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Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Naissance [11] Lun 28 Mai - 20:06 | |
| Phalange III : Naissance Environ un mois plus tôt :Jean, car tel était le nom de cette bête, se redressa et observa son œuvre. La forme désarticulée de la femelle gisait inerte et baignait dans son sang. De temps à autre sa poitrine se soulevait aspirant les dernières traces de vie qui l’animaient encore. Les yeux voilés et le pourtour de la bouche barbouillée de sang, Jean se remit à sa besogne. La nuit allait être encore longue pour parachever sa première œuvre. Art est explosion. « J’ai faim ! Encore ! Encore ! ENCORE ! » S’il était possible d’avoir l’impression qu’un troupeau d’hippogriffes vous piétinait la tête en même temps qu’une bonne centaine de trolls adultes, Jean en avait déjà un bon aperçu lorsqu’il se réveilla. Son crâne le faisait affreusement souffrir et il se sentait tout courbaturé de partout. Lorsqu’il essaya de s’étirer il se rendit compte qu’il ne pouvait bouger ni bras ni jambes. A regret il se résolut à ouvrir les yeux et il fut aussitôt assaillit par une fulgurante douleur à la tête comme si des cloches se mettaient à sonner dans sa tête. Au bout de quelques secondes la douleur s’estompa légèrement il recouvrit l’usage de la vue. Il ne parvint pas à identifier tout de suite la salle dans laquelle il se trouvait. Des caisses de bois étaient empilées les unes sur les autres un peu partout et un boucan d’enfer semblait provenir de toute part comme si des machines travaillaient tout près d’ici. Il reporta ensuite son attention sur son propre corps et compris la raison de son incapacité à esquisser le moindre geste : il était ficelé comme un saucisson par une fine cordelette blanche mais non moins résistante et qui entaillait la peau si l’on essayait de trop se débattre. - Enfin réveillé, belle au bois dormant ?La voix provenait du fond de la pièce. Il plissa les yeux mais parvint seulement à redoubler sa migraine. Des bruits de pas indiquèrent que l’homme s’approchait de son captif et ce fut Vaan qui émergea de l’ombre dans ses habits noirs et sa cape immaculée. Il fixa son fils de ses yeux de feu. - Je suis désolé de la façon cavalière dont je t’ai traité mais il faut d’abord que je t’inculque un certain nombre de choses, mon fils. - Où… Où sommes nous ?- Dans un wagon, fils. Un wagon de marchandises pour être exact. Nous sommes le 25 décembre 1998. Il est sept heures dix huit et la température extérieure est de moins dix degrés.- Ah... ?Vaan haussa les épaules et leva un sourcil : - Les places passagères étaient trop chères, alors j’ai préféré prendre le tarif économique en me faufilant discrètement à l’intérieur.Maintenant qu’il le disait, Jean réalisa qu’il se trouvait bien dans un wagon. Le compartiment était assez exigu et les caisses en bois pouvaient très bien contenir n’importe quoi. Et ce bruit qui lui cassait les oreilles depuis tout à l’heure, n’était-ce pas bien le bruit des roues filant à toutes vitesses sur les rails ? Bien. Maintenant qu’il savait plus ou moins où il était il fallait découvrir pourquoi il y était. La seule personne susceptible de lui donner des réponses était celle qui se tenait fièrement devant lui et qui le dévisageait sans vergogne. Vaan sembla comprendre ce qu’exprimait les yeux coléreux de son fils et s’empressa de répondre à ses invectives silencieuses. - Il n’est point la peine de me regarder avec cet air là. Il s’accroupit pour se mettre à hauteur de Jean. Je ne fais nullement ceci par plaisir mais parce que cela est nécessaire. Tel est le devoir du père de remettre son fils sur le droit chemin.Sur le droit chemin ? Bein voyons. A trente ans passés Jean savait s’occuper de lui-même sans qu’on ait besoin de lui donner de leçons. Ceci ne fit qu’attiser sa colère et il essaya de rompre les chaînes qui lui entravaient les poignets dans l’espoir de passer ses doigts autour du cou de Vaan et de l’étrangler pour de bon. - Si fait mon fils. Tu risques juste de te couper la circulation en tirant si fort. Je vois dans tes yeux la colère que tu éprouves mais aussi toute ta peur de la laisser te dominer. Oh, je sais combien c’est agréable de se laisser bercer par ses pulsions et de ne plus se soucier ni des actes ni des conséquences. J’y ai goûté moi aussi mais je sais le contrôler. La différence entre toi et moi c’est que tu te laisses submerger par ton désir de sang. Vaan fit une pause et observa avec amertume les traits ravagés de son fils. Il lui avait dit que s’il succombait à la folie il le tuerait. Jean savait que Vaan en était capable et il le haïssait pour ça. Son propre fils ! Encore une fois Vaan