Tout commence vraiment ici Severus, le règne des Ténèbres, la mort du garçon, des choses dont tu n’as même pas idée nous sont désormais accessibles !
Le Mangemort face à lui eut un sourire malveillant, et hocha doucement de la tête.
- Oui Maître, le Ministère est vaincu. Le monde magique s’offre à vous désormais, la victoire est totale.
Satisfait, Voldemort se tourna vers l’ascenseur et l’ouvrit d’un mouvement de sa baguette magique. Ils y rentrèrent et il appuya à l’aide de son long doigt blanchâtre sur le bouton doré qui amenait l’ascenseur à l’étage de la Justice Magique.
Il restait à Voldemort une dernière chose à faire, pendant que les deux armées se livraient une guerre sans merci au centre de Londres. Lorsque ses Mangemorts fourbus par la grande bataille rentreraient à leur tour dans le Ministère, ce serait le signe d’une fin, et d’un début.
Ils marchèrent silencieusement le long d’un couloir fait de pierres noires, faiblement éclairé par des torches éternelles, avant d’arriver devant une massive porte de bois vernis. Voldemort refit un mouvement avec sa baguette magique, et la porte s’ouvrit avec fracas sur la grande cour du Magenmagot. Elle était constituée d’une série d’estrades circulaires, habituellement remplie de ses membres. Mais là, un seul homme se tenait présent. Il avait un visage marqué par la fatigue et le stress, ses lunettes étaient sur le point de tomber du bout de son nez, et son regard était perdu, comme ailleurs. Les deux mains croisées, assit sur le siège qu’occupait ordinairement le président, il tourna faiblement la tête vers Voldemort et Snape.
Rufus Scrimgeour, tel le capitaine sur le navire qui sombre dans la mer houleuse, semblait s’être résolu à couler avec lui.
Voldemort qui n’en espérait pas tant, sentit cette sensation récurrente le démanger à nouveau ; l’envie voire le besoin indicible de tuer.

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Parle, j'écoute.
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Sawyer
Dépressif


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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Jeu 10 Avr - 12:12

Sawyer se mouvait au milieu de la foule, avec de grands mouvements acrobatiques qui donnait l’étrange impression qu’il dansait au beau milieu de la cohue. Il exécutait une étrange danse macabre et jetait à chaque occasion un sortilège meurtrier, accompagnant le tout d’un rire bien particulier de dément. Chacun de ses gestes était accompagné d’un éclair coloré, qui éclairait fugitivement son visage euphorique. Il ne s’était que rarement autant amusé, les loups-garous et les Mangemorts ne semblaient pas pouvoir l’atteindre tant il se déchaînait, tant sa frénésie était grande. Il faisait de larges mouvements avec son bras droit, et envoyait valser à tour de rôle plusieurs monstres belliqueux, les toisant de son sourire mesquin.
Il lui semblait qu’il aurait pu continuer longtemps ainsi, si une douce et rayonnante lumière argenté ne s’était pas dirigée à grande vitesse vers sa personne, éclairant la ruelle toute entière. C’était un patronus, et pas n’importe lequel, puisque comme Sawyer le savait, ce vieux lion à l’air si vaillant appartenait à Maugrey. Dès que l’animal argenté l’eut aperçu, le sorcier sentit qu’on brûlait le centre de sa poitrine au fer rouge. Il plongea sa main gantée dans le col de sa chemise et en extirpa le médaillon qui était devenu soudainement brûlant, comme incandescent incandescent.
- Tu as donc tant besoin de moi vieux fou ? Ze-ha-ha ! dit-il comme pour lui-même. Le lion émit un éclat lumineux qui le rendit presque blanc, comme pour attirer l’attention de Sawyer, avant de faire volte-face et de partir en direction du centre de Londres. J’arrive, j’arrive !
Il courut dans les rues de Londres, suivant à la trace le majestueux patronus, jetant de temps en temps un maléfice sur un Mangemort ou un loup affamé par dessus son épaule. Quelque chose attira cependant son attention : au fil de sa course effrénée son guide perdait peu à peu de son éclat, impliquant par cela-même l’état de santé du Commander. Maugrey ne l’appelait pas pour boire le thé, c’était chose sûre.
Lorsqu’il l’aperçu enfin, Maugrey était affalé tout de long sur le trottoir sale, ses mains noueuses se recroquevillaient sur la plaie béante et sanglante, sa mâchoire tremblante ses yeux fouillant le vide.Son œil magique roulait dans son orbite, et les traits de son visage se déformaient sous l’intense douleur dont il était la victime. De rauques gémissements s’échappaient par rythme irrégulier de ses lèvres balafrées et partout autour l’immense cohue ne faisait pas attention à lui, le laissant là, condamnée à une mort certaine et douloureuse.
La silhouette de Sawyer se détacha de la foule pour s’agenouiller auprès du mourant, sans faire attention au dragon noir qui effrayait la population depuis le ciel. Il jeta au sol son masque de plâtre et observa quelques instants la vilaine blessure, puis reporta son regard vers celui tourmenté du vieil homme.
- Oh mince, murmura Sawyer, le sourire incohérent. T’es parti pour claquer, Maugrey.
Maugrey Fol Œil se mit à rire doucement, un rire ponctué de petits cris douloureux et de toussotements, tout en observant Sawyer de son œil naturel. Sa poitrine montait et descendait, accompagnant le sifflement de son souffle, comme un ballon qui se gonfle et se dégonfle continuellement.
Lorsqu’il se mit à parler, c’était avec une voix pâteuse et faible, et cela sonnait aux oreilles de Sawyer comme un avertissement.
- On dirait bien, oui… Cuthbert…
Il avait prononcé son nom dans un dernier souffle, un râle.
- Oui ? demanda-t-il d’une voix qui n’avait rien d’inquiète. Pourtant, le coin de ses lèvres trahirent une sorte d’agacement gêné.
- Tu dois… tenir… FSM…
- Tu délires, il fronça ses sourcils, contrarié. La FSM est morte Maugrey, et elle t’emporte avec elle.
La mâchoire de l’Auror tremblait, mais il fit un effort pour porter sa main ensanglanté à son col. D’un coup sec, il arracha une fine chaînette qui était accrochée à son cou.
- Qu’est-ce que tu…
Il semblait puiser dans ses dernières forces, quand il saisit la main gantée de Sawyer pour la serrer avec hargne contre sa poitrine bondissante.
- Résiste ! dit-il en serrant les dents.
Sawyer se contenta de le regarder, et il eut l’impression que le regard ardent de Maugrey lui brûlait les yeux. Le vieil homme relâcha sa prise sur la paume de la main de Sawyer, et sous la lumière que procuraient les flammes d’un incendie situé de l’autre coté de la rue, il reconnut le médaillon du Commander ; sur une fine plaquette d’acier, les chiffres un à sept étaient gravés en chiffres romains.
- Et maintenant… il toussa du sang. Enlève ton masque.
Sawyer eut un petit rire sans joie, et tandis qu’il fit glisser l’héritage de son mentor dans la poche pectorale de sa veste, il le railla.
- Je l’ai déjà enlevé mon masque, vieux fou !
Le regard de l’œil unique de Maugrey s’accrochait à une dernière lueur de vie, quand il pointa son doigt tremblant vers le visage de Sawyer.
- Ce masque…
Il resta quelques secondes à pointer le visage goguenard du journaliste, avant de fixer son regard vers le vide et de laisser retomber son bras mollement dans une flaque de son propre sang. Sawyer remua légèrement l’épaule de Maugrey, murmurant son nom d’une voix rauque, comme s’il avait encore le futile espoir de le voir se réveiller, et lui dire que tout cela n’était qu’une immense farce. Il lui semblait revivre le funèbre instant qu’il avait lui-même vécu à sa sixième année à Poudlard, sauf que le jeune Cervantes s’était transformé en un vieux vétéran au visage marqué.
L’instant d’après, le monde vacilla.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Mer 30 Avr - 12:57

