Renouveau

Le temps n'est plus aux larmes [L'histoire se déroule en Janvier 2000]
 
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 Génèse

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Sawyer
Dépressif


Nombre de messages: 351
Age: 26
Date d'inscription: 20/10/2006

MessageSujet: Génèse   Sam 3 Fév - 14:50

(ou Cours particuliers)

C’était une de ces nuits sans lune où les ténèbres dominaient le ciel, et la terre frémissante semblait attendre avec impatience le retour du soleil. Seul le vent, imperturbable, s’engouffrait dans les fines ruelles de Pré-au-lard, émettant un long sifflement dérangeait le silence de la nuit, avec les bruits réguliers des chats de gouttières.
Rares sont les fous qui osaient encore s’aventurer dans cette noirceur, même dans ce village pourtant relativement calme. Il marchait lentement, les mains dans les poches, écrasant sous ses pas la neige de l’avant veille. La tête dans les épaules, la brise repoussée par son long manteau en cachemire, il sifflait quelque chose qui ressemblait à une musique de western-spaghetti.

Il passa devant le bar des Trois Balais, qui paraissait être bien moins actif ces derniers temps, puis devant Honeydukes qui avait quant à lui fermé, par manque de clients, avant d’atteindre, au détour d’une ruelle, le vieux bar la Tête de Sanglier, qui lui à contrario ne semblait jamais s’être aussi bien porté.
Sortant pour la première fois sa main gantée de sa poche droite, Sawyer frappa deux fois à l'aide des phalanges de son index et de son majeur. Finissant de siffler, il remit sa main dans sa et se mit à attendre.
Il attendit quelques bruits sourds semblables à des pas, puis il put voir un œil unique à travers le judas de la porte.

- C’est pour quoi ?
- C’est Maugrey qui m’envoie.
- Prouve-le.


Sawyer étira son sourire, puis passa sa main dans le col de sa veste avant d’en ressortir une chaîne, à laquelle pendait un chiffre 1 de type romain. Il brillait légèrement grâce à la faible lumière qui émanait de la fenêtre. Il y eut un déclic, puis la porte s’ouvrit.

- Depuis quand un homme si jeune pratique l’occlumencie ?
- Depuis quand un homme si vieux sous estime la jeunesse ? Hin hin hin…


L’homme qui se tenait devant l’embrasure de la porte était rondelet, portait une longue barbe brune ainsi qu’une paire de lunettes dorées, il rappelait étrangement l’ancien directeur de Poudlard. Remontant ses lunettes sur son nez, il sourit, apparemment amusé de la réponse qu’avait donné Sawyer.

- Et bien rentre, mon vieux bar reste plus accueillant que cette ruelle sombre et enneigée.

S’écartant, il lui permit de s’introduire à l’intérieur de la pièce. Le comptoir sur la gauche était sale et les verres alignés n’avait pas l’air vraiment propre. L’endroit dégageait cependant une atmosphère attirante. L’homme le dépassa afin d’atteindre l’arrière du bar. Il ouvrit une porte, monta un escalier suivit par Sawyer, et ils se retrouvèrent à l’étage.

Marchant lentement sur le parquet de bois grinçant, ils longèrent un couloir, avant de rentrer une chambre assez spacieuse. Elle était comporté d’un lit au coin en haut à droite, d’un vieux bureau à l’opposé, d’une cheminée au centre, où flambait un bon feu, et d’un tabouret en velours.

- Assied toi, dit il en pointa du doigt le tabouret.

N’ayant plus les murs du couloir pour s’équilibrer, il déambula tout autour avant de pouvoir s’y asseoir. L’homme le regarda, haussa un sourcil, avant d’ajouter ;

- T’es vraiment spécial comme type hein ? dit il tout en asseyant sur la chaise du bureau, positionnant le dossier contre son torse, avant de reprendre. Bon, rappelle moi pourquoi le vieux Maugrey t’a envoyé dans mon bar.
- Pour m’apprendre ce que je ne sais pas.
- Hum.
Il se releva et revint à la porte, afin de vérifier si elle était bien fermée, puis se tourna vers Sawyer. Hum disais-je, je vais donc commencer par le commencement.

Il fit un geste ample avec sa baguette, et fit apparaître un arc en ciel entre lui et Sawyer, reprenant la parole, il regardait son interlocuteur à travers le rideau de lumière.