répondit à sa pensée : - Que vaut un fils lorsque l’on veut préserver sa lignée ? Par vengeance, bêtise et vanité j’ai déjà détruit tant de vie que j’ai mis en péril le sang qui coule dans mes veines, celui qui coule dans tes veines, dans celles de tes filles et dans celles des tes deux soeurs. Il lui caressa la joue du dos de sa main gantée. Dans leur tombe nos illustres ancêtres doivent se retourner. Plus son père parlait moins Jean y comprenait quoique se soit. Il n’avait jamais eu qu’une seule sœur. Vaan avait toujours été fou sur les bords mais il était loin d’imaginé qu’il put être aussi dément qu’en cet instant. Les cordes qui le retenaient lui entaillaient les chairs et sa tête le faisait encore douloureusement souffrir. La dernière des choses qu’il voulait c’était que Vaan le bassine avec ses balivernes obscurs et ces menaces d’extinction de son sang plus flou que jamais. Mais Vaan se contenta de grimacer un faible sourire sur son visage pâle qui ressemblait presque à celui d’une poupée s’il n’y avait eu ces deux horribles yeux rouges qui luisaient d’une inquiétante lueur. - N’aie crainte, mon fils. Je t’emmène là où notre histoire commence. Nous allons sur les traces de notre père de sang et de chair : Vlad D. Tepes l’Empaleur, le fils du Dragon.Le train s’arrêta au bout de plusieurs heures qui semblèrent interminable. Vaan le poussa si rudement qu’il bascula en avant et tomba tête la première sur le sol couvert de neige. On aurait pu dire qu’il venait de mordre la poussière mais en l’occurrence il venait de manger la neige. Le visage frigorifié et couvert de rougeur par le froid mordant de la glace et du vent tout aussi glacial qui lui courrait sur tout le corps comme une multitude de coup de fouet lui cinglant les chairs, il releva la tête vers son père qui le dévisageait du haut du wagon. L’homme sauta prestement à côté de Jean et se baissa à la hauteur de son visage. « Tu vas certainement me haïr. Pardonne moi encore mais c’est de cette façon que j’ai moi-même recouvré mon équilibre. J’espère que l’endroit où je t’emmène aura le même effet sur toi. » Jean cracha mais sa glaire se coinça dans sa gorge et au lieu d’atteindre le visage de Vaan elle dégoulina le long de son menton. Il siffla de colère. Il n’arrivait plus à articuler de mots pour l’insulter. La seule chose qui l’intéressait était de lui faire sauter la tête des épaules. Le père étira un fin sourire sur son visage. « Je conçois fort bien que cela va être long. Mais s’il faut plusieurs années pour te dresser j’en prendrois le temps. Ne nous rends pas la tâche plus difficile, oh chair de ma chair et sang de mon sang !- Rrrrraaah ! » Le château au loin semblait complètement délabré. Des plantes grimpantes recouvraient presque intégralement trois faces de l’immense édifice. Quant à la quatrième face, le mur en était complètement écroulé laissant les pièces à la merci du vent glacial. Quand ils s’en approchèrent non sans être d’abord passé par des vallons, des collines et autres détours par le chemin qu’ils suivaient Jean s’aperçut à ses dépends que le sol vermoulu était aussi glissant que du verglas. « Ne peux-tu pas me détacher, maintenant, Vaan ?- Ttt… Fit celui-ci. Tu arrives de nouveau à parler mais si je t’enlève tes chaînes quelle garantie ai-je que tu ne me sautes pas dessus ? » En vérité Jean doutait d'avoir le dessus si jamais ils en venaient à main nue mais il garda cette réflexion pour lui. Il dérapa encore mais parvint à reprendre son équilibre de justesse. « S’il te plait… » Vaan ne prit même pas la peine de répondre. Il tira simplement un peu plus sur la corde qui entravait les mains de son fils le forçant à accélérer le pas. « Cesse donc de te plaindre et admire plutôt le château de ton ancêtre. Il fut prince de Valachie sais-tu ? Jusqu’en 1476, année de sa mort. - Je me fous complètement de savoir qui il était.- Tu as tort, mon fils. Toutefois je consentiroi à enlever tes liens une fois que nous serons arrivés. Il esquissa un demi sourire. Mais seulement si tu es sage.La traversée dura encore plusieurs heures. Le vent s’engouffrait dans les vêtements de Jean qui gelottait. Ses mains gelées étaient devenues insensibles depuis déjà bien longtemps lorsqu’ils s’abritèrent derrière un pan encore debout du château. Il se gratta le menton et y rencontra du poil dru. Depuis combien de temps ne s’était-il pas lavé déjà ? Ses souvenirs dans le train étaient encore flous et il ne savait ni où il se trouvait ni ce qu’il faisait là à se les geler, ligoté et la disposition de Vaan. Celui-ci d’ailleurs ne faisait plus attention à lui. L’idée de s’enfuir pendant que son père ne le regardait pas lui traversa l’esprit mais où irait-il ? Ils avaient parcourus les montagnes des jours durant s’arrêtant uniquement la nuit pour dormir dans une tente sommaire de grosse toile et qui n’empêchait que très partiellement le vent de s’y engouffrer. Impossible de retrouver son chemin et encore moins sans rien à manger. L’homme à la cape blanche fouaillait dans les buissons à la recherche de Jean ne savait quoi. Il s’arrêta devant un bosquet en poussant une exclamation : « Ah ! Voilà c’est là ! - Qu’est-ce que tu fabriques encore ? Fait froid. - Tu le verras bien assez tôt, mon fils. » Il se retourna et fit un clin d’œil, ce qui irrita Jean plus qu’autre chose. Il n’avait jamais pu se composer de visage devant son père. Ses yeux flamboyants semblaient vous déshabiller entièrement de votre peau et donnaient l’impression de pouvoir lire l’âme comme un livre ouvert. Pouvoir de légilimencie ou empathie hors norme ? Jean ne le savait. Pendant ce temps Vaan c’était engouffré jusqu’au nombril dans les buissons feuillus et tâtonnait de sa main gantée de noir contre le mur. Il y eut soudain un déclic et une arabesque luminescente se forma à l’endroit où Vaan avait posé sa paume grande ouverte. Les motifs compliqués se multiplièrent jusqu’à recouvrir presque complètement le mur délabré. Puis, dans un affreux crissement une grosse dalle de pierre coulissa juste sous le nez de Jean, révélant un passage. L’escalier abrupt semblait se perdre dans les profondeurs de la terre. On aurait dit le même que l’endroit où Mère avait été enterrée, le tombeau familial des Delacroix. Vaan rejoignit son enfant et lui posa la main sur l’épaule. Jean tenta de se dégager mais en vain. La poigne de son père était drôlement puissante pour un homme de sa corpulence. Il s’approcha du visage de Jean et frôla ses lèvres aux siennes. Surpris le sorcier recula brusquement la tête et se cogna l’arrière du crâne contre le mur. Vaan éclata de rire. « Toujours aussi drôle ! » Puis il prit un air sérieux abîmant ses prunelles solaires dans celles de son fils, qui toutefois brillaient d’un éclat moindre. « Tu vas pénétrer en cet instant, la crypte secrète des Sang Dragon. Une fois que le passage sera refermé Jean-Osten Delacroix ne devra jamais en ressortir, accepte la connaissance que tu y trouveras. Respire, grandis… Et meurs. » Et sans autre forme de procès Vaan précipita son fils dans le trou. Il roula lourdement le long de plusieurs marches avant de pouvoir s’arrêter. Essoufflé, tremblant, il se mit à quatre pattes comme il put, les mains toujours entravées par les cordes et regarda vers le haut, vers la lumière et la liberté. Le carré de jour se réduisait maintenant aux dimensions d’un mouchoir de poche et diminuait à vue d’œil au fur et à mesure que la dalle se refermait sur lui. Lorsque la porte vers la lumière fut complètement close, la dernière image qu’emporta Jean dans sa tombe fut les deux yeux luisants et rouges de Vaan qui l’observaient. *** 3 Février 1999 Il soupira et avança vers la cabine menant au ministère qui se dressait devant lui comme un monolithe oublié par les siècles. Il était parti trop longtemps. Il n’aurait jamais imaginé que l’air vicié de Londres ait pu lui manquer. Mais aujourd’hui, après deux mois de calvaire, il était enfin de retour chez lui. Il sourit. « A table ! » |
|  | | Seth Street Mangemort

Nombre de messages: 19 Age: 41 Localisation: Ministère Emploi: Haut Ministre Date d'inscription: 07/03/2007
 | Sujet: Re: Naissance [11] Mar 29 Mai - 21:08 | |
| Les quatre morts qu’avait recensé le ministère en à peine trois jours, avait instauré une ambiance de deuil, Et Seth Street était partagé entre le chagrin que lui causait la mort de son major, et la joie à l’idée qu’il passerait sa soirée avec sa chère et tendre Joanne, autour d’un bon dîner préparé à son attention. Il regretterait Franck Azimov, un brave type, un bon major, connu et reconnu pour son acharnement à la tâche et son efficacité. Il avait eu toute son amitié des son entré au ministère il y a un bon moment déjà, et sa mort l’avait chagriné plus qu’on ne pouvait s’en douter. Il était aisément compréhensible que le Seigneur sombre veuille ainsi se débarrasser d’un être aussi peu enclin à aller dans son sens, et même tout le contraire. De même que la mort Arthur Déseoley ou encore celles de Irielda Lancraft et d’Henri Durimbert, notoirement connus pour leurs grandes valeurs et le danger qu’ils représentaient à son égard, lui faciliterait forcément la tâche. Au regard que lui portaient ses collègues, il comprenait qu’on le pressentait comme le suivant sur la liste. La pauvre Joanne, elle qui derrière son apparence de femme forte cachait une réelle sensibilité et fragilité, il espérait qu’elle ne se