Jean regarda une dernière fois le vieil immeuble dans lequel il s’était réfugié avec Flint en attendant que celui-ci se remette de son combat avec le Mangemort Seth Street. Le jeune garçon avait été fortement secoué mais il s’en était relativement vite remis. Les seules séquelles à court terme ne se composaient que de quelques bleus et une ou deux coupures. Flint survivrait – ou du moins il ne mourrait pas aujourd’hui à cause des blessures infligées par Street. Ste Mangouste n’était pas très loin, le jeune garçon pourrait aller s’y réfugier à pied afin de se faire soigner.
En bas, la rue était redevenue assez paisible. La poussière formait toujours une espèce de brouillard épais mais les moldus terrifiés courant dans tous les sens pour échapper à ces étranges créatures qui les attaquaient se faisaient de plus en plus rare. On se serait cru dans l’œil du cyclone. Mais le Comte savait pertinemment qu’il ne s’agissait là que d’une mise en scène qui n’annonçait qu’une tempête encore plus meurtrière. Bientôt les combats se déplaceraient et ravageraient ce coin ci avant de se déporter encore – et, Jean y aurait mis sa dernière main à couper – pour finir par se concentrer sur le Ministère de la Magie, le dernier bastion du pouvoir ministériel, symbole de la puissance magique et du monde sorcier.
Dans une certaine mesure, le Seigneur des Ténèbres et ses hommes de main ne rencontreraient pas beaucoup de résistance une fois sur place. En effet, lorsqu’il s’y était rendu lui-même, il avait trouvé les couloirs vides et les bureaux inoccupés. La petite conversation qu’il avait ensuite eue avec Joanne lui avait permis d’apprendre que sa sœur était non seulement au courant de la duplicité de Seth Street et de l’attaque imminente de Londres, mais qu’en plus de cela, elle avait demandé au personnel de quitter les lieux peu avant que les combats ne commencent, ne laissant que le strict minimum nécessaire.
Elle avait prétendu qu’elle faisait cela pour sauver des vies, mais en réalité elle avait tout simplement offert, elle et son Mangemort de petit ami, le Ministère sur un plateau d’argent. Tout ce que Jean pouvait espérer pour le Ministre et les membres du Magenmagot, c’était que les aurors qui se battaient en ce moment auraient la bonne idée de se rassembler là-bas avant qu’il ne soit trop tard.
Peu lui importait le camp qu’avait choisi Joanne. A présent il comptait sur Street pour la protéger contre la menace des Frères de Sang. Menace qui tomberait un jour ou l’autre, il en était persuadé. S’il aurait préféré que sa sœur le suive, mais elle en avait décidé autrement. Consciente malgré tout du danger que représentait Samaël, Azraël et leurs sbires.
De son côté, Jean avait déjà fort à faire. Il devait s’occuper de ses filles et de leur sœur aînée ainsi que d’Ael, sa propre demi-sœur dont il ignorait encore l’existence quelques mois plus tôt.
Soupirant, il tourna sur lui-même, prêt à transplanner, ferma les yeux et… Rien ne se passa. Il ne ressentit par les picotements habituels ni l’étrange sensation de planer, ni n’entendit le bruit caractéristique et familier qu’induisait chacun de ses transplannages. Il rouvrit les yeux et jura entre ses dents : il se trouvait toujours dans la ville de Londres. Quelqu’un avait dû installer une borne magique empêchant tout déplacement instantané. Il était coincé ici et ne pourrait rien y faire tant qu’il se trouverait dans la zone couverte par la borne.
Le problème c’est qu’il ne savait pas du tout où il devait aller pour échapper à cette mise en quarantaine. Il pouvait aussi bien se trouver à la limite de l’interdiction de transplannage que tout à côté d’une borne. Il devrait donc essayer dans chaque rue pour voir s’il pouvait transplanner ou non. Or, si la ruelle dans laquelle il se tenait était relativement sûre, il n’était pas certain que se balader dans Londres de rue en rue soit la plus brillante idée qui soit. Et pour cela il y avait deux raisons : la première c’est que s’ils le voyaient, les sbires du Seigneur des Ténèbres n’hésiteraient pas une seule seconde à lui faire la peau. La seconde raison était que s’il venait à croiser un ou plusieurs aurors, eux non plus n’y réfléchiraient pas à deux fois avant d’essayer de lui trouer le corps. Et encore, c’était sans compter se faire écraser par un immeuble en ruine ou piétiner par un dragon en furie.
Dans ce chaos infernal, il n’avait aucun allié. Il était isolé et plus il traînerait dans les parages plus il aurait de chance de ne pas finir la journée. Il se mit donc rapidement en route, rasant les murs, se cachant dans l’ombre dès qu’il trouvait une ruelle un peu sombre. Il tenta vainement de transplanner sur plus de sept pâtés de maisons. C’était à en croire que tout Londres était bouclé. Il devait certainement se tenir encore trop près du Ministère de la Magie. S’il avait encore une chance de s’en tirer, c’était en s’éloignant le plus possible de l’endroit.
Il suivit un moment un moldu retardataire mais le perdit de vue assez rapidement de vue dans l’obscurité et la poussière ambiante. Il se mit à courir pour le rattraper et au bout de quelques instants il crut apercevoir une silhouette. Il ralentit le pas, préférant ne pas être vu.
La nuit, maintenant complètement tombée, était très sombre. La plupart des lampadaires ne marchaient plus et la lumière des étoiles était en partie voilée par la fumée. Ce n’était donc pas très difficile passer inaperçu.
Non, le plus dur serait d’éviter les lieux des combats. Là-bas, dans la confusion générale il pouvait se faire tuer à tout moment, que se soit parce qu’on l’avait reconnu ou à cause d’un sortilège perdu.
Malheureusement il n’eut pas l’occasion d’y échapper. A peine avait-il franchi le coin d’une ruelle qu’un sort sifflant dangereusement frôla son oreille. Au moment où il se jetait à terre, il vit la silhouette du moldu s’écrouler plus loin devant lui.
Le Comte, le cœur battant à tout rompre, battit en retraite derrière le coin de rue précédent. Des cris venant de son dos lui indiquèrent qu’il avait été repéré et que plusieurs poursuivants étaient à sa poursuite. Il ignorait encore s’il s’agissait de troupes du Ministère ou des soldats du Seigneur des Ténèbres.
Toujours est-il qu’il prit les jambes à son cou sans demander son reste. Il n’avait nullement envie de se battre contre l’un ou l’autre, tout ce qu’il voulait s’était quitter la ville pour ne plus jamais y revenir.
- Ou tu pourrais tous les tuer. Tu en es capable.
Depuis combien de temps Vaan se trouvait là ? Il ne lui répondit pas tout de suite, accélérant sa course alors que les voix derrière lui se rapprochaient.
- Disparaît.
- La vie n’a pas de sens. Leur vie n’a aucun sens, ils sont sur ton chemin alors tue-les.
- Cela aurait-il plus de sens que je les laisse vivre ou mourir ?
- C’est ton choix. Je pensais que tu avais fini par comprendre qu’il ne servait à rien de se compliquer la vie.
Jean passa une nouvelle intersection. Un éclair vert siffla au-dessus de lui. Il continua à courir sans se retourner.
Il ne voulait pas écouter Vaan. Etait-ce pas vanité ou par simple esprit de contradiction ? Laisser son père lui montrer le chemin, admettre que celui-ci avait raison sur tout depuis le début, il n’avait ni la force ni le courage de l’admettre. La vie n’était rien ? Soit. Mais il entendait faire de ce rien ce qu’il voulait, et non pas ce que Vaan attendait qu’il en fasse.
Il continuait donc à fuir, le bruit de sa course effrénée se répercutant dans les rues adjacentes comme si un millier d’hommes étaient à ses trousses.
Lorsqu’il n’entendit plus que le son de ses propres pas frappant le bitume, il ralentit, puis s’arrêta pour souffler un peu. Il tenta de transplanner, mais, une fois de plus, ce fut un échec.
Vaan était toujours là. Il ne paraissait ni essoufflé ni fatigué, comme si suivre son fils n’avait été qu’une simple formalité. Jean planta son regard dans le sien.
- Que veux-tu encore ?
- Pas grand chose. Juste te dire que... Tu vas mourir.
Le soudain changement de ton dans sa réponse était aussi coupant et froid que le vent d’hiver. Jean sentit un long frisson remonter son échine.
- Quoi ?
- Naaan, j'déconne.
Et d’un seul coup l’enfer sembla à nouveau se manifester. Le Comte entendit une violente explosion, et avant qu’il ait pu réaliser ce qui se passait, il fut soulevé de terre comme un fétu de paille. Sa vision se brouilla, voyant tantôt la faible lumière de la lune, tantôt la surface lisse et noire du goudron. Puis, dans un sinistre craquement il percuta un mur. Une douleur d’une rare violence parcourut son corps. Il n’avait ressentit une telle intensité de souffrance qu’une seule fois auparavant, lorsqu’il avait perdu sa main.
Il aurait cent fois souhaité perdre connaissance, pourtant cette fois-ci cette grâce ne lui fut pas accordée. Il resta éveillé et dû supporter chaque seconde le mal qui se propageait par vague dans ses os et ses muscles. Il tomba à terre sous une pluie de gravats alors que le bâtiment d’en face s’écroulait sur lui-même, soulevant un épais nuage de poussière qui lui obstrua entièrement la vue.

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Hello.


Dernière édition par Jean Delacroix le Mer 30 Avr - 13:10, édité 1 fois
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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Mer 30 Avr - 12:58

[Message trop long pour la bécane...]

Il resta au sol comme une poupée de chiffon, incapable de faire le moindre mouvement, tandis que des débris plus ou moins gros continuaient à pleuvoir sur lui. Son ouïe était défaillant mais il entendit vaguement par-dessus le sifflement strident qui lui obturait les oreilles, le râle long et glauque d’un dragon et peut être aussi celui d’une autre créature, plus petite mais toute aussi dangereuse. Non loin de lui, un loup-garou approchait.
Tout son corps émettait des signaux alarmant lui indiquant qu’il était piteux état. La douleur l’empêchait même de crier. Il était entièrement paralysé et à la merci de toute chose ou de tout être qui passerait par là. Il suffisait qu’un gravât un peu plus gros que les autres lui atterrisse dessus et il était fini.
Sortant du nuage de poussière comme le fantôme d’une âme tourmentée, Vaan s’approcha de son fils. Il ne semblait pas avoir été atteint par l'explosion. Le Père des Frère de Sang s’accroupit près de lui, chose qu’il faisait de plus en plus souvent ces derniers temps. Il avait la fâcheuse habitude d’apparaître quand Jean était toujours au plus mal.
Le fils leva ses yeux sur le père et leurs regards aux reflets de rubis se croisèrent.
Jean bougea légèrement la tête et étira ses lèvres dans un sourire rouge sang.
- Je ne suis pas mort, susurra-t-il dans un souffle.
- Pas encore. Toute chose a une fin en ce monde. Les Ténèbres, la Lumière. La nuit, le jour. La mort, la vie. Crois-moi, c’est comme si tu étais déjà mort. Tu n’as plus aucun espoir et il ne restera de toi qu’un grand Rien. Et encore, je ne suis pas certain que même un néant de toi subsiste.
- Ta… gueule.
Prenant appui sur un gros morceau de ce qui avait été autrefois le composant d’un mur, Jean se redressa en position assise. Il faillit hurler car il avait l’impression de passer sous un troupeau d’hippogriffes furieux. Il savait d’avance que son état était loin d’être encourageant. Plusieurs cotes cassées, au moins un milliard de coupures, bleus et blessures en tout genre, sans compter sa main en moins qui le picotait langoureusement comme pour lui rappeler qu’elle n’était plus là.
D’un geste lent, il pointa sa baguette juste devant le nez de son père. Sa main ne tremblait pas mais c’était avec difficulté.
- Ca ne me fera rien, je ne suis même pas réel, déclara Vaan en haussant les épaules avec une moue enfantine.
- Je sais mais dégage. AVADA KEDAVRA !
Le rayon vert traversa le corps de Vaan qui disparut comme aspiré par le puissant faisceau magique. Le sortilège continua sa course un moment, se perdant dans l’écran de fumée qui englobait le Comte.
Une seconde plus tard, le bruit d’un corps s’écroulant sur le sol se fit entendre et Jean sut qu’il avait fait mouche. Il n’eut malheureusement pas le temps de se réjouir car, émergeant des nébuleuses profondeurs de la nuit, une paire de silhouettes minces et élancées se profilèrent, tournant lentement autour de lui. Les chasseurs avaient trouvé leur proie.
Le hurlement strident et lugubre d’un loup-garou se fit entendre dans la nuit. Un instant la lune ronde et pleine sembla briller plus intensément. C’est à ce moment là que les prédateurs décidèrent d’attaquer.
Bondissant simultanément, les deux lycanthropes planèrent en l’air, se rapprochant dangereusement du Comte, avant de retomber sur le sol à quelques pas à peine de lui, grognant d’impatience. Il sut dès lors que jamais il n’aurait le temps de tuer les deux loups avant que l’autre ne lui brise le cou avec sa large patte griffue. Il ne serait jamais assez rapide. Pas avec sa main gauche.
La bête la plus à droite qui était également la plus grande des deux fit un pas en avant. Sans hésitation Jean lui envoya un sortilège que le lycanthrope esquiva en se reculant, ses deux yeux jaunes et brillants toujours fixé sur lui, épiant le moindre de ses mouvements, à l’affut de la moindre faiblesse.
Profitant que Jean était occupé avec le premier loup-garou, le second avait subtilement fait un pas sur le côté afin de sortir du champ de vision de sa proie. Bien que Jean sache pertinemment que le loup agirait ainsi, il était déjà trop tard pour éviter la bête.
Un froid mordant s’insinua en lui. Parcourant son corps, gelant ses entrailles jusqu’au tréfonds de son âme. A ce moment précis, il fut intimement convaincu qu’il allait mourir, comme s’il avait toujours pressenti au fond de son être cette vérité, cette ultime fatalité.
Mais au moment où la bête féroce aurait dû atterrir sur lui pour lui déchiqueter les entrailles, le loup garou se jeta sur son compagnon dans une cacophonie de hurlements, de grognements et de couinements de douleur. Les deux monstres à poils s’entredéchiraient mutuellement, se disputant le festin facile qui s’offrait à eux et que représentait le corps malaxé et brisé du Comte Delacroix.
Profitant de la distraction momentanée des deux bêtes sauvages, il attira à lui la première chose qui lui tomba sous la baguette : une grosse barre de fer tordue qui avait été projetée là lorsque l’immeuble d’en face s’était écroulé. Il eut à peine le temps d’attraper l’objet que le plus gros des loups-garous, s’étant débarrassé de son adversaire, sautait déjà sur lui, crocs et griffes en avant.
Sans réfléchir une seconde de plus, il asséna un violent coup au niveau de la tempe de l’animal qui, sans bloquer complètement l’attaque, dévia assez le museau de la bête pour que celui-ci rate le tendre cou du Comte. En revanche, les dents acérées de la bête folle furieuse entamèrent profondément son visage. Il sentit sa peau se déchirer sous la pression. Les dents emportèrent tout sur leur passage, une partie du nez, œil et chair.
Les griffes des pattes avant quant à elles s’étaient plantées dans ses épaules et s’étaient profondément enfoncées, empêchant le Comte de se redresser sous le poids et la force de son ennemi.
Il était bloqué à terre, submergé de douleur, mutilé et épuisé. Pourtant, dans un dernier élan de conservation, il ne lâcha pas la barre de fer. D’un geste désespéré, il l’abattit violemment sur le crâne de son adversaire. Il entendit nettement un craquement et il sentit la pression sur son corps se relâcher puis disparaître complètement. Le loup avait battu en retraite, sonné mais conservait toujours ses yeux fluorescents fulminant de colère fixés le Comte Delacroix.
Le coup avait porté ses fruits mais il ne suffirait pas. Bientôt le loup reviendrait finir ce qu’il avait commencé et le Comte était trop faible pour s’en débarrasser. Son bras gauche n’était pas assez musclé pour donner le coup fatal qui tuerait la bête. Il n’était même pas sûr qu’il en aurait eu la force avec le droit.
C’est alors qu’il eut une idée. Elle semblait complètement folle mais dans sa situation, il aurait fait n’importe quoi pour se tirer de là. Il chercha à tâtons sa baguette qu’il avait délaissée pour la barre de fer et la pointa vers son celle-ci.
- Ferveo es ere ferbui !
Un éclair jaune frappa la barre jusqu’à chauffer à blanc son extrémité. Lorsque cela fut fait, avec un effort de volonté il récita la dernière formule magique :
- Soudurio !
Une langue de flamme grise sortit de la baguette et s’enroula autour de son avant bras puis de la barre en fer. Celle-ci se rapprocha du moignon pour se coller à lui. La barre chauffée à blanc se désagrégea sur le moignon, recouvrant une partie du bras de son métal brûlant. Puis un froid intense s’empara du Comte et le métal se refroidit presque instantanément, se soudant à lui comme un nouveau membre.
Le cri de douleur qui s’en suivit aurait pu rivaliser avec n’importe quel hurlement de loup garou. L’opération avait quasiment bousillé son bras jusqu’à la jointure du coude. De la barre en fer, seule une pointe d’une vingtaine de centimètres dépassait encore du mélange de chair cramoisi et de métal brûlant.
Le loup-garou grogna d’un air sinistre.
- Allez viens mon gros. Je t’attends.
Comme pour répondre à son invitation, l’animal se jeta sur le Comte, gueule en avant, toutes griffes dehors. D’une rotation du coude, il fit décrire à la lame implantée à son bras un large arc de cercle. Le loup ne put éviter l’objet fin et tranchant. Le métal pénétra profondément dans la peau du loup, perforant la peau et découpant tout sur son passage.
Soudain désarticulé, le monstre s’écrasa au sol et roula plusieurs fois sur lui-même avant de finir sa course sur un tas de débris en couinant. La gorge avait été sévèrement touchée et le loup était à l’agonie.
Malgré le fait qu’il ne sentait plus la moitié inférieure de son corps, qu’il avait du métal à la place de la main, qu’il avait de profondes blessures aux épaules, qu’il avait la moitié du visage complètement partie en lambeaux et qu’il avait de forte de chance de se transformer en gros monstre poilu à la prochaine pleine lune, le Comte Delacroix se mit à rire à gorge déployée. Un fou rire intense à glacer le sang de n’importe qui se trouvant dans les environs.
Vaan avait eu tord. Il respirait encore. Jamais il ne s’était cru si proche de la Vie qu’en cet instant. Malgré toutes les pénibles épreuves qui s’imposaient à lui à chaque fois qu’il voyait un rayon de soleil au bout du tunnel, il réussissait quand même à les vaincre et à continuer vers cette éblouissante lumière où l’attendait le bonheur.
- Tu sais que nous, les Frères de Sang guérissons assez vite de nos blessures.
La voix de Vaan le fit sursauter. Il tourna légèrement la tête sur le côté et dévisagea de son seul œil encore valide son père.
- Oui, je sais. Tu as même survécu à une blessure grave à la gorge. Et alors ?
- Ca risque de ne pas être suffisamment rapide.
Avant que Jean ait pu poser une seule question, Vaan leva un doigt vers le ciel. Jean suivit la direction indiquée du regard et après quelques instants, malgré la fumée et grâce aux feux qui illuminaient la nuit, il put distinguer un point plus sombre que les autres qui grossissait de plus en plus.
Instantanément son éphémère bonne humeur s’évapora et un poids insupportable s’abattit sur ses épaules. Finalement il ne reverrait peut être plus la lumière et sa vie resterait inachevée.
- Rien n’a de sens. Quoique l’on fasse le monde continuera de tourner avec ou sans nous. Tout ce que tu peux essayer de faire c’est de te battre pour continuer d’exister. Malheureusement parfois cela ne suffit pas.
- J’ai vraiment envie de te frapper quand tu fais ça.
Au loin, les ailes déployées, la gueule grondante, les yeux vifs et les griffes acérées, un Magnyar à crête se rapprochait.