- Il faut tout d’abord savoir que nous sommes la magie. La magie est un flux qui circule en chacun de nous. C’est de la que vient le fait de transplanner, notre corps peut disparaître car il est fait de magie. Le seul lien réel entre notre organisme et l’extérieur c’est ceci,
il montra de sa main gauche sa baguette, cet objet nationalement connu nous permet d’extérioriser la magie. Les formules représentent juste pour nous une des manières d’expulser cette magie, et donc de lui donner des effets différents. Il s’arrêta un instant, prit soudain d’une réflexion qui semblait intense. Hum, ça devrait aller comme introduction.

D’un geste circulaire, il fit apparaître un verre d’eau, qu’il saisit au vol. Avalant quelques gorgées, il observait Sawyer ; le garçon avait un regard vide, qui rendait perplexe, mais aussi ce sourire, ce sourire déstabilisant. Abe n’était pas homme à sa laisser impressionner, un seul homme avait réellement réussi cet exploit, un seul et unique.

- Bref, je suis clair jusqu’à présent ou… ?
- Très clair.
- Bien. Ce que je vais t’apprendre maintenant, c’est à ressentir cette magie, il faut que tu perçoives l’écho que vont faire ma magie et la tienne. Elles vont forcement créer une vibration, s’entrechoquer, se sentir et se ressentir. Tu dois pouvoir, en déplaçant ton corps matériel, sentir ce qui ne l’est pas. Chaque molécule de ta chair, de ce qui est toi, imbibée de magie, doit heurter cette dernière elle même.


Il passa sa main dans l’arc-en-ciel, qui flottait docilement entre eux deux. Ses doigts laissèrent une traînée incolore au travers du moirage. L’irisation ondula légèrement avant de s’évanouir dans l’air. Il passa alors sa même main dans sa barbe avant de faire apparaître, dans un mouvement sec, un foulard.

- Je vais te bander les yeux, et te faire passer un petit test. Il lui passa le ruban autour des yeux afin de couvrir sa vue. Bien, dans une de mes mains se trouve un objet ensorcelé, l’autre n’est qu’un objet ordinaire.

Il se plaça devant lui, tenant dans une main un Rapeltout, dans l’autre un presse papier moldu. Les remuant légèrement près de Sawyer, il attendait une réaction de celui ci. Ce dernier leva sa main droite, et la leva, avant de la laisser onduler au dessus des deux objets.


- Tu la sens, cette magie ? Tu ressens cet écho ?
- Oui, hin hin hin, je perçois de légères vibrations aux bouts de mes doigts. Cette résonance…


And the time passed



- J’ai bon professeur ? demanda-t-il narquoisement.
- Plus que bon.

Sawyer était debout, toujours aveuglé, et passait ses mains gantées au dessus du bureau, où se tenait une dizaine d’objet normaux et un anneau incrusté d’une pierre rouge sang. Il le tenait désormais du bout des doigts, le désignant à la seule autre personne présente dans la pièce.

- Cela fait un bon moment que je te fais passer de nombreux test Sawyer, sans arriver à te piéger d’une quelconque façon. Tu as appris en une nuit ce que peuvent mettre des années à ressentir certains sorciers.
- C’est un compliment Abe ?
- De l’admiration, de l’admiration. Tu sembles être quelqu’un de bien mystérieux mon garçon. Autant du comportement que de la mentalité, j’aimerais pouvoir…
- Mauvaise idée Abe, d’autres y ont perdu plus que du simple temps.


Mais déjà, le vieux barbu plongeait son esprit dans le sien. Roulant les yeux au ciel, Sawyer ne tenta pas de le repousser par l’occlumencie, sachant pertinemment ce qui allait se passer. L’esprit d’Abel fut aspiré dans le tourment infernal qui hantait Sawyer, perdu et abasourdi. Puis, lorsque lentement il voguait dans les méandres, une porte s’ouvrit l’invitant à rentrer, ce qu’il fit.

- Non, non ! cria Sawyer, prit au dépourvut par l’invitation intérieure dont avait été victime le sorcier.

Mais déjà, il rentrait plus profondément dans cet endroit volontairement oublié.
Une lueur noire, un tourbillon sombre qui semblait attirer inlassablement tout ce qui l’entourait. La curiosité l’emporta sur la raison, et Abelforth approcha son esprit un peu plus, suffisamment pour être complètement aspiré par la brume, et la réveiller. Il avait cessé d’hiberner désormais.
Rejeté violemment, le sorcier barbu regardait Sawyer avec des yeux effrayé, il avait changé, et pas en bien.


