Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Trois [13] (#2)

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Trois [13] (#2)   Mer 1 Aoû - 13:45

Phalange III - 13 -


Lorsqu’il commença à reprendre connaissance, le Comte poussa un soupir de soulagement. Il n’avait eu aucune envie de passer sa journée à attendre que sir Kyle daigne enfin se réveiller. Et lorsque l’auror poussa enfin un gémissement de douleur, il sut que le moment était venu.
La fuite de Seth Street l’avait profondément déçu et l’appétit qui l’habitait maintenant, rongeant son corps et son âme, devenait de plus en plus intolérable. Il fallait qu’il attrape sa proie le plus rapidement possible où il deviendrait fou et se mettrait à agir inconsidérément. Il ne fallait pas tout gâcher quand même ! Heureusement quelqu’un s’était placé sur sa route, distrayant considérablement son appétit pour Seth Street.

- « Rebonjour, Kyle Nathaniel. Tu te sentiras mieux dans quelques instants, ne t’inquiète pas. »

L’auror sembla perdu au début, cherchant de son regard vitreux où il avait bien pu atterrir. Il ne le savait pas mais le Comte l’avait emmené dans les profondeurs du château de Poudlard, là où nul ne s’aventurait jamais et il avait veillé à lancer des sortilèges d’asurdito pour que personne n’entende les gémissements.
Kyle était attaché à un siège de pierre, les mains liés derrière le dossier dur et froid, les jambes serrés l’une contre l’autre par une corde enchanté qui le faisait ressembler à un saucisson. Le Comte s’était installé dans un confortable fauteuil rouge qu’il avait fait apparaître. Il avait confisqué la baguette de Kyle et la tenait dans sa main.

- « Où sommes-nous ? » articula enfin l’auror avec difficulté.
- « A l’Ecole de Sorcellerie de Poudlard, sous-sol neuf, cachot de l’aile est, troisième porte à droite après l’ancienne salle des tortures. »

L’auror releva sa tête tremblante et essaya de fixer le Comte dans la semi obscurité mais les yeux du jeune homme étaient encore troubles et ses tremblements ne faisaient qu’empirer sa vue. Cependant il ne pouvait pas ne pas remarquer les deux éclairs qui luisaient devant lui.

- « Vous êtes l’un des leurs alors ? Un Red Eyes ? Comment avez-vous pu attaqué votre propre sœur ? Et ce type là, ce Sawyer qui était avec nous, vous parliez avec lui il y a un instant ? » Il haleta un moment. « Quel genre de monstre Vous-Savez-Qui a-t-il encore déniché ? »

Le Comte éclata d’un rire glacé mais d’où sourdait une colère latente.
- « Ce n’était pas du fait de ma volonté. Nous sommes de la même famille, nous sommes des Frères de Sang mais comme vous autres familles de sorciers au sang pur, nous avons des points de vue différents. » Il hésita à tout lui révéler mais après tout ça n’avait plus aucune importance, du coup il continua. « Nous descendons tous de la même personne, le prince Vlad Tepes de Valachie, dit aussi « L’Empaleur », mais le commun des mortels connaissent sa légende sous un autre nom qu’un auteur lui a donné : le Comte Dracula, tiré du pseudonyme de son propre père que l’on surnommait Dracul qui en roumain signifie Diable ou Dragon du fait de son appartenance à l’Ordre secret du Dragon. Vlad Tepes a été ensuite surnommé Draculea, « le Fils du Dragon » - ou du Diable comme tu le voudras.
Mais il existait chez ce Vlad, une anomalie génétique dont je ne connais pas les détails – il aurait fallu demander à Vaan mais cela risque d’être difficile maintenant qu’il ne pourra plus jamais parler… Quoiqu’il en soit ce Virus V qui l’infectait a fait de Vlad un être hors du commun. Lorsqu’il eut des enfants, il leur transmit sa signature génétique. Même si parfois le pouvoir est latent, il reste imprimé dans les gènes jusqu’au moment où un stimuli assez fort parvient à le réveiller. Et ce procédé s’est perpétué jusqu’à nous.
»

Le silence retomba dans la sale lugubre comme un présage de la mort. Le Comte détailla le visage de Kyle avec ses longs cheveux blonds décoiffés qui lui tombait jusqu’aux épaules et sa petit cicatrice qui commençait à la tempe et allait se perdre dans une trace de cheveux blancs. Ses yeux si bleus et autrefois si vifs étaient désormais cernés de fatigue et une petite touffe de poils mal rasés recouvrait le menton et les joues de l’auror. Il était si soigné avant ! C’était dommage, le Comte préférait le Kyle d’avant sa rencontre avec les Frères de Sang, au moins il avait été beau, avant. C’était si triste, si triste. Comme si quelque chose s’était brisée, comme un miroir.