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Jeu 1 Mai - 20:16

Samaëlle avait couru sur plusieurs centaines de mètres, prenant la première rue à droite, essayant de se repérer dans la nuit noire. Un grand craquement eut lieu d’où elle venait, et la jeune femme eut tout juste le temps de se mettre à l’abri qu’un immeuble s’effondrait. Elle n’osa imaginer que c’était celui duquel elle était sortie. Une minute de plus et son corps se serait transformé en bouillie. Une fois les éboulements calmés, elle reprit sa route. Une voix à sa gauche l’avertit d’une présence qu’elle ne pouvait pas encore voir ni identifier comme ami ou ennemi. Elle s'approcha, méfiante, baguette brandit.
- Mangemort ?
-Certaines personnes tendent à penser que oui... Mais non.
Elle fit un petit pas en avant. - Voulez-vous de l'aide ?
- Samaëlle ?
Elle sursauta à l'entente de son nom puis s'approcha rapidement et se pencha vers l'homme assit. Il lui fallut plusieurs minutes dans l'obscurité pour reconnaître un Jean affreusement défiguré. Un sentiment d'effroi et de chaleur mêlé fit trembler ses mains. Enfin, elle l’avait retrouvé.
- Jean ?! Mais que... que vous est-il arrivé ?
- Heu... Je suis tombé des escaliers.
Elle lui fit un pâle sourire en touchant du bout des doigts les parcelles de peau qui lui restait sur le visage. Des larmes emplirent ses yeux qui ne pouvaient se détacher de l'homme.
- Vous avez le chic pour vous mettre dans de drôles de situation. Vous pouvez marcher ? Il faudrait trouver un endroit plus à l'abri pour panser vos blessures.
-On verra ça plus tard. Pour le moment il faut dégager d'ici. Il y a une bébête qu'il serait bon de ne pas rencontrer.
Elle scruta de tout côté avant de lever le nez au ciel. Un frisson lui parcouru l'échine. Elle murmura pour elle-même - Encore un. Puis reportant son attention sur le comte, elle lui sourit avant de prendre son bras et de le placer sur ses épaules pour l'aider à se lever. Son corps si près du sien lui faisait monter des rougeurs au visage qu'heureusement l'obscurité cachait.
- Je pensais ne jamais vous revoir.
-Ce... Ce n'est qu'un hasard. Je serai parti depuis longtemps si j'avais pu transplanner. Au lieu de ça je suis coincé ici... Mais bien content d'être tombé sur vous. Après le loup... - je crois que c'était Fenrir- ça fait plaisir.
- J'essayerai d'être une meilleure compagnie que cette immonde créature. Elle laissa échapper un petit rire. Lorsqu'il était dans les parages, tout devenait plus gai. Il s'appuya de tout son poids sur elle qui vacilla un instant avant de se stabiliser. Au moins je suis sûre que dans cet état, vous ne me fuirez pas !
Il hocha faiblement la tête. Un pas, puis un autre, ils avançaient lentement, mais Samaëlle était sereine, ils s'en sortiraient. Il n'y avait pas de raison que le dragon s'en prenne à eux s'il ne les voyait pas. La jeune femme huma l'air et ne put sentir qu'une hideuse odeur de chair grillée. Elle prit la main de Jean, celle au dessus de son épaule, et passa son bras autour de sa taille, autant pour le sentir tout près que pour qu'il ne tombe pas. Combien de fois avait-elle rêvé ce moment ?
- Vous avez réussi à faire ce qui vous restait à régler, Mr Delacroix ?
- J 'ai dû laisser quelqu'un en arrière mais elle est entre de... bonnes mains, j'espère. Malheureusement, je n'ai toujours pas pu transplanner pour partir.
Samaëlle trouva la force de plaisanter. - Alors vous êtes tout à moi, en mon pouvoir !
- Pour ce qu'il vous reste de morceaux de moi...
- C'est toujours bon à prendre ! Plus sérieusement, je viens d'une zone où le transplannage est libre, mais il est loin d'ici pour quelqu'un dans votre état.
- Je n'ai pas vraiment le choix. Ste Mangouste m'est interdite et il n'y a pas vraiment d'endroit sûr par ici.
Elle lui jeta un regard triste. Alors, ça finirait comme ça. Elle l'aiderai à partir et se retrouverait encore seule. Elle soupira. Au moins avait-elle eu l'occasion de le revoir.
- Je vous accompagnerais jusqu'à un lieu sûr pourvu de gens pouvant vous guérir. Je n'ai pas très envie de vous savoir mort. Elle se souvint du baiser qu'ils avaient échangés. Un drôle de picotement lui irrita la gorge. Je crois que... que vous me plaisez.
- Je... heu... J'aimerai dire la même chose mais ça ne serait bon ni pour l'un ni pour l'autre.
Elle rit et ses épaules se secouèrent, ce qui déséquilibra momentanément l'étrange couple.
- Je savais que vous diriez ça. Vous vous souciez un peu trop de l'avenir dans une situation qui n'en promet pas. Pourquoi ne seriez-vous pas vous même, juste cette fois ?
- Si je faisais ça, cela voudrait dire qu'il n'y a plus d'avenir alors...
- Ou que l'on s'est trompé d'heure pour le jugement dernier. S'il vous plait, faites-le, pour moi. Son ton était proche de la supplication, elle brûlait de l'attente dans laquelle il l'avait plongé, redoutant ses mots, guettant le moindre signe qui apaiserait son cœur.
Jean ne fit pas le pas suivant en avant, ce qui surprit Samaëlle qui elle avait continué. Leur deux corps se détachèrent et Jean allait tomber lorsque la jeune femme le rattrapa de justesse, à plein bras et le serrant contre elle pour qu'il n'heurte pas le sol. Une fois stabilisés, elle soupira de soulagement et, le tenant toujours, s'écarta un peu. Elle ne voyait plus ses défauts physique, seule comptait la présence psychique de l'homme lui faisant face. Il passa une main brûlante sur sa joue qu'elle pencha vers son épaule en signe d'affection. Il mit ses doigts derrière son cou et approcha lentement son visage de celui de Samaëlle qui se laissait faire. Son visage exprimait la paix. Le monde aurait pu s’ouvrir maintenant sous ses pieds, elle n'en avait cure, elle avait eu ce qu'elle voulait, une réponse. Leurs lèvres se posèrent délicatement l'une sur l'autre avant de s'entrouvrir légèrement pour partager un vrai baiser. Elle sentait son corps contre elle qui frissonnait, et elle frissonnait avec lui. Pendant un dixième de seconde, leurs cœurs battirent à l'unisson.