- - -



Je pouvais presque palper la tension extrême qui émanait de mon interlocuteur. Il avait gardé cet étrange sourire noir, mais il avait désormais les sourcils froncés, ce qui jurait avec la forme que prenaient ses lèvres, et lui donnait cette étrange apparence démoniaque. Mais ce qui m’impressionnait le plus était sans nul doute son regard, ce regard, perçant et ardent, comme deux ouverture à un néant sans fin. Ce n’était plus Cuthbert Sawyer, l’homme étrange à qui Alastor m’avait demandé d'enseigner une des hautes arcanes de la magie, mais bien une autre forme de son âme, que j’avais, et je le regrettais déjà, réveillé à mon insu. Je murmurais alors ces quelques mots, mi-effrayé, mi-curieux face au monstre qui se trouvait face à moi ;


- Qui es tu ?

Ses lèvres s’étirèrent alors, dans un semblant de sourire, glacial par son manque de bienveillance. Il dégageait cette aura magique remplie de colère et de haine, qui me rappelait de bien mauvais souvenirs, un halo sombre semblait presque longer son corps lorsque je plissais les yeux. Il avança alors d’un pas dans ma direction. Je n’arrivais plus à contenir le tremblement dont était victime ma main droite, que je contenais avec peine de la gauche, accoudé contre le mur. Ce n’était vraiment pas le moment de flancher. Il ouvrit alors pour la première fois sa bouche d’ébène, fronçant encore plus ses deux sourcils, et relevant la tête. Sa voix était rauque, comme la fin d’un long écho, lente et placide, mais à la fois prise d’une excitation soudaine.

- Je suis les Ténèbres !

Puis… plus rien.

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Sawyer
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MessageSujet: Re: Génèse   Mer 28 Fév - 21:21

Il y eut un râle, semblable à celui d’un mourrant, puis plus rien, le silence reprit ses droits sur le petit village de Pré-au-Lard. Les braves gens tiraient un peu plus les rideaux des fenêtres, ou fermaient les volets. D’où venait le cri, de qui, n’étaient certainement pas leurs affaires. Si demain, on retrouvait le cadavre du vieil Abelforth tué dans son propre bar, ils feindraient la surprise et la consternation, mettant de coté une fois de plus leur orgueil et leur amour propre. C’était la voie qu’avait prit une bonne parti de la population sorcière.
Mönstrum rangea sa baguette dans son étui et sortit de la chambre. Refermant la porte derrière lui, il tira sur le col de sa veste pour la remettre à plat et traversa le couloir, comme s’il suivait une ligne droite invisible, dans un équilibre parfait. Dans ses yeux brillait une haine farouche, et une veine sortait légèrement de sa tempe gauche. Tout son corps semblait bouillonner à l’unisson, comme porté par un flot déferlant de rancune et d’animosité.

- Enfin libre, murmura-t-il lorsqu’il atteignit la porte d’entrée.

Dix neuf longues et pénibles années, cela avait été la durée de son enchaînement. Curieux sentiment qu’était l’amour, imprévisible, insondable, il l’avait retenu pendant si longtemps… mais maintenant tout cela était fini ! Sawyer n’avait plus vu sa mère depuis un moment, sans parler de ses anciens amis de Poudlard, qui avait prit le relais de la génitrice à ses onze ans. Comme il les avait haï, de sa prison. Ils avaient réussi à l’affaiblir suffisamment pour qu’il ne puisse plus jamais ressurgir comme il avait pu tenter de le faire. Mais c’était sans compter certains facteurs…

Il ouvrit la porte et s’arrêta une nouvelle fois sur le perron. Ouvrant et fermant ses mains gantées à la lumières des torches. Caressant son visage du bout des doigts, ses lèvres sans sourire, contrairement à son double. Il sortit d’un geste vif sa baguette, avant de la rentrer avec la même dextérité dans le tube de bois. Il avait réussi. Il avait inversé les rôles avec Sawyer, il était désormais et à jamais le maître de ce corps, et allait s’en donner à cœur joie. Personne ne pourrait étancher sa soif de pouvoir, arrêter sa folie meurtrière. Quelle ironie, Cuthbert avait passé ces deux derniers mois à combattre Lord Voldemort, oui il n’avait pas peur de ce nom, alors que le vrai ennemi se trouvait au fond de lui même.