faisait pas de soucis pour lui. Ce soir, il ferait tout pour la rassurer. Un bruit le tira de ses réflexions. C’était le système de sécurité de la porte d’entrée placé devant son bureau, qui lui signalait que quelqu’un venait de passer la main dans le feu follet émeraude. Sur son bureau s’affichèrent l’identité de la personne qui souhaitait rentrer ; Jean-Osten Delacroix.Ainsi il était revenu… lui qui n’avait jamais trop cru à sa mort, mais il ne s’attendait pas non plus à le revoir, surtout en ces temps douteux. Seth actionna le sortilège et la porte s’ouvrit, se calant dans son fauteuil, il attendit avec un brin d’appréhension de revoir Delacroix. Il avait changé ; ses cheveux avaient extraordinairement poussé en un mois, et son teint semblait encore plus pale qu’à l’accoutumé. Il gardait cependant ses lunettes noires qui cachait à merveille ses yeux, et ce même visage impassible. - Vous êtes revenu ! Le ministère vous a cru mort, on vous a même fait une cérémonie à votre honneur. Asseyez-vous, je vous en prie.Silence. Il restait la, prostré. - Jean ? Allez-vous bien ?Ayant été son collègue lorsqu’ils étaient tout deux aurors il y a maintenant plus de cinq ans, il était le seul membre du magenmagot qu’il appelait par son prénom. Il sentait cependant que quelque chose clochait. Qu’avait-il bien pu faire pendant tout ce temps ? Où était-il allé ? Il bougea enfin, levant sa main gauche pour poser son pouce et son index en tenaille sur la branche de ses lunettes, qu’il retira, d’un geste lent. Ses deux yeux rouges étincelèrent alors de milles feux, et Seth en resta bouche-bée. - It's time to be judged, dit-il d’une voix neutre. Seth déglutit, faisant imperceptiblement déplacer sa main droite vers l’étui de sa baguette. Yeux Rouges. Il savait combien cette espèce là pouvait être dangereuse. Un lourd silence s’installa, et une goutte de sueur perla sur son front. Un mauvais pressentiment.Jean se rua sur lui, avec une vigueur dont on n’aurait pu se douter. Sautant par-dessus son bureau, il le saisit et ouvrit en grand la bouche pour laisser apparaître des canines disproportionnées, qui ne semblait désirer que sa chair. Ces belles dents blanches se refermèrent sur son épaule, sans qu’il puisse faire un geste, tétanisé par la surprise, et dans un sinistre craquement, il sentit qu’on lui arrachait une partie de son corps. La tête de Jean apparut, le bas du visage recouvert de sang, la bouche pleine de ce qui avait été auparavant un bout de son épaule. Il cria, torturé par la vive douleur qui le prenait soudain. Seule la douleur le maintenait encore éveillé, et d’un geste vif il saisit sa baguette et lui envoya un Expelliarmus en plein ventre, l’envoyant valser sur le mur gauche de la pièce et le sonner pour quelques secondes. Il se leva de son fauteuil, et sortit en hâte de la pièce, la main posé sur sa plaie béante, dont dégoulinait un flot de sang chaud. Il était devenu fou. Depuis quand était-il un Yeux Rouges ? Lui ne pouvait pas rester là, il n’était pas en sécurité. Il traversa le couloir, l’épaule dégoulinante de son propre sang. Tout son bras gauche était paralysé, et la douleur qu’il subissait ne semblait pas avoir de limite. Le visage en sueur, il trottinait jusqu’à l’ascenseur, et appuya avec nervosité sur le bouton d’appel. Sa vue et le reste de ses sens se troublaient peu à peu, et sa vision se troubla. Pendant le laps de temps durant lequel il attendait que les portes daignent enfin s’ouvrir, il jeta un sortilège pour stopper au maximum l’hémorragie. C’était peine perdue étant donné l’ampleur de la blessure, et il lui faudrait de l’aide s’il ne voulait pas mourir bientôt. L’ascenseur s’ouvrit et il entra en enclenchant le bouton qui menait au rez-de-chaussée. Il s’appuya de son épaule valide, observant avec dégoût sa chair mise à vif. Il ne devait pas s’évanouir, il ne devait pas s’évanouir. Joanne…_________________ Et la pluie tomba sur les visages, les purgeant de leurs masques d'argile. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Naissance [11] Mer 30 Mai - 14:42 | |