- Merci…

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Sam 3 Mai - 22:56

Tout bascula dans la tête de Sawyer, et tandis qu’il portait ses mains gantées aux tempes de son crâne, il poussa un puissant hurlement qui semblait surgir du plus profond de son être. Une violente et puissante énergie le transcendait de part en part, le poussant à se lever, pour s’éloigner le plus vite possible du vieux corps sans vie de Maugrey. S’éloigner de cet homme qui l’avait aimé comme un fils, qu’il avait inconsciemment aimé comme un père.
Jouant des coudes, il se fraya un chemin dans la foule de civil qui tentait d’échapper à la flamme ravageuse que crachait un grand dragon noir à la tête ornée de pointes. Dans sa cavale il arriva dans une petite ruelle déserte, déjà dévasté par le gigantesque affrontement dont était victime le centre de Londres, et posant son dos contre un mur de briques, il s’assit sur le béton sale, reprenant sa tête entre ses mains.
Il le sentait, il sentait Mönstrum qui dans un ultime baroude s’emparait de tout son être. Secoué de violents tremblements, il tentait en vain de stopper la maléfique vague, qui profitait du grand moment de faiblesse qu’avait causé la décès de Maugrey. Hélène aurait pu l’aider, son amour, sa tendresse, sa bienveillance aurait eu raison de la colère noire qui l’envahissait. Mais Hélène était loin, perdue au milieu de cette grande et sanglante bataille. Cette cruche n’était même pas près de lui quand il avait besoin d’elle. Décidément, elle ne servait vraiment à rien.
C’était seul qu’il allait devoir faire face à Mönstrum. Il n’y aurait pas de Samaëlle Keyne à sauver, pas d’Hélène à qui se raccrocher, juste eux deux, pour un probable dernier duel, qui se trouvait être imminent.
Un frisson glacé le foudroya, et il ferma les yeux pour rejoindre l’obscurité, espérant vainement échapper à l’inexorable.
L’instant d’après il n’était plus assit dans une ruelle crasseuse de Londres, mais il se trouvait en suspension au dessus d’un endroit complètement vide, où baignait une très faible lumière sans origine.
Il ne faisait ni chaud ni froid, ni faim ni soif, et ce n’était ni sec ni humide. En réalité, on semblait avoir arraché à Sawyer toutes ces sensations humaines. Oui, cet endroit n’était pas du domaine de l’homme. Le lieu paraissait propice à toutes ses envies, à la moindre de ses élucubrations. Il était revenu au seul endroit où il avait toujours crains de se retrouver ; dans l’antre de Mönstrum. Un univers noir et chaotique, qui n’avait rien à envier à Londres en cette nuit d’avril.
Sawyer sentit un sol sous ses pieds, et fouilla du regard les alentours. Soudain, comme le reflet déformé d’un miroir, Mönstrum apparut face à lui. Ils étaient en tout points identiques, excepté le sourire : les lèvres de Mönstrum dessinaient une barre horizontal alors que celles de Sawyer se relevaient en coin dans un sourire sans joie.
L’apparition de son jumeau maléfique donna à Sawyer une très grande impression de danger, comme si un signal d’alarme s’était mis à clignoter à l’intérieur de sa tête. Mais l’intéireur de sa tête, il s’y trouvait en ce moment même. Il allait devoir faire face à Mönstrum et disparaître. Cette colère contenue en lui depuis tant d’années allait se déverser comme un poison, s’emparer de son âme et de ses sens. Avant même de combattre Sawyer savait qu’il avait perdu. Des deux, Mönstrum était le plus méchant, le plus terrible. Le simple fait de le regarder angoissait. Une sorte d’aura maléfique semblait l’envelopper, et à cet instant, elle s’apprêtait à recouvrir tout l’univers sans nom où ils se trouvaient tout deux.
Sawyer tenta de reculer, le rire agacé, mais en vain car le sol semblait avancer au contraire, le rapprochant de son pire cauchemar.
- Salut Sawyer, dit la voix profonde et excité de Mönstrum.
- Hé, hé, coucou Mönstrum, répondit-il, sentant pour la première fois une bouffée de chaleur.
Son autre lui paraissait extrêmement nerveux, en proie à une violente excitation, comme un camé en crise de manque.
- Tu voulais m’échapper hein ? Tu croyais que je n’allais pas réussir ?
Mais Sawyer ne disait rien. Il se contentait d’observer le monstre survolté qu’il avait créé il y avait longtemps déjà. Mönstrum était la répercussion de tout ce qu’il avait toujours essayé d’oublier ; son père, la Main, et même la torture qu’il avait subis à Gringott. Mönstrum était sa créature, sa bête, l’être qu’il avait nourri de sa propre colère, et qui décidait de l’affronter aujourd’hui, lorsqu’il était nue, dépourvue de l’amour de sa mère, de la Main, d’Hélène, ou même peut-être celui de Maugrey. Oui, l’être face à lui s’était gavé de tous ce que Sawyer n’avait pas ressenti depuis presque deux ans, ce qui le rendait d’autant plus redoutable.
- Qu’est-ce que tu vas faire ? Prendre possession de mon corps comme le parasite que tu as toujours été ?
L’espace dans lequel ils se trouvaient s’électrifia soudain, tandis que Mönstrum hurlait le visage haineux :
- Je ne suis pas un parasite ! Et arrête de croire que ce corps n’appartient qu’à toi !
- Il est ma seule propriété, tu es arrivé après mon grand, contra-t-il, peut-être dans le seul but de gagner du temps. Pourtant il savait que bientôt tout ce qu’il ignorait sur cet étrange et hystérique âme lui serait révélé. Une dernière illumination avant l’obscurité totale.
- As-tu oublié Sawyer ? As-tu oublié qui je suis ? demanda l’autre, presque calme.
- Et qui es-tu ?
- Je suis toi ! Cette partie de toi-même que tu as oublié, donna-t-il en guise d’explication.
- Tu déconnes, tu es une partie de mon âme qui a pris son indépendance, tu as développé une personnalité à partir de ma colère, voilà tout.
- « Voilà tout ». C’est l’explication que tu as trouvé Sawyer ? La seule ? Nous n’avons toujours fait qu’un Sawyer, toujours !
- Qu’est-ce que…
- Je ne suis qu’une illusion. Ce monde n’est qu’une illusion ! déclara-t-il en levant les bras en croix. Tu crois parler à quelqu’un d’autre que tu as créé, mais tu te parles à toi-même ! Mönsturm s’approcha de Sawyer et tapotant son crâne du bout de l’index il confirma : Tu n’es pas très bien dans ta tête. Je suis là pour te le rappeler, nous ne faisons et n’avons toujours fais qu’un ! C’est toi-même qui te perds dans ton propre subconscient. Ce même subconscient qui te parle à travers moi !
- Alors comme ça j’aurais inventé tout ça ? Et tout ce que tu dis c’est juste moi inconsciemment qui te le fait dire ? demanda Sawyer, aussi moqueur que dubitatif.
- Je suis toi quand tu t’oublis ! Je suis cette part de toi que tu laisses s’échapper un court instant lorsque tu baises ces filles que tu manipules. Je suis cette sensation agréable et oubliée qui te plait tant lorsque tu vomis tes tripes complètement ivre appuyé sur un mur sale de Londres. Tu cesses de nous dissocier dès l’instant où tu fumes, qu’inconsciemment tu me laisses sortir de cette prison pour redevenir celui que nous étions. Ces dans ces moments là que tu redeviens vraiment celui que tu fus, autrefois.
- Foutaises…
- Et pourquoi as-tu cessé de ressentir la colère seulement lorsque tu as échoué à Gringott ? Alors que j’existe depuis tant et tant d’années ? Tu as peur de la colère car elle te rappelle Cervantes, car elle te rappelle tes échecs. Tu as jeté cette colère, cette peur ici-même, ce même endroit où nous nous sommes séparés. Il est temps de re-assumer ses sentiments Sawyer, il est temps de m’assumer, moi !
- Tu n’es pas moi !
- Et qui suis-je alors ? « Nous » est synonyme de « je » en ce qui nous concerne Sawyer, en ce qui me concerne, rajouta-t-il. Libère-moi Sawyer, libère-nous !
- Tu peux prendre ma place sans problème, tu l’as déjà fais à Pré-au-Lard.
- Oui c’est l’un ou l’autre. Mais il est temps que nous refassions qu’un, Sawyer. Mönstrum claqua des doigts et instantanément leurs deux poitrines firent un bond en avant. L’instant d’après, une forme ronde, comme une petite bille rouge, flottait entre eux-deux.
Mönstrum passa sa main au-dessus et en-dessous, comme s’il ne pouvait pas la toucher.
- Tu as compris, n’est-ce pas ? demanda-t-il, étonnamment calme.
- La raison ?
- Mieux que ça. C’est une image, une alégorie pour être précis. N’oublis pas que tout cela se passe dans ta tête. Saisi là, et accepte de guérir, accepte-moi, accepte toi toi-même, tel que tu es.
- Qu’est-ce que j’y gagne ?
Mais il n’attendit pas la réponse. Il attendait depuis trop longtemps un moment comme celui-ci, où il pourrait retourner en arrière, ressentir ce que lui apportaient drogues, femmes et alcools comme une partie intégrante de lui. Il tandis sa main, et lorsqu’il fut sur le point d’attraper la petite bille rouge, le bout de ses doigts prirent feu.
Immédiatement, le décor auparavant complètement neutre se transforma. D’abord sous les formes d’un appartement minable qu’il reconnu comme étant son ancien chez-lui, avec sa mère et son frère. Il approcha un peu plus la main, mais une sorte de barrière résistait. De grandes flammes lui brûlaient les doigts sans qu’il ne sache exactement ce que cela pouvait signifier. Les murs de l’appartement se transformèrent en murs de incurvés de vieilles pierres, et il reconnu Poudlard. Les murs changèrent au fur et à mesure et rapprochait sa main de la bille, mais cela restait Poudlard, pour finir par le cimetière du parc. L’espace d’un instant il se trouva dans Gringott, mais il venait de saisir la bille dans le creux de sa main, et une puissante lumière en irradiait. Il fut alors comme attiré par Mönstrum, et poussé par une force inconnue, leurs corps volèrent l’un contre l’autre, mais au lieu de s’heurter, ils fusionnèrent.
Sawyer eut l’impression qu’on le secouait dans tout les sens, comme s’il se trouvait dans un panier à salade. Il ferma les yeux et sentit une effroyable douleur à la tête. Puis tout cessa, et des voix inconnues se répercutèrent à ses oreilles ;
- On en fait quoi ? On l’tue ? demanda la première.
- Qu’est-ce que j’en sais ? Tue le donc, ça en fera un d’moins.
- Il a pas l’air bien dangereux, avec ses drôles de cheveux. J’te dis que c’est un métamorphomage ça, avec une couleur pareille.
Il était revenu dans Londres, mais quelque chose avait changé. Il le sentait, il n’était plus vraiment le même. Il rouvrit les yeux, pour voir deux hommes qui portaient un drôle de masque derrière une capuche.
Lorsqu’il se mit à sourire, il se rendit compte qu’auparavant il ne souriait pas. Chose inédite. Avait-il vraiment guéri ? Ce que Mönstrum avait dit était donc vrai ? Il réfléchirait à ces énigmes plus tard. D’un geste vif il dégaina sa baguette, et désarma les deux Mangemorts à l’aide d’un sortilège. Ils firent un court vol plané pour atterrir contre l’autre bout de la ruelle, adossés aux murs comme il l’avait été auparavant.
Il se sentait revivre ! Il savait exactement ce dont il avait envie. Pour l’instant sa seule préoccupation serait de retrouver Hélène. Oui, il fallait qu’il parle à Hélène.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Dim 4 Mai - 16:30