Le Comte décroisa les jambes et se leva de son fauteuil qui disparut dans un nuage de fumée. Il mit un genou à terre et rapprocha sa tête de celle de Kyle jusqu’à ce que leur front se touche presque. Il lui chuchota alors à l’oreille :
- « J’aurais préféré que cela se termine autrement, mais je n’ai pas vraiment le choix. Je ne t’en veux pas personnellement, tu étais juste au mauvais endroit au mauvais moment, ne m’en veut pas non plus, s’il te plait. »

Il rit doucement, savourant le moment de plaisir qui allait bientôt suivre, le moment où, plus rien n’a plus d’importance, lorsque le Passager Noir prend enfin le volant et conduit à la place de ce cher Comte. Ce moment privilégié où il se sentait vraiment invulnérable, où personne ne pouvait l’atteindre. Cet instant où son corps entier n’était qu’explosion et devenait l’Art le plus pur, l’état originel. Et alors, sortant de derrière le siège du conducteur, le Passager Noir apparaissait en disant simplement :

« Hello. »


Le Comte se releva alors, et se tourna vers la petite porte en bois entrouverte. L’appel du Sang ne l’avait pas trompé. Il ne faisait même plus attention à Kyle qui regardait fixement le même endroit que lui. Le Comte se mit à sourire, Vaan avait perdu.

- « Bienvenue à toi, chère sœur. Entre donc, Eve. »

Il fit un geste encourageant de la main et sourit de plus belle, son premier sourire sincère et triomphant.

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Hello.


Dernière édition par le Sam 19 Jan - 22:16, édité 1 fois
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Ael
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Ven 3 Aoû - 22:59

Ael s'était écarté du groupe que formait désormais Sam et Sawyer tout en gardant bien à l'esprit les recommandations de ce dernier. Soit, s'il fallait qu'elle se fasse remarquer ce ne serait pas bien difficile mais il lui fallait pour cela avoir une idée. Elle erra un instant dans les couloirs avant que la tête de Rusard ne lui revienne à l'esprit... oui, il aimait, lors de ces multiples punitions, l'emmener dans une salle glauque à mourir remplie d'instruments de torture ignobles dont, s'il ne pouvait s'en servir, il aimait faire une description, aussi scrupuleuse que trop riche en détails, du mode d'emploi. Ael frissona aux souvenirs de ces heures passées là-bas mais elle était persuadée d'y trouver une excellente idée.

Il lui traversa l'esprit de demander à Matis de l'accompagner mais elle ne savait pas où le trouver et une action solo lui ramènerai sûrement nettement plus de prestige auprès de ses camarades. Elle songea avec bonheur qu'elle pourrait à nouveau jouer un sâle tour à la vieille chouette sans qu'elle ne puisse rien y faire, après tout c'était pour le bien de la mission et donc pour le bien de poudlard. La pauvre avait du s'arracher les cheveux en apprenant le nom d'Ael Jones.

Elle descendit l'escalier de l'aile est en faisant confiance à ses souvenirs. Elle songea un instant à trouver une excuse pour expliquer sa présence au cas où Rusard (ou un autre cinglé qui trainerait dans le coin) la surprenderait mais abandonna vite, elle avait toujours été bien plus douée pour l'improvisation. Elle s'arrêta un instant... le silence seul règnait dans le cachot. Elle soupira avant de reprendre le chemin qui la mena devant la porte de la salle de torture.

D'un geste souple elle posa sa main sur la poignet lorsqu'avec horreur elle remarqua une incohérence... la peau de sa main n'était plus tout à fait de la même couleur que celle de son poignet. Elle se mit à réfléchir à toute allure, à quand remontait la dernière fois qu'elle avait pris le polynectar? Elle tâta sans grande conviction la poche intérieur de sa robe et constata que oui, aujourd'hui, elle avait bien pensé à planquer son flacon quelque part dans le dortoir. Règle n°1 avec le polynectar: toujours l'avoir sur soi; celle-ci elle s'en souviendrait à l'avenir. Lyse sentit ses cheveux se relachaient et les barettes glissaient dans le vide alors qu'Ael retrouvait son habituelle chevelure aussi blanche qu'indomptable. Le plus étrange fut la sensation de perdre quelques centimètres et de se retrouver avec une ossature toute différente; la robe de sorcier eut quelque peu du mal à suivre le mouvement et retomba de travers sur les épaules de n°2.

-Eh merde...


Ael se retourna vivement, elle avait entendu des pas n'est-ce pas? est-ce qu'il n'y avait pas quelqu'un? L'idée de se faire prendre aussi bêtement la rendait complètement parano, aucun doute que si on l'appercevait maintenant on la prendrait pour un mangemort en couverture. Elle referma la porte de la sallle des tortures dans laquelle elle n'avait finalement pas eu le temps de rentrer et se décida à faire demi-tour lorsque...

Son coeur sembla battre plus fort, comme voulant l'empêcher de rejoindre l'étage supérieur. Elle fit demi-tour pour faire face à un couloir sombre qui menait dieu seul sait où elle sentit son coeur manquer un bâtement. Bien sûr elle aurait pu surmonter cette impression étranger et tenter de repartir par où elle était venue mais il y avait quelque chose d'impératif, de nécessaire... elle devait se rendre là-bas. Elle avança à pas lents, les mains tremblantes et s'arrêta trois portes plus loin que la salle qu'elle souhaitait visité. Elle s'arrêta, son coeur battait plus vite et un pressentiment la submergea sans qu'elle puisse dire s'il était de bon ou de mauvais augure; d'impatience elle s'empara de la poignée et ouvrit la porte...

- « Bienvenue à toi, chère sœur. Entre donc, Eve. »

Ael s'arrêta, interdite, en reconnaissant Jean. Elle avança lentement en obéissant au signe de la main de celui-ci et sourit timidement. Elle s'arrêta non loin de l'homme et le guetta des yeux cherchant des réponses à toutes les questions qui lui venaient à l'esprit avant d'articuler péniblement ce qui n'était pas tant une question qu'une affirmation:

-"Eve...?"