| Il se releva péniblement de la bibliothèque dans laquelle il avait finit sa course en brisant la vitre et en éparpillant les précieux ouvrages sur le sol. Il s’épousseta sa veste couverte d’éclat de verre d’un geste de la main et chercha du regard ses lunettes. Elles avaient volé à l’autre bout de la pièce mais visiblement elles n’étaient pas cassées. Il les reposa sur son nez avant de quitter le bureau du directeur en prenant bien soin de fermer la porte derrière lui. Avec la sécurité renforcée, il faudrait au moins quelques jours aux techniciens pour lever tous les sortilèges qui fermaient hermétiquement la salle à quiconque de l’extérieur à l’exception du chef des aurors en personne. Ainsi il serait tranquille durant quelques jours. Il s’avança dans le couloir, jusqu’à l’ascenseur tout en prenant soin d’effacer toutes les traces de sang qui menait jusqu’au bureau grâce à un sortilège de lavage du sol. Il n’avait pas besoin de trop se presser. Seth ne pouvait pas s’échapper, il était trop lent pour lui. Il lui donnait quelques instants pour s’enfuir ainsi personne ne soupçonnerait qu’ils s’étaient croisés. Il attendit devant la porte d’ascenseur environ une minute. Voyant que la cabine ne remontait toujours pas et que le compteur restait fixé sur le bouton : RDC, il jura entre ses dents et prit la porte à côté de lui. Il déboucha dans la cage d’escalier. Plusieurs étages plus bas il entendit des voix. Il ne pourrait pas sauter pour aller plus vite. Il se contraint à descendre les marches une à une sans en sauter une seule. Les voix se firent plus distinctes et il reconnut l’une d’entre elles : Dytinver ! De tous les balourds travaillant au ministère il fallait qu’il tombe sur lui. La bouche de son collègue lorsqu’il l’aperçut forma un grand « O » surpris, puis, comme si Jean avait dit quelque chose de drôle il éclata d’un rire gras. « Ca alors ! Si je m’attendais à vous revoir un jour ! Comte Delacroix, mais où étiez-vous donc passé ? Tout le ministère vous croyait mort ou enlevé et torturé par les sbires de Vous-Savez-Qui. » Jean se composa un visage mi embarrassé, mi amusé, tout en réfléchissant au meilleur moyen d’écarter ce gros tas de son passage. Il déclara en souriant timidement : « Et bien, comme vous le voyez je suis bel et bien vivant. J’ai juste entrepris un voyage en quête de paix avec moi-même. J’avoue que ma spiritualité avait été mise à mal après la mort de ma mère et les temps sombres de cette époque. Je pense que ce dont nous avons le plus besoin c’est de garder la foi. Ce petit intermède m’a complètement transformé, je me suis ressourcé. Je vois le monde différemment à présent. » Ce petit discours sembla ravir le membre du Magenmagot qui sourit à son tour d’un air affable. La personne à côté de lui, lui fit un signe de tête bref avant de dire au revoir à Godric Dytinver et de continuer son ascension des marches. Jean aurait tellement aimé que le vieil homme en fasse de même. Mais au lieu de cela, il grimpa les quatre marches qui les séparait l’un de l’autre et lui mit affectueusement une main sur l’épaule. « Allons voir Seth ! Je suis certain qu’il serait ravi de vous revoir enfin ! Je sais que vous n’avez pas eu l’occasion de lui rendre visite jusqu’à maintenant. Je crois que c’en est justement le bon moment. » Le vieil homme lui décocha un autre sourire encore plus sincère qui finit par complètement dégoutté Jean. Tout en le maudissant intérieurement il lui rendit ses sourires et ses marques de politesse avec une obséquiosité qui semblait à peine feinte. « Hélas notre cher directeur ne sembla pas être à son bureau. J’ai eu beau me battre pour le voir, il semble m’avoir filé entre les doigts. » Dytinver éclata de rire une fois de plus. A croire que cet homme là ne savait que faire des risettes et secouer sa bedaine en rigolant. « Oh ! Vous finirez bien par le retrouver !- Je l’espère du plus profond de mon cœur.- Je n’en doute pas. Mais en attendant vous prendrez peut-être une tasse de thé avec le vieux collègue que je suis ? » Il n’avait pas tout de même pas que ça à faire non plus. S’il tardait trop l’odeur du fugitif se dilaterait trop pour qu’il puisse la percevoir. Il plaqua un sourire désolé sur son visage. « Pardonnez moi de pas pouvoir accéder à votre requête mais ma sœur m’attend. Voilà bien longtemps que je ne l’ai pas vue elle non plus. La prochaine fois peut-être ?- Certainement ! Allons je ne vous retiens pas plus longtemps. Allez rejoindre cette chère Joanne. Oh ! J’allais oublier ! Avec la mort de notre très regretté Azymov au poste de major, la candidature de votre sœur a été retenue. Il lui fit un clin d’œil. Sachez que je soutiendrais votre sœur lors du vote.