Puis il y eut le chaos. Il s’était laissé distraire quelques secondes et voilà qu’il en payait les conséquences.
Le dragon qu’il avait vu plutôt voler dans le ciel avait décidé de faire sa pause caca à l’endroit même où il tenait avec Samaëlle.
La secousse ne fut pas très violente mais suffisante pour le faire trébucher. Il se ragrippa à la jeune femme in extremis. Le dragon s’était posé à peine à quelques mètres d’eux. Du haut de son crâne dardaient de puissantes cornes aussi grosses qu’un tronc d’arbre. Ses yeux n’étaient que des fentes mais on parvenait par instant à entrevoir un éclair furtif de couleur jaune pâle. Les écailles quant à elles, étaient ovales et parfaitement formées, sans discontinuités, indiquant que le dragon était en parfaite santé physique. Le museau était fin et allongé, idéal pour cracher des flammes.
Par réflexe, il se positionna devant Samaëlle, faisant bouclier avec son corps. Un bien piètre bouclier qui tenait tout juste sur ses jambes.
- Vous feriez mieux de partir. Très lentement et à reculons. Surtout ne le regardez pas dans les yeux. Si vous faîtes cela il ne vous fera aucun mal. Il s’intéresse uniquement à l’odeur du sang.
La pression de la main de Samaëlle se fit un instant plus forte.
- Ne faites pas l’idiot, je suis aussi couverte de votre sang que vous. Reculez avec moi, il y a une chance qu’il ne nous ait pas remarqués nous, mais quelqu’un d’autre à proximité.
Comme pour contredire ses paroles, le dragon posa son regard dans leur direction. Son énorme tête de serpent resta immobile pendant plusieurs secondes, puis un filet de fumée commença à s’échapper par les fentes de sa gueule.
- Mouais. Il fallait s’y attendre avec des cheveux criards comme les vôtres. Au temps mettre un panneau de signalisation clignotant avec écrit : « Eat me ! » dessus.
- Il faut avouer que j’ai l’air plus appétissante que vous dans votre état actuel ! Je ne vois pas beaucoup d’issus de secours. Il faut nous séparer, rapidement.
Jean haussa les épaules. C’est ce qu’il lui avait demandé de faire dès le début. Elle partait et lui se trainerait sur quelques mètres et avec un peu de chance il ne se ferait pas piétiner par la bête.
Il ne se faisait pas trop d’illusion. Un dragon était loin d’être stupide, il choisirait la proie ayant l’air la plus affaiblie. Soudain il eut une idée.
- Donc vous reculez et moi je vais passer par les toits en sautant.
Sincèrement il doutait de pouvoir y arriver mais il suffisait qu'elle le croie.
Il doutait de pouvoir sauter plus haut que quelques centimètres.
La jeune femme le fusilla du regard.
- Si c’est une blague ce n’est pas drôle.
- L’heure de la plaisanterie a assez durée. Je suis un monstre moi aussi après tout…
- Un monstre avec une main et la moitié du visage en moins. N'en faites pas trop, vous ressemblez plus à un humain que n'importe qui ici !
Vraiment ? Alors il était temps de montrer un peu ce qu’il avait appris dans le sous-terrain avec Michel le nain. La punition de Vaan avait eu en plus de lui faire accepter sa condition de monstre, l’avantage de développer ses facultés naissantes.
Il se concentra et une vague d’énergie nouvelle monta en lui. Celle de la bête qui sommeillait en lui. Ses yeux se mirent à luire de la même façon que ceux de Vaan multipliant son acuité visuelle, ses canines s’allongèrent et s’affinèrent, devenant aussi dures que de l’acier. Ses muscles douloureux se tendirent à l’extrême.
D’un geste il écarta Samaëlle. Il sentit son cœur battre et le sang couler dans ses veines. Il la voyait plus à nue qu'il ne pourrait jamais le lui montrer. Tellement frêle. Tellement appétissant. Il détourna soudain le visage, dégoûté par ses propres pensés. Sans la regarder il adressa ce qui devait être ses dernières paroles à un être humain :
- C’est un adieu je pense.
Et d’un bond il tenta de rejoindre le haut d’un des immeubles. A sa grande surprise, il réussit presque. Jamais il n'aurait pensé qu'il puisse avoir une telle force. Son genou tapa contre le rebord de la rambarde de sécurité. Il bascula en avant et tomba tête la première sur le sol dur et froid du haut du petit immeuble.
Epuisé par l’effort, il demeura dans cette inconfortable position durant plusieurs secondes. Il dut cependant se décider de bouger quand il sentit la dépression d’air causées par les puissantes ailes du dragon en vol sur lui.
Il se releva tant bien que mal et claudiqua sur une dizaine de mètres avant d’entendre un énorme bruit dans son dos. Jetant un œil par-dessus de son épaule, il s’aperçut que le dragon venait de se poser sur le toit à son tour. Sa gorge était gonflée et sa tête légèrement en arrière.
Jean comprit immédiatement ce que la bête avait l’intention de faire. Il eut à peine le temps de se retourner et de brandir sa baguette devant lui.
« Protego ! » hurla-t-il au même moment qu’un brasier infernal se déversait de la gueule béante du dragon. Le choc fut terrible mais le Comte tint bon.
Mais pas pour longtemps. La lumière protectrice s’affaiblissait rapidement, laissant passer de petits mais brûlant jets de flamme.
Jean sentait la sueur de son front s’évaporer tandis que ses vêtements commençaient à fumer de toute part. Le puissant souffle du dragon ne semblait pas vouloir se tarir et Jean réalisa qu’il n’arriverait pas à retenir les gerbes enflammées plus longtemps avec son bouclier. Il aurait pu tenter de lancer un aguamenti mais cela n’aurait servi à rien. Cela serait revenu au même que si il avait essayé de pisser dans un brasier dans l’intention de l’éteindre.
Le bouclier se craquela encore, puis un gros trou apparut. Le feu s’y engouffra goulûment, carbonisant tout ce qui passait à sa portée. Les flammes commencèrent à lécher les pieds du Comte, le contraignant à reculer d’un pas. La douleur causée par ses blessures et les nouvelles brûlures commençait à être insupportable. Ses poils tombaient par centaines et finissaient généralement brûlés avant d’avoir touchés le sol. Les cloques se mirent à pulluler sur son bras, son torse et ses jambes. Encore quelques minutes et il risquait d’être cuit à point.
Dans un dernier effort de volonté, il insuffla à son sortilège une nouvelle vague d’énergie. Celle du désespoir.
Immédiatement l’ombre fugace qui le suivait depuis tout ce temps s’aventura à son oreille :
- Je l’avais dit. Tu n’as plus d’espoir. Il est temps de refermer la parenthèse de ta vie. Il faut que tu meures…
- Mais… Ael, les filles… et Samaëlle…
Vaan posa une main sur son épaule d’un geste compatissant.
- Chut. Il est l’heure de partir maintenant.
- Je ne veux pas mourir.
- Oui. Je sais. Suis-moi.
Jean s'abandonna alors complètement. Il ferma les yeux et laissa pendre ses bras le long de son corps.
L’instant d’après l’enfer se déversa sur lui. Son sort de protection cessa complètement d’agir et un tourbillon de lumière l’absorba, lui léchant le visage et le corps, désagrégeant complètement ses vêtements, carbonisant sa peau et cautérisant instantanément ses blessures.
Ensuite il y eut une éblouissante lumière. Puis les ténèbres. Et enfin le néant.
Le dragon, ayant accomplit sa tâche, écarta les ailes, le poids ayant pour effet de faire effondrer le toit et une partie du bâtiment, entraînant dans sa chute le brasier redoublant de puissance dans lequel brûlait les restes du Comte, puis s’envola de plus en plus haut dans le ciel.

Assise sur le rebord d’un toit avoisinant, une fine silhouette regardait les flammes s’élever haut dans le ciel, un profond air de tristesse marquant son regard rubis.
- Faudra-t-il récupérer le corps, Père ?
A côté d’elle dans son fauteuil roulant, Vaan hocha péniblement la tête de gauche à droite. Ses épaules étaient affaissées et des plaques noires lui couvraient le bas du visage et semblaient se prolonger sur une partie de son corps.
Sa figure n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle avait été. Autrefois aussi lisse que celui d’un poupon, son visage était devenu jaunâtre, creusé et marqué de profondes rides sur le front. De gros cernes pendaient de ses yeux. Il semblait exténué mais pourtant son regard ne pouvait se détacher du feu qui était en train de consumer la dépouille de son fils. Ce n’était pas la peine d’y chercher quoi que se soit. Il n’y aurait rien à récupérer.
Gabrielle détourna un instant le regard du bûcher pour regarder son Maître. Elle hésita un instant, craignant que la question qui était sur le bord de ses lèvres ne paraisse déplacée, puis finalement se lança :
- Au fait, que voyait-il ?
Vaan leva sa main droite devant lui et écarta les doigts. Du gant de Rowena Serdaigle semblait émaner une énergie négative, plus sombre que la nuit elle-même. Son aura était telle, que le flux en était presque palpable.
- Ce que le gant renvoyait de plus mauvais en lui.
Vaan jeta un œil en arrière. Derrière lui des centaines de personnes le regardaient, l’œil complètement vide, comme des zombies. Dans le meilleur des cas, certaines avaient les trippes à l’air, d’autres n’avaient pratiquement plus de visage et d’autres encore les deux. Dans le pire, elles ne ressemblaient que très vaguement à quelque chose qui avait pu être humain tandis que des flots de sang interrompus se répandaient sur le sol par leurs innombrables blessures.
- Ce qu’il y a de plus mauvais…
Soudain la silhouette de Jean apparut parmi les ombres. Il était guérit de toutes blessures, sa main droite était à nouveau en place et aucune cicatrice ne venait altérer la beauté de son visage. Il planta alors son regard dans celui de son père et se mit à sourire d’un air narquois.
- Alors papa, ça te fait quoi que je sois mort ?
La main de Vaan qui était contenue dans le gant de Rowena se mit à trembler.

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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Dim 4 Mai - 18:01



Mona Randyll :






Mona venait de transplanner une dizaine de fois dans Londres, vérifiant que les zones qui étaient censées être nettoyées l’étaient bien. Il faudrait des semaines, peut-être bien des mois, pour restaurer Londres dans son entier. Les forces de l’Ordre avaient bien travaillées, les divers cadavres qui jonchaient rues et ruelles en étaient les preuves.
Lorsque le Maître l’appellerait, elle viendrait le rejoindre au Ministère. Le ministre avait-il eu la présence d’esprit d’y laisser quelques Aurors ? Ces soldats infâmes qu’elle souhaitait tuer jusqu’au dernier. Qu’elle les haïssait, comme elle aurait eu envie de pouvoir tous les tuer jusqu’au dernier. Bien sûr elle avait pu en avoir durant la soirée, trois exactement. Elle aurait pu en tuer plus si le Maître l’avait fait combattre au premier rang, mais ce n’était de toute évidence pas son rôle.
Il y eut soudain un puissant mugissement, puis un grand dragon noir s’éleva temporairement dans les airs, avant de cracher un long et continue jet de flamme. La cible du Magyar ne ferait pas long feu, si elle pouvait s’autoriser à elle-même cette boutade.
Les rayons du soleil commençaient à s’échapper de la ligne d’horizon, et bientôt le soleil lui-même viendrait mettre à jour les horreurs de la nuit.
Mona se demanda si le Seigneur des Ténèbres laisserait à Greyback son rang hiérarchique. Peut-être attendrait-il de s’être emparé de l’Europe continentale.
Tandis qu’elle marchait au milieu des cadavres, sans en apparence y accorder la moindre sorte d’importance, elle s’amusait à enrouler autour de son doigt l’une de ses longues mèches de cheveux couleur jais, l’air pensive. La guerre était un succès, c’était évident, et les pertes n’étaient rien comparées aux nouvelles perspectives qui s’offraient désormais à eux. Le Maître était content, satisfait, son avant-bras gauche le lui signifiait. Et les sorciers comme Severus Snape, Seth Street ou même elle-même seraient bientôt bien récompensés de leurs longs efforts. Mais ce n’était que le commencement.
Déjà, le maître des dragons allait siffler pour les rappeler, et les Inferii ne tarderaient pas à se réfugier hors de Londres, craignant les rayons du soleil. Les loups redeviendraient de simples hommes, les géants retourneraient pour un moment dans les montagnes, et il ne resterait bientôt que des cadavres.
Mona tourna le coin d’une rue, pour apercevoir une jeune femme, peut-être aussi brune qu’elle, qui tentait de sauver un mourrant à l’aide de sa baguette magique. Le pas calme, elle s’avança vers elle jusqu’à être aperçu aussi. Instantanément le regard de la sorcière se durcit, et elle cessa de porter son regard sur l’homme allongé près d’elle qui poussait un ultime râle.
La question vint à elle naturellement. Une question qu’elle avait plusieurs fois prononcée en cette sanglante soirée.
- Êtes-vous une Auror ?
La femme face à elle eut un rictus de mépris, les yeux emplis de méfiance.
- Et alors ? Si cela était bel et bien le cas ? demanda-t-elle sur un ton de défi.
Les doigts de la main gauche de Mona qui tenaient sa baguette magique accentuèrent leur pression. Le quatrième n’attendait vraisemblablement qu’elle.