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Mar 7 Aoû - 17:29

C’était magnifique ! Dire qu’il n’avait même pas cherché à la retrouver, pensant que Vaan l’avait cachée, hors de sa portée, loin de tout. Et elle était là, en face de lui, c’était bien elle. L’odeur, oh oui l’odeur, ne l’avait pas trompée et maintenant que les effets déplaisants du Polynectar se dissipait, il était indéniable que la jeune fille palote et maigrichonne qui se tenait devant lui était sa demi sœur dont il n’avait appris l’existence que durant sa captivité d’un mois dans la grotte avec pour seule compagnie Raphaël, un Frère de Sang qui avait trahi Vaan par le passé.

Oui, c’était le portrait craché de son cher et tendre Père. Jean et sa sœur avaient pris la plupart des attributs physiques de leur mère mais en détaillant la jeune Lyse il avait l’impression de voir un Vaan miniature quoique encore plus efféminé.

- « Eve… Le nom qui te désigne en tant que l’un des enfants de chair de Vaan. Je suis Adam, ma jumelle Lilith et toi, tu t’appelles Eve. Nous sommes les trois premiers : Frères de Sang et Sorciers. Mais peu importe comme Vaan a bien pu t’appeler, ce nom, Adam Draculea Bélial, n’est pas celui sous lequel j’ai choisi de vivre. Tu peux par conséquent m’appeler Jean. »

Le Comte observait la scène distraitement, comme détaché de lui-même. Le Passager Noir était au volant, lui pouvait se reposer et regarder. Cependant il ne laissait pas sa vigilance complètement relâchée. Même s’il avait accepté l’idée qu’il soit une créature sanguinaire et malsaine, il ne pouvait décemment pas se laisser aller à faire n’importe quoi.

La première – et dernière – fois qu’il avait complètement et totalement passé le volant de son corps au Passager Noir, il s’était retrouvé avec le meurtre de sa chère et tendre femme sur le dos, causant un multitude de problèmes et de complications qui l’avait poussé à accepter l’invitation de Maugrey à revenir de sa mission de surveillance. D’ailleurs, était-ce innocemment que Maugrey l’avait pris elle aussi dans son petit groupe si restreint ?

- « Tu dois avoir beaucoup de questions à poser. Certaines auxquelles je pourrais répondre, d’autres auxquelles je ne voudrais pas répondre et d’autres encore auxquelles je ne pourrais pas répondre, mais avant tout cela… » Il se tourna vers Kyle, toujours attaché. « Il faut que notre invité prenne congé de nous. »

Il se pencha vers l’auror qui recula sa tête aussi loin qu’il put, un air de répulsion sur le visage :
- « Joanne n’est pas comme vous. Elle ne permettra pas…
- Joanne ne me contrariera pas, ce n’est pas un petit sorcier dans ton genre qui la fera me trahir.
- Seth Street n’aura pas de répit tant que…
- Seth Street va mourir incessamment sous peu. » Interrompit brutalement Jean. « J’y veille personnellement.
- Et vous voulez me tuer aussi, n’est-ce pas ? »

Jean observa le visage impavide de l’auror, certes l’envie de lui farfouiller dans les tripes le tenaillait lui tenaillait fortement l’esprit mais une volonté supérieure à son besoin primaire le retenait de faire cette erreur. Ce n’était pas la bonne personne, Kyle n’était pas un personnage important comme l’était Seth Street dans l’engrenage du Ministère, le tuer ne lui servirait à rien. Il suffisait juste d’empêcher l’auror de révéler ce qu’il avait découvert.

- « Non. » Finit-il par articuler très distinctement de façon à ce que l’espace de la pièce soit envahie de toute sorte d’écho répétant inlassablement le même mot. « Le sortilège Imperium sera suffisant. Il ne faut pas que le Ministère apprenne qui sont les Vénitiens, tu comprends ?
- Vous êtes un meurtrier, pas un Vénitien.
- Cela suffit. Impero ! » Dit le Comte en pointant sa baguette de poignet sur le torse de son prisonnier.
Aussitôt le regard de l’auror devint vitreux et lointain, ses muscles se détendirent et il se redressa ostensiblement sur le dossier de pierre.
- « Bien. La piste sur les professeurs Cuthbert Sawyer, Samaëlle Keyne, le surveillant Morgan Duprès et l’élève Lyse Duval est erronée. Tu trouveras une bonne astuce pour le prouver, je compte sur toi mon gars. Ensuite tu feras ton joli rapport à la Comtesse Joanne-Alucard Delacroix pour mettre un terme aux investigations. »

Sur ces entrefaites il tapota distraitement la tête de Kyle et le libéra des cordes qui l’entravaient. Il se leva et d’une démarche roide se dirigea vers la sortie. Alors, il reprit peu à peu le contrôle de ses pensées et de son corps et refoula au fin fond de lui-même la faim qui le taraudait depuis un moment.
Enfin, le Comte put à nouveau à se concentrer sur celle qui semblait être sa demi-sœur. Eve.
- « Où en étions-nous, jeune demoiselle ? »

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Ael
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Lun 13 Aoû - 10:09

Ael n'avait rien suivi de la conversation qui s'était jouée entre Jean et le prisonnier, à peine si elle avait levé la tête lorsqu'il avait lancé l'imperium. Elle s'était simplement assise par terre, les yeux dans le vide, cherchant en vain à trouver un sens à ce qui ne semblait en avoir aucun.