- C'est très aimable à vous. Je vous remercie de votre sollicitude. A très bientôt mon cher. » Après avoir échangé encore quelques formules de politesse le bonhomme décida enfin à s’éclipser, laissant à Jean la voie libre pour se précipiter en bas des escaliers. Il se rappela néanmoins les paroles de Dytinver. Joanne promue major ? Cela risquait d’être fort intéressant. Il sourit. Bientôt le poste de directeur des aurors serait lui aussi vacant. Il déboucha enfin au Rez-de-chaussée. L’entrée était déserte. Il était tard, Londres devait dormir à présent. Il avança jusqu’à l’ascenseur. Une chaise bloquait les deux battants de la porte. Il aurait pu attendre une heure, l’ascenseur aurait toujours été bloqué en bas. Malin. Très malin. Cette chasse risquait d’être plus intéressante que les autres. Avec son pendentif accroché au poignet qui lui tenait lieu de baguette il effaça les traces de sang qui souillait la cabine et le sol. Seth se vidait littéralement de son sang. Seul il ne pourrait pas courir bien loin cependant il ne devait pas lui donner trop d’avance. Il ne devait pas courir le risque que Seth rencontre un de ses amis avant de mourir. Il entra dans la cabine téléphonique et se retrouva à l’extérieur, dans la ville londonienne. Ses yeux s’agrandirent un instant de surprise et il sacra contre les éléments. « Damned ! » Tout le monde se mettait subitement contre lui ou étais-ce seulement l’effet de son imagination ? Dehors, il pleuvait. L’odeur déjà se diluait dans l’air, simple effluve impossible à suivre et les tâches de sang se perdaient dans les flaques qui constellaient le trottoir comme des petites marres. Il s’était fait avoir. Seth s’en tirait bien, sauf s’il mourrait de sa blessure. Il n’avait plus que ça à espérer. Du bout de son pendentif il fit apparaître un parapluie. Tant pis pour Street. Il devait maintenant se rendre à Pré-Au-Lard, il y avait une autre personne à qui il devait rendre une petite visite. Joanne…Il ne fallait tout de même pas mentir à ce cher Dytinver. |
|  | | Joanne Street Ex Auror

Nombre de messages: 104 Age: 33 Localisation: Dans le noir. Date d'inscription: 12/12/2006
 | Sujet: Re: Naissance [11] Mer 30 Mai - 18:31 | |
| Presque dix heures. Il aurait dû arriver depuis un bon moment déjà ! Malgré le fait qu’il était un homme occupé – encore plus que moi – je ne parvenais pas à dissiper l’amertume et l’impatience que son retard m’imposait. Mais où était-il bon sang ? Les filles étaient couchées, le repas prêt – mais avait froidis entre-temps – et j’avais déjà pris mes… dispositions pour passer la nuit à venir. Je trépignais donc sur place, les yeux fixés sur l’horloge à entendre mon bien aimé chef des aurors. Simplement vêtue de sous-vêtements sexy et d’un peignoir léger je tournais en rond. Quand enfin la sonnette de la porte retentit, je bondis aussitôt. Prête à l’étriper pour son retard s’il n’avait pas une excuse valable. J’ouvris toute grande la porte en essayant d’adopter un air faussement réprobateur. Je m’arrêtai nette. Mon cœur se serra dans ma poitrine et je restai bouche bée devant l’apparition qui se tenait devant moi, ne pouvant en croire mes yeux. « Toi ! » Je l’observai sous toutes les coutures avec attention. Pas de doute, c’était lui. Il me rendit mon regard et sourit comme un garnement sur le point de faire une bêtise. « Jolie tenue, soeurette. » Je baissai mon regard sur moi-même et sentis le rouge me monter aux joues. Je rabattis pudiquement les deux pans de mon peignoir sur ma poitrine. Jean… J’eus soudain une forte envie de l’écorcher vif malgré la joie et la surprise que me procurait son retour. Comment ne pas se sentir gênée devant son frère lorsque celui-ci vous surprend habillée de la sorte ? Cependant, je lui en fut grée de s’abstenir de tout autre commentaire. « Tu veux rentrer peut-être ?- Ce serait avec joie. » Me répondit-il, toutes dents dehors. Il monta les deux marches qui le séparait du pas de ma porte et entra. Je refermai derrière moi en soupirant. Adieu la soirée avec Seth… J’espérais maintenant que celui-ci ne puisse pas me rejoindre aujourd’hui. Je sentais que la nuit allait être longue. Je suivis le sillage de mon frère jusqu’au salon où il s’installa sur un canapé en laissant échapper un soupir d’aise. Je m’approchais avec circonspection et non sans une légère pointe d’appréhension. Je ne savais que dire devant lui. Devais-je l’engueuler d’avoir totalement disparu à nouveau, m’expliquer sur ma tenue indécente, lui demander ce qui l’avait retenu tant de temps, le questionner sur le but de sa visite ? Il fallait que je dise quelque chose d’intelligent. « Heu… Tu prendras du thé ? - Un café, si tu as. Sinon un thé serait bien, merci. » J’hochai brusquement la tête et me précipitai dans la cuisine. Il fallait que je me calme. Je sentais mon cœur battre à toute allure dans ma poitrine. Trop d’émotions contradictoires me tourmentaient. Je jetais un coup d’œil dans le salon. Il était toujours assis au même endroit, les yeux fermés. Il avait bien changé depuis Noël. Certes ses cheveux avaient beaucoup poussé mais le plus frappant était la pâleur de son visage. Ses traits s’étaient aussi allongés et les rides que j’avais vu apparaître sur son front et qui creusaient ses joues avaient presque toutes complètement disparues. Il semblait beaucoup plus calme et