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Joanne Street
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Mar 6 Mai - 20:59

Plus que de la sentir, je vécu sa mort. C’est une sensation étrange et bien au-delà des mots que de vivre la mort de son jumeau. On a l’impression que ce n’est pas seulement lui mais également nous qui mourrons en même temps, et je peux vous dire que faire l’expérience de la mort et la chose la plus désagréable qui me soit arrivée parmi toutes les choses désagréables qui pleuvent dessus depuis plusieurs mois déjà.
Sa mort, notre mort, ne fut pas agréable. Il y avait beaucoup de souffrances, beaucoup de peines. Pas d’espoir. Alors cette mort était-elle au final une sorte de délivrance ? Un antidouleur puissant et irréversible ? Je ne le sais pas encore, et peut être ne le saurai-je jamais.
En effet, une fois mort, on ne ressent pas et moins encore. Toute chose en nous s’éteint comme une fleur qui se fane, puis tombe de sa tige. Nous n’avons pas conscience d’être mort. Nous n’avons pas conscience d’avoir exister. Nous n’avons pas conscience de ne plus être. C’est un immense trou sans fond on l’on s’enfonce jusqu’à disparaître complètement.
J’ai vu ce qu’il y avait et j’en suis revenue. Peu de personnes ont pu vivre une expérience similaire. Et pourtant la mienne semble si différente que la description qu’ils ont faite de la leur. Pour moi, pas d’ange lumineux venu m’accueillir à bras ouvert avec un sourire pétillant sur les lèvres. Pas de tunnel ni de vacillante lumière auquel je pourrais me raccrocher. Si nous avons une âme, alors la mienne ne partira pas là haut, dans cet autre monde sensé combler tous nos désirs pour l’éternité.
Non. Pour moi, pour nous deux, il n’y aura rien. Ni joie, ni tristesse. Ni bon, ni mauvais. Ni bonheur, ni douleur. Juste un océan de silence. Est-ce vraiment une délivrance ?
Il me fallut un long moment avant de me remettre du choc initial de la mort de Jean. J’étais assise à mon bureau, une tasse de café froid à la main lorsque cela c’était produit. Lorsque je me réveillais enfin de se sommeil quasi léthargique, je me rendis compte que le liquide qui s’était renversé sur mon chemisier avait eu le temps de sécher, ne laissant plus qu’une grosse tâche d’un jaune très sombre et des morceaux de tasse sur le sol.
Je me levai prudemment, les jambes toujours flageolantes. Il fallait que je m’asperge le visage – et accessoirement que je nettoie mon chemisier.
Des tonnes et des tonnes de souvenirs, pensées et regrets se bousculaient dans ma tête. Je parvenais à peine à imaginer que Jean se tenait encore debout dans cette pièce à peine deux heures plus tôt. Je me souvenais maintenant avec une précision presque photographique de chacun des gestes qu’il avait exécutés, de chacune des paroles qu’il avait prononcées, de chacun des regards qu’il m’avait lancée. C’était comme s’il était encore là, avec moi, pour me convaincre de tout laisser tomber et de partir avec lui.
Il était entré en trombe, ouvrant grand la porte de mon bureau. J’étais restée un instant à le fixer. Lui qui était sensé être hospitaliser à Ste Mangouste, que faisait-il ici ?
C’est alors sans ambages ni fleurs pour édulcorer le tableau qu’il me balança que Seth Street, mon si brillant et fringant petit ami que j’avais choisi de défendre n’était autre qu’un vulgaire Mangemort infiltré à la solde de son ignoble maître à tête de serpent. Quel ne fut pas sa tête lorsqu’il se rendit compte que cette révélation n’en était pas vraiment une pour moi.
Lorsque j’eus fini de lui raconter mes mésaventures et démêlés avec les Frères de Sang et la confession de Seth, je cru bien que sa mâchoire allait se décrocher et tomber. Mais comme il l’avait toujours si bien fait, il s’était vite recomposé un visage impassible et froid d’où nulle émotion ne filtrait.
D’une voix blanche il avait alors demandé, si j’avais l’intention de le sortir du couloir de la mort où si j’avais eu l’intention de le laisser au soin du Ministère qui avait la ferme intention de l’exécuter sous peu. Je lui avais alors expliqué que je n’avais pas bougé parce que je savais que bientôt le Seigneur des Ténèbres attaquerait Londres et prendrait le pouvoir. Après je n’aurais eu aucun mal à convaincre Seth que Jean l’avait attaqué non pas parce qu’il savait que c’était un Mangemort, mais parce qu’il croyait bien faire en se débarrassant d’une personne qui se battait avec tant de vigueur contre le Seigneur des Ténèbres. Ainsi il aurait pu reprendre une vie relativement normale au sein de la nouvelle société sorcière qui verrait bientôt le jour.
Il n’avait malheureusement pas accepté ma proposition. Il m’avait ensuite déclaré qu’il allait partir pour toujours. Que de toute façon ces conflits ne l’intéressaient plus et qu’il y avait une menace plus pressante encore qui pesait sur nos têtes. Celle des Frères de Sang et que j’étais bien placée pour le savoir, m’étant fait attaquée à deux reprises par ceux-ci. Et il m’avait proposé de partir avec lui.
J’avais refusé, prétextant qu’il était trop tard et que nous serions mieux protégés ici, avec les troupes de choc de Voldemort plutôt que dans le coin perdu qu’il préconisait. Vexé, il était parti sans même me dire au revoir et moi je l’avais traité d’égoïste ne pensant qu’à lui alors que le bruit de ses pas s’éloignant du bureau résonnait encore dans le couloir désert.
Je regrettais maintenant d’avoir refuser de l’accompagner. Peut-être que si j’avais été là pour le soutenir, il ne serait pas mort. Peut-être que si j’avais été là, j’aurais pu le sauver… Au lieu de cela je m’étais contentée de mourir avec lui et de me remettre à vivre ma vie aussitôt après, comme si rien ne s’était passé. Comme si rien n’avait jamais existé.
Comme la fin d’un cauchemar.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Ven 9 Mai - 14:02

Sawyer se sentait comme soulagé, comme s’il venait de briser les chaînes qui le tenaient depuis si longtemps déjà prisonnier. Des émotions oubliées le submergeaient, et il s’observait dans ce qui restait d’une vitrine fracassée d’un magasin, s’amusant du grotesque de son apparence. Le maquillage de ses yeux, de ses lèvres, et la couleur et de ses cheveux lui paraissaient d’un incroyable burlesque. Il lui semblait n’avoir vécu ces presque deux dernières années qu’en rêve, et qu’il venait tout juste de se réveiller de son long sommeil.
Un rayon de soleil vint se refléter sur la devanture et l’éblouir, le forçant à détourner la tête. Son regard se porta alors sur le reste de la rue, dévastée par la grande bataille qui avait fait rage toute la nuit durant. Des corps sans vie parsemaient la route et les trottoirs, et les habitations qui avaient pris feu s’éteignaient à peine, tandis que montait encore vers le ciel une dense fumée noire.
Quelque chose en lui, lui indiquait qu’Hélène n’était pas très loin. Il lui tardait de la retrouver, de l’amener loin d’ici. S’il suivait son cœur, il était sûr qu’il la trouverait. Il se mit à courir, sa cravate qui dansait sous sa course, sa baguette tenue dans sa main droite nue.
Il ne savait pourquoi il avait cet étrange certitude, celle de retrouver Hélène rien qu’en suivant son instinct, mais il y croyait comme il n’avait pas cru en grand chose depuis bien longtemps.
À l’angle d’une rue, où une bande d’hommes à l’air crasseux étaient en train de piller un magasin, Sawyer distingua une boule de tissu sombre qui lui paraissait étrangement familière. Il s’en rapprocha, et le soulevant il compris ce qu’il lui avait semblé reconnaître. C’était le manteau que portait habituellement le Passeur, il aurait pu en jurer. Etait-ce la mort de Maugrey qui avait poussé cet être étrange à retirer sa seconde peau ? En un an de collaboration avec Maugrey, Sawyer n’avait jamais pu distinguer le visage du Passeur. Un mystère qui resterait sans doute à jamais entier.
Il pointa sur la robe sa baguette magique et en un instant elle semblait l’avoir aspiré. Sans faire attention aux pillards, Il continua sa course aux apparences absurdes.
Ce ne fut qu’après une dizaine de minutes, le souffle court qu’il lui semblait apercevoir la belle et longue chevelure d’Hélène à l’autre bout d’une étroite ruelle. Elle se tenait debout, visiblement prête au combat, et se tenait à ses pieds un corps gisant. Il accéléra le pas, les yeux fixés sur Hélène qui venait de débuter un duel face à quelqu’un qu’il ne pouvait encore apercevoir.
Elle esquiva un sortilège couleur pervenche en pivotant sur le coté, l’apercevant lui par la même occasion, lui qui courait vers elle. Hélène écarquilla les yeux et Sawyer comprit qu’elle avait dû apercevoir sur son visage, pour la première fois, un faciès sérieux. Elle fit jaillir vers son adversaire un éclair rouge, mais ne put esquiver le sortilège adverse qui la frappa en pleine poitrine.
Son regard ainsi que le reste de sa figure se figèrent immédiatement, comme recouvert d’un masque. Ses bras perdirent toute énergie, et tandis qu’ils retombaient tout deux le long de son corps, son corps lui-même chuta en arrière, comme une marionnette aux fils coupés.
Le cœur de Sawyer sembla se court-circuiter, et ses entrailles se contractèrent si fort qu’il en eut envie de vomir. Il voulut crier mais aucun son ne put sortir de sa bouche sèche. Il combla alors la maigre distance qui les séparait, et se jeta sur le corps sans vie d’Hélène. Il passa son bras sous sa nuque, et releva son visage qui semblait paisible, comme si elle s’était juste assoupie un moment. Mais son corps perdait déjà de sa chaleur, et sa respiration ne soulevait plus sa poitrine.
Un flot immense de haine submergea Sawyer. Quelqu’un devait payer, celui qui avait fait ça allait subir son courroux, cette colère retenue depuis deux années. Il regarda alors la personne qui se tenait droite à quelques mètres d’eux. Même s’il faisait sombre la première fois qu’il l’avait aperçue, il la reconnu immédiatement. Celle qui ne s’était pas donné la peine de tuer quelques heures auparavant, celle qu’il s’était contenté de laisser partir, celle-là même se trouvait en ce moment face à lui, la baguette encore fumant du sortilège qui avait arraché la vie d’Hélène.
Il relâcha son étreinte et brandit sa baguette dans sa direction, mais elle avait déjà posé son doigt sur son avant-bras gauche, là où se trouvait la sinistre marque des ténèbres, et elle disparut, juste devant ses yeux. Son sortilège émeraude passa là où elle se trouvait à peine une seconde auparavant, pour s’écraser contre un mur de brique et le démolir avec fracas.
Le visage haineux, il reporta son regard vers Hélène. Cette femme qui l’avait aimé comme jamais on ne l’avait aimé. Elle qui l’avait compris plus qu’il n’avait voulu l’avouer, et surtout, elle qu’il avait rejeté sans ménagement, elle dont il s’était joué, elle dont il s’était juste servi.
Un cri partit alors d’un plus profond de ses entrailles, pour jaillir de ses lèvres. Un cri rempli de colère, de frustration, de tristesse, d’humanité. L’instant d’après il poussa un sanglot et des larmes vinrent couler le long de son visage, et tomber sur celui d’Hélène.
Pourquoi fallait-il que ça soit maintenant, maintenant que tout lui paraissait enfin clair, maintenant qu’il était enfin lui-même, que tout sombre à nouveau dans le chaos. Le bonheur ne pourrait-il jamais se séparer du malheur ? Il lui sembla à nouveau revivre la scène de la mort de Cervantes, mais c’était plus que de l’amour fraternel qu’il avait ressenti pour celle qui gisait dans ses bras.
Il aurait voulu tout détruire, hurler son chagrin. Il aurait tellement voulu lui parler, lui expliquer, s’excuser de l’être qu’il avait été. Hélène l’aurait compris, elle lui aurait fait un grand sourire puis leurs lèvres se seraient unies. Il aurait trouvé la femme douce et intelligente dont il avait besoin. Mais tout ceci n’était plus que de maigre illusion. Cette femme était morte, et il se rendit compte qu'il n'était désormais plus rien sans elle. Elle qui l’avait tant cherché, et lui qui l’avait ignoblement fui.
Il sera plus fort le corps sans vie d’Hélène, et entre deux sanglots, il lui murmura les mots qu’il aurait tant voulu lui dire.
- Je t’aime.
Demain serait plus sombre et plus froid, comme les prémices à des temps douloureux.