Son sourire avait disparu désormais et une larme avait perlé au coin de son oeil gauche avant de dévaler sa joue en silence. Toute son enfance elle avait rêvé d'avoir une famille, combien de fois elle avait guêté les visages dans l'espoir de trouver celui qui lui ressemblerait, combien de fois elle avait envié ces familles riantes qui peuplaient le parc? Des milliers peut-être même des millions mais maintenant qu'elle découvrait l'existence de sa propre famille, elle se rendait peu à peu compte que tout ce qui avait fait Ael Jones, tout le fondement de sa personalité était peu à peu en train de s'effriter. Elle n'était plus Ael cette jeune fille insouciante, sans entrave familiale, qui répondait le ton léger qu'elle n'avait ni père ni mère, qu'elle était libre. Elle n'était plus cette petite fille insignifiante dont l'histoire si originale lui donnait un peu de substance. Elle était devenue une jeune femme banale... Eve,...Eve Draculea Belial?? La fille de Vaan et la demi-soeur de Jean et Joanne. La tête lui tournait en pensant à tout cela, tandis que peu à peu les pièces d'un puzzle autrefois perdu se mettaient peu à peu en place.

- Où en étions-nous, jeune demoiselle ?
-Vous... tu m'informiez que ... vous...tu es mon demi-frère.
-Tu peux me tutoyer.
-Ainsi que... Joanne, ma demi-soeur. Il s'agit bien de l'auror...?
-Tout à fait.


Ael échappa un petit rire. Elle s'était retrouvée tant de fois face à cette aurore que la situation lui semblait soudain beaucoup plus comique. Elle tenta vaguement d'imaginer la tête de Joanne si on la mettait soudain au courant que la gamine insupportable qu'elle ne cessait de protéger était sa demi-soeur...Mais un doute vint soudain l'assaillir, était-elle déjà au courant? Etait-ce à cause de leur lien de parenté que Joanne s'obstinait à l'aider??

-Joanne est-elle au courant de ce lien de parenté?

-Non. Je ne crois pas.
-Oh... Et Vaan?
-Ton père... Mais on parlera de lui une autre fois..
-oh...juste,Est-ce que...je lui ressemble?
-Physiquement, oui.


Ael hocha la tête silencieusement, elle aurait aimé connaître cet homme, voir cet étrange personnage à qui elle semblait tant ressembler et tenter de comprendre pourquoi il l'avait laissé grandir dans un orphelinat de Londres sans jamais se soucier d'elle. Elle soupira en songeant à toutes les questions qu'elle avait encore à poser et qu'elle ne parvenait même pas à formuler... elle aurait souhaité savoir qui était sa mère mais Jean l'aurait-il su lui-même? Aurait-il pu lui dire avec quelle femme son père avait trompé sa mère pour avoir une enfant qu'ils abandonneraient aussitôt? Elle secoua la tête en songeant que ce genre de questions viendraient plus tard, quand elle aurait eu le temps de se faire à l'idée qu'elle avait désormais une famille.

Pourtant il y avait une question qu'elle n'avait pas encore posé. Une question qui la taraudait pourtant depuis le discours de Jean de tout à l'heure et qui lui faisait croire que même avec une nouvelle famille elle n'était pas prête d'etre une jeune femme banale. Elle leva ses grands yeux curieux vers les pupilles rouges sang de son frère et redoutant la réponse, osa enfin la poser.

-Je suis.. un Frère de Sang, c'est cela? Qu'est-ce exactement?

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Jeu 16 Aoû - 23:02

- « Voici une question pertinente. » Il ne put s’empêcher un sourire ironique. « Pour faire simple, nous sommes les pires choses que la Terre puisse porter après Tu-Sais-Qui. Heureusement, pour les humains normaux, seuls trois d’entre nous possédons des affinités avec la magie. Tu l’auras donc saisi, la source de nos dons particuliers n’est d’aucune sorte d’origine magique. »

Il saisi son bracelet appela à nouveau un fauteuil pour s’y asseoir. Il allait être en retard pour son rendez-vous mais Thickness Pius pouvait encore attendre quelques heures, au moins pour rattraper la vingtaine d’années qu’il avait passé à ignorer l’existence de cette sœur.

- « Notre… race si l’on peut dire ainsi n’est pas très répandue dans le monde. D’après ce que j’en sais nous étions treize – non douze – porteurs du gène mais il se peut qu’il en existe plus. »
Il ne savait pas encore si ses deux enfants avaient hérité de son patrimoine génétique particulier et de toute façon il préférait éviter de répandre cette rumeur.

Il s’arrêta un moment, se demandant jusqu’où il pourrait aller dans son histoire en mentant le moins possible. La jeune fille semblait gober chacune de ses paroles avec le plus grand intérêt à tel point que si il lui avait dit que les Frères de Sang étaient une troupe de cirque elle l’aurait sûrement cru. Mais ce qui allait suivre lui serait sûrement déplaisant et il ne pouvait malheureusement pas le lui cacher car la nature même des Frères de Sang, ce qui faisait réellement leur différence avec les moldus ou les sorciers n’était autre que cette horrible et effrayante vérité qu’il avait longtemps combattu avant de comprendre qu’il ne pourrait jamais renier ou refouler ce qu’il était lorsqu’il était encore enfermé dans le sous terrain avec Michel, le Frère de Sang nain qui avait trahi Vaan des années plus tôt.