posé que durant les mois précédents. Avec ses yeux fermés, assis dans cette position, il dégageait une telle sensation de paisibilité. Pourtant quelque chose me dérangeait. Je renfilais légèrement l’air autour de moi. Une légère odeur de sang se répandait vaguement dans la pièce, ainsi qu’une autre odeur qui me parut familière mais que je ne pus identifier. Soudain il rouvrit les yeux et regarda dans ma direction. Surprise, je me détournais pour m’affairer à ma tâche. Allons, tout ça c’était juste un effet de mon imagination. J’étais sincèrement heureuse de le revoir, ce n’était pas le moment de faire une crise de paranoïa. Prenant mon courage à deux mains, je respirai un grand coup et entrai à nouveau dans le salon, deux tasses de café brûlant à la main. Je lui en tendis une qu’il prit avec une obséquiosité exagérée – il savait comment me faire stresser le bougre ! Puis, il sirota son café en prenant de petites gorgées. Je m’installai sur un fauteuil, en face de lui. Je ne savais toujours pas quoi dire et lui continuait à boire comme si je n’existais plus. Je m’enfonçai alors dans mon mutisme en rentrant la tête dans mes épaules. C’est lui qui avait disparu après tout. A lui de s’expliquer le premier ! Lorsqu’il eut fini il posa sa tasse sur la table basse à côté de lui et reporta son regard sur moi. Il leva sa main vers son visage pour prendre entre son pouce et son index les lunettes qu’il portait toujours sur le nez. Il les enleva d’un geste lent et fluide. Je retins mon souffle. Derrière les verres noirs se cachaient toujours les prunelles d’un rouge excentrique. Des prunelles qui étaient exactement les mêmes que les miennes à présent, à la différence près que je les cachais grâce à des lentilles bleues. J’eus soudain envie d’éclater en sanglots pour une raison inconnue. Je me sentais soulagée comme si un lourd fardeau qui avait longtemps pesé sur mes épaules venaient d’être retiré. Mon grand frère était là. Le même que dans ma jeunesse sur lequel je pouvais toujours compter. Le même qu’avant son départ au bureau des aurors presque six ans plus tôt. J’ouvris la bouche pour me déverser de toutes mes angoisses que les troubles récents avaient eu sur moi mais il leva la main et je ravalai aussitôt mes paroles, au bord des larmes. « Je crois que c’est moi qui te dois d’abord une explication. Il leva sur moi un regard apitoyé qui me fendit le cœur. Je suis vraiment désolé pour tous les soucis que je t’ai causés ces derniers temps. Les évènements me dépassaient alors et j’étais perdu dans le noir. J’avais perdu de vue ce qui était le plus important pour moi : ma famille. Tu es ma famille, Joanne. Au même titre que Lamie, Marianne ou Elléanna. Si j’ai voulu te mettre à l’écart c’était pour t’éviter les problèmes et les dangers que ma présence t’aurait causé. Il baissa les yeux. « C’est du moins ce que je croyais faire au départ. Mais en réalité j’avais peur de t’en parler. Tu sais… lorsque j’ai… J’ai tué ma femme. Je t’ai dit que c’était une folie meurtrière qui m’avait pris parce que j’étais en colère. Mais en vérité c’est à cause… A cause des… des… - Des SangDragons. » Finis-je à sa place. Ses yeux brillèrent un instant et il hocha lentement la tête. « Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger d’eux. » Il se prit la tête entre les mains. Il semblait complètement abattu. Un nouveau nœud se forma au creux de mon estomac. Il redressa lentement la tête et ses yeux me parurent hagards. Tellement de larmes et de souffrances s’y reflétaient. « Je te jure de tous les tuer. Je vais les écraser un à un pour ce qu’ils t’ont fait, peu importe ce qu’il m’en coûtera. » La déclaration était certes cul-cul mais elle ne m’en toucha pas moins. Mon cœur accéléra – si cela était encore possible. Oui, mon grand frère était bel est bien de retour. Il se dressait enfin à nouveau entre moi les ombres qui me menaçaient, comme lorsqu’il regardait sous mon lit lorsque j’étais toute petite en me rassurant qu’aucun monstre ne s’y tapissait. Une soudaine envie de le toucher, de le sentir me pressa. Je me levai précipitamment et me jetai dans ses bras, enserrant sa poitrine, la tête posée sur son épaule. Je me mis à pleurer lorsqu’il me rendit mon étreinte. _________________ Que les lumières s'éteignent et qu'arrive la nuit. |
|  | | Jean Delacroix Cramé

Nombre de messages: 132 Age: 33 Localisation: Dehors. Date d'inscription: 23/10/2006
 | Sujet: Re: Naissance [11] Sam 16 Juin - 18:46 | |