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Samaëlle
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Ven 9 Mai - 22:48

Ses derniers mots résonnaient à ses oreilles comme un battement régulier de tambour qui allait finir par lui donner mal au crâne. « C’est un adieu je pense. » Sans s’en rendre compte, elle était tombée par terre, les fesses sur le sol dur et froid qui la ramena à la réalité. Elle ne pouvait se relever, comme si contempler le vol du magyar qui s’éloignait lui déposait sur les épaules un immense poids dont elle ne pouvait se défaire. Elle restait là, hébétée. Lorsque la créature ne fut bientôt plus qu’un souvenir, elle tourna douloureusement la tête vers l’immeuble où avait sauté Jean. Il était en ruine, un tas de poussière asphyxiante et de gravats encombrants. Pourtant, il lui avait semblé voir tomber un petit brasier du toit. Etait-ce … ? Elle savait, au plus profond d’elle-même, que le comte n’en avait pas réchappé, mais elle était irrésistiblement attiré par un point en bas qui avait rougeoyé un moment. Toussant et crachant, elle finit par se relever en titubant et s’approcha lentement du lieu du drame, fixant comme un zombie un point particulier.
C’était la seule chose qu’elle pouvait faire pour ne pas tomber en chute libre dans le désespoir. Se raccrocher à un but, quelconque, et le faire sans penser à rien. Arrivée, elle balaya les lieux du regards comme une enragée et sembla satisfaite lorsqu’elle s’accroupit devant un gros tas de poussières et de cendres. De sa baguette elle fit apparaître une petite fiole violette ouvragée qu’elle posa soigneusement à côté d’elle. Elle plongea alors ses mains dans le tas noir et poudreux et les retira vivement, brûlée par des braises subsistant au fond. Honnêtement, rien ne prouvait qu’il s’agissait là de la dépouille de Jean, mais peu de choses sur le toit s’était enflammée. Comme rassurée par cette pensée, elle replongea avec plus d’attention ses mains dans la cendre et en récupéra ce qu’elle considérait comme faisant parti du corps de l’homme qu’elle avait aimé fugacement. Le conteneur vite plein, elle le rangea dans sa veste dont le cuir commençait à s’abîmer à quelques endroits. Une partie de lui resterais toujours avec elle.
Samaëlle resta là quelques instants, à genoux, comme indécise. Il avait fini par disparaître, comme il lui avait annoncé plusieurs jours auparavant. Elle avait tant pleuré alors, qu’aucune larme maintenant ne venait pour soulager son chagrin. Les minutes s’égrenèrent sans que rien ne se passât puis, petit à petit, des gouttelettes d’eau vinrent chatouiller la tête et les mains sales de la jeune femme. Celle-ci offrit son visage au ciel, il lui semblait qu’il pleurait pour elle. Cela lui apporta un immense soulagement, et elle trouva enfin le courage de se relever. Elle ne se sentait pas le cœur de se battre, et s’il ne s’en était fallu que d’elle, elle serait allé se mettre à l’abri. Mais cela n’était pas d’actualité, des gens continuaient à souffrir bien que la plupart soit parti se cacher. Elle erra dans les rues, agissant de loin, se cachant au besoin. Elle n’aurait jamais pu se battre contre quelqu’un en face à face, elle en était certaine. Elle s’approchait du ministère, et l’ambiance se faisait lourde, l’atmosphère tendue. Samaëlle n’avait pas voulu se trouver là mais ses pas l’y avaient mené machinalement. Respirant avec difficulté, elle s’approcha à petit pas. Il n’y avait pas de moldus ici, comme si on avait particulièrement soigné le nettoyage de la zone. Nerveuse, elle scrutait chaque détail de son paysage, elle avait peur de tomber sur une personne mal intentionnée. A une centaine de mètres de là, un corps gisait. Samaëlle s’arrêta. Il aurait été impossible à quiconque ayant déjà rencontré Maugrey de ne pas reconnaître ce corps broyé par une vie de bataille et de lutte intense. Cette jambe de bois, cette bedaine naissante, son gilet vert passé et sa besace en bandoulière. C’est comme si le ciel lui tombait sur la tête. La jeune femme courut à sa rencontre et s’agenouilla près de son cadavre. Il était déjà froid. Tout se glaça autour d’elle, il lui semblait que son sang refluait vers son cœur, comme pour le noyer. Sa gorge était serrée, elle avait envie de pleurer.
C’était la fin. Si même le Commandeur était mort, il ne restait plus rien ici pour elle. L’espoir s’était envolé, plus personne ne lutterait pour le bien. Ils avaient cru en une chimère qui maintenant les croquait petit à petit. Une vague de désespoir la percuta de plein fouet, et elle s’imagina les pires scénarios, retrouvant tout ses coéquipiers morts, en sang, souillés et méconnaissables. Dès qu’elle regardait la rue elle avait l’impression de les voir. Ces visions insupportables la firent se lever. Elle essuya du revers de la main les larmes qui avaient sillonnées sont visage. Une dernière fois elle contempla la dépouille de son ancien chef, de celui qui avait pour un temps donné un but à sa vie. Elle imprima chaque détail de son corps dans sa tête, elle ne voulait pas oublier. La paix ne triomphe jamais. Voilà ce qu’elle essayait d’admettre. Elle fit apparaître un bouquet de coquelicot qu’elle déposa sur le flan droit de l’ancien auror. Si belles les actions pour le bien, mais si éphémères… Samaëlle allait se détourner lorsque un rayon du soleil naissant fit scintiller une chaîne d’or dans la poche du vieux Maugrey. Intriguée elle se pencha et s’en saisit. Un chiffre romain pendant au bout. N°5. Un tressaillement s’empara d’elle, son cœur s’accéléra. Hésitant un instant, elle finit par le serrer dans son poing sur son cœur. Ils n’auraient plus besoin de ça, ni l’un ni l’autre. Elle le passa autour de son poignet en faisant plusieurs tour de sorte qu’il devienne un bracelet. A l’aide de sa baguette elle l’ajusta si bien qu’elle ne pourrait l’enlever à moins de le vouloir, elle, et personne d’autre.
Puis, sans un autre regard, elle partit loin. Loin…

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Lord Voldemort
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Dim 11 Mai - 12:26

La salle ne ressemblait en rien à celle qu’elle avait été une heure plus tôt. À la place des nombreux sièges du Magenmagot se trouvait un seul fauteuil, qui faisait plus penser à un trône. Il était posé sur un sol surélevé par rapport au reste de la pièce, comme pour bien signifier l’importance de celui qui y était assis. Le trône était constitué d’un seul bloc de bois sombre taillé avec finesse, où était gravés de nombreux serpents qui s’enroulaient sur eux-mêmes. Les murs étaient drapés de nombreux tissus verts émeraudes, faiblement éclairés par les torches fixées entre eux.
Voldemort y était confortablement assis, les doigts de la main gauche joints à ceux de la droite, et ne semblait pas prêter attention au corps de Scrimgeour étalé mort à quelques mètres de là. La centaine de Mangemorts amassés face à lui par contre, ne cessait de passer du regard de l’un à l’autre, en attendant fébrilement qu’il prenne enfin la parole. Seul Severus Snape était aux cotés de Voldemort. Debout, il avait un visage impénétrable et ne paraissait ni impatient ni excité.
- Nous y voilà, mes amis ! cria Voldemort en guise d’introduction, les bras écartés. Ceci est la fin de tant d’années de hargne et combat, mais le début d’une nouvelle ère ! Le Ministère est désormais en notre pouvoir, et toute l’Angleterre à travers lui, dit-il avec une jubilation contrôlée.
Il y eut un tonnerre d’applaudissements, ponctué de quelques cris de joies et sifflements. Les fines lèvres de Voldemort s’étirèrent en un sourire satisfait, tandis qu’il leva sa grande main pour imposer le silence. Immédiatement tout applaudissement, sifflement ou cri cessèrent, et sa voix sifflante fut audible dans toute la grande salle réaménagée.
- Mais tout ceci n’est qu’un début. Lorsque l’Angleterre nous sera entièrement soumise, il nous faudra continuer, encore, et encore. L’Ordre des Ténèbres se doit de régner sur tout les continents. Ses deux yeux rouges flamboyaient sur ses auditeurs, et il passa une de ses longues mains blanchâtres dans ses cheveux. Il émit un léger sifflement, et un long et épais serpent vint dans sa direction.
- Il est cependant grand temps de récompenser mes plus fidèles, mes plus brillants serviteurs. Severus… appela-t-il pendant que Nanigui s’allongeait sur ses genoux.
Snape descendit les marches qui faisaient joindre le sol surélevé où était le trône de Voldemort au reste de la pièce, et posa un genoux à terre.
- Maître.
- Tu m’as excellemment servi ces dernières années Severus, et sans toi tout ceci n’aurait pas été encore possible.
- Merci, Maître, répondit-il le ton soumis, son nez crochu en direction du sol.
- C’est pourquoi je te donne la gérance de l’une des choses les plus importantes désormais sous notre contrôle, comme nous en avions déjà parlé Severus. Je fais de toi le nouveau Directeur de l’école de Poudlard ! Relève-toi. Snape se remit debout et reprit place aux coté de Voldemort, sans là non plus ne laisser aucune trace d’émotion sur son visage cireux. Seth…
Un homme plus grand que la moyenne, aux cheveux semblables à ceux de Snape bien qu’ils ne soient pas gras et plus long, prit place lui aussi devant les quelques marches qui menait au trône.
- Oui, Maître.
- Seth, tu as été plus qu’un allié dans cette guerre. Un précieux élément qui nous a éminemment aidé. Voldemort n’est pas un ingrat, il sait remercier ceux qui l’ont aidé dans ses grands desseins. Comme jadis tu gouvernais les Aurors pour notre compte, tu auras désormais la charge des Mangemorts, mais aussi un accès libre au Département des Mystères, comme tu me l’as judicieusement demandé. Relève-toi.
Street hocha la tête respectueusement et rejoignit les rangs, félicité par un brun courtaud et moustachu qui lui tapait l’épaule du plat de la main. L’ancien Directeur des Aurors eut un sourire modeste et reporta immédiatement son regard sur Voldemort lorsqu’il appela un troisième fidèle.
- Mona...
Une femme aux trais élégants s’avança. Elle était plus petite que les deux hommes qui l’avaient précédée, et portait une robe aussi noire que l’était sa chevelure de jais. Ses yeux étaient froids et durs, tout comme l’aspect rigide de son visage. Elle pris la même position que ses prédécesseurs et Voldemort prit la parole.
- Tes compétences et ton brillant sens de l’organisation nous on été fort utile, Mona. Voldemort sait reconnaître ceux qui l’ont bien assisté. Je te nomme Directrice de la Justice et des réseaux magiques. Relève-toi.
- Merci, Maître, dit-elle avant de reprendre place en silence, à coté d’un jeune homme aux cheveux courts et à l’aspect morose.
- Fenrir… siffla la voix aiguë de Voldemort, mais personne ne bougea. Fenrir. Répéta-t-il avec dans la voix un ton d’impatience. Encore une fois, personne ne bougea, mais des murmures émanèrent du groupe de Mangemorts. Où est Greyback ? demanda Voldemort à l’assistance avec colère.