- « Voilà… Maintenant ce qui fait notre particularité – outre les yeux rouges que possèdent ceux qui se sont éveillés – est notre faculté à améliorer nos capacités physiques en… mangeant. Hum, hum… En mangeant de la chair.
- Quoi ?
- Oui… Ahem. Pas n’importe quelle chair. Pour que ça fonctionne il faut que se soit un humain. »

La jeune fille ne répondit rien mais elle le regarda avec des yeux tellement ronds qu’il faillit, par pur réflexe, remettre ses lunettes sur son nez.
Il s’attendait à une réaction de ce genre. Lui-même lorsqu’il était enfin parvenu à dominer le Passager Noir lors de son éveil il avait été complètement détruit et effondré. En effet, quelle réaction pouvait avoir un homme lorsqu’il se réveillait dans une chambre dont les murs étaient couverts de sang avec les restes du cadavre de sa femme au pied du lit et un arrière goût de fer sanguin dans la bouche ?

- « Il… Il y a autre chose à savoir sur nous. Nous pouvons devenir plus fort certes mais il y a un revers à la médaille de notre race. Outre le fait que nous devons… manger des humains, nous sommes pour la plupart sujets à de fortes névroses ou troubles psychiques affectant notre personnalité. Cela explique pourquoi nous sommes si peu nombreux. Lorsqu’on s’éveille – c'est-à-dire lorsque nos yeux deviennent rouges et qu’on mange pour la première fois – les troubles et traumatismes sont tels qu’ils poussent la plupart d’entre nous au suicide ou à la folie. Ce qui n’arrange pas les choses parce que nous avons d’énormes difficultés pour procréer, enfin, ce n’est pas impossible puisque nous sommes tous les deux ici mais c’est plus compliquer que pour les gens normaux. »

Le bilan des lieux n’étaient pas très flatteur mais il avait en gros respecté la réalité des faits : sur les neuf Frères qu’il avait rencontré, sept étaient maboules. Il y avait d’abord Uriel le simple d’esprit, Sariel le sadique, Remiel le narcissique, restait Raguel qui était quand même le plus normal de ce quatuor-là. Ensuite venaient Raphaël le bras droit de Vaan dont le caractère était clairement belliqueux et Michel le nain pervers et retord. Mais le pire de tous était bien Vaan en personne qui se prenait pour une sorte de prophète ou de dieu.
Il n’y avait donc que Gabrielle, Joanne et lui. La jeune fille n’était pas éveillée, il ne pouvait donc pas savoir si elle était aussi toqué que son père tant qu’elle n’aurait pas goûté à la chair – si jamais elle devait un jour en faire la douloureuse mais jouissive expérience. C’était uniquement à elle de le décider.

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Ael
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Jeu 23 Aoû - 20:28

Ael dévisagea longtemps celui qui était désormais et à jamais son frère. Elle se tenait fermement contre le mur, les yeux fermés et tentait (plus ou moins vainement) de chasser de son esprit toutes les images horribles qui lui venaient à l'esprit... elle se voyait les yeux rouges, aussi rouges que le sang qui coulait dans ses veines et le long de sa bouche et lorsqu'elle levait peu à peu les yeux le corps d'Alexis gisait juste là, brisé; inerte.... elle rouvrit les yeux et se mordit violemment la lèvre.

-Est-ce que... je réprésente un danger pour mes proches?

-Pas plus maintenant que durant ces dernières années. Tant que tu ne t'éveilles pas, tu es parfaitement normale.


Ael hocha lentement la tête faisant mine de comprendre. En réalité elle ne comprenait plus rien à rien, sa vie entière venait de lui échapper et toutes ses révélations lui faisaient tourner la tête sans qu'elle est le temps d'y songer calmement. Elle pensa à Joanne, cette étrange aurore qu'elle avait si souvent envié, défié ou jugé mais il lui était presqu'impossible d'admettre qu'elle était sa soeur.

-Joanne... elle est au courant, de tout ça?
-Ahem... Si tu veux dire pour toi, non elle n'en sait strictement rien et je préfèrerais qu'elle ne le sache pas. Ca ternirait l'image qu'elle a de son Super Papa.Pour ce qui est des Frères de Sang, elle connait plus de réponses qu'elle ne le souhaiterait elle-même et malgré son éveil, un accident qu'elle a eu pendant sa jeunesse a quasiment annihilé ses aptitudes.


Elle hocha à nouveau la tete silencieusement. Son super papa, hein? Elle pensa à ce personnage qu'elle aurait sûrement peu de chance de rencontrer et faillit se risquer à demander l'identité de sa mère mais il n'en savait certainement pas plus qu'elle sur ce sujet, après tout pourquoi diable aurait-il su avec quelle femme son père trompait sa mère? Finalement elle n'était pas si loin de la vérité autrefois, c'était une enfant illégitime,... une enfant qu'il fallait garder cachée apparemment.