Il allait commencer flamber tout ce village, un feu de joie pour fêter son retour. Abelforth allait donc périr dans les flammes… ou alors, il pouvait faire le tour des maisons, assassiner les enfants, torturer les pères et violer les mères, enfin, seulement les plus jolies. Il se mit à ricaner, un ricanement sans joie, à forte consonance diabolique.
S’appuyant contre le seul lampadaire, qui éclairait l’allée principale, il se caressa le menton et chercha le plan le plus vil qu’il soit. Les cris, la cohue qui tentait en vain de fuir, les gens implorants, un festin digne d’un roi !
Plongé dans ses pensées, il ne vit par arriver une jeune demoiselle. Belle dans son jean décoloré et son habituelle veste aux ailes blanches, elle marchait hasardeusement, tenant dans son dos un carnet de croquis doté d’un crayon à l'intérieur du ressort. Lorsqu’elle l’aperçut, un franc sourire se dessina sur ses lèvres charnues. Elle ne pouvait pourtant pas discerner son visage, caché par le contre jour que faisait la lumière émise, auquel cas elle aurait pu voir la froideur et la haine apparente, inhabituelle chez Cuthbert Sawyer, amitieux par nature.

- Sawyer !

Mönstrum releva la tête, gardant sa face caché par l’ombre. Il fronça instantanément les sourcils. De toutes les personnes que connaissait l’autre lui, il avait fallut que ce soit celle là ! Une jeune femme pleine de tendresse, apparemment amoureuse à en mourir de son double ; le danger le plus mortel pour son intégrité. Il fit un geste du bras pour poser sa main sur sa baguette, mais cette dernière restait inébranlablement à quelques centimètres du pommeau.
Chier L’amour reprenait ses droits, l’aura d’Hélène semblait être un poison mortel spécialement conçut pour se débarrasser de lui. Et pour une fois, il connu la peur. Se plaquant contre le poteau, il prit le parti de fuir, pour l’instant du moins, mais elle s’était déjà rapproché, et ses jambes ne lui obéissaient plus. Il reprit alors le contrôle de lui même, et écarta les bras, et murmura ;

- Ze ha ha, ça va pour cette fois, mais n’oublie pas Sawyer, mes chaînes ne sont plus aussi solides désormais, et je me gave chaque jour un peu plus de ta colère. Un jour viendra…
- Que dites vous ?


Transfert…


Une sueur froide parcourait le long de son dos, ce n’était pas passé loin cette fois ci. Il battit des paupières, suffisamment pour apercevoir Hélène qui s’approchait à grand pas. Son héros du jour, il ne savait pas pourquoi, mais c’était elle qui l’avait sauvé cette fois ci. Il tendit faiblement les bras, pour qu’elle si logea, ce qu’elle fit sans se faire prier.

- Je ne vous disais rien d’autre que merci d’être ici, près de moi. Souffla-t-il à son oreille.

Elle rougit à ses paroles auxquelles elle n’était pas habitué venant de Sawyer. Gardant sa tête posée sur ses épaules, elle le sera un peu plus fort. Ainsi il l’aimait lui aussi. Elle qui n’avait cessé de penser à lui, le dessiner à partir du seul croquis qu’elle avait, repensant sans cesse à leur dernière soirée…
Caressant ses cheveux, il profita de ce moment calme pour fermer les yeux. Il s’en doutait depuis bien trop longtemps, mais aujourd’hui ses doutes étaient fondés. Ces choses qu’il avait ressenti à deux reprises, cette sensation au plus profond de lui même, n’était pas le fruit de son imagination. Ainsi tout collait, jusqu’à son état actuel.

- J’avais entendu un cri, comme je traînais dans le coin…
- Vous êtes toujours dans des endroits incongrus quand nous nous rencontrons très chère.
- C’est parce que je sais que c'est dans ces lieus-ci que vous êtes.
- Vous me cherchez ? J’en suis flatté.


Elle releva doucement la tête, déposa un unique baiser tremblant sur ses lèvres noire. Imperturbable, il regardait au loin Poudlard où les fenêtres dégageaient des faibles lueurs. Lorsqu’il se sentit plus près à reprendre la marche, il se redressa doucement, sans la dégager de leur étreinte, et leva les yeux au ciel. La lune avait finit par apparaître entre deux nuage. Sawyer étira un peu plus son sourire, et gardant son bras autour de l’épaule d’Hélène, il l’amena dans le royaume de la nuit.

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