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Joanne Street
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MessageSujet: Re: Mission #4 : Bouquet final   Mer 14 Mai - 10:53

Seth et les autres étaient là-bas. Avec celui que je devrais dorénavant appeler Maître. Le Seigneur des Ténèbres en personne venait de s’investir de tous les pouvoirs. Le monde magique allait s’en trouver profondément modifié.
Bizarrement, malgré avoir passé ma vie à défendre cet ancien monde, cela m’importait peu. J’étais comme détachée de tout et rien ne me semblait digne d’intérêt. La vie venait de créer un énorme vide en moi et je ne me sentais pas encore prête à assumer ce que j’allais devenir.
J’arpentais les couloirs dépeuplés du ministère, mes pas raisonnant comme un tambour annonciateur d’un mauvais présage. D’ici quelques heures, chaque recoin du bâtiment serait envahi de Mangemorts, de fidèles et d’employés – de sang pur évidemment. Je profitais donc de mes dernières heures d’errance d’âme en peine. Car si Jean était bien décédé cette nuit fatidique, moi je ne l’étais pas.
Malgré mon état mental loqueteux et mes pensées défaillantes, mes sens, eux, ne m’avaient pas quitté. Sûrement à cause de la part que Père a légué en moi. J’eus soudainement l’impression qu’on m’observait. D’instinct, je me retournai. Du coin de l’œil il me sembla voir une ombre qui disparaissait à l’angle du couloir.
Faisant immédiatement demi-tour, je revins rapidement sur mes pas. A l’intersection je lançai un regard dans la direction où j’avais cru apercevoir l’ombre. Il n’y avait personne. Je m’avançai encore de quelques pas, les sens aux aguets quand j’entendis un bruit provenant d’une autre intersection.
- Il y a quelqu’un ? demandai-je en m’approchant.
Comme personne ne me répondit je m’approchai encore. Une fois de plus j’entrevis quelque chose qui bougeait avant de disparaître à nouveau.
Je me mis à courir à la poursuite de cette ombre. Je ne savais pas ce que c’était mais quelque chose de primal en moi m’imposait de la suivre. J’étais comme fascinée. Dangereusement soumise à un charme, je ne pensai pas une seconde que cela puisse être dangereux pour moi.
La course-poursuite dura un moment. Je perdis la trace de cette insaisissable ombre plusieurs fois mais je parvenais à la retrouver au bout de quelques instants à cause d’un bruit ou d’une odeur qu’elle produisait sur son sillage.
Je tournai dans le dernier embranchement d’un couloir quand je me retrouvai soudainement face à une porte blindée. A l’aspect glauque et peu engageant de l’endroit, je le reconnus instantanément. Je ne m’étais même pas rendue compte que j’avais pénétré dans le département le plus secret de tous. Celui où étaient entreposées toutes les énigmes de notre monde. Le département des mystères.
Il n’y avait nulle trace de l’ombre que j’avais poursuivi. Comment cela était-ce possible ? La porte du département était pourtant verrouillée et seule une poignée de personne y avait accès.
Mes sens m’avaient-ils finalement joué un vilain tour et étais-je entrain de devenir folle ? Où l’ombre avait-elle bien pu aller ? Elle ne pouvait quand même s’évaporer dans la nature comme ça !
Prise d’un affreux doute, je m’approchai de la porte. La main tremblante, je posai ma paume sur le métal froid de celle-ci et poussai légèrement. La porte coulissa en grinçant sur quelques centimètres.
Surprise, je retirai vivement ma main. C’était impossible. Comment la porte avait-elle pu se déverrouiller toute seule ? Je ne parvenais pas à comprendre.
Je n’avais pas d’autre choix que de continuer. Je n’allais quand même pas déranger le nouveau seigneur du monde sorcier pour quelque chose dont je n’étais même pas sûr de l’existence. De plus, le Lord n’aurait certainement cure d’une porte qui se déverrouille toute seule.
J’étais donc seule, moi et ma baguette tenue fermement dans mon autre main lorsque j’écartai le battant de la porte et pénétrai dans un univers tout à fait différent au nôtre.
- Il y a quelqu’un ? réitérai-je une fois encore.
Seul un silence lugubre me répondit.
Je m’introduisis dans la coursive et continuai à avancer droit devant moi. Je passai plusieurs pièces dont de simples mots ne suffiraient pas en faire la description pour finir devant une sorte de hall où pénétrai un rayon de soleil qui venait frapper directement un autel sur lequel reposait une sorte de bulle lumineuse où l’on pouvait observer un oiseau qui s’envolait puis retombait, mort, avant de redevenir un œuf puis d’éclore et de s’envoler à nouveau.
Derrière l’étrange spectacle qu’offrait cet incessant manège de vie et de mort, se trouvait deux portes en bois ouvragés. L’une avait le haut en arc de cercle et était bâtie en chêne avec une poignée sculptée en forme de tête avec la bouche grande ouverte et tirant la langue. L’autre était rectangulaire, en bois de merisier vernis et possédait une multitude de sculptures en relief qui allaient du simple serpent au plus abouti des hippogriffes.
Des deux, ce fut la première qui attira le plus mon attention. Non pas pour ses magnifiques sculptures mais parce qu’il me semblait entendre le son lointain d’une voix et le souffle de l’air frais.
Toute hésitation disparue, je m’approchai de celle-ci et tournai la poignée. Aussitôt je me sentis aspirée vers le bas et je me mis à tomber à une vitesse vertigineuse. Mes cheveux volaient dans tous les sens en battant impitoyablement mon visage et m’aveuglant pendant que j’exécutai ce saut de l’ange. Je voulus ralentir ma chute en usant de la magie mais je me rendis compte trop tard que, prise de panique, j’avais lâché ma baguette. Seul mon cri et le vent sifflaient dans mes oreilles et lorsque le sol apparut enfin devant moi je crus que j’allais mourir écrasée comme une crêpe.
Je fermai les yeux et attendit la mort. Soudain ma chute s’arrêta nette comme si le temps avait été stoppé. J’entrouvris prudemment un œil. Je ne pouvais pas être morte, j’avais déjà vécu par procuration cette expérience et cela était totalement différent.
En réalité je flottais à une vingtaine de centimètres au-dessus des dalles de pierre du plancher des vaches. Ma respiration se ralentit peu à peu, ma poitrine se soulevant à nouveau à un rythme régulier. J’avais eu très peur.
J’étais vivante mais ce n’était pas le tout. Il fallait maintenant que je descende de là.
Comme animé par ma propre volonté, le bouclier qui m’empêchait de tomber se volatilisa et je m’écrasai lourdement sur le sol. La roche était froide et un goût de fer envahit ma bouche.
En me redressant péniblement je me rendis compte que ma lèvre inférieure était fendue et que le goût dans ma bouche n’était que celui de mon propre sang. Quelques gouttes s’écrasèrent à terre dans de petits « plic plic. » Je les regardai avec un mélange de curiosité et de peur. J’avais perdu tellement de sang ces derniers temps que j’étais étonnée d’en voir encore couler de mon corps.
Détachant mon regard des petites perles écarlates, je contemplai la pièce. Circulaire, d’une quarantaine de mètres de diamètre, elle ne possédait pas de plafond et un seul couloir sur ma gauche semblait s’enfoncer dans la pénombre. La pièce était éclairée par des bougies qui étaient positionnées contre le mur à environ un mètre d’intervalle l’une de l’autre. Quelqu’un était récemment passé par ici car la cire n’avait pas encore fondue. Il n’y avait rien de plus à l’exception d’un monticule central sur lequel reposait la chose la plus incroyable que j’eus jamais vu.
Le souffle coupé, je ne voyais plus rien autour de moi hormis cette chose qui se soulevait de temps à autre, comme soumise à un vent sorti de nulle part.
J’en avais déjà entendu parler mais c’était la première fois que je le voyais. Le voile. Des chuchotements provenaient de celui-ci. On aurait dit qu’ils me demandaient de venir. De venir les rejoindre pour dormir avec eux. Cela me parut une excellente idée. J’étais fatiguée et j’avais très envie de dormir.
Je m’approchai d’un pas et le rayonnement du voile augmenta. Mes pieds se faisaient lourds et mon esprit s’engourdissait, j’avais de plus en plus de mal à former des pensées cohérentes. Seul m’importait le voile.
Je montai sur le promontoire et m’arrêtai à une dizaine de mètres de l’arche dans lequel ondulait le mystérieux tissu brumeux. Je m’aperçus alors en transparence qu’une forme humaine flottait derrière le voile, les pieds à quelques centimètres au dessus du sol, les bras et la tête rejetés en arrière, comme s’il était endormi.
Sa morphologie m’indiquait qu’il s’agissait d’un homme. Malheureusement, je ne pouvais pas distinguer à cette distance les traits de celui-ci. Mon cœur se serra, et un sentiment de terreur s’insinua sournoisement dans ma poitrine. Pourtant, malgré cet avertissement, j’avançai encore, fascinée par ce phénomène incroyable. Tous mes sens étaient tendus vers le voile et ce qui se trouvait juste derrière. Il me suffisait juste de traverser…
Je tendis le bras, prête à écarter cet énigmatique brouillard pour rejoindre l’homme qui se trouvait de l’autre côté.
- Arrêtez !
L’injonction, puissante et vigoureuse, m’arrêta net dans mon élan.
Le charme brisé, je reculai vivement ma main avant de regarder tout autour de moi. Je vis une silhouette dont la partie supérieure du corps était cachée par l’ombre du sombre et unique couloir au fond de la salle circulaire.
Je voulus pointer ma baguette sur elle mais ma main était vide. Top absorbée par la vision étrange du voile, j’avais complètement oublié de la ramasser. Désarmée, je ne devais surtout pas montrer ma peur et c’est d’une voix autoritaire que je lançai :
- Qui êtes-vous ? Montrez-vous immédiatement !
La silhouette émergea de l’ombre pour venir à la faible lueur des bougies. C’était une fille. Elle ne devait pas avoir plus d’une vingtaine d’années au vu de ses traits encore enfantins. De taille assez moyenne, elle avait aussi de grosses boucles brunes qui lui descendaient sur ses frêles épaules. Mais ce qui me frappa le plus ce fut son regard dur, trop mature pour son âge. On aurait dit qu’elle avait souffert mille morts et qu’elle n’attendait plus rien de la vie. Au fond de ses yeux, je découvris aussi une forte colère voilée derrière un masque impassible.
Son visage ne m’était pourtant pas inconnu. J’étais persuadée de l’avoir déjà vue quelque part mais je ne parvenais pas à me rappeler ni où ni quand.
L’effet de surprise passé, je m’empressai de la questionner à nouveau :
- Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
La jeune fille afficha un sourire triste sur ses lèvres minces et des rides se creusèrent sur son front.
- Je suis là pour vous.
- Quoi ?
Je n’eus même pas le temps de réagir. Derrière moi un hurlement déchira la quiétude de la salle. Aussitôt après je sentis comme un coup à l’arrière de ma tête. Je m’écroulai face contre terre et perdis connaissance.
Je ne sais pas combien de temps il me fallut pour me réveiller. Probablement restai-je inconsciente durant plusieurs heures, ma joue reposant sur la pierre froide et poussiéreuse.
Lorsque je me réveillai enfin, j’eus l’impression qu’un troupeau d’hippogriffes faisaient la java à l’intérieur de mon crâne tandis que les Bizard’s Sister s’échinaient à m’éclater les tympans avec leur musique.
La jeune fille, quant à elle, avait disparu, sûrement s’était-elle enfuie par le tunnel qui devait mener vers une quelconque sortie. Je me massai l’arrière de la tête pour calmer la douleur et me relevai.
Rien ne semblait avoir changé depuis que j’étais inconsciente. Les bougies brûlaient toujours, éclairant la pièce de leur vacillante lumière. Pourtant je me rendis compte que les bourdonnements et chuchotements avaient cessé.
Je me tournai vers l’arche et le voile. Mon sang se figea dans mes veines un long frisson monta du bas de mon dos jusqu’à hérisser les cheveux sur ma nuque. Une désagréable impression envahi pour la seconde fois mon corps et un très mauvais pressentiment monta en moi.
Ce sentiment était différent de tous ceux que j’avais connus avant. Cela n’avait rien à voir avec la magie, c’était primaire, comme la force qui m’avait forcé à poursuivre l’ombre dans les couloirs du ministère.
Quelque chose d’horrible venait d’être libérée. J’ignorais pourquoi elle ne m’avait pas tuée mais je sentais au fond de moi que c’était après les SangDragons qu’elle en avait.
Cette constatation s’offrit à moi comme une évidence. Quoique cela puisse être, j’en entendrais parler sous peu. Et comme pour confirmer mes craintes, je remarquai quelque chose du curieux flottant au gré des mouvements du voile.
Quatre lettres formant un mot que je ne compris pas mais qui me semblait terrible et lourd de signification. Quatre lettres.
« YANA. »
Etait-ce son nom ou simplement un avertissement ?

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Mission #4 : Bouquet final

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