Mais l'enfant avait grandi et aujourd'hui elle comptait bien faire quelque chose de sa vie. Comment elle s'était retrouvé embarqué dans ce combat contre les forces des ténèbres restait assez obscur pour elle car elle se doutait bien qu'elle n'avait pas fait que se jeter dans le petit jeu de Maugrey, non, en vérité cette mission lui tenait véritablement à coeur et c'était sans doute la seule chose qu'elle veuille vraiment accomplir.

-Y'aurait-il une... possibilité? ... que je sois plus utile à la FSM en étant éveillée?
-L'éveil est une chose particulièrement désagréable et que je ne souhaite à personne de subir. Plus le sujet est fort, plus l'éveil est douloureux et difficilement contrôlable. Ca marche un peu comme les loup-garous, une fois éveillé on ne se contrôle pas toujours. A ton âge en faire l'expérience serait désastreux aussi bien sur les plans psychologique que physiologique. Le meilleur exemple serait Gabrielle, une femme qui lors deson éveil s'est mangée le bras.
-Je vois...je crois que je commence à comprendre.


Ael se leva comme pour prendre de la distance par rapport à tout ce qu'on venait de lui apprendre. Tout était encore un peu obscur bien sûr mais certaines choses commençaient à s'éclairer comme ses soudaines révélations par exemple.

-Jean, je ne suis pas une fille idiote, il y a une raison pour que vous m'informiez de tout cela n'est-ce pas? Et ce n'est pas seulement une histoire de liens de sang... je me trompe?

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Mar 28 Aoû - 12:33

Il baissa les yeux. Les assertions de la fillette n’étaient pas totalement erronées. En effet, pourquoi lui avait-il révélé tout cela ?
Certes c’était un pur hasard – ou le destin comme auraient dit certains – s’il avait rencontré et reconnu la fille de Vaan Draculea Bélial mais pourquoi lui avoir lâché cette bombe à retardement sur la conscience ? Pour contrecarrer les dispositions prises par Vaan ? Pour le bien de la fille ? Ou juste par un simple besoin d’épanchement personnel, quelqu’un avec qui partager sa douleur, quelqu’un qui pourrait comprendre que le meurtre était imprimé à l’intérieur même des gènes et qu’aucune résistance ne pourrait faire plier cet appel du sang ?

- « Et bien peut-être parce que tu as le droit de savoir qui tu es et d’où tu viens. Tu es une personne très importante pour notre famille – LA plus importante même. Bientôt tu vas devoir faire des choix difficiles et douloureux et puisque j’ai réussi à te voir avant qu’ils ne surviennent, je pense que te donner certains détails t’aiderait à comprendre et à accepter la situation. »

C’était peut-être ça après tout. Avertir la fille de Vaan avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi elle choisirait en toute conscience de cause. Ce qu’elle voudrait faire ensuite.
Jean avait déjà fait ses choix et même s’il les regrettait, il ne pouvait plus se permettre de marcher à reculons. Toujours avancer. S’enfoncer encore plus profondément. Il avait déjà prévenu Joanne de ce qui l’attendait si elle décidait de le suivre. Sa demi-sœur avait tout autant le droit de savoir. Il aurait juste préféré ne pas en parler tout de suite. Cette conversation lui hérissait les poils de la nuque et il détestait cette sensation.

- « Ne croie pas que Vaan t’ait caché depuis ta naissance par gaîté de cœur. Il l’a fait pour te protéger. Je t’ai dit que dans la famille il y a pas mal de divergences d’opinion. Haem… Pour en venir au fait, c’est qu’il y a un risque pour que certains décident de nous supprimer car les enfants de Vaan représenteraient à priori un danger pour notre espèce… Je n’en sais guère plus mais tu es prévenue. »

Que de bonnes nouvelles à annoncer en perspective ! S’il avait été à la place de la jeune fille, Jean aurait sûrement préféré tout ignorer de sa famille. Il ne lui avait pas fait un cadeau en lui révélant tout cela.

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Ael
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Jeu 8 Nov - 21:31

-C'est drôle... assez ironique en fait, d'apprendre qu'on est soi-disant le membre le plus important d'une famille dont on n'ignorait tout jusque présent. Quand à Vaan j'avais plutôt pensé que sa "protection" était un desinteressement... mais est-ce réellement moi qu'il souhaitait protéger ou ta... notre... famille?

Elle secoua la tête doucement en signe de dénégation, la réponse n'avait plu aucune importance; elle n'en avait jamais eu aucune en vérité. Tout ce qu'elle souhaitait désormais, tout ce dont elle avait réellement envie c'était de sortir de ce foutu cachot, partir de cette école, de la FSM de tout ce qui donnait un peu de consistence à sa vie et tout ce qui lui promettait de la perdre bientôt. C'était idiot, une pensée sans importance, mais elle aurait juste voulu être entourée de ceux qu'elle aimait, de ceux qui l'aimaient... même sans lien de sang.

Elle glissa une main dans ses poches et ramena une de ses mèches blanches derrière son oreille. Elle sourit doucement puis de plus en plus, manquant d'éclater de rire devant l'ampleur de tout ce qu'elle venait d'apprendre et de tout ce que cela impliquait et qu'elle réalisait petit à petit.

-En résumé... Nous ne sommes pas souhaitables au sein des sorciers car potentiellement dangereux, nous savons tous deux que je ne rejoindrai pas Vol... le seigneur des ténèbres et je doute que vous le ferez mais nous ne sommes pas non plus les bienvenus dans notre famille. Avons-nous encore des choix possibles? Je ne passerai pas ma vie terrée, cachée, à cause des gènes que je porte.