| Il ne put réprimer un sourire de triomphe lorsqu’elle le prit dans ses bras. Il passa ses bras sur ses épaules et la serra contre lui. Il avait gagné si facilement. Bien sûr, il s’occuperait personnellement du cas de Remiel et de ses trois petits copains. Il ne supporterait pas que l’un d’entre eux touche à nouveau un seul des cheveux de sa sœur. Désormais il disposait d’un soutien inconditionnel dans les rangs des Frères de Sang. Joanne ferait tout ce qu’il lui dirait de faire. Vaan l’avait jugée inutile, juste bonne à la reproduction, mais cela lui était impossible à présent. Jean au contraire voyait toutes les possibilités d’utilisation que représentait sa sœur en tant qu’alliée. Il se souvint des paroles de Dytinver. Major des aurors, hein ? Et pourquoi pas Directrice ? Un instant il se vit lui-même siégeant sur le trône du ministre, ainsi le frère et la sœur gouverneraient le monde sorcier en maître. Ce doux rêve n’était pas si irréalisable que ça. Il suffisait de graisser la patte de celui-ci ou d’écarter les nuisances comme Street et le rêve pouvait devenir réalité. Malheureusement il n’était pas non plus totalement libre de ses mouvements. Il devait encore rendre des comptes à certaines personnes. Bah ! Après tout, tant qu’eux et lui gardaient les mêmes objectifs, ça n’était pas si gênant. Il détacha doucement sa sœur de son corps et lui prit le menton entre ses doigts pour regarder son visage, tout en lui caressant les cheveux de son autre main. Elle était mignonne, prostrée ainsi, les yeux levés vers lui et les joues sillonnées de petites larmes. S’en était à fendre le cœur ! - Tu te promènes toujours comme ça quand mes enfants sont chez toi ?Ses joues rosirent et ses lèvres se pincèrent légèrement. « Non, bien sûr que non ! Je… J’attendais quelqu’un.- Et ce quelqu’un est… ? Fit-il en haussant un sourcil. - Seth. » Il faillit s’étrangler de stupeur et cru que ses yeux allaient jaillir de leur orbite tellement il n’en croyait pas ses oreilles. « Seth ? Seth Street, le directeur du bureau des aurors ? D… Depuis quand tu… » Il ne termina pas sa phrase et laissa retomber ses bras le long de son corps, sidéré. Joanne le regardait avec un mélange de curiosité et de crainte. « Ca fait un an maintenant. Qu’est-ce qu’il y a ? Je le connaissais depuis longtemps moi aussi je te signale. » Il ouvrit la bouche, le referma. Il se sentait incapable d’aligner plus de deux mots de façon cohérente. A peine parvenait-il à penser : danger, danger, danger. Il se releva brusquement laissant sa sœur en plan et se précipita dans le couloir vers les chambres. Au passage il bouscula Hiémain, le petit elfe de maison muet, mais ne se retourna même pas pour l’aider. Il arriva enfin devant une porte qu’il ouvrit à toute volée. L’intérieur était sombre malgré la lumière qui filtrait du couloir mais ce n’était pas un problème pour lui. Son cœur cessa de battre si fort dans sa poitrine et il reprit lentement son souffle comme s’il avait couru jusqu’à en perdre haleine. Elles étaient encore là. Etaient là toutes les trois. Marianne dormait sur le lit superposé du haut tandis que sa cadette ronflait doucement sur celui du bas. A sa droite, de l’autre côté de la pièce, dans le petit lit une troisième forme dont la poitrine se soulevait et s’abaissait paisiblement dormait à poings fermés. Joanne le rejoignit peu après. Un pli lui barrait désormais le front et elle était pâle comme un vampire. - Que se passe-t-il, Jean ?Il ne put s’empêcher de la regarder avec un air de pitié. De tous les hommes qui pouvaient exister sur terre, il avait fallut qu’elle se mette avec Seth Street. Il en aurait presque rit devant l’ironie de la situation si ce n’était pas ses filles qui étaient menacées. Seth Street était forcément au courant. Il connaissait son point faible, et, intelligent comme il l’était, le directeur des aurors exploiterait tout ce qu’il pourrait en tirer. Il ne pouvait décemment admettre ça. Il se creusa la tête, cherchant le meilleur moyen d’écarter encore une fois ses enfants de son chemin. Les garder près de lui, comme près de Joanne était désormais trop dangereux autant pour lui que pour elles. Il ne pouvait nullement les renvoyer en Allemagne du fait de la mort de sa mère, ni les laisser chez Joanne. Ses tempes battaient dans sa tête comme des marteaux. Il serra les poings pour se calmer et se mordit la lèvre jusqu’au sang. Il lui restait une dernière solution, mais celle-ci ne lui plaisait pas du tout. - Jean ? Réponds-moi, s'il te plait !- Je… Il se recomposa un visage calme, tout en maudissant Seth en son for intérieur. Non rien. Je vais passer la nuit ici si ça ne te dérange pas et après je vais m’arranger avec les filles.Il se mit à lui sourire comme si rien ne s’était passé et la prit dans ses bras contre lui. « Tu verras, tout finira par s’arranger. » Il y veillerait très personnellement. |
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