Elle passa sa main sur son visage pour tenter d'en chasser la fatigue et la migraine qui commençait à se faire poindre. Elle avait besoin de prendre du recul pour pouvoir réfléchir posément.. car il y avait forcément une solution n'est ce pas? Elle soupira.

-Enfin, cher frère. Nous avons un dernier problème... Je ne peux pas sortir comme ça, je suis trop facilement reconnaissable... mais mon polynectar *elle pointa du doigt le plafond* est tout là-haut, bien planqué dans le dortoir des Gryff. Enfin je dis ça dans l'optique où tu aurais fini toutes tes révélations bien sûr, sinon je peux sècher quelques heures de plus, je suis pas à ça près.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Sam 10 Nov - 11:30

Comment ne pas éprouver de la compassion pour cet être qui ne se connaît pas ? Mais était-ce véritablement un mal ? La perte de l’insouciance est-elle justifiable par la vérité ? Que n’aurait-il aimé ne jamais connaître ses origines funestes et vivre normalement parmi le commun des mortels. Désuet, sans importance, inconnu.
Pourtant aujourd’hui il était trop tard. Il avait deux guerres à mener, deux fronts à soutenir, celle contre sa famille et celle du monde des sorciers. Pour les gagner toutes les deux il devait utiliser chaque pièce à sa disposition. C’était pour le plus grand bien.

- « En tant qu’individu, tu ne vaux guère aux yeux de Vaan. Les nombreuses années qu’il a vécu l’ont complètement immunisé de tout attachement. Il a tué, vu mourir tellement de personnes que sa seule ambition était la survie de son… espèce. Nous rendre plus fort. Nous donner des pouvoirs de sorcier par exemple. Certains Frères de sang, ceux de notre espèce, ont pris peur qu’à terme nous ne les sus plantions carrément. »

Il marcha vers elle et observa son visage. Qui était sa mère ? Il avait l’impression de ne voir que le propre reflet de Vaan en plus jeune, beaucoup plus jeune.

- « Tu as le choix. Te battre avec moi pour le simple fait qu’en tant qu’être, aussi mauvais que nous le soyons, nous avons le droit de vivre notre vie. Ou… Continuer ta vie d’Ael Sans-Nom. Dans ce cas, j’irai chercher moi-même ta potion. »

Il haussa les épaules d’un geste désinvolte.

- « A mon âge, faire un détour par le dortoir des filles serait assez distrayant… »

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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Sam 10 Nov - 22:12

-Jones. Ael Jones. c'est un nom qui m'a été attribué au hasard mais il fait désormais partie de ma personnalité.

Elle lui sourit, son premier vrai sourire depuis toutes ses drôles de révélations. Après tout qu'importait cette nouvelle famille qu'on lui offrait, il n'en restait pas moins le passé, tout ce qu'elle avait bati, tout ce qu'elle était déjà. Ael Jones, nom que lui avait offert le destin la définirait toujours bien plus certainement qu'Eve... ou que Mary.

Elle avait le choix. D'un côté c'était vrai rien ne l'obligeait à le suivre et à vivre cette vie dont elle ne voulait pas vraiment. Rien si ce n'était elle-même. Un instant elle songea à faire demi-tour, retourner dans sa chambre de poudlard et partir, s'enfuir et vivre une petite vie tranquille de Londres, elle pourrait retrouver Alexis , elle pourrait... non, elle avait déjà laissé toute cette vie derrière elle, rien de tout cela n'était possible pour elle désormais.

- Je suppose que tu vas devoir remettre à plus ta petite excursion dans le dortoir des filles. Je ne pense pas réellement pouvoir faire demi-tour désormais... alors dis-moi en quoi consiste le fait de me battre à tes côtés?


Un fourmillement gagnait ses membres, comme une envie de mouvement d'action. Quelque chose lui glissait à l'oreille qu'elle risquerait encore plus qu'en faisant partie de la fsm, que pour une jeune fille de 20ans elle avait déjà bien trop d'ennemis mais la peur ne l'avait-elle pas toujours attiré? Elle serra inconsciemment la bague d'Alys qu'elle pourtait toujours attaché par une chaîne d'argent à son cou; là était le rappel de ce qui l'attendait mais qu'importe. Il fallait aller de 'lavant, se battre pour exister du mieux possible... Alys peut-être ne serait pas morte en vain.

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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Sam 10 Nov - 23:22

Ael Johns. Aurait-on pu trouver nom plus vulgaire et barbare ? Mais ce n’était que peu d’importance après tout. Ce qui comptait, c’était le Sang de Dragon, le sang de Vlad Draculea Tepes, qui coulait sous sa peau, dans ses veines.

- « En quoi cela consiste ? Cela consiste à rester en vie et survivre, bien sûr. Je te permets de renouer avec tes origines et de vivre pleinement comme celle que tu es vraiment au tout au fond de toi, mais pour cela il faudra faire exactement ce que je te dirai. Même si cela devait te paraître inhumain, ce sera toujours pour le plus grand bien. »

A ces mots il se rappela certaines choses que Vaan lui avait dites. Lorsqu’on marche depuis trop longtemps dans les ténèbres, nous perdons la vue et même si un jour nous revenons à la lumière, nos yeux ne peuvent plus l’apercevoir et nous restons dans le noir pour l’éternité.
Il avala sa salive et claqua un sourire sur son visage.

- « Ne t’inquiète pas, je me charge de tout. Pour le moment, le plus important pour toi est de grandir. Grandir jusqu’à ce que tu sois prête à subir l’initiation. »

Il aurait pu demander à Michel le nain de l’aider mais il avait préféré le tuer en même que Vaan lorsque celui-ci les avait fait sortir du trou dans lequel il les avait enfermé.
Une fois que Vaan avait perdu conscience, brisé sur le pavage des ruines du château, Jean s’était retourné vers celui qui lui avait tout appris lorsqu’il était enfermé dans les ténèbres. Le nain voulait passer un accord avec lui. L’aider à retrouver Samaël et Azraël, les traîtres à leur Sang. Ceux qui voulaient le tuer lui et les autres enfants de Vaan.
Mais Jean avait tué le nain. Il avait tué Michel parce qu’il s’agissait d’un nuisible. Un insecte, un vulgaire cloporte que l’on écrase sous le talon de sa chaussure. Tout cela pour le plus grand bien.
Il tendit sa main à la jeune fille, plantant son regard dans ses yeux délavés.

- « Suis-moi et ensemble, nous bâtirons un monde meilleur. »

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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Sam 24 Nov - 22:32

Les mots de Jean résonnaient dans son esprit "pour le plus grand bien", "un monde meilleur" on aurait dit des formules magiques destinées à apaiser ses peurs, un baume qui pourtant sonnait quelque peu creux, un raisonnement erroné mais si charmant. Il y avait quelque chose de si puissant dans ses mots qu'elle ne pouvait douter du fait qu'il croyait en ce qu'il affirmait et pourtant elle ne parvenait pas à choisir si elle-même y croyait ou non.

-Commençons par tenter de me construire un monde où je puisse vivre...


Que d'égoïsme et pourtant c'était exactement ce qu'elle ressentait. Peu importait les conséquences, peu importait les revers plus que tout elle voulait vivre, s'accrocher à ce lambeau ridicule de vie qui lui appartenait... plus que tout. Deux grands yeux bleus et rièrent intincellèrent dans son esprit et elle soupira doucement en renfonçant ses mains plus profondément dans ses poches. Elle voulait vivre la tête haute, sans se cacher, sans dépendance... un monde où elle pourrait vivre, en trouverait-elle vraiment un, un jour?

-Batissons-le ensemble. Je ne crois plus avoir d'autres choix, je ne reviens pas sur mes paroles.


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Jean Delacroix
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MessageSujet: Re: Trois [13] (#2)   Lun 26 Nov - 19:40

Il lui prit la main et la serra dans la sienne. Avec ces quelques mots tout un panel de futurs possibles s’offraient à eux trois. Jean, Joanne et Ael, trois êtres qui du même point d’origine étaient si partis dans des directions totalement différentes. Complémentaires. Il n’y avait plus de limites, plus d’impossible, seulement l’horizon d’un ciel bleu et dégagé qui s’étendait à perte de vue. Enfin presque.

Dernier point noir sur le tableau restait la question de Seth Street. De l’épuration du Ministère que Jean avait entrepris, le directeur du bureau des aurors en était la clé de voûte. Sans son élimination tout ce qu’il oeuvrait en secret au sein du Ministère était voué à l’échec.

Malheureusement pour lui, le directeur s’était enfui et restait introuvable. Il devait donc se contenter de patienter. Patienter et d’attendre que l’heure soit venue. Tôt ou tard il reviendrait fouiner au Ministère. Il faudrait attendre un moment où l’auror serait seul et…
Ael Johns aurait son monde à elle. Un monde où elle pourrait vivre et avoir une famille saine d’esprit et de corps. Une famille où les mauvaises graines seraient jetées comme de vulgaires détritus.

- Ael, nous allons sortir d’ici. La mission est terminée. Je te raccompagnerai à Azkaban où nous attend Maugrey Fol Œil. Là bas tu attendras que je te contacte à nouveau. J’ai une toute dernière chose à régler au Ministère. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre mais en restant auprès de Maugrey tu seras à l’abri du danger.

Et surtout elle pourrait devenir ses oreilles. Maugrey faisaient beaucoup plus confiance à Ael. Il connaissait sûrement les origines de la fillette mais il ignorait qu’elle et Jean s’étaient rencontrés à un moment on ne peut plus opportun malgré ses efforts pour ne jamais les envoyer ensemble en mission.
- Je veux que tu écoutes attentivement tout ce que dira Maugrey, à qui il le dira et comment il le dira. Je ne te demande pas de le trahir mais juste de vérifier s’il n’a pas de contacts avec ton père. Vaan n’est pas digne de confiance, Ael. Il traitera avec Maugrey jusqu’à ce que le camp adverse lui propose une meilleure offre. Vaan trahira et sans aucun scrupule. C’est pour ça que j’ai besoin de tout savoir.

Il camouflait légèrement la vérité même si le résultat global restait en grande partie le même. Après le Ministère, il faudrait qu’il se penche de plus près sur le cas Maugrey. Pour le plus grand bien de tous.
- Viens, partons d’ici. Demain sera un nouveau jour.

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Trois [13] (#2)

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